Un elfe de maison qui a le bras long
Comme chaque matin, Ernest se levait aux aurores, se glissait silencieusement hors de son lit et quittait les dortoirs de sa salle commune pour se rendre dans la Grande Salle. L’adolescent prenait toujours son petit déjeuner bien avant les autres, seul. Il n’aimait pas trop fréquenter la Grande Salle quand elle était bondée d’étudiants, pleine de bruits et d’agitation. Les couloirs étaient silencieux et ce calme inhabituel avait quelque chose d’étrange. Parfois d’un peu inquiétant. Mais il en avait pris l’habitude et commençait à apprécier cette petite aparté entre le château et lui. Comme s’il était vivant. En cette fin de mois de janvier, le soleil se faisait encore timide et si les journées se prolongeaient déjà, il faudrait encore une bonne heure avant que la lumière extérieure ne vienne baigner les murs de la Grande Salle. Seules les chandelles qui flottaient sporadiquement apportaient une lumière diffuse et donnaient une ambiance tamisée à la pièce.UN ELFE DE MAISON QUI A LE BRAS LONG
Poudlard, Rez-de-Chaussée, Grande Salle
Samedi 25 janvier 2048
Tôt le matin, à l'ouverture des portes de la Grande Salle
ERNEST STEVENS - 1A - SERPENTARD
KROBLEY
ELFE DE MAISON - CHEF DES CUISINES
Dans le silence de la Grande Salle, seuls résonnaient parfois les bruits d’apparition et de disparition des elfes de maison qui commençaient déjà à s’affairer et à remplir les plats. Comme un bruit de succion. Parfois, il les observait, essayant de deviner l’endroit où ils allaient apparaître. Il avait déjà entendu parler du transplanage. D’ailleurs sa mère le pratiquait parfois. Il savait qu’il s’agissait d’une pratique complexe qui nécessitait beaucoup de maîtrise en magie. Un sujet qui l’intéressait forcément. Si l’adolescent se montrait toujours respectueux et poli envers les elfes, cela ne l’empêchait pas de se méfier. Tout comme il se méfiait des gens en général.
Ernest engloutissait son petit-déjeuner le nez penché sur un bouquin ou le regard dans la lune. Dans sa tête, les pensées se succédaient, se mélangeaient parfois. Il lui arrivait de se repasser le film des cours de la veille, s’interrogeant silencieusement sur tel ou tel point, prenait ses idées en note quand il arrivait à les saisir au vol. Le garçon était studieux. Probablement trop. Au dépend de tout le reste en tout cas. Ce jour-là, il tâchait d’en apprendre plus sur le sortilège qu’il avait vu en cours de Défense contre les Forces du mal il y a déjà plusieurs semaines. C’était un de ses cours préféré, mais les sortilèges n’étaient pas évident à mettre en pratique. Il ne se voyait pas lancer des enchantements au hasard sur ses camarades de classe.
Il s’était dit qu’en trouvant le maximum d’informations sur le sortilège Lashlabask, il pourrait au moins le décortiquer, arriver à mieux le comprendre et peut-être que ça ferait une différence. Mais ça ne valait pas la pratique. Son regard se posa sur une corbeille d’oranges posée non loin de lui. La pyramide avait été savamment monté et tenait dans un équilibre fragile. Arriver à viser l’orange la plus haute sans faire tomber toutes les autres pourrait être un bon exercice de précision. Le garçon jeta quelques coups d’œil à droite à gauche pour s'assurer que personne ne le regardait. Sa baguette en main, il se concentra sur le fruit, sur sa taille, sur le point qu’il souhaitait viser. Il prit une profonde inspiration et dirigea son intention sur le point en question.
D’un geste précis qu’il avait répété à maintes reprises, il actionna sa baguette et prononça la formule. Son sort frappa l’orange de plein fouet, la faisant rouler hors du panier et s’arrêter quelques centimètres plus loin sur la table. Sourire aux lèvres, Ernest décida de faire un autre essai sur une nouvelle orange. Mais il avait mal jaugé le montage de la pyramide et il dû se précipiter vers le panier pour ramasser tous les agrumes qui s’effondraient.
Dernière modification par Ernest Stevens le 16 mars 2025, 16:41, modifié 2 fois.
