Fichu Valentin !

Elle était restée à fixer la ronce intacte, en silence. A peser ses sentiments. Ses différentes options s'ils se faisaient surprendre. Et s'ils ne se faisaient pas surprendre. Elle en était arrivée à la conclusion qu'il n'était pas trop tard. Pas encore. Elle pouvait toujours ranger sa baguette, et s'enfermer dans son dortoir jusqu'au prochain cours, histoire de ne plus être envahie d'éléments criant "Fête de l'Amour" aussi clairement que s'il y avait eu des panneaux éclairés de LED roses dans toute l'école.

Jusqu'à ce que Lukas saisisse son poignet, la poussant à le regarder. Elle grimaça, et détourna le regard. Elle ne pouvait pas abandonner? Peut-être que si, que ça valait mieux. Pas pour un sortilège de découpe.

Les mots résonnèrent dans sa tête alors que son cœur manquait un battement. Il n'avait pas complètement tort. C'était un sort qu'ils avaient étudié en première année. Deux ans plus tôt. Elle n'allait tout de même pas s'avouer vaincue face à ces plantes deux fois de suite! Non contente de lui avoir troué la paume de leurs épines, il faudrait qu'elles la narguent de l'avoir empêchée de lancer un sort basique? Et puis quoi encore! Et Lukas qui commençait à lui expliquer comment faire, comme si elle en était incapable. Elle savait tout ça. Et elle était capable. Parfaitement!

Elle releva légèrement le menton, et fixa les roses qui se pavanaient sur leur rampe d'escalier comme pour la narguer. Eh bien non. Pas cette fois. Cette fois, elles allaient voir ce qu'elles allaient voir! Elle allait...

-Quoi?!

Comment ça les brûler? Non mais c'était quoi cette idée? D'accord, elle avait adoré apprendre Incendio, et elle n'avait pas eu beaucoup de difficultés à le lancer, mais... Mettre le feu au milieu du château? Sur des plantes recouvrant visiblement les murs de façon continue? Là, on n'était plus au niveau de la pratique sans danger.

Non mais il avait sûrement dû dire ça pour la faire réagir. Une petite blague idiote. Elle secoua la tête, laissant échapper un petit rire hésitant.

-T'es bête!

Puis elle se retourna face à celle qui venait de la ridiculiser face à son ami, et leva à nouveau sa baguette. Elle prit une inspiration. Les doigts serrés autour de son catalyseur, elle défia le végétal du regard. C'est qu'un petit sort de rien du tout... Elle s'efforçait de faire taire la petite voix qui lui criait que ce n'était pas bien. Elle tentait de se convaincre elle-même, mais le poids dans sa poitrine s'obstinait à lui rappeler qu'elle faisait fausse route. Elle l'ignora. Le cœur battant, elle raffermit sa prise, et se lança.

Le sort trancha sans difficulté la plante, et les roses touchèrent le sol. Mais, contrairement à ce qu'elle avait espéré, elle n'éprouva qu'un très bref sentiment d'allégresse. La satisfaction de briser un peu l'Amour était ternie par l'idée tenace qu'elle avait fait quelque chose de mal. Elle lança des regards fugaces autour d'eux. Est-ce qu'on les avait vus faire? Est-ce qu'on allait leur tomber dessus?

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Fichu Valentin !
L’idée de brûler les roses n’avait pas eu l’air d’enchanter Astrid. Pire même, à en juger son rire et son commentaire insultant, elle avait clairement dû prendre cela pour une blague. De mon côté, étonnamment, face à sa remarque, je me dis qu’il y a clairement un monde qui nous sépare. Un monde entre le bien et le mal, et la Serdaigle n’est clairement pas prête à sauter dans le vide. Alors je range ma baguette, range mon sortilège de feu — qui se réjouissait pourtant à être utilisé — et reste silencieux. Tout ce que je pourrais dire maintenant trahirait sûrement de ma déception face à son refus, alors je préfère hocher la tête, comme si j’étais d’accord avec ce commentaire qui m’était destiné, et je reviens à sa baguette.

Visiblement, Astrid préfère revenir à un simple sortilège de découpe. C’est un peu ennuyant depuis que l’idée de mettre le feu à ces roses a surgi dans mon esprit, mais j’imagine que je ne peux pas trop lui en demander. Après tout, elle vient d’échouer son lancer de sort de première année.

