St Valentin Un peu de douceur dans ce monde de brutes solo

Lundi 14 Février 2050
Début de journée, avant les cours


Il fallait s'en douter, n'est ce pas. Qui dit Saint-Valentin dit "atelier commémoratif" en lien avec cette fête commerciale qui a su traverser les décennies à travers le Monde.
L'adolescente, célibataire, - bien qu'elle ne s'avouera jamais que depuis quelques temps, son inconscient semble lui vouloir lui envoyer des signaux envers une certaine personne - avait eu la "surprise" (un brin attendue tout de même) de voir que cette année, les elfes semblaient être envoûtés d'une ferveur peu commune : le stand de vente de roses n'était pas si étonnant, elle se souvenait sans mal du stand tenu par Mr Charleston une année, mais là... là ! C'était tout le château qui semblait être tombé en pamoison pour cette fête célébrant l'Amour.

Bien qu'elle apprécie lorsque le Château prend des airs de fête, à Noël ou à Halloween/Samain notamment, en ce jour la châtaine trouvait que cela faisait un peu trop. Partout où vous posiez le yeux, votre champs de vision était troublé par des roses rouges. Même les lueurs des bougies rosissaient dans le Grand Escalier ! Les murs, les colonnes, le plafond... elle s'attendait presque à ce qu'il pleuve des pétales de rose au petit-déjeuner ! La londonienne fut soulagée de constater qu'il n'en fut rien lorsqu'elle se servit son bol de porridge.

Pour autant, c'était amusant au début de voir les regards en coin que beaucoup d'élèves se jetaient par-dessus les tables ; ce le fut moins quand elle se fit bousculer par une fille qui courrait dans le couloir en hoquetant de rire comme une déjantée, une rose à la main. Ohlala toute cette histoire pour une célébration ! Que les ados en font des caisses parfois... soupirait-elle en continuant son chemin vers le Terrier.

Prête pour commencer la journée, dents fraîchement lavées, cheveux tressés rapidement, sa besace enfilée sur l'épaule, Constance redescend au Rez-de-chaussée dans l'intention de se rendre à son premier cours de la semaine - les Potions.
Elle passe non loin du stand tenu par les elfes. C'est que l'odeur est entêtante et... elle fini par s'arrêter avec un air à qui on ne l'a fait pas sur son visage. Une vrai petite londonienne polie. Mais les différentes couleurs et les petits panneaux cartonnés indiquant la signification de chaque rose attirent néanmoins son attention. Petit regard en coin vers quelques élèves, comme par hasard encore des jeunes filles un peu trop excitées, et Constance s'approche légèrement d'un des bouquets de roses jaunes, humant agréablement leur parfum. Un léger sourire habille alors ses lèvres et elle recule. Elle pourrait offrir quelques roses à ses amies, elle aussi. Elle hésite et puis se dit qu'elle pourrait toujours repasser plus tard. La voilà qui se rend donc dans les Sous-Sols pour les deux premières heures de cours de sa journée bien remplie.

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Dernière modification par Constance Nelson le 9 mars 2025, 20:12, modifié 2 fois.

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St Valentin Un peu de douceur dans ce monde de brutes solo
Intercours du matin
10h05


Constance vient de sortir du cours de Miss Xarinez et se dirige vers la Cour de la Tour de l'Horloge. Ses prunelles remontent vers les pierres formant le passage vers le cloitre. Des arceaux fourrés de roses habillent le plafond et l'air embaume de cette odeur sucrée caractéristique. S'attendant presque à trouver la cour submergée de couples et de groupes d'élèves se jaugeant du regard, l'adolescent se promet que si tel est le cas, elle irait passer sa pause à la Bibliothèque ! L'ambiance dans la Cour n'était, au final, pas si pire et la londonienne se trouve une place sur un banc. Écoutant d'une oreille quelques camarades de promo qui se trouvaient dans la cour, le fait que le sujet revienne immanquablement sur les ragots du jour fit qu'elle décida d'ouvrir son roman du moment pour s'aérer l'esprit sans paraitre impolie en quittant l'espace.

