PNJ Solo Rideaux fermés

* Mention explicite d'intimité physique.

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JUIN 2039
Première année à Magifac
PNJ actif : Fáelán Clwyd


Juin touchait à sa fin et la première année de Niall s'achevait. Ce n'était pas tant les résultats de ses examens qui le préoccupait — il savait qu'il les avait réussis —, mais davantage ce que signifiait réellement cette fin d'année. Pour lui et pour Fáelán, il y avait séparation. Les études du Gallois arrivaient à leur terme et il s'en irait. Les deux n'avaient jamais parlé de son avenir, et encore moins de leur avenir. Pour l'un comme pour l'autre, il n'en existait aucun.

Pour célébrer cette fin d'année, des étudiants de Magifac avaient organisé une fête sur Cardiff à laquelle étaient évidemment conviés les diplômés et quelques première année, sur demande. A la grande surprise de Niall, Fáelán lui avait demandé de l'y accompagner, s'engouffrant dans toute opportunité lui permettant de gagner quelques heures supplémentaires avec son ami. Ce soir-là, il n'y avait pas de femme agrippée à son bras, il n'y avait que lui. Même si, techniquement, il n'était pas non plus attaché à son bras. Il se l'imaginait, et c'était tout ce qu'il pouvait faire.

A cette soirée, le Gallois était étonnamment observateur de Niall. Lorsque celui-ci s'éloignait, il pouvait sentir les yeux marron du sorcier le suivre. Lorsqu'il s'éloignait trop longtemps, le Gallois rappliquait, un verre à la main, pour s'assurer qu'il ne manquait de rien. C'était à ne rien y comprendre.

— Est-ce que tu veux qu'on..

Un de ses amis de promotion vint le féliciter pour l'obtention de son diplôme et l'empêcha ainsi de terminer sa phrase. Alors qu'il était interrogé sur ses projets futurs, sur le nom de sa dernière copine, Fáelán était distrait. Il répondait à demi-mots, hochait parfois la tête et ne profitait pas des occasions qui lui étaient offertes pour se mettre en avant. Non, tout ce qu'il faisait c'était fixer Niall qui restait silencieux. Celui-ci n'avait jamais connu ce regard — ou du moins, pas de manière si intense —, ni ce sourire qui lui était impossible de déchiffrer. Et même lorsque son ami prit congé, son regard ne changea pas.

— Est-ce que tu veux qu'on parte ?

Haussement de sourcils, Niall fixa le verre qu'il tenait entre ses mains, se demandant bêtement si on lui avait fait boire quelque chose dont il n'était pas au courant, mais sa coupe de champagne paraissait des plus normales.

— Niall ?, s'impatienta-t-il en agitant sa main devant les yeux de l'étudiant.
— Euh... Oui, d'accord. Tu veux aller où ?

Habitué des questions dirigées vers les besoins de Fáelán et non des siens, Niall formula sa question comme il avait l'habitude de le faire. Et bien que toutes les actions de son ami se montraient surprenantes, la réponse était on ne peut plus normale : tournée vers lui. Dans un lieu où le Gallois pouvait obtenir toute l'attention qu'il désirait, il n'y avait qu'une chose qui pouvait le faire s'en détourner.

— Chez moi ?

Reducio
- Votre PJ est présent ? oui
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ) : Fáelán Clwyd (ami)
- Lien vers la fiche du PNJ : Fiche du PNJ
- Intérêt de ce RP pour votre PJ : Première relation amoureuse gay. Construction de la volonté de Niall à cacher cet aspect de lui due à l'homophobie de ses parents et sa mauvaise expérience avec Fáelán. Justifier son obsession future à relationner avec beaucoup de femmes.

PNJ Solo Rideaux fermés
Était-ce pour lui plaire que Niall avait répondu par l'affirmative ? Pour répondre comme toutes les autres avant lui ? Ou parce qu'il le souhaitait réellement ? Peut-être qu'à cet instant, la réponse n'était pas nécessaire ; qu'il lui suffirait d'y réfléchir demain, quand la soirée serait terminée. Et quand il lut dans le regard de Fáelán une certaine surprise, il se rassura en se disant qu’il avait fait le bon choix.

