Là où le vent s'échappe
Mardi 28 décembre 2049
Godric's Hollow
20 ans
Je m'éloigne des grandes artères pour me perdre dans les rues. Mes pas traînants m'amènent jusqu'à un petit square comme on en trouve souvent dans les grandes villes. Une place discrète, cernée par des façades ciselées aux briques noircies par l'humidité. Une bulle de silence au cœur de la capitale sorcière. Le square est composé de quelques arbres, de bancs, d'un espace de jeux pour enfant. Un hippogriffe en bois bat doucement des ailes en attendant son ou sa prochaine cavalière ; il est accompagné d'un dragon sur lequel est déjà perché un petit sorcier. Malgré les quelques enfants présents, le silence n'est pas troublé. La faute à la neige, peut-être ? Sa couverture duveteuse recouvre les pavés. De rares flocons continuent de tomber du ciel pale. Les températures sont basses et le vent froid rougit le bout du nez et des doigts. Et puis, c'est l'heure du thé. À cette heure-là, les bons petits anglais ont autre chose à faire que de se promener dans les rues.
Je ne suis pas une bonne petite anglaise. En sortant de ma chambre, j'ai vu Narym blotti sur le canapé du salon, son visage baissé était baigné des lueurs de la cheminée. Il était encore plongé dans le dossier d'adoption de Mackensie-qui-ne-s'appelle-peut-être-pas-Mackensie. L'enfant sans nom à venir. L'idée de m'asseoir près de lui et de supporter sa logorrhée sur son enfant à venir m'a rendue malade. Depuis hier, son sourire ne quitte plus ses joues, ses yeux ne cessent de briller. Je n'avais pas envie de penser à l'enfant, ni envie de voir mon frère se noyer dans le bonheur. Alors j'ai quitté l'appartement et depuis, je sillonne les rues de la capitale. Je n'arrive pas à me débarrasser de ce poids dans mon cœur.
Je fais le tour du square et me laisse tomber sur le banc le plus éloigné de l'aire de jeux. En face de moi se trouve un arbre dont les branches nues et rachitiques s'élèvent vers le ciel. J'ai l'impression de voir des doigts décharnés qui essaient de s'accrocher aux nuages. Les sourcils froncés, je reste un long moment à observer l'arbre, les membres figés par une tétanie qui n'a rien à voir avec les températures. Quand l'un des enfants s'approchent trop près de moi, je tourne la tête dans l'autre sens pour ne pas le voir.
Godric's Hollow
20 ans
Je m'éloigne des grandes artères pour me perdre dans les rues. Mes pas traînants m'amènent jusqu'à un petit square comme on en trouve souvent dans les grandes villes. Une place discrète, cernée par des façades ciselées aux briques noircies par l'humidité. Une bulle de silence au cœur de la capitale sorcière. Le square est composé de quelques arbres, de bancs, d'un espace de jeux pour enfant. Un hippogriffe en bois bat doucement des ailes en attendant son ou sa prochaine cavalière ; il est accompagné d'un dragon sur lequel est déjà perché un petit sorcier. Malgré les quelques enfants présents, le silence n'est pas troublé. La faute à la neige, peut-être ? Sa couverture duveteuse recouvre les pavés. De rares flocons continuent de tomber du ciel pale. Les températures sont basses et le vent froid rougit le bout du nez et des doigts. Et puis, c'est l'heure du thé. À cette heure-là, les bons petits anglais ont autre chose à faire que de se promener dans les rues.
Je ne suis pas une bonne petite anglaise. En sortant de ma chambre, j'ai vu Narym blotti sur le canapé du salon, son visage baissé était baigné des lueurs de la cheminée. Il était encore plongé dans le dossier d'adoption de Mackensie-qui-ne-s'appelle-peut-être-pas-Mackensie. L'enfant sans nom à venir. L'idée de m'asseoir près de lui et de supporter sa logorrhée sur son enfant à venir m'a rendue malade. Depuis hier, son sourire ne quitte plus ses joues, ses yeux ne cessent de briller. Je n'avais pas envie de penser à l'enfant, ni envie de voir mon frère se noyer dans le bonheur. Alors j'ai quitté l'appartement et depuis, je sillonne les rues de la capitale. Je n'arrive pas à me débarrasser de ce poids dans mon cœur.
Je fais le tour du square et me laisse tomber sur le banc le plus éloigné de l'aire de jeux. En face de moi se trouve un arbre dont les branches nues et rachitiques s'élèvent vers le ciel. J'ai l'impression de voir des doigts décharnés qui essaient de s'accrocher aux nuages. Les sourcils froncés, je reste un long moment à observer l'arbre, les membres figés par une tétanie qui n'a rien à voir avec les températures. Quand l'un des enfants s'approchent trop près de moi, je tourne la tête dans l'autre sens pour ne pas le voir.
Là où le vent s'échappe
Crystal sourit, les yeux brillants et les cheveux tourbillonnant dans la neige duveteuse tombant du ciel. Pour une fois, elle s'était promis de passer la journée sans repenser à lacte-horrible-de-ses-parents-qui-ne-sont-plus-ses-parents. La jeune fille ramassa un peu de neige sur la place, avant de la lancer dans les airs.
D'autres enfants étaient sur la place, tous aussi joyeux qu'elle. Mais Crystal n'avait aucune intention d'aller les voir, ils étaient trop petits et inconnus pour elle. Le fait de rencontrer de nouvelles personnes ne la gênait pas vraiment, mais celle de s'occuper de jouer avec de petits enfants la dérangeait bien plus.
Crystal remarqua soudain une ombre dans le tableau. Une femme, d'une vingtaine d'années sans doute se tenait avachie sur un banc, indifférente à l'humeur festive de Noël qui s'infiltrait partout dans les airs.
La jeune fille remarqua qu'elle détournait la tête des qu'un enfant s'approchait de son banc. Tête - neige... ces deux mots firent germer une idée dans la cervelle de la Serpentarde. Ses yeux pétillants de mesquinerie, la jeune fille prit de la neige dans sa main, pour en former une boule compacte, mais dont le choc sur le visage de sa cible ne ferait pas mal.
Doucement, Crystal s'approcha de la dame, attendant que celle ci tourne la tête, comme elle l'avait fait quelques instants plus tôt. Silencieuse, la jeune fille arma son bras, attendant le moment opportun pour frapper. Trois, deux, un...