L'air qui embaumait, le brouhaha des gens qui s'éloignait de plus en plus tandis que ses prunelles se mettaient à lire, l'air revigorant du matin qui piquait ses joues... oui, Constance finit par se plonger avec réussite dans l'intrigue. Enfin, jusqu'à ce qu'elle sente sa manche tiraillée à peine deux pages tournées. Fronçant les sourcils, ennuyée qu'on la tire de sa lecture pour parler "potins de qui va demander à sortir à qui", elle tombe des nues face à la rose blanche qui est plantée sous son nez. Derrière se trouve un des elfes du château qui s'occupent apparemment de la livraison. Stupéfaite, la châtaine saisit la rose, balbutie un "Merci" à l'adresse de l'elfe et rosissant à vue d'oeil - c'est terrible comme on a l'impression que tout le monde nous regarde quand on reçoit un cadeau en public - déplie le parchemin qui accompagne la fleur. Blanc, blanc, blanc, ah oui, pour l'admiration. Quelqu'un m'admire ? Mais non... j'espère que c'est pas un canular.

La missive était joliment manuscrite et instinctivement, Constance coupa court pour aviser en bas le prénom de cette jeune Pouffy à qui elle avait donné un coup de main quelques temps plus tôt. Les sourcils dressés, elle lut avec attention. Les mots s'ancraient encore et toujours en elle au fur et à mesure de sa lecture et un sourire aussi surpris que reconnaissant traverse alors ses traits. Ooooh trop mimi ! Mais elle est trop... adorable !
Reconnaissante, elle cherche machinalement du regard la tignasse bouclée de la jeune fille aux yeux clairs mais ne la trouve pas. Repliant soigneusement la missive pour la glisser dans son roman comme marque-page, elle hume la rose avec un visage léger jusqu'à la fin de la pause et rejoint le cours de Sortilèges l'esprit attendri. Pour sûr, elle n'oubliera pas de la topper dès que possible pour la remercier de son attention. Ce n'était pas anodin pour Constance : c'était la première fois qu'elle se sentait "Grande". Il y a quatre ans, c'était elle qui regardait, impressionnée, des élèves plus âgées comme Maddie, Megan ou Aelle.

498 - @Yggie Prince pour la mention :cute:

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Pause de midi
Grande Salle


Quand je vous dis que les Elfes de Poudlard sont envoûtés par la Saint-Valentin aujourd'hui, ce n'est pas pour rien. Ajouté au Stand de roses et à la décoration hors-norme, les Cuisines avaient concocté un Menu "Spécial". Alors qu'elle passe les portes de la Grande Salle, Constance ne peut s'empêcher de constater combien les quatre grandes Tables étaient mélangées. Bon, au moins, c'n'est pas que des couples en train de se bécoter, pense-t-elle en avisant des petits groupes de potes.

Affamée, la jeune fille s'installe avec habitude à la table Poufsouffle, zieutant par réflexe autour d'elle. Finalement, alors que le repas s'apprête à commencer avec une soupe à la tomate "parsemée de basilic", la Quatrième Année perçoit un elfe se matérialisé à ses côtés. Elle avise du coin de l'oeil d'autres elfes un peu partout dans la Grande Salle et comprends qu'il s'agit d'une nouvelle livraison. Désormais joyeuse et curieuse de voir qui a pu penser à elle, quelle n'est pas sa surprise lorsqu'elle découvre 3 roses et leurs missives : une jaune de la part de Lily - de suite, elle cherche son regard à la Table d'à côté, lui adresse un grand sourire puis un baiser soufflé - une rouge de la part de Nélya qui la fit rosir - Nélya était tellement spontanée ! Adorable, pas sûre qu'elle se soit rendue compte de la signification de la couleur de sa fleur *à moins que ce soit une marque d'ironie ?* s'interroge brièvement Consty - et une deuxième rouge dont le message la déconcerta.
" Je t'aime."

Trois petits mots qui sonnaient étrangement dans son esprit. Pas de prénom ou de nom ni même d'initiales. Est ce que... c'était une blague ? Il y a fort à parier que oui, pense de suite Constance qui coule un regard prudent tout autour d'elle. Nerveuse, la jeune fille replie la missive qu'elle planque rapidement dans sa poche. Pas besoin que quelqu'un voit ce petit mot sans importance. Elle avait un peu honte tout de même. Bah, faut pas ! C'est qu'un imbécile qui a voulu se payer ma tronche, si je réagis, il aura gagné.
Repoussant une mèche derrière son oreille, à mille lieux d'envisager que ce mot puisse être sincère, la jeune fille décide de reléguer ce message dans un coin de sa tête et se concentrer sur les premières roses dont l'intention était si attendrissante. Restons positif, voyons - c'est la journée de l'Amour et de l'Amitié après tout.