Abandonnant son verre sur la table, Niall entreprit son chemin vers la sortie, avant d’être rattrapé par le Gallois qui plaça son bras autour des épaules de l’Irlandais. Pris d’une soudaine panique d’être vu, que les messes basses commencent, il se dégagea brusquement de la future étreinte qu’il sentait arriver et scanna la pièce à la recherche de celles et ceux qui auraient pu les surprendre.

— Niall, c’est qu’un bras sur une épaule, se défendit le Gallois qui accusa le coup et le regard noir de son ami.

L’étudiant en lettres avait beau entendre l’argument qui lui était envoyé, il ne lui semblait pas qu’il lui était applicable. Maintenant, il en était sûr, il voulait partir d’ici. Sans répondre à la remarque, il lui rendit son regard sans réellement savoir ce qu’il essayait de transmettre de ses yeux gris ou noirs.

Les portes de la salle des fêtes s’étaient refermées sur les deux hommes et Niall leva la tête vers le ciel en remplissant ses poumons d’air frais. Il ne s’était pas rendu compte qu’il étouffait à l’intérieur. Ou peut-être que ce n’était pas à l’intérieur de la salle qu’il étouffait ? Le Gallois n’avait pas l’air d’avoir tant besoin de s’oxygéner que cela. Niall descendit les cinq marches avant d’être interrompu par celui qui était resté derrière, les sourcils froncés.

— Niall O’Barden, commença-t-il en prenant ses grands airs, ne me dites pas que vous voulez marcher jusqu’à chez moi ?

La remarque décrocha un petit rire à l’accusé. Bien sûr qu’il voulait marcher, il n’avait même pas pensé à une quelconque alternative. En plein mois de juin, peu importe l’heure qu’il était, il avait envie de traverser les rues de Cardiff. Il aurait dû se douter que son plan ne pouvait coïncider avec celui du Gallois. Par habitude, par logique, parce que tout simplement leurs intérêts étaient rarement les mêmes. Mais au nom des sentiments, on oublie.

— C’est si long pour que tu préfères transplaner ?
— Ce n’est pas la question. Transplaner, c’est juste mieux. Marcher, c’est un truc de moldu.

Niall haussa les sourcils à la remarque qu’il trouvait bien ridicule et tourna la tête vers les rues vides qu’il se résigna à laisser derrière lui. Tentant de cacher sa déception, il remonta les marches qu’il avait descendues plus tôt et tendit son bras à celui qui souriait de son air si satisfait. Et en un petit bruit qui fit virevolter les pétales des cerisiers, les deux quittèrent les lieux pour se retrouver devant la maison de Fáelán.

Pendant que celui-ci ouvrait la serrure d’un coup de baguette magique, Niall se retourna pour examiner où il se trouvait et reconnut sans peine le voisinage.

— Fáelán !, s’exclama-t-il, on est juste derrière le lycée Cathays ?!
— Et ?
— Et donc ça veut dire que tu habites à trente minutes à pied de là où on était ?

Dans cette logique, et parce que Niall pouvait parfaitement visualiser le trajet que les deux auraient pu parcourir, il voyait surtout Bute Park, le parc qu’ils auraient pu traverser si le Gallois n’était pas si… Si lui. Et si peu Niall.

— Et donc ça veut dire qu’on en a gagné vingt-neuf, conclut-il en poussant la lourde porte d’entrée, invitant l’Irlandais à le suivre.

Son sourire ne le quittait pas et sans que Niall ne sache expliquer pourquoi, il savait qu’il le suivrait. Il savait qu’il passerait cette porte et qu’il laisserait sa déception sur le perron, qu’il laisserait tout ce qui ne validait pas cette relation à laquelle il s’efforçait de croire.

