1 mai 2025, 20:52
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Reducio
- Votre PJ est présent ? oui
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") : Anjali Verma, ancienne relation amoureuse, PNJ actif
- Lien vers la fiche du PNJ : Anjali
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Je ne veux pas spoil… L’intérêt est colossal.


fin mars 2050

Après presque un an à voyager aux quatre coins du globe, Erwan avait dû écourter la fin de son périple qui le ramenait doucement mais sûrement en Grande-Bretagne. Il avait prévu initialement d’être rentré pour le 15 juillet, aux beaux jours, à un moment où il pourrait rendre visite à tous ses anciens camarades qui seraient en vacances ; mais la mort en avait décidé autrement… Il entendait encore les mots prononcés par sa mère au téléphone alors que soleil matinal commençait à baigné l’appartement montréalais qu’il occupait. « C’est ton grand-père… Il est parti ». La nouvelle avait éteint le garçon pendant plusieurs jours. Ils n’étaient pas le cliché du grand-père et son petit-fils à qui il avait appris a bricolé, qui s’occupait souvent de lui, mais ils avaient développé quelque chose de précieux ces dernières années. Quelque chose qu’Erwan n’était pas préparé à perdre si subitement, si loin de chez lui et de ses proches.

Ainsi s’achevait son voyage. Il avait demandé à sa mère un peu d’argent pour pouvoir acheter un billet au dernier moment pour faire Montréal-Paris. Les obsèques avaient évidemment lieu en France, dans la tant aimée Bretagne dont son grand-père était si fier. Un malheur n’arrive jamais seul, c’est un proverbe français, et il faut croire qu’ils disent vrai, car le temps qu’Erwan organise son départ, qu’il rejoigne légalement la France puis la Bretagne, sa grand-mère était elle aussi décédée… Comme si elle n’avait pas supporter l’idée de continuer sans l’amour de sa vie, c’était aussi beau que triste. Les deux amants furent enterrés dans le petit cimetière du village où ils avaient vécu une grosse majorité de leur vie. Durant les semaines qui suivirent, Erwan ne savait pas si c’était la perte de ses grands-parents ou le brutal retour à la normale qui était le plus dur. Voilà qu’il était revenu dans la chambre chez ses parents, à Bristol, dans une routine banale qui lui donnait envie de tout casser…

Son salut arriva un vendredi matin, par courrier. Ses grands-parents étaient les seuls à connaître son ambition d’ouvrir un magasin de jeux de sorciété dans la famille. Sa mère était trop moldue pour le comprendre et son père… n’en avait rien à faire de lui. Le courrier venait d’un certain maître Provins, notaire de profession, qui lui indiquait être le bénéficiaire testamentaire d’une partie de l’héritage de Roland et Paule Martin. Beaucoup de mot compliqué les uns après les autres, mais Erwan avait retenu l’essentiel : il était l’heureux nouveau propriétaire d’un petit tas d’or. Pas le genre de petit tas qui permet d’acheter son propre commerce, mais le genre de petit tas qui t’ouvre les portes de Gringotts pour qu’ils te prêtent assez d’argent pour louer ce que tu veux…

Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe

2 mai 2025, 10:43
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Deux jours. C’est tout ce qu’il avait fallu à l’ex-Bristolien pour trouver un logement à Londres. C’était plus cher qu’il ne l’avait imaginé, mais également plus grand qu’espéré. L’occasion de conclure cet arrangement s’était rapidement présentée, et Erwan n’avait pas hésité une seconde à la saisir. L’appartement se situait dans un quartier vivant, à mi-chemin entre le Pitiponk et le Chemin de Traverse, au rez-de-chaussée d’un immeuble de deux étages. La porte d’entrée rouge ouvrait sur un petit couloir desservant un salon et un bureau exigu, puis un escalier menait à un semi-sous-sol où se trouvaient la chambre, la cuisine et la salle de bain. Depuis la cuisine, on accédait à un minuscule jardin en contrebas. C’était bien plus que ce qu’Erwan avait espéré. Lui qui s’était préparé à vivre dans un neuf mètres carrés, le voilà qu’il s’installait dans quarante mètres carrés bien plus confortables que dans ses rêves les plus optimistes.

