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Tout pour toi

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Apparitions[PERSONNAGE • Né-Sorcier] Cináed Wallace, né le 13 mars 2011 en Ecosse
[PNJ • Né-moldu] Charlie Fisher, né le 16 Mai 2010 en Angleterre
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Reducio
- Votre PJ est présent ? oui / non
- Nom et prénom du PNJ : PNJ Actif : Charlie Fisher, ancien partenaire
- Lien vers la fiche du PNJ : Référencement
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Ecrire des moments de vie de Cinaed à l'AESM pendant ses études. Ecrire autour d'une relation qui l'a marqué et autour de sa vision des émotions et des sentiments. Développer son histoire passée.
- Nom et prénom du PNJ : PNJ Actif : Charlie Fisher, ancien partenaire
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- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Ecrire des moments de vie de Cinaed à l'AESM pendant ses études. Ecrire autour d'une relation qui l'a marqué et autour de sa vision des émotions et des sentiments. Développer son histoire passée.
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves - Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
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↝ Sommaire
Fisheeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeer gémît le jeune diplômé de Poudlard avant que son front ne frappe brutalement la table sur laquelle il était déjà étalé. Il avait fondu sur la surface en bois il y a cinq minutes, alors que son binôme continuait à s'acharner à agiter sa baguette dans tous les sens sans succès. Sérieux, à quoi tu sers si tu sais même pas enchanter un parchemin ? Il tourna la tête sur le côté, la joue étalée sur la table alors qu'il envoyait un regard à peu près noir à l'autre. C'était bien pour ça qu'il n'aimait pas les travaux de groupe : les autres sorciers étaient tous moyens voire mauvais. Pourquoi personne ne pouvait le suivre ? C'était pas difficile de lancer un sort ! Si les gens n'y arrivaient pas, ils n'avaient qu'à aller étudier le Quidditch. Enfin, si ça s'étudiait vraiment : à part rester le cul sur un balai, que faisaient les gens à l'institut des Sports Magiques ?
L'étudiant à la tignasse d'un blond sale qui était assis en face de lui lui balança brutalement son parchemin à la figure. Cinaed se mit alors à pleurnicher qu'il s'était pris le coin dans l'œil et que, de toute façon, tous les sorciers de ce groupe d'étude étaient des sauvages. Charlie l'arrêta avec un sec Oh mais ferme ton clapet Wallace ! Avec la quantité de merde qui sort de ta bouche c'est étonnant qu'on y nage pas jusqu'au cou ! avant de lui piquer le front vicieusement avec le bout de sa baguette qu'il savait particulièrement pointue. L'effet fut au rendez-vous : l'ancien Serdaigle se redressa d'un coup sec, les deux mains sur le front alors qu'il se mettait à pleurnicher plus fort encore. Heureusement que les salles de travail avaient des sortilèges de silence, sinon ils se seraient fait virer il y a bien longtemps.
T'es une brute ! Une brute et un abruti ! gémit le plus jeune en poussant la table d'un coup sec. Elle se déplaça de quelques centimètres, claquant contre le sternum de l'autre en lui coupant le souffle. Si la salle n'avait pas eu de fenêtres, Charlie se serait sûrement jeté par-dessus la table pour étrangler son partenaire de travail. Wallace n'était pas seulement agaçant, il était aussi bruyant, gamin et toutes les insultes qu'on pouvait imaginer pour un jeune adulte ayant grandi comme le centre du monde.
C'était la première fois qu'ils devaient travailler ensemble et si Charlie avait son mot à dire, ce serait la dernière. Le souci c'était qu'il était objectivement mauvais dans ses cours et que, à contrario, Wallace parvenait à se hisser au top de la promo avec une facilité déconcertante. Toujours le premier à comprendre un nouveau sort, à répondre au prof. Agaçant. Ils faisaient un bon binôme aux yeux de nombre de leurs professeurs : Cinaed était censé l'aider à progresser et, lui, devait servir de travail d'intérêt général dans l'espoir que cela calme l'autre idiot. Dans la pratique, ça ne fonctionnait pas. Je te jure que je vais t'étouffer à mort si tu m'aides pas au lieu de te plaindre ! Tu sais faire que ça, ma parole ! "Tu fais pas le bon geste", "Ton sortilège est maladroit", "C'est pas la bonne théorie"... Tu m'énerves ! Explique moi au moins !
Cinaed finit par arrêter de chouiner pour simplement croiser les bras sur son torse, poussant de son pied droit contre la table pour se mettre en équilibre sur deux pieds de sa chaise. Bah ! Tu le saurais si t'avais écouté en cours, on a vu ça Vendredi. Cinaed agita la main dédaigneusement devant lui. Et puis t'étais pas censé être à Poufsouffle toi, de base ? Gentil, et tous les trucs du genre. Une veine menaçait d'éclater sur le front du plus vieux alors qu'il prenait trois longues inspirations pour essayer de se calmer. Et toi t'es sacrément con pour un Serdaigle.