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Son bras tendu sur la porte pour la retenir et pour que Niall rentre, il patienta et la referma soigneusement avant de revenir à son invité. Du même bras, il pointa le couloir.

— Couloir, salon, cuisine, étage.. Chambres, présenta-t-il rapidement en agitant son bras dans chaque direction qu’il pointait.

Il n’avait pas l’intention de faire une visite détaillée, il avait déjà fait le minimum syndical, et se dirigea vers la cuisine pour ouvrir le frigo et sortir une bouteille d’eau. Puis, il passa au placard, en sortit deux verres qu’il empila et déposa sur la petite table. Enfin, il fouilla dans la corbeille à pains placée sur cette même table et retira le linge déposé sur la brioche fraîchement cuisinée. D’un geste franc, il tira sur une première boule, croqua dedans et la tendit à Niall pour lui en proposer. Celui-ci secoua la tête et s’amusa de le voir encore manger.

— C’est à Poufsouffle qu’on aurait dû t’envoyer, lança-t-il, tout en traversant la cuisine pour rejoindre le salon.

Puisqu’aucune visite ne lui était faite, il s’invitait et se permettait l’exploration des lieux dans lesquels vivait son ami. La décoration n’était clairement pas la sienne, cela se voyait. Tout était beaucoup trop soigné pour qu’un seul homme tel que Fáelán puisse vivre ici. Et alors que ses yeux parcouraient les cadres photos, ils finirent leur course sur la bibliothèque géante qui trônait dans le mur principal du salon. Ses jambes se dirigèrent donc machinalement vers celle-ci et ses yeux tentaient de retenir toutes les informations qui défilaient devant lui. En quelques secondes, il comprit le système de rangement qu’il trouvait ingénieux et fut presque surpris de sentir le Gallois se rapprocher.

— Pourquoi tu ne m’as jamais dit que tu avais autant de livres ? Il déposa son index sur un livre qui attira son attention. La Guirlande d’Aphrodite ! C’est la vingt-quatrième édition !
— Et ?
— Et ?, répéta-t-il étonné.

Niall avait parfois, et dans de rares occasions, l’envie féroce d’étrangler le Gallois dont le cerveau n’avait pas l’air de fonctionner aussi rapidement que le sien. Du moins, dont le cerveau ne comprenait pas l’importance de ce que la question de Niall sous entendait.
Il ouvrit alors le livre au hasard et contempla les illustrations, les titres rouges, les petits paragraphes et en lit un nommé Les larmes vaines. Celui de la page 59. Puis le referma et entreprit de le mettre à sa place initiale, avant d’être arrêté par son hôte.

— Prends-le.
— Quoi ? Non, je ne vais pas te prendre ton livre.
— C’est à ma mère. Elle le remarquera pas.

Et il tourna les talons, laissant Niall, la tête baissée sur ce livre qu’il désirait lire depuis des années. Impossible de le garder sans l’autorisation de la vraie propriétaire. Il le replaça alors dans la bibliothèque et rejoignit Fáelán qui montait à l’étage, les verres d’eau lévitant derrière lui. En montant les escaliers, il n’avait pas pu s’empêcher de s’interroger sur le nombre de filles qui avaient pu monter ces mêmes marches. Beaucoup n’avaient pas dû dépasser le stade des dortoirs de Magifac, mais combien avaient pu venir jusqu’ici ? Le temps d’un weekend où sa mère aurait été en voyage, lui offrant la jouissance totale des lieux ?

Et le lieu qui l’intéressait le plus arriva : la chambre de Fáelán. Plutôt sommaire, étonnamment rangée, un bureau en bois brun presque vide à l’exception d’un encrier et d’une plume assez usée, un lit aux draps noirs et une seule table de chevet contenant un livre. La curiosité de l’Irlandais bouillonnait. On ne mettait pas n’importe quel livre sur une table de chevet. Et de là où il était, il lui était impossible de deviner s’il s’agissait même d’un roman, d’un essai ou d’un simple livre pour ses études. La dernière option aurait d’ailleurs été plutôt décevante. Que pouvait lire Fáelán Clwyd les soirs, à la lueur d’un Lumos ?