Toutefois, la déception augmente lorsque je vois que sa réaction n’est pas à la hauteur de mes attentes. J’aurais voulu qu’elle sourie, qu’elle ait envie de découper toutes les ronces de tous les escaliers, de tout le chateau. Au lieu de cela, je la vois jeter des coups d’œil à droite et à gauche pour vérifier que personne n’a pu nous surprendre. Je me suis pris d’amitié pour une fille qui a peur des représailles. J’aurais dû le savoir de toute façon, quand on sait qu’elle était l’élève préférée de Lydon.

Bon, Astrid, ça va pas là. Doit bien y avoir plus que ça là-dedans, lancé-je en désignant son ventre, ses tripes.

Et puis l’idée de génie — du moins, à mon échelle — me vient. Je pointe ma baguette sur les ronces restantes et la mets en garde.

Si tu ne me stoppes pas avec un sort, je lance un Incendio sur toute cette ronce. Et fais-moi confiance qu’en un essai, ce truc prendra feu.

Je l’observe en souriant. Un air de défi. Un sourire sournois que je ne lui montre que rarement, mais la situation demande des mesures extremes. Et Astrid a besoin d’une mesure extrême.

Fiche PR - 4e année RP

Fichu Valentin !
Plus que ça... Il ne se rendait donc pas compte? Ça ne lui faisait rien, à lui, de savoir qu'il transgressait les règles? D'accord, elle voulait faire disparaître ces roses, mais... à ce point? Demain, elles ne seraient plus là. Est-ce que attendre ne serait pas une meilleure solution que... tout ça. Oui, les couples qui jouaient aux grands, eux, seraient probablement encore là. Mais ils se cacheraient un peu plus, comme avant, comme les autres années. Une moue pensive s'invita sur son visage alors que son regard basculait vers les branches découpées. Qu'elle avait découpées. Ce n'étaient que quelques bouts de verdure sans importance. Personne ne le remarquerait. Ou ils ne sauraient jamais ce qui s'était passé.

Elle ne releva la tête qu'en entendant le garçon reprendre la parole. Elle fronça les sourcils alors qu'elle intégrait ce qu'il racontait. Son regard bascula vers sa baguette pointée en direction du treillis végétal, et elle écarquilla les yeux. Il voulait... Quoi?! Son cœur rata un battement, sa bouche s'ouvrant sous l'effet de la surprise sans qu'aucun son n'en sorte. Ses lèvres s'agitèrent l'espace de quelques secondes, comment un poisson hors de l'eau. Avant qu'elle ne se ressaisisse. Ses poings se serrèrent autour de sa baguette, ses joues rougissant à cause de la chaleur qui monta soudain en elle.

-Hein?! Mais ça va pas? Tu peux pas faire ça! Y'a des tiges de partout, tu vas mettre le feu à toute l'école!

Et eux avec, puisqu'ils étaient en plein milieu des roses.

-Et nous avec!

Il ne parlait quand même pas sérieusement? Il ne pouvait pas être sérieux.
Mais il avait été renvoyé en début d'année... Peut-être que...
Non. Il n'était pas comme ça! Pas possible!

Et hors de question de lui lancer un sort! Ils n'étaient pas dans le cadre de cours ou de duels, sans surveillance d'un adulte, c'était dangereux! Elle ne pouvait pas prendre ce risque. Elle ne pouvait pas... attaquer un camarade!

Mais, de toute façon, il n'allait pas le faire. N'est-ce pas? Il n'allait pas enflammer des plantes. Aussi insupportablement rouges soient-elles.

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Bien au-dessus de deux apprentis sorciers qui se faisaient ennemis des roses, un sorcier était interrompu dans la lecture de son courrier parfumé au quatrième étage du château. On entendait le portrait du lyrode qui ne cessait pas son boucan depuis la Coursive aux instruments, car son message était bien plus important que les fidèles admirateurs de l'ancien ténor qui ne l'oubliaient jamais en ce jour d'hymne à l'amour - bien qu'ils étaient au nombre de trois cette année. A peine le Maestro Piccolo se trouva devant le tableau agité qu'il décrypta immédiatement le visage troublé et alarmiste : les problèmes du lundi faisaient leur apparition.

