Reflet de Papier
.oOo.
[ 3 SEPTEMBRE 2048 ]
Sous le grand porche, Hall d'Entrée, Poudlard
Après les cours
◈
Charlie, 18 ans.
7ème Année

∞
[ 3 SEPTEMBRE 2048 ]
Sous le grand porche, Hall d'Entrée, Poudlard
Après les cours
◈
Charlie, 18 ans.
7ème Année

∞
Au creux d'un silence tout relatif, se tenait la grande stature de Charlie. Un silence plaqué sur sa seule façade, sur son corps qui se tait, reclus dans le mutisme des contrées de son esprit.
Sa silhouette était encadrée par l'imposant porche ornementé, porte d'entrée de Poudlard donnant sur un extérieur déchaîné.
Un contraste vertigineux se faisait face entre la quiétude-de-façade de la gryffonne et la déferlante des éléments sur toute l'étendue du Parc. Pluie tambourinante, aussi épaisse qu'elle en devenait mélasse. Vent hurlant, aussi aiguisé qu'il en devenait épée. Froid strident, aussi glacé qu'il en devenait crissement.
Pourtant, Charlie se tenait là, plantée comme un poteau, le regard porté au loin, absent, caressant l’horizon. D’aucuns diraient qu’il ne se passe rien, qu’elle est simplement perdue dans ses pensées. Néanmoins, un regard affûté percevrait un éclat inquiétant dans le vert qui lui sert d’iris ; un engin semble fulminer en boucle dans ses rouages.
Dans son dos, se projetait les grands murs du Hall d’Entrée, ce ventre de pierre qui digérait langoureusement tout élève en son sein durant sept — bien trop courtes — années. Charlie, dans son cas exceptionnel, commençait sa huitième année au creux de cet estomac. Se pourrait-il que les sucs rocheux de Poudlard aient rendu la Rouge et Or un peu plus lunaire que ses pairs ?
Un coup de tonnerre déchira le ciel, si puissant qu’il fit frémir les solides murs du Château.
𝄞
Je cligne des yeux.
*Merde…*. Mes tympans vibrent encore de l’agression. *’qu’est-ce que j’foutais moi, déjà ?*.
Je secoue la tête comme pour dégager la douleur de mes oreilles.
Ça fait déjà deux jours que la rentrée est passée, mais impossible de ne pas me faire littéralement kidnapper par moi-même. Là, tout à l’intérieur de moi, bien loin de ce sol que je foule de la pointe de mes pieds, je me rends encore compte que mes pensées ont complètement dérivé, désaccordé, et que je me suis encore fait cambrioler absolument tout à l’intérieur de la bulle qui me sert de conscience. Ils sont là, les sales petits voleurs, et ils s’appliquent à ne rien laisser derrière eux, pas même la poussière ; ils m’hypnotisent tellement que je m’en rends compte à chaque fois trop tard. *Tss… c’est bon, bordel !*, crache ma bouche-intérieure, alors que je catapulte les petits voleurs que j’entends répéter en échos chantants, inlassables : Aelle n’eeeest plus lààààà ! Aelle n’eeeest plus làààààà !
*C’est BON !*.
Clac.
Le son de mâchoire qui cogne.
C’est ma dernière année à moi maintenant ! Et je n’ai pas le droit à l’erreur !
Au loin, j’entends les petits voleurs qui s’écrasent tout au fond de ma conscience, fermant enfin leurs grandes gueules. *Ah merde, ouais !*. Ma tente ! C’est ça que j’allais chercher !
— Hm… se tord ma gorge en prenant conscience de l’ampleur du bordel qui fouette le Parc. *’c’te déluge !*. Je ne m’étais pas rendu compte, du haut de mon dortoir, à quel point c’était violent. *Bien…*. Heureusement que je n’ai pas fait la connerie d’oublier mon poncho, parce que remonter tous les étages pour tout redescendre n’al… *’bon entraînement*. Merde.
J’aurais dû l’oublier, ça m’aurait travaillé les cuisses.
Je rabats la grande capuche sur ma tête, vite, je sais que les sales petits voleurs ne sont jamais loin, prêts à me kidnapper n’importe quand, à chaque fois que j’ose me dire qu’ils ont enfin disparu pour de bon. À jamais.
Mon corps s’arrache et se jette droit dans la fureur des éléments.
Je bifurque directement sur la droite, direction le Stade de Quidditch.
D’un coup, je me prends l’écorchage du vent dans la gueule. *Mais bordel !*. Mon avant-bras se lève pour essayer de protéger mes yeux, réduisant ma vitesse à cause de mon unique bras qui se balance à la mesure de mes jambes qui découpent ce manteau de pluie. *C’quoi ça ?!*. Elle est en rage cette putain de pluie ! Je ne peux pas croire que ce n’était pas personnel !
Un sourire moqueur se plaque sur ma tronche en imaginant un Autre se faire attraper à l’intérieur même de sa Salle Commune par la pluie-enragée et se faire tirer jusqu’au Parc pour finir par se faire démolir comme une vulgaire poupée de chiffon. *’vraiment pas la faire chier c’te plu—*.
Alors que ma respiration est martelée par l’effort de mon sprint, mon regard vrille sur la gauche, attiré par une forme lacérée par la pluie. *Que…*.
Une grimace me tord les traits.
Là, juste là-bas, même à travers la rage des éléments, je reconnais directement cette grande carcasse.
Dernière modification par Charlie Rengan le 31 mai 2025, 19:13, modifié 2 fois.
Reflet de Papier
Tac, tac, tac... Sans production moldue à disposition, seul l'esprit d'Elfie pouvait lui indiquer un temps régulier, courir à la même vitesse, un demi-tour, recommencer, un autre demi-tour puis s'arrêter et reprendre, l'exercice auquel elle s'était employée devait être réaliser parfaitement, à la seconde prêt, avec comme seul accompagnement sa petite montre à aiguille. Un fractionné, rien de tel pour travailler un cardio indispensable à sa pratique sportive, le début de saison approchait, elle devait être prête la poussant à s'aventurer au cœur de la tempête. Malgré sa grande taille le vent puissant lui faisait face, d'un côté il l'a ralentissait rendant sa respiration complexe, de l'autre il la poussait lui donnant envie d'accélérer le pas la forçant à se retenir, à devoir être bien plus concentrée que sous une chaleur étouffante mais monotone. Cela c'était si il ne changeait pas de sens, il tournait autour d'elle la forçant à travailler un équilibre, sujet ajouté et imprévu à la séance du jour, ne pas faire de pas de travers, rester droite et avancer, encore, encore et encore.
De l'extérieur la blonde paraissait agir machinalement, mais rien dans son esprit ne l'était, il y avait assez de variables pouvant réduire à néant l'exercice du jours à penser, ce qui n'était peut-être pas si mal finalement, son esprit fixé sur le présent, pour une fois elle ne pouvait pas s'éterniser sur des ruminations incessantes sur le passé, sur le futur, sur ses agissements, ses doutes et ses appréhensions. Seule sa silhouette régulière prenait l'espace, laissant ainsi un, bien que dur à croire, léger répit sur son quotidien si prenant, sur sa colère et sa rage toujours aussi imposante, lui rappelant à chaque seconde la situation, l'endroit cauchemardesque qu'elle arpentait chaque jours.
La pluie écrasante s'abattait sur sa peau recouverte de vêtements de sport, un legging moulant accompagnée d'un haut qui lui servait d'imperméable, bien qu'il avait la capacité de retenir la pluie qu'une minute ou deux, la blonde était à l'extérieur depuis un peu moins d'une demi-heure, ainsi sans être assez équipée (bien que peu importe l'équipement, au vu de la météo du jour, la seule différence notable était le temps qui séparait le moment où elle finirait complètement trempée) elle affrontait temps bien que mal les éléments déchainés, ses cheveux attachés rapidement et en bataille n'avait plus aucun sens, à moitié relevés par le vent en fonction de sa position, à moitié plaqué sur son visage par la force que montrait les gouttes s'écrasant sur tous les environs depuis le ciel. Il y avait le froid aussi, l'eau était en cohérence avec l’Écosse, certainement de la même température que celle du lac, néanmoins, ce point là elle ne le ressentait pas, du moins pas encore, trop concentrée sur ses pas, réchauffée par ses mouvements, ce n'est qu'après, au moment ou elle s'écroulerait à même le sol signifiant la fin d'un bon entraînement qu'elle serait capable de ressentir chaque sensations désagréable ou non offerte par la nature.