Go ! La boule de neige partit comme une fusée avant de percuter sa cible de plein fouet. Crystal grimaça en espérant ne pas avoir fait trop mal à sa victime. Elle s'approcha doucement, la mine déconfite avant de lui dire :
- Excusez moi, je ne voulais pas vous faire de mal... simplement, vous aviez l'air si triste en cette semaine de Noël... j'espère que mon geste de folie ne vous aura pas fait de mal. Je m'en excuse si tel est le cas.
Le sourire de Crystal reparut aussi vite qu'il avait déserté, symbole de sa joie de se retrouver en vacances, à Godric’s Hollow. Même si sa mère venait gâcher la semaine, rien ne pouvait altérer son humeur dans un moment pareil. Rien.
363. @Aelle Bristyle, désolée pour le retard !
D'autres enfants étaient sur la place, tous aussi joyeux qu'elle. Mais Crystal n'avait aucune intention d'aller les voir, ils étaient trop petits et inconnus pour elle. Le fait de rencontrer de nouvelles personnes ne la gênait pas vraiment, mais celle de s'occuper de jouer avec de petits enfants la dérangeait bien plus.
Crystal remarqua soudain une ombre dans le tableau. Une femme, d'une vingtaine d'années sans doute se tenait avachie sur un banc, indifférente à l'humeur festive de Noël qui s'infiltrait partout dans les airs.
La jeune fille remarqua qu'elle détournait la tête des qu'un enfant s'approchait de son banc. Tête - neige... ces deux mots firent germer une idée dans la cervelle de la Serpentarde. Ses yeux pétillants de mesquinerie, la jeune fille prit de la neige dans sa main, pour en former une boule compacte, mais dont le choc sur le visage de sa cible ne ferait pas mal.
Doucement, Crystal s'approcha de la dame, attendant que celle ci tourne la tête, comme elle l'avait fait quelques instants plus tôt. Silencieuse, la jeune fille arma son bras, attendant le moment opportun pour frapper. Trois, deux, un...
Go ! La boule de neige partit comme une fusée avant de percuter sa cible de plein fouet. Crystal grimaça en espérant ne pas avoir fait trop mal à sa victime. Elle s'approcha doucement, la mine déconfite avant de lui dire :
- Excusez moi, je ne voulais pas vous faire de mal... simplement, vous aviez l'air si triste en cette semaine de Noël... j'espère que mon geste de folie ne vous aura pas fait de mal. Je m'en excuse si tel est le cas.
Le sourire de Crystal reparut aussi vite qu'il avait déserté, symbole de sa joie de se retrouver en vacances, à Godric’s Hollow. Même si sa mère venait gâcher la semaine, rien ne pouvait altérer son humeur dans un moment pareil. Rien.
363. @Aelle Bristyle, désolée pour le retard !
Ex-Préfète de Serpentard (29/04/25 au 12/11/25) - Au revoir, ce n'est qu'un au revoir !
Là où le vent s'échappe
Je suis en train de regarder les branches rachitiques de l'arbre s'élever vers le ciel lorsqu'une chose me percute. Le choc sur ma joue, le froid qui se répand comme une flamme glaciale sur la peau, la neige qui tombe dans mon cou, qui se glisse sous le col de ma cape ; c'est d'abord le froid qui me fait m'éjecter du banc dans un cri surpris, mais rapidement c'est le choc de m'être fait frapper par quelque chose qui prend le pas sur le reste, sur la surprise et sur le froid. Avant même de regarder autour de moi, je me frotte la joue et me passe la main dans la nuque pour l'en débarrasser de la neige qui est déjà en train de fondre contre ma peau.
De violons frissons me secouent l'échine. Je les oublie au moment même où mes yeux se déposent sur la petite fille qui s'approche de moi. Mes yeux sont plissés par la méfiance ; j'avise sa grimace, ses yeux penauds lorsqu'elle prend la parole. Lorsqu'elle se met à sourire, je pince les lèvres.
« Et donc toi, quand quelqu'un te semble triste tu lui balances une putain de boule de neige dans la tête, c'est ça ? je lui balance d'une voix dure, la mine furieuse. Parce que ça te semble logique ? »
Ma mauvaise humeur s'est enflammée pour se transformer en colère. Je la sens qui grouille dans les allées sinueuses de mon esprit et qui prend de l'ampleur à cause de cette toute petite, minuscule, insignifiante petite fille. Je me retiens à grande peine d'attraper ma baguette magique. Ce ne serait pas la première fois que j'ensevelis un enfant sous une gerbe de neige. À Poudlard, des petits idiots malins il en existait à la pelle et à chaque fois que l'un d'eux a cru que ça pouvait être une bonne idée de viser d'une boule de neige, il l'a amèrement regretté.
De violons frissons me secouent l'échine. Je les oublie au moment même où mes yeux se déposent sur la petite fille qui s'approche de moi. Mes yeux sont plissés par la méfiance ; j'avise sa grimace, ses yeux penauds lorsqu'elle prend la parole. Lorsqu'elle se met à sourire, je pince les lèvres.
« Et donc toi, quand quelqu'un te semble triste tu lui balances une putain de boule de neige dans la tête, c'est ça ? je lui balance d'une voix dure, la mine furieuse. Parce que ça te semble logique ? »
Ma mauvaise humeur s'est enflammée pour se transformer en colère. Je la sens qui grouille dans les allées sinueuses de mon esprit et qui prend de l'ampleur à cause de cette toute petite, minuscule, insignifiante petite fille. Je me retiens à grande peine d'attraper ma baguette magique. Ce ne serait pas la première fois que j'ensevelis un enfant sous une gerbe de neige. À Poudlard, des petits idiots malins il en existait à la pelle et à chaque fois que l'un d'eux a cru que ça pouvait être une bonne idée de viser d'une boule de neige, il l'a amèrement regretté.
Dernière modification par Aelle Bristyle le 1 août 2025, 10:51, modifié 1 fois.