Pas un choriste, pas un choriste, priait le sorcier en enfilant sa cape d'hiver. Si le portrait avait eu bien du mal à lui expliquer cette situation qui demandait apparemment sa plus vive attention, Tripplehorn avait néanmoins compris l'essentiel : en voulant profiter de l'ambiance courtoise des couloirs pour trouver son inspiration musicale, le joueur de lyre avait connu un tout autre climat. Les tableaux pouvaient parfois exagérer un peu les événements, surtout celui-ci dont la nature sentimentale n'était plus à démontrer, mais il avait mentionné des têtes coupées gisants sur le sol ce qui demeurait - indubitablement - quelque chose qui méritait une attention particulière dans ces couloirs sans histoires à cette heure de repas.

Un coup d'œil par-dessus le balconnet suffit au Maestro pour se rassurer un bon coup ; il n'y avait pas foule ni agitation parmi les portraits alentours, ce qui aurait été à coup sûr le cas si le scénario du lyrode s'était trouvé vérifié. Esquissant un geste pour retourner à ses affaires, la rumeur d'une voix agitée en contre-bas le figea comme pour essayer d'en saisir la provenance... Devait-il pousser tout de même un peu son enquête..?

Son regard suspicieux se fit plus attentif dans l'immense cage d'escaliers, qu'il se résolut à descendre pour en avoir le cœur net - et l'esprit clair lorsqu'il reviendrait à la lecture de son courrier. Le Maestro tomba finalement assez rapidement sur deux jeunes âmes occupées près de la rambarde. S'il semblait d'abord enclin à les dépasser pour continuer son enquête, le sorcier parut plutôt freiner, ses yeux rivés au sol comme s'ils découvraient l'horrible spectacle décrit par le joueur de lyre. Sa tête déconfite alternait entre les tiges de ronces enlacées sur le bois de la rambarde et les têtes de roses gisantes au sol. Ravalant son angoisse, le Maestro Piccolo s'intéressa alors à la fillette qu'il arrivait maintenant à reconnaitre depuis son investiture dans la préfecture de Serdaigle.
« Qu'est-ce que c'est que ça Mademoiselle Keaty ? Qui découpe nos belles roses de la Saint-Valentin ? » Son regard dévia sur les baguettes magiques qu'ils tenaient tous les deux dans leurs mains... Il sembla s'assombrir d'un seul coup :
« Alors le portrait du lyrode a bien vu, elles ont été sectionnées à l'aide de la magie ! » Voilà qu'il se mettait lui-même à exagérer un peu la situation à l'image de son intermédiaire. Le Maestro Piccolo s'était tourné d'un geste dramatique vers le garçon sans attendre la réponse de l'un ou de l'autre. « Heureusement que Mademoiselle Keaty se trouvait au bon endroit et au bon moment pour vous stopper dans votre horrible dessein, au point de sortir sa propre baguette magique pour protéger le château ! Rangez vos baguettes. » Son visage pâle parut encore plus lessivé en observant davantage l'apprenti sorcier, persuadé de détenir le seul coupable du crime. Pourrait-il s'agir de ce jeune Sharp qui s'attirait tant d'ennuis ces dernières années ? L'idée lui traversa la tête. « Vous savez le temps et le soin qu'accordent les elfes à la décoration du château ? Sans compter l'attachement de votre professeur de Botanique pour les merveilleuses plantes qu'il fait pousser et toute l'attention que le Garde-chasse met en œuvre pour les protéger ? Comment osez-vous vous en prendre aux biens du château ? Qui plus est de parfaits plants de roses rouges ! Il n'y a pas plus beau et respirable que des roses rouges... » Tout outré qu'il était en récitant ce laïus, le sorcier attira quelques fleurs à lui à l'aide de sa magie pour en humer le parfum.

Reducio
Weeu weeu 🚨 ceci est une descente de police (bien joué Joe) pour usage de la magie visant à dégrader les belles roses du château.
Merci pour cette invitation <3

Maestro Piccolo inRP (Fut chef de chœur à Poudlard de janvier 2048 à juin 2050)
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Fichu Valentin !
Je lève les yeux au ciel. Bon, de toute évidence, Keaty est plus « préfète » que je ne le pensais. Peut-être que lui demander de découper ces ronces était déjà beaucoup. Peut-être qu’attendre d’ici quelques jours pour renouveler l’expérience. Ajouter toujours un peu plus, petit à petit. En revanche, elle est un peu dramatique, ou elle me surestime totalement, si elle pense qu’avec un simple Incendio je peux enflammer tout le château et nous brûler avec.