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
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Un elfe de maison qui a le bras long
Krobley venait de terminer son service, les petits-déjeuners avaient été servis et ils se demandaient encore comment tous ces élèves pouvaient avaler autant de porridge, d'haricots blancs à la sauce tomate et même de saucisse dès le matin. Certains avaient l'estomac d'un ogre, mais cela plaisait à l'elfe qui se donnait le pari de trouver combien d'assiettes allait reprendre tel élève; qui allait se resservir, qui allait vomir ses haricots et qui n'arriverait pas à décoller ses fesses du banc. L'elfe avait donné l'ordre aux commis de partir tout nettoyer, avait vérifié que tout était en ordre et qu'il ne laissait pas de morceaux de nourriture sur les tables, afin d'être satisfait. D'autant plus qu'il savait que certains restaient pour lire ou attendre leur prochain cours, à ne rien faire. Il était d'ailleurs temps d'observer ceux qui, la tête baissée, faisaient semblant de travailler.
Au loin, une table, un élève, une baguette. Krobley était intrigué. Pour une fois, un élève semblait vraiment travailler et l'elfe décida de l'observer, de comprendre son comportement, ce qu'il cherchait à faire. Il n'aimait pas vraiment voir ces oranges rouler et être si mal traitées. Qu'est-ce que ce Serpentard cherchait à faire ? Du jus d'orange ? Clairement pas la bonne approche. Après le premier essai, l'elfe cuisinier comprit que l'élève n'allait pas s'arrêter là et qu'il repartait sur une deuxième orange. Veut-il les faire léviter ? Avec un peu d'aide, peut-être que cela ira mieux..
Krobley jeta un petit coup d'œil vers les derniers elfes qui quittaient la pièce, fixa l'orange et d'un claquement de doigts, fit léviter l'orange au-dessus de la tête de l'élève. Un bras levé et l'enfant pourrait la récupérer. Evidemment, il allait sûrement interroger sa formule, voire sa visualisation, mais l'elfe s'en amusait. La prochaine étape, offrir à ce jeune garçon un peu de jus d'orange s'il continuait à échouer autant à ses sorts.
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Au loin, une table, un élève, une baguette. Krobley était intrigué. Pour une fois, un élève semblait vraiment travailler et l'elfe décida de l'observer, de comprendre son comportement, ce qu'il cherchait à faire. Il n'aimait pas vraiment voir ces oranges rouler et être si mal traitées. Qu'est-ce que ce Serpentard cherchait à faire ? Du jus d'orange ? Clairement pas la bonne approche. Après le premier essai, l'elfe cuisinier comprit que l'élève n'allait pas s'arrêter là et qu'il repartait sur une deuxième orange. Veut-il les faire léviter ? Avec un peu d'aide, peut-être que cela ira mieux..
Krobley jeta un petit coup d'œil vers les derniers elfes qui quittaient la pièce, fixa l'orange et d'un claquement de doigts, fit léviter l'orange au-dessus de la tête de l'élève. Un bras levé et l'enfant pourrait la récupérer. Evidemment, il allait sûrement interroger sa formule, voire sa visualisation, mais l'elfe s'en amusait. La prochaine étape, offrir à ce jeune garçon un peu de jus d'orange s'il continuait à échouer autant à ses sorts.
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Krobley est le nouvel elfe des cuisines. Krobley est "poutchipoutchi" selon Jeff Hunter.
Code couleur : 9C715D
Un elfe de maison qui a le bras long
Évaluer la taille et le poids d’un objet n’était pas la seule variable qu’il lui fallait prendre en compte pour réussir son sortilège. Ernest gagnait en précision et arrivait de mieux en mieux à jauger l’intensité de ses lancers. Mais il réalisait que beaucoup de paramètres extérieurs entraient en compte. Tout en ramassant les oranges sur la table et en les empilant à leur place dans la coupe, il prenait conscience que leur équilibre s’appuyait sur un savant mélange de force. Il ne s’agissait pas simplement d’être précis dans sa visée mais également d’essayer d’appréhender les dommages collatéraux.
Son regard se posa sur chacun des fruits, il les observa avec attention. Leur place, qui reposait sur qui. Où se trouvait le point de rupture ? Le meilleur moyen c’était encore d’essayer. L’adolescent jeta des coups d'œil rapides autour de lui. Il n’y avait pas grand monde et personne ne semblait s’intéresser à ce qu’il faisait. Il s’était réinstallé à sa place, à bonne distance de la coupe de fruits, prêt à jeter son sortilège. Son regard était fixé sur son objectif. Il s’appliquait à visualiser le mieux possible le résultat de son lancer. Mais également les influences qu’il pourrait avoir. Ses doigts se serrèrent sur sa baguette. D’un geste fluide, il actionna cette dernière en commençant à articuler son incantation. Mais avant qu’il ne puisse réciter la formule, le fruit qu’il visait commença à s’élever lentement dans les airs.