416 - @Lily Dawson et @Nélya Marks :kiss2:
@Redose Omniak :laugh: pour les mentions

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St Valentin Un peu de douceur dans ce monde de brutes solo
Début d'après-midi
Bibliothèque


N'ayant pas cours pour les deux premières heures - elle devrait se diriger ensuite vers les enclos de SaCM avant d'aller à son cours avec Miss Tremblay, autant dire que le lundi se terminait divinement bien - Constance était venue prendre ses quartiers à la Bibliothèque pour étudier. Elle aurait bien fait un petit tour dans le parc avec Merlin mais le froid glacial qui s'était accentué depuis ce matin l'en avait dissuadé. Et puis, elle avait un Devoir de DCFM à fignoler donc autant joindre l'utile à l'agréable et rester au chaud dans l'un de ses endroits préférés du Domaine.

Le silence de l'endroit était propice à entrer assez rapidement dans sa bulle et au bout d'un peu moins d'une heure, l'adolescente fut plutôt satisfaite du résultat. Refermant son manuel, elle décida qu'il lui restait assez de temps pour bouquiner un peu avant de reprendre le chapitre actuellement étudié en cours de langue Centaure. Elle se lève et se dirige vers la Section "Fiction" et y traîne quelques minutes, laissant ses doigts glisser paresseusement sur les dos de livres avant de se rendre compte que ses pas l'ont finalement emmené dans la Section dédiée à l'Histoire. Amusée d'avoir un peu perdu le fil de ses pensées, la londonienne revient à sa table de travail pour s'arrêter à deux pas, subjuguée. Une nouvelle rose. Rose.

Il y avait deux scenarii possibles : qu'on se paye sa tête, encore une fois, ou bien que ce soit réel. Et la jeune fille, un brin mal à l'aise, ne savait pas trop sur quel pied danser. Coulant un regard par-dessus son épaule, à droite à gauche, en quête d'un visage ou d'un regard tourné dans sa direction, elle fini par s'approcher lentement de sa table de travail. Rose, une couleur tendre. Et si elle se souvenait bien - et étrangement, sa mémoire avait cru d'une importance capitale de se souvenir de ce genre de détail... mais passons - il s'agissait du genre de rose qu'on envoyait à un crush. En tout cas, ce n'était pas vraiment le genre de rose qu'on offrait à un.e pote. Déglutissant, Constance saisit délicatement la rose et l'approche de son nez. La pièce autour semblait se flouter tandis qu'elle hume gentiment la fleur délicate. Malgré elle, l'adolescente se prit à sourire doucement, son cerveau se mettant en branle bien qu'elle n'osait pas encore ouvrir le parchemin plié en deux et posé en évidence sur la table. S'asseyant lentement, la rose toujours au nez, elle lorgne encore une fois à droite à gauche. Bon, allez, quand il faut y aller, faut y aller.

Elle pose la fleur et son coeur se met à battre un peu plus fort alors qu'elle prend le parchemin encore non déplié. C'est ridicule. Pourquoi j'me sens si... Pff. Allez, ouvre-le. Allez.
Mais ses doigts restaient immobiles. Finalement, son pouce se mit à caresser doucement l'écriture qui formait son prénom. Une écriture propre, nette et appliquée. Qui... qui pourrait... ? La folle idée que ce soit réel, vrai et authentique était aussi embarrassant qu'hypnotisant. Pleine d'incertitude quant à ce qu'elle souhaitait que ce soit, la voilà qui hésitait. Finalement, dans une expiration, elle ouvrit la pseudo-missive et ses prunelles se délectèrent de voir qu'il s'agissait d'un réel mot. Son coeur se mit à battre un peu plus fort et elle ne se résolut pas à couper court comme plus tôt dans la journée pour aviser le nom de l'expéditeur. Elle n'osait pas. Sans se rendre compte qu'elle retenait sa respiration, elle déchiffra le texte :
Constance,

j'espère que tu passes une agréable journée. Permet-moi de t'écrire ces quelques mots :

Je t'écrirais bien un poème,
Pour parler de tes prunelles.
Je t'écrirais bien un poème,
pour parler de ton sourire.
Je t'écrirais bien un poème,
Mais, Constance, me croiras-tu ?

J'pourrais même en apprendre,
Histoire de voir ton sourire en coin.
Tu pourras me traiter d'idiot,
Mais pourtant je n'y peux rien.
Ça me trotte dans la tête,
Comme une partition inachevée.

Belle après-midi,

Oliver
Oh.