Cela faisait maintenant une semaine qu’il occupait les lieux. La décoration était sommaire, c’est le moins qu’on puisse dire. Il avait trouvé l’essentiel, plus quelques fioritures, chez le brocanteur Chez Ali Baba, mais il restait du travail avant que l’endroit reflète réellement la personnalité de son nouveau locataire. En ce jeudi 21 avril, Erwan avait pour la première fois l’impression d’aller quelque part. Il embrassait sa vie adulte, sa vie post-Poudlard, avec envie et ambition, là où il l’envisageait jusqu’à présent avec angoisse. Aujourd’hui, il avait dix-neuf ans, un logement et un projet professionnel beau comme un Poudlard Express n’attendant plus qu’à être lancé sur les rails. Il avait invité tous ses amis à le rejoindre au Pitiponk pour fêter son anniversaire. Tous n’avaient pas pu venir, mais le petit groupe formait une belle tablée : joyeuse, bruyante, se donnant des airs d’adultes légitimes qui boivent des coups alors qu’ils n’étaient encore que des enfants à peine sortis de Poudlard. Le voyage avait tout de même changé l’ancien Poufsouffle. Il n’était plus aussi naïf ni aussi crédule, et il s’était révélé plus débrouillard, plus rusé, plus audacieux. Une chose n’avait cependant pas changé : son charme. Son don pour la séduction s’était même amélioré au contact de femmes venues de tant de pays différents…

Le contact féminin était devenu pour lui une passion, presque une obsession qu’il considérait comme saine et stimulante. Quiconque aurait regardé d’un peu plus près y aurait décelé le déni d’un manque plus profond, un vide qu’il cherchait à combler pour éviter de se poser les vraies questions, mais Erwan, lui, n’avait pas ce recul. Si ses premières préoccupations de voyage avaient été de savoir où dormir, il avait vite compris que la séduction pouvait allier l’utile à l’agréable. Parfois pour une nuit, parfois pour quelques semaines. Ce n’était pas un goujat pour autant. Jamais il n’avait trahi, menti ou joué un autre rôle que le sien, et il mettait un point d’honneur à ce que cela reste ainsi. Bref, il était célibataire, à Londres, avec son propre logement pour la première fois de sa vie et bien décidé à profiter de cette période. Mais c’était sans compter sur l’apparition d’Anjali, cette belle indienne qu’il avait fréquentée pendant un petit mois alors qu’il voyageait dans le nord de l’Inde. Alors qu’il rentrait de sa soirée d’anniversaire, elle était là. Sur le pas de la porte rouge, avec une grosse valise et un ventre qui devait grossir depuis, à vue de nez, au moins huit mois…

Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe

2 mai 2025, 13:06
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La surprise aurait déjà été totale de voir surgir Anjali dans son quotidien, mais là... Ça dépassait l’entendement. Entre eux deux, cela avait été simple. Elle s’était moqué de lui, il était tombé sous son charme et elle aussi. Erwan avait logé chez elle pendant quatre semaines où ils avaient vécus une idylle romantique. Elle était étudiante et travaillait les soirs et week-end dans un restaurant, mais Erwan était tombé sur une période où la jeune femme était en vacances. Une fois les études et le travail de retour, ils se voyaient moins et l’idylle commença naturellement à s’effriter, laissant apparaître les évidentes faiblesses inhérentes aux amours de vacances… Ils s’étaient quittés cordialement, se promettant de se donner des nouvelles et Erwan avait quitté l’Inde. Mais quand Erwan avait dit se donner des nouvelles, il pensait plutôt à une lettre ou un coup de téléphone… Pourtant elle était bel et bien là, à dix mètres devant lui. Il n’y avait aucun doute, il avait reconnu ses grands yeux noisette avant même de vraiment les voir. Il adorait se plonger dans son regard… mais là il n’avait d’yeux que pour son ventre.

Comment Anjali pouvait-elle être enceinte !? Enfin, comment, il le savait, mais que voulait dire sa présence ici et maintenant ? Se pouvait-il qu’il soit… noooon ! C’était impossible ! Ils étaient ensemble il y a quoi ? Six mois peut-être ? Ou peut-être bien sept…? Tout ce bousculait dans sa tête au fur et à mesure que sa foulée l’emmenait irrémédiablement vers la vérité. Quand il fut à son niveau, c’est elle qui prononça les premiers mots, enfin le premier mot.

Salut…

Erwan resta bouche bée plus longtemps qu’il ne l’aurait voulu. Ce n’était donc pas un rêve. Il détourna bien malgré lui son regard de son ventre pour enfin voir le désarroi et l’incertitude que son visage affichait. C’était pourtant une femme sûre d’elle, à la limite de l’arrogance parfois, c’est ce qui avait plu à Erwan, mais les choses avaient visiblement changé. Et pour être visibles, elles l’étaient sacrément ! Les yeux du garçon se posèrent à nouveau sur le ventre d’Anjali…

Je… suis désolé.

L’intonation et les émotions qui peignaient les couleurs de ces mots saisirent Erwan au plus profond de lui même. Peu importe si il était le père de l’enfant que portait Anjali, elle était venu le voir lui, à l’autre bout du monde, dans un état de grande détresse.