Et alors que je commence à rire de sa remarque et m’apprête à la corriger, c’est la voix d’un adulte que j’entends et qui s’adresse à Astrid. Le chef de chœur s’avance et je me demande pourquoi c’est à elle qu’il parle et non à nous deux. Est-ce que c’est son badge et sa supposée supériorité qui fait que je suis d’office mis de côté ? Il a pourtant l’air de regarder nos deux baguettes, alors pourquoi n’ai-je pas le droit à cette même demande ? Cela ne démarre pas très bien, mais je reste silencieux, décidant de lui laisser le bénéfice du doute. Peut-être qu’il ne connaît juste pas mon nom. Peut-être qu’il connaît mieux la préfète.

Malheureusement la remarque suivante n’arrange pas ma réputation ni celle que je me fais de ce chef de chœur. Comment ça « heureusement que Keaty se trouvait au bon endroit » ?! Mes dents se crispent. Ce n’est pas tant d’être accusé qui m’agace, la scène est suffisamment évidente pour que l’on en vienne à cette conclusion, mais c’est le fait que je sois le seul à l’être. Mais à son ordre, je range ma baguette, le fixant dans les yeux comme si j’espérais pouvoir jeter l’incendio que je m’apprêtais à lancer plus tôt.

Et voilà le moment du sermon. Celui que tout adulte aime lancer avant même de chercher à comprendre les raisons. il n’y a ni interrogation, ni écoute. Peut-être que ces ronces étaient déjà coupées avant que Astrid ET MOI arrivions ? Peut-être qu’on était tout simplement en train d’essayer de les soigner et de les aider ces fleurs ? Visiblement, cela ne lui traverse pas l’esprit une seule seconde. Dans sa tête, il n’y a que de la musique, pourquoi écouterait-il autre chose ?

Lorsque je le vois attirer des fleurs jusqu’à lui pour les renifler comme un mec en manque, je grimace. Est-ce qu’on est censé dire quelque chose ? Le laisser faire ? Je jette un œil interrogateur à Astrid pour voir si elle comprend quelque chose de plus que moi et descends les marches qui me séparent de l’adulte.

— Monsieur, sauf votre respect, il y en a quand même une sacrée quantité de roses !

Je ne connais pas très bien l’adulte. Ainsi, dire si le mensonge serait une tactique recevable est un peu difficile. Mais lorsqu’on ne sait pas, il faut tenter, non ? Au moins pour savoir.

— Et pourquoi vous pensez tout de suite que j’ai découpé ces plantes ? Je voulais justement m’entraîner au sort Herbivicus quand Astrid a cru bon de m’arrêter. On n’a pas le droit de s’entraîner à nos sorts, Monsieur ?

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Fichu Valentin !
Le regard fixé sur Lukas, au cas où il décide de lancer son sort, la Serdaigle avait perdu toute conscience de leur environnement. Si jamais il le faisait... Elle n'était pas certaine de savoir comment réagir à un début d'incendie magique. Est-ce qu'elle connaissait un sort qui pourrait l'aider? Est-ce qu'elle aurait le temps de s'enfuir? Si possible en entraînant le Poufsouffle avec elle?

Elle s'imaginait déjà le personnage principal d'un de ces vieux films que son grand-père adorait regarder. Ces films un peu mal foutus, où le héros se retrouvait au milieu d'une maison en flammes. Où, à l'époque, on se demandait s'il allait survivre ou non. Mais, dans ces films, ils s'en sortaient toujours. Elle doutait qu'il en soit de même dans la réalité, même une réalité magique.

Est-ce que ça faisait mal, de mourir brûlé? Étrangement, elle ne s'était jamais posé la question.

