Quand les sortilèges ont un prix
Évidemment, il s'écroule comme une poupée de chiffon. Ni une ni d'eux, je m'élance vers lui. Inutile, cependant, de le secourir d'une quelconque façon : il est déjà par terre et il est tombé sans violence aucune et sans se faire mal. Je me contente de m'accroupir devant lui, me mettant ainsi au niveau de son regard. Mes sourcils sont froncés. Plus que de l'inquiétude, c'est l'agacement qui les froisse. Il est vraiment mal en point et moi je n'ai aucune envie de m'occuper d'un enfant malade. Je jette un coup d’œil par les barreaux de la rambarde. Je n'aperçois pas l'homme de là où je me trouve mais je sais qu'il est toujours en bas. Merlin, le bruit que nous faisons ne peut-il pas le motiver à venir voir ce qui se passe ? Est-il donc si lâche ?
Je l'aurais appelé si mon nom et mon prénom n'étaient pas sortie de la bouche de l'adolescent. Soudain méfiante, je l'observe avec attention. Il me connait ; je ne le connais pas — je déteste cela. J'ai beau fouiller ma mémoire, les traits de son visage ne me disent rien. Mais peut-être me suis-je méprise sur son âge, peut-être n'est-il pas aussi jeune que ce que je pensais. Oui, en poussant un peu je pourrais lui donner seize ou dix-sept ans. Peut-être m'a-t-il connu à Poudlard ? Ai-je connu un Grimwood ? Oui, non... Peut-être ? Comment pourrais-je le savoir, j'ai toujours occupé mon temps de façon intelligente et retenir les noms de famille de mes camarades n'a jamais été une occupation intelligente. Mais je suis habituée à ce que l'on me reconnaisse malgré moi, alors je ne suis pas si étonnée que cela qu'il me connaisse. Que connait-il à mon propos ? Ma froideur, mon renvoi, Zikomo, mes coups de sang ?
Je m'éloigne quand il se met à tousser, les lèvres pincées, mon regard pesant sur lui. Il aurait besoin d'une potion que je n'ai pas sur moi et je ne compte pas me plier en quatre pour la lui fournir. Je ne suis pas sa mère, après tout.
« Et bien c'est moi qui suis là, conclus-je d'un ton sec. Et dans ton état tu devrais éviter de te lever. Tu es incapable de faire le moindre pas. »
Je jette un regard embêté à ses membres repliés sous lui. Je pourrais le faire voler magiquement, mais je doute qu'il apprécie. Et puis il faudrait qu'il reste calme et je doute qu'il en soit capable. Il ne manquerait plus qu'il soit pris de nausée une fois en l'air et qu'il me dégobille dessus. Merlin, pourquoi ma première mission doit-elle se dérouler ainsi ? Je pousse un long soupir en me frottant les paupières.
« Bon, tu vas pas rester là, affirmé-je, embêtée qu'une personne malade se retrouve dans cet état-là devant moi — j'entends déjà tous les reproches que maman pourrait me faire, guérisseuse de son état qui, si elle a souvent fait preuve de froideur et d'une certaine distance, a toujours grandement pris soin de notre santé, peut-être même trop. Tu peux te lever ? Enfin, dans tous les cas... »
Je me redresse d'un geste fluide en poussant sur mes genoux. Je le considère de toute ma hauteur.
« C'est ton père, là, en bas ? » Je désigne l'escalier du pouce. « Je vais l'appeler. Je vais pas te border, non plus. »
Je l'aurais appelé si mon nom et mon prénom n'étaient pas sortie de la bouche de l'adolescent. Soudain méfiante, je l'observe avec attention. Il me connait ; je ne le connais pas — je déteste cela. J'ai beau fouiller ma mémoire, les traits de son visage ne me disent rien. Mais peut-être me suis-je méprise sur son âge, peut-être n'est-il pas aussi jeune que ce que je pensais. Oui, en poussant un peu je pourrais lui donner seize ou dix-sept ans. Peut-être m'a-t-il connu à Poudlard ? Ai-je connu un Grimwood ? Oui, non... Peut-être ? Comment pourrais-je le savoir, j'ai toujours occupé mon temps de façon intelligente et retenir les noms de famille de mes camarades n'a jamais été une occupation intelligente. Mais je suis habituée à ce que l'on me reconnaisse malgré moi, alors je ne suis pas si étonnée que cela qu'il me connaisse. Que connait-il à mon propos ? Ma froideur, mon renvoi, Zikomo, mes coups de sang ?
Je m'éloigne quand il se met à tousser, les lèvres pincées, mon regard pesant sur lui. Il aurait besoin d'une potion que je n'ai pas sur moi et je ne compte pas me plier en quatre pour la lui fournir. Je ne suis pas sa mère, après tout.
