Un lys coincé dans un rosier
TW : addiction, mention de mal-être
Assommer quelqu'un et le ramener chez soi… Il n'y avait aucune version de cette idée qui pouvait paraître raisonnable. Surtout quand ce quelqu'un avait tenté de voler un objet dans un magasin de l'Allée des Embrumes. Pourtant, Morgan n’avait pas hésité. Et elle aurait probablement justifié son choix en disant qu'il ne s'agissait pas réellement de chez elle. Cette petite maison à Londres n’avait pas accueilli d’âme vivante depuis des années, depuis le déménagement d'Eugen Rosenwald, son arrière-grand-père. Les meubles étaient recouverts de draps blancs, comme des fantômes immobiles, et la poussière régnait en maîtresse sur chaque surface.
Morgan n'était, de toutes les manières, pas connue pour ses choix normaux. Elle n'était pas non plus une experte en matière de bien ou de mal, d'ailleurs.
« Peeney ! appela-t-elle d'une voix basse mais claire en sortant de la pièce où elle venait de déposer le sorcier inconscient. Un léger pop retentit aussitôt, et la jeune elfe de maison apparut à ses côtés, ses grands yeux pleins de déférence. La sorcière était encore inaccoutumée d'avoir à son service un être - elfe ou sorcier ou moldu - chose impensable il y a encore quelques mois. J'ai besoin que tu fasses transmettre un message au plus vite. »
« Bien sûr, Miss », répondit Peeney d'une voix vive.
Morgan, silencieuse, griffonna quelques mots rapides sur un parchemin, le cœur battant plus fort que d’habitude. Une décision qu’elle n’avait pas eu le temps de mûrir.
« A qui dois-je faire adresser le hibou ? demanda Peeney en prenant le rouleau.
– Thomas Sangblanc. »

Je l'ai trouvé.
Ellingfort Road, Londres.
Porte verte.
M.
Reducio
- Votre PJ est présent ? oui
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") : Peeney, elfe de maison de Morgan, PNJ actif
- Lien vers la fiche du PNJ : lien
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Peeney agit en soutien de Morgan, et comme une extension de sa présence lorsque celle-ci ne peut être là. C'est elle qui sera présente de manière constante dans la maison - il est donc difficile qu'elle n'ait pas une présence allant du prétexte à l'actif dans ce RP.
Dernière modification par Morgan Rosenwald le 18 juin 2026, 22:32, modifié 2 fois.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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Un lys coincé dans un rosier
Il n’avait rien dit. Il n’avait même pas pensé. Il avait su.
- Votre PJ est présent ? oui / non
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ) : Sangblanc Thomas. Frère.
- Lien vers ma fiche de PNJ
Utilisation de Thomas en tant que PNJ joker
Non, Thomas n’avait pas porté la lettre à son nez pour tenter de sentir le parfum de Morgan -ou l’odeur entêtante du whisky pur-feu qu’elle appréciait autant que lui. Il avait reconnu l’écriture, la même utilisée pour noter les différents lieux de perdition qui auraient pu accueillir son petit frère.
Alors, il avait glissé la lettre dans le revers de son manteau, et avait transplané pour Londres. Pas un mot pour Père ni qui que ce soit.
Pas encore.
Son cœur battait à tout rompre alors qu’il marchait d’un pas rapide dans Ellingfort Road. Le visage engoncé dans le col de son overcoat, son fedora sur la tête, il avançait sans se soucier de sa si précieuse apparence. Lorsqu’il avait reçu la lettre, Thomas rentrait à peine d’un séjour en Grèce. Enfin, quand bien même il aurait été au calme au domaine, il n’aurait pas perdu de temps à enfiler une veste bien chaude. Aucune seconde de latence n’était permise. Pas avec Jacob.
Pas avec Jacob et Morgan.
Cette pensée le dit accélérer. Il se permit même de transplaner jusqu’au bout de la rue, puis au bout de la suivante.
La porte verte. Elle était là. Thomas accéléra. Arrivé face à elle, il frappa. Et là seulement, il se permit de souffler.
Il fit rouler ses épaules, fit tourner ses cervicales en soufflant.
Morgan avait trouvé Jacob.
Vivant ? La question était légitime. Morgan n’aurait pas préciser dans un courrier la vie ou la mort de son frère, alors… c’était une possibilité. Thomas l’avait envisagé. Alice l’avait envisagé. Tout le monde l’avait envisagé. Face au Conseil, les résistants crèvent. Thomas le savait. Il l’avait vu, du temps de Parkinson. Et ce nouveau Conseil ? Il était certes moins spectaculaire, mais bien plus dangereux.
Thomas leva les yeux vers les Astres. Ils étaient témoins silencieux de son propre échec. Il n’avait pas réussi à retrouver Jacob. Bientôt six ans de traque… et la seule fois où il avait réussi à l’attraper, il s’était fait rouler comme un bleu.
Morgan avait réussi. Comment ? Il l’ignorait, et là n’était pas question.
Elle était là, derrière cette porte, avec un gentil garçon devenu bombe à retardement. Ou peut être cadavre.
Et si il était vivant ? Thomas ne serait pas surpris de découvrir que sa captivité avait été scrupuleusement organisée, comme la première fois.
Jacob était malin. Bien plus malin que Thomas. En d’autres circonstances, cela aurait fait la fierté du grand frère… mais voilà, l’esprit aiguisé s’était retourné contre lui, et a présent il maudissait ce cerveau brillant.
Morgan était peut-être en danger à cause de lui.
Et le temps d’un battement de cil qu’il regretta presque aussitôt, Thomas espéra que Jacob soit mort.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
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Un lys coincé dans un rosier
Peeney était une elfe de maison d'une efficacité redoutable. Mais même les employés les plus compétents ne peuvent accomplir de miracles — et malgré la rapidité des envois magiques, la jeune elfe ne pouvait garantir à son employeuse que le parchemin confié atteindrait son destinataire à la minute près. Cela dit, la petite écossaise était revenue du bureau de poste magique en moins d’une heure, et c’était là une belle démonstration de zèle.