676
Reducio
- Votre PJ est présent ? oui / non
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ) : Oliver Emerson, ami de Constance
- Lien vers la fiche du PNJ : juste ici
- Intérêt de ce RP pour votre PJ : Oliver est un ami de Constance. Sauf qu'il est destiné à être "plus que cela" - relation que je crée au fur et à mesure des rps avec lui.

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Soir du 14 février 2050


Elle l'avait lu et relu. C'était bête hein. Comme un bout de parchemin peut vous faire douter. Comme des mots peuvent vous retourner le ventre et faire turbiner le cerveau à plein régime. Elle eu d'abord le réflexe de rougir, puis se sentir étrangement ravie, mais honteuse... gênée... mais ravie. Mais gênée tout de même. Elle avait respiré l'odeur de la rose jusqu'à avoir l'impression que l'intérieur de son nez embaumait.
Elle s'était sentie si petite. Si vulnérable. Car ces mots l'avaient cueillit comme jamais nul mots n'avaient pu la toucher. Enfin, si, mais pas comme ça. Le genre de lettre qui avaient pu la toucher autant, ce sont les lettres de Johann et Michael, certaines de sa famille puis... quelques mots reçus quelques mois plus tôt. Mais, à chaque fois, ces mots la touchaient de façon différente. Et là, cette lettre... réveillait, titillait quelque chose qu'elle n'avait pas osé avouer à soi-même.

Puis le doute était venu, comme un pote un peu collant qu'un invité ramène à votre soirée en "petit" comité. Non désiré et pourtant tellement fort pour s'imposer. Et si c'était une farce ? De mauvais goût, certes, mais après tout... le connaissait-elle vraiment ? C'est lorsqu'on baisse la garde que certaines personnes peuvent nous perforer d'une lance aiguisée. Ça n'arrive pas tout le temps, ce n'est pas léthal, mais c'est douloureux.

Le soir même, en entrant dans la Grande Salle, Constance s'était sentie mortifiée lorsqu'elle avait sentit ses joues rosir en passant non loin de la table de Serdaigle. Encore plus lorsque ses yeux s'étaient mis à le chercher du regard. Mais non ! Arrête ! Ne regarde pas ! Arrête. Inspire. Expire. Assied toi. Tout va bien. On fait comme si... comme si rien ne s'était passé. C'était une journée tout à fait lambda. Tout à fait normale.
Elle s'était alors forcée à manger - bien qu'avec moins d'appétit - et à écouter avec attention les propos de ses camarades de Maison, faire genre de s'intéresser aux derniers ragots indubitablement présents en ce jour de St Valentin. Mais son esprit n'était pas tout à fait là. Une partie d'elle brûlait de savoir. Est ce que c'était vrai ? Est ce que... Non ! Il ne faut pas. Parce que si c'est faux, alors elle pourrait jurer qu'elle deviendrait incandescente et brûlerait.

Elle avait, bien entendu, gardé tout ça pour elle. Et c'était bizarre de garder pour soi ce genre de secret. Un peu comme l'impression d'être détentrice d'un savoir énorme, incroyable, qui pourrait tout changer mais également comme si le monde allait s'écrouler si quelqu'un venait à l'apprendre. Elle avait suivit ses camarades après le dîner en salle commune, comme une automate. On avait dû la trouver un peu étrange, certainement qu'on avait pensé qu'elle était fatiguée - elle avait après tout un emploi du temps assez chargé avec ses heures, ses options, Jobarbille, etc - et elle s'était finalement éclipsée. Mais elle n'avait pas réussit à s'enlever cette lettre de la tête. Pendant qu'elle se brossait les dents, pendant qu'elle se douchait, pendant qu'elle se mettait en pyjama, pendant qu'elle se dirigeait comme une somnambule vers son alcôve. Assise sur son lit, le regard dans le vide, Merlin qui tentait sans succès d'attirer son attention, ses mains s'étaient emparées de son roman du moment mais sans l'ouvrir pour autant.
Le visage d'Oliver se matérialisait sur sa rétine. Sa façon de sourire. Cette manière que ses yeux avaient de briller quand il parlait avec animation de Quidditch, des Ailes d'Airain, de sa dernière course de balai ou de la dernière farce qu'un de ses potes avaient fait. De sa façon agaçante mais drôle de se passer une main dans les cheveux toutes les dix minutes.
Est ce que... est ce qu'il lui plaisait ? Peut... peut être oui. Non ? Oui ? Mais je n'sais pas moi !