« Et bien c'est moi qui suis là, conclus-je d'un ton sec. Et dans ton état tu devrais éviter de te lever. Tu es incapable de faire le moindre pas. »
Je jette un regard embêté à ses membres repliés sous lui. Je pourrais le faire voler magiquement, mais je doute qu'il apprécie. Et puis il faudrait qu'il reste calme et je doute qu'il en soit capable. Il ne manquerait plus qu'il soit pris de nausée une fois en l'air et qu'il me dégobille dessus. Merlin, pourquoi ma première mission doit-elle se dérouler ainsi ? Je pousse un long soupir en me frottant les paupières.
« Bon, tu vas pas rester là, affirmé-je, embêtée qu'une personne malade se retrouve dans cet état-là devant moi — j'entends déjà tous les reproches que maman pourrait me faire, guérisseuse de son état qui, si elle a souvent fait preuve de froideur et d'une certaine distance, a toujours grandement pris soin de notre santé, peut-être même trop. Tu peux te lever ? Enfin, dans tous les cas... »
Je me redresse d'un geste fluide en poussant sur mes genoux. Je le considère de toute ma hauteur.
« C'est ton père, là, en bas ? » Je désigne l'escalier du pouce. « Je vais l'appeler. Je vais pas te border, non plus. »
Quand les sortilèges ont un prix
L'adolescent, bien que malade, buvait les paroles d'Aelle comme s'il faisait face à une déesse ou une divinité qu'il fallait respecter en tout point. Elle aurait pu lui demander de sauter de l'escalier qu'il se serait exécuté sans poser de questions. Son grand frère avait nommé la sorcière assez souvent lors de leurs conversations et, le sujet était toujours le même : son talent. Il avait eu beau la critiquer, la trouver hautaine, froide, désagréable et même vilaine, l'ancien Serdaigle était toujours arrivé à la même conclusion, il ne pourrait jamais être aussi bon qu'Aelle Bristyle. Il avait beau passer des heures à travailler sans relâche quitte à sacrifier des heures de sommeil, il ne lui arrivait pas à la cheville et cette simple pensée lui avait été insupportable. Alors bien sur, quand il avait entendu qu'elle ne poursuivait pas ses études et qu'elle avait du passer par la case du rattrapage lors de sa première année d'étude supérieure, Solen avait roulé des épaules car lui, il n'avait pas eu de besoin des rattrapages et lui, n'avait pas abandonné ses études. Et voilà qu'aujourd'hui, la sorcière se trouvait chez lui, en haut des escaliers menant aux chambres de la familles Grimwood.
Oui c'est lui. Avait il répondu à la sorcière avant de tousser à nouveau. La toux avait été si intense qu'il en avait eu des étoiles dans les yeux avant de voir à nouveau la sorcière qui lui annonça qu'elle ne comptait pas le border. Dommage, Solen aurait été fou de rage de savoir ça. Lui avait il balancé avant de rire entre deux quintes de toux.
Pendant ce temps, au rez de chaussée, le père de famille qui n'avait pas eu la jugeote de vérifier la présence ou non de ses enfants dans la maison, faisait les 400 pas dans la cuisine en attendant que l'eau de son thé soit chaude. Une fois le bip de l'appareil indiquant que l'eau était à la température idéale, il allait se servir un thé blanc avant de pester contre l'eau qui avait giclé de la tasse jusqu'à son poignet, le condamnant à une petite cloque.
Oui c'est lui. Avait il répondu à la sorcière avant de tousser à nouveau. La toux avait été si intense qu'il en avait eu des étoiles dans les yeux avant de voir à nouveau la sorcière qui lui annonça qu'elle ne comptait pas le border. Dommage, Solen aurait été fou de rage de savoir ça. Lui avait il balancé avant de rire entre deux quintes de toux.
Pendant ce temps, au rez de chaussée, le père de famille qui n'avait pas eu la jugeote de vérifier la présence ou non de ses enfants dans la maison, faisait les 400 pas dans la cuisine en attendant que l'eau de son thé soit chaude. Une fois le bip de l'appareil indiquant que l'eau était à la température idéale, il allait se servir un thé blanc avant de pester contre l'eau qui avait giclé de la tasse jusqu'à son poignet, le condamnant à une petite cloque.
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Quand les sortilèges ont un prix
Sa toux entrecoupe désagréablement ses paroles. À chaque fois qu'il ouvre la bouche, c'est pour ponctuer sa phrase d'un vilain bruit de gorge qui prouve à quel point il est malade. Pourquoi ses parents ne lui ont pas donné de Pimentine ? Pourquoi est-ce que c'est à moi de gérer ce gosse ? Et puis, je ne comprends rien à ce qu'il me raconte, ce qui me fait froncer les sourcils encore plus fort. Solen ? Qui est Solen ? Ce prénom étrange, et rare, me dit quelque chose. Automatiquement, je pense à un garçon, même si le prénom m'inspire celui d'une fille. Peut-être l'ai-je entendu à Poudlard ? Les Jack ou les John, on les oublie rapidement, mais les Solen un peu moins. Est-il de mon année ou de celle inférieure ? Était-ce un Grimwood, lui aussi ? Son frère ? Cela semblerait logique, mais je n'aime pas faire des hypothèses. Et puis au final, je m'en fiche.
« Pourquoi ? je réplique sur un ton ironique. Parce que Solen aurait voulu que je le borde, lui ? »
C'est évidemment une question rhétorique et je la ponctue d'un petit ricanement qui n'a rien de gentil. Qui qu'il soit, je doute qu'il ait voulu se faire border par la terrible, la méchante Aelle Bristyle, celle dont on parle à son petit frère, ou qui que soit ce gosse malade, en des termes peu élogieux.
J'adresse un dernier regard à l'enfant à terre avant de m'approcher de la rambarde pour essayer de trouver le père. N'a-t-il pas dit qu'il restait là ? Je ne l'aperçois nulle part, même s'il me semble entendre quelques bruits en provenance de la cuisine. Je pousse un long soupir et ose me pencher par-dessus la rambarde pour lancer un :
« Monsieur ? » Et d'ajouter sans attendre : « Votre fils, là, il aurait besoin d'aide. »
Je ne sais pas s'il m'aura entendu. Peut-être est-il carrément sorti de la maison, finalement, de crainte que l'origine des bruits que nous avons entendu plus tôt soit trop dangereuse pour lui. Un lâche qui m'aurait laissé tout gérer, persuadé de faire face à un monstre terrible qui se serait caché dans les recoins de sa maison. En guise de monstre, c'est avec un gamin malade que je me retrouve et je suis embêtée de le voir si misérable par terre, avec cette toux qui lui déchire les poumons.
Poussant un nouveau soupir, je me place de nouveau devant lui, tête baissée pour pouvoir le regarder de toute ma hauteur.
« Tu as besoin d'aide pour te relever ? » demandé-je d'une voix tendue.
S'il m'informe qu'il en a besoin, et seulement s'il le fait de façon claire et concise, je consentirai à lui tendre ma main pour lui laisser l'occasion de la saisir ; ou alors je l'attraperai par le bras pour le redresser. Mais je ne ferai rien tant qu'il n'en fera pas la demande.
« Pourquoi ? je réplique sur un ton ironique. Parce que Solen aurait voulu que je le borde, lui ? »
C'est évidemment une question rhétorique et je la ponctue d'un petit ricanement qui n'a rien de gentil. Qui qu'il soit, je doute qu'il ait voulu se faire border par la terrible, la méchante Aelle Bristyle, celle dont on parle à son petit frère, ou qui que soit ce gosse malade, en des termes peu élogieux.
J'adresse un dernier regard à l'enfant à terre avant de m'approcher de la rambarde pour essayer de trouver le père. N'a-t-il pas dit qu'il restait là ? Je ne l'aperçois nulle part, même s'il me semble entendre quelques bruits en provenance de la cuisine. Je pousse un long soupir et ose me pencher par-dessus la rambarde pour lancer un :
« Monsieur ? » Et d'ajouter sans attendre : « Votre fils, là, il aurait besoin d'aide. »
Je ne sais pas s'il m'aura entendu. Peut-être est-il carrément sorti de la maison, finalement, de crainte que l'origine des bruits que nous avons entendu plus tôt soit trop dangereuse pour lui. Un lâche qui m'aurait laissé tout gérer, persuadé de faire face à un monstre terrible qui se serait caché dans les recoins de sa maison. En guise de monstre, c'est avec un gamin malade que je me retrouve et je suis embêtée de le voir si misérable par terre, avec cette toux qui lui déchire les poumons.
Poussant un nouveau soupir, je me place de nouveau devant lui, tête baissée pour pouvoir le regarder de toute ma hauteur.
« Tu as besoin d'aide pour te relever ? » demandé-je d'une voix tendue.
S'il m'informe qu'il en a besoin, et seulement s'il le fait de façon claire et concise, je consentirai à lui tendre ma main pour lui laisser l'occasion de la saisir ; ou alors je l'attraperai par le bras pour le redresser. Mais je ne ferai rien tant qu'il n'en fera pas la demande.