8 mars 2025, 10:15
Entre deux gorgées
Dimanche 6 mars 2050, 16h05


Je parcours la salle du regard alors que je viens à peine d'entrer dans le bar. Je n'y reconnais personne. Isaac ne doit pas être encore là. Il faut dire que je suis très à l'avance pour une fois. Mon meilleur ami en a tellement l'habitude qu'il ne prend même plus la peine d'arriver à l'heure, à ce que je vois. Je viens à peine de commencer mon nouveau contrat qu'il exerce déjà une bonne influence sur moi. Je n'aurais jamais cru cela possible.

D'ailleurs vu l'heure, c'est même plus de l'avance, c'est un tout autre rendez-vous. Je travaille littéralement à deux pas du Chaudron Baveur, rentrer chez mes parents me semblait être une perte de temps. Mes pas m'ont alors menés directement jusqu'au bar où j'espérais trouver une source de divertissement capable de m'occuper l'esprit suffisamment afin de réduire mon impatience.

En attendant, je décide de rejoindre le comptoir, l'endroit idéal pour observer le monde qui passe et repasse. Je commande une pinte de bièraubeurre au barman avant de me retourner pour m'accouder au comptoir, dos à celui-ci, le regard vers la salle. Bien que plaisante, ma première semaine de boulot à surtout été fatigante. J'ai perdu l'habitude de me contraindre à des horaires fixes. Cet endroit est le meilleur moyen de me détendre. Je me plais à observer les visages présents et à tenter de deviner leur vie en dehors de ce lieu et ce qu'ils font ici tout en dégustant un bon verre. Un jeu sympathique tant qu'on n'y joue pas trop souvent.

@Elfie Chassin

Employée chez Madame Guipure depuis le 28 février 2050

13 mars 2025, 11:38
Entre deux gorgées
Le quotidien aux allures monotones d'Elfie l'avait aujourd'hui poussée à passer les portes du chaudron baveur, lieu qu'elle côtoyait peu souvent. Ses journées se ressemblaient, elle n'avait pas beaucoup de connaissance à rejoindre alors elle se contentait pour la majorité de son temps à effectuer le travail que la famille Joyce lui demandait de faire, un service le matin, au déjeuner ainsi que le soir si ce n'était plus. Il fallait également y ajouter ses escapades aux ressemblances de shopping pour Moïra ou pour Onyx. Ses journées étaient déjà bien remplis et ses soirées occupés à travailler. La blonde n'avait pas beaucoup de temps libre mais ce n'était pas pour lui déplaire au contraire, elle était payée pour ce qu'elle faisait et de toute manière elle n'avait pas besoin de temps supplémentaire pour d'autres occupations. Sur son temps libre, en générale en après-midi elle passait son temps à s'entraîner, à se perfectionner sous les tutorats de Valerion ou d'Honor ou en solitaire au manoir ou récemment aux loges d'Hécate. Sa progression bien que parsemé d'échecs était contrôlé dans un emploi du temps efficace, lui permettant de garder un peu de temps à combler.

Ce temps à combler, elle avait pu y faire face bien trop longtemps, à Poudlard ne suivant plus que quatre matières différentes, ses semaines étaient peu remplit et même si cela ne l'avait pas tant dérangé, sa présence lui suffisant amplement, il était bien qu'elle garde un rythme légèrement plus soutenue. En ce dimanche après-midi, elle avait pu finir tout ce qu'elle avait voulu faire dans la semaine, et Moïra ne lui avait pas donné de mission supplémentaires, ainsi elle avait eu le choix sur ses occupations plus légères qu'habituellement. Néanmoins l'ancienne gryffondor n'avait pas opté pour une activité sortant de l'ordinaire, visiblement se rendre dans un bar était ce qu'elle avait de plus simple dans ce schéma précis et c'est machinalement qu'elle avait décidé d'aller siroter un verre ou deux pour remplir les quelques heures qu'elle avait de libre.