Sidéré, il resta immobile l’espace de quelques secondes. Il observa le fruit non loin de lui, puis sa baguette magique, puis le fruit à nouveau. Le petit brun ne comprenait pas. Il avait pourtant jeté un sortilège de répulsion et non de lévitation. Il en était certain. Enfin presque. Il se leva doucement du banc pour s’approcher, non sans avoir jeté de nouveaux regards alentour. Poudlard était un château imprégné de magie, rien de devrait plus l’étonné. Pourtant, il était déconcerté par le phénomène. Avec méfiance, il approcha sa main et tenta de toucher l’agrume du bout du doigt. À l’instant où son index toucha l’objet, celui-ci tomba précipitamment sur la pile qui s’éboula une nouvelle fois. Affolé, le garçon se précipita pour ramasser une nouvelle fois les auranthiacés.
Son regard se posa sur chacun des fruits, il les observa avec attention. Leur place, qui reposait sur qui. Où se trouvait le point de rupture ? Le meilleur moyen c’était encore d’essayer. L’adolescent jeta des coups d'œil rapides autour de lui. Il n’y avait pas grand monde et personne ne semblait s’intéresser à ce qu’il faisait. Il s’était réinstallé à sa place, à bonne distance de la coupe de fruits, prêt à jeter son sortilège. Son regard était fixé sur son objectif. Il s’appliquait à visualiser le mieux possible le résultat de son lancer. Mais également les influences qu’il pourrait avoir. Ses doigts se serrèrent sur sa baguette. D’un geste fluide, il actionna cette dernière en commençant à articuler son incantation. Mais avant qu’il ne puisse réciter la formule, le fruit qu’il visait commença à s’élever lentement dans les airs.
Sidéré, il resta immobile l’espace de quelques secondes. Il observa le fruit non loin de lui, puis sa baguette magique, puis le fruit à nouveau. Le petit brun ne comprenait pas. Il avait pourtant jeté un sortilège de répulsion et non de lévitation. Il en était certain. Enfin presque. Il se leva doucement du banc pour s’approcher, non sans avoir jeté de nouveaux regards alentour. Poudlard était un château imprégné de magie, rien de devrait plus l’étonné. Pourtant, il était déconcerté par le phénomène. Avec méfiance, il approcha sa main et tenta de toucher l’agrume du bout du doigt. À l’instant où son index toucha l’objet, celui-ci tomba précipitamment sur la pile qui s’éboula une nouvelle fois. Affolé, le garçon se précipita pour ramasser une nouvelle fois les auranthiacés.
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Voir l’élève si étonné, si perplexe face à cette orange qui volait près de lui était amusant un court instant. Krobley avait trouvé l’exercice drôle, pensait presque pouvoir aider le jeune Serpentard, mais voir son affolement à la suite de la chute du fruit le rappela à l’ordre. Le chef cuisinier décida alors de s’avancer vers l’élève et d’aller voir s’il comptait jouer encore longtemps avec son panier à fruits. Il aimait voir les élèves s’entraîner, c’était clairement un sorcier sérieux, mais l’elfe ressentait comme un petit pincement au cœur quand il voyait que les fruits détruits ne servaient qu’à être … détruits.
Krobley s’essuya les mains sur son petit tablier, redressa sa toque blanche et abimée, et s’avança doucement près de l’élève, en contournant la table qui les séparait.
— Bonjour Mister. Krobley voudrait savoir ce que vous cherchez à faire ? Voulez-vous vous entraîner à la lévitation ou au jus de fruits ?
Les elfes aimaient jouer avec les mots, comprendre ce qu’ils voulaient comprendre, et amener l’idée qu’ils voulaient amener. Mais Krobley voyait plutôt ses prises de paroles avec une certaine réserve. Il n’aimait pas tant l’idée d’effrayer ou de changer l’idée de quelqu’un. A cet instant, il voulait juste aider le Serpentard très sérieux.
— Krobley peut vous aider si Mister le souhaite. Mister n’a qu’à demander.
Krobley s’essuya les mains sur son petit tablier, redressa sa toque blanche et abimée, et s’avança doucement près de l’élève, en contournant la table qui les séparait.
— Bonjour Mister. Krobley voudrait savoir ce que vous cherchez à faire ? Voulez-vous vous entraîner à la lévitation ou au jus de fruits ?
