14 nov. 2024, 12:58
Camp pédagogique Bon, explique-moi
302
Samedi 31 juillet 2049,
Fin de matinée


Britanny, fraîchement douchée après sa séance de sport, se posa sur son lit, dans la tente des filles. Elle était vide, les étudiants préférant profiter de la dernière journée dehors plutôt que de rester enfermé ici. Et pour Alex et ses camarades de promotion, c’était mission cuisine.

Cela faisait maintenant plus d’une semaine que les deux anciens meilleurs amis s’étaient retrouvés, dans une toute nouvelle sorte de relation. Si la rousse se sentait bien, elle continuait de se poser des questions. Parce qu’elle savait qu’elle n’avait pas pu répondre de façon claire sur ses sentiments. Comment savoir quelque chose qu’on a jamais connu ? Mais elle avait la solution à son problème : la seule et unique, Leo Ginger. Leo avait connu une sacré déception avec Edmund, et ses souvenirs lui firent se demander si Alex aurait été dans cet état si elle aussi avait refusé en bloc ses sentiments. Elle avait détesté voir son amie comme ça, alors en être à l’origine… C’est pas le cas. Non, elle avait décidé de lui faire confiance, et faire confiance à ses propres sentiments, qui n’avaient provoqué aucune alarme dans sa tête. Mais elle n’allait certainement pas rester dans cet état d’incertitude. Elle voulait pouvoir dire à Alex qu’elle ressentait - ou non - la même chose.

- Hey, Leo ?

Britanny s’était redressée d’un coup en voyant la batteuse revenir des douches, et l’avait interpellé sans attendre. Sauf qu’elle n’avait pas réfléchi une seconde sur la manière d’aborder le sujet. Elle savait à présent que les deux Gryffondor s’étaient rabibochés, mais ils n’en avaient pas dit plus. En tout cas, l’anglaise n’avait pas vu l’intérêt d’étaler tout ceci. Cela ne concernait personne à part eux.

- Est-ce que… Elle tourna la tête, vérifiant qu’elles étaient bien seules. Est-ce que t’as cinq minutes ?


@Leo Ginger bouh :ninja:

7ème année RP en 2050-2051 - #800000
Nos sentiments comptent

20 nov. 2024, 15:05
Camp pédagogique Bon, explique-moi
Yeux fermés, Leo s'attarde sous le jet d'eau fraîche de la douche. Après la séance de sport du jour, ça fait du bien. Et ça fait du bien aussi de pouvoir passer un moment – aussi bref soit-il – toute seule, juste avec elle-même.

C'est le dernier jour du camp. Le temps est passé vite et incroyablement lentement en même temps. Leo ne saurait même pas exactement dire si elle est contente d'enfin arriver à la fin, ni si elle regrette de s'être inscrite. Probablement que paradoxalement, la réponse à la premier question serait oui, celle à la seconde plutôt non. Elle a quand même passé des moments sympas à Belfast, au cours de ces deux dernières semaines. Et ce soir, tout le monde quittera définitivement la propriété Kohler pour retourner à ses vacances habituelles, probablement. Leo retournera à Liverpool, elle aussi.

Perdue dans ses pensées, l'anglaise a finalement éteint l'eau, s'est séchée, habillée.

Un dimanche de repos avant que la semaine prochaine ne commence son boulot. Elle a eu de la chance de trouver ce job de serveuse au Chaudron Baveur pour le mois d'août, elle en a conscience. C'est bien mieux, moins au noir et moins douteux que le garage moldu où elle a travaillé l'été passé, en tout cas. C'est juste qu'entre le camp pédagogiques et le taf, les vacances... Ces vacances qu'elle a pourtant attendu avec une impatience immense toute l'année... enfin bref. Leo essaie de ne pas trop y penser et chasse ces réflexion de son esprit en secouant légèrement la tête – chassant ainsi au passage également une série de gouellettes de ses boucles pas encore sèches. De toute façon, elle le sait bien : la la vie n'est pas un poney-club, alors de quoi elle se plaint.

Leo quitte la salle de bain pour retourner dans la tente.

Une voix familière l'interpelle. Son regard se pose sur Britanny, installée sur son lit. Le visage de Leo s'illumine et elle s'approche. Elle jette ses affaires sur son propre lit juste à côté de celui de son amie et se laisse tomber sur le matelas. Avec un sourire, elle lui lance :

"Pour toi toujours ! Y a quoi ?"

Assise face à Britanny, Leo ne pense déjà plus – pour le moment du moins – au camp pédagogique, à ses vacances et à son travail et à l'argent et au temps beaucoup trop court et beaucoup trop long en même temps.