Heureusement, elle n'en aurait sûrement pas besoin. Après avoir levé les yeux au ciel -ce qui l'avait poussée à faire de même, avait-il vu quelque chose?- il commença à rire. Ouf. Ses épaules commencèrent à se relâcher, et un début de sourire étira ses lèvres... avant de disparaître aussitôt quand une voix s'éleva près elle. Encore tendue comme un ressort, elle sursauta et plaqua une main sur son cœur affolé. Son regard se tourna dans la direction du nouveau venu, cherchant à se calmer, et à comprendre.

Mince, mince, mince, mince!

Un adulte. Un adulte qui avait tout vu! Il savait. Il savait tout, et il allait les punir. Bien sûr, elle était en tort. Ce serait mérité. Elle le méritait. Elle baissa la tête. A quoi bon nier, de toute façon. Puisqu'il savait.

-Heureusement que Mademoiselle Keaty se trouvait au bon endroit et au bon moment...

Heureusement que... Quoi? La Serdaigle fronça les sourcils, perdue. Protéger le château? Alors... Il n'avait pas été témoin? Il croyait que Lukas... Oh mince... Elle n'osa pas relever la tête. Elle n'aurait fait que son devoir de préfète, intercepté un dangereux contrevenant au règlement... Et puis, il avait dit qu'il s'accuserait à sa place, si jamais...

Le cœur serré, elle ne dit rien, et rangea sa baguette sans se faire prier à la demande du chef de chœur. Elle pourrait s'en sortir, juste comme ça?

L'homme poursuivait, ce qui lui allait bien. Elle n'avait pas besoin de parler comme ça. Qu'était-elle censée dire? Accuser Lukas? Alors qu'elle avait elle-même agi contre les règles? Rétablir la vérité? Nier? Sa main droite saisit le bas de son pull, qu'elle commença à triturer nerveusement en écoutant le Maestro. Et elle ne put s'empêcher de grimacer en l'entendant plaindre les pauuvres artisans de cette décoration fleurie. Si cela leur avait pris tant de temps, ils auraient sûrement pu s'en passer. Revoir leurs priorités. Ils auraient sans doute pu trouver mieux à faire que cette transformation tape à l’œil et envahissante!

Surtout pour des roses rouges "parfaite" là! Elle plissa le nez, et releva la tête, son regard agacé se portant vers Lukas. Ils s'était évidemment fait surprendre pas un autre adulte drogué à l'amour! C'était bien leur veine!

Le garçon se détourna d'elle, et commença à expliquer à l'adulte ce qui s'était pas...

Elle cligna des yeux. C'était pas du tout ce qui s'était passé.

Oh.
Oh oh...

Dans quoi est-ce qu'elle allait se mettre là? Il venait de mentir à un adulte. Face à face. Juste comme ça. Elle déglutit. Elle ne voulait pas l'enfoncer, mais mentir...? Bon sang de...! Si elle se dénonçait, il était foutu. Si elle ne disait rien, elle était complice de son mensonge. Est-ce qu'elle pouvait vraiment mentir à une figure d'autorité?

Saleté de Valentin...

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Fichu Valentin !
Le Maestro écoutait le garçon, bien que concentré sur le parfum de la rose rouge. Un silence s'ensuivit, durant lequel le sorcier sembla pondérer la situation. Son messager en deux dimensions avait peut-être exagéré la situation, mais un élève avait bel et bien pris pour cible la décoration du château d'après son propre aveu. « Quelle épineuse rhétorique... Il y a autant de roses que de diamants dans les sabliers de Poufsouffle, vous ne verrez donc pas d'inconvénient à ce que plusieurs de ces diamants disparaissent par magie ? »

Le sorcier n'exécuta pas cette sanction, essayant plutôt de faire tenir sa rose découpée sur les tiges entremêlées autour de la rambarde sans se faire piquer à travers ses gants soyeux. « Herbivicus ? répéta-t-il en écho au garçon. Vous vous entraîniez à lancer Herbivicus ? Son regard passa au-dessus des roses qui jonchaient le sol, aussi sens dessus dessous que cette information. Au nom du ciel, si vos sortilèges de Croissance végétale donnent ce résultat, je n'ose imaginer ce que vos sortilèges de Découpe sont capables de faire... » Fier de son bon mot, il remarqua enfin que la jeune Serdaigle n'était pas vraiment là, complètement effacée de cet interrogatoire de circonstance.