Morgan, pourtant, n’était pas certaine d’y voir une bonne nouvelle, compte tenu des circonstances : un homme inconscient reposait à l’étage, enfermé dans une chambre, pour une durée encore indéterminée. Instable. Dangereux. Même privé de sa baguette et de toutes ses affaires.
Dans un rare élan de scrupule, la sorcière avait dit à Peeney de rentrer, de retourner à ses tâches dans la maison de Cardiff. Mais c’était sans compter sur l’étrange loyauté de cette jeune elfe, si discrète et pourtant si tenace — non, 'elle voulait aider Miss Morgan. Elle voulait la protéger.'
Soit.
Étrangement, Morgan n’avait pas eu le cœur à la contredire. Ni à décourager l’elfe de maison si soudainement prompte à désobéir. Et après tout n’était pas non plus connue pour s’entourer de personnes normales.
Pour quoi était-elle supposée être connue de toute façon ? Pour rien. Oui – pour rien du tout.
L’anonymat, un si doux mot. Si simple, et si bon, accompagné d’un verre de whisky bon marché.
Si facilement mis en péril pour des stupides noms de famille.
Circé, qu’est-ce qu’elle aurait aimé naitre avec un autre sang… Et qu’est-ce qu’elle aurait aimé ne jamais avoir eu à croiser ceux dont le sang était soi-disant blanc. Ceux-là mêmes qui venaient peut-être de lui coûter son emploi, une fois qu’Arthur aurait rapporté à son oncle — et patron — la soudaine désertion de son employée.

Peeney et elle s’étaient alternées dans un premier temps, dans la surveillance de la chambre, jusqu’à ce que Morgan n’en puisse plus, et prit quartier dans le salon pour continuer, eh bien à ne rien y faire. Ou plutôt, à penser. Que ferait-elle, si pour elle ne savait quelle raison, il ne venait pas ?
Elle aurait l’air fine.
Non, s’il ne venait pas et que l’autre se réveillait, il lui suffirait de l’assommer à nouveau et de le relarguer quelque part oui, en soit damné Thomas. Et sa famille. Et… Alice ? Pas elle non. Elle qui voulait le ramener à la maison, avec tant de ferveur... L’être là-haut était-il encore son frère – était-il encore un homme ? Les gens changent – pas toujours en bien. Ils deviennent des loques. Des monstres. Ou d’une nuance entre les deux.
Enfin, il y avait des livres. Une des seules choses laissées dans la maison, avec les meubles et les araignées – et elle avait tenté, ou plutôt s’était forcée, à commencer la lecture de l’un d’entre eux. Quoi faire d’autre pour ne plus penser ?
Morgan sentit son coeur accélérer, au bruit de coup venant du hall d’entrée. Elle n’était plus si tentée que cela de faire autre chose que lire, soudainement.
Il faut régler ça rapidement, que lui disait sa tête.
Elle se leva du fauteuil — le seul meuble dont elle avait ôté le drap poussiéreux — et se dirigea vers la porte.
« Miss… ? fit une voix douce, venant d’en haut. Morgan se retourna et leva les yeux vers l’escalier.
— Je m’en occupe, Peeney. Et n’oublie pas ce que je t’ai dit tout à l’heure : pas un mot sur mon nom, ni quoi que ce soit d’autre d’ailleurs. D’accord ? »
L’elfe hocha la tête, avant de repartir vers sa mission.
Morgan jeta un coup d’œil dans le judas. Puis ouvrit la porte sans cérémonie.
« Thomas. »
Elle s’écarta pour lui laisser le passage.
« Entre. »
Morgan, pourtant, n’était pas certaine d’y voir une bonne nouvelle, compte tenu des circonstances : un homme inconscient reposait à l’étage, enfermé dans une chambre, pour une durée encore indéterminée. Instable. Dangereux. Même privé de sa baguette et de toutes ses affaires.
Dans un rare élan de scrupule, la sorcière avait dit à Peeney de rentrer, de retourner à ses tâches dans la maison de Cardiff. Mais c’était sans compter sur l’étrange loyauté de cette jeune elfe, si discrète et pourtant si tenace — non, 'elle voulait aider Miss Morgan. Elle voulait la protéger.'
Soit.
Étrangement, Morgan n’avait pas eu le cœur à la contredire. Ni à décourager l’elfe de maison si soudainement prompte à désobéir. Et après tout n’était pas non plus connue pour s’entourer de personnes normales.
Pour quoi était-elle supposée être connue de toute façon ? Pour rien. Oui – pour rien du tout.
L’anonymat, un si doux mot. Si simple, et si bon, accompagné d’un verre de whisky bon marché.
Si facilement mis en péril pour des stupides noms de famille.
Circé, qu’est-ce qu’elle aurait aimé naitre avec un autre sang… Et qu’est-ce qu’elle aurait aimé ne jamais avoir eu à croiser ceux dont le sang était soi-disant blanc. Ceux-là mêmes qui venaient peut-être de lui coûter son emploi, une fois qu’Arthur aurait rapporté à son oncle — et patron — la soudaine désertion de son employée.

Peeney et elle s’étaient alternées dans un premier temps, dans la surveillance de la chambre, jusqu’à ce que Morgan n’en puisse plus, et prit quartier dans le salon pour continuer, eh bien à ne rien y faire. Ou plutôt, à penser. Que ferait-elle, si pour elle ne savait quelle raison, il ne venait pas ?
Elle aurait l’air fine.
Non, s’il ne venait pas et que l’autre se réveillait, il lui suffirait de l’assommer à nouveau et de le relarguer quelque part oui, en soit damné Thomas. Et sa famille. Et… Alice ? Pas elle non. Elle qui voulait le ramener à la maison, avec tant de ferveur... L’être là-haut était-il encore son frère – était-il encore un homme ? Les gens changent – pas toujours en bien. Ils deviennent des loques. Des monstres. Ou d’une nuance entre les deux.
Enfin, il y avait des livres. Une des seules choses laissées dans la maison, avec les meubles et les araignées – et elle avait tenté, ou plutôt s’était forcée, à commencer la lecture de l’un d’entre eux. Quoi faire d’autre pour ne plus penser ?