L’intéressé se laissa d’ailleurs tomber sur le lit, se redressa en se retenant sur ses coudes, et fixa Niall en souriant, de sa malice légendaire.

— On est mieux ici qu’à cette soirée, non ?

Répondant par un simple sourire, Niall retira sa veste qu’il déposa sur la chaise placée devant le bureau et rejoignit le Gallois sur son lit, pour s’y asseoir en tailleur. D’un coup de baguette, l’hôte fit démarrer son mini gramophone qui se mit à jouer la première chanson qu’il trouva et la main droite de Fáelán vint se poser sur la joue droite de son invité. D’un regard, il s’assura que celui-ci n’allait pas le repousser comme avant, et s’avança pour l’embrasser. Ce baiser dura le plus longtemps de tous ceux qu’ils avaient partagés. Le deuxième également.

— Avec ou sans magie ?

Cette fois, Niall peina à le suivre et fronça les sourcils pour le lui indiquer. Souriant face à l’innocence de l’Irlandais, Fáelán avança ses mains en direction du bouton le plus haut de la chemise de Niall. À chaque bouton déboutonné, il y avait un sort qui lui était chuchoté. Et au deuxième, il comprit et acheva de retirer sa chemise blanche, laissant dévoiler son corps légèrement musclé.

Au troisième baiser, le Gallois chercha à tâtons sa baguette sur son lit et envoya un sort vers ses rideaux qui se baissèrent d’un coup, plongeant la pièce dans une obscurité presque totale.


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Réveillé par les cris matinaux des oiseaux, Niall ouvrit peu à peu les yeux. Pouillot véloce ? Non, les décibels étaient trop grands. Pouillot fitis, sûrement. Une fois ses yeux complètement ouverts, ceux-ci tombèrent sur Fáelán, encore endormi. Il lui tournait le dos — d'un dos insolemment musclé — et ses yeux le parcoururent jusqu'à la taille du Gallois, stoppés par des draps qui rendaient la suite de la contemplation impossible. De là où il était — et il faisait de son mieux pour ne pas tellement bouger — il remarqua que le Gallois avait renfilé son boxer, sans savoir à quel moment il s'y était pris. Et en fouillant dans sa mémoire, les baisers de Fáelán le frappèrent comme un Lumos Maxima. Ses baisers, ses mains sur son corps, son souffle et soudain, tout ce qu'il ressentit était du dégoût. Du dégoût pour ce corps que ses yeux fixaient. Du dégoût pour leurs corps réunis. Du dégoût pour cette nuit. Une nausée violente le prit et Niall dut se redresser d'un coup pour la contrôler. Une fois celle-ci calmée, il tourna la tête vers l'homme endormi, se demandant où étaient partis tous ses sentiments de la veille et il sut qu'il devait partir.

Avec toute la délicatesse qu'il put trouver au fond de lui, Niall s'extirpa des draps, puis du lit pour ramasser ses vêtements et les enfiler le plus discrètement possible. Le plus silencieusement possible. Maintenant où était sa baguette ? Balayant la pièce de droite à gauche, il la retrouva posée sur le bureau et s'y rendit tout en récupérant sa veste.

— Tu t'en vas ?, demanda celui qui se réveilla en se frottant les yeux.

Bien qu'à peine réveillé, dans ses yeux, et même pour Fáelán, on pouvait y lire de la déception. Habitué aux départs des femmes qu'il renvoyait lui-même, il devait bien admettre qu'il ne s'était pas attendu à ce départ là. Au départ de Niall. Et ce dernier se voyait bien en peine de répondre. Evidemment qu'il partait, la scène aurait été évidente pour n'importe qui. Alors le Gallois se leva à son tour de son lit pour rejoindre l'homme silencieux.