Là où le vent s'échappe
Crystal se tint droite, le regard impassible. La jeune fille se demandait ce qu'allait répondre la sorcière qui avait été prise en proie par sa boule de neige. Sûrement rien de très flatteur. Même pas sur que quelque la sorcière ne rigole à cette boule de neige. Et en effet, la suite des évènements confirma cette hypothèse. Loin de prendre ce projectile à la rigolade, Crystal se prit un sermon en plein dans la figure. Aïe. Ce n'était pas ce à quoi elle s'attendait. Dommage. Mais il fallait désormais agir en conséquence. La jeune fille s'était montrée stupide. Mais ce n'était pas une raison pour parler de pareille manière à Crystal, comme l'avait fait la femme sur le banc. La Serpentarde n'avait pas peur. La peur, cette sensation étrange, ne l'attaquait pas souvent. Et lorsque c'était le cas, c'était dans des situations bien plus impitoyables que celle dans laquelle elle se trouvait désormais, à cause de son imprudence. Crystal s'approcha donc. Le voix douce qu'elle utilisa ne tromperait sûrement pas la sorcière. Son regard d'acier, inflexible en témoignerait sûrement.
- Je réitère mes excuses.
Crystal se tint droite la tête levée. Hors de question de se soumettre à cette sorcière. Personne ne devait parler ainsi. Loin d'avoir peur des conséquences de ses paroles, Crystal poursuivit, de la même manière qu'elle avait laissé éclater sa colère face à sa mère. D'une voix douce, mais inflexible. Avec cette détermination dans les yeux que rien ne pourrait déteindre.
- Peut être que mon geste n'était pas correct. Mais le vôtre l'était encore moins. Peut être que ça ne vous a pas plu de recevoir une boule de neige ainsi. Mais vous êtes vous demandée, en parlant de cette manière, si c'était correct de s'exprimer si rudement ? Souhaitez vous faire peur aux enfants qui jouent dans la neige, peu après Noël ? Ma manière de lancer une boule de neige n'était peut être pas correcte, certes. Mais celle de me le faire remarquer ne l'était pas non plus.
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- Je réitère mes excuses.
Crystal se tint droite la tête levée. Hors de question de se soumettre à cette sorcière. Personne ne devait parler ainsi. Loin d'avoir peur des conséquences de ses paroles, Crystal poursuivit, de la même manière qu'elle avait laissé éclater sa colère face à sa mère. D'une voix douce, mais inflexible. Avec cette détermination dans les yeux que rien ne pourrait déteindre.
- Peut être que mon geste n'était pas correct. Mais le vôtre l'était encore moins. Peut être que ça ne vous a pas plu de recevoir une boule de neige ainsi. Mais vous êtes vous demandée, en parlant de cette manière, si c'était correct de s'exprimer si rudement ? Souhaitez vous faire peur aux enfants qui jouent dans la neige, peu après Noël ? Ma manière de lancer une boule de neige n'était peut être pas correcte, certes. Mais celle de me le faire remarquer ne l'était pas non plus.
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Ex-Préfète de Serpentard (29/04/25 au 12/11/25) - Au revoir, ce n'est qu'un au revoir !
Là où le vent s'échappe
Mon regard colérique se transforme subitement pour prendre une teinte beaucoup plus accablée. Oui, accablée. Mes yeux dévalent le long du corps de cette petite fille qui s'exprime comme si elle avait un dictionnaire dans la bouche... Ou comme si elle avait été élevée dans ce genre de familles bourgeoises qui éduquent leurs enfants à parler avec de longues phrases et à s'exprimer comme des adultes. Je n'ai rien contre cela, en soit. Je trouve ça même plutôt bien que des enfants soient capables de s'exprimer d'une autre façon qu'en balbutiant et en utilisant des mots idiots, qu'ils puissent partager leur pensée à travers des phrases bien construites. Mais voilà, aujourd'hui je suis énervée, cette fille m'a énervée, sa boule de neige m'a énervée et sa façon de me faire la leçon alors qu'elle est clairement en tort m'énerve davantage.
« C'était pas correct ? » répété-je d'une voix dangereusement calme avant d'éclater d'un rire forcé qui n'a absolument rien, mais vraiment rien de drôle.
Mon rire résonne dans la petite cour et rebondit sur les grandes façades qui s'étirent autour de nous et nous cachent le ciel grisâtre. Les quelques enfants qui jouent encore sur la place se tournent vers nous, je le vois du coin de l'œil, mais je sais aussi que de là où ils sont ils ne peuvent pas nous entendre. Je n'arrive pas à croire que je me retrouve à devoir expliquer à une gamine qui doit avoir près de la moitié de mon âge pourquoi on ne reproche pas à une personne qu'on vient de frapper de mal réagir à notre comportement. Est-elle complètement idiote ou juste très insupportable ?
« Et alors quoi ? Je devrais m'excuser, tu crois ? Une petite idiote me lance une boule de neige sur la tronche et je devrais m'excuser de mal réagir ? Je sais pas dans quel putain de cocon t'as été élevée, mais tu vas rapidement en sortir si tu es persuadée que les gens vont s'excuser de mal réagir quand tu agis mal avec eux. »
Face à son comportement, à son calme, à sa façon toute noble de parler et de réagir, à son maintien fier et droit, mes insultes et ma vulgarité ne sont pas des choix du hasard. Peut-être ai-je bien envie de la choquer et de la titiller, au fond. Et tant pis si, à l'image de certains enfants que j'ai déjà rencontrés, elle prend ma vulgarité pour un manque d'éducation. De toute façon, elle croit déjà, dans son monde tout parfait et duveteux, que tout le monde réagira toujours bien quand elle se montrera désagréable ou méchante avec eux. Je n'ai pas la moindre intention de corriger les préjugés qu'elle a déjà sur moi. Par contre, j'ai bien l'intention de lui montrer qu'il n'existe pas que des gens appréciables dans ce monde et qu'elle n'est certainement pas tombée sur quelqu'un qui l'excusera d'un claquement de doigts. Je n'ai pas envie de l'excuser. Je n'ai pas envie d'être gentille. Je n'ai pas envie de passer l'éponge.
Cette scène me renvoie à une scène effarante de mon imagination : moi, dans plusieurs années, face à une insupportable gamine comme elle qui portera le prénom de Mackenzie. Je suis certaine que celle qui sera bientôt ma nièce (oh, Merlin, que ce mot me blesse !) se dressera comme ça devant moi un jour, avec l'éducation parfaite que mon parfait de frère lui aura donné et qu'elle me reprochera d'employer des mots vulgaires que son papa lui a toujours interdit d'utiliser.
« Assume un peu tes responsabilités, merde, » craché-je en direction de la fille.