Les pieds de la chaise claquèrent au sol alors que Cinaed se penchait d'un coup par-dessus la table. Il approcha son visage de celui de l'autre, suffisamment pour pouvoir lui souffler dessus d'un air taquin. J'suis pas con, c'est pour ça que moi j'y arrive et que je dois me coltiner le boulet de la promo. Il se rassit normalement et haussa les épaules. Mon génie t'échappe, c'est tout.
Un crissement s'échappa du blond alors qu'il grinçait des dents. S'il ne partait pas maintenant, il y avait de forts risques qu'il s'en casse une à force de serrer la mâchoire comme il le faisait. Finalement, il se leva, fourra dans son sac le parchemin qui gisait sur la table et balança ledit sac sur son épaule. Tu sais quoi ? J'me barre, j'vais faire le projet de mon coin vu que t'as pas l'air d'avoir envie de bosser. Il avait supporté son camarade pendant 25 longues minutes, c'était suffisant, non ? Il avait essayé. Que les gens le jugent pour son abandon rapide, il s'en foutait. De toute façon, il avait l'impression d'être le seul à comprendre à quel point Cinaed Wallace était le pire fléau de l'univers. Les autres étudiants l'adoraient, ils allaient boire des verres avec lui, c'était à n'y rien comprendre. Pour Charlie, il suffisait de passer trois minutes en tête à tête avec lui pour avoir envie de se tirer une balle, pourquoi personne ne le voyait ?
Cinaed observa l'autre se lever et marcher vers la porte avec un reniflement de dégoût. C'était dommage, ils auraient pu être amis si l'autre n'était pas un incapable. Fisher ressemblait presque à Ewan, si on retirait le fait qu'il soit un idiot, et Merlin savait à quel point l'écossais lui manquait. Cinaed se sentait souvent comme si un de ses membres lui avait été arraché. Ewan et lui avaient été inséparables pendant des années et d'un coup, il n'était plus là. Il n'y avait plus personne pour jouer au garde-fou, pour l'écouter parler pendant des heures ou simplement pour lui tenir compagnie.
Ewan avait été son acolyte de ses 9 à ses 18 ans et d'un coup il n'y avait plus personne. Et, le pire dans l'histoire, c'était que malgré toutes ses recherches, il n'avait pas trouvé de remplaçant. Personne n'était parfait : ils étaient trop intéressés, ou pas assez. Ils parlaient trop, ou pas assez. Ils ne savaient pas comment être un bras droit efficace, comment le calmer et comment l'aider à avancer. Ils n'étaient pas de bons conseils, ne réglaient pas ses soucis. Ils n'étaient pas Ewan, et ça se sentait. Comment Cinaed était-il censé bien se comporter si Ewan ne lui expliquait plus comment faire ?
Alors bon, que Charlie se barre s'il avait envie. S'il n'était pas capable d'être intelligent ou de faire des compromis pour que Cinaed apprécie sa présence, il pouvait s'en aller très loin. Qu'il se barre avec son parchemin, les consignes de l'exercice et leur note commune.
Leur note commune ?
Eh attends Fisher ! dit-il en se précipitant hors de sa chaise. Il lui attrapa le poignet brusquement alors que Charlie commençait à passer l'encadrement de la porte et le ramena dans la pièce sans ménagement. Comme l'autre était assez fin, il put le balader sans soucis et refermer la porte en panique. J'vais bosser c'est bon ! Allez, donne moi l'énoncé, tu l'as foutu où ? L'Ecossais n'attendit pas que l'autre réponde pour commencer à fouiller dans son sac - se récoltant un "Eh !" scandalisé au passage - afin de trouver les petits parchemins. Finalement j'te trouve super cool, viens je vais te montrer, tu vas voir c'est facile même pour un gros dé... même pour toi, tu vas voir, tu vas voir ! Il poussa l'autre sur sa chaise avant de se rasseoir et de gribouiller sur le parchemin un petit bonhomme. Il l'enchanta ensuite rapidement et gracieusement et releva la tête avec un sourire forcé vers son binôme quand l'amas de traits se matérialisa en 3D pour danser quelques pas. Tada !
Charlie croisa les bras sur sa poitrine et haussa un sourcil. Tu me fais quoi là ? T'as oublié tes médocs ce matin ? C'quoi ce retournement de situation à la con ? dit-il d'un ton cassant et froid comme la glace. Cela eu le mérite de faire se renfrogner Cinaed qui paru presque penaud. Beh en fait, les profs ont raison tu sais ! C'est de mon devoir d'aider les... les gens avec des difficultés pour leur permettre d'augmenter leur moyenne, et tout ce bordel qu'ils répètent. Une ampoule s'éclaira soudain et Charlie leva les yeux au ciel avec un rire méprisant. Putain, c'est parce que t'as peur de te recevoir une note de merde si je fais le projet tout seul ? T'es sérieux ? J'croyais que t'en avais rien à foutre de tes notes. T'es le dernier à bosser en cours ! Je sais même pas comment tu te choppes des scores pareils.