Les elfes aimaient jouer avec les mots, comprendre ce qu’ils voulaient comprendre, et amener l’idée qu’ils voulaient amener. Mais Krobley voyait plutôt ses prises de paroles avec une certaine réserve. Il n’aimait pas tant l’idée d’effrayer ou de changer l’idée de quelqu’un. A cet instant, il voulait juste aider le Serpentard très sérieux.
— Krobley peut vous aider si Mister le souhaite. Mister n’a qu’à demander.
Krobley est le nouvel elfe des cuisines. Krobley est "poutchipoutchi" selon Jeff Hunter.
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Ernest sursauta en entendant la voix de l’elf de l’autre côté de la table. Un léger rouge envahit ses joues et son visage prit une expression penaude. Il n’avait déjà pas l’habitude d’être appelé Mister. Surtout pas par un elf de maison. Il fallait dire qu’il avait un léger passif avec ces derniers. Ou plutôt, avec un en particulier. Mais globalement, il avait énormément de respect pour ces créatures. Après tout, n’était-ce pas eux qui faisaient fonctionner tout le château ?
“Euh… Pardon, M’sieur… euh Sire…”
Le sire semblait plus approprié. Après tout, les elfes n’étaient pas des hommes et qui sait s’il n’allait pas mal prendre la comparaison. Sire, ça faisait tout de suite plus distingué.
“Non, non… pas de jus de fruits… j’avais pas l’intention de les abîmer ou quoi que ce soit… j’vous assure… c’était…”
L’adolescent se frotta l’arrière de la tête avec une certaine gêne. Il commençait à douter du bien fondé de son idée. Lancer des sortilèges à la table du petit déjeuner dans la Grande Salle n’était peut-être pas la plus brillante qu’il ait eu. Ou peut-être juste qu’il aurait dû se contenter de la première orange. Rester sur une victoire. Mais Ernest était pétri d’ambition et il ne savait pas toujours s’arrêter quand il le fallait.
“J’voulais m’entraîner au maléfice de répulsion… Pour gagner en précision… c’est que… j’crois pas que les autres élèves s’raient trop d’accord de servir de cobaye… alors l’orange… bin… ça semblait être un bon compromis… ”
Il se voyait mal demander à qui que ce soit de subir de manière volontaire les assauts d’un Lashlabask improvisé. Et il n’était pas du genre à jeter des sortilèges en douce sur les autres non plus. Non pas que l’idée ne lui ait pas traversé l’esprit l’une ou l’autre fois. Mais il entendait alors immédiatement les réprimandes de ses mères qui sifflaient à ses oreilles.
“Mais vous, vous êtes balèze en lévitation… Vous avez même pas besoin de baguette !”
Une compétence qui impressionnait le petit brun au plus haut point.
“Euh… Pardon, M’sieur… euh Sire…”
Le sire semblait plus approprié. Après tout, les elfes n’étaient pas des hommes et qui sait s’il n’allait pas mal prendre la comparaison. Sire, ça faisait tout de suite plus distingué.
“Non, non… pas de jus de fruits… j’avais pas l’intention de les abîmer ou quoi que ce soit… j’vous assure… c’était…”
L’adolescent se frotta l’arrière de la tête avec une certaine gêne. Il commençait à douter du bien fondé de son idée. Lancer des sortilèges à la table du petit déjeuner dans la Grande Salle n’était peut-être pas la plus brillante qu’il ait eu. Ou peut-être juste qu’il aurait dû se contenter de la première orange. Rester sur une victoire. Mais Ernest était pétri d’ambition et il ne savait pas toujours s’arrêter quand il le fallait.
“J’voulais m’entraîner au maléfice de répulsion… Pour gagner en précision… c’est que… j’crois pas que les autres élèves s’raient trop d’accord de servir de cobaye… alors l’orange… bin… ça semblait être un bon compromis… ”
Il se voyait mal demander à qui que ce soit de subir de manière volontaire les assauts d’un Lashlabask improvisé. Et il n’était pas du genre à jeter des sortilèges en douce sur les autres non plus. Non pas que l’idée ne lui ait pas traversé l’esprit l’une ou l’autre fois. Mais il entendait alors immédiatement les réprimandes de ses mères qui sifflaient à ses oreilles.
“Mais vous, vous êtes balèze en lévitation… Vous avez même pas besoin de baguette !”
Une compétence qui impressionnait le petit brun au plus haut point.