— Niall ? Tu pars déjà ?

L'homme silencieux observait le corps du Gallois, ce corps musclé et presque complètement nu qu'il avait senti contre le sien il y a quelques heures et l'agacement l'envahit.

— Tu pourrais t'habiller s'il te plait ?, demanda-t-il en tournant la tête.

Fronçant les sourcils, et vexé, Fáelán observa l'indifférence qu'il pensait lire sur le visage de l'Irlandais et ne comprenait plus rien. Il aurait bien eu besoin d'un traducteur, mais le seul traducteur qu'il connaissait était Niall. Et ce traducteur était en l'occurrence émotionnellement indisponible. Toutefois, il s'exécuta et enfila son pantalon.

— Je suis désolé, j'ai pas vu l'heure et je dois..
— Pas à moi, Niall, lâcha-t-il d'un petit rire jaune. Je la connais cette excuse.

Et alors qu'il terminait d'enfiler sa chemise de la veille, le bruit de la porte d'entrée retentit jusqu'à l'étage.

— Je vais voir. Tu bouges pas s'il te plait ?

Sans attendre que son ami acquiesce, le Gallois contourna Niall et ouvrit sa porte pour descendre.

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Plus les pas du Gallois s'éloignaient, plus Niall reprenait peu à peu ses esprits, se calmait et redécouvrait l'environnement dans lequel il se trouvait. Chambre. Lit. Nuit. Et il recommençait pour mieux intégrer ce qu'il s'était passé avec moins d'angoisses et profiter de ces quelques minutes de répit.

Même en tendant l'oreille, il ne parvenait à entendre aucune des deux potentielles voix de l'étage du dessous. Alors patientant comme cela lui avait été demandé, il se dirigea vers la table de chevet et le livre que la curiosité avait piqué la veille. Le sourire qu'il s'en voulait déjà de deviner sur son visage grandissait à mesure que Niall comprenait : Fáelán lisait un des livres de poèmes que l'Irlandais lui avait conseillé un jour — s'étonnant d'ailleurs que l'information ait été retenue. Il se demandait alors comment son ami lisait : y allait-il page par page ? suivait-il une logique ? Etait-il attiré par les titres comme lui l'aurait été ? En faisant défiler les pages à l’aide de son pouce, il avait remarqué qu’il n’y avait aucun marque-page, aucun petit papier glissé pouvant faire office de rappel, ni aucune page de cornée. Lisait-il vraiment ou voulait-il seulement faire croire à Niall qu’il le lisait ? Était-il si tordu ?

Deux voix d'hommes qui s'élevaient jusqu'à la chambre mirent fin à la curiosité de Niall qui n'eut d'autre choix que de reposer le livre, alerté par ce que n'importe qui aurait qualifié de cri. Pris par la curiosité, l’Irlandais se rapprocha de la porte et entendit les pas qu’il reconnaissait être ceux de Fáelán — même si nettement plus précipités que la vielle.

De toutes les émotions qu’il avait vues traverser le visage du Gallois, celle qu’il voyait à cet instant était une dont il se souviendrait un long moment. Une émotion qu’il n’avait jamais vue auparavant. Une que Fáelán ne lui aurait jamais laissé voir s’il avait pu la contrôler : la peur. Niall dut presque prendre une seconde supplémentaire pour s’assurer qu’il ne faisait pas erreur, tant elle avait disparu rapidement pour laisser place à de la colère.

— Pars !, ordonna le Gallois, le regard noir. Et alors qu’il voyait Niall entrouvrir la bouche pour répliquer, il enchaîna. Maintenant !

Les sourcils froncés, l’Irlandais s’était lancé dans une analyse malgré lui, cherchant des indices dans les deux seuls mots qu’il venait d’entendre. Ces mots qui tournaient en boucle dans sa tête et qui tentaient de se rattacher aux voix perçues plus tôt. Si par déduction il pouvait conclure que le seul élément nouveau qui avait pu déclencher cette réaction du Gallois était la Voix du rez-de-chaussée, alors il devait s’y intéresser.