Elfie passait régulièrement dans différents bars en semaine, la plupart du temps pour évacuer une émotion qu'elle avait eu du mal à canaliser, ou pour faire une pause après un nouvel échec, elle utilisait ce genre de sortie comme échappatoire à ses propres pensées. Aujourd'hui bien que l'activité soit la même, les raisons étaient bien différentes, elle ne venait pas trouver une solution salvatrice à un état qu'elle voulait effacer ou à des pensées qu'elle voulait oublier, elle était là par simple envie, se détendre tout en changeait d'air, s'éloignant du manoir pour sortir un peu.

Raisons différentes, elle avait eu envie de changer des bars du chemin de traverse ou de l'allée, sans grandes utilité d'ailleurs, le choix n'avait pas été si compliqué et de toute manière avec les moyens de transports du monde magique, peu importe le lieu, elle sera rentré à temps pour reprendre son service. Comme d'habitude, sans se préoccuper du monde qui pouvait l'entourer ou du décor qui s'offrait à elle, elle entra pour se diriger vers le comptoir pour commander un verre de whisky. Le regard vague, en attendant sa commande, elle se positionna dos au comptoir les coudes adossés sur celui-ci.

@Scarlett Valentine

Employée au manoir Joyce, Promo 42
Je déteste ceux qui volent ma solitude sans m’offrir de vraie compagnie.

15 mars 2025, 17:22
Entre deux gorgées
Le regard arpentant toujours les visages présents dans la salle, je ne remarque cependant pas tout de suite la personne qui s'est installée à mes côtés. Ce n'est que lorsque je m'aperçois que nos yeux vont dans la même direction que je détourne mon attention sur celle-ci. La blonde a adopté exactement la même position que la mienne. Nos coudes déposés sur le comptoir se touchent presque.

Je ne peux m'empêcher de me demander si c'était volontaire de sa part. Si tel était le cas, quelle en serait la raison? D'aussi loin que je me souvienne, il ne me semble pas la connaitre. Elle n'a pas l'air de vouloir se moquer ou d'attirer l'attention, non plus. Ce ne doit pas être ça. J'imagine que les positions semblables sont juste le fruit de la coïncidence. Après tout, elle est assez courante et plus ou moins confortable. En tout cas, toujours plus que d'être assise sur un tabouret.

Je me retourne afin d'attraper mon verre et en boit une première gorgée avant de reprendre ma posture. J'observe à nouveau la salle, puis l'inconnue. Son visage n'affiche aucune expression. Difficile de deviner les tenants et les aboutissants de la personne qu'elle est dans ses conditions. C'est bien plus aisé lorsque l'individu est soumis à une émotion forte, positive ou négative. Comme c'est le cas pour le type semblant tenter de se noyer dans son verre. Etrangement, j'ai bien envie d'impliquer ma colocataire de comptoir dans mon observation. Qui sait, peut-être s'adonnait-elle à la même activité?

- Je me demande bien ce qui lui est arrivé, dis-je en le pointant du menton. Déception amoureuse ou professionnelle?

Employée chez Madame Guipure depuis le 28 février 2050

15 mars 2025, 18:14
Entre deux gorgées
Sa commande arrivée, Elfie porta à ses lèvres de son bras droit le verre de whisky pour y prendre une gorgée avant de le reposer. Finalement le liquide était bien plus agréable à avaler dans ses circonstances, calme et de bonne humeur plutôt que dans d'autres où il serait utilisé comme un sauveur pour espérer oublier des pensées trop dérangeante. Aujourd'hui, elle avait juste à profiter, ressentir les effets du whisky descendre le long de son corps en gardant cette tranquillité avec laquelle elle était arrivée. Le chaudron Baveur était finalement un bon choix, moins bruyant et désordonné que chez Sisyphe et moins peuplé que le Pitiponk un soir de soirée étudiante. Le brouhaha inévitable de fond était supportable, assez pour pouvoir la bercé dans ses pensées sans être de trop pour l'énerver et l'empêcher de reste sereine, enfin sereine pour Elfie, en vérité elle ne l'était pas totalement, elle profitait juste du fait de ne pas être trop énervée pour le moment, sans savoir combien de temps cela allait durer.