Pour mieux ensuite me frotter la nuque pour l'en débarrasser des dernières gouttes de neige fondue qui me glacent jusqu'aux os.
« C'était pas correct ? » répété-je d'une voix dangereusement calme avant d'éclater d'un rire forcé qui n'a absolument rien, mais vraiment rien de drôle.
Mon rire résonne dans la petite cour et rebondit sur les grandes façades qui s'étirent autour de nous et nous cachent le ciel grisâtre. Les quelques enfants qui jouent encore sur la place se tournent vers nous, je le vois du coin de l'œil, mais je sais aussi que de là où ils sont ils ne peuvent pas nous entendre. Je n'arrive pas à croire que je me retrouve à devoir expliquer à une gamine qui doit avoir près de la moitié de mon âge pourquoi on ne reproche pas à une personne qu'on vient de frapper de mal réagir à notre comportement. Est-elle complètement idiote ou juste très insupportable ?
« Et alors quoi ? Je devrais m'excuser, tu crois ? Une petite idiote me lance une boule de neige sur la tronche et je devrais m'excuser de mal réagir ? Je sais pas dans quel putain de cocon t'as été élevée, mais tu vas rapidement en sortir si tu es persuadée que les gens vont s'excuser de mal réagir quand tu agis mal avec eux. »
Face à son comportement, à son calme, à sa façon toute noble de parler et de réagir, à son maintien fier et droit, mes insultes et ma vulgarité ne sont pas des choix du hasard. Peut-être ai-je bien envie de la choquer et de la titiller, au fond. Et tant pis si, à l'image de certains enfants que j'ai déjà rencontrés, elle prend ma vulgarité pour un manque d'éducation. De toute façon, elle croit déjà, dans son monde tout parfait et duveteux, que tout le monde réagira toujours bien quand elle se montrera désagréable ou méchante avec eux. Je n'ai pas la moindre intention de corriger les préjugés qu'elle a déjà sur moi. Par contre, j'ai bien l'intention de lui montrer qu'il n'existe pas que des gens appréciables dans ce monde et qu'elle n'est certainement pas tombée sur quelqu'un qui l'excusera d'un claquement de doigts. Je n'ai pas envie de l'excuser. Je n'ai pas envie d'être gentille. Je n'ai pas envie de passer l'éponge.
Cette scène me renvoie à une scène effarante de mon imagination : moi, dans plusieurs années, face à une insupportable gamine comme elle qui portera le prénom de Mackenzie. Je suis certaine que celle qui sera bientôt ma nièce (oh, Merlin, que ce mot me blesse !) se dressera comme ça devant moi un jour, avec l'éducation parfaite que mon parfait de frère lui aura donné et qu'elle me reprochera d'employer des mots vulgaires que son papa lui a toujours interdit d'utiliser.
« Assume un peu tes responsabilités, merde, » craché-je en direction de la fille.
Pour mieux ensuite me frotter la nuque pour l'en débarrasser des dernières gouttes de neige fondue qui me glacent jusqu'aux os.
Là où le vent s'échappe
Crystal regarda la femme répliquer, ne sachant pas vraiment à quoi s'attendre. Elle espérait des excuses, ou une remise en question, mais savait bien que ce ne serait pas aussi facile. Pourtant un espoir, vain, certes, mais un espoir tout de même l'animait encore. La tournure que prirent les phrases de la sorcière le brisèrent en mille morceaux. Très bien. Elle refusait de s'excuser ? Crystal agirait en conséquence. Une joute verbale venait de commencer. Hors de question pour la Serpentarde de la perdre. C'est pourquoi, loin de reculer, elle avança. Sa voix, qui, jusque la était douce devint glaciale. Crystal abandonnait la façade derrière laquelle elle s'était cachée. Il était temps que la femme comprenne que la jeune fille était tout sauf une princesse douce et gentille. Elle était dangereuse. Sarcastique. Manipulatrice. Mais tout sauf gentille. Peut être que la femme devant elle croyait que son rire l'avait désarçonné. C'était tout le contraire qui s'était produit. Crystal ne perdait pas. Jamais. Ce n'était pas aujourd'hui qu'une série d'échec commencerait.
Les yeux de la Serpentarde devinrent glaciaux à leur tour, tandis que sa voix prenait des aspects affutés. Chaque mot était un coup, lancé en direction de la femme qui lui faisait face. Chaque phrase, loin d'être une supplication, était une certitude, qui était inébranlable. Et cette certitude, ne murmurait qu'une seule chose. Ne lâches pas.
- Très bien. Je crois qu'on est d'accord sur ça alors. Vous venez de l'admettre. Nous avons toutes deux mal réagi. Je me suis excusée. Vous avez refusé mes excuses. Je ne vais pas courir derrière vous en vous suppliant de me pardonner. Je garde ma salive pour des choses plus intéressantes. Je ne la perds pas pour baver comme un chien devant son maître. Il serait temps que vous le compreniez.
En entendant parler d'un cocon dans lequel elle avait été élevée, Crystal ne put s'empêcher d'éclater à son tour d'un rire froid, inexpressif. La femme croyait vraiment qu'elle avait été élevée comme une princesse ? Elle se trompait comme jamais.
- Vous croyez peut être tout connaître de moi. Vous pensez sûrement que je suis une fille pourrie gâtée, élevée comme une princesse ? Vous voulez savoir la vérité ? Non ? Tant pis, je vous la dit quand même. Mes parents ne m'ont jamais protégée. Au contraire, ils me brisent un peu plus à chaque fois que je les vois. Il se sont divorcés durant les vacances ? Comment me l'ont ils annoncés ? Par une lettre. Par une putain de lettre. Croyez bien que mes supplications n'y ont rien changé. Ils n'ont même pas été foutu de s'excuser. Tiens, ironique. Cela me rappelle une certaine situation... Vous croyez sûrement qu'ils m'ont appris à parler ainsi. Ce n'est absolument pas vrai. Ce vocabulaire que j'utilise, c'est celui qui me permet de survivre face à eux. C'est la seule arme encore capable de leur faire du mal. Alors écoutez moi bien : je suis loin d'être celle que vous croyez que je suis. Mettez vous bien ça dans la tête.