— Fáelán.. C’est qui ?

L’interrogé n’avait pas besoin de dire quoi que ce soit, Niall avait appris à décoder ses émotions en le lisant, encore et encore. Et il avait vu la peur à nouveau traverser ses pupilles lorsque sa question avait été posée. Maintenant, restait à savoir qui pouvait bien provoquer cette peur. Qui était à quelques mètres d’eux, qui pouvait effrayer le Gallois au point que sa baguette ne soit même pas dans sa main ? Des questions qui s’effacèrent lorsque la Voix appela son ami d’un ton qui alerta l’Irlandais.

Son instinct le lui avait ordonné. Sa baguette avait glissé aussitôt et d’une rapidité sans nom le long de son bras pour atterrir dans sa paume, prête à être utilisée. Si le Gallois n’avait pas l’air de vouloir se défendre face à la personne qu’il y avait en bas, alors Niall le ferait. Son devoir de protection. Quelque chose de si ancré qu’il en oubliait sa nuit passée qui l’avait tant bousculé.

— Non !, intervint l’autre sorcier et plaçant sa main sur la baguette de Niall.

Et c’était tout. Tout devait à nouveau se lire dans ses yeux. Il n’y avait aucune explication, parce que tout simplement, Fáelán en était incapable. Peut-être parce qu’il estimait suffisant qu’il y ait interdiction pour que Niall comprenne. Alors à nouveau, celui-ci s’était mis à fouiller et interroger ses souvenirs pour comprendre. L’esprit du Serdaigle ne s’était pas mis en marche de la sorte depuis longtemps.

La Voix était celle d’un homme. Un homme qui pouvait entrer chez lui, visiblement à n’importe quelle heure. Un amant ? Niall avait toujours pensé — espéré — être le seul homme dans la vie de Fáelán, ne voyant toujours que des femmes collées à son bras, mais peut-être qu’il y en avait un autre. Et un moins facile à dompter qu’un Niall. Mais il aurait trouvé une parade, il aurait énoncé un mensonge et pire, lui aurait même présenté. Alors même s’il savait que les parents du Gallois étaient séparés, que cette maison se trouvait être celle de sa mère, il était obligé de se rendre à l’évidence : cela ne pouvait être que son père. Et s’il remontait dans ses souvenirs, cette seule nuit à Godric’s Hollow à parler de son père qu’il fuyait aurait dû lui venir plus tôt. Maintenant, la seule question qu’il lui restait était pourquoi ne faisait-il rien pour le faire partir ?

Quel sorcier pouvait refuser de se défendre à l’aide de sa baguette ? Et quel sorte de sorcier pouvait bien être son père pour qu’il empêche Fáelán à utiliser la magie ? A moins qu’il n’en était tout simplement pas un, de sorcier…

— Ton père est un moldu ?!, lâcha-t-il à la seconde où l’hypothèse avait traversé son esprit. Il y avait pourtant de nouvelles interrogations, à commencer par la plus évidente : pourquoi Merlin Fáelán lui avait menti sur ça ? La question avait surpris le Gallois qui n’avait pas du tout suivi tout le cheminement de pensées de l’Irlandais. Et la surprise et l’incompréhension le mirent en colère. Suffisamment pour qu’il sorte, à son tour, sa baguette et la pointe sur le torse de Niall, le faisant reculer d’un pas.

— Je t’ai dit de partir ! C’est pas ce que tu voulais il y a cinq minutes ? T’as cru que j’allais te supplier de rester ? Que j’allais te proposer de revenir peut-être ? Tu me connais bien pourtant. Tu sais que les filles, elles viennent et elles dégagent. Donc toi, c’est pareil. Pas de traitement de faveur. Il appuya à nouveau la pointe de sa baguette et Niall fit un énième pas en arrière. Donc casse-toi maintenant !

FIN.