Et en parlant de briser sa tranquillité, il ne fallut que quelques secondes de plus pour qu'une voix bien trop proche de la blonde ne retentissent pour savoir qu'elle lui était adressée. Après un effort pour sortir de ses pensées, sortir de ses entraînements, sortir de sa progression, sortir des échecs qui paraissait bien plus important que le négatif avant de pouvoir assimiler les mots qu'elle avait pu entendre. D'un regard neutre, pouvant paraître légèrement sombre par habitude et non contrariété en ne bougeant que sa tête elle dévisagea légèrement la femme qui était à l'origine de ces paroles. Elle ne la connaissait pas mais elle ne paraissait pas si âgée, il était fort probable qu'elles se soient un jour croisées dans les couloirs de Poudlard, sans raisons apparente de s'en souvenir. La brune ne semblait pas sortir de Poudlard, Elfie lui estima entre cinq et dix ans de plus qu'elle, sans chercher à déterminer son âge exacte, information qu'elle jugeait d'inutile, comme chaque détail qui la décrivait.

Son visage c'était tout naturellement dirigé vers la personne désignée par la brune, qu'elle n'avait évidemment pas remarqué jusqu'à présent. Mise à part la main du serveur ou de la serveuse qui lui avait déposé son verre, elle n'avait pas enregistré beaucoup plus d'informations, ne lui important peu. "Ou alors il a juste oublié de faire un bisous à sa maman ce matin... Triste destin" C'était à la limite du sarcastique mélangé à de l'ennui, Elfie n'avait pas voulu paraître froide ou peu amusante mais elle trouvait le jeu de la brune, si cela en était un sans aucun intérêts. Elle était donc de ceux qui comme passe temps avait de s'occuper de la vie des autres plutôt que de la leur, en voilà déjà une belle différence entre les deux femmes. Ce n'était pas quelque chose qui plaisait à la blonde, de part son égoïsme et ses faits et gestes la plupart du temps dirigés par ses propres intérêts, elle était plus souvent concentrée sur elle que sur la vie des autres.

Tout en restant dans la même position, yeux rivés sur cette dites personnes, sans vraiment la regarder, regard assez vague presque flouté, voilà que l'ancienne gryffondor était repartie dans ses pensées, concentrée sur ce qui pouvait se passer à l'intérieur plutôt que sur ce qu'elle pouvait voir. Elle porta à nouveau son verre à ses lèvres pour fermer les yeux quelques secondes et apprécier le moment. Elle n'était pour l'instant pas d'une humeur massacrante même si ses premières paroles, son regard ou sa posture pouvait en dire autrement, et même si sa voisine de comptoir avait des jeux ridicules et inutiles, elle ferait peut-être une bonne distraction le temps d'un instant.

Employée au manoir Joyce, Promo 42
Je déteste ceux qui volent ma solitude sans m’offrir de vraie compagnie.

24 mars 2025, 11:08
Entre deux gorgées
Mon regard croise celui de l’inconnue à mes côtés. Elle semble jeune. Un peu plus que moi, dans tous les cas. Elle doit être sortie récemment de Poudlard. L’été dernier ou le précédent peut-être. Son regard semble dur, mais je ne veux pas tenter de la percer à jour et quelque chose me dit qu'elle n'aimerait pas que je le fasse.

Poudlard… Même si je n’y ai pas vécu d’horribles années, j’étais heureuse d’enfin pouvoir quitter le château et faire ce que j’aime, ce à quoi je me destinais. Les cours et la discipline, c’était trop pour moi. Je préfère nettement la liberté dont je jouis maintenant et ce, malgré la contrainte qu’un emploi peut représenter.