Hein…? De quoi ? Non sois pas désolé, ça va aller. Mais attends vient on rentre à l’intérieur, on va pas rester là à pas savoir quoi dire…

Erwan attrapa la valise d’une main, ouvrit la porte de l’autre et fit signe à la jeune femme d’entrer. Une fois à l’intérieur, le sorcier se trouva pris au dépourvu, deux fois. Tout d’abord, il allait aux devant d’une discussion qu’il n’était pas du tout près à avoir, mais alors pas du tout. Secondement, le salon était jonché d’objets magiques, de journaux sorciers, de prototypes de jeux qui bougeait tout seuls, des cartes qui s’auto battaient, de dés qui tournaient sur eux-mêmes… Or, Anjali ne connaissait rien de la condition de sorcier d’Erwan.

Attends une seconde…

Il s’empressa de ramasser, en un énorme fouilli qu’il mettrait des heures à tout ranger, ce qui traînait dans la pièce ; remettant ainsi à plus tard les questions qui viendraient si Anjali avait vu quelque chose d’étrange, ce qui était hautement probable vu la quantité de choses qui traînaient. Une fois tout déposé hâtivement dans le petit bureau attenant au salon dont il ferma la porte, Erwan rejoignit son invitée surprise.

Voilà. Désolé pour… le bazar. Je m’attendais pas à… enfin, toi quoi.

J’imagine. J’ai failli faire demi-tour plusieurs fois. Je savais même pas si j’avais le droit de venir.

Le droit ? C’est pas une question de droit. Juste… j’ai pas tout à fait compris. Tu vas bien ? Enfin, physiquement, oui, mais…

Ça va. Enfin, ça allait. C’est devenu… trop lourd. Trop de questions, pas de réponses. Alors j’ai suivi la seule piste que j’avais. Toi.

D’accord. Et… tu sais depuis combien de temps…?

Je suis à huit mois. Et avant que tu demandes, non, je n’ai pas vu quelqu’un d’autre après toi. Je crois que je l’ai su très tôt, mais j’ai mis du temps à l’accepter.

Et maintenant tu… tu veux quoi ? Tu veux que je sois là ? Que je t’aide ? Que je parte ? Je sais même pas quoi dire, Anjali.

Je sais pas non plus, Erwan. J’ai pas de plan. Je me suis juste dit : il doit savoir. Et puis… j’avais besoin de ne pas être seule.

T’es pas seule. Pas tant que je suis là. On va… on va comprendre tout ça ensemble, d’accord ?

C’est bizarre, hein ? Je débarque après des mois, enceinte, et tu trouves encore le moyen de dire « on ».

On a toujours été un peu bizarres, non ?

En parlant de bizarre… C’était quoi tout ces trucs que tu t’es empressé de ranger ?
Dernière modification par Erwan Martin le 4 mai 2025, 00:25, modifié 1 fois.

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2 mai 2025, 16:15
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La discussion avait été plus facile à mener qu’Erwan ne l’aurait imaginé. L’idée n’était pas encore digérée, il n’avait pas encore accepté les faits, mais la conversation était derrière eux, du moins concernant l’évidente rondeur du ventre d’Anjali. Mais il restait encore des choses à dire. Dans n’importe quelle autre situation, Erwan aurait menti. Pour préserver le secret magique, il aurait inventé les plus beaux mensonges de la longue histoire des mensonges. Il aurait prétendu que l’obscurité de la pièce avait joué un tour à l’œil du témoin, ou que toute idée d’étrangeté n’était qu’un fruit de l’imagination… Mais pas cette fois. Son père avait caché à sa mère ses origines pendant toute leur vie, jusqu’à ce qu’Erwan manifeste ses premiers signes de magie. Il se souvenait encore de ces semaines terribles, passées avec la boule au ventre, croyant être une sorte d’anomalie. Il ne pouvait pas reproduire la même erreur. Pas avec Anjali. Pas avec l’enfant qu’elle portait, qui serait peut-être lui aussi destiné à développer des pouvoirs.

Dire qu’il était parti tôt du Pitiponk, juste pour ranger un peu chez lui et ne pas se coucher trop tard… La tournure que prenait cette soirée dépassait toutes ses prévisions. Un retournement digne des plus grands récits du cinéma. Comment expliquer la magie à une moldue ? Quelles répercussions cela aurait-il pour lui ? Et si Anjali prenait peur ? Si elle fuyait en courant ? Erwan n’était pas encore prêt à accepter l’idée d’être père. Et il l’était encore moins à ce que la mère de son enfant le regarde comme un monstre. Il se rappelait de son père qui à contre-cœur avait rassemblé son courage pour lui dire la vérité, c’était désormais à son tour.

Tu te souviens de ce que t’as vu tout à l’heure, les objets… les jeux qui bougeaient tout seuls…

Oui... Je croyais être fatiguée, mais… c’était réel, pas vrai ?

C’était réel. Écoute, c’est un peu fou. Je le sais. Mais tu dois me faire confiance, d’accord ? Ce que je vais te dire, tu ne peux pas en parler à qui que ce soit.