Ma tirade s'achève dans un sourire froid. Je prends une boule de neige pour la faire valser entre mes mains. Si je le voulais, je pourrais l'envoyer vers cette femme, qui ne mérite d'ailleurs que ça. Mais je ne le fais pas. Je la lâche et la regarde exploser par terre, avant de relever les yeux.
- J'assume mes responsabilités, contrairement à ce que vous pensez savoir. Ma simple présence ici le prouve. J'aurais pu partir en courant aussitôt la boule lancée. Ca aurait été plus simple, non ? Mais je ne l'ai pas fait. Alors cessez de me juger comme si vous me connaissez. Il n'y a rien de plus faux.
621. Ma foi, j'adore ce Rp...
Les yeux de la Serpentarde devinrent glaciaux à leur tour, tandis que sa voix prenait des aspects affutés. Chaque mot était un coup, lancé en direction de la femme qui lui faisait face. Chaque phrase, loin d'être une supplication, était une certitude, qui était inébranlable. Et cette certitude, ne murmurait qu'une seule chose. Ne lâches pas.
- Très bien. Je crois qu'on est d'accord sur ça alors. Vous venez de l'admettre. Nous avons toutes deux mal réagi. Je me suis excusée. Vous avez refusé mes excuses. Je ne vais pas courir derrière vous en vous suppliant de me pardonner. Je garde ma salive pour des choses plus intéressantes. Je ne la perds pas pour baver comme un chien devant son maître. Il serait temps que vous le compreniez.
En entendant parler d'un cocon dans lequel elle avait été élevée, Crystal ne put s'empêcher d'éclater à son tour d'un rire froid, inexpressif. La femme croyait vraiment qu'elle avait été élevée comme une princesse ? Elle se trompait comme jamais.
- Vous croyez peut être tout connaître de moi. Vous pensez sûrement que je suis une fille pourrie gâtée, élevée comme une princesse ? Vous voulez savoir la vérité ? Non ? Tant pis, je vous la dit quand même. Mes parents ne m'ont jamais protégée. Au contraire, ils me brisent un peu plus à chaque fois que je les vois. Il se sont divorcés durant les vacances ? Comment me l'ont ils annoncés ? Par une lettre. Par une putain de lettre. Croyez bien que mes supplications n'y ont rien changé. Ils n'ont même pas été foutu de s'excuser. Tiens, ironique. Cela me rappelle une certaine situation... Vous croyez sûrement qu'ils m'ont appris à parler ainsi. Ce n'est absolument pas vrai. Ce vocabulaire que j'utilise, c'est celui qui me permet de survivre face à eux. C'est la seule arme encore capable de leur faire du mal. Alors écoutez moi bien : je suis loin d'être celle que vous croyez que je suis. Mettez vous bien ça dans la tête.
Ma tirade s'achève dans un sourire froid. Je prends une boule de neige pour la faire valser entre mes mains. Si je le voulais, je pourrais l'envoyer vers cette femme, qui ne mérite d'ailleurs que ça. Mais je ne le fais pas. Je la lâche et la regarde exploser par terre, avant de relever les yeux.
- J'assume mes responsabilités, contrairement à ce que vous pensez savoir. Ma simple présence ici le prouve. J'aurais pu partir en courant aussitôt la boule lancée. Ca aurait été plus simple, non ? Mais je ne l'ai pas fait. Alors cessez de me juger comme si vous me connaissez. Il n'y a rien de plus faux.
621. Ma foi, j'adore ce Rp...
Ex-Préfète de Serpentard (29/04/25 au 12/11/25) - Au revoir, ce n'est qu'un au revoir !
Là où le vent s'échappe
Et elle recommence. Sa voix prend une teinte beaucoup plus froide et si elle avait été adulte peut-être me serais-je sentie légèrement menacée — en tout cas aurais-je été touchée quelque part dans ma fierté. Mais voilà, elle n'est qu'une enfant, elle est petite, elle porte encore sur son visage les traces de l'enfance. Elle peut bien prendre sa voix la plus froide et teinter ses yeux de cette détermination glaciale qui brille dans son regard vert que ça ne changera rien à ce fait.
Face à son discours rondement bien articulé, je ne peux faire qu'une seule chose : lever les yeux au ciel. J'ai du mal à croire qu'elle m'emmerde réellement parce qu'elle n'a pas eu ce qu'elle voulait. Et après elle ose me dire qu'elle n'est pas pourrie gâtée, qu'elle n'a pas grandi dans un cocon ? Pourtant, elle réagit exactement comme si c'était le cas : elle me fait un caprice parce que je n'ai pas agi comme elle le souhaitait. C'est bien connu, non ? Face à la frustration, les petits enfants réagissent en faisant des caprices. Elle aurait bien aimé que je me fende d'un sourire, que je secoue la main en disant que ce n'était pas grave, que tout allait bien, comme cela elle aurait pu s'éloigner toute guillerette, heureuse que son comportement n'ait eu aucune conséquence. Mais voilà, je n'ai aucune envie de l'excuser et aucune envie d'être gentille non plus. Au lieu de l'accepter, elle fait un caprice. C'est tellement banal et tellement agaçant comme comportement que ça m'inspire un long et profond soupir auquel elle ne doit pas faire attention parce qu'elle est vraiment bien lancée dans son discours.
Je tourne les yeux vers elle après les avoir baladé sur les hautes façades des immeubles qui nous entourent. Elle s'est mise en tête de me raconter toute sa vie familiale. Un sourcil narquois se lève sur mon front. Et qu'est-ce que c'est censé me prouver ce divorce, ces relations misérables qu'elle a avec ses parents ? Que j'ai raison, parce que même face au divorce de ses parents elle agit comme elle agit avec moi : en pensant que tout le monde changera d'avis parce que madame l'exige ? Qu'est-ce que je suis censé voir dans l'aveux de l'arme qu'elle utilise pour se protéger du monde ? Au pire un aveu de faiblesse. Maintenant, je sais que ces grandes phrases et ces jolis mots qui sortent de sa bouche comme s'il n'y avait aucune vanne pour les retenir ne sont qu'une protection qu'elle brandit... Parce qu'elle se sent en danger ? Certainement. Le danger que je représente, c'est de ne pas faire ce qu'elle désire.