Morgan sentit son coeur accélérer, au bruit de coup venant du hall d’entrée. Elle n’était plus si tentée que cela de faire autre chose que lire, soudainement.
Il faut régler ça rapidement, que lui disait sa tête.
Elle se leva du fauteuil — le seul meuble dont elle avait ôté le drap poussiéreux — et se dirigea vers la porte.
« Miss… ? fit une voix douce, venant d’en haut. Morgan se retourna et leva les yeux vers l’escalier.
— Je m’en occupe, Peeney. Et n’oublie pas ce que je t’ai dit tout à l’heure : pas un mot sur mon nom, ni quoi que ce soit d’autre d’ailleurs. D’accord ? »
L’elfe hocha la tête, avant de repartir vers sa mission.
Morgan jeta un coup d’œil dans le judas. Puis ouvrit la porte sans cérémonie.
« Thomas. »
Elle s’écarta pour lui laisser le passage.
« Entre. »
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InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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Un lys coincé dans un rosier
La porte verte s’ouvrit, et Morgan s’offrit à lui. Elle le nomma par son prénom. Elle le tutoya. Un changement radical auquel il ne prêta aucune attention.
Ce n’était pas le moment.
Thomas retira son fédora et entra dans la demeure sans un regard pour celle qui avait, disait-elle, retrouvé son petit frère.
Un tas de question brûlait ses lèvres. Il n’en posa aucune. Pas parce qu’il n’osait pas. Thomas osait toujours, même lorsqu’il ne fallait pas.
De longs mois les séparaient de leur dernière rencontre. Elle l’avait planté devant ce misérable pub gallois après l’avoir humilié, rabaissé, insulté. Ce soir là, elle l’avait blessé avec les mots qu’elle maniait comme des lames, mais pas seulement.
Son fédora plaqué contre son torse, Thomas contemplait la pièce dans laquelle il se trouvait. Il le fit machinalement. Un environnement contrôlé est un environnement sûr.
Des draps sur les meubles, de la poussière… personne n’habitait ici. Il s’agissait sans nul doute d’une maison de famille, ou bien une résidence secondaire… à moins que Morgan ne soit une squatteuse. Non… aurait-elle prit le risque d’emmener Jacob ici ? De lui donner une adresse pouvant potentiellement la mettre en danger ? C’était très peu probable.
Thomas se tourna enfin vers Morgan. Il fallait poser la question.
Néanmoins, il ne la regardait pas vraiment. Pas son visage, tout du moins. Cela faisait encore trop mal. De l'eau avait coulé sous les ponts, mais Thomas peinait à oublier qu'elle n'avait pas voulu de lui. Il ne lui en voulait pas, pas vraiment. Enfin, pas pour cela, tout du moins.
Son épaule. Son épaule serait très bien.
« Est-il vivant ? »
Ce n’était pas le moment.
Thomas retira son fédora et entra dans la demeure sans un regard pour celle qui avait, disait-elle, retrouvé son petit frère.
Un tas de question brûlait ses lèvres. Il n’en posa aucune. Pas parce qu’il n’osait pas. Thomas osait toujours, même lorsqu’il ne fallait pas.
De longs mois les séparaient de leur dernière rencontre. Elle l’avait planté devant ce misérable pub gallois après l’avoir humilié, rabaissé, insulté. Ce soir là, elle l’avait blessé avec les mots qu’elle maniait comme des lames, mais pas seulement.
Son fédora plaqué contre son torse, Thomas contemplait la pièce dans laquelle il se trouvait. Il le fit machinalement. Un environnement contrôlé est un environnement sûr.
Des draps sur les meubles, de la poussière… personne n’habitait ici. Il s’agissait sans nul doute d’une maison de famille, ou bien une résidence secondaire… à moins que Morgan ne soit une squatteuse. Non… aurait-elle prit le risque d’emmener Jacob ici ? De lui donner une adresse pouvant potentiellement la mettre en danger ? C’était très peu probable.
Thomas se tourna enfin vers Morgan. Il fallait poser la question.
Néanmoins, il ne la regardait pas vraiment. Pas son visage, tout du moins. Cela faisait encore trop mal. De l'eau avait coulé sous les ponts, mais Thomas peinait à oublier qu'elle n'avait pas voulu de lui. Il ne lui en voulait pas, pas vraiment. Enfin, pas pour cela, tout du moins.
Son épaule. Son épaule serait très bien.
« Est-il vivant ? »
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Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
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Un lys coincé dans un rosier
Il ne lui adressa aucun mot alors qu’il entra dans la maison chapeau en main, ni même lorsqu’elle eut finit de fermer la porte derrière lui, et qu’il était en pleine inspection des lieux. Morgan ne pouvait faire autrement que l’observer. Dix mois les séparaient de leur dernière rencontre – tant de choses avait changé, et rien à la fois. Des étrangers, c’est ce qu’ils étaient désormais ; et ils n’avaient jamais été autre chose, avait-elle réussit à se convaincre, quand bien même il lui était impossible d'effacer son visage de son esprit. Et lui ne semblait pas avoir changé, bien qu’il était difficile de réellement affirmer cela en ces circonstances.
La nervosité qu’elle ressentait… Venait du fait qu’elle avait kidnappé un homme et risquait de perdre son emploi. Rien d’autre. Rien…
Lorsqu’il se tourna enfin vers elle, la sorcière dut faire un effort pour ne pas détourner le regard. C’en était presque risible — cette perte soudaine de ses repères, alors que la suite était limpide. Il suffisait de le conduire à l’étage. C’était simple. Tellement simple. Mais elle se contenta d’attendre. Une réaction, n’importe laquelle. Et lorsqu’il parla enfin, ce fut à la fois un soulagement… et un poids de plus sur ses épaules.
« Oui. »
Elle avait répondu sans détour, plantant ses yeux dans les siens — ou du moins, dans ce regard qui ne la visait pas tout à fait, l’effleurant à peine, avant de s’en détourner. Vivant… Oui, il l’était. Morgan aurait surement du l'écrire sur la missive, mais bien sur, cela lui avait échappé. Mais il était inconscient aussi. Par sa faute.