Tu me fais peur, là…

Je suis sorcier. Un vrai. Pas un magicien de fête foraine. Il y a un monde caché. Une société entière que les gens comme toi ne voient pas, parce qu’elle est protégée, tenue secrète. Je fais partie de ce monde.

C’est… une blague ? Tu me fais marcher ?

Erwan se saisit de sa baguette magique et commença à faire léviter une des tasses de thé vides qui traînait sur la table basse. Une fois la tasse posée, il afficha un demi-sourire gêné à Anjali.

Mon dieu… Tu fais… Tu fais vraiment de la magie ?

Oui. Et si ce bébé est de moi, il ou elle pourrait en faire aussi. C’est pour ça que je ne pouvais pas te mentir. Bien que j’n’ai pas l’droit de te dire tout ça…

Tout ça… ça change tout.

Oui. Mais je suis toujours moi. Et je suis là. Pour toi, pour lui… ou elle.

Un silence lourd s’installa dans la pièce. Erwan essayait de déceler les sentiments de son ancienne amante, son regard d’habitude si éveillé était vide.

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8 mai 2025, 20:52
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Fin avril 2050


Pour une fois, le printemps ne semblait pas en retard. Malheureusement pour Erwan, le soleil printanier avait bien du mal à percer l’épais brouillard de pollution qui enveloppait Londres. Lui qui pensait ne jamais regretter Bristol fut surpris que cela arrive si vite. Anjali s’était installée chez lui quelques jours auparavant. La soirée des révélations avait laissé des traces, mais chacun des deux faisait des efforts pour assimiler les vérités qui lui avaient été révélées. Erwan avait fini par accuser le coup le lendemain soir, il était sorti pour une longue marche introspective, une fois que son invitée fut couchée. Devenir père tombait mal, plus que mal… Il avait enfin la chance et les moyens de mettre son rêve en marche ; il avait déjà commencé à entrevoir son magasin de jeux de sorciété, mais un enfant venait contrecarrer tous ses plans. Il se sentait trop jeune pour une telle responsabilité. Il était à la fois en colère contre Anjali, contre lui-même, contre le monde… et contre ce concept que certains appellent « destin ». Il était néanmoins rentré plus serein de cette longue marche, qui avait duré une bonne partie de la nuit, il avait accepté le fait qu’il n’avait pas d’autre choix que d’accepter les choses telles qu’elles étaient.

Anjali, de son côté, avait commencé par faire comme si la discussion sur le monde magique n’avait pas eu lieu. Elle n’y fit pas mention le lendemain, ni le surlendemain. C’est Erwan qui était revenu à la charge pour savoir ce qu’elle en pensait. Il se doutait qu’elle devait avoir mille questions, mais il voulait surtout revenir sur l’importance du secret magique. Depuis qu’il l’avait brisé, une sorte d’angoisse le rongeait de l’intérieur. Il avait confiance en Anjali, malgré le fait qu’ils ne s’étaient côtoyés que quelques semaines, mais les enjeux d’un tel acte méritaient bien une mise au point. Ainsi, ils parlèrent des heures. Erwan lui raconta tous les détails de son passé : la découverte de ses pouvoirs, son histoire familiale, ses études à Poudlard. Elle devait ne pas avoir peur de la magie pour comprendre l’importance de ce secret. Et même si son but était de la rassurer, le garçon glissa tout de même discrètement dans la conversation que certains moldus qui avaient voulu raconter des choses avaient reçu des sortilèges qui effacent la mémoire… Elle avait fini par accepter l’existence de la magie, aussi naturellement qu’on accepte le fait que le soleil se couche à l’ouest.

Les deux ex-amants faisaient chambre à part. Erwan avait laissé la sienne à Anjali pour qu’elle soit le plus confortablement installée et il s’était installé dans le salon. Ils passaient leurs journées entre les préparatifs de la naissance et la découverte de la ville. S’ils avaient été dans le passé passionnément attachés l’un à l’autre, les choses étaient trop différentes maintenant. Ni l’un ni l’autre n’avait tenté quoi que ce soit qui aurait pu laisser entendre qu’ils voulaient reprendre leur histoire là où ils l’avaient laissée. Leur colocation ressemblait plus à celle de deux amis qui prennent soin l’un de l’autre. Le soir, quand Erwan se retrouvait seul, il travaillait sur ses jeux. Ses ambitions avaient été mises en pause. À peine quelques jours après l’arrivée d’Anjali, il était passé de « futur entrepreneur à succès » à « par Merlin, comment je vais gagner assez de sous pour deux… ou trois !? ». Il continuait pourtant, machinalement, à travailler sur ses anciens ou nouveaux prototypes. Tout abandonner aurait été trop dur à encaisser. Après plusieurs journées à s’informer, fouiner, chercher, il s’était rendu à l’évidence, il n’existait pas de petit local abordable à louer sur le Chemin de Traverse. Il passait ainsi ses soirées à réfléchir à la meilleure façon pour lui de vendre ses jeux… ou simplement à la meilleure façon de faire rentrer un revenu…

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8 mai 2025, 21:12
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4 mai 2050


ओह, यह बहुत दुखता है! धिक्कार है हरी आंखों वाले अंग्रेज पर !