Un grondement sourd, animal même, s'éleva de la poitrine du brun et Charlie ferma la bouche avec un claquement sec. Sa stupeur, suffisamment visible sur son visage, sembla calmer Cinaed qui revient à lui même avec un rougissement gêné, les yeux fixés sur une tache du mur. C'était une chose de ne pas savoir parler avec les autres, c'en était une toute autre d'être agressif. Et, pendant, un instant, il avait senti une bouffée de haine lui secouer les entrailles. Une pensée obsédante de Comment ose-t-il ? parce qu'il ne savait pas de quoi il parlait. Il n'avait pas la moindre idée de l'importance que Cinaed apportait à ses cours. Il ne le mettait pas en avant mais il bossait. Si je suis là c'est pour apprendre à ensorceler et enchanter des trucs, si j'avais pas su quoi faire de ma vie j'aurais fait comme toi et rien foutu pendant un an. finit-il par claquer sèchement. Il ne s'agissait pas là de ses taquineries habituelles qui tenaient plus des blagues trop longues que de la véritable méchanceté.
Sa phrase ne semblait pas être la bonne chose à dire, car cette fois-ci Charlie lui gifla le visage sèchement avant de quitter la pièce. Réellement, cette fois-ci. Il se contenta d'un simple On bossera ce week-end, Wallace. avant de disparaitre au détour d'une étagère. Cinaed pinça les lèvres, essayant sans succès de ne pas bouillir de rage alors qu'il quittait la bibliothèque à sa suite.
Pendant un instant, il fut tenté de le chercher parmi la foule d'élèves, histoire de lui rendre sa claque au centuple, mais finalement il se contenta de rentrer à son dortoir pour hurler dans son oreiller. Fisher était un abruti et c'était entièrement de sa faute si la réunion s'était aussi mal passée. Cinaed surveilla l'heure, soupirant quand sa baguette lui indiqua 17h15. Ewan n'aurait pas fini de travailler avant au moins une heure et demie. Cela voulait dire que Cinaed ne pourrait pas relâcher la pression qui s'accumulait comme un poids mort avant 90 minutes. Le monde était mal fait, il lui voulait clairement du mal. Et, non, il n'était pas dramatique.
▸ 2ème semaine d'Octobre 2029 • Première approche
Salle de travail, Bibliothèque.
Salle de travail, Bibliothèque.
Fisheeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeer gémît le jeune diplômé de Poudlard avant que son front ne frappe brutalement la table sur laquelle il était déjà étalé. Il avait fondu sur la surface en bois il y a cinq minutes, alors que son binôme continuait à s'acharner à agiter sa baguette dans tous les sens sans succès. Sérieux, à quoi tu sers si tu sais même pas enchanter un parchemin ? Il tourna la tête sur le côté, la joue étalée sur la table alors qu'il envoyait un regard à peu près noir à l'autre. C'était bien pour ça qu'il n'aimait pas les travaux de groupe : les autres sorciers étaient tous moyens voire mauvais. Pourquoi personne ne pouvait le suivre ? C'était pas difficile de lancer un sort ! Si les gens n'y arrivaient pas, ils n'avaient qu'à aller étudier le Quidditch. Enfin, si ça s'étudiait vraiment : à part rester le cul sur un balai, que faisaient les gens à l'institut des Sports Magiques ?
L'étudiant à la tignasse d'un blond sale qui était assis en face de lui lui balança brutalement son parchemin à la figure. Cinaed se mit alors à pleurnicher qu'il s'était pris le coin dans l'œil et que, de toute façon, tous les sorciers de ce groupe d'étude étaient des sauvages. Charlie l'arrêta avec un sec Oh mais ferme ton clapet Wallace ! Avec la quantité de merde qui sort de ta bouche c'est étonnant qu'on y nage pas jusqu'au cou ! avant de lui piquer le front vicieusement avec le bout de sa baguette qu'il savait particulièrement pointue. L'effet fut au rendez-vous : l'ancien Serdaigle se redressa d'un coup sec, les deux mains sur le front alors qu'il se mettait à pleurnicher plus fort encore. Heureusement que les salles de travail avaient des sortilèges de silence, sinon ils se seraient fait virer il y a bien longtemps.
T'es une brute ! Une brute et un abruti ! gémit le plus jeune en poussant la table d'un coup sec. Elle se déplaça de quelques centimètres, claquant contre le sternum de l'autre en lui coupant le souffle. Si la salle n'avait pas eu de fenêtres, Charlie se serait sûrement jeté par-dessus la table pour étrangler son partenaire de travail. Wallace n'était pas seulement agaçant, il était aussi bruyant, gamin et toutes les insultes qu'on pouvait imaginer pour un jeune adulte ayant grandi comme le centre du monde.