Forçant son regard à glisser vers l’escalier, elle ajouta : « Il est dans une des chambres à l’étage. »
Sans attendre davantage, elle se mit en marche. Le mouvement plutôt que la réflexion. L'observation plutôt que les paroles. Il valait mieux pour lui, pour elle, que Thomas voie son frère de ses propres yeux.
La nervosité qu’elle ressentait… Venait du fait qu’elle avait kidnappé un homme et risquait de perdre son emploi. Rien d’autre. Rien…
Lorsqu’il se tourna enfin vers elle, la sorcière dut faire un effort pour ne pas détourner le regard. C’en était presque risible — cette perte soudaine de ses repères, alors que la suite était limpide. Il suffisait de le conduire à l’étage. C’était simple. Tellement simple. Mais elle se contenta d’attendre. Une réaction, n’importe laquelle. Et lorsqu’il parla enfin, ce fut à la fois un soulagement… et un poids de plus sur ses épaules.
« Oui. »
Elle avait répondu sans détour, plantant ses yeux dans les siens — ou du moins, dans ce regard qui ne la visait pas tout à fait, l’effleurant à peine, avant de s’en détourner. Vivant… Oui, il l’était. Morgan aurait surement du l'écrire sur la missive, mais bien sur, cela lui avait échappé. Mais il était inconscient aussi. Par sa faute.
Forçant son regard à glisser vers l’escalier, elle ajouta : « Il est dans une des chambres à l’étage. »
Sans attendre davantage, elle se mit en marche. Le mouvement plutôt que la réflexion. L'observation plutôt que les paroles. Il valait mieux pour lui, pour elle, que Thomas voie son frère de ses propres yeux.
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Un lys coincé dans un rosier
Les yeux de Thomas se fermèrent un instant, et il inspira plus longtemps. Peut-être parce qu’il venait d’apprendre que son petit frère était bel et bien vivant. Peut-être parce que ses yeux bleus tant rêvés avaient effleurés les siens.
Jacob était vivant. Et il était ici. A quelques étages, ou bien quelques mètres seulement. Morgan lui confirma peu après.
Son coeur battait plus vite. Jacob était vivant, fort bien. Mais cette situation n’était pas pour lui rappeler une autre, similaire, qu’il avait bien mal vécu. Un Jacob vivant dans une chambre, sous-estimé, puis peu après en possession des identités de Thomas, Morrigan, et peut-être même Carry.
Sans un mot tout d’abord, il suivit Morgan. Ni trop près, ni trop loin. Juste assez pour voir ses boucles danser dans son dos, pas assez pour sentir leur effluve. Par Merlin… Thomas ne savait où poser son regard.
Alors, il regardait autour de lui, la mâchoire crispée, les doigts tapotant le rebord de son fédora.
« Tu me laisseras entrer le premier dans la chambre » commanda Thomas. « Il n’en a peut-être pas l’air comme ça, mais c’est un malin. Je ne serai pas étonné qu’il se soit volontairement fait attraper… il m’a fait le coup, la dernière fois que je l’ai vu. »
Sa voix était plate. Presque professionnelle. Comme si il était encore un Manteau Noir, que Jacob n’était qu’une mission, que Morgan n’était qu’un témoin. Cela l’aidait. A quoi précisément ? Il n’y songerait même pas. Bien trop de sentiments se mêlaient dans son esprit, et ce n’était le moment pour aucun.
Et pourtant… le voilà incapable de se retenir de regarder ses boucles noires sauter sur ses épaules.
Jacob était vivant. Et il était ici. A quelques étages, ou bien quelques mètres seulement. Morgan lui confirma peu après.
Son coeur battait plus vite. Jacob était vivant, fort bien. Mais cette situation n’était pas pour lui rappeler une autre, similaire, qu’il avait bien mal vécu. Un Jacob vivant dans une chambre, sous-estimé, puis peu après en possession des identités de Thomas, Morrigan, et peut-être même Carry.
Sans un mot tout d’abord, il suivit Morgan. Ni trop près, ni trop loin. Juste assez pour voir ses boucles danser dans son dos, pas assez pour sentir leur effluve. Par Merlin… Thomas ne savait où poser son regard.
Alors, il regardait autour de lui, la mâchoire crispée, les doigts tapotant le rebord de son fédora.
« Tu me laisseras entrer le premier dans la chambre » commanda Thomas. « Il n’en a peut-être pas l’air comme ça, mais c’est un malin. Je ne serai pas étonné qu’il se soit volontairement fait attraper… il m’a fait le coup, la dernière fois que je l’ai vu. »
Sa voix était plate. Presque professionnelle. Comme si il était encore un Manteau Noir, que Jacob n’était qu’une mission, que Morgan n’était qu’un témoin. Cela l’aidait. A quoi précisément ? Il n’y songerait même pas. Bien trop de sentiments se mêlaient dans son esprit, et ce n’était le moment pour aucun.
Et pourtant… le voilà incapable de se retenir de regarder ses boucles noires sauter sur ses épaules.
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Un lys coincé dans un rosier
Une marche après l'autre. Sans un regard pour celui qui le suivait - le grincement asynchrone du bois de l'escalier lui suffisait à reconnaitre ses propres pas ainsi que celui du sorcier.
Elle n'aimait pas cela. Pas du tout. Ce n’était pas simplement une intrusion — c’était pire. Car cette fois, c’était elle qui avait ouvert la porte, qui l’avait laissé entrer. C’était sa volonté. Sa responsabilité. Une transgression qu’elle ne pouvait imputer à personne d’autre.
Une marche après l’autre, jusqu’à ce que le bois nu des escaliers devienne le parquet du premier étage. L’odeur à la fois familière et étrangère de la demeure de son arrière grand père, une odeur auquelle elle ne prêtait habituellement pas attention, semblait lui occupée la totalité de ses pensées. Car Morgan faisait tout ce qu’elle pouvait pour ne pas penser à ce que signifiait ce simple trajet. Traverser la maison de ses ancêtres, en compagnie de Thomas, réveillait une sensation qu’elle n’arrivait pas à nommer. Une forme d’intimité involontaire. Un froid. Et ce silence…
Et elle ne l’avait même pas en face d’elle, par Circé.