Mes muscles se tendent quand elle attrape une seconde boule de neige ; je deviens méfiante. Elle n'oserait pas m'envoyer une seconde boule dans la figure, n'est-ce pas ? Elle n'oserait pas m'insulter de façon aussi directe ? Je m'imagine que si, elle en est capable. Pourtant, je ne bouge pas, les bras sagement rangés le long de mon corps. À vrai dire, j'ai presque envie qu'elle ose. Comme ça, j'aurais une raison pour ne pas me retenir. Je me fais la promesse que si elle me manque de respect en me balançant une seconde boule de neige, je la recouvre d'un monticule de neige. Je m'en fais la promesse. Malheureusement, voilà qu'elle laisse tomber la boule de neige, laquelle s'éclate au sol.
Je remonte lentement les yeux jusqu'à son visage et fais aisément le tri dans tout ce qu'elle m'a dit pour ne garder que l'essentiel.
« Parfait ! dis-je alors d'une voix forte dans laquelle elle reconnaîtra certainement la mélodie de l'ironie. Si tu réagis comme une sale gosse, c'est parce que tu as une vie de merde et que tu souffres vraiment beaucoup. Ceci explique donc cela. Mais dommage pour toi, ça ne me donne pas plus envie de te présenter des excuses que je ne pense pas. »
Je lui offre un sourire sans joie, du genre qui dit clairement : je fais semblant de sourire mais en fait je me fiche de toi. Pour ma défense, elle m'a vraiment énervée. Je ne supporte rien de moins que les personnes qui restent campées sur leurs positions tout en prenant soin d'insulter les miennes. Ce qu'elle fait depuis le début. Quand on m'insulte, on perd tout espoir de me voir réagir de façon calme. Qu'elle soit une enfant ne change rien à toute cette histoire. Sans doute aurais-je dû lui trouver des excuses, arguer qu'elle manque de maturité, d'expérience, que c'est sa naïveté qui la pousse à agir ainsi... Mais voilà, je ne suis pas non plus le genre de femme à trouver des excuses aux enfants.
Je me laisse lourdement tomber sur le banc, pas parce que j'ai envie de rester ici, mais parce que j'estime que je ne dois pas partir à cause d'elle. J'appuie nonchalamment les coudes sur le dossier et croise les jambes devant moi. Alors seulement je tourne la tête pour la regarder.
« Tu as raison, je ne te connais pas. Je n'ai jamais dit le contraire. Et j'ai pas envie de te connaître, alors... »
Je laisse ma phrase en suspend. Elle comprendra certainement qu'elle doit prendre congé, n'est-ce pas ? À moins que son ego ne l'en empêche, tout comme le mien m'empêche de tout simplement quitter cette place. Plus le temps file, plus il y a de chances qu'elle termine sous un monticule de neige, celle-ci.
Moi aussi je l'aime beaucoup, quel concours d'ego !
Face à son discours rondement bien articulé, je ne peux faire qu'une seule chose : lever les yeux au ciel. J'ai du mal à croire qu'elle m'emmerde réellement parce qu'elle n'a pas eu ce qu'elle voulait. Et après elle ose me dire qu'elle n'est pas pourrie gâtée, qu'elle n'a pas grandi dans un cocon ? Pourtant, elle réagit exactement comme si c'était le cas : elle me fait un caprice parce que je n'ai pas agi comme elle le souhaitait. C'est bien connu, non ? Face à la frustration, les petits enfants réagissent en faisant des caprices. Elle aurait bien aimé que je me fende d'un sourire, que je secoue la main en disant que ce n'était pas grave, que tout allait bien, comme cela elle aurait pu s'éloigner toute guillerette, heureuse que son comportement n'ait eu aucune conséquence. Mais voilà, je n'ai aucune envie de l'excuser et aucune envie d'être gentille non plus. Au lieu de l'accepter, elle fait un caprice. C'est tellement banal et tellement agaçant comme comportement que ça m'inspire un long et profond soupir auquel elle ne doit pas faire attention parce qu'elle est vraiment bien lancée dans son discours.
Je tourne les yeux vers elle après les avoir baladé sur les hautes façades des immeubles qui nous entourent. Elle s'est mise en tête de me raconter toute sa vie familiale. Un sourcil narquois se lève sur mon front. Et qu'est-ce que c'est censé me prouver ce divorce, ces relations misérables qu'elle a avec ses parents ? Que j'ai raison, parce que même face au divorce de ses parents elle agit comme elle agit avec moi : en pensant que tout le monde changera d'avis parce que madame l'exige ? Qu'est-ce que je suis censé voir dans l'aveux de l'arme qu'elle utilise pour se protéger du monde ? Au pire un aveu de faiblesse. Maintenant, je sais que ces grandes phrases et ces jolis mots qui sortent de sa bouche comme s'il n'y avait aucune vanne pour les retenir ne sont qu'une protection qu'elle brandit... Parce qu'elle se sent en danger ? Certainement. Le danger que je représente, c'est de ne pas faire ce qu'elle désire.
Mes muscles se tendent quand elle attrape une seconde boule de neige ; je deviens méfiante. Elle n'oserait pas m'envoyer une seconde boule dans la figure, n'est-ce pas ? Elle n'oserait pas m'insulter de façon aussi directe ? Je m'imagine que si, elle en est capable. Pourtant, je ne bouge pas, les bras sagement rangés le long de mon corps. À vrai dire, j'ai presque envie qu'elle ose. Comme ça, j'aurais une raison pour ne pas me retenir. Je me fais la promesse que si elle me manque de respect en me balançant une seconde boule de neige, je la recouvre d'un monticule de neige. Je m'en fais la promesse. Malheureusement, voilà qu'elle laisse tomber la boule de neige, laquelle s'éclate au sol.
Je remonte lentement les yeux jusqu'à son visage et fais aisément le tri dans tout ce qu'elle m'a dit pour ne garder que l'essentiel.
« Parfait ! dis-je alors d'une voix forte dans laquelle elle reconnaîtra certainement la mélodie de l'ironie. Si tu réagis comme une sale gosse, c'est parce que tu as une vie de merde et que tu souffres vraiment beaucoup. Ceci explique donc cela. Mais dommage pour toi, ça ne me donne pas plus envie de te présenter des excuses que je ne pense pas. »
Je lui offre un sourire sans joie, du genre qui dit clairement : je fais semblant de sourire mais en fait je me fiche de toi. Pour ma défense, elle m'a vraiment énervée. Je ne supporte rien de moins que les personnes qui restent campées sur leurs positions tout en prenant soin d'insulter les miennes. Ce qu'elle fait depuis le début. Quand on m'insulte, on perd tout espoir de me voir réagir de façon calme. Qu'elle soit une enfant ne change rien à toute cette histoire. Sans doute aurais-je dû lui trouver des excuses, arguer qu'elle manque de maturité, d'expérience, que c'est sa naïveté qui la pousse à agir ainsi... Mais voilà, je ne suis pas non plus le genre de femme à trouver des excuses aux enfants.