C'était la première fois qu'ils devaient travailler ensemble et si Charlie avait son mot à dire, ce serait la dernière. Le souci c'était qu'il était objectivement mauvais dans ses cours et que, à contrario, Wallace parvenait à se hisser au top de la promo avec une facilité déconcertante. Toujours le premier à comprendre un nouveau sort, à répondre au prof. Agaçant. Ils faisaient un bon binôme aux yeux de nombre de leurs professeurs : Cinaed était censé l'aider à progresser et, lui, devait servir de travail d'intérêt général dans l'espoir que cela calme l'autre idiot. Dans la pratique, ça ne fonctionnait pas. Je te jure que je vais t'étouffer à mort si tu m'aides pas au lieu de te plaindre ! Tu sais faire que ça, ma parole ! "Tu fais pas le bon geste", "Ton sortilège est maladroit", "C'est pas la bonne théorie"... Tu m'énerves ! Explique moi au moins !
Cinaed finit par arrêter de chouiner pour simplement croiser les bras sur son torse, poussant de son pied droit contre la table pour se mettre en équilibre sur deux pieds de sa chaise. Bah ! Tu le saurais si t'avais écouté en cours, on a vu ça Vendredi. Cinaed agita la main dédaigneusement devant lui. Et puis t'étais pas censé être à Poufsouffle toi, de base ? Gentil, et tous les trucs du genre. Une veine menaçait d'éclater sur le front du plus vieux alors qu'il prenait trois longues inspirations pour essayer de se calmer. Et toi t'es sacrément con pour un Serdaigle.
Les pieds de la chaise claquèrent au sol alors que Cinaed se penchait d'un coup par-dessus la table. Il approcha son visage de celui de l'autre, suffisamment pour pouvoir lui souffler dessus d'un air taquin. J'suis pas con, c'est pour ça que moi j'y arrive et que je dois me coltiner le boulet de la promo. Il se rassit normalement et haussa les épaules. Mon génie t'échappe, c'est tout.
Un crissement s'échappa du blond alors qu'il grinçait des dents. S'il ne partait pas maintenant, il y avait de forts risques qu'il s'en casse une à force de serrer la mâchoire comme il le faisait. Finalement, il se leva, fourra dans son sac le parchemin qui gisait sur la table et balança ledit sac sur son épaule. Tu sais quoi ? J'me barre, j'vais faire le projet de mon coin vu que t'as pas l'air d'avoir envie de bosser. Il avait supporté son camarade pendant 25 longues minutes, c'était suffisant, non ? Il avait essayé. Que les gens le jugent pour son abandon rapide, il s'en foutait. De toute façon, il avait l'impression d'être le seul à comprendre à quel point Cinaed Wallace était le pire fléau de l'univers. Les autres étudiants l'adoraient, ils allaient boire des verres avec lui, c'était à n'y rien comprendre. Pour Charlie, il suffisait de passer trois minutes en tête à tête avec lui pour avoir envie de se tirer une balle, pourquoi personne ne le voyait ?
Cinaed observa l'autre se lever et marcher vers la porte avec un reniflement de dégoût. C'était dommage, ils auraient pu être amis si l'autre n'était pas un incapable. Fisher ressemblait presque à Ewan, si on retirait le fait qu'il soit un idiot, et Merlin savait à quel point l'écossais lui manquait. Cinaed se sentait souvent comme si un de ses membres lui avait été arraché. Ewan et lui avaient été inséparables pendant des années et d'un coup, il n'était plus là. Il n'y avait plus personne pour jouer au garde-fou, pour l'écouter parler pendant des heures ou simplement pour lui tenir compagnie.
Ewan avait été son acolyte de ses 9 à ses 18 ans et d'un coup il n'y avait plus personne. Et, le pire dans l'histoire, c'était que malgré toutes ses recherches, il n'avait pas trouvé de remplaçant. Personne n'était parfait : ils étaient trop intéressés, ou pas assez. Ils parlaient trop, ou pas assez. Ils ne savaient pas comment être un bras droit efficace, comment le calmer et comment l'aider à avancer. Ils n'étaient pas de bons conseils, ne réglaient pas ses soucis. Ils n'étaient pas Ewan, et ça se sentait. Comment Cinaed était-il censé bien se comporter si Ewan ne lui expliquait plus comment faire ?
Alors bon, que Charlie se barre s'il avait envie. S'il n'était pas capable d'être intelligent ou de faire des compromis pour que Cinaed apprécie sa présence, il pouvait s'en aller très loin. Qu'il se barre avec son parchemin, les consignes de l'exercice et leur note commune.
Leur note commune ?