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
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Un elfe de maison qui a le bras long
Si pour une fois Ernest avait l’avantage de la taille, il n’en restait pas moins impressionné par l’elfe de maison. Il avait pour eux un profond respect et dès qu’il en croisait un, il ne pouvait s’empêcher de penser à Fumble, là-bas à Londres. Il se demandait si l’humble serviteur des Stevens se rendait encore parfois dans sa chambre pour jouer avec ses anciens jouets, comme ils avaient l’habitude de le faire quand il était plus jeune. Est-ce que sa cataracte s’était aggravée ? L’elfe avait toujours paru vieux d’aussi loin que le gamin puisse se souvenir. Mais il semblait bien qu’on pouvait être encore plus vieux que vieux. Un léger pincement au cœur, l’adolescent culpabilisa un instant de ne pas prendre plus souvent des nouvelles de son compagnon de toujours.
Que Krobley lui propose son aide pour affiner sa technique était une vraie aubaine pour Ernest. Non seulement, il n’aurait pas à s’entraîner sur des cibles vivantes commes des créatures magiques - ou des élèves, mais en plus, il pourrait bénéficier de l’expertise de l’elfe. Une créature dotée d’une grande intelligence, de la capacité de communiquer avec lui et de celle de pouvoir exercer la magie sans catalyseur ! Aux yeux du gamin, le petit être était un géant !
Le chef des cuisines suggera d’animer les oranges pour les faire bouger, flotter dans des directions aléatoires et ou surgir de derrière la corbeille de manière improvisée. L’exercice obligerait l’adolescent à travailler ses réflexes et à adapter son maléfice en permanence. Une manière plutôt ludique de progresser sans le formalisme inhérent des cours. Et sans les regards de ses camarades qu’il s’imaginait plus qu’il ne ressentait vraiment. Un peu méfiant mais sacrément intrigué, Ernest finit par accepter. Pouvait-il vraiment refuser une occasion d’avoir un prof particulier et de prendre une longueur d’avance sur la classe ?
Krobley aligna quelques oranges sur la table et après un claquement de doigts, la première s’éleva lentement dans les airs sous le regard toujours ébahi du petit Serpentard. Le but de la manœuvre était de la repousser à l’aide du maléfice de Répulsion sans la faire exploser ni la projeter trop loin. Il fallait doser sa magie, ce qui, pour un élève de première année, était encore un peu conceptuel. Ernest n’avait aucune idée d’où se situait les limites de ce sortilège. Mais c’était pour ça qu’il s'entraînait. Essai après essai, l’elfe avait ajusté la hauteur pour adapter la difficulté. Les tentatives du petit brun étaient maladroites. Parfois trop fortes, parfois trop faibles, parfois pas assez précises.
Il s’améliorait néanmoins à chaque lancer et quand il fut un peu plus à l’aise, Krobley commença à faire bouger les oranges dans un balai aérien un peu plus complexe. Rotation plus ou moins lente, montée et descente, il s’agissait pour Ernest d’adapter sa visée et de gérer les légères frustrations provoquées par les échecs. De son côté l’intendant des cuisines semblait bien s’amuser. Parfois taquin sans être méchant, il commentait les progrès de Mister ou l’encourageait au besoin.
Les exercices s’enchaînaient et sans prévenir, surgir plusieurs oranges de manière complètement anarchique. Certaines flottaient, d’autres roulaient sur la table tandis qu’une autre série était détournée au dernier moment. Ernest devait réagir vite. Ses réflexes et sa précision étaient mis à rude épreuve. Il y eut quelques échecs. Mais quelques réussites aussi.
La Grande Salle commençait peu à peu à se remplir. Heureusement pour l’adolescent, les élèves étaient bien moins matinaux durant le week-end, sans quoi il aurait dû écourter sa séance d’entraînement avec Krobley bien plus rapidement. L’elfe de maison félicita Mister pour son sérieux et sa persévérance, non sans une pointe de fierté. Discrète, mais sincère. Il était temps pour chacun de reprendre le cours de son existence respective et de sortir de cette petite parenthèse enchantée. Ernest bafouilla des excuses sans fin et la créature lui proposa de réitérer l’expérience à l’occasion, quand il en aurait envie. Le chef des cuisines posa une orange entre les mains du garçon en lui adressant un clin d’oeil complice.
— Celle-ci c’est pour le jus de fruit, Mister… par pour la lévitation…”
Il reprit le chemin des cuisines, laissant un Ernest légèrement essoufflé mais ravi de sa petite expérience. Pendant quelques instants, le garçon fit tourner son orange entre ses mains, songeur. Il restait intrigué par cette nouvelle manière d’envisager la magie. Plus intuitive. Bien plus vivante. Sans vraiment s’en rendre compte, il glissa le fruit dans sa poche et quitta la table. Il la garderait pour plus tard. Pour le moment, il avait d’autres expériences à mener. Mais la proposition de l'elfe n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd.
Que Krobley lui propose son aide pour affiner sa technique était une vraie aubaine pour Ernest. Non seulement, il n’aurait pas à s’entraîner sur des cibles vivantes commes des créatures magiques - ou des élèves, mais en plus, il pourrait bénéficier de l’expertise de l’elfe. Une créature dotée d’une grande intelligence, de la capacité de communiquer avec lui et de celle de pouvoir exercer la magie sans catalyseur ! Aux yeux du gamin, le petit être était un géant !
Le chef des cuisines suggera d’animer les oranges pour les faire bouger, flotter dans des directions aléatoires et ou surgir de derrière la corbeille de manière improvisée. L’exercice obligerait l’adolescent à travailler ses réflexes et à adapter son maléfice en permanence. Une manière plutôt ludique de progresser sans le formalisme inhérent des cours. Et sans les regards de ses camarades qu’il s’imaginait plus qu’il ne ressentait vraiment. Un peu méfiant mais sacrément intrigué, Ernest finit par accepter. Pouvait-il vraiment refuser une occasion d’avoir un prof particulier et de prendre une longueur d’avance sur la classe ?
Krobley aligna quelques oranges sur la table et après un claquement de doigts, la première s’éleva lentement dans les airs sous le regard toujours ébahi du petit Serpentard. Le but de la manœuvre était de la repousser à l’aide du maléfice de Répulsion sans la faire exploser ni la projeter trop loin. Il fallait doser sa magie, ce qui, pour un élève de première année, était encore un peu conceptuel. Ernest n’avait aucune idée d’où se situait les limites de ce sortilège. Mais c’était pour ça qu’il s'entraînait. Essai après essai, l’elfe avait ajusté la hauteur pour adapter la difficulté. Les tentatives du petit brun étaient maladroites. Parfois trop fortes, parfois trop faibles, parfois pas assez précises.
Il s’améliorait néanmoins à chaque lancer et quand il fut un peu plus à l’aise, Krobley commença à faire bouger les oranges dans un balai aérien un peu plus complexe. Rotation plus ou moins lente, montée et descente, il s’agissait pour Ernest d’adapter sa visée et de gérer les légères frustrations provoquées par les échecs. De son côté l’intendant des cuisines semblait bien s’amuser. Parfois taquin sans être méchant, il commentait les progrès de Mister ou l’encourageait au besoin.
Les exercices s’enchaînaient et sans prévenir, surgir plusieurs oranges de manière complètement anarchique. Certaines flottaient, d’autres roulaient sur la table tandis qu’une autre série était détournée au dernier moment. Ernest devait réagir vite. Ses réflexes et sa précision étaient mis à rude épreuve. Il y eut quelques échecs. Mais quelques réussites aussi.
La Grande Salle commençait peu à peu à se remplir. Heureusement pour l’adolescent, les élèves étaient bien moins matinaux durant le week-end, sans quoi il aurait dû écourter sa séance d’entraînement avec Krobley bien plus rapidement. L’elfe de maison félicita Mister pour son sérieux et sa persévérance, non sans une pointe de fierté. Discrète, mais sincère. Il était temps pour chacun de reprendre le cours de son existence respective et de sortir de cette petite parenthèse enchantée. Ernest bafouilla des excuses sans fin et la créature lui proposa de réitérer l’expérience à l’occasion, quand il en aurait envie. Le chef des cuisines posa une orange entre les mains du garçon en lui adressant un clin d’oeil complice.
— Celle-ci c’est pour le jus de fruit, Mister… par pour la lévitation…”
Il reprit le chemin des cuisines, laissant un Ernest légèrement essoufflé mais ravi de sa petite expérience. Pendant quelques instants, le garçon fit tourner son orange entre ses mains, songeur. Il restait intrigué par cette nouvelle manière d’envisager la magie. Plus intuitive. Bien plus vivante. Sans vraiment s’en rendre compte, il glissa le fruit dans sa poche et quitta la table. Il la garderait pour plus tard. Pour le moment, il avait d’autres expériences à mener. Mais la proposition de l'elfe n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd.
FIN
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