Le ton de la blonde me fait comprendre qu’elle ne semble pas apprécier mon jeu. Il est un peu puéril et pas du tout constructif, ça j’en conviens. Il ne peut pas plaire à tout le monde. Moi-même, il y avait bien longtemps que je ne m'y étais plus adonnée et il m'ennuie déjà.

- Ouch! C'est triste, dis-je, une risette imprimée sur mon visage.

Cela me ramena quelques années en arrière. Lorsque j'étais à l'école, je me moquais gentiment de mes camarades. Une tenue mal assortie, une phrase maladroite ou un tic amusant, tout était prétexte à rire. Bien sûr, je n'allais pas jusqu'à rire sous leur nez. Mon but n'était pas de devenir un bourreau mais de m'amuser des petites différences qui forme chacun de nous, tout comme je peux rire de moi-même également.

Voyant le verre dans la main de ma compagne de comptoir, sans aucune raison apparente, je lève le mien dans sa direction.

- Santé!

J'ignore à quoi pourrait bien trinquer la blonde. De mon côté, je fête le début de ma nouvelle vie et c'est justement ce qui m'a amené dans ces lieux.

Employée chez Madame Guipure depuis le 28 février 2050

3 avr. 2025, 12:02
Entre deux gorgées
Les coudes toujours adossés sur le comptoir, Elfie laissa échapper un léger soupir en entendant les paroles de la brune. C'était bien ridicule, les yeux fixés sur le sol à quelques mètres de l'endroit où elle était positionnée, la blonde n'imprimait dans son esprit aucune informations qu'elle pouvait observer, en réalité son regard était vague, floutée, laissant libre court à son esprit pour pensée sans être dérangé par ne serait-ce quel mouvement visuel. Elle était venue apprécier les lieux, profiter de chaque descente du liquide brûlant et réconfortant le long de sa gorge, pour se poser de sa semaine bien remplit et fructueuse, elle avait enchaînait les entraînements que ce soit ceux concernant le quidditch qu'elle abordait encore avec crainte. Certainement dû à son passé encore trop proche sans suivre le bon chemin pour panser les blessures qu'elle gardait ouverte sans s'en rendre compte, pensant que son optique de seulement les ignorer suffisait, commençant à retrouver un semblant de plaisir trop frêle encore pour qu'elle puisse décréter qu'elle était heureuse en volant, émotions trop lointaine de manière saine pour qu'elle se souvienne de l'effet que cela procurait.

Les entraînements liés à sa progression en sortilège et à sa relation avec sa baguette était moins difficiles à affronter, elle s'était réconciliée légèrement avec l'utilisation de celle-ci en partie grâce à Valerion qu'elle ne se permettrait jamais d'avouer. Elle avait avancé depuis octobre dernier, depuis le moment où elle avait décidé de rattraper son retard accumulé au château, en commençant d'abord par tous les sortilèges de bases utiles au quotidien qu'elle n'avait plus de difficultés à lancer. De manière objective, il était évident qu'aujourd'hui son niveau ressemblait amplement à celui d'un élève en septième année avec un niveau correct dû à son travail acharné depuis maintenant plus de quatre mois. Elle avait déjà des bases heureusement et débloquée par l'aide de son ancienne professeure de défense contre les forces du mal, la pratique n'était pas le côté le plus compliquée, le plus gros était d'apprendre la théorie de chaque sort dans un temps réduit pour s'en souvenir ensuite.

Quant aux restes, ce n'était que ses entraînements sportifs habituelles, concernant le maintien d'une forme athlétique, travaillant sur son cardio, ses réflexes, son agilité lié au quidditch évidemment mais aussi lié à sa pratique avec Honor concernant les différentes techniques de combat qu'elle apprenait avec elle. Enfin elle avait bien méritée une pause, sourire aux lèvres en pensant à la tête d'Huggins si il la verrait profiter volontairement d'un whisky comme récompense de ses efforts. Sans oublier la présence de l'inconnue à ses côtés et même si elle était venue arpenter les lieux dans le but de relâcher un peu, elle était incapable de se séparer de ses pratiques quotidiennes, de l'analyse de ses réussites, de ses échecs, de son avancée tout en gardant un recul lié à sa méfiance accentuée.