Eh attends Fisher ! dit-il en se précipitant hors de sa chaise. Il lui attrapa le poignet brusquement alors que Charlie commençait à passer l'encadrement de la porte et le ramena dans la pièce sans ménagement. Comme l'autre était assez fin, il put le balader sans soucis et refermer la porte en panique. J'vais bosser c'est bon ! Allez, donne moi l'énoncé, tu l'as foutu où ? L'Ecossais n'attendit pas que l'autre réponde pour commencer à fouiller dans son sac - se récoltant un "Eh !" scandalisé au passage - afin de trouver les petits parchemins. Finalement j'te trouve super cool, viens je vais te montrer, tu vas voir c'est facile même pour un gros dé... même pour toi, tu vas voir, tu vas voir ! Il poussa l'autre sur sa chaise avant de se rasseoir et de gribouiller sur le parchemin un petit bonhomme. Il l'enchanta ensuite rapidement et gracieusement et releva la tête avec un sourire forcé vers son binôme quand l'amas de traits se matérialisa en 3D pour danser quelques pas. Tada !
Charlie croisa les bras sur sa poitrine et haussa un sourcil. Tu me fais quoi là ? T'as oublié tes médocs ce matin ? C'quoi ce retournement de situation à la con ? dit-il d'un ton cassant et froid comme la glace. Cela eu le mérite de faire se renfrogner Cinaed qui paru presque penaud. Beh en fait, les profs ont raison tu sais ! C'est de mon devoir d'aider les... les gens avec des difficultés pour leur permettre d'augmenter leur moyenne, et tout ce bordel qu'ils répètent. Une ampoule s'éclaira soudain et Charlie leva les yeux au ciel avec un rire méprisant. Putain, c'est parce que t'as peur de te recevoir une note de merde si je fais le projet tout seul ? T'es sérieux ? J'croyais que t'en avais rien à foutre de tes notes. T'es le dernier à bosser en cours ! Je sais même pas comment tu te choppes des scores pareils.
Un grondement sourd, animal même, s'éleva de la poitrine du brun et Charlie ferma la bouche avec un claquement sec. Sa stupeur, suffisamment visible sur son visage, sembla calmer Cinaed qui revient à lui même avec un rougissement gêné, les yeux fixés sur une tache du mur. C'était une chose de ne pas savoir parler avec les autres, c'en était une toute autre d'être agressif. Et, pendant, un instant, il avait senti une bouffée de haine lui secouer les entrailles. Une pensée obsédante de Comment ose-t-il ? parce qu'il ne savait pas de quoi il parlait. Il n'avait pas la moindre idée de l'importance que Cinaed apportait à ses cours. Il ne le mettait pas en avant mais il bossait. Si je suis là c'est pour apprendre à ensorceler et enchanter des trucs, si j'avais pas su quoi faire de ma vie j'aurais fait comme toi et rien foutu pendant un an. finit-il par claquer sèchement. Il ne s'agissait pas là de ses taquineries habituelles qui tenaient plus des blagues trop longues que de la véritable méchanceté.
Sa phrase ne semblait pas être la bonne chose à dire, car cette fois-ci Charlie lui gifla le visage sèchement avant de quitter la pièce. Réellement, cette fois-ci. Il se contenta d'un simple On bossera ce week-end, Wallace. avant de disparaitre au détour d'une étagère. Cinaed pinça les lèvres, essayant sans succès de ne pas bouillir de rage alors qu'il quittait la bibliothèque à sa suite.
Pendant un instant, il fut tenté de le chercher parmi la foule d'élèves, histoire de lui rendre sa claque au centuple, mais finalement il se contenta de rentrer à son dortoir pour hurler dans son oreiller. Fisher était un abruti et c'était entièrement de sa faute si la réunion s'était aussi mal passée. Cinaed surveilla l'heure, soupirant quand sa baguette lui indiqua 17h15. Ewan n'aurait pas fini de travailler avant au moins une heure et demie. Cela voulait dire que Cinaed ne pourrait pas relâcher la pression qui s'accumulait comme un poids mort avant 90 minutes. Le monde était mal fait, il lui voulait clairement du mal. Et, non, il n'était pas dramatique.
1856
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves - Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
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Le bruit caractéristique d'une tasse claquée sur la table à côté de son visage réveilla Cinaed. Il se redressa dans un sursaut, les yeux vitreux et une mèche de ses cheveux désagréablement collée contre sa joue. Il mit quelques secondes à se rappeler d'où il était, et quand ce fut fait, se contenta de pousser un soupir à fendre l'âme en retirant ses cheveux de son visage. Le geste mal assuré failli le pousser à se mettre soi-même le doigt dans l'œil et il grogna. Il n'aurait pas été dérangé s'il avait pu continuer sa sieste. Certes, les salles de travail ne servaient pas du tout à finir sa nuit mais au moins ça l'avait occupé le temps que Charlie arrive. Ce traitre lui avait évidemment menti en lui annonçant leur heure de travail : Cinaed l'avait attendu dix minutes avant d'abandonner et de s'assoupir. L'étudiant failli alpaguer son camarade pour son retard avant de se figer en voyant le gobelet que Charlie avait dans la main. Il le sirotait doucement, le regard fixé sur le plus jeune avec un léger dédain comme s'il ne venait pas de clouer le bec de l'autre en un seul geste.
