Familles compliquées...

3 mars 2050.


Summer se rendit à la volière. Elle savait déjà ce qui l'attendait : rien. Malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher d'espérer. Ça faisait à présent plusieurs mois qu'elle avait envoyé des lettres à sa famille. Depuis la rentrée, en fait. Et, à part sa soeur, bien sûr, personne ne lui avait répondu.
Silence radio.
Oh, Summer ne s'inquiétait pas. Elle connaissait ses parents, elles savaient que ce n'était pas parce qu'il y avait un problème qu'ils ne répondaient pas.
Simplement, ils... Oh, Summer en avait les mains qui tremblaient en montant les escaliers.
Ils se moquaient complètement de leurs deux filles. Ils n'avaient que faire de savoir dans quelle maison elle était.
Enfin, c'est ce qu'elle se disait, mais peut-être était-elle un peu dure avec eux. Ses parents l'aimaient à leur manière, elle le savait. Simplement, ils n'avaient pas la sensation d'être responsables de leurs enfants. Alors c'était Summer qui était responsable d'elle même.
Comme elle aurait aimé, en ouvrant la porte de la volière, voir une lettre, juste une, toute petite, qui l'attendait. Mais rien, évidemment.
Summer rentra quand même, faisant le tour, vérifiant qu'aucune lettre ne gisait au sol, ou quoi que ce soit.
Mais elle dût se rendre à l'évidence. Ses parents ne répondraient pas. Elle ne leur reparlerait qu'en rentrant chez elle à la fin de l'année scolaire.
Elle regarda autour d'elle. Elle était seule, et c'était normale vu l'heure tardive.
Elle tenta de repousser sa tristesse, sans succès. Elle se laissa glisser contre un mur, ramenant ses genoux contre sa poitrine, et attendit. Elle attendit que les larmes qui brouillaient sa vue coulent, et finissent par se dissiper, autant ce poids sur ces épaules, pour qu'elle puisse se relever et rentrer.

286 mots.
@Lilith McKey
Bon j'ai fini tôt au final, tu réponds quand tu veux, on n'est pas pressées !
Dernière modification par Summer Jenkins le 7 mars 2025, 18:01, modifié 1 fois.

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Familles compliquées...
03 mars 2050.

Jeudi. Encore un jour, ou plutôt une matinée, et le week-end serait à portée de main. Mais même si cette journée de cours était terminée, Lilith savait qu'elle passerait l'après-midi à la bibliothèque, comme toujours. Toutefois, avant cela, elle comptait envoyer un hibou à son petit frère, Eliot. Le benjamin de la famille, et son préféré. Celui de tous, d'ailleurs. C'est bien à ça que servent les cadets, non ?

Depuis l'incident avec Syam en octobre, elle redoutait de retourner dans cet endroit. Pourtant, les hiboux et Lilith, c'était une histoire qui ne faisait qu'un. C'est pourquoi, quand elle apprit le nom de Syam il y a un mois, elle ne put s'empêcher de le retenir. Syam, cette fille qui l’avait vue s'effondrer. Ce n'était pas la première fois, mais chaque fois que quelqu'un la voyait craquer, Lilith se forçait à prendre du recul, à s'éloigner. Sauf Matthew. Lui, elle ne pouvait pas. Va savoir pourquoi.

Voilà ce qui occupait ses pensées alors qu'elle gravissait lentement les marches. Et la volière, malheureusement, n'était pas située au premier étage, ses pensées s’y attardaient de plus en plus. Puis, sans surprise, elles dérivèrent sur Stella. Le face-à-face tant redouté approchait à grands pas. Elle savait qu'il n'y avait plus de retour en arrière possible.

Après tout, c’était Lilith, qui avait eu l’idée, aussi stupide soit-elle, de proposer ce duel pour le week-end prochain. Matthew, bien que réticent à l’idée, avait accepté de l’aider à s'entraîner. Quant à Summer, elle n’osait pas lui demander. Elle craignait trop sa réaction. Mais en ouvrant la portière et en voyant Summer pleurer, toutes ses pensées s’évanouirent. Seule comptait sa première amie.

— Summer, qu'est-ce qui se passe ?

Lilith avait cette particularité : elle détestait les détours et les bavardages futiles. Bien qu’elle puisse être impulsive ou enfantine sur certains sujets, cela faisait partie de ses rares exceptions. La franchise était sa seconde nature, une vérité brute qui déstabilisait souvent ses camarades. Ils n'aimaient pas cette vérité sans filtre. Pourtant, ce jour-là, Lilith oublia sa réputation de franc-parler. Elle s’approcha doucement et tendit la main vers elle.