Elfie osa relever la tête et sortir de sa vision floutée du sol poussiéreux dû aux allers et retours des sorciers dans la journée pour se tourner vers la femme qui lui avait adressée quelques paroles. Elle avait décidé de rester à cette place immobile et donc préférée côtoyait la brune de manière forcée plutôt que de se déplacer pour trouver une place libre quelques mètres plus loin, elle ne comptait pas rester, seulement le temps de siroter tranquillement son verre pour repartir à ses occupations, si cela vous dire qu'elle devait faire semblant de s'intéresser à l'autre sorcière eh bien soit, elle le ferait. "Également!" Elle leva son verre dans sa direction une poignée de seconde pour le reposer ensuite sur le comptoir à côté de son coude droit. Elle ne le faisait pas par plaisir, ni par politesse, simplement si elle restait courtoise à son égard, elle ne serait pas dérangée par un air désagréable... Encore une fois elle servait ses intérêts sans que cela ne se voit plus que ça. Et puis la situation n'était pas pour lui déplaire totalement, elle se fichait bien de qui était cette personne, des raisons de sa présence ici ou de ce qu'elle pouvait bien faire de sa vie mais si ses quelques paroles pouvait lui permettre de se détachée de ses ruminations envahissantes, ce n'était peut-être pas si mal.

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Employée au manoir Joyce, Promo 42
Je déteste ceux qui volent ma solitude sans m’offrir de vraie compagnie.

8 avr. 2025, 15:27
Entre deux gorgées
Même si elle ne parait pas être spécialement dérangée par ma présence, la blonde ne semble pas pour autant vouloir poursuivre la discussion au-delà. Sans doute ai-je choisis la mauvaise approche en l’initiant à mon jeu puéril. Au moins, elle a répondu à mon invitation à trinquer ensemble. Bref, je sais reconnaitre les causes perdues quand j’en vois une. De toute façon, je ne connais pas cette personne et je ne la croiserais sûrement plus après ce jour. Engager une véritable discussion m’importe donc peu. Je cherche juste à passer le temps en attendant un ami avec lequel je pourrais être un peu plus prolixe.

- À une semaine fatigante mais enrichissante, ajoutè-je plus pour moi que pour continuer à entretenir la conversation.

Une première semaine de boulot engloutie, j’ai des tas de pensées dans ma tête qui ne demandent qu’à en sortir. À commencer par l’atmosphère générale au sein de la boutique, le mode de fonctionnement des Dames Guipure, mais aussi toutes les personnes qui ont croisé m’ont chemin au cours des derniers jours et les situations que celle-ci ont engendré. Chaque client à une histoire et c’est cela qui est enrichissant.

Je me retourne alors pour faire face au comptoir et au barman, en profitant pour déposer mon verre encore bien rempli, n’ayant plus d’intérêt à observer la salle. Ma vie ne doit absolument pas intéresser l’inconnue pour que je développe davantage ce à quoi je trinque. Je peux moi-même avouer ne pas avoir spécialement envie de lui poser plus de questions. Sans doute que son air farouche m’avait ôté toute envie de le faire, même si je l’avais voulu. Discuter avec un mur, n’a rien de palpitant.

Et pourtant, elle m’intrigue. Elle semble être à l’opposé de ma personnalité souriante et ouverte. Je m’entoure, en général, de personne semblable, sans le chercher spécialement. Alors quand je croise quelqu’un qui m’est diamétralement opposé, je ne peux m’empêcher de me demander à quoi ressemble la vie d’une personne plus froide, dans ses interactions avec les autres, par exemple. Je la détaille discrètement de bas en haut et je remarque alors sa tenue. Elle n’a rien de particulier qui pourrait retenir mon attention, elle est même plutôt simple, mais il y a tout de même un petit effort effectué.