Je me laisse lourdement tomber sur le banc, pas parce que j'ai envie de rester ici, mais parce que j'estime que je ne dois pas partir à cause d'elle. J'appuie nonchalamment les coudes sur le dossier et croise les jambes devant moi. Alors seulement je tourne la tête pour la regarder.
« Tu as raison, je ne te connais pas. Je n'ai jamais dit le contraire. Et j'ai pas envie de te connaître, alors... »
Je laisse ma phrase en suspend. Elle comprendra certainement qu'elle doit prendre congé, n'est-ce pas ? À moins que son ego ne l'en empêche, tout comme le mien m'empêche de tout simplement quitter cette place. Plus le temps file, plus il y a de chances qu'elle termine sous un monticule de neige, celle-ci.
Moi aussi je l'aime beaucoup, quel concours d'ego !
Là où le vent s'échappe
Crystal regarda la femme lever les yeux aux ciel. La détermination qui était dans le corps de la jeune fille il y a quelques instants à peine venait de laisser place à la plus profonde rage. La rage de voir que des individus comme cette femme existaient. Crystal n'était pas blanche, elle le savait. Mais elle s'était excusée, elle. Alors que cette sorciere n'en avait cure. Ses iris brûlants, la jeune fille reprit une boule de neige. Plus qu'un acte, c'était une provocation. Crystal ne ferait pas de cette femme une amie, elle en était désormais certaine. Alors autant y aller jusqu'au bout. C'est pourquoi elle s'approcha de la sorcière, pour lui glisser méchamment :
- Exactement. C'est exactement ça. Je suis une sale gosse. Je balance une boule de neige sur une femme parce que l'ambiance de Noël est toujours présente. Je m'excuse. Je suis une sale gosse, oui, tu as raison.
Crystal s'éloigna, la fureur déformant ses traits. La conversation était vaine, elle le savait. Alors, elle fit la seule chose qui desarçonnerait peut être cette femme l'espace de quelques secondes.
- Très bien. Tu as gagné. Je m'excuse.
Crystal ne bougea plus, arrêta de parler. Elle attendit de voir sa réaction. La jeune fille avait décidé de jouer avec le feu. Quitte à se brûler les ailes, si la neige ne l'éteignait pas avant.
- Exactement. C'est exactement ça. Je suis une sale gosse. Je balance une boule de neige sur une femme parce que l'ambiance de Noël est toujours présente. Je m'excuse. Je suis une sale gosse, oui, tu as raison.
Crystal s'éloigna, la fureur déformant ses traits. La conversation était vaine, elle le savait. Alors, elle fit la seule chose qui desarçonnerait peut être cette femme l'espace de quelques secondes.
- Très bien. Tu as gagné. Je m'excuse.
Crystal ne bougea plus, arrêta de parler. Elle attendit de voir sa réaction. La jeune fille avait décidé de jouer avec le feu. Quitte à se brûler les ailes, si la neige ne l'éteignait pas avant.
Ex-Préfète de Serpentard (29/04/25 au 12/11/25) - Au revoir, ce n'est qu'un au revoir !
Là où le vent s'échappe
Son petit visage se froisse d'une émotion d'apparence discrète chez une personne capable de contrôler son paraître mais que je reconnais très bien parce que j'ai passé la majeure partie à la ressentir : la colère. Et j'apprécie tellement ce que je vois que je sens la mienne s'évaporer petit à petit. Il n'y a rien de plus agréable que de vouloir mettre hors d'elle une personne et que cette personne réagisse exactement comme on l'escomptait. Quand la gamine se baisse pour attraper une énième boule de neige, je la suis du regard sans faire mine de bouger. Parce que j'espère qu'elle ira jusqu'au bout, qu'elle me la lancera au visage.
Je ne m'attendais pas au pas en avant qu'elle fait et qui la rapproche de moi. Mes muscles se tendent. Mon regard se plisse de méfiance. Mais au lieu de me viser de sa boule glaciale, elle me lance au visage des mots qui forcent mes sourcils à s'arquer sur mon front. Je ne suis pas naïve au point de croire qu'elle est d'accord avec tout ce que je dis. Absolument pas. Elle fait semblant pour aller dans mon sens. Mes sourcils se froncent doucement. Pourquoi ?
Je la regarde s'éloigner. J'ôte mes coudes du dossier pour me redresser. Elle se retourne au moment où je commençais à me réjouir de son départ. Ses paroles m'inspirent une moue aussi étonnée que moqueuse. Je ne sais pas pourquoi elle me dit toutes ces choses. Cela ressemble à une bravade destinée à apaiser un ego blessé. Elle sait qu'elle n'a aucun argument à m'opposer, ou alors elle est trop en colère pour en trouver, donc elle va dans mon sens dans le simple objectif de m'énerver davantage ou de titiller ma fierté. Mais cela ne m'énerve pas et ma fierté se porte très bien. À vrai dire, elle a encore tort et je compte bien le lui faire remarquer.
« Je ne cherchais pas à gagner, » lui lancé-je en élevant légèrement la voix pour ne pas qu'elle manque mes paroles.
Je me rencogne contre le dossier du banc, mon regard méfiant toujours posé sur elle. Ses excuses, je ne leur donne pas de réponses parce qu'elles n'en attendent pas : elle avait le devoir de s'excuser, elle l'a fait — même si je ne crois pas une seule seconde à sa sincérité. Je n'ai pas l'intention de lui faire plaisir en la remerciant de m'avoir donné ce qui m'était dû. Je laisse passer une seconde, peut-être deux.
« Et tu vas en faire quoi, de celle-là ? » demandé-je sur un ton insolent.
Du bout du menton, je désigne la boule de neige qu'elle a dans la main et avec laquelle elle s'est éloignée. Parce que je suis persuadée que sous son départ feint ne se cache en fait qu'une gamine qui fait semblant pour mieux m'attaquer ensuite. Elle est trop en colère pour partir sur ces fausses excuses.