Le brun observa le deuxième gobelet qui, lui, était tranquillement posé sur la table et n'attendait que sa main. Il releva le regard vers Charlie, essayant de déterminer si l'autre essayait de l'empoisonner. Malheureusement, Cinaed avait toujours été très mauvais pour lire les autres et se contentait donc de penser que tout le monde était démesurément gentil et que, pour le coup, cette tasse ne pouvait pas contenir de potion à furoncle. Ce geste gentil dans sa simplicité l'agaça au plus au point et Cinaed croisa les bras sur sa poitrine, le menton relevé en geste de défi. J'aime pas le café. Un odieux mensonge car l'écossais n'était presque jamais vu sans une tasse à la main. Charlie émit un grondement colérique et Cinaed se fit la réflexion que si l'agacement avait pu le faire exploser, il aurait fait le plus merveilleux des feux d'artifice. Arrête tes conneries et bois ce café avant que je te le fasse avaler de force. Répliqua aussitôt Charlie, la voix sèche.
Le brun fit la moue avant de s'emparer du gobelet et d'en prendre une longue gorgée. En voyant le regard menaçant de l'autre étudiant, il ravala la remarque concernant le fait qu'il avait mal choisi la boisson et se contenta d'un : Pis t'es en r'tard boudeur. Le blond renifla et leva une main, paume vers le haut en haussant un sourcil. Il n'avait pas besoin d'ouvrir la bouche pour que Cinaed comprenne parfaitement le C'est toi qui te permets de dire ça ? Pour autant, l'écossais apprécia la victoire d'avoir le dernier mot et fit tomber un carnet abimé sur la table dans un bruit sec. Charlie, lui, préféra sortir méthodiquement chacune de ses affaires. Il était en train de les caller correctement sur la table quand Cin s'étala de son côté, poussant le carnet avec ses bras jusqu'à bousculer la petite zone de travail de l'autre. En représailles, il se prit un coup sec de parchemin sur le haut du crâne qui le fit se recroqueviller, les mains posées sur la tête et un grognement boudeur aux lèvres.
L'ambiance de travail vu studieuse pendant l'heure qui suivit, Cinaed se retenant de tout commentaire désobligeant alors qu'il aidait Charlie à ajuster sa baguette et son intonation. Le blond prenait des notes, sous le regard scrutateur de Cinaed qui trouvait bien triste d'avoir besoin d'écrire autant pour se souvenir de ses cours. Lui noircissait ses carnets de théories magiques et d'informations en tout genre mais en sautant tout ce qui faisait partie des explications simples d'un sortilège. Il s'en souvenait et voilà, le tour était joué. Sa réflexion fut interrompue par un hoquet joyeux et il leva les yeux vers l'autre qui observait avec émerveillement l'effet de son sort. Correctement exécuté, si on pouvait l'ajouter. Cinaed se redressa légèrement, l'attention totalement accaparée par le sourire excité de l'autre. Il se demanda, avec honnêteté, quand était la dernière fois qu'il avait été aussi heureux d'accomplir quelque chose. Pas fier ou simplement satisfait mais vraiment heureux. Il ne s'en souvenait pas trop, mais décida de garder la réflexion pour son futur lui.
Les deux jeunes adultes se fixèrent quelques secondes dans un silence gênant. Les paroles d'Ewan se rappelèrent au plus jeune et il soupira longuement avant de grincer entre ses dents Je suis désolé pour la dernière fois. Voilà : il l'avait dit. Le roux n'aurait donc plus aucune raison de lui passer un savon, et ça rattrapait le café offert. Cinaed était toujours celui qui avait fait plus d'effort que l'autre, et son honneur était donc sauf. Enfin, il l'aurait été si Charlie n'avait pas haussé un sourcil. Désolé à propos de quoi ? demanda-t-il presque vicieusement. Il testait sa sincérité, Cinaed en était persuadé. Habituellement, il lui aurait servit un baratin comme à toutes les personnes à qui il présentait ses excuses mais là c'était impossible. Ses excuses devaient être les plus sincères possibles, tellement qu'elles fermeraient son clapet à l'autre. Désolé de t'avoir traité d'abruti. Je sais que tu travailles dur et... euh... bah t'es pas inutile non plus. Y'a plein de trucs que tu fais aussi bien que moi. Pas mieux, cependant, parce qu'il fallait pas abuser.
Charlie laissa échapper un petit sourire timide et sembla se dégonfler à vue d'œil. Finalement, il ouvrit lui aussi la bouche pour s'excuser. Et moi je suis désolé d'avoir dit que tu bossais pas. Je sais que tu dors pas beaucoup - ton coloc me l'as dit - mais ça a l'air si facile pour toi que... ça m'a mis en colère, voilà. Cinaed - qui s'était préparé à s'engueuler avec l'autre - fut forcé d'admettre que Charlie avait gagné ce concours d'excuse. Il sentait son visage rougir et ses oreilles bourdonner désagréablement alors qu'elles prenaient elles aussi de la couleur. Sa défaite fut totale car Charlie avait parfaitement compris où taper. La valorisation de son travail donna l'impression à Cinaed d'être vu, et plus encore que sa passion l'était aussi. Il préféra donc penser à l'autre comme à un soldat du compliment plutôt que d'accepter une sincérité si gentille.