Un pas encore, puis un dernier. Et enfin l’arrêt devant une porte, qu'elle avait verrouillé autant mécaniquement que magiquement. Le regard fixé sur celle-ci, elle pivota pour lui faire face autant à elle qu'à l'homme au chapeau. Mais avant qu’elle n’ait pu dire quoi que ce soit, il avait déjà pris la parole.
Cela eut au moins le mérite de la sortir de ses pensées embrouillées. Elle plissa le nez. Quel ton dramatique. Elle aurait pu s’offusquer. Ses mots — ou plutôt, ses ordres — étaient franchement agaçants. Après tout, elle avait déjà été dans cette chambre. Elle avait vu ce misérable manipulateur. Elle l’avait traîné jusqu’ici, en assumant les risques.
Et pour qui la prenait-il, à sous-entendre qu’elle ne pouvait pas gérer seule ce—
Mais soit. Elle ravala sa fierté. Elle hocha la tête. Elle ne le connaissait pas, ce spectre d'individu de l'autre côté du mur. Ce n'était pas son frère à elle après tout. Et ce n’était ni le lieu, ni le moment. D'autant que l’objectif restait le même : en finir. Et oublier.
Elle appela simplement l’elfe de maison qui montait la garde à l’intérieur.
« Peeney, rejoins-moi à l'extérieur s'il te plait. »
Un plop se fit entendre, et la jeune elfe était désormais au côté de son employeuse.
« Notre... invité dort toujours ?
– O-oui Miss, il n'a pas bougé d'un pouce en tout cas.
– Bien. Tu peux retourner à tes occupations en bas, merci. »
Elle n'en n'avait aucune à vrai dire, mais elle avait compris le message de la sorcière, et ne l'avait pas questionné autre mesure, bien qu'elle gardait une attitude méfiante envers celui qui lui était inconnu, tout en s'éloignant.
Morgan désenchanta la porte, et s'en approcha en sortant une clé d'une poche qu'elle glissa dans la fente de la serrure. Sa main resta posée un instant sur le métal froid. Elle tourna légèrement la tête vers Thomas, juste assez pour l’apercevoir du coin de l’œil.
Elle ne dit rien.
Et pourtant... elle voulait en dire des choses.
Ses yeux revinrent sur la serrure, qu’elle déverrouilla d’un geste précis, avant de s’écarter légèrement.
« C'est ouvert. »
Elle n'aimait pas cela. Pas du tout. Ce n’était pas simplement une intrusion — c’était pire. Car cette fois, c’était elle qui avait ouvert la porte, qui l’avait laissé entrer. C’était sa volonté. Sa responsabilité. Une transgression qu’elle ne pouvait imputer à personne d’autre.
Une marche après l’autre, jusqu’à ce que le bois nu des escaliers devienne le parquet du premier étage. L’odeur à la fois familière et étrangère de la demeure de son arrière grand père, une odeur auquelle elle ne prêtait habituellement pas attention, semblait lui occupée la totalité de ses pensées. Car Morgan faisait tout ce qu’elle pouvait pour ne pas penser à ce que signifiait ce simple trajet. Traverser la maison de ses ancêtres, en compagnie de Thomas, réveillait une sensation qu’elle n’arrivait pas à nommer. Une forme d’intimité involontaire. Un froid. Et ce silence…
Et elle ne l’avait même pas en face d’elle, par Circé.
Un pas encore, puis un dernier. Et enfin l’arrêt devant une porte, qu'elle avait verrouillé autant mécaniquement que magiquement. Le regard fixé sur celle-ci, elle pivota pour lui faire face autant à elle qu'à l'homme au chapeau. Mais avant qu’elle n’ait pu dire quoi que ce soit, il avait déjà pris la parole.
Cela eut au moins le mérite de la sortir de ses pensées embrouillées. Elle plissa le nez. Quel ton dramatique. Elle aurait pu s’offusquer. Ses mots — ou plutôt, ses ordres — étaient franchement agaçants. Après tout, elle avait déjà été dans cette chambre. Elle avait vu ce misérable manipulateur. Elle l’avait traîné jusqu’ici, en assumant les risques.
Et pour qui la prenait-il, à sous-entendre qu’elle ne pouvait pas gérer seule ce—
Mais soit. Elle ravala sa fierté. Elle hocha la tête. Elle ne le connaissait pas, ce spectre d'individu de l'autre côté du mur. Ce n'était pas son frère à elle après tout. Et ce n’était ni le lieu, ni le moment. D'autant que l’objectif restait le même : en finir. Et oublier.
Elle appela simplement l’elfe de maison qui montait la garde à l’intérieur.
« Peeney, rejoins-moi à l'extérieur s'il te plait. »
Un plop se fit entendre, et la jeune elfe était désormais au côté de son employeuse.
« Notre... invité dort toujours ?
– O-oui Miss, il n'a pas bougé d'un pouce en tout cas.
– Bien. Tu peux retourner à tes occupations en bas, merci. »
Elle n'en n'avait aucune à vrai dire, mais elle avait compris le message de la sorcière, et ne l'avait pas questionné autre mesure, bien qu'elle gardait une attitude méfiante envers celui qui lui était inconnu, tout en s'éloignant.
Morgan désenchanta la porte, et s'en approcha en sortant une clé d'une poche qu'elle glissa dans la fente de la serrure. Sa main resta posée un instant sur le métal froid. Elle tourna légèrement la tête vers Thomas, juste assez pour l’apercevoir du coin de l’œil.
Elle ne dit rien.
Et pourtant... elle voulait en dire des choses.
Ses yeux revinrent sur la serrure, qu’elle déverrouilla d’un geste précis, avant de s’écarter légèrement.
« C'est ouvert. »
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
Un lys coincé dans un rosier
Les précautions que Morgan avaient prises rassuraient Thomas autant qu’elles l’inquiétaient. Jacob avait-il tenté d’agresser Morgan ? Avait-il montré des signes d’agressivité ? Si Jacob avait ne serait-ce pensé à lui faire du mal, Thomas lui pardonnerait-il un jour ?