Est ce que c'est si difficile à avouer ? A quelqu'un, oui, très certainement. Mais à soi-même ? Étrangement, oui. Cela pouvait être... difficile. La raison est évidente : la peur de faire une erreur, la peur d'être rejetée. S'autoriser d'envisager quoique ce soit et d'être déçu, mortifié par la suite. Elle avait un peu cette sensation d'être au bord d'un trou, d'apparence inoffensive, qu'on peut enjamber avec un peu d'élan mais qui, si l'on se rate, s'avère être sans fond.

Une partie d'elle lui soufflait que... après tout, Oliver était un gars farceur et, comme tout le monde, était tout à fait capable de faire une blague ; sans se rendre compte, étrangement, que cette farce ne fait pas rire l'autre. Il n'était pas parfait après tout. Mais diantre, s'il s'avérait qu'il se fichait d'elle, elle lui ferait manger son parchemin par les trous de nez. Ou pas. La meilleure vengeance est un plat qui se mange froid, n'est ce pas ? Et s'il se fiche d'elle pour "rire" et qu'elle réagit "fort" alors, alors, alors... alors il pourrait croire qu'elle ne fut pas insensible à cette lettre. Mais l'était-elle, insensible à cette lettre ? A cette... déclaration ? Faut pas qu'je me mente, sinon, j'file sur la mauvaise pente, pensa Constance, toujours assise sur son lit, droite comme un "i" avec son roman fermé entre ses doigts. Cette lettre, non, elle... elle ne m'a pas... elle m'a... elle m'a touché, oui, c'est vrai. Car...
Si c'est vrai alors...


Un sentiment d'urgence l'étreint et sans pouvoir le contrôler, une étrange vague de... joie l'étreint. Et si je lui plaisais vraiment ? Genre vraiment-vraiment ? Ohlala. Ohlala. Mais dans quels beaux draps j'suis !
Puis, aussi vite qu'un TGV, une myriade d'images inonde son esprit. Ce moment où ils riaient, ce premier match ensemble dans les tribunes, puis le second deux jours plus tôt, ce moment où il lui avait remonté le moral au début des vacances de Noël, cet autre jour où il avait su trouver les mots, cette fois-là avec Merlin, pis ce fameux jour dans la salle de répétition... tous ces moments partagés qui lui avaient fait, peu à peu - telle une petite mésange faisant son nid - apprécier le garçon qu'il était. Il n'était pas juste quelqu'un de charmeur, avec un visage agréable, une silhouette solide et agile, un sourire un peu trop ... elle ne trouvait pas le mot. Il avait cette façon de vous regarder. Cette façon d'être qui la rendait si à l'aise quand il arrêtait de l'asticoter. Et il était attentif, soucieux des autres.
Bref, oui, elle appréciait beaucoup Oliver. Et elle réalisait maintenant que cela pouvait devenir plus que de l'amitié et qu'une partie d'elle en était aussi effrayée qu'envoûtée.
Dernière modification par Constance Nelson le 7 mars 2025, 19:06, modifié 1 fois.

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Mardi 15 février 2050
Fin de journée, dîner


La journée avait été longue. Et pourtant, ce n'était pas comme si c'était la journée la plus remplie en terme d'horaires de cours mais... entre son programme scolaire, les devoirs, les options, le tutorat, la pression qu'elle se mettait pour tout ça plus ses pensées qui finissaient inexplicablement par trouver un certain chemin quand elle avait un moment off... elle avait l'impression d'avoir eu cours de Potions et Divination mélangés à chaque heure de la journée : un gros coup de barre lui barrait le front et c'est avec grand appétit qu'elle se dirige vers la Grande Salle pour le dîner. Une fois assise, pourtant, le brouhaha ambiant, des couples qui s'échangeaient des regards langoureux ou des baisers plus ou moins discrets, la fatigue, le fait qu'elle n'avait pas éclairci la "situation-Oliver" lui coupa tout appétit. Hébétée, elle regardait sa fourchette, son assiette, sa fourchette... et ses oreilles percevaient sans vraiment entendre les discussions qui allaient bon train autour d'elle. Mais qu'est-ce qu'il m'arrive ? Qu'est ce qui... est ce que je dois me rendre à l'infirmerie ? Non, c'est idiot. Allons, j'dois juste être crevée. Voilà, c'est tout.