Il détourna le regard et se frotta la nuque en se raclant la gorge. La prochaine fois, j'te ramènerais un café aussi. Dit-il simplement avant de se plonger à nouveau dans son carnet. Il gribouilla furieusement quelques mots dans l'espoir que Charlie n'insiste pas sur la discussion et fut sincèrement soulagé d'entendre l'autre reprendre ses tentatives pour perfectionner son incantation.
Quand ils eurent tous les deux finis, Charlie lui tapa l'épaule dans un geste affectueux quoiqu'encore très incertain. Il lui fit un geste de la main mal à l'aise en quittant la salle de travail et eu même l'audace de lui souhaiter une bonne journée. Comme si elle pouvait être bonne maintenant que Cinaed était occupé à grommeler sur les gens qui changeaient trop vite d'avis. Il aurait été plus logique - à ses yeux - que Charlie continue d'être en colère. En fait, Cinaed appréciait leur dynamique de gens qui ne pouvaient pas se supporter. Cette trêve étrange, qui était venue d'un café offert sans raison apparente l'angoissait presque. Ce n'était pas comme d'habitude, et Cinaed Wallace n'aimait pas quand les choses se passaient différemment de ce qu'il avait imaginé. Le monde devait tourner selon sa trajectoire, et non pas décider de changer totalement d'orbite. Tout était de la faute de Charlie Fisher. Et de Ewan aussi, qui l'avait subtilement - ou pas du tout - poussé à présenter ses excuses. Tous des utopistes qui s'évertuaient à changer des dynamiques de relation parfaitement fonctionnelles.
▸ Fin de la 2ème semaine d'Octobre 2029 • Repartir à zéro
Salle de travail, Bibliothèque.
Salle de travail, Bibliothèque.
Le bruit caractéristique d'une tasse claquée sur la table à côté de son visage réveilla Cinaed. Il se redressa dans un sursaut, les yeux vitreux et une mèche de ses cheveux désagréablement collée contre sa joue. Il mit quelques secondes à se rappeler d'où il était, et quand ce fut fait, se contenta de pousser un soupir à fendre l'âme en retirant ses cheveux de son visage. Le geste mal assuré failli le pousser à se mettre soi-même le doigt dans l'œil et il grogna. Il n'aurait pas été dérangé s'il avait pu continuer sa sieste. Certes, les salles de travail ne servaient pas du tout à finir sa nuit mais au moins ça l'avait occupé le temps que Charlie arrive. Ce traitre lui avait évidemment menti en lui annonçant leur heure de travail : Cinaed l'avait attendu dix minutes avant d'abandonner et de s'assoupir. L'étudiant failli alpaguer son camarade pour son retard avant de se figer en voyant le gobelet que Charlie avait dans la main. Il le sirotait doucement, le regard fixé sur le plus jeune avec un léger dédain comme s'il ne venait pas de clouer le bec de l'autre en un seul geste.
Le brun observa le deuxième gobelet qui, lui, était tranquillement posé sur la table et n'attendait que sa main. Il releva le regard vers Charlie, essayant de déterminer si l'autre essayait de l'empoisonner. Malheureusement, Cinaed avait toujours été très mauvais pour lire les autres et se contentait donc de penser que tout le monde était démesurément gentil et que, pour le coup, cette tasse ne pouvait pas contenir de potion à furoncle. Ce geste gentil dans sa simplicité l'agaça au plus au point et Cinaed croisa les bras sur sa poitrine, le menton relevé en geste de défi. J'aime pas le café. Un odieux mensonge car l'écossais n'était presque jamais vu sans une tasse à la main. Charlie émit un grondement colérique et Cinaed se fit la réflexion que si l'agacement avait pu le faire exploser, il aurait fait le plus merveilleux des feux d'artifice. Arrête tes conneries et bois ce café avant que je te le fasse avaler de force. Répliqua aussitôt Charlie, la voix sèche.
Le brun fit la moue avant de s'emparer du gobelet et d'en prendre une longue gorgée. En voyant le regard menaçant de l'autre étudiant, il ravala la remarque concernant le fait qu'il avait mal choisi la boisson et se contenta d'un : Pis t'es en r'tard boudeur. Le blond renifla et leva une main, paume vers le haut en haussant un sourcil. Il n'avait pas besoin d'ouvrir la bouche pour que Cinaed comprenne parfaitement le C'est toi qui te permets de dire ça ? Pour autant, l'écossais apprécia la victoire d'avoir le dernier mot et fit tomber un carnet abimé sur la table dans un bruit sec. Charlie, lui, préféra sortir méthodiquement chacune de ses affaires. Il était en train de les caller correctement sur la table quand Cin s'étala de son côté, poussant le carnet avec ses bras jusqu'à bousculer la petite zone de travail de l'autre. En représailles, il se prit un coup sec de parchemin sur le haut du crâne qui le fit se recroqueviller, les mains posées sur la tête et un grognement boudeur aux lèvres.