Thomas jeta à peine un coup d’oeil à l’elfe de maison qui avait veillé sur Jacob. Il écouta les faibles informations qui filtrèrent de cette brève interaction entre elle et sa maîtresse. Sa déformation professionnelle (ou bien sa volonté de jouer au Manteau Noir) lui fit noter que si Morgan possédait un elfe de maison, cela pouvait signifier qu’elle était soit dans une confortable position financière, soit d’un rang social élevé. Puisqu’elle travaillait dans l’Allée des Embrumes, Thomas envisageait la deuxième possibilité.
Il aurait aimé entendre un nom derrière ce miss mais tout portait à croire que Morgan, ou le Destin lui même, mettait tout en place pour que jamais il ne le découvre.
Le français observait la porte, sans bouger. Il n’adressait aucun regard à Morgan, pas même lorsqu’elle tourna la tête vers lui. Croiser son regard serait de trop. Son coeur ne devait pas battre pour autre chose que son frère, aujourd’hui.
« Merci… »
… Morgan. Son prénom fut étranglé dans sa gorge à peine pensé. Il était encore trop douloureux, trop brûlant, trop lourd. Thomas y songeait souvent, tout les jours en réalité. Aussi le noyait-il dans son verre.
Il finissait toujours par remonter.
Maintenant qu’elle s’était écarté, Thomas s’avança vers la porte. Ses longs doigts blancs s’enroulèrent autour de la poignée. Il resta comme cela un moment, les yeux plantés dans le bois de la porte.
Et si Jacob n’était plus Jacob ? Et si c’était trop tard ? Si…
Ses mâchoires se serrèrent.
Il ouvrit, et pénétra dans la chambre d’un même geste, comme si il craignait de ne plus en être capable si il hésitait.
Le corps de Jacob était là, allongé sur un lit qui semblait trop propre pour lui. Thomas se figea. Il sentit sa gorge se nouer, brutalement, comme si une main invisible venait de l’étrangler de l’intérieur, comme si cette silhouette inerte venait de lui asséner un coup plus violent que tout ceux qu’il avait reçus.
Thomas avança, lentement, son regard braqué sur son frère. Son petit frère. Un spectre dessiné à l’encre pâle, aux pommettes saillantes, aux cernes noires creusant ses orbites. Sa mâchoire autrefois si fière pendait légèrement, entrouverte comme si la vie elle-même hésitait encore à s’enfuir.
Thomas avança encore, fébrile. Il avait abandonné la baguette qu’il avait tantôt caressé, juste au cas où. Ses bras tombaient le long de son corps. Il avançait, craignant de s’effondrer si il restait planté là.
A la hauteur de Jacob, Thomas posa un genou à côté du lit.
Son regard tremblait.
Un millier d’images le percutèrent à la fois. Les mèches blanches d’un nouveau né, les premières disputes pour un jouet cassé, les rires sous les draps, les doigts accrochés à sa chemise comme si il craignait que son frère marche sans lui.
Thomas expira, le souffle tremblant. Son regard courrait le long de la carcasse décharné qui s’étendait devant lui. Les doigts osseux. Les ongles rognés jusqu’à la chair. Les joues creusées. Les cheveux filasses. Les lèvres gercées
Son souffle s’accéléra. Il baissa la tête, les yeux grands ouverts sur le matelas. Il serrait les dents à se les briser.
Il sentait son foutu coeur se serrer dans sa poitrine, menaçant de s’arracher de lui même. Ses lèvres se plissèrent, retenant avec grande peine un hoquet de douleur.
C’était trop. Bien trop.
Thomas jeta à peine un coup d’oeil à l’elfe de maison qui avait veillé sur Jacob. Il écouta les faibles informations qui filtrèrent de cette brève interaction entre elle et sa maîtresse. Sa déformation professionnelle (ou bien sa volonté de jouer au Manteau Noir) lui fit noter que si Morgan possédait un elfe de maison, cela pouvait signifier qu’elle était soit dans une confortable position financière, soit d’un rang social élevé. Puisqu’elle travaillait dans l’Allée des Embrumes, Thomas envisageait la deuxième possibilité.
Il aurait aimé entendre un nom derrière ce miss mais tout portait à croire que Morgan, ou le Destin lui même, mettait tout en place pour que jamais il ne le découvre.
Le français observait la porte, sans bouger. Il n’adressait aucun regard à Morgan, pas même lorsqu’elle tourna la tête vers lui. Croiser son regard serait de trop. Son coeur ne devait pas battre pour autre chose que son frère, aujourd’hui.
« Merci… »
… Morgan. Son prénom fut étranglé dans sa gorge à peine pensé. Il était encore trop douloureux, trop brûlant, trop lourd. Thomas y songeait souvent, tout les jours en réalité. Aussi le noyait-il dans son verre.
Il finissait toujours par remonter.
Maintenant qu’elle s’était écarté, Thomas s’avança vers la porte. Ses longs doigts blancs s’enroulèrent autour de la poignée. Il resta comme cela un moment, les yeux plantés dans le bois de la porte.
Et si Jacob n’était plus Jacob ? Et si c’était trop tard ? Si…
Ses mâchoires se serrèrent.
Il ouvrit, et pénétra dans la chambre d’un même geste, comme si il craignait de ne plus en être capable si il hésitait.
Le corps de Jacob était là, allongé sur un lit qui semblait trop propre pour lui. Thomas se figea. Il sentit sa gorge se nouer, brutalement, comme si une main invisible venait de l’étrangler de l’intérieur, comme si cette silhouette inerte venait de lui asséner un coup plus violent que tout ceux qu’il avait reçus.
Thomas avança, lentement, son regard braqué sur son frère. Son petit frère. Un spectre dessiné à l’encre pâle, aux pommettes saillantes, aux cernes noires creusant ses orbites. Sa mâchoire autrefois si fière pendait légèrement, entrouverte comme si la vie elle-même hésitait encore à s’enfuir.
Thomas avança encore, fébrile. Il avait abandonné la baguette qu’il avait tantôt caressé, juste au cas où. Ses bras tombaient le long de son corps. Il avançait, craignant de s’effondrer si il restait planté là.
A la hauteur de Jacob, Thomas posa un genou à côté du lit.
Son regard tremblait.