Etait-ce la présence du garçon qui lui inspirait quelques craintes ? Après tout, elle avait sorti sa baguette magique... Peut-être que le garçon avait mal réagi au moment de son intervention ? Ou bien avait-elle seulement pris l'initiative de remettre en état la décoration... L'image du portrait du lyrode dans tous ses états n'encourageait pas non plus le sorcier à croire à l'inoffensive version d'un entraînement à l'Herbivicus. Il jeta un regard incertain à la fillette avant de reprendre : « Dans tous les cas, comme Mademoiselle Keaty et moi avons pu vous le rappeler, les belles décorations du château n'ont pas pour vocation d'être prises pour cibles. En outre, on se perfectionne pendant les heures de cours et nulle part ailleurs quand on ne maîtrise pas un sort inoffensif au point de détériorer sa cible et d'effrayer des témoins. » Il tapotait presque le bout du nez du garçon avec l'extrémité d'une seconde rose. Comme la première, il la replaça dans les tiges parmi les survivantes. Les garçons pouvaient se montrer brutaux selon son expérience, même un jour tendre comme celui de la Saint-Valentin. « Si on se comprend sur le fait que cette décoration authentique et faste ne méritait pas ce triste sort, Monsieur, vous êtes sûrement prêt à faire amende honorable en repositionnant les tiges tombées à leur endroit. »

Ses yeux toujours incertains scrutèrent de nouveau la jeune Serdaigle, espérant sûrement que cette demande suffirait à la rassurer. S'ils se trouvaient être de bons amis, on pouvait imaginer que ce n'était pas facile pour elle de se positionner devant sa bêtise.

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Fichu Valentin !
Je déglutis en l’entendant menacer les sabliers des Poufsouffle. Que l’on me punisse, c’est une chose, mais que l’on punisse ma maison entière, c’en est une autre. Alors je choisis l’option du silence. Une option limitée dans le temps, mais elle a le limite d’être remarquée si l’on me connaît. J’observe donc ce chef de chœur si théâtral s’avancer vers les ronces pour y déposer sa rose et je grimace, encore, face à ce geste dénudé de sens. Sans totalement comprendre l’intérêt d’une telle manoeuvre, je suis son regard qui se dirige vers les roses coupées plus tôt et revenir vers moi.

C’est lorsqu’il répète le sort que je suis censé avoir lancé que je comprends qu’il ne me croit pas une seule seconde. Son ton d’ailleurs est assez humiliant, presque insultant envers mes capacités magiques. Est-ce qu’il peut vraiment savoir quel sort j’ai lancé, rien qu’en regardant ces pauvres tiges tombées par terre ? Je ne proteste pas, repensant encore aux sabliers que je me sens le devoir de protéger encore un peu et surveille chacun de ses gestes. Je ne sais pas ce qu’il y a chez ce type, mais tous ses mouvements ont l’air d’être pensés, millimétrés, orchestrés et je perds mon impulsivité.

Lorsqu’il reprend la parole pour inclure Astrid et lui dans le sermon que je suis censé avoir reçu, je me félicite au moins d’être le seul coupable dans cette scène. Même si cela blesse mon égo, je suis ravi de constater que la Serdaigle ne sera pas punie à cause de moi, puisqu’il la croit innocente. Je me demande d’ailleurs si j’aurais eu le droit au même traitement de faveur si je portais l’insigne de préfet moi aussi. En revanche, effrayer des témoins ? C’est d’Astrid dont il parle ? Je regarde derrière moi, au cas où, mais non, nous sommes bien les seuls témoins effrayés, et je ne comprends pas.

Je fronce les sourcils lorsqu’il s’amuse à tapoter sa rose près de mon nez. Une grimace et un mouvement de recul plus tard, et mon silence s’apprête à redevenir bruyant. C’est que je ne comprends pas sa demande.

Repositionner les tiges ?!, répété-je pour m’assurer d’avoir bien compris. Mais pour quoi faire ? J’en ramasse alors une et la montre à l’homme qui me semble sorti tout droit d’une autre planète tant sa demande me parait idiote. Elle tiendra pas ? Je vais pas la recoller avec.. Avec quoi d’ailleurs ? Et pis non, la gravité du truc va faire que ça va glisser et tomber à nouveau. Je comprends pas bien l’intér… Aoutch ! En plus y a des épines partout !