- Pour ce que ça vaut, j’aime beaucoup ta tenue. Loin de moi l’idée de vouloir causer fringue mais déformation professionnelle, alors…

Je replonge ensuite dans mon verre, m’attendant à n’obtenir aucune réponse de sa part. À vrai dire, je n’en attends aucune. Mais c’est tout moi, je dis souvent ce qui me passe par la tête, surtout lorsqu’il s’agit de compliments. Mais la jeune fille s’intéressait peut-être autant à la mode que de la vie du pauvre gars assis plus loin.

Employée chez Madame Guipure depuis le 28 février 2050

22 avr. 2025, 13:27
Entre deux gorgées
Il n'y avait rien chez cette femme d'intéressant, rien à en tirer, elle était aussi insignifiante qu'une paire de chaussette qui trainerait, oublier dans un coin d'une pièce. Non pas qu'elle était réellement une âme sans intérêt, elle devait très certainement attirer convoitise amicale ou relation néfaste comme la plupart des individus de cette foutue population sorcière mais pour Elfie, elle n'était qu'un figurant du film de sa vie, un figurant apparaissant que quelques secondes à l'image, invisible dans une foule, rien de plus. Il était crédible de se demander pourquoi la blonde restait là, à siropter son verre sans montrer la moindre animosité, sans paraître si dérangée par sa présence, sans essayer de se détacher de la situation qui au quotidien la faisait échapper des soupires grossiers.

Elle n'avait aucun impacte possible sur ce qui égoïstement comptaient pour l'ancienne gryffondor, ainsi elle aurait dû quitter le comptoir pour s'installer dans un des recoins encore disponible de la pièce, néanmoins, elle était encore là et aussi surprenant que cela soit-il, par envie, par plaisir non mais bien par envie. Pour une fois elle s'était décidé à entrer à l'intérieur du bar, non pas par besoin urgent de ravaler quel que soit une de ses stupides émotions incompréhensible, elle était là dans un but bien plus ordinaire d'un point de vu plus large, simplement se détendre entre deux services. Bloquée dans des ruminations infernales, bien que minimes soit la solution, l'écouter parler du bon temps suffisait à s'échapper quelques secondes des doutes ambiants qui l'entouraient.

Sans répondre à la raison qui la poussait à trinquer, premièrement parce qu'elle se fichait pas mal de ce qui pouvait sortir de la bouche de l'autre femme mais aussi parce qu'elle n'avait aucune raison apparente de trinquer, elle se laissa entraîner par l'appel de la boisson pour reprendre quelques gorgées laissant ainsi un blanc suffisamment spacieux pour lui laisser la parole. Sans grande surprise, encore une fois le résultat n'était pas bien glorieux, un alignement de mots sans intérêt. Ainsi elle était dans le milieu de la mode, soit... Sans intégrer l'information à son esprit, elle se permit un léger regard sur la tenue de sa voisine, non pas qu'elle s'y connaissait ou qu'elle allait se donner un plaisir de pouvoir juger chaque bout de tissus qu'elle portait, simplement par réflexe. Après un léger soupire qui lui était propre, elle se laissa aller dans ce qui pouvait ressembler de son côté à un échange. "Ça vaut que dalle."