Les contractions avaient commencé la veille au soir. Erwan n’avait pas besoin de parler hindi pour comprendre qu’Anja souffrait… Cela faisait huit heures qu’ils étaient arrivés à la maternité. Ils avaient été installés dans une chambre où une infirmière passait régulièrement pour voir comment les choses évoluaient. À chaque phase de contractions, la future mère extériorisait sa souffrance en parlant hindi. Il devait y avoir là quelque chose d’un peu primaire, la douleur semblait si forte qu’elle ramenait Anjali à sa langue maternelle. Erwan, lui, ne savait pas où se mettre… Il se sentait solidaire, un peu responsable de ce labeur, sans pour autant en ressentir ce qui avait l’air terrible. La fatigue pesait sur ses paupières, elles se fermaient toutes seules s’il relâchait sa garde un instant, mais il mettait un point d’honneur à accompagner Anjali du début à la fin ! Il n’avait pas le droit de se reposer alors qu’elle, semblait souffrir le martyre dans le lit juste à côté… Il se disait qu’il pourrait bien dormir plus tard, naïf qu’il était. Il céda à un moment à ses supplications et, après avoir vérifié que le couloir à l’extérieur était vide, il lui lança un tout léger sort d’allégresse… Au point où ils en étaient, il pouvait bien faire ça pour elle.

Après douze heures d’un travail qui forge le respect, où les émotions semblaient s’être perdues dans les escaliers capricieux de Poudlard, le bébé était là. Les deux nouveaux parents se reposaient alors que leur fils s’était endormi. Le soleil matinal de mai s’infiltrait gracieusement dans la chambre d’hôpital, baignant le lieu exigu de sa douce lumière. Erwan ouvrit les yeux quand les rayons frappèrent ses paupières closes. Anjali le regardait tendrement.

Ça va ? Comment tu te sens ?

Ça va… Merci encore d’avoir été là.

Bah non, c’est normal. J’allais pas te laisser traverser ça toute seule ! On s’est mis là-dedans tous les deux…

Un silence d’une bonne minute s’installa. Erwan détourna le regard, comme s’il savait ce qui l’attendait. Maintenant que le bébé était né, il leur faudrait parler de la suite, du futur de leur enfant et de leur famille. Il fallait en passer par là. Ils avaient habilement évité le sujet jusqu’à maintenant ; leur futur commun était devenu leur secret magique à eux. Erwan n’avait aucune idée de ce qu’Anjali comptait faire… Souhaitait-elle rentrer en Inde ? Sa famille, ses amis, ses études, son travail… toute sa vie était là-bas. Comptait-elle partir avec leur fils ? L’emmener à des milliers de kilomètres, dans un autre pays, sur un autre fuseau horaire… L’idée lui donnait la nausée. Mais pouvait-il seulement lui demander de rester ? Dans un pays qu’elle ne connaissait pas, si loin des siens… Erwan se voyait mal faire ça. Peut-être avait-elle même envisagé de rentrer, mais seule, laissant l’entière responsabilité de leur enfant à Erwan… Toutes ces considérations commençaient à rendre fou le jeune homme.

Je suis fatiguée… mais je suis contente que tout se soit bien passé. Tu trouves pas qu’il est vraiment beau ?

Ce n’était pas pour maintenant. Erwan regarda son fils une nouvelle fois, il avait dû le regarder six mille six cent quatre-vingt-sept fois en l’espace de quelques heures. C’était la plus belle chose qu’il ait jamais vue. Sans le savoir, père et mère profitaient pleinement des premiers instants de vie, où il est encore trop tôt pour mesurer le changement que ce tout petit être humain va impliquer dans leur vie.

Il est magnifique… Tu es toujours sûre pour le prénom ?

Elle acquiesça d’un dodelinement de la tête dont seuls les indiens ont le secret.

Ça lui va bien, je trouve…

Erwan posa une main légère dans le dos de son fils pour ne pas le réveiller.

Bienvenue dans notre monde, Vihan.