<3

ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin

27 nov. 2024, 23:46
Camp pédagogique Bon, explique-moi
231


L'anglaise sourit à sa camarade. Leo, c'était un pilier à Poudlard pour elle, et savoir qu'il ne leur restait qu'une année en commun, c'était plutôt dérangeant. Elle aurait aimé être de sa promotion ou qu'elle soit de la sienne. Même si les choses auraient alors été bien différentes. Rien que dans sa relation avec Alex. Seraient-ils devenus aussi proches dans ce cas ? Sans parler de leur évolution récente, mais simplement en tant que meilleurs amis. En tout cas, la rousse pouvait toujours compté sur Leo, et aujourd'hui elle le prouvait encore.

Y'a quoi. Oui, comment amené le sujet à présent ? Comment lui expliquer son problème ? Est-ce qu'elle s'était posé ce genre de question avec Jacob ? Avec Edmund ? Est-ce que ce n'était pas trop intime comme questionnement ? Elle attendait une réponse facile, une réponse universelle qui lui permette d'y voir plus claire, et de conclure sur ce qu'elle allait dire à Alex.

- Tu peux m'expliquer...

Elle grimaça, incertaine de comment formuler sa question. Elle souffla et fronça les sourcils. La question qui lui vint était simple, courte, et pourtant elle entrevoyait bien sa difficulté à restituer tout ce qui pourrait l'être. Elle était prête à faire une liste mentale de tout ce qui en découlerai, prête à cocher ou non les cases que la batteuse exposerai.

- Comment t'as su que t'aimais Jacob ?

Efficace.


<3

7ème année RP en 2050-2051 - #800000
Nos sentiments comptent

16 avr. 2025, 23:52
Camp pédagogique Bon, explique-moi
Le regard attentif, Leo attend que Britanny trouve les mots pour cette question qu'elle s'apprête à formuler. Lorsqu'elle l'entend finalement, l'anglaise reste immobile l'espace de deux secondes avant qu'un petit sourire qu'elle n'arrive pas à réprimer s'installe sur son visage et qu'elle n'écarte les bras pour laisser tomber en arrière sur le matelas.

Allongée sur le dos, les souvenirs remontent, se transformant rapidement en petit torrent imagé. Finalement, c'est sur une image en particulier que sa mémoire s'arrête : un après-midi en mai, quelques mois après le Dominion. Elle et Jacob à l'infirmerie* ... Se laissant aller à cette rêverie qui vue depuis d'aujourd'hui a quelque chose de presque un peu sucré, Leo est affalée une dizaine de secondes sur son lit. Puis, énergiquement, elle finit par se redresser, ramener les jambes pour être assise en tailleur, à nouveau face à son amie.

La Gryffondor cherche ses mots. À quoi est-ce que Britanny s'attend ? Qu'est-ce qu'elle souhaite obtenir, comme type de réponse ? À cette question qui est facile et compliquée en même temps. C'est vrai qu'elle ne lui a jamais vraiment parlé, de cet après-midi là. Bon. La réponse simple, c'est celle-là :

"Ben... j'l'ai juste su. J'l'ai senti quoi."

Mais la batteuse se doute que Britanny espérait peut-être un peu plus. Alors elle s'oblige à faire un effort, à tenter de mettre des mots sur cette évidence qui n'est pourtant pas née de là où se forment les mots mais bien du cœur, de l'intérieur, de cette partie qui n'obéit pas à la raison mais à l'instinct. Peut-être que le plus simple, c'est juste de commencer à raconter.

"J'étais allée le voir à l'infirmerie un jour, après son retour du Dominion. On s'était un peu éloignés à cette époque, c'était... le Dominion, sa rupture avec July, mon histoire avec Edmund... 'fin bref, c'était compliqué quoi. Et puis ce jour-là, on a beaucoup parlé, avec honnêteté. Je sais pas comment l'expliquer, mais il m'a dit de choses qui m'ont fait beaucoup de bien, m'ont fait me sentir bien. Le contraste avec Dale a été tellement flagrant. Et j'ai capté à quel point il m'a manqué. Il m'a dit aussi qu'avant de partir, pour lui, on était pas juste amis. Peut-être que c'était au fond de moi depuis un moment déjà, mais à ce moment j'ai réalisé que je voulais pas juste le retrouver en ami moi aussi. Parce qu'être proche de Jacob, ça me faisait me sentir... chais pas. Spéciale. Importante. Estimée, aimée. Tu vois c'que j'veux dire ? "

L'explication est peut-être un peu maladroite – surtout qu'il y manque des pièces compliquées à placer du type Vélane, du type traumatisme post-dominion et toutes les autres difficultés qui ont suivies ce jour-là – mais la rousse en tirera ce qu'elle pourra. Ou pas. Leo attend un moment, laissant quelques secondes à Britanny pour assimiler qu'elle a dit. Maintenant qu'elle a répondu, la batteuse peut se permettre la contre-question – question dont elle a déjà un petit soupçon de réponse (qui commence par A) – mais qu'elle s'est jusqu'à présent bien gardée de poser, ne voulant brusquer ni quoi que ni qui que ce sont dans cette histoire. Début d'histoire, si elle voyait juste. Alors cette fameuse question :

"Pourquoi ?"

ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin

18 avr. 2025, 00:16
Camp pédagogique Bon, explique-moi
Britanny eut une expression perplexe en voyant son amie se laisser tomber en arrière sur le lit, le visage soudainement rayonnant. Elle resta néanmoins silencieuse, espérant que le temps qui s'écoulait était un instant de réflexion profonde pour Leo. Une réflexion sur sa question, sur les réponses concrètes qu'elle pourrait lui donner. Et lorsqu'elle se redressa, en portant son regard sur l'anglaise, cette dernière s'était crispée inconsciemment. Elle avait presque peur de la réponse. Peur de ne pouvoir s'identifier dans la liste qui lui sera présentée. Mais les quelques mots qui s'échappèrent de la bouche de Leo furent d'une déception si grande qu'elle peina d'abord à le réaliser. Le savoir ? Le sentir ? Mais, tout son questionnement était là justement. Ses épaules s'affaissèrent et son regard se baissa immédiatement sur le sol. Est-ce que je le sais ? Qu'est-ce que je sens, là ? Mais à part un estomac affamé à l'approche du déjeuner et une angoisse sous-jacente, elle ne parvenait pas à faire un réel état des lieux. Elle releva les yeux vers la rousse, remplis d'espoir. Il fallait qu'il y est une suite.

Et sans avoir à lui demander, la batteuse continua. Ce n'était pas quelque chose qu'elle lui avait parlé auparavant, cette discussion à l'infirmerie. A vrai dire, à cette période, elle essayait de ne pas brusquer Leo de trop, juste assez pour ne pas la laisser se morfondre dans les dortoirs à cause de Dale. Et la dernière partie l'étonna encore. Jacob lui avait dit ne pas être de simples amis. Comme Alex avait essayé de lui faire comprendre. Les adjectifs qu'elle utilisa ensuite, Britanny les comprenait, mais comment elle avait fait la différence justement. Comment était-elle sûre qu'elle non plus ne voulait pas qu'une simple amitié ? Estimée ? Spéciale ? Importante ? Aimée ? Ressentait-elle tout cela avec lui ? D'une certaine façon, oui. Et d'un autre côté, elle n'avait jamais cherché ce genre de sentiments. Si on devait l'estimer, c'est qu'elle avait fait ses preuves. Elle ne se sent elle-même pas spéciale, ni importante, mais chaque moment avec lui l'était. Et bien évidemment qu'elle se sentait aimée. Si tout cela n'était pas, ils ne seraient pas amis, non ? Comment savoir aujourd'hui si c'est plus que cela ?

Le mot, tourné de manière interrogative, sorti l'anglaise de ses pensées. Elle passa une main dans sa nuque. Ce petit tique de gêne, ça faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas eu devant Leo.

- C'est juste que... Je voudrais savoir... Enfin à quel moment tu sais que c'est pas juste de l'amitié ? Moi je me sens spéciale avec Helen et toi par exemple. Mais pourtant je vous aime pas dans le sens... Euh... Enfin c'est de l'amour amical... Tu vois ?

Comment lui expliquer ? Ne pas comprendre, ne pas avoir de faits concrets sur lesquels s'appuyer, ça la mettait profondément mal à l'aise. Elle soupira et se laissa à son tour tomber sur le dos en fermant les yeux. Elle retenait des larmes de frustration. Alex lui avait dit qu'ils pourraient donner leur définition à eux, mais elle se mettait quand même une pression monstre. Parce qu'elle avait vu ce que c'était de ne plus l'avoir dans son quotidien. Et elle avait peur.

- Je sais pas quoi lui dire, Leo. Enfin, si, je lui ai dit que j'étais d'accord, mais j'ai pas pu lui dire ce que je ressentais. Ou pas d'ailleurs.

Elle n'avait même pas conscience de parler d'Alex sans le mentionner. Pas conscience que son discours devait être bien difficile à suivre. Des questions tournaient en boucle dans son esprit, l'accaparant. Comment faire la différence entre ce sentiment de bien-être qui s'emparait d'elle à chacun de leurs moments depuis plusieurs années, et le bien-être d'une relation plus... Plus.

7ème année RP en 2050-2051 - #800000
Nos sentiments comptent