J’amène mon index et mon pouce à ma bouche pour retirer les gouttes de sang que les épines plantées dans ma peau ont créées. C’était ça, sa manière à lui de punir les élèves ? Pas de retrait de points aux sabliers, mais une punition un peu détournée ?

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Fichu Valentin !
Sa main se figea sur l'ourlet de son pull. Leur infraction allait faire perdre des points à Lukas. Uniquement à Lukas. D'un côté, c'était bien logique qu'il soit sanctionné. En plus, il avait menti (et visiblement, l'adulte n'était pas dupe). Mais ne devrait-elle pas l'être aussi? D'accord, elle n'avait pas menti... Quoique. En se taisant, ce n'était pas comme si elle confirmait la supposition du chef de chœur? Supposition erronée. Donc mensongère.

Mais c'était lui qui se mentait à lui-même. Elle, elle n'avait rien fait. Si?

Ses doigts se serrèrent soudain lorsque l'adulte évoqua la beauté de cette décoration ignoble. Comment aurait-elle pu faire un rappel en ce sens au Poufsouffle? Comment aurait-elle pu faire un rappel tout cours, en fait, alors que c'était à cause d'elle qu'il se trouvait là! Si elle ne s'était pas énervée sur cette rose stupide, il ne se serait peut-être même pas arrêté dans le couloir. Si elle n'avait pas laissé s'exprimer son dégoût, il ne lui aurait pas proposé de découper les fleurs. De plus, d'eux deux, c'était elle qui avait raté son sort basique, bien que, certes, pas inoffensif.

Et cette manie de repositionner les roses séparées de la ronce... Quel intérêt y avait-il? Elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'il espérait en fronçant les sourcils. Une revitalisation miracle? Un recollage expresse? Est-ce que ça pourrait dissimuler leur crime, alors? Probablement pas.

De toute évidence, Lukas était du même avis qu'elle, et semblait aussi surpris que la Serdaigle qui venait d'écarquiller les yeux à la punition de l'adulte. C'était quoi cette idée encore? Est-ce que l'amour ça ramollissait le cerveau?

Elle se mordit la joue en percutant l'impact de ses pensées. Elle ne venait pas... d'insulter le Maestro? Mais qu'est-ce qui lui prenait enfin? Tout ça, ça ne lui ressemblait pas. Elle tourna la tête vers le garçon qui venait de faire la même bêtise qu'elle un peu plus tôt. Quelle idée de recouvrir l'école de plantes à épines?

Astrid tenta de croiser son regard un instant. Le temps d'essayer d'y lire quelque chose. Elle ne savait même pas quoi. Une invitation à parler? Un encouragement à se taire? Un accord tacite de l'absurdité de la situation.

-Je...

Elle s'humidifia les lèvre, et se détourna de son ami. Ses yeux s'arrêtèrent sur l'adulte, une seconde à peine, avant de se détourner. Est-ce qu'elle pouvait vraiment...? La troisième année déglutit, et tortilla le bas de son pull. Son cœur battait si fort qu'elle avait l'impression qu'il allait se décrocher de sa poitrine. Elle ferma les yeux, prit une inspiration. Ses mains étaient moites, elle avait chaud. Pourquoi faisait-il si chaud? Sa bouche s'entrouvrit. Elle allait le dire. Non! Si? Elle devait... Mais si elle se trompait? Si Lukas lui en voulait? Et, finalement, elle lâcha tout. C'était trop tard.

-C'estmoiquiaidécoupécesroses.

Elle avait tout balancé d'une traite, d'une toute petite voix, les mots collés les uns aux autres, sans oser regarder ni l'adulte, ni son camarade. Ni les roses, d'ailleurs. Elle aurait voulu ravaler son aveu. Faire comme si tout cela n'avait jamais existé. Recommencer cette journée horrible, et s'enfermer dans son dortoir. Mais, au lieu de ça, elle était là. A fixer les marches sans même les voir. Tout son corps tendu dans l'attente de l'inévitable déception, du sermon qui allait suivre, de la punition certaine. Son souffle retenu. Est-ce qu'elle avait vraiment fait le bon choix?
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Pour la postérité, en date du 01/04/2025:
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Sa main se fig-
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