Je ne m'attendais pas au pas en avant qu'elle fait et qui la rapproche de moi. Mes muscles se tendent. Mon regard se plisse de méfiance. Mais au lieu de me viser de sa boule glaciale, elle me lance au visage des mots qui forcent mes sourcils à s'arquer sur mon front. Je ne suis pas naïve au point de croire qu'elle est d'accord avec tout ce que je dis. Absolument pas. Elle fait semblant pour aller dans mon sens. Mes sourcils se froncent doucement. Pourquoi ?
Je la regarde s'éloigner. J'ôte mes coudes du dossier pour me redresser. Elle se retourne au moment où je commençais à me réjouir de son départ. Ses paroles m'inspirent une moue aussi étonnée que moqueuse. Je ne sais pas pourquoi elle me dit toutes ces choses. Cela ressemble à une bravade destinée à apaiser un ego blessé. Elle sait qu'elle n'a aucun argument à m'opposer, ou alors elle est trop en colère pour en trouver, donc elle va dans mon sens dans le simple objectif de m'énerver davantage ou de titiller ma fierté. Mais cela ne m'énerve pas et ma fierté se porte très bien. À vrai dire, elle a encore tort et je compte bien le lui faire remarquer.
« Je ne cherchais pas à gagner, » lui lancé-je en élevant légèrement la voix pour ne pas qu'elle manque mes paroles.
Je me rencogne contre le dossier du banc, mon regard méfiant toujours posé sur elle. Ses excuses, je ne leur donne pas de réponses parce qu'elles n'en attendent pas : elle avait le devoir de s'excuser, elle l'a fait — même si je ne crois pas une seule seconde à sa sincérité. Je n'ai pas l'intention de lui faire plaisir en la remerciant de m'avoir donné ce qui m'était dû. Je laisse passer une seconde, peut-être deux.
« Et tu vas en faire quoi, de celle-là ? » demandé-je sur un ton insolent.
Du bout du menton, je désigne la boule de neige qu'elle a dans la main et avec laquelle elle s'est éloignée. Parce que je suis persuadée que sous son départ feint ne se cache en fait qu'une gamine qui fait semblant pour mieux m'attaquer ensuite. Elle est trop en colère pour partir sur ces fausses excuses.
Là où le vent s'échappe
Attention, je change de couleur Rp et de personne, ne t'inquietes pas, c'est toujours bien Crystal, je respecte juste ma nouvelle couleur Rp (darkslategrey)
La fureur déforme mes traits, brûle ma tête, embrouille ma vision. Comment est il possible qu'une simple altercation m'ait tant énervée ? Elle n'en vaut pas la peine. C'est ce que j'essaie de me répéter, en vain. J'ai envie de gagner, j'ai envie de prouver à cette femme que j'ai eu raison, qu'elle a eu tort. Même si au fond, nous savons toutes les deux que ce n'est pas le cas. Je n'ai pas la patience suffisante pour accepter qu'elle ne se remette en question au bout d'un an, quand bien même cela serait improbable.
Sa voix provoque un tsunami de rage dans mes veines. Elle ne cherchait pas à gagner ? Vraiment ? Pourtant, ce n'est pas l'impression qu'elle donne. Je me contente de sourire, et de laisser mes lèvres lancer un léger rire. Croit elle sérieusement que je vais croire un seul des mots qui sort de sa bouche ?
Je ne réponds pas, et me contente de regarder la boule de neige dont elle finit par me parler. Ce que je vais en faire ? Rien. Alors, je la lance sur un des gamins du parc, histoire de retrouver de la magie de Noël qui est partie dès le début de cette conversation. Finalement, peut être que gagner ne sert à rien. Pas lorsqu'on a en face de soit quelqu'un souhaitant à tout prix vaincre, même sans raisons. Peut être que cette femme ne vaut pas la peine que je me batte pour qu'elle me pardonne, ou qu'elle me considère.
Alors, je recule, et me detourne, partant sans un mot vers ma demeure. Arrivée à la limite de son champ de vision, je finis par m'arrêter et par lancer :
- Je vous laisse gagner. Pas de problèmes. Je préfère partir avec la sagesse et la dignité plutôt que rentrer couverte de gloire et de remords. Bonne journée. Au non plaisir de vous recroiser.
fin pour moi, merci beaucoup, j'ai adoré écrire cette trame !
La fureur déforme mes traits, brûle ma tête, embrouille ma vision. Comment est il possible qu'une simple altercation m'ait tant énervée ? Elle n'en vaut pas la peine. C'est ce que j'essaie de me répéter, en vain. J'ai envie de gagner, j'ai envie de prouver à cette femme que j'ai eu raison, qu'elle a eu tort. Même si au fond, nous savons toutes les deux que ce n'est pas le cas. Je n'ai pas la patience suffisante pour accepter qu'elle ne se remette en question au bout d'un an, quand bien même cela serait improbable.
Sa voix provoque un tsunami de rage dans mes veines. Elle ne cherchait pas à gagner ? Vraiment ? Pourtant, ce n'est pas l'impression qu'elle donne. Je me contente de sourire, et de laisser mes lèvres lancer un léger rire. Croit elle sérieusement que je vais croire un seul des mots qui sort de sa bouche ?
Je ne réponds pas, et me contente de regarder la boule de neige dont elle finit par me parler. Ce que je vais en faire ? Rien. Alors, je la lance sur un des gamins du parc, histoire de retrouver de la magie de Noël qui est partie dès le début de cette conversation. Finalement, peut être que gagner ne sert à rien. Pas lorsqu'on a en face de soit quelqu'un souhaitant à tout prix vaincre, même sans raisons. Peut être que cette femme ne vaut pas la peine que je me batte pour qu'elle me pardonne, ou qu'elle me considère.
Alors, je recule, et me detourne, partant sans un mot vers ma demeure. Arrivée à la limite de son champ de vision, je finis par m'arrêter et par lancer :
- Je vous laisse gagner. Pas de problèmes. Je préfère partir avec la sagesse et la dignité plutôt que rentrer couverte de gloire et de remords. Bonne journée. Au non plaisir de vous recroiser.
fin pour moi, merci beaucoup, j'ai adoré écrire cette trame !
Ex-Préfète de Serpentard (29/04/25 au 12/11/25) - Au revoir, ce n'est qu'un au revoir !