La question se posait, pourquoi diable la gryffondor était partie courir sous un temps pareil... Il n'y avait certainement aucune réponse raisonnée à y dénicher, son emploi du temps n'était pas des plus remplis vu que depuis ses BUSES elle ne suivait que quatre matières déjà suffisante. Ses semaines étaient vides, à occuper, chaque personne un peu plus censé aurait reporté la séance à un jour où le ciel ne serait pas en démonstration de puissance mais c'était évident, qu'elle ne faisait pas partie de cette catégorie. L'entraînement c'était tout ce qui comptait pour elle, les éléments avaient été tourmenté depuis le levé du soleil, l'empêchant de trouver un créneau plus approprié, elle avait un entraînement de prévue aujourd'hui, rien ne pouvait l'arrêter. L'infirmier l'avait bien prévenu, si elle continuait de trop forcer, de trop se surmener, elle devrait dire adieu à toute carrière sportive, elle l'avait bien enregistré, moins de séances et plus de contrôle, et le contrôle elle aimait ça. Rien n'indiquait que la météo était un point important dans le surmenage, courir sous la pluie battante n'avait rien d’extraordinaire ou de dangereux pour elle, elle avait prévue un entraînement aujourd'hui, elle l'effectuait, il n'y avait aucune autre raison à chercher.
Aussi mouillée que si elle s'était jeté complètement habillée dans le lac, elle s'arrêta quelques secondes, une minute était passée, restant debout pour ne pas stopper sa série bêtement, elle agrippa ses genoux de ses mains pour souffler une ou deux fois avant de se relever les bras au dessus de la tête, trente secondes de récupération c'est court, elle le savait. Sans pouvoir se concentrer pleinement sur son moment de pause, obligée de devoir essuyer le cadran de sa montrer pour contrôler le temps, il était déjà temps de repartir encore une fois pour une minute, à la même vitesse, à la même distance. Sa récupération n'était pas optimale mais elle n'était pas assez altruiste pour prendre un peu plus de temps, elle se devait de respecter les temps précis, privilégiant les temps de courses, elle pourrait toujours se reposer et souffler une fois la série complètement terminée. Il ne lui restait que quelques aller et retour avant de pouvoir se poser un peu plus longtemps, trois minutes avant d'enchainer sur la dernière série de la journée, elle rattraperait à ce moment là.
Son champ de vision était limité, brouillé par la pluie il était déjà réduit rendant presque impossible la vue de silhouette avoisinante, ajouté à cela son égocentrisme, elle n'était pas du genre à se préoccuper de ce qui pouvait l'entourer, avec ce temps il était peu probable que quelqu'un d'autre puisse s'aventurer dehors et quand bien même... Tant qu'elle n'était pas directement concernée, directement dérangée, elle n'en avait strictement rien à faire, comme à son habitude, seule sa personne l'intéressait, seuls ses intérêts personnels dominaient sur tous le reste.
971
Employée au manoir Joyce, Promo 42
Je déteste ceux qui volent ma solitude sans m’offrir de vraie compagnie.
De l'extérieur la blonde paraissait agir machinalement, mais rien dans son esprit ne l'était, il y avait assez de variables pouvant réduire à néant l'exercice du jours à penser, ce qui n'était peut-être pas si mal finalement, son esprit fixé sur le présent, pour une fois elle ne pouvait pas s'éterniser sur des ruminations incessantes sur le passé, sur le futur, sur ses agissements, ses doutes et ses appréhensions. Seule sa silhouette régulière prenait l'espace, laissant ainsi un, bien que dur à croire, léger répit sur son quotidien si prenant, sur sa colère et sa rage toujours aussi imposante, lui rappelant à chaque seconde la situation, l'endroit cauchemardesque qu'elle arpentait chaque jours.
La pluie écrasante s'abattait sur sa peau recouverte de vêtements de sport, un legging moulant accompagnée d'un haut qui lui servait d'imperméable, bien qu'il avait la capacité de retenir la pluie qu'une minute ou deux, la blonde était à l'extérieur depuis un peu moins d'une demi-heure, ainsi sans être assez équipée (bien que peu importe l'équipement, au vu de la météo du jour, la seule différence notable était le temps qui séparait le moment où elle finirait complètement trempée) elle affrontait temps bien que mal les éléments déchainés, ses cheveux attachés rapidement et en bataille n'avait plus aucun sens, à moitié relevés par le vent en fonction de sa position, à moitié plaqué sur son visage par la force que montrait les gouttes s'écrasant sur tous les environs depuis le ciel. Il y avait le froid aussi, l'eau était en cohérence avec l’Écosse, certainement de la même température que celle du lac, néanmoins, ce point là elle ne le ressentait pas, du moins pas encore, trop concentrée sur ses pas, réchauffée par ses mouvements, ce n'est qu'après, au moment ou elle s'écroulerait à même le sol signifiant la fin d'un bon entraînement qu'elle serait capable de ressentir chaque sensations désagréable ou non offerte par la nature.
La question se posait, pourquoi diable la gryffondor était partie courir sous un temps pareil... Il n'y avait certainement aucune réponse raisonnée à y dénicher, son emploi du temps n'était pas des plus remplis vu que depuis ses BUSES elle ne suivait que quatre matières déjà suffisante. Ses semaines étaient vides, à occuper, chaque personne un peu plus censé aurait reporté la séance à un jour où le ciel ne serait pas en démonstration de puissance mais c'était évident, qu'elle ne faisait pas partie de cette catégorie. L'entraînement c'était tout ce qui comptait pour elle, les éléments avaient été tourmenté depuis le levé du soleil, l'empêchant de trouver un créneau plus approprié, elle avait un entraînement de prévue aujourd'hui, rien ne pouvait l'arrêter. L'infirmier l'avait bien prévenu, si elle continuait de trop forcer, de trop se surmener, elle devrait dire adieu à toute carrière sportive, elle l'avait bien enregistré, moins de séances et plus de contrôle, et le contrôle elle aimait ça. Rien n'indiquait que la météo était un point important dans le surmenage, courir sous la pluie battante n'avait rien d’extraordinaire ou de dangereux pour elle, elle avait prévue un entraînement aujourd'hui, elle l'effectuait, il n'y avait aucune autre raison à chercher.
Aussi mouillée que si elle s'était jeté complètement habillée dans le lac, elle s'arrêta quelques secondes, une minute était passée, restant debout pour ne pas stopper sa série bêtement, elle agrippa ses genoux de ses mains pour souffler une ou deux fois avant de se relever les bras au dessus de la tête, trente secondes de récupération c'est court, elle le savait. Sans pouvoir se concentrer pleinement sur son moment de pause, obligée de devoir essuyer le cadran de sa montrer pour contrôler le temps, il était déjà temps de repartir encore une fois pour une minute, à la même vitesse, à la même distance. Sa récupération n'était pas optimale mais elle n'était pas assez altruiste pour prendre un peu plus de temps, elle se devait de respecter les temps précis, privilégiant les temps de courses, elle pourrait toujours se reposer et souffler une fois la série complètement terminée. Il ne lui restait que quelques aller et retour avant de pouvoir se poser un peu plus longtemps, trois minutes avant d'enchainer sur la dernière série de la journée, elle rattraperait à ce moment là.
Son champ de vision était limité, brouillé par la pluie il était déjà réduit rendant presque impossible la vue de silhouette avoisinante, ajouté à cela son égocentrisme, elle n'était pas du genre à se préoccuper de ce qui pouvait l'entourer, avec ce temps il était peu probable que quelqu'un d'autre puisse s'aventurer dehors et quand bien même... Tant qu'elle n'était pas directement concernée, directement dérangée, elle n'en avait strictement rien à faire, comme à son habitude, seule sa personne l'intéressait, seuls ses intérêts personnels dominaient sur tous le reste.
971
Employée au manoir Joyce, Promo 42
Je déteste ceux qui volent ma solitude sans m’offrir de vraie compagnie.
Reflet de Papier
*Elfie ?*. Un prénom-question qui n’est qu’une affirmation de plus, comme pour prouver à mes yeux que je ne suis pas en train de rêver, que ce n’est pas une hallucination taillée par mon sommeil.
Pas vrai ?
Je ne dors pas là, pas vrai ?
Mais comment être sûre que je ne suis pas dans mon lit, dans la plus haute tour de l’École, très loin de la tempête qui me charcute les sens ?
*’chier !*.
Ce n’est pas en balançant des questions-affirmations que j’allais pouvoir savoir. Merde, la pluie a quand même l’air foutrement réelle. *’nique les ‘yeux*. J’ai déjà fermé un œil, comme si ça pouvait arranger la situation.
D’un violent balancement du bras, je dévie de ma trajectoire pour foncer sur l’espèce de tarée qui tapissait ma réalité d’un mirage de rêve. *’ordel…*. Ça m’attire.
Et je n’aime pas ça.
Mes jambes cisaillent le vent en de grosses tranches de purin solide, ce qui m’arrache une grimace de dégoût. À chaque fois que la pluie est beaucoup trop forte, je ne peux pas m’empêcher de penser que le ciel fait exprès de me pisser dessus de toutes ses forces. Je suis même sûre qu’il sourit en le faisant, cette grosse merde !
Et ma capuche est comme une fenêtre pétée, en train de noyer le château que je suis. *’Dieu !*. Je plante brutalement mes talons par terre, tous mes muscles tendus à rebours, freinant aussi fort que le ciel-en-fou-rire.