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26 juil. 2025, 22:15
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6 mai 2050


Erwan faisait les cent pas dans le couloir qui desservait ce qui leur servait depuis deux jours de chambre familiale. L’hôpital était devenu son habitude. Il n’était pas autorisé à y dormir, mais il restait le plus tard possible et revenait le plus tôt possible. Son appartement, devenu temporairement leur appartement, semblait bien vide une fois la nuit tombée. Il y avait bien Malo, qui s’était étrangement bien fait à sa nouvelle vie casanière et londonienne, qui venait lui ronronner dessus quand le jeune homme rentrait, mais l’ambiance tranchait avec le bruit et l’activité de la maternité. Ça ne faisait pourtant que trois jours qu’il arpentait ces salles, couloirs et ascenseurs, mais il s’y était vite adapté. En deux jours, depuis qu’Anjali avait été installée dans sa chambre avec Vihan, ils avaient eu le temps de discuter de leur passé, de ce qu’ils avaient vécu chacun de leur côté, de leur présent, mais surtout de leur futur et de celui de Vihan. Erwan entendait encore chaque phrase alors qu’il faisait les cent pas dans ce couloir d’hôpital, en attendant de recevoir leur première visite depuis la naissance de leur fils.

•••


…C’est depuis ça que j’ai pas eu de vraies et longues relations. J’ai eu… mal. Alors je me suis plus investie. Tu vois ?

Oui, je pense… Mais ce qu’on avait là-bas, chez moi ? Est-ce que c’était… vrai ?

Bien sûr ! C’est juste qu’on savait que ce n’était pas pour une vie, non ?

Je sais pas… je sais plus. Je crois que tu as raison, mais tout s’est un peu chamboulé dans ma tête quand j’ai compris que j’étais enceinte.

Je comprends… On n’avait pas prévu ça… mais on n’avait pas non plus prévu qu’on deviendrait sérieux tous les deux, non ? Je t’ai pas menti ou trompée ? J’espère pas…

Non, c’était très clair pour moi aussi… T’inquiète pas.



Merci en tout cas d’être présent comme tu le fais. De m’avoir accueillie chez toi, de m’aider pour tout ça…

Non, bah non… Me remercie pas, c’est normal. Faut… que j’assume.

-Ouais… On doit tous les deux assumer maintenant…

Comment c’est arrivé ? Je suis désolé, c’est nul comme question, surtout maintenant, mais tu m’avais dit que tu prenais la pilule…

C’est le cas… Faut croire que ça marche pas si bien… J’suis désolée, Erwan…

Je suis désolé aussi, Anja…

Comment on fait maintenant ?

J’en sais rien… On fait au mieux ?

Ça t’arrive pas de pas être positif ? J’aime ça chez toi, ne change jamais ça.

Franchement, je sais pas. Tu… Tu vas rester ici ? Je pense qu’on peut bien faire les choses si tu restes ici, mais je sais pas ce que tu veux vraiment…

Je savais pas non plus. Je veux juste être avec lui maintenant. Mais je veux que tu sois là aussi, pour lui. Ça t’irait si je restais par là… ?

Bien sûr, oui, bien sûr que oui !

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27 juil. 2025, 17:48
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Anjali resterait donc dans le coin. C’était un soulagement pour Erwan, enfin… Le soulagement était surtout dans le fait qu’il s’assurait que son fils reste aussi ici. La perspective de devoir se battre pour qu’il ne parte pas définitivement en Inde l’avait épuisé le court temps où il se l’était imaginée. Alors qu’il faisait les cent pas dans ce couloir d’hôpital, Erwan se demandait à quoi allait ressembler sa nouvelle vie. Père à mi-temps, il allait devoir travailler quelque part… L’héritage qu’il avait reçu de ses grands-parents était pour son entreprise, pas pour disparaître à petit feu pour le quotidien d’une famille. C’était un matelas confortable qui lui permettait de garder cet appartement qui coûtait trop cher pour la plupart des jeunes de son âge, mais il allait falloir trouver autre chose. Il irait dès demain prospecter pour un travail, sur le Chemin de Traverse sûrement…? Pour le moment, il attendait que ses parents arrivent de Bristol pour faire la rencontre de son fils dont ils avaient appris l’existence seulement deux semaines avant sa naissance… Le jeune homme avait appelé sa mère au téléphone pour l’appel téléphonique le plus lunaire qui lui ait été donné de passer.

•••


Allô maman ?
Oui mon cœur ? Tout va bien ?
Oui, oui, tout va bien. Enfin… oui, si, tout va bien.
T’es sûr ?
Ouais ouais, c’est juste que j’avais un truc à vous dire. À te dire surtout. Tu lui diras toi…
Tu me fais peur… T’es sûr que tout va bien ?
Bah… ça va. Mais il s’est passé quelque chose. Un truc… important que je dois te dire.
Dis-moi. T’inquiète pas, tu peux tout me dire. Si ça va et que je peux t’aider…
Merci maman. Il n’y a plus grand-chose à faire, mais… Bon… En fait, je… J’ai été avec cette fille en Inde. Anjali.
…Oui…
Et là elle a débarqué ici, chez moi.
Ah ça doit être elle à qui j’ai donné ta nouvelle adresse. Et… si c’était elle alors…
Oui, c’était bien elle.
C’est toi le père !?
Oui…

•••


S’en étaient suivis plusieurs appels entre mère et fils où Elizabeth s’était montrée de bon conseil pour Erwan. Elle n’avait cependant jamais fait mention de la réaction d’Yves à cette annonce. Erwan ne s’en souciait plus de toute façon… Pourtant elle avait bien dit « qu’ils » viendraient le 8… Alors Erwan attendait, anxieux. Entre considérations du futur à moyen terme et appréhension du futur immédiat. Qu’espérait son père en venant ici ? Cela faisait cinq ans qu’il avait abandonné Erwan. Pas sur la forme non, ça il était toujours là, mais sur le fond oui… Lui qui était si doux et attentionné avec Erwan pendant son enfance. Poudlard avait détruit le peu de bien qu’il semblait avoir existé en son père. Et aujourd’hui il venait rencontrer son petit-fils !? Il faut d’abord être père pour devenir grand-père. Pensait-il que son sang lui donnait un quelconque droit sur cet enfant ? Était-il aussi stupide que ces sorciers qui donnaient de l’importance au sang ? Si Yves pensait ça c’est qu’il était après tout aussi stupide que ces sangs-purs qui trouvent que leur sang vaut mieux qu’un autre… Erwan nota ça dans un coin de sa tête pour lui renvoyer au visage si le ton venait à monter. Ce qui arrivait à peu près à chaque fois que ces deux-là s’adressaient la parole.

Mais à quatorze heures, un sms arriva sur le téléphone d’Erwan. C’était assez rare… Il avait assez peu de contacts enregistrés dedans, et encore moins étaient susceptibles de lui envoyer un message textuel. À part Anjali, mais elle était dans la chambre à une dizaine de mètres d’ici… C’était sa mère, qui probablement pour ne pas déranger la quiétude du semblant de silence qui régnait à la maternité, avait préféré cette forme. « Je suis au troisième étage, mais je trouve pas la chambre. ». Elle parlait à la première personne, laissant penser à Erwan qu’elle était finalement seule… S’ils étaient tous les deux au même étage, alors il devrait vite la trouver. Il tomba sur elle au bout de deux minutes de recherches. Elle était toujours aussi belle malgré le visage anxieux qu’elle affichait…

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31 juil. 2025, 01:41
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Maman !

Oh ! Coucou mon fils. Ça va ? Tu as l’air fatigué…

Ça va oui. Ça va… Tu es toute seule ?

Oui… Mais nous parlerons de ça plus tard. Pour le moment, je veux rencontrer mon petit-fils !

Erwan prit la route de leur chambre, dirigeant sa mère vers celui qui venait de faire d’elle une grand-mère. Ce n’était pas loin, et les quelques banalités que mère et fils échangèrent jusqu’à y être ne parvinrent pas à chasser de la tête d’Erwan le torrent de questions et de sentiments que son absence créait. Quelques minutes plus tôt, le jeune père notait dans sa tête les piques qu’il pourrait lui envoyer au visage si il se pointait, et maintenant qu’il réalisait son absence, une colère qui ne dit pas son nom s’installait en lui. Est-ce qu’il avait assez renoncé à son fils pour ne même pas daigner rencontrer son petit-fils ? S’était-il à ce point empêtré dans la haine, dans le rejet de ses origines et de sa descendance ? Il tenta de chasser ces considérations une fois entrés dans la chambre, pour ne pas faire payer à sa mère un comportement dont elle n’était pas responsable. Quoi que son père fasse, cela semblait ne pas convenir à Erwan. C’était peut-être lui le problème, mais il n’était pas prêt à conscientiser cette possibilité.

La joie qui s’affichait sur le visage de la toute nouvelle grand-mère acheva de sortir Erwan de son marasme. Il ne pouvais pas, ou plutôt il ne pouvait plus, laisser son père gâcher ce qu’il y avait de beau dans sa vie. Voir sa mère prendre son fils dans ses bras était une belle image qu’Erwan garderait toujours en mémoire. Yves ne pouvait pas ternir cela. Honnêtement, il ne pouvait plus rien dans la vie d’Erwan.

Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe

10 sept. 2025, 10:27
 PNJ   solo  Succession(s)
Vendredi 2 septembre 2050
15h


L’été s’était achevé. Ce constat, pourtant relativement simpliste et dénué d’intérêt pour beaucoup, laissait Erwan dans une nostalgie inhabituelle. Il n’avait plus apprécié un été depuis qu’il était rentré à Poudlard. Les mois de juillet et août avaient été pour lui, depuis ses onze ans, synonymes d’ennui, d’angoisse et de peine. Chaque retour à Bristol était une plaie qui mettait autant de temps à se refermer que de temps où il restait là-bas. Tout n’était pas ténébreux, il aimait retrouver la douceur de sa mère, il était parfois allé en France visiter ses grands-parents et ses nombreux oncles et cousins, mais c’était globalement une période qu’Erwan n’appréciait pas. En grande partie à cause de son père, le reste venait du fait de quitter Poudlard et ses amis. L’été précédent avait donc été une gigantesque dépression jusqu’à ce qu’il décide de partir découvrir le monde. Et voilà qu’un an plus tard, il pouvait de nouveau faire le bilan de la saison estivale ! Pour la première fois depuis des années, Erwan était triste de la voir se terminer… Il faut dire que l’été avait été beau pour lui et que le chemin parcouru cette année était colossal. L’été 2050 était une succession de rayons de soleil pour son moral. Tout d’abord, il n’avait pas passé une seule journée à Bristol, c’était déjà suffisant pour le classer dans les meilleurs de sa vie ! Mais il avait découvert la paternité, le travail au magasin Weasley, il était retourné une journée à Poudlard, il avait pu revoir un grand nombre de ses anciens camarades, ils avaient même organisé une farce pour la rentrée des élèves de Poudlard, il s’était installé à Londres dans son propre appartement et, contre toute attente, il était même tombé amoureux…

Alors certes le printemps avait été médiocre, décès de ses deux grands-parents paternels qu’il adorait, ce qui avait écourté son voyage autour du globe, l’annonce de la grossesse d’Anjali à moins d’un mois du terme, la mise en pause de son rêve de posséder sa propre boutique de jeux de société… Rien ne s’était passé comme il aurait pu l’imaginer. Mais, alors qu’il faisait le bilan, force était de constater que l’été avait contrebalancé ça avec brio. Septembre s’était pointé, vidant drastiquement les rayons du magasin Weasley, farces pour sorciers facétieux. Fini les visites impromptues d’anciens camarades, ils étaient tous retournés à leurs études ou emplois. Il n’avait aucune certitude quant à la prochaine fois qu’il croiserait Alice et encore moins sur le fait qu’il n’était pas fou de ne pas tenter de l’oublier. Bref, tout redevenait plus calme et moins tumultueux avec le mois de septembre. À quelle saison qui le précédait ressemblerait cet automne ? Ce n’était pas un printemps désastreux qui viendrait ébranler l’optimisme d’Erwan, mais la fin de journée de ce vendredi 2 septembre en était peut-être capable…

Il était quinze heures quand George libéra Erwan une heure plus tôt que ce qui était prévu. La journée était calme et le rythme des dix derniers jours d’août avait été éreintant. Comme il en avait pris l’habitude au cours de l’été, le jeune homme jeta un furtif coup d’œil à son téléphone moldu une fois sorti de la boutique. L’habitude était née de sa volonté d’avoir des nouvelles de la journée de son fils ou une petite photo. C’était rare, mais cela arrivait parfois. Maintenant qu’Anjali avait repris sa thèse à l’université, il était devenu encore moins probable qu’il ait un message, or ce téléphone ne servait quasiment qu’à ça… Néanmoins, il put voir qu’il avait deux appels en absence. Saisi d’une angoisse soudaine que quelque chose ait pu arriver à Vihan, Erwan se jeta sur son téléphone dans une précipitation qui ne rendit pas la découverte de l’auteure des appels plus rapide, mais qui trahissait son appréhension. Le soulagement fut tout aussi précipité quand il réalisa que c’était sa mère qui avait tenté de le joindre en début d’après-midi. Le téléphone rangé dans la poche de sa veste, il prit la route de son appartement. Il serait posé chez lui d’ici une grosse vingtaine de minutes et il pourrait, à ce moment-là, décider de s’il rappelait sa mère immédiatement ou non.

Il était finalement dix-neuf heures passées quand Erwan posa enfin ses fesses dans son canapé. L’opportunité de passer chez Anjali s’était présentée et il n’avait pas hésité à la saisir pour passer un peu de temps avec son fils. Les deux appels manqués de sa mère lui étaient sortis de la tête… Comment ne pas oublier ce détail en voyant la bouille de ce merveilleux petit garçon sourire ? Mais son téléphone, resté dans la poche intérieure de sa veste, sonna à ce moment-là et Erwan eut le pressentiment que c’était à nouveau elle qui appelait et qu’il ne devait pas repousser plus sa réponse. À l’autre bout du fil, la voix sanglotante de sa mère. Une voix si chargée d’émotions qu’elle n’arrivait pas à articuler d’intelligibles mots. Mais Erwan n’avait pas besoin de plus intelligible, il avait entendu l’essentiel en quatre mots. «Ton père… Hôpital… mort.».

Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe