Les Anglais débarquent
Fin mars 2050.
Avec @Cinaed Wallace et @Adélaïde Brennen.
Précédemment > Vacances au pays des Erkings
Avec @Cinaed Wallace et @Adélaïde Brennen.
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Morgan avait sans doute un peu édulcoré les choses en parlant de vacances. Il faut dire que, pour elle, les dictionnaires étaient comme les textes de loi : sujets à interprétation. Et si elle avait vraiment eu le choix... Non, en réalité, elle l’avait eu. Elle n’était plus une enfant à qui l’on dicte sa conduite — et à vrai dire, même enfant, elle n’avait jamais été du genre à se laisser qualifier d’« obéissante ».
Elle faisait les choses par choix. Même — surtout — quand ces choix étaient les pires possibles. Pour elle, ou pour les autres. Certains diraient qu’elle cherchait à faire pénitence, mais pour affirmer ça, il faudrait la connaître à la fois très bien… et pas du tout.
Ce n’était pas à l’offensée de faire tout le boulot.
Et pourtant…
Le sang était une substance des plus vicieuses.
Eugen Rosenwald était son arrière-grand-père. Et même si les années avaient passé, un seul visage lui venait en tête quand elle pensait à l’immortalité : le sien. Celui de cet homme à l’âge incertain, qui avait sans doute dépassé la centaine depuis longtemps. Elle ne l’avait jamais connu autrement que dans cet état étrange : excentrique, sénile, avec des fulgurances de lucidité. Mais aujourd’hui… il vivait en institution depuis plus de deux ans, et récemment à Sainte-Mangouste.
Un fou en fin de vie.
Un fou dont elle savait bien peu de choses, mais avec qui elle partageait certaines similitudes. Tandis qu’elle avait quitté la Grande-Bretagne pour l’Allemagne, lui avait fait le trajet inverse, jadis, pour tout recommencer.
Et c’était en son nom qu’elle était là. Pour un fichu testament.
Car Lennart Rosenwald, le patriarche, était mort. Ce qui signifiait que tous les anciens étaient convoqués — y compris ceux de la branche anglaise. Ou, à défaut, un représentant de leur descendance. Une pure blague, car dire que la branche anglaise n’était pas populaire auprès des originels était un euphémisme.
Et ils ne s’en cachaient pas. L’accueil glacial que Morgan avait reçu à son arrivée au domaine familial n’était qu’un exemple parmi tant d’autres, le premier d’une longue série en moins d’une heure.
Le fait qu’elle se soit permis de venir accompagnée n’avait sans doute rien arrangé. Mais elle s’en fichait. Pire : elle en tirait presque satisfaction.
Ils avaient toutefois catégoriquement refusé que Cinaed et Adélaïde l’accompagnent dans le salon réservé à la lecture du testament. Ils étaient donc restés dans le vestibule, sous la garde d’un elfe de maison, pendant que Morgan suivait le mouvement de ses prétendus congénères.
°°°
Le salon dans lequel ils pénétrèrent était vaste, haut de plafond, et visiblement peu habitué à accueillir autre chose que des silences pesants. Les rideaux, lourds et d’un vert profond, étaient tirés à moitié. Le mobilier, ancien et imposant, semblait sorti d’un autre siècle — ou d’un musée. Les boiseries sombres, les tapis et les portraits de famille aux regards sévères accentuaient encore l’impression d’étouffement. Rien ici n’était pensé pour le confort : tout n’était que démonstration de lignage, de permanence, de pouvoir. Elle savait d’où Lars, son défunt et cruel père, tirait son sens de la décoration.
Morgan entra la dernière, avec le pas calme de celle qui sait exactement ce qu’elle fait — ou du moins, c’est ce qu’elle laissait croire. Elle ne se précipita pas, ne ralentit pas non plus. Chaque mouvement était mesuré, précis. Puis elle alla s’asseoir, croisant les jambes, et plaçant ses mains sur ses genoux, dans une position d’attente. Qu’ils en finissent vite pour qu’elle retrouve Cin et Adé.
Elle ne voulait pas être là. Elle voulait que tout cela prenne fin au plus vite. Mais cela ne se voyait pas. Elle s’était accrochée à ce masque de neutralité depuis son arrivée — cette façade lisse et opaque, qui dissimulait le dégoût, la lassitude, la rage contenue. Elle n’était pas venue provoquer une guerre. Elle était venue pour écouter, signer s’il le fallait, tourner les talons et disparaître.
Mais les choses prenaient un tour inattendu.
« Si le patriarche n’a pas d’héritier direct en vie, alors toute personne pouvant transmettre le nom des Rosenwald est éligible, qu’il soit mâle… ou femelle. »
La voix de Loren Krauss était calme, presque mécanique, mais claire. Elle tranchait dans le silence comme un fil de soie. Il y eut un flottement dans la pièce, un petit courant de tension à peine perceptible. Les respirations s’alourdissaient. Les épaules se tendaient. Quelqu’un remua sur son siège.
Une précision supplémentaire surement nécessaire – il n’y avait que très peu de femme dans l’assemblée. Quatre, incluant Loren et Morgan.
Celle-ci d’ailleurs ne bougea pas. Ses yeux fixèrent un point abstrait devant elle. Ses traits restaient impassibles, mais à l’intérieur, son estomac se contractait doucement, alors qu’elle réalisa ce que cela pouvait signifier pour elle. Elle ne voulait pas de ça – pas alors qu’elle en avait déjà bien assez avec sa famille maternelle.
Mais elle se força à rester ancrée. Droite. Présente. Rien dans son visage ne trahissait le malaise qui montait.
« Une preuve que Lennart devenait sénile ! Seuls des bâtards sans père héritent du nom de leur mère, et il est clairement énoncé dans... »
L’homme parlait vite. Trop vite. Morgan, qui comprenait pourtant bien l’allemand, ne saisissait que la moitié de ses mots — mais elle en saisissait le ton : méprisant, agacé, convaincu de son bon droit. C’était Alfred. Un lointain cousin d’Eugen — ou quelque chose de ce genre — flanqué de son fils Adam.
Elle tourna légèrement la tête vers lui. Comme s’il venait d’émettre une hypothèse amusante, mais qu’elle n’avait ni le temps ni l’énergie de réfuter. Pourtant, ses doigts s’étaient resserrés imperceptiblement sur le tissu de sa jupe.
Puis, d’une voix douce mais nette — une voix qui coupa celle d’Alfred sans hausser le ton — elle parla.
« Il faudrait peut-être se tenir un peu au courant de la politique étrangère, monsieur. N’étiez-vous pas informé que les femmes — mariées ou non — peuvent désormais transmettre leur nom à leurs enfants de manière légitime en Grande-Bretagne ? »
Un silence plus lourd s’installa.
Mais la grimace d’Alfred en disait long — on aurait dit que les Anglais venaient de débarquer chez lui pour la première fois.
Enfin… techniquement, il s’agissait plutôt d’une galloise, avec une allemande et un écossais.
Reducio
- Votre PJ est présent ? oui
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") :
Loren Krauss, exécutrice testamentaire, PNJ actif/prétexte
Alfred Rosenwald, principal intéressé pour devenir patriarche de famille, PNJ actif.
Adam Rosenwald, fils d'Alfred, PNJ prétexte.
Helena Rosenwald, Thorben Rosenwald, Astrid Adler, Herman Adler, Niels Adler, Simon Starker, Willem Starker, Niklas Leitner, Benedict Leitner, Erwin Meyer, Levi Aust -> PNJ présent en prétexte, tous membres de la famille Rosenwald.
- Lien vers la fiche du PNJ : lien
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Ces PNJ sont présent dans ce premier post afin de mettre en contexte la situation qui va faire que Cinaed, Morgan et Adélaïde vont passer plus de temps que prévu dans le domaine familial des ancêtres de Morgan. Ils ne sont pas tous utilisés, afin de centrer non pas sur l'ensemble des intrigues familiales, mais uniquement celles qui affectent Morgan.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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