Un millier d’images le percutèrent à la fois. Les mèches blanches d’un nouveau né, les premières disputes pour un jouet cassé, les rires sous les draps, les doigts accrochés à sa chemise comme si il craignait que son frère marche sans lui.
Thomas expira, le souffle tremblant. Son regard courrait le long de la carcasse décharné qui s’étendait devant lui. Les doigts osseux. Les ongles rognés jusqu’à la chair. Les joues creusées. Les cheveux filasses. Les lèvres gercées
Son souffle s’accéléra. Il baissa la tête, les yeux grands ouverts sur le matelas. Il serrait les dents à se les briser.
Il sentait son foutu coeur se serrer dans sa poitrine, menaçant de s’arracher de lui même. Ses lèvres se plissèrent, retenant avec grande peine un hoquet de douleur.
C’était trop. Bien trop.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Un lys coincé dans un rosier
Un pas. Le parquet grinça sous ses pieds. Morgan s’était arrêtée dans l’embrasure de la porte. Elle ne la franchissait pas. Cette ligne invisible, ce simple cadre de bois, lui tenait lieu de frontière.
Dehors, elle se tenait droite, immobile comme une statue. Dedans, son esprit n’était que tumulte. Un vacarme d’images et de pensées qui se heurtaient sans relâche… jusqu’à se réduire, peu à peu, à un bourdonnement sourd. Comme un bruit blanc qu’elle s’imposait pour ne pas entendre autre chose : le craquement du sol quand Thomas s’agenouilla. Comme un filtre devant ses yeux, pour ne pas voir ce qu'elle voyait. Mais elle regardait, entendait malgré cela, malgré ces propres mécanismes de mise à distance.
Elle se sentait cassé, mais plus encore, elle savait qu'elle n’avait pas le droit d’être ici. Pas dans cette scène - une intruse dans une maison qui était la sienne, ou presque.
Et pourtant elle restait. Spectatrice troublée, témoin muet.
Ce qu’elle ressentait, elle refusait de le nommer. Jalousie ? Oui, peut-être. Mais aussitôt une morsure de culpabilité. Colère aussi. Agacement. Une tension sourde qui lui faisait serrer la mâchoire. Elle voulait détourner le regard, lui laisser cette intimité… mais elle en était incapable.
Tout en elle criait contradiction. Elle voulait rester en retrait, mais ne pouvait s’empêcher d’avancer. Elle voulait oublier, mais son corps, lui, se souvenait.
Régler ça vite, qu’elle se répétait depuis le moment où elle avait dévier de sa route - en kidnappant un fichu faux client / voleur.
Et malgré tout…
Un nouveau craquement retentit. Sous ses pieds. Et un autre, jusqu'à se retrouver aux côtés de Thomas. Aucun mot, aucun geste pour tenter d'exprimer quelque chose, quoi que ce soit. Compassion, empathie... - quand bien même elle l'aurait voulu, elle était confrontée à une autre barrière invisible, un gouffre bien plus puissant encore. Alors elle se força à fixer son regard sur celui qu'elle avait elle-même placer là, sur le lit. Bien différent de celui qu'il avait été, au début de leur rencontre - littéralement. Mais il était aussi... autrement différent, inconscient qu'éveillé.
Dehors, elle se tenait droite, immobile comme une statue. Dedans, son esprit n’était que tumulte. Un vacarme d’images et de pensées qui se heurtaient sans relâche… jusqu’à se réduire, peu à peu, à un bourdonnement sourd. Comme un bruit blanc qu’elle s’imposait pour ne pas entendre autre chose : le craquement du sol quand Thomas s’agenouilla. Comme un filtre devant ses yeux, pour ne pas voir ce qu'elle voyait. Mais elle regardait, entendait malgré cela, malgré ces propres mécanismes de mise à distance.
Elle se sentait cassé, mais plus encore, elle savait qu'elle n’avait pas le droit d’être ici. Pas dans cette scène - une intruse dans une maison qui était la sienne, ou presque.
Et pourtant elle restait. Spectatrice troublée, témoin muet.
Ce qu’elle ressentait, elle refusait de le nommer. Jalousie ? Oui, peut-être. Mais aussitôt une morsure de culpabilité. Colère aussi. Agacement. Une tension sourde qui lui faisait serrer la mâchoire. Elle voulait détourner le regard, lui laisser cette intimité… mais elle en était incapable.
Tout en elle criait contradiction. Elle voulait rester en retrait, mais ne pouvait s’empêcher d’avancer. Elle voulait oublier, mais son corps, lui, se souvenait.
Régler ça vite, qu’elle se répétait depuis le moment où elle avait dévier de sa route - en kidnappant un fichu faux client / voleur.
Et malgré tout…
Un nouveau craquement retentit. Sous ses pieds. Et un autre, jusqu'à se retrouver aux côtés de Thomas. Aucun mot, aucun geste pour tenter d'exprimer quelque chose, quoi que ce soit. Compassion, empathie... - quand bien même elle l'aurait voulu, elle était confrontée à une autre barrière invisible, un gouffre bien plus puissant encore. Alors elle se força à fixer son regard sur celui qu'elle avait elle-même placer là, sur le lit. Bien différent de celui qu'il avait été, au début de leur rencontre - littéralement. Mais il était aussi... autrement différent, inconscient qu'éveillé.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
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Un lys coincé dans un rosier
Tout était de sa faute. Son petit frère, allongé là comme un cadavre dans son linceul, c’était de son fait. Il l’avait laissé s’échapper quatre ans auparavant, dans un sursaut d’amour fraternel. Une faiblesse, voilà le terme qu’il était nécessaire d’utiliser à présent. Une faiblesse. Il avait écouté son coeur, celui la même qu’il s’était juré de s’arracher de la poitrine pour ne plus rien ressentir d’autre que fer et l’acier de son armure. Il aurait dû garder Jacob enfermé. L’oublietter. Lui arracher tout ce qui pouvait encore le rattacher à ce combat dans lequel il s’était jeté, encouragé par Kenneth Bain, poussé par l’injustice. Il aurait dû faire tout cela. Et qu’avait-il fait ? Il avait ouvert une porte, et renvoyer Jacob sur le chemin de la révolte. Il l’avait conduit ici.
Thomas avait tué son petit frère.
Il n’était pas mort ? Bien sûr qu’il l’était. Ce gamin rachitique n’était pas Jacob. Ses cheveux filasses, sales, poisseux, n’étaient pas ceux de Jacob. Ces lèvres gercées, bouffées, livides, toujours promptes à s’étirer dans un large sourire n’étaient pas celles de Jacob. Ce visage squelettique, ces yeux cernés de noirs, ce n’était pas Jacob ! Ce n’était pas son petit frère. Son gentil petit frère. Celui qui gardait Alice contre lui lorsque Père et Mère se disputaient dans le salon à son sujet. Celui qui n’avait jamais hésité à se dresser face à lui pour protéger sa soeur de ses excès de violence juvénile.
Une panique sourde étrangla soudainement Thomas Alice. Merlin, comment réagirait Alice ? Si lui peinait à retenir ses larmes face à ce qu’était devenu Jacob, comment réagirait Alice ? Elle qui ressentait toujours tout trop fort. Elle ne s’en remettrait jamais. Père ! Père, qui avait laisser tomber ses sourires de convenance lorsqu’il avait apprit que Jacob avait disparu, que Thomas avait protégé de son paternalisme par des mensonges, qui serait prêt à tout abandonner pour se lancer dans la recherche de son fils… Il ne s’en remettrait jamais.
Son coeur, ce maudit, battait si fort, si douloureusement. La panique s’insinuait dans ses veines comme des serpents. Il ne pouvait pas ramener Jacob comme ça. Il ne le pouvait pas. Était-il seulement transportable ? Survivrait-il ? Était-ce trop tard ?
Était-ce encore son petit frère ?
Trop concentré sur sa gorge serrée, sur son coeur douloureux, Thomas prit un temps considérable pour réaliser que Morgan s’était avancé. Elle était là, juste à côté de lui, son regard fixé sur Jacob. Thomas ne la regardait pas… mais il savait.
Il serra le drap entre ses doigts comme pour étrangler son coeur.
Morgan n’aurait jamais dû voir ça. Pas lui. Mais Jacob. Morgan n’aurait jamais dû à porter ce fardeau avec lui. Il aurait dû être le seul. C’était son devoir. A lui. Son fardeau. Son honneur. Protéger…
Protéger ta famille, vraiment, Thomas ? Ton frère est en ruine, par ta faute. Ta mère et ton père ce sont séparés, par ta faute. Kenneth Bain est mort, par ta main. Morgan souffrira, par ta faute. Et toi ? Tu t’en sortiras toujours. Tu porteras à jamais ton armure cabossé que tu fracasses un peu plus jour après jour, parce que tu sais que tu ne la mérites pas. Tu es un chevalier misérable, mauvais. Pitoyable.
Thomas prit une inspiration tremblante. L’odeur de Jacob lui parvint bien avant celle de Morgan. C’est pourtant à cette dernière qu’il s’accrocha.
« Comment… » Sa voix tremblait, menaçait de se briser. Il expulsa toute l’air prisonnière dans ses poumons. « Où était-il ? »
Thomas avait tué son petit frère.
Il n’était pas mort ? Bien sûr qu’il l’était. Ce gamin rachitique n’était pas Jacob. Ses cheveux filasses, sales, poisseux, n’étaient pas ceux de Jacob. Ces lèvres gercées, bouffées, livides, toujours promptes à s’étirer dans un large sourire n’étaient pas celles de Jacob. Ce visage squelettique, ces yeux cernés de noirs, ce n’était pas Jacob ! Ce n’était pas son petit frère. Son gentil petit frère. Celui qui gardait Alice contre lui lorsque Père et Mère se disputaient dans le salon à son sujet. Celui qui n’avait jamais hésité à se dresser face à lui pour protéger sa soeur de ses excès de violence juvénile.
Une panique sourde étrangla soudainement Thomas Alice. Merlin, comment réagirait Alice ? Si lui peinait à retenir ses larmes face à ce qu’était devenu Jacob, comment réagirait Alice ? Elle qui ressentait toujours tout trop fort. Elle ne s’en remettrait jamais. Père ! Père, qui avait laisser tomber ses sourires de convenance lorsqu’il avait apprit que Jacob avait disparu, que Thomas avait protégé de son paternalisme par des mensonges, qui serait prêt à tout abandonner pour se lancer dans la recherche de son fils… Il ne s’en remettrait jamais.
Son coeur, ce maudit, battait si fort, si douloureusement. La panique s’insinuait dans ses veines comme des serpents. Il ne pouvait pas ramener Jacob comme ça. Il ne le pouvait pas. Était-il seulement transportable ? Survivrait-il ? Était-ce trop tard ?
Était-ce encore son petit frère ?
Trop concentré sur sa gorge serrée, sur son coeur douloureux, Thomas prit un temps considérable pour réaliser que Morgan s’était avancé. Elle était là, juste à côté de lui, son regard fixé sur Jacob. Thomas ne la regardait pas… mais il savait.
Il serra le drap entre ses doigts comme pour étrangler son coeur.
Morgan n’aurait jamais dû voir ça. Pas lui. Mais Jacob. Morgan n’aurait jamais dû à porter ce fardeau avec lui. Il aurait dû être le seul. C’était son devoir. A lui. Son fardeau. Son honneur. Protéger…
Protéger ta famille, vraiment, Thomas ? Ton frère est en ruine, par ta faute. Ta mère et ton père ce sont séparés, par ta faute. Kenneth Bain est mort, par ta main. Morgan souffrira, par ta faute. Et toi ? Tu t’en sortiras toujours. Tu porteras à jamais ton armure cabossé que tu fracasses un peu plus jour après jour, parce que tu sais que tu ne la mérites pas. Tu es un chevalier misérable, mauvais. Pitoyable.
Thomas prit une inspiration tremblante. L’odeur de Jacob lui parvint bien avant celle de Morgan. C’est pourtant à cette dernière qu’il s’accrocha.
« Comment… » Sa voix tremblait, menaçait de se briser. Il expulsa toute l’air prisonnière dans ses poumons. « Où était-il ? »
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
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