Lilith Bríd McKey ⋆ Née-sorcière ⋆ 02/11/37 ⋆ Skye ⋆ 2e année RP (13 ans) ⋆ #84774d
Faible présence jusqu’au 22 juin ⋆ 7/14 RP en cours

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Familles compliquées...
03 mars 2050.



Summer n'avait pas entendu la porte de la volière s'ouvrir, plongée comme elle l'était dans sa détresse. Elle n'entendit pas non plus les pas sur le plancher, ni les hiboux qui s'agitaient.
En revanche, la voix, douce, inquiète, elle l'entendit.
La voix l'avait surprise. Elle sursauta, se releva d'un bond, et chercha du regard le propriétaire de la voix, paniquée comme un chevreuil ébloui par les phares d'une voiture moldue l'aurait été.
Elle se détendit en voyant Lilith, qui, une expression un peu inquiète sur le visage tendait la main vers elle.
Summer n'ignorait pas que ce lieu avait vu des dizaines d'élèves en pleurs, en proie à des émotions encore plus intense que les siennes. Elle n'était qu'une parmi tant d'autre. Mais elle brûlait d'amour pour sa famille, un amour qui, si il était peut être partagé, n'était pas exprimé dans les deux sens. Un amour qui avait besoin d'être entendu.
Comme elle aurait aimé transférer cet amour de sa famille à Lilith ! Une vague de reconnaissance la parcourut. Elle remerciait, silencieusement, Lilith, de l'avoir interrompue, de ne pas l'avoir laissé se ronger les sang jusqu'à pas d'heure.
Malgré tout, cette reconnaissance fut aussitôt suivie de honte. Non ! Elle n'avait pas le droit de pleurer devant Lilith alors que celle-ci, Summer le savait, avait bien plus de problème qu'elle. C'est vrai, elle avait perdu son grand père, auquel elle semblait tant tenir, elle avait paru avoir des problèmes avec ses parents à propos de ces notes, et puis il y avait sa dispute avec Stella, qui devait lui saper le moral...
Non, elle n'avait pas le droit de pleurer.
Alors, ignorant la main tendue de Lilith, qui semblait comme une invitation, elle s'essuya les joues rapidement en bégayant un semblant d'explication.
-Non non, c'est rien, je...
Elle s'embrouilla dans ses mots, cherchant en plus une explication qui marcherait, sans trouver.

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Familles compliquées...
Lilith avait déjà versé des larmes en ce lieu, et Syam l’avait vue. Ce souvenir la hantait encore. Elle espérait de tout cœur que Summer ne réagirait pas comme elle. Après tout, Lilith était face à une inconnue à ce moment-là, tandis qu’avec Summer, c’était différent.

Elles étaient, ou presque, des amies. Mais elles ne l’avaient jamais vraiment dit, et Lilith n’était pas sûre de savoir si elles devaient le dire. L’amitié, est-ce que ça se formalise comme un couple ? Elle n’avait pas la réponse. Après tout, Lilith n’avait jamais eu d’amie. Pour elle, Summer en était une, mais elle ignorait si c’était réciproque.

Malgré ses doutes, elle tendit la main à Summer. L’essentiel restait de la soutenir. Alors, lorsque Summer lui assura que tout allait bien, Lilith ressentit comme un coup de froid. Elle se confiait toujours à Summer – enfin, presque toujours. Elle ne lui avait pas parlé du duel, mais c’était seulement parce qu’elle ne voulait pas être rejetée.

À cet instant, Lilith comprit qu’elle n’était probablement pas la véritable amie que Summer méritait. Les amies se disaient tout, n’est-ce pas ? Elle l’avait lu des dizaines de fois, donc elle savait que c’était la règle. Un poids lourd s’installa dans sa poitrine, mais elle n’était pas prête à l’affronter, à l’accepter aussi facilement. Alors, dans une tentative désespérée de dissiper l’incertitude qui la rongeait, elle murmura, cherchant ses mots.

— Tu peux tout me dire…

Le reste lui échappait, englouti par une brume épaisse. La réserve. La timidité. La retenue. La pudeur. Des sentiments encore trop étrangers. Elle n’était qu’une enfant, trop jeune pour comprendre tout cela. Sans la moindre hésitation, ils scellèrent ainsi ses paroles, à peine formulées.

Elle rougit. Ce n'était pas facile, loin de là. Mais elle prit son courage à deux mains. Pour une fille comme Summer, il fallait utiliser les deux mains. Elle devait prendre des risques, ne pas attendre que les choses se fassent toutes seules. Il fallait oser. Elle inspira profondément et continua, sa voix devenant un peu plus basse.

— Parce que… je suis ton amie ?

Son regard se baissa, et un voile de honte envahit son visage. Pourtant, malgré la gêne, elle prit la main de Summer. C’était comme si, à ce moment-là, elle cherchait à se rassurer autant qu’à la rassurer.

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Familles compliquées...
Summer était rassurée par les derniers mots de Lilith. Evidemment que Summer la considérait comme son amie, elle était même sans doute la meilleure amie qu'elle n'ait jamais eu, mais les deux filles n'en avait jamais parlé, et Summer ignorait complètement si Lilith la considérait elle aussi comme tel.

Elle serra donc fort la main que Lilith venait de glisser dans la sienne, et répondit :

-Bien sûr qu'on est amies... bredouilla-t-elle d'une voix qu'elle trouva aussitôt minable.

Malgré tout, elle ne s'attarda pas longtemps sur son ton. Lilith avait paru blessée quand elle avait voulu lui dire que tout allait bien, mais... Summer ne voulait pas l'embêter avec ses propres problèmes. Avec quelqu'un d'autre que Lilith, elle aurait eu peur que la personne se moque d'elle et lui dise qu'elle était trop sensible, mais elle savait que la Gryffondor ne réagirait pas comme ça. Elle ne voulait juste pas de sa pitié.

-C'est juste que... Je veux pas t'embêter avec mes problèmes, tu dois déjà tellement en avoir.

Elle se mordit la lèvre, les yeux brûlants de ces précédentes larmes. Devait-elle lui dire qu'elle savait déjà que Stella et elle s'étaient violemment disputées ? Enfin, elle savait ce qui s'était passé précédemment, et avait entendu Stella parler d'une suite possible, bien qu'elle ne sache pas en quoi cela consistait. Après tout, elle était dans la même maison que Stella, et même que Matthew, qui semblait être un bon ami de Lilith. Alors oui, elle était au courant, et bien qu'elle était un peu déçue que Lilith ne lui ai pas parlé de ce qui allait se passer avec Stella bientôt, elle comprenait qu'elle veuille garder certaine chose secrètes.

-Je sais qu'il va encore se passer un truc avec Stella, tu sais ? Je ne sais pas quoi, mais j'en ai entendu parlé dans la salle commune... Tu as déjà assez de choses à gérer, ne t'inquiètes pas pour moi.

Elle tenta un sourire rassurant en direction de son amie.

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Lilith souffla profondément en entendant sa réponse. Elles étaient amies. Sa première amie, et sans doute la meilleure. Mais elle ne comptait pas brûler les étapes. Elle ne voulait pas effrayer Summer. Alors, elle se contenta de sourire, heureuse, mais consciente que l’instant n’était pas vraiment à la joie. Non, Summer venait de pleurer.

Elle prit une profonde inspiration et retrouva son sérieux. Elle apprit que Summer, tout comme elle, ne voulait pas la déranger, de peur de l’inquiéter. Et ça, ça lui faisait du bien. Elle comptait pour Summer, tout autant que Summer comptait pour elle. Mais encore une fois, elle devait se concentrer sur Summer, pas sur elle-même.

— Je… J’en ai mais...

Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Summer venait à peine de mentionner Stella que Lilith se tendit. Le simple fait d'entendre ce prénom, prononcé par ses lèvres, la perturbait, tout comme lorsqu'il s'agissait de Matthew. Si seulement ils ne connaissaient pas Stella… Ou mieux encore, si elle pouvait disparaître.

Les sourcils froncés, elle écouta son amie, son cœur serré. Stella avait parlé d'elle dans la salle commune. Cela ne l'étonnait guère : toujours à se lamenter devant tout le monde. Bon, certes, Stella avait souvent raison : elle ne faisait rien de mal, tout partait toujours de Lilith. Mais cela ne signifiait pas qu'elle avait le droit de s'étaler ainsi. Si elle laissait Stella faire des siennes, elles risquaient encore de se faire prendre.

Lilith retint sa respiration, figée. Elle se bloquait, une fois de plus. Ce réflexe de toujours tout couper quand ça n'allait pas, lui donnait le tournis. Elle ne voulait pas mentir à Summer. Elle avait encore les yeux rouge. Lilith avait toujours voulu prendre soin d’elle, car Summer avait toujours été là pour elle, peu importe les circonstances. Même aujourd’hui. Alors, contre son habitude, Lilith fit un geste qu’elle détestait : elle, qui n’avait que la franchise pour arme, lui assura de ne pas s'inquiéter. Elle expira.

— Je te le dirai plus tard, promis. Désolée, c’est juste que j’ai un peu honte.

Allait-elle réellement lui avouer ? Elle n’en était pas sûre. « Je veux être là pour toi, comme tu l’as toujours été pour moi ». Elle rougit légèrement, gênée « Tu peux tout me dire ». Elle aurait voulu lui dire qu'elle pouvait la déranger quand elle voulait, qu’elle ferait tout pour elle. Parce qu’elles étaient amies. Et que pour ses amies, Lilith ferait tout.

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Familles compliquées...
Summer hocha la tête compréhensive. Elle ne savait pas tout à fait ce qui s'était passé, mais elle décida que Lilith lui dirait quand elle le voudrait.

Summer esquissa un sourire. Ca allait mieux, depuis qu'elle parlait avec Lilith. Peut être que c'était ça, l'effet de l'amitié ? Deux filles qui apprenaient à se connaître mais qui se soulageaient mutuellement sans s'en rendre compte ?

Peut être était-il venu le temps de lui dire ? Après tout, elle l'avait avoué sans problème à Ambre (certes, la situation l'avait un peu forcée, mais elle l'avait fait tout de même), alors elle pouvait bien le dire à Lilith, non ? Elle soupira :

-Tu dois vouloir savoir ce qui m'a mis dans cet état...

Elle leva la main vers son visage, qu'elle savait encore rougi. Elle eu un sourire presque moqueur envers elle-même. S'apprêtant à se confier, elle s'appuya sur un des murs, et regarda ses mains.

-Il y en a beaucoup qui pleure à cause d'une réponse méchante de leur famille.

Elle releva la tête vers Lilith :

-Ca a déjà du t'arriver, je suppose. Moi, c'est pas ça. C'est juste que mes parents ne me répondent pas avant un délai. je sais qu'ils sont occupés, mais j'ai l'impression qu'ils ne me remarquent pas, tu vois ? C'est con parce que c'est pas, mais j'ai sans doute trop besoin d'attention... C'est pour ça que je ne m'inquiète pas de mes notes, ou du reste. Au pire, ils me grondent, mais au moins je serais sûre qu'ils me voient.

Elle esquissa un sourire amer.

-D'habitude, je m'en fous. J'ai l'habitude. Mais des fois, ça doit sortir, tu vois ? Bah... voilà. Rien de grave, c'est juste des fois, ça fait du bien de se lâcher.

Elle haussa les épaules pour atténuer son aveu, et ajouta :

-C'est juste que parfois, j'aimerais bien qu'ils pensent un peu à moi. J'ai l'impression qu'ils se fichent de savoir dans quel maison je suis... C'est pas une raison de pleurer, mais j'aimerais bien qu'ils me montrent leur amour. Parce que je sais qu'ils m'aiment, mais il ne le montrent pas. J'ai juste... ce besoin d'attention permanente de ma famille... Alors que je comprends que parfois, ils ne peuvent pas me l'accorder, pas tout le temps.

Elle sourit à Lilith, contente de lui avoir dit. C'était un poids en moins sur ses épaules, et elle était contente de savoir que Lilith la connaissait mieux, pour le meilleur ou pour le pire.
Dernière modification par Summer Jenkins le 9 mars 2025, 15:21, modifié 2 fois.

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Lilith écoutait attentivement Summer. C’était la première fois qu’on lui confiait quelque chose d’aussi intime, et elle comprit qu’elle devenait, d’une certaine manière, la gardienne de ses mots. Elle ne voulait rien laisser échapper, pour être digne de cette confiance.

Elle la comprenait, ou du moins, elle tentait de la comprendre. Ses propres parents étaient souvent absents, absorbés par leur travail, toujours occupés à soigner des malades. Mais ils l’aimaient, à leur façon. Ils se voyaient peu, mais chaque fois, que ce soit pour la disputer ou la féliciter, ils le faisaient. Ça comptait. Alors, Lilith n’osa pas lui dire qu’elle la comprenait vraiment, parce que ce qu’elle vivait, c’était juste un fragment de ce que Summer ressentait.

Lorsque son amie eut terminé de parler, Lilith ne savait pas vraiment quoi répondre. Que pouvait-elle dire ? Que ses parents étaient nuls, incapables ? Non, c’était trop direct. Summer méritait mieux que ça. Elle était une fille formidable, et les parents de Lilith auraient été chanceux de l’avoir comme enfant. Lilith aurait voulu le lui dire, mais elle ne savait pas comment le faire sans paraître maladroite.

— Ils sont bêtes.

C’était tout ce qu’elle parvint à sortir. Oui, ils l’étaient.

— Mes parents sont aussi souvent absents, mais…

Elle hésita. Mais ce n’est pas pareil. Elle chercha ses mots. Elle voulait que Summer sache que ce n’était pas de sa faute. Que les adultes pouvaient dire ce qu’ils voulaient, mais qu’ils avaient toujours tort.

— Ils sont bêtes, les adultes.

Elle s'arrêta un instant, se demandant si elle avait bien dit ce qu’il fallait, si elle avait été assez claire. Puis, sans vraiment réfléchir, elle continua, poussée par le désir de réconforter son amie.

— Moi, je t’aime beaucoup Summer. Si tu as besoin de parler ou de quelqu’un, je serai toujours là pour toi. Je sais que ce n’est pas pareil, que tu veux tes parents, c’est normal. Mais je veux vraiment que tu saches que tu peux toujours compter sur moi, parce que moi, je ne te lâcherai jamais.

Elle se sentait un peu gênée. Peut-être que tout cela n’avait pas vraiment de sens. Mais c’était compliqué pour une petite fille de trouver les mots justes. Et une fois de plus, c'était de la faute des adultes incompétents. Mais au moins, elle avait sa grand-mère et ses frères, eux étaient là pour elle, et ça, c'était déjà beaucoup. Elle voulait être pour Summer ce que sa famille était pour elle : un soutien inébranlable.

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Familles compliquées...
Elle sourit, réconfortée par les mots de Lilith, qui faisait comme germé une graine dans son cœur, une graine qui lui disait qu'à présent même si ses parents disparaissaient sans prévenir, elle ne serait pas seule.

-Merci, Lilith... Moi aussi je t'aime. Et... Tu le sais, si t'as un problème, ou quoi, tu peux venir m'en parler. Je ne te jugerais pas.

Puis elle sourit et ajouta :

-Mais il y'a des choses qu'on aime garder pour soit, alors je comprendrai que parfois tu choisisse de ne pas le faire.

Elle se tourna vers les hiboux, reprenant conscience de là où elles étaient, et de la raison de la présence de Lilith :

-Mais je t'ai interrompue, tu voulais envoyer une lettre ?

Elle regarda les hiboux :

-Tu préfères lequel ?

Puis elle soupira. Comme elle avait envie d'avoir son propre hiboux ! Malheureusement, il lui faudrait attendre l'année prochaine.
Elle fit part de cela à Lilith :

-J'aimerais beaucoup avoir un hiboux... Je veux dire les chats c'est mignons et les serpents correspondent plutôt bien à ma maison, mais les hiboux, c'est pratique, c'est chou... Enfin, quand ça veut bien, rit-elle en désignant un hiboux qui paraissait extrêmement ronchon.

Ce n'est pas qu'elle cherchait à changer de sujet, car les paroles de la jeune Gryffondor l'avait vraiment réconfortée, mais elle n'aimait pas s'épancher sur sa peine.

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Lilith se sentait à la fois réconfortée par les mots de Summer, qui l'aimait aussi, et envahie par une étrange sensation de tiraillement. Elle ne lui avait pas parlé de son duel à venir, et Summer, comme toujours, avait tout de suite perçu son inquiétude et l'avait réconfortée. Lilith n’avait pas envie de garder ce secret, mais la peur la paralysait. Matthew lui conseillait sans cesse d’abandonner. Et si Summer pensait la même chose ? Et si, après ça, elle ne l’aimait plus... ?

— Ah oui ! Je voulais envoyer une lettre à mon petit frère.

Elle sourit en pensant à Eliot. Il était parfois agaçant, mais c'était le benjamin, et il avait bien droit à quelques privilèges. Lilith prit son hibou préféré, le plus beau. Magnifique. Elle lui donna la lettre, le caressa doucement, presque par réflexe, tandis que Summer lui demandait quel hibou elle préférait. « Celui-là, j'adore ses yeux verts et ses plumes noires ».

Summer semblait aussi fascinée par eux, les préférant aux chats et aux serpents. « Moi aussi, je les adore ! J'en ai toujours voulu, mais mes parents disent que je suis trop jeune... ». Lilith roula des yeux, exaspérée. Pourquoi était-elle toujours trop jeune ou trop vieille pour tout ? À chaque fois, c'était la même excuse pour l'empêcher de vivre comme elle l'entendait. Les adultes étaient vraiment des crétins. Quand elle aura des enfants, eux pourront faire ce qu'ils voudront.

— Tu veux sortir ?

La bibliothèque… Elle devait y retourner pour ses révisions. Mais elle voulait sortir avec Summer. Après tout, la bibliothèque serait toujours là demain. Et Summer… Summer était son amie, sa seule amie.

— On pourrait aller faire un tour dans le parc... Ou ailleurs, comme tu veux.

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