Bon, Elfie restant Elfie les relations sociales n'avaient jamais été son fort, assez pointilleuse sur les mots, elle ne put s'empêcher de rectifier les paroles de son interlocutrice, ce n'était en aucun cas agressifs, un simple fait évoqué. Après une gorgée sans prendre la peine de regarder le visage de l'autre femme, elle finit par poser son verre sur le comptoir tout en se tournant ventre contre celui-ci pour y déposer ses coudes en y laissant tomber sa tête à peine quelques secondes avant de se redresser à nouveau."Si vous êtes du milieu, rien dans ma tenue ne devrait nécessiter un quelconque intérêt de votre part" En effet, elle n'avait pas sortie le grand jeu, ses tenues les plus belles réservées seulement lorsqu'elle avait décidé que le moment avait assez d'importance ou quand elle y était forcée lorsque les Joyce organisaient un évènements. Pour une simple sortie consistant à s'entourer de son compagnon de route favori commençant par whisky et se terminant par pur feu, ce n'était pas la peine. Ainsi elle s'était simplement vêtue d'une robe noire, tout ce qu'il y avait de plus banale, coordonnée à des talons assez bas, le tout enveloppé d'une cape d'hiver assez longue.

Vraiment, il n'y avait rien à déceler pour une quelconque exposition de mode, rien d'assez recherché pour s'y intéresser, elle portait des vêtements, rien de plus. Elle avait bien quelques robes et tenues qui pourrait intéressée celle qu'elle avait désigné de force comme modiste mais ce n'était pas prévue qu'elle puisse y jeter un œil un jour.

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Employée au manoir Joyce, Promo 42
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22 mai 2025, 14:13
Entre deux gorgées
Loin de me démonter devant tant d’audace, je souris face à la franchise de la blonde. Bien sûr que mon avis ne vaut rien pour elle, nous ne nous connaissons pas. Et quand bien même ce serait le cas, tous les avis n’ont pas la même valeur selon moi. l’importance qu’on leur apporte dépend surtout du degré d’importance que l’on donne à leur auteur. L’avis venant d’une inconnue, aussi flatteur puisse-t-il être, n’apporte pas grand-chose dans la mesure où je ne sais pas qui elle est au fond. C’est pour cette raison que je ne prends pas mal le fait que “ça vaut que dalle”.

La jeune femme se tourne vers le comptoir comme je l’ai fait quelques secondes auparavant. Le silence se fait. Nous sommes définitivement deux pôles totalement inversés. Elle incarne une personnalité que je n’aurais jamais. Alors que je cherche la conversation, elle semble l’éviter. Je juge donc qu’il serait sage de la laisser tranquillement siroter son verre avant qu’elle ne se lasse. Bien décidées à ne plus intervenir, je suis surprise d'entendre à nouveau le son de sa voix et ce qu’elle ajoute m’entraine dans une réflexion.

Les goûts sont subjectifs qu’ils peuvent totalement varier d’une personne à l’autre. J’ai remarqué une tenue que la blonde trouvait pourtant banale. Elle aurait pu porter n’importe quoi ou être complètement débraillée, mais c’est cette tenue en particulier qu’elle a choisi de porter pour sortir. Celle qui a suffisamment attiré son attention que pour la faire sortir de sa garde-robe. Elle est peut-être “sans intérêt” mais elle doit lui plaire, d’une manière ou d’une autre. De mon côté, je sors du travail, je porte encore les vêtements qui m’ont accompagné toute la journée et je n’aspire qu’à une chose: m’en débarrasser en rentrant chez moi.

- Elle ne paie pas de mine, c’est vrai. Je n’ai pas dit qu’elle était incroyable. Mais elle est efficace et c’est ça que j’aime bien. Y’a pas besoin de sembler participer à un défilé de mode pour être remarqué. Je ne suis pas encore une grande couturière… Alors, mon avis, comme vous l’avez dit, il ne vaut rien. Je pense juste que c’est le genre de choses qu’on ne pense pas à dire mais qui peuvent parfois changer les choses. Vous ne semblez pas réceptive, d’autres le sont.

Un compliment de temps en temps, ce n’est pas grand-chose. Cela ne me coûte rien et parfois, il arrive que ces simples mots illuminent ne serait-ce qu’un peu le visage d’un interlocuteur. Un mauvais jour peut se transformer en une journée pas si mal, si tout le monde y met un peu du sien. C’est la raison pour laquelle je n’hésite jamais à dire ces choses.

Employée chez Madame Guipure depuis le 28 février 2050