Pourtant, l'étrange sensation d'être assise à côté de soi-même imprègne de plus en plus son être alors que le repas continue son train-train. L'entrée passe sans qu'elle n'arrive à avaler quoi que ce soit, se contentant de boire de l'eau, lampée par lampée, le plat arrive et elle se force finalement à grignoter ceci, avaler cela vu les regards étonnés qu'elle semblait percevoir et qui la faisait rentrer dans son enveloppe charnelle d'un coup. Mais, dès lors que les regards se détournaient, alors, elle se sentait bizarre et son regard papillonnait d'un plat à l'autre, ses mouvements se faisaient plus lent et son cerveau clignotait tel le ciel du soir du 14 juillet.
Le dessert arrive finalement et son assiette est servie sans qu'elle ne se souvienne l'avoir fait elle-même. Son regard est happé par la table des Serdaigle où un rire communicatif s'est fait entendre jusqu'à son bout de table. C'est plus fort qu'elle, elle lorgne en direction du son et... croise son regard. Ses prunelles se figent, son visage semble fait de pierre, ses joues semblent alors chauffer et sans pouvoir s'en empêcher, elle lui adresse un petit sourire embarrassé en déviant le regard comme si elle venait de voir quelque chose qu'elle n'était pas supposée assister. Tout d'un coup, son coeur semble devenir plus gros, plus rapide et l'irrépressible envie de le regarder une nouvelle fois l'étreint comme jamais elle n'en a eu le besoin. Déglutissant, elle tourne encore son regard vers lui, il semble discuter avec d'autres mais à peine une seconde s'est écoulée et il tourne ses prunelles grises-vertes vers elle. Le temps semble se suspendre et tout le brouhaha semble s'atténuer sous l'effet d'un Silencio. Est ce que c'est juste l'effet de son imagination ?

Finalement, le charme est rompu quand finalement, il agite des doigts dans une tentative de salut intimidé. Elle reproduit le geste, se sentant pataude comme si ses doigts ne lui appartenaient plus. Mais que je suis... con. Ohlala mais qu'est c'qui me prend ? Alors c'est ça de... de... de...
La fin du repas est vécue de manière interminable et enfin, les élèves se lèvent par groupes. Petit regard dirigé vers le bout de table d'Oliver. Constance se mordille la lèvre, indécise et se sentant honteuse de tant d'incertitude. Ne devrait-elle pas aller le voir ? Après tout, depuis cette lettre, elle... elle n'avait rien fait en retour. A vrai dire, elle avait fait en sorte de l'éviter pendant les intercours. Sauf qu'elle avait honte. Honte de son comportement. Ce n'était pas correct, n'est ce pas. Qu'allait-il penser ? Ils étaient censés être amis non ? Et puis, si c'était une "blague" alors... si elle n'allait pas le voir, eh bien... leur amitié serait en péril car il pourrait croire que... eh bien... Non, mais faut arrêter les frais là... c'est ridicule.

Alors qu'elle commence à suivre ses camarades de maison en direction de la sortie de la Grande Salle, la châtaine ne peut s'empêcher de marcher lentement et, l'air de rien, couler par inadvertance un petit regard en arrière du côté d'Oliver. Celui-ci, finalement, semble en grande discussion avec des silhouettes qu'elle s'en fichait d'identifier. Il pourrait s'agir d'un Serdaigle, d'Awstin ou de Alexander que l'anglaise s'en fichait comme d'une guigne. Le Serdaigle avance un peu plus vite, dépasse - à distance - le groupe qu'elle suit et disparait de son champs de vision. Une chappe de plomb descend alors d'un coup dans l'estomac de l'adolescente qui se reproche instantanément sa couardise. Elle aurait dû... elle aurait dû... elle aurait dû quoi ? Courir et s'exclamer dans un "Oliiiiver attend-moi ! Faut qu'on paaaarle !"
Oui, bon, se donner en spectacle, très peu pour elle. Surtout, là, maintenant. Puis, après la culpabilité, le doute et la déception vienne toquer à la porte de son esprit alors qu'elle dépasse enfin les Portes donnant dans le Hall. Comme quoi, j'me suis faite des idées. Quelle débile je suis. Complètement -

Une main qui tapote son avant-bras la ramène à la réalité d'un coup d'un seul. Se figeant instantanément, sentant son visage se vider de tout son sang au point où l'idée qu'elle ressemble plus à une vampire qu'à une ado de quatorze ans la traverse en une furtive seconde, Constance sent ses pieds s'enliser. Lentement, elle tourne la tête.
Et elle le voit, lui.

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