— Hhaa… mon propre souffle bourdonne dans mes oreilles, avant d’être tranché par un tonnerre si violent qu’il me sursaute le cœur. « Oh bordel de merde ! », je ne m’entends même pas. Risquant un coup d’œil vers la voûte céleste, je regrette instantanément en me prenant un coup de poing aqueux. « Bordel ! », je m’entends à l’intérieur de mon corps, mais rien à l’extérieur.
Vite, ma tente, ça devient dangereux.
Fouettant ma tête une fois à gauche, puis une autre fois à droite, je replante mon regard su— *Elfie !*. Merde !
J’avais oublié !
Sa silhouette est encore là-bas, juste en face, sans la moindre protection. Elle remue et bondit comme s’il ne se passait absolument rien du tout, comme si le soleil gazouillait d’un air innocent. Bizarre.
Bizarre, malgré que tous mes sens qui vibrent comme un orage sous ma peau, je n’arrive pas à croire mes yeux. Comment est-ce qu’elle peut se tenir là ? *’j’rêve*. Je la reconnais bien pourtant, elle et sa grande carcasse qui dépasse tous les Autres, sauf moi. Parfois, dans la Tour, elle me donne l’impression d’être une pousse d’arbre qui perce la roche du château. Elle ne passe pas inaperçue, surtout qu’on partage le même dortoir depuis des années ; même si on se croise tellement rarement que ça ne m’a jamais marquée. Ouais, c’est ça, elle est visible, mais pas marquante. Évidente même, apparente, mais absente ; en plus d’être une blondasse aux yeux verts. *’ç’veut rien dire la couleur…*.
Oh non.
Pas eux.
Pas les sales petits voleurs !
Figés, pris en flagrant délit, je les catapulte aussi brutalement que leur apparition. Ils s’envolent si haut, si loin, et basculent tête la première dans mon gouffre.
*Tss…*. Pas la peine de me faire chier maintenant, je sais que la couleur ne veut rien dire. Je le sais que trop bien *Ae—* j'entends au loin leurs nuques qui se brisent en mille morceaux, tout au fond de moi. Sales petits voleurs, morts avant même de finir leur kidnapping.
Après quelques pas, mes paupières clignent rapidement.
Je ne rêve donc pas. La silhouette est bien là, juste en face de moi, de dos, figée. Bizarre.
Bizarres comment sont les choses, je n’avais jamais fait attention à elle jusqu’à maintenant. Maintenant.
Attention parce que là, sous la danse diluvienne des éléments, elle se tient comme un arbre fleuri fendant la roche qui la nourrit.
En cinq grands pas je la contourne et je me plante en face d’elle, les deux yeux ouverts mais plissés. « ELFIE C’EST QU— » la suite de ma phrase ne pointa jamais sa tronche dans ma conscience, déjà décapitée.
Pendant une seconde, je n’entendais plus rien autour de moi. Ni le tambourinement du déluge sur mon poncho, ni le gémissement constant du vent dans l’herbe, ni même le froid qui se retrouvait sans dents, sans morsure.
Pendant une toute petite seconde, mon regard passa de ses yeux à ce qui lui servait de corps, y percevant des moulures que je n’avais jamais vues ailleurs.
Qu’est-ce que c’était que ces grands îlots qui parsemaient son ventre pluvieux ?
Qu’est-ce que c’était que ces pentes noueuses qui plongeaient sur ses genoux ?
Qu’est-ce que c’était que ces nervures d’ombres qui tailladaient ses flancs ?
Qu’est-ce que c’était que ces racines dures qui enroulaient ses bras ?
Une toute petite seconde, et je m’arrachais déjà à cette vue bizarre.
Bizarre.
— ’qu’est-c’que…, en murmure.
Le Dragon Blanc du Laos apparaît brutalement dans mes pensées, avec ses muscles renflés. *’on Dieu…*.
Déjà replantée dans le regard d'Elfie — presque invisible à cause de la pluie — j’avale un surplus de salive pour rattraper le cours de mes pensées. Mon corps s’avance vers elle pour ne pas trop avoir besoin de gueuler, alors que ma bouche s’ouvre déjà : « Mais qu’est-c’tu fous bordel ?! ».
Mes mains se lèvent pour accompagner l’incompréhension que je lui vomis dessus, me tenant de toute ma hauteur face à elle.
À deux pas.
Pas vrai ?
Je ne dors pas là, pas vrai ?
Mais comment être sûre que je ne suis pas dans mon lit, dans la plus haute tour de l’École, très loin de la tempête qui me charcute les sens ?
*’chier !*.
Ce n’est pas en balançant des questions-affirmations que j’allais pouvoir savoir. Merde, la pluie a quand même l’air foutrement réelle. *’nique les ‘yeux*. J’ai déjà fermé un œil, comme si ça pouvait arranger la situation.
D’un violent balancement du bras, je dévie de ma trajectoire pour foncer sur l’espèce de tarée qui tapissait ma réalité d’un mirage de rêve. *’ordel…*. Ça m’attire.
Et je n’aime pas ça.
Mes jambes cisaillent le vent en de grosses tranches de purin solide, ce qui m’arrache une grimace de dégoût. À chaque fois que la pluie est beaucoup trop forte, je ne peux pas m’empêcher de penser que le ciel fait exprès de me pisser dessus de toutes ses forces. Je suis même sûre qu’il sourit en le faisant, cette grosse merde !
Et ma capuche est comme une fenêtre pétée, en train de noyer le château que je suis. *’Dieu !*. Je plante brutalement mes talons par terre, tous mes muscles tendus à rebours, freinant aussi fort que le ciel-en-fou-rire.
— Hhaa… mon propre souffle bourdonne dans mes oreilles, avant d’être tranché par un tonnerre si violent qu’il me sursaute le cœur. « Oh bordel de merde ! », je ne m’entends même pas. Risquant un coup d’œil vers la voûte céleste, je regrette instantanément en me prenant un coup de poing aqueux. « Bordel ! », je m’entends à l’intérieur de mon corps, mais rien à l’extérieur.
Vite, ma tente, ça devient dangereux.
Fouettant ma tête une fois à gauche, puis une autre fois à droite, je replante mon regard su— *Elfie !*. Merde !
J’avais oublié !
Sa silhouette est encore là-bas, juste en face, sans la moindre protection. Elle remue et bondit comme s’il ne se passait absolument rien du tout, comme si le soleil gazouillait d’un air innocent. Bizarre.
Bizarre, malgré que tous mes sens qui vibrent comme un orage sous ma peau, je n’arrive pas à croire mes yeux. Comment est-ce qu’elle peut se tenir là ? *’j’rêve*. Je la reconnais bien pourtant, elle et sa grande carcasse qui dépasse tous les Autres, sauf moi. Parfois, dans la Tour, elle me donne l’impression d’être une pousse d’arbre qui perce la roche du château. Elle ne passe pas inaperçue, surtout qu’on partage le même dortoir depuis des années ; même si on se croise tellement rarement que ça ne m’a jamais marquée. Ouais, c’est ça, elle est visible, mais pas marquante. Évidente même, apparente, mais absente ; en plus d’être une blondasse aux yeux verts. *’ç’veut rien dire la couleur…*.
Oh non.
Pas eux.
Pas les sales petits voleurs !
Figés, pris en flagrant délit, je les catapulte aussi brutalement que leur apparition. Ils s’envolent si haut, si loin, et basculent tête la première dans mon gouffre.
*Tss…*. Pas la peine de me faire chier maintenant, je sais que la couleur ne veut rien dire. Je le sais que trop bien *Ae—* j'entends au loin leurs nuques qui se brisent en mille morceaux, tout au fond de moi. Sales petits voleurs, morts avant même de finir leur kidnapping.
Après quelques pas, mes paupières clignent rapidement.
Je ne rêve donc pas. La silhouette est bien là, juste en face de moi, de dos, figée. Bizarre.
Bizarres comment sont les choses, je n’avais jamais fait attention à elle jusqu’à maintenant. Maintenant.
Attention parce que là, sous la danse diluvienne des éléments, elle se tient comme un arbre fleuri fendant la roche qui la nourrit.
En cinq grands pas je la contourne et je me plante en face d’elle, les deux yeux ouverts mais plissés. « ELFIE C’EST QU— » la suite de ma phrase ne pointa jamais sa tronche dans ma conscience, déjà décapitée.
Pendant une seconde, je n’entendais plus rien autour de moi. Ni le tambourinement du déluge sur mon poncho, ni le gémissement constant du vent dans l’herbe, ni même le froid qui se retrouvait sans dents, sans morsure.
Pendant une toute petite seconde, mon regard passa de ses yeux à ce qui lui servait de corps, y percevant des moulures que je n’avais jamais vues ailleurs.
Qu’est-ce que c’était que ces grands îlots qui parsemaient son ventre pluvieux ?
Qu’est-ce que c’était que ces pentes noueuses qui plongeaient sur ses genoux ?
Qu’est-ce que c’était que ces nervures d’ombres qui tailladaient ses flancs ?
Qu’est-ce que c’était que ces racines dures qui enroulaient ses bras ?
Une toute petite seconde, et je m’arrachais déjà à cette vue bizarre.
Bizarre.
— ’qu’est-c’que…, en murmure.
Le Dragon Blanc du Laos apparaît brutalement dans mes pensées, avec ses muscles renflés. *’on Dieu…*.
Déjà replantée dans le regard d'Elfie — presque invisible à cause de la pluie — j’avale un surplus de salive pour rattraper le cours de mes pensées. Mon corps s’avance vers elle pour ne pas trop avoir besoin de gueuler, alors que ma bouche s’ouvre déjà : « Mais qu’est-c’tu fous bordel ?! ».
Mes mains se lèvent pour accompagner l’incompréhension que je lui vomis dessus, me tenant de toute ma hauteur face à elle.
À deux pas.
Reflet de Papier
Ce n'était plus que de simples gouttes qui venaient s'abattre sur la silhouette d'Elfie mais bien un torrent déferlent venant lui fouette chaque partie du corps, elle n'y faisait pas attention, trop déconnecté de ses membres, trop prises par son objectif du jour par les mouvements qu'elle devait effectuer sans broncher. Et la douleur n'était pas des plus douloureuse, si elle était capable d'éprouver le moindre regret, elle penserait à la stupidité de son choix lorsqu'elle allait devoir cacher une fièvre et un rhume pour ne pas devoir faire face à l'infirmier une nouvelle fois. On est quel jour demain? Cela n'avait que peu d'importance, si son était ne lui permettait pas de se lever pour arriver à l'heure à son prochain cours, il lui suffisait de simplement, sans trouver d'excuse valable d'exprimer son mépris et sa nonchalance vis à vis des cours comme elle avait pu le faire à plusieurs reprises. Ce n'était pas la peine d'y penser, le chrono allait bientôt reprendre, elle devait se reconcentrer sur son souffle, sur les chiffres qui défilaient lui donnant le tempo de sa course régulière et puis de toute manière il y avait peu de chance pour que son emploi du temps soit rempli dès le lendemain matin.
Bien que pour n'importe qui, depuis l'extérieur la blonde pouvait paraître dérangée, légèrement folle sur les bords, de son côté la météo était un élément clé à sa préparation. La vue effacée par le voile d'eau surplombant le château elle était obligée de faire attention à ses foulées, les rendre précise, estimer la distance qui lui restait à parcourir avant de faire demi-tour pour la même distance. Ce n'était que des avantages à travailler pour le match futur, en étant capable d'estimer au centimètre près une distance elle pouvait contrôler son orientation, contrôler sa vitesse et ses départs pour se positionner de la manière la plus optimale pour sacré la victoire des griffes et bien plus importante encore la victoire de son égo, sa propre victoire. Ce n'était pas le seul atout que la gryffondor appréciait la tempête s'acharner sur les pierres toujours immobile des murs de Poudlard, le vent était bien plus hargneux, bien plus colérique et compliqué à dresser que la pluie, il la dirigeait, la rendant bien plus dangereuse. Il hurlait, la tordant en lames qui cinglent le visage, s’écrasent sur la peau avec la brutalité de milliers d’aiguilles. Impossible d’ouvrir la bouche sans avaler cette eau furieuse et guidée par ce grain immigré.
La respiration était compliqué, l'air était bloqué, irrespirable, rendant l'exercice bien plus complexe en forçant la blonde de garder une semi-apnée en attendant de pouvoir espérer récupérer quelques bouffées d'air contrôlées en évitant d'ingérer la quantité attendue pour une vingtaine de troll. Elle étouffait lentement laissant un air qui épuise, qui oppresse, qui pousse au sol comme une main invisible l'entourer. Elle était venue chercher ce genre de sensation, elle ne pouvait pas les regretter, elle devait souffrir dans le bon sens pour pouvoir avancer, plus que quelques mètres avant de s'arrêter reprendre un peu de souffle, elle devait tenir sans penser un seul instant aux conséquences, sans penser un seul instant que l’oxygène pourrait lui manquer, que son corps puisse s'épuiser bien plus rapidement qu'habituellement, non, la septième année ne pensait qu'à ses mouvements, son objectif et rien d'autres.
Trente-six, trente-sept, trente-huit, Elf..., trente-huit
"Fais chier!" Sans même dans un premier temps chercher à comprendre ce qui avait pu la poussée à interrompre sa série, la blonde se déboussola à l'idée d'avoir échouer si près du but, il ne lui restait que quelques mètres avant de terminer et voilà qu'elle était obligée de s'arrêter dans sa course, la série était fichu, il ne lui restai qu'une solution, la recommencer entièrement avant de pouvoir rentrer prendre une douche. Ce n'est qu'après avoir fait quelques pas en direction du point de départ qu'elle semblait apercevoir une silhouette; et pour la première fois depuis un peu plus d'une demi-heure elle pu se rappeler de la réalité, son souffle avait du mal à reprendre laissant une respiration hachée et bruyante, ses doigts étaient rouges meurtri par le froid de la pluie, elle était complètement trempée, sa veste devenue moulante était à présente transparente laissant place aux contours visible d'une brassière de sport noir. A noter pour plus tard, éviter de sortir des vêtements blancs sous jours de pluie.
La question des vêtements était le cadet de ses soucis, maintenant qu'elle avait remarqué une autre présence qui s'approchait, elle ne pouvait plus se contenter d'ignorer et de continuer sa série. Elle était certaine d'avoir entendu une voix, et c'était cet élément qui lui avait fait perdre le fil de son avancé, c'était sa faute si elle n'avait pas pu finir tranquillement ce qu'elle avait à faire sans être dérangée. La poisse . De nature impulsive elle était bien prête à s'embrouiller, à rejeter sa déception et n'importe quelle autre émotion qui n'avait rien à voir sur le soit disant fautif. Elle s'était avancée également prête à cracher tout ce dont elle avait besoin de laisser couler, tout ce dont elle devait se séparer. Elle n'avait pas repris entièrement son souffle, ainsi elle était dans l'incapacité d'exprimer quoi que ce soit dans l’immédiat, laissant ainsi le premier pas à l'autre.
Charlie, il n'y avait aucun doute sur l'identité de la personne. Charlie comment? Elle n'en avait aucune idée mais le simple fait qu'elle ait retenue son nom prouve qu'elle l'avait déjà remarqué. Il n'y avait rien à en tirer, elle était juste grande, la seule fille plus grande qu'elle dans sa promotion, voir de tout Poudlard, c'était la seule raison qui l'avait poussée à retenir c'est sept lettres, rien de plus. Peu importe si elle était dans sa promotion, à gryffondor, dans son dortoir, Elfie n'avait rien à voir avec elle. Elle ne comptait pas l'aborder d'une autre façon qu'avec n'importe quel inconnu. Ce qu'elle faisait? Question inutile, c'était évident et en plus elle n'avait pas à en savoir plus que ce que ses yeux étaient capables d'observer. Il n'y avait aucune utilité pour la plus grande d'en connaître plus, à moins bien sûre que la question n'était pas réelle, qu'elle cachait une autre intention et c'était encore plus ridicule alors de la cacher.
Après quelques secondes à l'observer d'un regard toujours noir, après avoir juger ses paroles elle se déplaça pour s'approcher de son oreille. Une fois ses lèvres à quelques centimètres du visage de l'autre gryffone elle se laissa répondre. "T'as des yeux, utilise les avant de casser les pieds pour des stupidités pareilles." Elle ne criait pas, elle ne pouvait crier par l'effort fourni juste avant et dans l'optique de ne pas se refroidir, de ne pas tomber malade avant de pouvoir finir sa séance déjà perturbée par sa faute. "Bouge, je dois finir." Sans attendre de réponse, elle se décala jusqu'à trouver le buisson qui lui servait de point de départ. Il n'y avait rien de malintentionné dans ses paroles, rien de réellement méchant, reflétant simplement son être tout entier. Elfie était Elfie, rempli de colère, impulsive, seule, égocentrique, maladroite socialement... la liste était longue, Charlie devait être habitué depuis le temps et si elle était assez altruiste il était évident qu'elle trouverait le chemin du château. Pour la blonde il était certain que la silhouette de sa camarade n'était déjà plus son problème tant qu'elle ne revenait pas à la charge elle n'était qu'un dérangement de plus dans sa journée?
Employée au manoir Joyce, Promo 42
Je déteste ceux qui volent ma solitude sans m’offrir de vraie compagnie.
Bien que pour n'importe qui, depuis l'extérieur la blonde pouvait paraître dérangée, légèrement folle sur les bords, de son côté la météo était un élément clé à sa préparation. La vue effacée par le voile d'eau surplombant le château elle était obligée de faire attention à ses foulées, les rendre précise, estimer la distance qui lui restait à parcourir avant de faire demi-tour pour la même distance. Ce n'était que des avantages à travailler pour le match futur, en étant capable d'estimer au centimètre près une distance elle pouvait contrôler son orientation, contrôler sa vitesse et ses départs pour se positionner de la manière la plus optimale pour sacré la victoire des griffes et bien plus importante encore la victoire de son égo, sa propre victoire. Ce n'était pas le seul atout que la gryffondor appréciait la tempête s'acharner sur les pierres toujours immobile des murs de Poudlard, le vent était bien plus hargneux, bien plus colérique et compliqué à dresser que la pluie, il la dirigeait, la rendant bien plus dangereuse. Il hurlait, la tordant en lames qui cinglent le visage, s’écrasent sur la peau avec la brutalité de milliers d’aiguilles. Impossible d’ouvrir la bouche sans avaler cette eau furieuse et guidée par ce grain immigré.
La respiration était compliqué, l'air était bloqué, irrespirable, rendant l'exercice bien plus complexe en forçant la blonde de garder une semi-apnée en attendant de pouvoir espérer récupérer quelques bouffées d'air contrôlées en évitant d'ingérer la quantité attendue pour une vingtaine de troll. Elle étouffait lentement laissant un air qui épuise, qui oppresse, qui pousse au sol comme une main invisible l'entourer. Elle était venue chercher ce genre de sensation, elle ne pouvait pas les regretter, elle devait souffrir dans le bon sens pour pouvoir avancer, plus que quelques mètres avant de s'arrêter reprendre un peu de souffle, elle devait tenir sans penser un seul instant aux conséquences, sans penser un seul instant que l’oxygène pourrait lui manquer, que son corps puisse s'épuiser bien plus rapidement qu'habituellement, non, la septième année ne pensait qu'à ses mouvements, son objectif et rien d'autres.
Trente-six, trente-sept, trente-huit, Elf..., trente-huit
"Fais chier!" Sans même dans un premier temps chercher à comprendre ce qui avait pu la poussée à interrompre sa série, la blonde se déboussola à l'idée d'avoir échouer si près du but, il ne lui restait que quelques mètres avant de terminer et voilà qu'elle était obligée de s'arrêter dans sa course, la série était fichu, il ne lui restai qu'une solution, la recommencer entièrement avant de pouvoir rentrer prendre une douche. Ce n'est qu'après avoir fait quelques pas en direction du point de départ qu'elle semblait apercevoir une silhouette; et pour la première fois depuis un peu plus d'une demi-heure elle pu se rappeler de la réalité, son souffle avait du mal à reprendre laissant une respiration hachée et bruyante, ses doigts étaient rouges meurtri par le froid de la pluie, elle était complètement trempée, sa veste devenue moulante était à présente transparente laissant place aux contours visible d'une brassière de sport noir. A noter pour plus tard, éviter de sortir des vêtements blancs sous jours de pluie.
La question des vêtements était le cadet de ses soucis, maintenant qu'elle avait remarqué une autre présence qui s'approchait, elle ne pouvait plus se contenter d'ignorer et de continuer sa série. Elle était certaine d'avoir entendu une voix, et c'était cet élément qui lui avait fait perdre le fil de son avancé, c'était sa faute si elle n'avait pas pu finir tranquillement ce qu'elle avait à faire sans être dérangée. La poisse . De nature impulsive elle était bien prête à s'embrouiller, à rejeter sa déception et n'importe quelle autre émotion qui n'avait rien à voir sur le soit disant fautif. Elle s'était avancée également prête à cracher tout ce dont elle avait besoin de laisser couler, tout ce dont elle devait se séparer. Elle n'avait pas repris entièrement son souffle, ainsi elle était dans l'incapacité d'exprimer quoi que ce soit dans l’immédiat, laissant ainsi le premier pas à l'autre.
Charlie, il n'y avait aucun doute sur l'identité de la personne. Charlie comment? Elle n'en avait aucune idée mais le simple fait qu'elle ait retenue son nom prouve qu'elle l'avait déjà remarqué. Il n'y avait rien à en tirer, elle était juste grande, la seule fille plus grande qu'elle dans sa promotion, voir de tout Poudlard, c'était la seule raison qui l'avait poussée à retenir c'est sept lettres, rien de plus. Peu importe si elle était dans sa promotion, à gryffondor, dans son dortoir, Elfie n'avait rien à voir avec elle. Elle ne comptait pas l'aborder d'une autre façon qu'avec n'importe quel inconnu. Ce qu'elle faisait? Question inutile, c'était évident et en plus elle n'avait pas à en savoir plus que ce que ses yeux étaient capables d'observer. Il n'y avait aucune utilité pour la plus grande d'en connaître plus, à moins bien sûre que la question n'était pas réelle, qu'elle cachait une autre intention et c'était encore plus ridicule alors de la cacher.
Après quelques secondes à l'observer d'un regard toujours noir, après avoir juger ses paroles elle se déplaça pour s'approcher de son oreille. Une fois ses lèvres à quelques centimètres du visage de l'autre gryffone elle se laissa répondre. "T'as des yeux, utilise les avant de casser les pieds pour des stupidités pareilles." Elle ne criait pas, elle ne pouvait crier par l'effort fourni juste avant et dans l'optique de ne pas se refroidir, de ne pas tomber malade avant de pouvoir finir sa séance déjà perturbée par sa faute. "Bouge, je dois finir." Sans attendre de réponse, elle se décala jusqu'à trouver le buisson qui lui servait de point de départ. Il n'y avait rien de malintentionné dans ses paroles, rien de réellement méchant, reflétant simplement son être tout entier. Elfie était Elfie, rempli de colère, impulsive, seule, égocentrique, maladroite socialement... la liste était longue, Charlie devait être habitué depuis le temps et si elle était assez altruiste il était évident qu'elle trouverait le chemin du château. Pour la blonde il était certain que la silhouette de sa camarade n'était déjà plus son problème tant qu'elle ne revenait pas à la charge elle n'était qu'un dérangement de plus dans sa journée?
Employée au manoir Joyce, Promo 42
Je déteste ceux qui volent ma solitude sans m’offrir de vraie compagnie.
Reflet de Papier
À l’orée de mon regard, la bouche d’Elfie se fait fouetter par la pluie ; mais là, il n’y a que son regard qui m’attrape sans le moindre foutu bruit. Des yeux aussi verts qu’un serpent *’d’merde* qui me fixe en laissant couler le temps dans cette cascade de pluie.
*’sait pas parler ou quoi ?!* siffle ma pensée en ondulant dans mon crâne comme le dragon qui ne détourne pas son regard d’écailles froides. *Tss…*. Encore lui ? Encore ce dragon ?
*’lle m’a pas entendu* conclut ma conscience toute serpentine face à ses yeux de reptile alors que j’allais m’avancer d’un pas.
J’entends le crissement de mes sourcils sur mon visage, tordus à m’en péter les arcades.
Là, c’est elle qui s’avance brusquement vers moi.
Et vite.
Et proche.
*Mais !*. Son visage s’approche encore ! Beaucoup trop proche ! *QU'EST-C'TU !*.
Les pieds ancrés par terre, ligotés au sol par ma propre volonté, j’éloigne très lentement mon visage du sien — par pur instinct, sans même m’en rendre compte — et ma bouche s’ouvre juste au moment où la sienne me vomit tout un tas de conneries.
Là, la gueule en retrait, je ne bouge plus du tout. Même pas d’un seul millimètre.
Sa grosse bouche est comme une cascade pétée, elle se prend tous les fouets du déluge. Ça me donne l’impression qu’elle parle en s’étant foutu de l’eau dans la bouche, mais que cette eau ne se finit pas. Il y a comme des gerbes qui sortent de cette grosse caverne bien épaisse, à l’image de ses mots dégueulés.
Je ne bouge toujours pas quand elle me contourne.
J’attends juste ; prête.
Et quand elle disparait de l’orée de mon regard sans me toucher, je détends enfin mon poing droit ; qui était prêt à lui catapulter sa grosse mâchoire jusqu’à Londres. *’Dieu…* respire mon crâne en reprenant le tempo de mon souffle. Je ressens comme une sorte de soulagement. *Bien…*. Ouais, ça aurait été dommage de lui péter la gueule alors qu’elle m’attire.
Bien plus qu’un Autre qui m’intéresse, je déteste détruire ce qui m’attire.
Là c’est bon, je suis sûre que je ne suis pas dans mon lit.
Je ne rêve pas du tout, là, hein ?
J’ai nettement entendu la voix d’Elfie, et ça avait vraiment l’air de sortir de sa grosse bouche ; pas comme dans mes rêves où les Autres avaient une voix qui prenait son origine à l’intérieur de moi, comme si leur bouche n’était pas sur leur gueule mais se cachait entre mes organes pour me faire vibrer comme un sale instrument.
C’est vraiment une sensation de merde, heureusement que je ne rêve presque jamais des Aut—*’à part Ae—* mais bordel ! *Cassez-vous bande de merdes !*.
Clignant une seule fois des yeux, les sales petits voleurs disparaissent en me souriant de toutes leurs dents ravagées, un beau foutoir de chair et de sang.
Mon regard vrille vers Elfie. Alors que mon cœur rate un battement.
Qu’est-ce que c’était que ce dos sculpté de partout, tellement tendu qu’on dirait une armée d’os prête à déchirer sa peau d’un coup ?
Bizarre.
— Ouaaaaaa… en murmure encore plus profond.
Impossible de détourner les yeux de tous ces muscles.
Ils me donnent l’impression bizarre de certains bouquins spécialisés des cours aux Soins des Créatures Magiques, là où il y avait des dessins pour comprendre leurs anatomies et qu’ils s’exhibaient sans peau, avec tous leurs muscles imposants.
Là, devant moi, j’ai le même bouquin mais version fille et vivant, avec deux pattes en supplément. Là, le bouquin se balade, foutrement renflé de muscles à couleur-de-peau.
Pendant que je la scrute sans gêne, ses mots qu’elle m’a vomis me reviennent en tête. *Casser les pieds pour des stupidités pareilles*. Bordel, on dirait ma mère qui parle. Je lui aurais ri à la gueule si elle ne s’était pas autant approchée. La forme de ses mots était presque drôle, alors peut-être que c’est pour ça que je l’ai laissée tranquille ?
Casser les pieds pour des stupidités pareilles.
*Tss…*. Non. *’c’pas vrai*. Plus je regarde son corps aussi renflé que bizarre, plus je me rends compte que je n’ai pas réagi pour une raison. Parce que si n’importe qui, même avec des mots qui sonnaient autant oui-alors-bonjour-je-viens-de-Mayfair-ma-famille-est-noble-mon-sang-est-pur-le-respect-de-mon-cul, je lui aurais quand même enfoncé sa mâchoire dans sa propre gueule pour m’avoir parlé comme ça.
Ça aurait été l’affaire d’un seul et unique sort ; moins d’une seconde pour dégainer et défoncer son corps.
Mais là c’est différent.
Je n’ai pas du tout envie de ça.
Là, sous mon regard calme, il y a quelque-chose qui m’attire très fort.
Elfie a l’air tellement forte. Je le suis aussi, mais mes muscles ne sont pas aussi renflés.
Bordel, je veux ça. Bordel de merde, j’ai besoin de ça ; pour mon balai, pour ma magie, pour ma puissance, pour mon rêve.
Ce qu’elle a, c’est précieux. Ce qu’elle a, je ne l’ai pas. Ce qu’elle a, je le veux.
Voilà pourquoi je n’ai toujours pas défoncé sa sale *p’tite* gueule.
*’ordel*. J’ai foutrement besoin d’elle.
Et je n’aime vraiment pas ça.
Clignant des yeux, je me rends compte qu’ils me font mal ; les sales traîtres. L’énorme discordance des éléments reprend brutalement sa place dans mon crâne, se serrant contre ma nouvelle variable portant le nom d’Elfie. *’fais chier !*. Au loin là-bas, pas loin de l’entrée Sud-Est du Stade de Quidditch, ma tente se forme dans les contours de ma pensée, alors que derrière moi, à travers l’énorme Arbre, le château se dessine dans les couloirs de mon imagination, et enfin juste à côté, à quelques pas qui sifflent autant d’inconscience que d’attirance, la silhouette d’Elfie découpe la pluie comme une lame vivante. Il n’y a pas un seul Autre autour de nous, on est complètement seules moi et elle.
Et si elle s’entraîne dans tout ce bordel, dans la rage d’un ciel-qui-se-marre, c’est que *’chier…*.
Après un dernier regard vers ma tente, je me lance derrière Elfie au pas de course, attrapant ma capuche pour la baisser encore plus bas sur mon visage.
En quelques pas, je me retrouve à côté d’elle, à environ trois mètres ; c’est dur de vraiment jauger avec ce temps qui me casse la gueule. Là, je m’arrête et j’attends qu’elle reprenne son « je-dois-finir ».
*’merde*. Est-ce que je suis vraiment là ? Là, le doute-du-rêve fait réapparaître son sale museau. *Casse-toi !*. D’un violent coup de poing mental, je lui défonce sa sale gueule. Ce n’est pas le moment de me faire chier. Je dois rester concentrée, prête. *’plantée comme un poteau dans c’te merde*.
Le regard faussement intéressé par le stade de Quidditch, je fais gaffe à ne pas directement regarder Elfie, tout en la gardant à l’orée de ma vision. Maintenant que je peux réfléchir plus tranquillement à ses mots-dégueulés, je me demande si on se ressemble, du genre à détester qu’on vienne nous faire chier pendant qu’on s’entraîne.
*’ordel*. Je n’ai pas un seul souvenir de l’avoir entendue parler avant aujourd’hui, alors elle doit aussi détester qu’on lui parle. *’surtout elle*. Avec un corps pareil, elle ne doit même pas perdre une seule seconde à parler ; alors je décide aussi de bien fermer ma gueule.
Même si je continue à penser que c’est complètement con de s’entraîner en tee-shirt avec une pluie dégueulante, un vent hurlant et un froid mordant. *’fais vraiment chier…* soupire ma conscience, sachant parfaitement à quel point je suis maintenant décidée. Impossible de revenir en arrière, je ne peux pas dé-voir son *’putain* de corps-renflé.
Un long soupir que je n’entends même pas traverse ma bouche, sachant parfaitement que maintenant, je suis prête à faire toutes les choses les plus connes du monde pour avoir ce que je veux.
Alors, bien conne, je ne m’applique aucun Impervius sur mon poncho qui commence à vraiment prendre dans sa gueule, comme elle, et je me mets à sautiller d’un pied sur l’autre pour m’échauffer un peu ; prête à copier chacun de ses mouvements, jusqu’à devenir son cauchemar le plus vivant.
*’sait pas parler ou quoi ?!* siffle ma pensée en ondulant dans mon crâne comme le dragon qui ne détourne pas son regard d’écailles froides. *Tss…*. Encore lui ? Encore ce dragon ?
*’lle m’a pas entendu* conclut ma conscience toute serpentine face à ses yeux de reptile alors que j’allais m’avancer d’un pas.
J’entends le crissement de mes sourcils sur mon visage, tordus à m’en péter les arcades.
Là, c’est elle qui s’avance brusquement vers moi.
Et vite.
Et proche.
*Mais !*. Son visage s’approche encore ! Beaucoup trop proche ! *QU'EST-C'TU !*.
Les pieds ancrés par terre, ligotés au sol par ma propre volonté, j’éloigne très lentement mon visage du sien — par pur instinct, sans même m’en rendre compte — et ma bouche s’ouvre juste au moment où la sienne me vomit tout un tas de conneries.
Là, la gueule en retrait, je ne bouge plus du tout. Même pas d’un seul millimètre.
Sa grosse bouche est comme une cascade pétée, elle se prend tous les fouets du déluge. Ça me donne l’impression qu’elle parle en s’étant foutu de l’eau dans la bouche, mais que cette eau ne se finit pas. Il y a comme des gerbes qui sortent de cette grosse caverne bien épaisse, à l’image de ses mots dégueulés.
Je ne bouge toujours pas quand elle me contourne.
J’attends juste ; prête.
Et quand elle disparait de l’orée de mon regard sans me toucher, je détends enfin mon poing droit ; qui était prêt à lui catapulter sa grosse mâchoire jusqu’à Londres. *’Dieu…* respire mon crâne en reprenant le tempo de mon souffle. Je ressens comme une sorte de soulagement. *Bien…*. Ouais, ça aurait été dommage de lui péter la gueule alors qu’elle m’attire.
Bien plus qu’un Autre qui m’intéresse, je déteste détruire ce qui m’attire.
Là c’est bon, je suis sûre que je ne suis pas dans mon lit.
Je ne rêve pas du tout, là, hein ?
J’ai nettement entendu la voix d’Elfie, et ça avait vraiment l’air de sortir de sa grosse bouche ; pas comme dans mes rêves où les Autres avaient une voix qui prenait son origine à l’intérieur de moi, comme si leur bouche n’était pas sur leur gueule mais se cachait entre mes organes pour me faire vibrer comme un sale instrument.
C’est vraiment une sensation de merde, heureusement que je ne rêve presque jamais des Aut—*’à part Ae—* mais bordel ! *Cassez-vous bande de merdes !*.
Clignant une seule fois des yeux, les sales petits voleurs disparaissent en me souriant de toutes leurs dents ravagées, un beau foutoir de chair et de sang.
Mon regard vrille vers Elfie. Alors que mon cœur rate un battement.
Qu’est-ce que c’était que ce dos sculpté de partout, tellement tendu qu’on dirait une armée d’os prête à déchirer sa peau d’un coup ?
Bizarre.
— Ouaaaaaa… en murmure encore plus profond.
Impossible de détourner les yeux de tous ces muscles.
Ils me donnent l’impression bizarre de certains bouquins spécialisés des cours aux Soins des Créatures Magiques, là où il y avait des dessins pour comprendre leurs anatomies et qu’ils s’exhibaient sans peau, avec tous leurs muscles imposants.
Là, devant moi, j’ai le même bouquin mais version fille et vivant, avec deux pattes en supplément. Là, le bouquin se balade, foutrement renflé de muscles à couleur-de-peau.
Pendant que je la scrute sans gêne, ses mots qu’elle m’a vomis me reviennent en tête. *Casser les pieds pour des stupidités pareilles*. Bordel, on dirait ma mère qui parle. Je lui aurais ri à la gueule si elle ne s’était pas autant approchée. La forme de ses mots était presque drôle, alors peut-être que c’est pour ça que je l’ai laissée tranquille ?
Casser les pieds pour des stupidités pareilles.
*Tss…*. Non. *’c’pas vrai*. Plus je regarde son corps aussi renflé que bizarre, plus je me rends compte que je n’ai pas réagi pour une raison. Parce que si n’importe qui, même avec des mots qui sonnaient autant oui-alors-bonjour-je-viens-de-Mayfair-ma-famille-est-noble-mon-sang-est-pur-le-respect-de-mon-cul, je lui aurais quand même enfoncé sa mâchoire dans sa propre gueule pour m’avoir parlé comme ça.
Ça aurait été l’affaire d’un seul et unique sort ; moins d’une seconde pour dégainer et défoncer son corps.
Mais là c’est différent.
Je n’ai pas du tout envie de ça.
Là, sous mon regard calme, il y a quelque-chose qui m’attire très fort.
Elfie a l’air tellement forte. Je le suis aussi, mais mes muscles ne sont pas aussi renflés.
Bordel, je veux ça. Bordel de merde, j’ai besoin de ça ; pour mon balai, pour ma magie, pour ma puissance, pour mon rêve.
Ce qu’elle a, c’est précieux. Ce qu’elle a, je ne l’ai pas. Ce qu’elle a, je le veux.
Voilà pourquoi je n’ai toujours pas défoncé sa sale *p’tite* gueule.
*’ordel*. J’ai foutrement besoin d’elle.
Et je n’aime vraiment pas ça.
Clignant des yeux, je me rends compte qu’ils me font mal ; les sales traîtres. L’énorme discordance des éléments reprend brutalement sa place dans mon crâne, se serrant contre ma nouvelle variable portant le nom d’Elfie. *’fais chier !*. Au loin là-bas, pas loin de l’entrée Sud-Est du Stade de Quidditch, ma tente se forme dans les contours de ma pensée, alors que derrière moi, à travers l’énorme Arbre, le château se dessine dans les couloirs de mon imagination, et enfin juste à côté, à quelques pas qui sifflent autant d’inconscience que d’attirance, la silhouette d’Elfie découpe la pluie comme une lame vivante. Il n’y a pas un seul Autre autour de nous, on est complètement seules moi et elle.
Et si elle s’entraîne dans tout ce bordel, dans la rage d’un ciel-qui-se-marre, c’est que *’chier…*.
Après un dernier regard vers ma tente, je me lance derrière Elfie au pas de course, attrapant ma capuche pour la baisser encore plus bas sur mon visage.
En quelques pas, je me retrouve à côté d’elle, à environ trois mètres ; c’est dur de vraiment jauger avec ce temps qui me casse la gueule. Là, je m’arrête et j’attends qu’elle reprenne son « je-dois-finir ».
*’merde*. Est-ce que je suis vraiment là ? Là, le doute-du-rêve fait réapparaître son sale museau. *Casse-toi !*. D’un violent coup de poing mental, je lui défonce sa sale gueule. Ce n’est pas le moment de me faire chier. Je dois rester concentrée, prête. *’plantée comme un poteau dans c’te merde*.
Le regard faussement intéressé par le stade de Quidditch, je fais gaffe à ne pas directement regarder Elfie, tout en la gardant à l’orée de ma vision. Maintenant que je peux réfléchir plus tranquillement à ses mots-dégueulés, je me demande si on se ressemble, du genre à détester qu’on vienne nous faire chier pendant qu’on s’entraîne.
*’ordel*. Je n’ai pas un seul souvenir de l’avoir entendue parler avant aujourd’hui, alors elle doit aussi détester qu’on lui parle. *’surtout elle*. Avec un corps pareil, elle ne doit même pas perdre une seule seconde à parler ; alors je décide aussi de bien fermer ma gueule.
Même si je continue à penser que c’est complètement con de s’entraîner en tee-shirt avec une pluie dégueulante, un vent hurlant et un froid mordant. *’fais vraiment chier…* soupire ma conscience, sachant parfaitement à quel point je suis maintenant décidée. Impossible de revenir en arrière, je ne peux pas dé-voir son *’putain* de corps-renflé.
Un long soupir que je n’entends même pas traverse ma bouche, sachant parfaitement que maintenant, je suis prête à faire toutes les choses les plus connes du monde pour avoir ce que je veux.
Alors, bien conne, je ne m’applique aucun Impervius sur mon poncho qui commence à vraiment prendre dans sa gueule, comme elle, et je me mets à sautiller d’un pied sur l’autre pour m’échauffer un peu ; prête à copier chacun de ses mouvements, jusqu’à devenir son cauchemar le plus vivant.
Reflet de Papier
Sans un regard de plus vers l'insignifiante présence de sa camarade de maison Elfie s'était approchée du buisson, point de départ de sa course. Il ne lui restait qu'une série, une seule avant de rentrer sombrer dans un coin tranquille du château, là où elle ne serait pas dérangée. Ce n'était pas elle qui allait lui saboter son entraînement, elle l'avait déjà interrompu une fois et sans doutes supplémentaires, la blonde était certaine qu'elle ne le ferait plus. Si elle voulait rester, qu'elle reste, si elle voulait regarder qu'elle regarde, si elle voulait rentrer qu'elle le fasse aussi, dans l'esprit d'Elfie elle était déjà oubliée, elle n'avait rien en elle qui pouvait attirer l'attention de cette dernière, rien qui pouvait stopper l'entraînement si précieux de l'attrapeuse, elle n'existait pas dans le décor qu'elle s'imaginait.
Après un souffle supplémentaire, la septième année prit le départ, quelques minutes de courses rien de plus, quelques minutes à faire des aller et retour chronométré à la seconde prêt entre deux limites fictives, c'était simple, il n'y avait aucune raison de penser à quoi que ce soit d'autres, rien. Ses pas étaient réguliers, ils avançaient à un rythme légèrement soutenue sans que l'effort ne soit trop difficile à tenir puisque aujourd'hui avec cette tempête aux grosses gouttes déferlante qui venaient s'écraser sur tout son être et ses rafales donnant l'impression de se prendre un mur à chaque seconde, le défi était bien loin de ses propres capacités athlétiques. Ce n'était pas contre elle qu'elle se battait, elle n'était pas à son maximum non, elle se battait contre la météo qui rendait l'oxygène bien plus difficile à inhalé, qui rendait chaque pas bien plus lourd qu'habituellement, c'était la difficulté qu'elle avait décidé d'affronter. Elle l'avait fait jusqu'à présent sans broncher, sans sourciller se concentrant un peu plus à chaque série qui s'ajoutait au précédente pour ne pas laisser la fatigue fausser ses foulées, fausser son temps. Elle devait être un chronomètre à par entière, elle devait se caler sur un rythme imaginaire.
Cependant bien que son esprit ait été prêt à affronter ce qui devait être le dernier défi, il n'était pas assez fort pour affronter celui qui venait de s'ajouter, se battre contre son propre égo et sur ce point, il était évident qu'elle se ferait battre une fois de plus.
Alors qu'elle enchaînait sur sa deuxième longueur, lorsqu'elle effectua son demi-tour exécuté à la perfection pour ne pas ralentir son rythme elle l'aperçu enfin, après une trentaine de seconde. Celle qui n'existait pas dans son esprit était bien là à la suivre, à courir derrière elle au même rythme. Voulait-elle s'entraîner? Non c'était bien ridicule un entraînement se devait être rigoureux, adaptés, précis, elle ne pouvait pas le commencer de cette façon, sans échauffement réel, à un rythme de fin de séance, cette hypothèse était dérisoire. Elfie en était certaine, de son côté sans jamais pouvoir imaginer un seul instant des raisons qui poussaient sa camarade à agir de la sorte, c'était un défi, rien de plus.
Si on se confortait aux réactions quotidiennes de la blonde, elle aurait dû la faire tomber après avoir intercepter sa course d'un pied placé entre ses deux jambes, elle aurait dû la forcer à s'arrêter, lancer les hostilités par un poing mal placé, sans aucune technique mais fort sur sa mâchoire ou sur l'un de ses flans, elle aurait dû s'arrêter et lui crier qu'elle était de trop, inutile, sans intérêt et même parasite, mais il en était rien. A la place la gryffondor accéléra le pas sans s'en rendre compte en lui lançant un dernier regard comme pour lui faire savoir qu'à la seconde où elle l'avait fait, la suite n'était qu'un défi. Jusqu'où arrivera tu as me suivre? Dire qu'elle avait tenté de résisté une seconde à l'envie de la défier serait mentir, au moment même où elle avait prit conscience de sa présence, du moment ou les comptes de ses propres foulées s'étaient perdus, plus rien ne comptait. Son égo, sa fierté, avait gagné, elle était bien incapable de leur résister, bien trop faible pour cela, elle ne pouvait pas se tenir, c'était une obligation.
A partir de cette même seconde il n'y avait plus de fractionné qui comptait, à chaque demi-tour, à chaque changement de longueur elle accélérerait le pas juste pour voir qui des deux craqueraient la première. Elle se savait en désavantage, Charlie n'avait pas l'air d'être une mauvaise coureuse et elle venait d'enchaîner trente minutes de courses sans relâche. Elle ne s'était pas donné à fond physiquement, elle avait encore de la marge mais sous ce temps, elle sentait ses muscles déjà bien fatigué, elle sentait leur douleur criant de s'arrêter, elle sentait son corps épuisé mais elle était sûre d'une chose, tant que ses jambes bougeraient, elle ne s'arrêtera pas même si elle devait s'effondrer, même si elle aurait du mal à marcher le lendemain. Cela l'arrangerait presque, d'avoir une excuse de ne pas se présenter aux différents cours si elle en avait.
Lancée dans sa course contre l'égo, elle avait enchainé deux longueurs de plus, à un rythme plus rapide sur chacune d'elle, au diable Diarmuid O'Belt, au diable le surmenage, ce n'était pas une séance à haute intensité, une séance à se surpasser qu'elle allait retomber dans le fléau de l'année dernière, ce n'était pas quelques dizaines de plus qui allait l'obliger à retourner voir l'horrible aîné O'Belt. Il y a presque un an, elle avait forcé plusieurs semaines, ce n'était pas une heure de plus qui la ramènerait à ce qu'elle avait pu vivre. Seul son mental comptait à présent, elle devait se faufiler entre le vent et la pluie pour se créer un passage, appuyer sur ses muscles des jambes pour accélérer le pas, encore et encore, bouger ceux de ses bras bras pour accompagner le mouvement, serrer ses abdominaux pour ne pas se laisser aller face à l'épuisement grandissant, rester droite au maximum, garder une bonne posture et surtout respirer sous ce torrent le plus qu'elle le pouvait. Il n'y avait plus de fractionné, plus de pause de trente secondes pour reprendre son souffle, la prochaine fois qu'elle s'arrêterait ce serait une fois que l'autre se serait écroulée ou que son corps la lâcherait, la forçant alors à tomber elle même dans la boue qu'offrait le parc du château.
Employée au manoir Joyce, Promo 42
Je déteste ceux qui volent ma solitude sans m’offrir de vraie compagnie.
Après un souffle supplémentaire, la septième année prit le départ, quelques minutes de courses rien de plus, quelques minutes à faire des aller et retour chronométré à la seconde prêt entre deux limites fictives, c'était simple, il n'y avait aucune raison de penser à quoi que ce soit d'autres, rien. Ses pas étaient réguliers, ils avançaient à un rythme légèrement soutenue sans que l'effort ne soit trop difficile à tenir puisque aujourd'hui avec cette tempête aux grosses gouttes déferlante qui venaient s'écraser sur tout son être et ses rafales donnant l'impression de se prendre un mur à chaque seconde, le défi était bien loin de ses propres capacités athlétiques. Ce n'était pas contre elle qu'elle se battait, elle n'était pas à son maximum non, elle se battait contre la météo qui rendait l'oxygène bien plus difficile à inhalé, qui rendait chaque pas bien plus lourd qu'habituellement, c'était la difficulté qu'elle avait décidé d'affronter. Elle l'avait fait jusqu'à présent sans broncher, sans sourciller se concentrant un peu plus à chaque série qui s'ajoutait au précédente pour ne pas laisser la fatigue fausser ses foulées, fausser son temps. Elle devait être un chronomètre à par entière, elle devait se caler sur un rythme imaginaire.
Cependant bien que son esprit ait été prêt à affronter ce qui devait être le dernier défi, il n'était pas assez fort pour affronter celui qui venait de s'ajouter, se battre contre son propre égo et sur ce point, il était évident qu'elle se ferait battre une fois de plus.
Alors qu'elle enchaînait sur sa deuxième longueur, lorsqu'elle effectua son demi-tour exécuté à la perfection pour ne pas ralentir son rythme elle l'aperçu enfin, après une trentaine de seconde. Celle qui n'existait pas dans son esprit était bien là à la suivre, à courir derrière elle au même rythme. Voulait-elle s'entraîner? Non c'était bien ridicule un entraînement se devait être rigoureux, adaptés, précis, elle ne pouvait pas le commencer de cette façon, sans échauffement réel, à un rythme de fin de séance, cette hypothèse était dérisoire. Elfie en était certaine, de son côté sans jamais pouvoir imaginer un seul instant des raisons qui poussaient sa camarade à agir de la sorte, c'était un défi, rien de plus.
Si on se confortait aux réactions quotidiennes de la blonde, elle aurait dû la faire tomber après avoir intercepter sa course d'un pied placé entre ses deux jambes, elle aurait dû la forcer à s'arrêter, lancer les hostilités par un poing mal placé, sans aucune technique mais fort sur sa mâchoire ou sur l'un de ses flans, elle aurait dû s'arrêter et lui crier qu'elle était de trop, inutile, sans intérêt et même parasite, mais il en était rien. A la place la gryffondor accéléra le pas sans s'en rendre compte en lui lançant un dernier regard comme pour lui faire savoir qu'à la seconde où elle l'avait fait, la suite n'était qu'un défi. Jusqu'où arrivera tu as me suivre? Dire qu'elle avait tenté de résisté une seconde à l'envie de la défier serait mentir, au moment même où elle avait prit conscience de sa présence, du moment ou les comptes de ses propres foulées s'étaient perdus, plus rien ne comptait. Son égo, sa fierté, avait gagné, elle était bien incapable de leur résister, bien trop faible pour cela, elle ne pouvait pas se tenir, c'était une obligation.
A partir de cette même seconde il n'y avait plus de fractionné qui comptait, à chaque demi-tour, à chaque changement de longueur elle accélérerait le pas juste pour voir qui des deux craqueraient la première. Elle se savait en désavantage, Charlie n'avait pas l'air d'être une mauvaise coureuse et elle venait d'enchaîner trente minutes de courses sans relâche. Elle ne s'était pas donné à fond physiquement, elle avait encore de la marge mais sous ce temps, elle sentait ses muscles déjà bien fatigué, elle sentait leur douleur criant de s'arrêter, elle sentait son corps épuisé mais elle était sûre d'une chose, tant que ses jambes bougeraient, elle ne s'arrêtera pas même si elle devait s'effondrer, même si elle aurait du mal à marcher le lendemain. Cela l'arrangerait presque, d'avoir une excuse de ne pas se présenter aux différents cours si elle en avait.
Lancée dans sa course contre l'égo, elle avait enchainé deux longueurs de plus, à un rythme plus rapide sur chacune d'elle, au diable Diarmuid O'Belt, au diable le surmenage, ce n'était pas une séance à haute intensité, une séance à se surpasser qu'elle allait retomber dans le fléau de l'année dernière, ce n'était pas quelques dizaines de plus qui allait l'obliger à retourner voir l'horrible aîné O'Belt. Il y a presque un an, elle avait forcé plusieurs semaines, ce n'était pas une heure de plus qui la ramènerait à ce qu'elle avait pu vivre. Seul son mental comptait à présent, elle devait se faufiler entre le vent et la pluie pour se créer un passage, appuyer sur ses muscles des jambes pour accélérer le pas, encore et encore, bouger ceux de ses bras bras pour accompagner le mouvement, serrer ses abdominaux pour ne pas se laisser aller face à l'épuisement grandissant, rester droite au maximum, garder une bonne posture et surtout respirer sous ce torrent le plus qu'elle le pouvait. Il n'y avait plus de fractionné, plus de pause de trente secondes pour reprendre son souffle, la prochaine fois qu'elle s'arrêterait ce serait une fois que l'autre se serait écroulée ou que son corps la lâcherait, la forçant alors à tomber elle même dans la boue qu'offrait le parc du château.
Employée au manoir Joyce, Promo 42
Je déteste ceux qui volent ma solitude sans m’offrir de vraie compagnie.