L'ambiance de travail vu studieuse pendant l'heure qui suivit, Cinaed se retenant de tout commentaire désobligeant alors qu'il aidait Charlie à ajuster sa baguette et son intonation. Le blond prenait des notes, sous le regard scrutateur de Cinaed qui trouvait bien triste d'avoir besoin d'écrire autant pour se souvenir de ses cours. Lui noircissait ses carnets de théories magiques et d'informations en tout genre mais en sautant tout ce qui faisait partie des explications simples d'un sortilège. Il s'en souvenait et voilà, le tour était joué. Sa réflexion fut interrompue par un hoquet joyeux et il leva les yeux vers l'autre qui observait avec émerveillement l'effet de son sort. Correctement exécuté, si on pouvait l'ajouter. Cinaed se redressa légèrement, l'attention totalement accaparée par le sourire excité de l'autre. Il se demanda, avec honnêteté, quand était la dernière fois qu'il avait été aussi heureux d'accomplir quelque chose. Pas fier ou simplement satisfait mais vraiment heureux. Il ne s'en souvenait pas trop, mais décida de garder la réflexion pour son futur lui.
Les deux jeunes adultes se fixèrent quelques secondes dans un silence gênant. Les paroles d'Ewan se rappelèrent au plus jeune et il soupira longuement avant de grincer entre ses dents Je suis désolé pour la dernière fois. Voilà : il l'avait dit. Le roux n'aurait donc plus aucune raison de lui passer un savon, et ça rattrapait le café offert. Cinaed était toujours celui qui avait fait plus d'effort que l'autre, et son honneur était donc sauf. Enfin, il l'aurait été si Charlie n'avait pas haussé un sourcil. Désolé à propos de quoi ? demanda-t-il presque vicieusement. Il testait sa sincérité, Cinaed en était persuadé. Habituellement, il lui aurait servit un baratin comme à toutes les personnes à qui il présentait ses excuses mais là c'était impossible. Ses excuses devaient être les plus sincères possibles, tellement qu'elles fermeraient son clapet à l'autre. Désolé de t'avoir traité d'abruti. Je sais que tu travailles dur et... euh... bah t'es pas inutile non plus. Y'a plein de trucs que tu fais aussi bien que moi. Pas mieux, cependant, parce qu'il fallait pas abuser.
Charlie laissa échapper un petit sourire timide et sembla se dégonfler à vue d'œil. Finalement, il ouvrit lui aussi la bouche pour s'excuser. Et moi je suis désolé d'avoir dit que tu bossais pas. Je sais que tu dors pas beaucoup - ton coloc me l'as dit - mais ça a l'air si facile pour toi que... ça m'a mis en colère, voilà. Cinaed - qui s'était préparé à s'engueuler avec l'autre - fut forcé d'admettre que Charlie avait gagné ce concours d'excuse. Il sentait son visage rougir et ses oreilles bourdonner désagréablement alors qu'elles prenaient elles aussi de la couleur. Sa défaite fut totale car Charlie avait parfaitement compris où taper. La valorisation de son travail donna l'impression à Cinaed d'être vu, et plus encore que sa passion l'était aussi. Il préféra donc penser à l'autre comme à un soldat du compliment plutôt que d'accepter une sincérité si gentille.
Il détourna le regard et se frotta la nuque en se raclant la gorge. La prochaine fois, j'te ramènerais un café aussi. Dit-il simplement avant de se plonger à nouveau dans son carnet. Il gribouilla furieusement quelques mots dans l'espoir que Charlie n'insiste pas sur la discussion et fut sincèrement soulagé d'entendre l'autre reprendre ses tentatives pour perfectionner son incantation.
Quand ils eurent tous les deux finis, Charlie lui tapa l'épaule dans un geste affectueux quoiqu'encore très incertain. Il lui fit un geste de la main mal à l'aise en quittant la salle de travail et eu même l'audace de lui souhaiter une bonne journée. Comme si elle pouvait être bonne maintenant que Cinaed était occupé à grommeler sur les gens qui changeaient trop vite d'avis. Il aurait été plus logique - à ses yeux - que Charlie continue d'être en colère. En fait, Cinaed appréciait leur dynamique de gens qui ne pouvaient pas se supporter. Cette trêve étrange, qui était venue d'un café offert sans raison apparente l'angoissait presque. Ce n'était pas comme d'habitude, et Cinaed Wallace n'aimait pas quand les choses se passaient différemment de ce qu'il avait imaginé. Le monde devait tourner selon sa trajectoire, et non pas décider de changer totalement d'orbite. Tout était de la faute de Charlie Fisher. Et de Ewan aussi, qui l'avait subtilement - ou pas du tout - poussé à présenter ses excuses. Tous des utopistes qui s'évertuaient à changer des dynamiques de relation parfaitement fonctionnelles.
1290
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves - Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon