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Après son harassante première journée, Nélya s'était convaincue qu'elle irait ouvrir ses livres, elle se l'était répété tout au long de la matinée et à nouveau dans la soirée de la veille qu'elle le ferait, qu'elle parviendrait à trouver les bonnes réponses pour pouvoir s'asseoir et manger. Pourtant, à l'instant où elle était entrée dans sa chambre après son bain, son regard ne put que réaliser la perfection visuelle de son lit, auquel sa mémoire rajouta le souvenir de la douce sensation de ses draps... Et comme si ce n'était pas déjà assez, des douleurs s'éveillèrent simultanément dans son dos pour lui rappeler l'inconfort du sol sur lequel elle s'emdormait pour tenir compagnie à Lawen. Alors oui, elle s'était directement endormie sans même un regard pour ses manuels, mais à présent qu'elle refaisait face à Gillian, et son regard strict sans même sourciller sous les débuts de gargouillement de son estomac, Nélya ne put que se promettre que cette fois, cette fois, elle le ferait vraiment.
L'onguent anti-brûlure. Elle se tritura les doigts en réfléchissant. ça...Soigne... Les brûlures. Oui, elle ne prenait pas beaucoup de risque avec cette affirmation, elle le savait, mais il fallait bien commencer quelque part, non? C'est... heu... Liquide? Non, enfin plutôt gluant? C'était le début de la fin, ses tentatives d'explication s'emmêlèrent pour perdre le peu de sens qu'on aurait pu leur accorder.
Nélya faisait de son mieux, elle cherchait au plus profond de sa mémoire ce qu'elle avait pu lire ou entendre au sujet des interrogations de Gillian, et finissait par perdre l'espoir de pouvoir manger... Le regard accroché à l'assiette au centre de la table, elle se redressa cependant en relevant les yeux vers Gillian l'air hébété. Hein? Sa réaction manquait de manière, d'éducation, comme tout chez elle aux yeux de l'Ecossaise qui se pinça les lèvres d'un air froidement réprobateur. Philtre de Paix. Le coeur de l'adolescente sembla trébucher dans sa poitrine alors qu'elle observait sa tante avec des yeux ronds et les lèvres entrouvertes. Enfin. Enfin quelque chose qu'elle était sûre de savoir. Un fin sourire étira ses lèvres avec confiance et la brunette débita sans difficulté la liste des ingrédients, les étapes de préparation, les effets et même l'apparence finale de la potion, ses mots emprunts de ceux d'Alexander. Le regard pétillant, elle observa Gillian avec un sourire fier, et Gillian la dévisagea avec surprise, comme si la possibilité que Nélya puisse avoir quelques connaissances n'avait jamais été une option.
Quelques secondes passèrent puis Gillian contourna la table pour se rapprocher de Nélya, laquelle ne se déplaça pas et se contenta de suivre des yeux Gillian, la frimousse illuminée de fierté. Gillian allait la féliciter n'est-ce pas? Forcément. Oui, elle allait la complimenter et peut-être même enfin reconnaitre que son papa n'était pas un- Tu as triché? L'accusation froide qui abrégea ses pensées lui arracha son sourire pour la laisser abasourdie. Hein? Mais non! Gillian n'y croyait pas, elle ne la croyait pas. Sans ménagement, elle lui saisit le poignet et le releva au niveau de ses yeux pour inspecter son bras. M-mais, Gillian! L'Ecossaise restait sourde, ne cherchant plus que l'antisèche que Nélya devait avoir.
Elle tira sur son bras pour l'éloigner de la table et remonta ses manches d'un mouvement vif qui fit geindre Nélya de par la rudesse de ses gestes. Aïe! Gillian! J'ai pas triché! Mais Gillian était persuadée du contraire et serra entre ses doigts le poignet de la jeune sorcière en plongeant son regard accusateur dans le sien. Ne mens pas! Le silence tomba sur la pièce. Nélya se tût, tétanisée par la virulence de Gillian. Son cœur battait si fort dans sa poitrine qu’elle avait l’impression qu'il était la cause des tremblements de ses mains et que tout le monde pouvait l’entendre. Mais elle n'aurait sûrement pas été rassurée de découvrir que si Gillian n'avait réalisé ni les tremblements de son corps ni ses battements de coeur terrifiés, c'était parce qu'elle était bien trop accaparée par l'idée de trouver la meilleure façon de la réprimander pour son insolence. Une insolence inexistence, mais qui pourtant semblait être simplement constituée par l'existence de Nélya.
Dernière modification par Nélya Marks le 13 févr. 2025, 23:04, modifié 1 fois.
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Elle avait eu l'impression d'être plongée dans un épais brouillard qui l'empêchait de parler. Un brouillard dans lequel elle ne pouvait que discerner Gillian. Elle avait l'impression de prendre conscience de ses mouvements, de ses expressions de ses paroles pour la première fois. Elle la surveillait comme on surveillait un feu crépitant sombrement, de peur qu'il ne grandisse, s'étire et nous avale.
Elle avait eu d'abord l'espoir de trouver du réconfort dans l'étreinte de ses parents, mais leur place à table étaient vide. Même avec les explication de Flynn et June, elle préféra vérifier par elle-même leurs dires en ouvrant la porte de leur chambre à la volée, mais elle devait l'accepter: son père et sa mère dormaient à poings fermés avec Logan, débraillés, et tâchés de ce qui ressemblait à s'y méprendre à du vomi. Elle n'arrivait pas à croire que de la nuit, ou de la matinée, elle ne se soit pas rendu compte des cris de son frère. L'idée de ne pas avoir remarqué lui serrait le coeur d'une manière différente de quand elle se retrouvait face à Gillian. Ce qu'elle put réaffirmer quand fut venu le temps de la suivre pour un nouvel entrainement pratique.
Nélya commençait à s'habituer à ces bois, mais elle y avait l'étrange sensation d'être observée, ce qu'elle finit par attribuer à la présence d'un corbeau non loin. Son regard s'attardait sur le volatile alors qu'elle faisait glisser sa baguette hors de son brassard en cuir. Il lui était plus agréable de se concentrer ainsi sur tout autre chose que l'Ecossaise. Se concentrer sur la noirceur du plumage de l'animal, sur la courbe de son bec, sur le frémissement des feuilles sous le vent, sur les différentes teinte grisâtre du ciel écossais... La voix de Gillian mit fin à cette observation presque apaisante en ramenant sur elle son attention.
Aujourd'hui, ce sera duel. A l'intonation de sa voix et l'intensité de son regard, il ne faisait pas le moindre doute que les évènements de la matinée tirait encore sur les nerfs de Gillian, au point où même Nélya pouvait dire qu'elle était énervée. Il lui fallut d'ailleurs quelques secondes pour former ses paroles et les prononcer en surveillant d'un œil presque nerveux la centenaire. Un duel? Mais... Contre qui? Ses paroles sortaient sans pareille mesure, elle vérifiait ses mots en espérant qu'ils ne déclenchent plus cette animosité soudaine que craignait Nélya. Pour toute réponse, Gillian sortit la baguette, à l'instar de l'adolescente, de sa manche. Vois-tu quelqu'un d'autre ici? Hein?La stupeur tira sur son visage alors que ses yeux couraient de la baguette à Gillian.Mais... Il aurait été mal connaitre Gillian de croire qu'elle prendrait le temps d'écouter la Galloise. Déjà, elle pointait sa baguette sur la jeune fille, le regard sévère. Tu as déjà fais des duels? Heu, ouais mais- La déception arracha un soupir à Gillian. Elle aurait préféré lui apprendre douloureusement, mais ce n'est pas ça qui l'empêcherait de soulager ses nerfs.
Sans crier gare, Gillian lança un premier sort. Avis! Le sort format une mouette qui se jeta au visage de Nélya sans la moindre hésitation. Déjà déstabilisée par début plus que brusque de ce "duel", n'eut que le temps de lever vainement sa baguette sans parvenir à penser au moindre sort. Les coups d'ailes sur son visage et de bec dans ses cheveux la firent crier tant de surprise que de douleur. Sa baguette fermement serré, son premier réflexe fut de reculer en protégeant son visage dans son coude tandis qu'elle agitait son second bras pour tenter de faire fuir l'oiseau. Les cris paniqués de Nélya lui demandant d'arrêter ne semblaient pas atteindre Gillian qui se contentait de l'observer.
Après quelques pas désespérés à reculons, l'adolescente buta contre une racine et tomba lourdement sur le dos, le choc fut tel qu'elle sentit son souffle se couper et une vive douleur lui fit monter les larmes aux yeux, mais ça n'empêcha pas l'oiseau de retourner assaillir son visage. Recroquevillée sur elle-même pour se protéger, le temps lui parût atrocement long avant qu'enfin elle ne parvienne à penser presque clairement à un sort. Mais pourtant, à l'instant où elle ouvrit la bouche, sa langue s'enroula sur elle-même. La panique qui l'habitait et fit couler ses larmes lui donna l'impression d'étouffer alors qu'elle ne parvenait pas à comprendre ce qui lui arrivait. Agenouillée face contre terre, elle chercha désespérément à délier sa langue en fixant le parterre de le foret derrière son rideau trouble de terrifiante confusion. Les douleurs se mélangeaient sans qu'elle ne soit plus capable de dire de quoi elle souffrait le plus entre les coups de bec incessants de la mouette, les battements horrifiés de son cœur qui cherchait à perçait un trou dans sa poitrine, ou les spasmes de son corps qui se contractait comme si elle s'apprêter à vomir.
Gillian restait insensible à la détresse de Nélya. Dressée à seulement quelques mètres d'elle elle contempla l'œuvre de sa sanction sur le corps chancelant de l'adolescente. Elle faisait ce qu'elle avait faire, elle la dressait, et sans même envisager de lui laisser un instant de répits alors que sa mouette disparaissait, elle leva à nouveau sa baguette. Ventus. Un courant d'air froid fit perdre à Nélya sa baguette, et un hoquet de surprise se mêla à un nouveau cris alors que sa langue se délia. Stop! STOP! S'IL-TE-PLAIT! STOP! Les mains tremblantes plaquées sur sa tête, le front enfoncé dans la terre, Nélya hurlait d'une terreur qui lui déchirait la gorge.
Locomotor mortis.
Accio Nélya.
Tout s'enchainait trop vite, la tempête de sorts dont elle était victime lui faisait perdre tous ses repères sans lui laisser la possibilité de réaliser ce qui lui arrivait . Son corps se faisait trainer, ses mains cherchaient à s'accrocher à n'importe quoi, se griffant au passage sur racines et pierres... Jusqu'à arriver aux pieds de Gillian. Son tourment prenait fin, du moins c'était ce qu'elle osa naïvement croire, une idée à laquelle elle s'accrocha désespérément au milieu des spasmes de sa terreur. Lentement elle se retourna sur le dos pour se permettre d'entrapercevoir Gillian derrière ses larmes.
Elle était terrorisée. Gillian le voyait parfaitement, et quelque part, elle y trouvait une certaine forme d'assouvissement en scrutant sa frimousse d'habitude si souriante et insolente ployer en une grimace d'effroi. Avec la peur venait le respect. Gillian y croyait fermement, et ce petit moment lui permettrait de dresser l'adolescente bien plus facilement à présent.
Nélya n'osait rien dire, ou encore moins détourner le regard. Elle avait peur, sans le moindre doute. Mais l'idée de ne plus pouvoir voir Gillian et sa baguette lui semblait encore plus terrifiant. Son corps tremblait sans qu'elle ne puisse plus s'en rendre compte, elle ne prenait même pas conscience que ses doigts s'agrippaient en sol, pas plus que l'écho des battements déchainés d son corps qui résonnait dans tout son être, elle ne parvenait plus à se focaliser sur Gillian.
Le bruissement régulier des feuilles fut troublé par le craquement d'une branche et sous les regards de centenaire et de l'adolescente, Matthew se figea. Son regard passait de l'une à l'autre, sans un mot, mais son regard suffisait à transmettre le choc de cette vision surréaliste. Son regard s'accrocha à celui de Nélya, et il senti son estomac se retourner sous le poids des supplications muettes de sa cousine. Ses yeux lui hurlaient de l'aider, mais le garçon resta tétanisé. Cet échange visuel aussi bref qu'éprouvant fut rompu au son du soupir presque agacé de Gillian. Le garçon releva les yeux sur sa grand-mère, laquelle s'éloigna de la Galloise encore tremblante de tout son long sur le sol pour s'approcher de lui. Il ne put s'empêcher de frémir en reculant d'un pas. Rentrons Matthew. Sans un mot ou un regard, elle passa près de son petit-fils qui détourna son regard. Après quelques secondes à hésiter, il lança un nouveau regard à sa cousine. Elle le regardait toujours par ses grands yeux verts implorants. Il ne voulait pas voir ce regard, pas admettre ce qu'il avait interrompu. Comment un adolescent pouvait gérer ça? Le corps tendu, il préféra fuir son regard pour suivre les pas de sa grand-mère.
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TW: Violence psychologique, Crise d'angoisse, Traumatisme infantile, Détresse émotionnelle
Abandonnée à ses larmes, Nélya cherchait désespérément un refuge, recroquevillée sur elle-même pour former un cocon aspirant inconsciemment à lui donner l'impression de retrouver la chaleur réconfortante de ses parents dont elle implorait la présence entre ses plaintes gémissantes qui lui brisaient à chaque fois un peu plus la voix. Elle avait peur. Elle avait mal et son corps hurlait pour trouver la fin de ces douleurs.
La peur qui s'était insinuée en elle, était glaciale et implacable, paralysant chaque fibre de son être pour ne plus la laisser capable que de se disséminer en lamentations aussi bruyantes que douloureuses sous des larmes brulantes qui semblaient graver sur ses joues leurs sillons.
Nélya se sentait presque fondre en se recroquevillant toujours plus comme pour empêcher son corps ou son esprit de s'éparpiller. Elle n'était plus une adolescente insouciante, elle était redevenue la petite fille qui avait été enfermée, oubliée dans un placard étroit et sombre, aux doigts douloureux après avoir été piqués plus de fois qu'elle n'était à l'époque capable de compter. Elle était cette petite fille qui ne comprenait pas, dont le cerveau réfléchissait trop lentement pour faire face à la violence de l'intolérance des plus grands, de sa propre famille. Elle n'était plus que la gamine éprouvée qui implorait pour le retour de ses parents, sans parvenir à comprendre ce qu'elle avait fait de mal.
Le vent, tantôt caressait ses cheveux comme une main rassurante ou tantôt murmurait des paroles réconfortantes. Un temps passa, d'une durée indéterminable, mais d'une nécessité indispensable. Le corps endolori, elle se déplia, les genoux et les mains ancrées dans le sol, qui lui semblait tanguer. Chaque respiration lui faisait un peu plus tourner la tête tant elle s'était étouffée dans ses sanglots hyperventilatoires. Elle passa un regard flou autour d'elle pour constater l'assombrissement du ciel.
Quand elle fut capable de se relever, malgré ses tremblements et reniflements, elle se mit à la recherche de sa baguette, perdue plus tôt dans l'amalgame de sorts. Pendant qu'elle se frotter un coude ou une épaule douloureuse, en arpentant le sol les mêmes questions tournaient dans sa tête: Pourquoi Gillian était méchante? Pourquoi lui faisait-elle ça? Pourquoi? Comment faire pour que ça s'arrête? Gillian lui faisait peur. Non, elle en était au point à la simple pensée de son prénom, faisait frémir son corps pour laisser dévaler de nouveaux sanglots cuisants sur son visage qui venaient s'écraser au sol. La peur lui serrait le ventre, elle savait à présent qu'elle pouvait la blesser si elle l'énerver. Elle ne voulait plus avoir mal, elle détestait ça. Alors est-ce qu'elle pouvait vraiment arrêter ce programme de remise à niveau sans l'énerver, et sans finir plus blessée? Elle était de chez Gryffondor. Une maison dont on ventait le courage. Mais Nélya avait l'impression d'en être parfaitement démunie à cet instant alors qu'elle tremblait de sanglots incontrôlables à la simple idée de se tenir face à son arrière grande tante.
Ses tremblements indomptables gagnèrent en intensité, lui volant ses maigres forces pour la laisser se recroqueviller sur elle-même puis au sol dans un couinement apeuré. De nouvelles larmes coulèrent pour noyer son esprit dans une pagaille qui n'avait rien à voir avec celle qu'elle gérait au quotidien dans chaque interaction sociale et chaque lecture émotionnelle et sentimentale. C'était un désordre plus agressif, plus bruyant, plus douloureux. Ses dernières pensées lucides, dont elle se sentait encore maitresse étaient sans surprise destinées à ses parents.
À sa mère, qui lui avait appris que la peur pouvait se contrôler, qu'elle méritait d'être aimée même si tout le monde ne l'aimerait pas, et qu'elle était capable de faire tout ce qu'elle voulait.
À son père qui lui avait appris qu'il fallait chercher à comprendre la différence de chacun, que l'amour prenait autant de formes différentes qu'il n'existait d'individus.
Mais rien de tout ça ne l'aidait, ce tourbillon de paroles se mélangeait pour perdre tout sens.
Elle cherchait pourtant à se raccrocher à l'image chaleureuse de ses parents qui lui avaient appris que lorsque quelqu'un avait besoin d'aide il fallait l'aider autant que possible, qu'être courageuse ne voulait pas dire ne pas ressentir de peur mais de parvenir à agir quand on avait peur. Mais rien ne lui semblait pouvoir fonctionner; c'est elle qui avait besoin d'aide, comment pouvait-elle s'aider toute seule? Elle était terrifiée, et ne voyait pas comment agir, elle ne savait même pas quoi faire, elle n'était peut-être pas courageuse...
La peur semblait l'avoir vidé autant de sa joie que de son énergie et pour la première fois de sa vie, dans le silence de ses pleurs, Nélya pensait négativement d'elle-même.
[...]
Elle avait espéré. Longtemps, et fort. Mais peut-être pas assez, ou peut-être qu'elle avait épuisé ses chances car personne n'était venu, peu importe à quel point elle l'avait supplié. Pourtant, même dans cet état, elle continuait d'avoir de l'espoir, et une légère lueur perçait la tristesse de son regard au moindre son de craquement, en cherchant à deviner des silhouettes inexistantes entre les arbres.
Elle n'était plus capable de l'expliquer, les souvenirs troublés par les sanglots qui étouffaient son cerveau, mais elle était parvenue à retrouver sa baguette, qu'elle avait serrée longtemps contre elle. Elle avait besoin d'un câlin, et sûrement qu'elle n'avait plus les idées claires à force d'avoir pleuré, mais elle avait l'impression que sa baguette était encore chaude de sa propre chaleur. Qu'importe au final puisque cette sensation parvint à la guider pour peu à peu parvenir à retrouver un semblant de calme. Ou bien, peut-être parvenait-elle à nouveau à respirer et voir convenablement car son corps avait épuisé toutes les réserves de larmes qu'il avait à disposition malgré sa détresse persistante.
Elle pensa à soigner ses blessures, et réparer ses vêtements. C'était déjà une preuve qu'elle reprenait ses esprits. Mais elle n'en fit rien, sa main tremblante lui faisait douter de pouvoir lancer le moindre sort.
Elle resta un long moment supplémentaire assise contre un arbre à reprendre son souffle. Ses égratignures et ses vêtements n'étaient toujours pas ce sur quoi elle se concentrait, plaçant la priorité ailleurs: elle avait encore besoin d'un câlin. C'est à cet instant qu'elle réalisa que l'être auquel elle en faisait le plus, c'était Tommee. Elle était toujours partout avec elle après tout. Elle voulait un câlin, elle avait besoin de Tommee. Mais Tommee n'était pas là, une pensée si simple qui suffit pourtant à lui piquer les yeux... Jusqu'à ce que son regard s'accroche à un caillou. Elle l'observa si longtemps et si attentivement à la lumière d'un Lumos qui n'avait vu le jour qu'après de multiples essais, qu'elle finit par y trouver des ressemblances avec Tommee. Déjà il était gris clair et même si c'était plus foncé que le pelage de sa chatte, elle l'avait fixé assez longtemps pour que ce ne soit pas gênant. Et puis, il avait comme une fine trace blanche similaire à une fissure qui lui rappelait la cicatrice de sa chère amie, ainsi que différentes teinte de couleur qui pour elle, pouvait correspondre au pelage tigré de sa chatte.
Donc oui. Passé un certain temps: il ne lui paraissait plus si fou d'admettre la ressemblance entre ce caillou et Tomme... Elle s'en munit avec une idée bien précise: elle avait besoin de câlins, de réconfort, de chaleur, alors elle tenta la métamorphose. Un premier Felifors se suivit de nombreux essais et réparations. Nélya n'était pas têtue, ou du moins, elle ne se définissait pas comme telle, mais à l'instant, elle était simplement désespérée. Désespérée de pouvoir se raccrocher à la moindre tendresse possible, alors abandonner ne lui était pas envisageable. Après elle ne savait plus combien d'essais, elle était finalement parvenue à obtenir un être qu'on pouvait encore difficilement qualifier pleinement de félin, de petite taille, au pelage gris et tigré, une tête malformée avec un œil largement plus gros que l'autre, une oreille qui semblait avoir été coupée... Mais qu'importe, c'était la version la plus proche qu'elle avait obtenue, alors elle attira le chat contre elle, il émit un son aigüe qui suffisait à Nélya sans pour autant pouvoir être réellement rapproché du miaulement, et elle le serra, le cajola, comme elle pouvait le faire avec Tommee. Ça lui faisait du bien.
Son calme retrouvé, elle garda le simulacre de chat dans les bras pour le caresser et se mit à marcher d'un pas presque résigné vers le manoir. Ses pensées l'assaillirent sans relâche à chaque pas pour savoir ce qu'elle devait faire. La pauvre brunette tenta de se poser la question du point de vue de son père, de sa mère, de Pepe puis même de ses cousins ou encore de ses ami.e.s, mais rien ne lui venait. En baissant un œil sur la réplique de Tommee dans ses bras elle renifla: elle avait pu aller au-delà de la peur pour aider Lawen. Mais comment faire pour s'aider soi-même? A nouveau, elle ne savait pas comment répondre à cette question.
[...]
Quand elle parvint enfin à retourner au manoir, elle discerna instinctivement la silhouette de Gillian à l'entrée, à l'instar d'un animal prit dans les feux d'un véhicule, elle se figea sur place, terrifiée de la voir, alors qu'elle se tenait là, le regard implacablement froid et droit sur elle, comme si rien n'était arrivé. La simple idée de l'approcher lui soulevait l'estomac en serrant sa gorge, et elle qui croyait avoir usé toutes les réserves de larmes de son corps se retrouva à sentir les larmes lui monter aux yeux.
Non. Elle ne voulait plus ne serait-ce que s'approcher de Gillian, une pensée qui suffisait à faire s'affoler son cœur, au contraire de son corps qui restait pétrifié. Elle la fixait, et s'assura en priorité de vérifier ses mains, même si le constat de l'absence de baguette ne suffisait pas à suffisamment la rassurer.
Gillian se contentait de la regarder puis ordonner froidement un ordre, similaire à ceux qu'on donnait aux chiens. Ici. Sa voix déclencha une panique intérieure chez l'adolescente dont les doigts se crispèrent dans le pelage rêche de sa métamorphose. Non, elle ne voulait pas y aller, elle aurait préféré prendre ses jambes à son cou et s'enfuir dans les bois mais elle ne pouvait pas. Son corps le refusait. Il s'interdisait jusqu'à la plus minime seconde d'un clignement de paupière pour être sûr de ne pas perdre de vue Gillian, et finalement, le simple plissement des yeux de la vieille femme suffit à la faire obéir, la crainte de nouvelles représailles douloureuses lui serrant le ventre.
Elle avança en serrant le chat contre elle et Gillian l'arrêta aussitôt en regardant le chat. Ce fut suffisant pour qu'elle comprenne, elle ne chercha pas à négocier, et le reposa à terre avec précaution avant de mettre fin à la métamorphose à contrecœur.
Gillian acquiesça et se contenta de rentrer à l'intérieur, et Nélya en profita pour ramasser la pierre et la glisser dans sa poche avant de suivre Gillian. Nous allons passer directement au programme de ce soir. Nélya se sentit frémir à cette annonce, mais elle ne dira rien. Car peut-être, avec un peu de chance, si elle restait silencieuse, Gillian ne s'énerverait pas...
Dernière modification par Nélya Marks le 29 avr. 2025, 03:44, modifié 2 fois.
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Elle avait eu de la chance, beaucoup de chance: le matin même, Kelly s'étais sentie mal, et Gillian ne quittait jamais le chevet de sa soeur pour s'occuper d'elle dans ce cas de figure, ne serait-ce que pour un éternuement, pour un manque d'appétit, pour une nuit un peu agitée... C'était donc bien la preuve que son arrière grande tante savait s'inquiétait, qu'elle pouvait agir avec gentillesse. Mais pas avec elle. Alors la brunette, même si elle s'en était rapidement voulu d'avoir pensé ainsi pour Kelly, s'était sentie sauvée de sa voir qu'elle aurait sa matinée de libre, mais n'avait pu repousser un profond malaise de savoir que que Gillian se montrait si affreuse, juste avec elle.
Nélya pu, pour la première fois de ce qui lui paraissait être une éternité, retrouver Lawen, dont elle était chaque soir informé de l'état par Ildy. Son gros chien reprenait doucement des forces. Il ne se relevait pas, mais se montrait un peu plus réactif, bougeait la tête, et les pattes. Il buvait toujours toute son eau, et avait commencé à accepter de la nourriture. Nélya s'émerveillait face à ces évolutions, tout le monde prenait soin de chien, enfin tout ceux qui venaient le voir en prenaient soin, mais la jeune fille aurait voulu pouvoir passer plus de temps avec lui.
Pour profiter de quelques rayons de soleil agréables, la brunette et son gros toutou avaient été à l'extérieur, sur le carrelage de la terrasse, pendant que Tommee s'était étalée sur un banc, encore trop craintive pour trop s'approcher du chien. Elle ne tarda pas à se faire rejoindre par sa mère, qui profitait que Jacob garde Logan et qui semblait tout faire pour exprimer une énergie qu'elle ne pouvait que rêver de réellement posséder.
Aalana portait des vêtements débraillés, tâchés depuis plusieurs jours, avait une peau pâle et des cernes sombres, mais se forçait à arborer un large sourire en meublant une conversation qui n'avait en réalité jamais commencé. Aussitôt s'était-elle assise sur le banc pour caresser Tommee, elle s'était mise à parler, et Nélya avait réellement pensé avoir une chance innommable à cet instant persuadée qu'elle allait pouvoir dire à sa mère qu'elle voulait que les cours avec Gillian prennent fin, tout de suite.
Aalana parlait, en boucle et sans fin. Elle prévoyait une sortie en ville, exposait un week-end en famille, des promenades dans des coins "sympas" pour quand Lawen serait complètement remis sur pieds, s'extasiait du beau temps, toujours poussée à démontrée une énergie factice pour répondre à l'air toujours si joyeux de sa fille. Mais Aalana était épuisée, même Nélya pouvait le voir. De leur court échange, elle n'avait pu qu'exprimer quelques onomatopées, sans jamais avoir la total écoute de sa mère, jusqu'à ce qu'Ildy intervienne en surgissant de la salle à manger pour prévenir d'une nouvelle crise de Logan. Aalana embrassa sa fille et s'empressa de retourner à l'intérieur, en lui promettant qu'elles passeraient bientôt plus de temps ensemble, alors que Nélya voyait sa chance s'amoindrir: elle n'avait rien pu dire.
Dernière modification par Nélya Marks le 29 avr. 2025, 03:45, modifié 1 fois.
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TW:Violence physique, pression psychologique
L'adolescente, bien qu'à contrecœur, avait retrouvé sa chaise dure et froide de l'étouffante salle de cours. A nouveau, ses propres pensées lui faisaient éprouver de discrets remords -qu'elle identifiait mieux qu'auparavant- en regrettant presque que l'état de Kelly se soit amélioré si vite.
Elle avait envisagé de s'enfermer dans la chambre de ses parents en passant devant, pour trouver leur aide, leur soutien, car ses capacités d'adolescente ne suffisaient absolument pas pour endurer la situation et y trouver une solution autre que d'obtenir de l'aide. La volonté de prouver par sa propre réussite la grandeur de l'esprit de son père s'amoindrissait de jour en jour, voir même d'heure en heure quand la proximité de Gillian se faisait sentir. Ses paroles lui étaient revenues en tête, que ce soit les insultes sur son père, sur son sang mélangé, ou même les quelques remarques sur sa mère. Elle ne voulait plus rien entendre de tout ça, mais elle ne parvenait plus à s'imaginer pouvoir obtenir des excuses de la part de Gillian, ou même de la contredire à nouveau. Et si elle sortait sa baguette? Et si elle l'empêchait de se défendre? Et si cette fois personne ne l'interrompait? Autant de craintes silencieuses qui avaient faits battre lourdement son cœur et asséché sa gorge alors qu'à nouveau, elle s'était frotté inconsciemment le bout des doigts. Non, Nélya ne se voyait plus faire face.
Nélya. Le ton plat semblait sonner comme un rappel à l'ordre, comme un avertissement auquel s'accrochèrent ses prunelles. Ses grands yeux observaient la sorcière avec une crainte et une appréhension qui ne manquèrent pas à Gillian. Après quelques secondes, Nélya n'était plus capable de soutenir le regard de l'Ecossaise et rebaissa les yeux sur son parchemin en reprenant sa rédaction.
Gillian se sentait prise d'une certaine fierté. La gamine face à elle était faible, il ne lui avait suffi que de quelques jours pour briser son insolence qui selon elle, faisait écho à celle d'Aalana quand elle avait le même âge.
Le silence qui régnait dans cette pièce dérangeait Nélya. Elle ne supportait pas le silence, et se retrouvait mille fois plus dans le désordre constant et bruyant. Sa réponse fut instinctive et commença par la frappe légère et régulière de son pied au sol avant d'être rapidement suivie par le tapotement rapide de son index sur la table. Gillian, postée à quelques mètres, la fixa d'un air sévère puis senti l'urgence de mettre fin à ces bêtises quand elle crû l'entendre chantonner. C'est donc si facile pour toi? L'accusation qui claqua dans l'air eu le mérite d'interrompre Nélya dans sa diversion du silence pour se concentrer sur son arrière grande tante. Hein? Il n'y avait que de la surprise sur son visage, car la Galloise ne comprenait tout simplement pas. Pourtant, elle se sentit obligée de répondre vite et différemment. Son regard osa bifurquer une brève seconde sur son parchemin avant de se reconcentrer sur la sorcière pour répondre d'une voix incertaine portée par son souffle. Non, pas du tout... Gillian ne la quittait plus des yeux, et Nélya sentit tout son corps réagir. Ses paumes de mains lui paraissaient transpirer des litres, ses yeux la piquaient, son estomac et sa gorge semblaient faire un bras de fer tant elle se sentait étouffer sous la pression d'un simple regard désapprobateur qui n'était pourtant pas le premier qu'elle recevait.
Elle fixait les courbes de mots qu'elle ne se souvenait plus avoir écrit et qu'elle ne reconnaissait même plus alors qu'elle se concentrait sur le bruit des pas lents et mesurés de la sorcière qui se rapprochait d'elle. Elle la vit passer du coin de l'œil et quitter son champ de vision alors que l'écho de ses pas s'arrêtait derrière elle. Son cœur résonnait d'une appréhension palpable jusque dans ses tempes, mais elle n'eut même pas le temps de penser à quoi que ce soit qu'un coup violent et rapide sur son épaule la fit sursauter. Par réflexe elle se tourna d'un air ahuri en plaquant sa main gauche sur son épaule comme si son geste pouvait atténuer la sensation de picotement de sa peau. Ses yeux tombèrent rapidement sur sa baguette. Gillian avait sorti sa baguette, un constat qui affola son cœur de souvenirs encore trop vifs. Redresse-toi, ta posture est horrible. L'adolescente resta figée, le regard passant de la baguette au visage strict de la vieille sorcière, trop choquée et apeurée pour bien comprendre ce qu'il se passait alors que la sensation de picotement sur son épaule s'amplifiait en brulure qu'elle pressa entre ses doigts. Gillian plissa les yeux en la toisant et releva sa baguette dans une menace silencieuse. Nélya déglutit, Gillian n'aimait pas se répéter, et comme un être dressé pour simplement obéir, elle se retourna et chercha à se redresser contre son siège.
La frustration qui grandissait dans sa gorge lui donnait envie de pleurer, mais en moins d'une seconde, la baguette heurta le dos de sa main gauche. Sur la table. La douleur sembla résonner dans tout son corps jusqu'à lui arracher une plainte douloureuse. Aïe! ça fait mal Gi- La baguette claqua sur le dos de sa chaise pour la faire sursauter de nouveau. Et tu ne t'adresses pas à une adulte par son prénom. Son ton était aussi dur que ses coups, et Nélya se contenta de se pincer les lèvres et d'enfoncer ses dents dans sa lèvre intérieure tremblante en obéissant, et sa main se reposa fébrilement sur le bois de la table. Saches que je fais ça pour ton bien. Ton sang t'handicape déjà assez. Se contenta-t-elle de dire en se remettant à marcher pour s'éloigner.
Pour son bien? La remarque résonna avec un arrière-gout amer. Pour son bien? Se faire frapper pour son bien? Se faire insulter pour son bien? Pour son bien? Pourtant elle se sentait tout sauf bien. Elle se sentait même malade. Son estomac se retournait à chaque parole de Gillian jusqu'à faire remonter un goût amer dans sa gorge, ses doigts étaient crispés jusqu'à en trembler, incapable de faire bouger sa plume, sa vue se brouillait et son souffle lui paraissait plus lourd, écrasant même, et sa main comme son épaule la brulaient. Mais quel foutu bien? La question lui démangeait les lèvres et faisait bouillonner son esprit. Mais elle resta silencieuse.
La présence de Gillian s'étendait sur elle comme une ombre étouffante et omniprésente qui chassait la moindre pensée de courage. Nélya se sentait être écrasée entre un cri grondant dans sa gorge et une peur lancinante. Mais elle n'était pas courageuse... Elle ne ferait pas face, et se contenta de fixer sa feuille, immobile pour rester entière, pour ne s'effondrer sous un poids trop lourd à cause des fissures de son esprit qui craquaient et s'agrandissaient en silence.
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TW:Épuisement psychologique, mention de violences
Allongée ou même prostrée au bout de son lit, elle portait encore ses vêtements du jour, en laissant son regard vagabonder sans but dans sa chambre, alors même que Tommee, sa chère camarade, qui semblait même soucieuse, avait tenté à plusieurs reprises de la faire bouger, que ce soit au travers de miaulements, de légers coup de têtes, ou même à travers de longs regard insistant en sautant au sol, mais rien n'avait fonctionné. Nélya était épuisée, et ce constat frappant lui donnait envie de pleurer. Le moindre effort lui semblait requérir trop d'énergie, et le moindre effort menaçait de la laisser s'effondrer.
3 jours, ça ne faisait que 3 jours. Seulement 3 jours depuis qu'elle était livrée à Gillian. Pourtant la période lui avait paru bien plus longue... Son regard se perdit sur sa main où il n'y a déjà plus de trace du coup de baguette, même pas la moindre rougeur n'avait subsisté après quelques heures, et ça aussi ça lui donnait envie de pleurer, car même si la blessure n'était pas ou plus visible, ça ne la rendait pas moins douloureuse.
On toqua à la porte, et son cœur rata un battement sous la crainte de voir débarquer Gillian. Son corps se crispa en réponse, elle serra les dents en s'imaginant déjà la silhouette de la sorcière dans l'encadrement de la porte, mais la voix qui perça l'épaisseur du bois la détendit aussitôt. Miss Nélya? Miss Nélya, je viens vous avertir que le dîner est prêt. Prise d'un soulagement immense, la Galloise relâcha la pression de son corps dans un soupire en fermant un instant les yeux. Elle avait faim, très faim même maintenant qu'elle y prêtait attention, mais elle ne voulait pas sortir de sa chambre. La fatigue était trop grande, plus importante, plus forte. Entre l'idée de manger et de s'enrouler sous sa couette pour dormir, la seconde option apportait un réconfort à son esprit en sous-entendant un repos complet tant de son corps que de son esprit. Miss Nélya? Malgré un nouvel appel, elle ne se décida pas à répondre. En réalité, il était plus juste de dire qu'elle n'y arrivait pas. La sensation d'avoir les lèvres et la langue collées, le corps immobilisé et de peser des tonnes la collait à son matelas en rendant la simple idée de parler épuisante.
Face à ce triste spectacle auquel elle n'était nullement habituée, Tommee descendit du lit et se mit à miauler en grattant à la porte et ça aussi c'était inhabituel, ce que Ildy savait. Oh... hum.. Miss Nélya, est-ce que vous allez bien toutes les deux? L'étrangeté des miaulements et grattements à la porte finirent par emporter la victoire dans le duel de doute de l'elfe de maison. Miss Nélya, je vous présente mes excuses pour entrer sans votre autorisation... Sur ces mots, elle ouvrit doucement la porte dans un léger grincement, juste assez pour glisser un oeil au pied de la porte et apercevoir Tommee miauler de plus belle en retournant vers le lit. Ildy suivit le félin des yeux et s'approcha rapidement de l'adolescente. Oh, par Merlin, Miss Nélya vous ne vous sentez pas bien? Nélya l'observa en silence, alors que des tensions dans son corps dont elle ignorait l'existence se détendirent sous la douceur de l'inquiétude de l'Elfe de maison. Voulez vous que je fasse quelque chose? Ildy était gentille. Elle ne l'insultait pas, ne la frappait pas, elle n'avait pas besoin de surveiller ses mains... Elle n'avait pas à appréhender un danger, et ce soulagement la fit renifler.
Elle voulait dire tant de choses, des choses qui dans son imaginaire plein d'espoir la guiderait vers une issue miraculeuse où tout s'arrangerait en un claquement de doigts. Mais rien ne sortait, elle se retrouvait incapable de formuler tout ce qui se bousculait douloureusement dans sa gorge, et finalement, seul un aveu suppliant et tremblant parvint à se former sur sa langue. j'suis fatiguée Ildy... Pour Ildy, ces paroles faisaient écho à de vieux souvenirs et elle observa attentivement Nélya pour finalement tendre ses doigts squelettiques et effleurer le visage éreinté de la jeune sorcière. Oh, oh... Ma pauvre Miss Nélya... Quelque secondes passèrent durant lesquelles Nélya sentait son cœur battre à tout rompre sous le regard tendre d'Ildy. Elle s'imaginait la fin de la menace de la baguette, des insultes, des matinées privées de petit-déjeuner, des coups... Cette perception qui étaient pourtant encore si normale il y a quelques jours lui donnait à présent les larmes aux yeux. Je vous apporte votre dîner ici, reposez-vous, reposez-vous. Guidée par Ildy, Nélya finit par bouger, juste pour s'allonger sur ses coussins, et Ildy replia un bord de la couette pour la recouvrir avant de promettre de revenir rapidement. Elle était prise d'un soulagement dont elle ne savait trop quoi faire. Trop épuisée pour fête, mais trop heureuse pour pleurer. Tommee vint rapidement trouver une place contre la poitrine de Nélya alors que celle-ci laissa ses yeux se fermer pour s'endormir aussitôt, ratant de peu le retour de Ildy, accompagnée de ses parents, qui après l'avoir installée correctement sous ses draps l'embrassèrent, sans se douter de tout ce qui bouillonnait dans le corps de leur fille.
Dernière modification par Nélya Marks le 29 avr. 2025, 06:01, modifié 1 fois.
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TW:Violence physique
C'était le second jour d'examen. Etait-ce à cause de cette pensée lancinante qu'elle s'était levée avant le soleil? Ou parce que son corps s'était conditionné à être réveillé tôt? Elle passa son regard sur l'espace de sa chambre, sans retirer son bras de Tommee. Il n'y avait personne d'autre qu'elles et ce constat était aussi douloureux que rassurant. Elle repensa à la veille, à Ildy, et se redressa entièrement dans son lit alors que son regard tomba sur un plateau couvert sur sa table de chevet. Il ne lui fallut pas bien longtemps non plus pour réaliser qu'elle était à présent sous sa couverture et non plus dessus comme elle s'était endormie la veille. Ces attentions si douces lui réchauffèrent le coeur par une montée d'énergie guidée par une perspective optimiste. Elle s'accrocha à cet espoir fragile qui tentait de reboucher les fissures de son esprit, et quitta son lit au plus vite en se sentant propulsée par els impulsions de son cœur débordant d'attentes. C'était une démonstration du pouvoir des gens simplets délestés du poids d'une réflexion encombrante: ils parvenaient toujours à trouver de quoi espérer et regarder vers le haut pour s'en sortir.
A peine sortie de sa chambre elle croisa Matthew et s'interrompis dans sa lancée. Les deux adolescent s'observèrent en silence un instant, rongé par l'inconfort du doute pour l'un... T'as vu mes parents? Le garçon dégluti face à ce ton si naturel, si léger, qui contrastait drastiquement avec la dernière vision qu'il avait eut d'elle... Hum, -sa voix s'échappa de ses lèvres dans un souffle hésitant- En bas. Salle à manger. Top cool merci! Elle le dépassa sans un mot ou un regard de plus quand l'anglais resta figé sur place, repoussant l'envie de l'interpeller pour... Pour quoi? S'excuser? Lui proposer de l'aide? De toute façon, elle était déjà partie...
La Galloise descendant les marches, d'abord une par une, puis deux par deux, et enfin, elle les sautait par groupe de 4 pour atteindre le palier. Son dernier saut résonna jusque dans son corps pour lui picoter les orteils, mais déjà elle s'apprêtait à courir vers la porte fermée de la salle à manger entre les deux escaliers. Elle entendait d'ici la joyeux gazouillis de son frère, percevait déjà les paroles de ses parents qui eux pourraient faire face à Gillian et lui dire non. Elle- Nélya, tu tombes bien pour une fois. Allons-y, je tiens à voir tes avancées. Cachu*. Nélya dévisagea Casey avec une surprise qui lui écarquilla les yeux et passa les yeux vers la porte dans le dos de Casey avant de la regarder à nouveau. Elle n'était qu'à quelques mèt- Je n'ai pas autant de temps libre que tu sembles le penser. Allons-y. Gronda-t-elle froidement en lui saisissant un poignet sans attendre la moindre réponse de sa part. Hum- Elle aurait pu dire quelque chose, n'importe quoi, mais rien ne venait. Cas- Cachu* Comment devait-elle l'appeler au juste? Les réprimandes de Gillian avaient leurs effets n'importe quand: on n'appelle pas un adulte par son prénom.
De retour dans la salle d'étude, sur sa chaise qui lui paraissait toujours plus dure et inconfortable, elle se triturait les doigts sous la table en observant les deux femmes qui discutaient à son sujet. Enfin... Qui crachaient sur son nom, rabaissaient son existence. Mais elle resta silencieuse, en contenant la boule d'amertume qui se logeait dans sa gorge pour alourdir son corps. Où était cette impulsion chaleureuse? Cette pensée pleine de force qui l'avait guidée hors de son lit? Elle la cherchait désespérément pour s'y accrocher, pour tenir, pour pouvoir trouver ses parents après. Oui, elle allait mettre fin à tout ça, juste après...
Pourtant, quelque chose trembla en elle, se contracta et s'hérissa. Son regard se braqua sur les deux femmes dont les paroles accablantes visées à présent ses parents. L'incrédulité et le choc procurés par ce qu'elle entendait tiraient sur son visage. Non le sang moldu de son père n'était pas parasitaire. Non sa mère n'avait pas trainé dans la boue le nom de leur famille. Non sa mère n'avait rien fait de mal en revenant ici, de quoi devrait-elle avoir honte?! Non son père n'était pas un minable Moldu boiteux! Non ses parents n'étaient pas incompétents! La frustration qui lui grattait la gorge pour ouvrir la bouche et mettre fin à ses horreurs lui firent surtout monter les larmes aux yeux. Malgré le mutisme dont elle cherchait à se débarrasser son corps réagissait. Ses doigts s'accrochaient trop fermement au tissu de son jean, ses dents mordaient trop fort sa lèvre inférieure, son corps tremblait même en attendant la fin du duel entre la peur qui hurlait que le moindre mot lui causerait de nouvelles réprimandes et la colère d'entendre de telles choses sur ses parents.
C'était un mélange trop violent, trop brusque pour ses pauvres capacité émotionnelles. A chaque instant où elle sentait mettre le doigts sur ce qu'elle ressentait, la réponse la fuyait pour laisser grandir autre chose et la laisser patauger dans une incertitude trop épaisse...
Tout allait trop vite, que ce soit pour comprendre ou prendre une décision, mais finalement, le choix lui fut retirer. Si elle ne pouvait que maladroitement comprendre ce qui se passait dans un esprit en regardant simplement un visage, Casey était bien plus douée qu'elle. La matriarche plissa les yeux en la toisant et contourna la table pour se rapprocha d'elle tout en lui parlant. Qui est-ce que tu regardes comme ça? Tu as des choses à dire peut-être? Ce n'était pas une invitation. Mais Nélya ne le comprenait pas. Son esprit submergé s'y accrocha comme une porte de sortie parfaite. Ouais, tout, tout ce que vous dites c'est faux! Et- et je- C'est faux? Répéta Casey en se pinçant les lèvres dans une expression sévère. Ouais. Vos, vos insultes sont fausses... Sa voix perdit en force dès lorsqu'elle croisa le regard froid de Gillian. Pourquoi avait-elle l'impression de dire une bêtise quand elle disait la vérité? Et, heuu... Ses mots venaient mourir sur le bout de sa langue, avant même que son esprit ne dégage la moindre idée à formuler, incapable de se remettre à fonctionner alors qu'elle surveillait Gillian du coin de l'oeil. Son coeur battait fort, son estomac se retournait sur lui-même... Et une vive douleur lui brûla la joue en envoyant sa tête sur le côté.
Elle venait de se faire gifler. Le choc était total, elle avait mal, ça brulait et piquait...L'oeil du côté de sa joue giflée se mit pleurer tandis qu'elle effleurait d'une main craintive sa joue. A qui crois-tu t'adresser? Le souffle court, la vue trouble, le visage brulant et le corps tremblant, elle parvint à relever les yeux vers les deux femmes. Gillian ne lui prêtait pas al moindre attention, et se contentait de relire son évaluation de la veille. Casey se détourna d'elle comme si rien n'était arrivé. Pourtant c'était grave, non? Elle venait de la frapper. Fort. Pour une raison que Nélya ne comprenait même pas. Pourquoi rien ne semblait important quand ça avait rapport avec elle? Pourquoi est-ce que ça semblait si facile pour ses deux femmes d'ignorer son existence quand elle se sentait malade en pensant simplement à elles? Dans le vacarme de leur ignorance, elle se mit à pleurer alors que les mots restent douloureusement bloqués dans sa gorge, au contraire des paroles assassines de Casey. Tu devrais nous remercier pour tout ce que l'on fait pour toi, tu ne mérites même pas la moitié de nos efforts.
C'était trop, trop de chose dans sa tête pour lesquels elle n'avait pas les mots, et malgré des années face aux mêmes doutes, cette fois, c'était pire. C'était trop écrasant au point de vouloir hurlait jusqu'à en perdre la voix, mais rien ne sortait, c'était étouffant au point d'en avoir la tête qui tournait, son estomac qui bataillait contre lui-même, son coeur qui cherchait à s'échapper de sa poitrine... Sa joue la brûlait encore, mais ce n'était plus la seule chaleur désagréable de son corp. Un liquide lui coula entre les jambe pour s'écraser en goute accusatrices sur le sol. Elle ne le réalisa même pas immédiatement, que son corps avait lâchait la pression que son esprit ne parvenait à dompter. Elle resta là, silencieuse dans l'effondrement de son être, face aux regards de dégoût des deux femmes.
* "merde" en gallois
Dernière modification par Nélya Marks le 29 avr. 2025, 06:05, modifié 1 fois.
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Son corps était secoué de sanglots timides, honteux du liquide odorant qui continuait de couler de sa chaise alors que le reste de son corps restait figé. Une main sur sa joue encore chaude, les yeux baissés sur ses genoux où sa seconde main se cramponnait au tissu trempé de son pantalon en tremblant.
Gillian soupira la mine agacée et Casey recula le nez froncé en conservant la même mine de dégout. Pathétique. Son avis claqua comme une seconde gifle. Elle y croyait presque à cette nouvelle présentation. Quelle genre d'ado se pissait dessus? Pourtant il y a avait toujours dualité et confrontation dans son esprit. Quelque chose palpitait en elle, avec une force discrète mais obstinée un quelque chose qui bouillonnait sous la surface, un cri retenu par autre chose de tremblant, et d'épais, d'omniprésent ces derniers jours qui à présent était secondé par ce qui semblait presque être un besoin de disparaitre...
Elle était en colère. Son corps frémissait alors que son urine se rependait dans son pantalon. Elle avait peur. Son coeur s'acharnait dans sa poitrine avec une force douloureuse. Elle avait honte. Son regard refusait de quitter l'ancrage de ses genoux. Elle avait mal. Partout à la fois.
Tout était flou, tant à ses yeux qu'à ses oreilles, au point où elle douta de s'être vraiment levée. Son corps bougeait, elle avançait inconfortablement, comme si elle était à l'étroit dans son propre corps. Elle avait besoin d'air, besoin d'espace, besoin d'être loin de ces femmes dont les voix sévères résonnaient dans un fonds sonore que sa tête bourdonnante occultait. Elle ouvra la porte, le corps frémissant sous chaque sensation qui paraissait plus étrange que la précédente: la résistance du sol sous ses pieds, la chaleur de l'air ambiant sur sa peau, le froid de la poignée... Son nom claquait dans l'air sans qu'elle ne puisse même le reconnaitre, et elle quitta la salle d'étude.
Son pas était tremblant, hésitant, tendu, et laissé sur son passage des traces humides de ses semelles et une odeur âcre reconnaissable. Une silhouette s'était dressée sur son chemin, une silhouette qu'elle ne chercha pas à identifier, et qu'elle ne pouvait de toute façon pas faire derrière le rideau de larmes qui noyait bruyamment son visage. Un seul objectif résonnait avec un minimum de lucidité dans son esprit: retrouver sa chambre. S'enfermer dans un coin. Aucune des voix agitées dans son dos ne parvint à l'interrompre, à lui faire relever le nez. Mais une fois dans le cocon de sa chambre qu'elle avait tant cherché à atteindre, le dos plaqué contre sa porte et les membres tremblants rien ne s’apaisa, rien n'allait mieux. Cette évidence la fit vacilla de plus belle, incapable de faire face au mélange violent et brutal de ces émotions hurlantes sous son crâne sans qu'elle ne puisse les identifier. Elle n'allait pas bien et toutes ces émotions bouillonnantes qui n'avaient eu de cesse d'harceler son esprit se mélangèrent en hurlement rauque qui lui déchira la gorge dans une dernière tentative de retrouver la tranquillité de son esprit.
Dernière modification par Nélya Marks le 29 avr. 2025, 06:05, modifié 1 fois.
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présents:
| Jacob Marks |
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Nélya s'était effondrée contre sa porte, recroquevillée en boule, sous ses sanglots oppressants, ses reniflements et l'odeur de son urine. Du monde s'était rassemblé derrière sa porte, et en ce jour de week-end, toute la maisonnée était présente, alors il n'avait pas fallu bien longtemps avant son hurlement n'agite la tranquillité apparente de chacun. La tête prise entre ses mains, elle ne leva même pas un regard vers Tommee qui hésitait à s'approcher de son humaine en reniflant l'air.
De l'autre côté de sa porte qu'elle refusait d'ouvrir, les éclats de voix qui se mélangeaient sans s'écouter semblaient chercher à reproduire le bazar constant de son esprit. Son père toquait à sa porte en cherchant à lui faire passer quelques paroles réconfortantes qui se noyaient entre les véhémences de sa mère qui hurlait sur Casey -qui répliquait sur le même ton- et Gillian -qui conservait le même masque d'indifférence à la situation. Les pleurs de Logan, porté par Ildy au bout du couloir, résonnèrent pour s'ajouter au bordel ambiant tandis que les voix de Flynn et Joey tentaient de surpasser les insultes pour ramener à l'ordre en écartant les questions d'Hazel...
Tout était trouble dans la tête de Nélya, encore plus que d'habitude. Flou, désordonné, bruyant, chaotique. À peine une émotion surgissait-elle qu’une autre contradictoire prenait aussitôt sa place, plus violente, plus floue pour la perdre plus profondément dans des méandres troubles. Fermez là... Ses doigts s'agrippèrent à ses cheveux comme dernier point fixe. Fermez là. Sa voix, d'abord un soupir tremblant et accablé, gagna une force rageuse. Fermez-là, fermez-là FERMEZ-LA! Ses cris résonnèrent, plus haut, plus fort, mais jamais assez pour dominer le chaos lancinant dans sa tête. Ses cris sanglotant tournaient en boucle, peut-être pour évacuer l'accumulation trop importante et soudaine de ses derniers jours qui pesait sur elle comme des années, ou pour chasser la folie dont elle avait l'impression d'être prise. Ou encore pour s'assurer que sa voix qui s'était si souvent retrouvée étranglée dans sa gorge était toujours là... Si Nélya n'avait pas l'impression de parvenir à dominer le bordel dans sa tête, son craquage eut au moins le mérite de faire régner le silence à l'étage.
[...]
Elle s'était réveillée dans son lit, les oreilles bourdonnantes malgré un silence qui lui laissa un instant croire que ses propres cris ou que ses pensées assassines l'avaient rendue sourde. Elle ne s'en plaignait pas, pendant un court instant, l'idée lui parut presque agréable. Le calme, le silence, la paix. Puis un grincement. Léger, voir même timide lui fit tourner les yeux pour apercevoir la silhouette de son père, Tommee, dans les bras. Les deux l'observèrent, silencieusement, pour ne pas la presser de voix bruyantes qui attaqueraient le repos que Jacob espérait avoir réussi à instaurer.
Que devait-elle dire? Ou même faire? Y avait-il quelque à dire ou faire d'ailleurs? Le regard plongé dans celui de son père, elle n'eut que quelques secondes pour se réconforter dans sa vision chaleureuse avant que sa vue ne se brouille d'une montée de larmes qui firent trembler ses respirations.
Dès le premier souffle frémissant, Jacob quitta le fauteuil en reposant Tommee à terre, laquelle rejoint le lit avant même que le cinquantenaire ne puisse reprendre sa canne pour s'y appuyer. Papa... L'appel de cet être si cher était un cruel soulagement qui lui serrait la gorge même s'il lui tardait à la fois de le répéter pour se délester d'un poids qu'elle ne pouvait plus supporter et qui libérait les dernières souffrances de son esprit. Papa...! Répéta-t-elle dans un sanglot d'enfant, le même que celui ayant fait un cauchemar et qui n'attendait que la protection immanquable qu'apportait un père. Pap- Papa... répété comme une formule magique, elle ne quitta pas la figure de son père qui s'assit sur le bord de son lit. Il leva sa main pour caresser les joues de sa fille sur lesquelles il était certain d'encore discerner les sillons de ses anciennes larmes qui avait pourtant été nettoyés. Je suis là, je suis là... La gorge serrée, une harassante voix intérieure troubla son soulagement, une voix nouvelle, susurrant de terrifiantes pensées qui l'empêchaient de parler. Pourtant, c'était son papa face à elle, pas Gillian ou Casey, c'était son papa qui l'aimait. Mais sa langue restée collée à son palais.
Jacob passa ses doigts sur sa joue, y recueilli quelques larmes et effleura les cheveux de sa fille. Tu peux pleurer Néna, tu as le droit, et parfois on en a surtout besoin... Il n'en fallut pas plus, elle n'avait pas besoin de plus, le simple son chaleureux de la voix de son père suffisait à gonfler son coeur d'une douceur qui lui avait manquait. L'adolescente s'assit en repoussant ses draps et se laissa tomber dans les bras de son père en sanglotant contre lui tandis que son père lui caresser les cheveux et le dos. Je- J'veux plus suivr' le programme! Je-je-j-j-j-j'le déteste! J'ai mal et, et peur! Il acquiesça en continuant ses caresses réconfortantes. Tu ne le feras plus, plus jamais. Désolé de ne pas avoir vu qu'il y avait un problème ma chéri... Je t'aime, et je suis là pour toi. M-m-mais e-elles-! Sa phrase s'étouffa, mais Jacob n'avait pas besoin de réfléchir beaucoup. Il avait assez d'éléments à sa connaissance pour comprendre. Tu n’as rien à prouver pour mériter d’être aimée, tu es assez. Tu l’as toujours été et tu le seras toujours, même si des gens ne le voient pas. Mais tu sais, on a pas besoin d'avoir la reconnaissance de tout le monde, et heureusement. Ce qui compte, c'est ce que toi tu penses. Nélya resserra ses bras autour de son père en s'époumonant à force de pleurer. Quel père pouvait rester droit et ferme sous les pleurs de sa fille? Quel père pouvait retenir ses larmes face à celles de sa fille? Pas Jacob. La douleur de cette scène le broyait de l'intérieur, et il dû reprendre plusieurs longues inspirations quand ses propres yeux menacèrent de laisser à leur tour couler des larmes. Il s'en voulait tant. Il avait laissé sa fille en proie à une violence à laquelle elle n'avait jamais été préparée, alors même qu'Aalana lui avait dépeint la cruauté des personnes avec qui elle avait grandi, et pourtant, il l'avait sous-estimé et ils en payaient le prix.
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7° année RP_18ans|#800000| Résurrectrice de la Fanfare|Participez au Coucou Rapeltout|ColorCODE: 800000
façade de rêve
Reducio
- Votre PJ est présent ? oui / non
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") : Jacob Marks (Père_PNJ actif) + Matthew Coel (Cousin_PNJ actif)+ Corbin Coel (Cousine_PNJ actif) + Casey Coel (Grande-tante_PNJ actif) + Gillian Coel (Arrière-grande-tante_PNJ actif) + Aalana Marks (Mère_PNJ actif)
- Lien vers la fiche du PNJ : index PNJ
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : approfondissement des liens familiaux et de l'évolution de Nélya
présents:
| Jacob Marks | Aalana Marks | Casey Coel |
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| Corbin Coel | Matthew Coel | Gillian Coel |
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NélyaNescience
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NélyaNescience
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Malgré qu'elle avait été nettoyé et changé, l'inconfort persistait et elle s'était plongée dans un bain jusqu'à en avoir la peau des doigts et des pieds plus blanche et fripée qu'elle ne l'avait jamais eu. La chaleur du bain, le retour du calme, la douceur de la voix de son père encoure adoucie par son accent gallois, le réconfort de Tommee... La mise en place progressive de cette accalmie l'avait mené à se rendormir pour tenter de retrouver l'énergie que son corps et son esprit avaient perdus et qui lui manquait cruellement pour être "Nélya".
Elle n'aurait su dire combien de temps sa sieste avait durée, ce qu'elle savait cependant c'est que le bruit d'abord lointain qui l'avait sorti de ses songes embrumés s'était réitéré pour lui apparaitre plus distinctement: quelqu'un toquait à sa porte, sa porte qui pour une fois, était parfaitement fermée, et non pas légèrement laissée entrouverte comme en avait l'habitude l'adolescente pour faciliter le passage de Tommee.
Tommee, par réflexe, elle la chercha autour d'elle et sur son oreiller, jusqu'à ce que la voix de son père l'interrompe dans ses recherches: ils étaient là tous les deux. Son père n'avait pas bougé, et avait retrouvé une place dans le fauteuil de sa chambre, Tommee sur les genoux. Tu as bien dormi? La voix douce qui l'interrogea fit doucement palpiter son cœur, affamée de cette tendresse qu'elle réalisait ne pas être si naturelle partout ou pour tous. Mh, mouais... Mais j'ai encore envie de dormir... Jacob acquiesça en caressant Tommee, laquelle observait Nélya de loin alors qu'à nouveau, les coups contre sa porte résonnèrent. Curieuse, l'adolescente interrogea son père du regard, lequel haussa les épaules pour toute réponse, alors la brune, après avoir examiner rapidement la porte de sa chambre s'éclaircit un peu la voix. C'est qui? Silence derrière la porte. Jusqu'à ce qu'une voix s'éleva, hésitante, incertaine, et à tout juste compréhensible. C'est Matthew... Hum, J'ai un truc à te montrer. Tu peux venir...? Dans un schéma de parallélisme, le silence se fit d'abord dans la chambre. Il fallait dire que Nélya n'avait pas tant eu le temps de faire le point sur son cousin. Un coup elle lui était reconnaissante, mais après il agissait de manière à ce qu'elle doute qu'il l'apprécie au final... Alors, dans un réflexe qui s'était encré en elle, elle chercha une réponse ou même une aide silencieuse auprès de son père.
Ce dernier resta silencieux quelques secondes en regardant en retour sa fille, il était habitué à ce rôle de repère, de guide, à être sa source de solutions et de réponses... Mais avec les évènements récents, il doutait du bénéfice de ce système qui s'était naturellement mis en place... Et si c'était parce que sa fille avait pris l'habitude de baser ses actions et réactions sur ce qu'il pouvait dire que Nélya avait enduré jusqu'à en exploser? Parce qu'il n'avait pas su lui donner les bons conseils? Parce qu'il n'avait pas été là à chaque instant? Parce qu'elle s'était trop habituée à se reposer sur les indications d'autres personnes? Cette inquiétude lui tordait le ventre dans un déchirant sentiment d'échec qui s'accentuait encore sous le grand regard brillant d'une innocence durement protégée que sa fille tournait vers lui. Et si, en tant que parents, lui et Aalana avait fait les mauvais choix? Il déglutit, et laissa s'échapper les premiers mots qui lui vinrent à l'esprit sans les analyser. Tu peux faire ce que tu veux ma Néna. Si Nélya soupira légèrement en hésitant, les nouvelles paroles de son cousins terminèrent de la convaincre sans nul doute. Et j'ai oublié de dire mais, ça concerne ta mère.
[...]
Accompagnée de Matthew, elle avait descendu les escaliers jusqu'à l'étage inférieur où Matthew la guida jusqu'à la porte du bureau du chef de famille. Déjà dans le couloir, Nélya avait pu entendre les cris qui en émergeaient, difficilement étouffés par la porte fermée, et qui correspondait plutôt bien à ce qui lui avait raconté Matthew, à savoir que sa mère, Gillian et Casey étaient toute trois dedans depuis un moment à s'engueuler.
Penchée vers la porte, tous deux cherchaient à écouter l'engueulade en cours. Des insultes et termes étrangers fusaient en ayant moins d'impacte sur les deux adolescents au vue de leur différent degré de compréhension, la galloise chercha même à regarder à travers le trou de la serrure avant de ne sursauter quand ils se firent interpeller. Mais qu'est-ce que vous faites? Dans un faux murmure incrédule et soucieux, Corbin, s'approcha des deux adolescent desquels elle avait attiré l'attention. Si Matthew sembla ennuyé, Nélya, encore dans un étrange entre-deux de calme et de stress resta pantoise en observant sa cousine, son regard s'empressant d'analyser les mains de la plus grande dans lesquelles elle ne pu voir qu'un sachet qu'elle n'aurait su identifier.
La porte s'ouvrit brutalement dans leurs dos, et dans un même geste, les trois cousins levèrent la tête vers le bureau, dans lequel Casey, baguette en main, fulmina en les voyant les espionner. Vous n'avez vraiment aucune- Sa voix grondait d'une colère qui fit frémir Nélya, mais ce n'était rien face à l'affolement qu'elle éprouva lorsque la cheffe de famille pointa sa baguette vers eux. Non mais tu es vraiment complètement folle! Tu oses encore lever ta foutue baguette?! Tu n'as vraiment honte de rien! Tu parles de respect et de dignité, mais tu oses menacer des enfants?! Aalana tout comme Corbin se dressèrent devant les enfants, même si elles agirent avec une attitude bien différente. Corbin, se déplaça silencieusement et étendit ses mains derrière elle pour s'assurer d'avoir un contact avec les deux adolescents qu'elle poussa derrière son maigre dos qui ne les dissimulait nullement. Aalana elle, ne ménagea pas sa voix en hurlant de plus belle et n'hésita pas à lever sa baguette à son tour. Et comme si la situation ne semblait pas déjà assez hors de contrôle comme ça, alors que Corbin faisait signe aux adolescents de s'éloigner, Gillian intervint, en arborant le même insupportable masque de calme, l'air même indifférente à la situation, car non, elle ne se considérait nullement en tort. Aalana, tu es trop sensible, vivre si longtemps avec des Moldus a affaibli ton esprit déjà... En difficulté. C'est pour ça que tu ne comprends pas que c'est le seul moyen pour redresser ta fil- Le choc fut général, emportant avec lui un écho de surprise: sans même lui laisser le temps de finir, Aalana était allée gifler Gillian.
Nélya n'en croyait pas ses yeux. Sa mère hurlait en menaçant Gillian comme Casey, lesquelles la dévisageaient avec horreur, comme si elle découvrait seulement maintenant à qui elles faisaient face, comme si ce n'était que maintenant qu'elles comprenaient que face à elle, ce n'était plus l'adolescente fugueuse, mais une mère de famille, forgée dans la douleur qui vouait sa vie à sa famille. Touchez à un seul de ses cheveux, non, regardez là seulement, et- Casey, les mains autour de Gillian, coupa Aalana, sous les regards encore médusés des plus jeunes. Tu es complètement folle! Un simple rire froid répondit à l'accusation, et alors que Nélya suivait d'un pas lent Corbin qui poussaient les deux adolescents à s'éloigner, elle ne quittait plus des yeux sa mère, pour tenter de percevoir jusqu'à la toute fin cette échange qui la libérait du poids d'une crainte. Folle? Moi? Hé bien oui sûrement vu que la folie court sans fatigue dans les gênes de cette foutue famille maudite! Et tu sais quoi? Je peux te garantir que je peux être encore bien plus folle que ça, et je peux même jurer ici que je vais devenir le fléau de tout ceux ici qui ont oser penser du mal de MA famille!
Entrainée par Corbin, elle était restée silencieuse, quand ils avaient remonté l'un des escaliers, même quand Corbin avait réprimandé son frère pour l'avoir faite quitter sa chambre pour assister à ça, et même quand elle lui avait tendu le sachet qu'elle tenait -lequel contenait du chocolat et qui d'après ses paroles était un parfait remède pour retrouver de l'énergie-. Nélya était restée silencieuse jusqu'à ce que le trio n'atteigne la porte de sa chambre, car son esprit était encore dans le bureau de Casey, là où sa mère n'avait pas hésiter à se dresser sans peur face aux deux femmes qui l'avaient tant terrorisée pendant ces derniers jours et qui pourtant, face à sa mère, avait eu l'air d'à leur tour éprouver ce sentiment étouffant.
Nélya admirait déjà sa mère, elle avait déjà constaté son courage à de nombreuses reprises, la force de son regard toujours droit qui semblait ne jamais flancher... Mais c'était la première fois que l'admiration changeait. Jusque là, Nélya avait été inconsciemment reconnaissante de la force bienveillante de sa mère qui protégeait son monde de douceur, mais à présent, elle ne voulait plus simplement profiter de ce courage, elle voulait l'égaler. Nélya voulait pouvoir faire face elle aussi.
Quand y'a des PBM, y'a la KAN qui s'en mêle !
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