Même sous la pluie

Assez stupéfaite de la réponse qu'elle avait donné aux filles, Alice les laissaient s'examiner tandiq qu'elle se questionner interieurement. Ce qu'elle venait de dire, offrir à Noémie et cette Serdaigle, elle venait de le comprendre juste avant. C'était très étrange qu'elle est partageait cela alors qu'elle même venait de les decouvrir. D'habitude, Alice gardait tous pour elle, il fallait que personne sache des choses sur elle qui pouvaient la blesser. L'aiglonne et la Serpentard pouvait ètre fière de savoir ça. Un trou dans cette carapace qu'elle s'était constituée après la perte de son bouclier. Noémie et Alice se dévisagent, chacune essayant de comprendre l'autre. Du coin de l'oeil, Alice voit la Serdaigle cherchait quelque chose de la main, l'apprentie sorcière comprend un instant après, elle cherche ces boucliers, invisiblies à l'oeil nu, visible par le coeur. Puis l'aiglonne demande au soleil qui veille sur elles, à la lune qui attend, caché, au vent qui emporte sa question, aux deux Serpentardes.

- Alors tu es une de ces fleurs qui peut retenir le soleil ?

Là, un choc. Alice tombe de cette colonne de pierre où elle avait péniblement montrée sa véritable identitée. Cette question concernent tout, on ne peut répondre sans démentir une autre réponse. Et puis, Alice comprend pas très bien cette question universaile. Elle attend que quelqu'un la sauve. C'est Noémie qui répond, comblant le silence d'Alice. Cette réponse est toute simplement magnifique.

- Oui, je crois que les fleurs peuvent attraper le soleil.
Elles l’attirent à force de beauté,
et quand il les touche,
c’est comme un baiser que seul le jour comprend.


Le rire emporte Noémie. Alice hésite, mérite-t-elle de rire. Cependant, la joie lui tends les bras. Elle accepte, laissant une nouvelle fois montrait sa personnalité. La Serpentard montre les sentiments qu'elle avait réprimée jusqu'à là. L'aiglonne rit aussi d'un petit rire timide. Le rire cristallin d'Alice se mèle au deux autres pour enfermer qu'un. Cela s'envole, emporter par le vent. Alice dit :

- Ta réponse... elle est magnifique.

Alice regarda la Serdaigle, cherchant une abrobation. Elle confirme qu'elle pense la même chose. Alice sent quelque chose lui prendre la main, c'est Noémie. Elle hésite une nouvelle fois, se disant qu'elle en n'est pas digne. Puis accepte, sa main prend celle de Noémie qui chaude et douce. Alice baisse les yeux sur ses baskets couvertes de petits mots écrits par ses amies moldus. Au passage, elle aperçoit que la Serdaigle et Noémie se tiennent aussi la main. Alice commence à percevoir du bout des doigts de Noémie la force d'esprit de la Serdaigle.

Tout à coup, il y eu le déclic. Alice comprit que à elles trois, elles pourraient reconstruire le monde rêvant chaque jour d'un monde meilleure ou parfait. Ses gouttes commencent à couler sur ses joues. De sa main libre, elle les essuya. Pas question de montrer à ses amies qu'elle était sentimentales des fois. Amies, si on pouvait dire ça. Alice s'aperçut qu'elle ne connaissait pas le nom de la Serdaigle alors, elle demanda :

- Dis moi quel est ton
nom, je n'étais pas là quand tu l'as dit à Noémie. De plus, je m'appelle Alice.


Alice dévisagea la Serdaigle tandis qu'elle répondait.

490 mots

ALICE GRANT / SERPENTARD / DEUXIÈME ANNÉE
Couleur parole Rp : vert forêt (#3C612F) Présence : normale, la nuit je suis là
Stalkeuse Suprême - Maîtresse des Parchemins

Même sous la pluie
- Oui, je crois que les fleurs peuvent attraper le soleil.
Elles l’attirent à force de beauté,
et quand il les touche,
c’est comme un baiser que seul le jour comprend.

Je sens presque ce baiser, brasier sur la pulpe de mes lèvres. Je souris et crois voir en ces lèvres diseuses de mystères, un peu des pétales que j’ai tant voulu trouver. J’aime sa réponse. Un éclat de rire me transperce, elles acceptent mes mains, et je sens que le cycle du monde se concrétise en nous.

J’observe mes camarades dont le visage brille d’émotions pures. Je me demande un instant si nous les partageons, ainsi. Si je peux moi aussi les sentir. Comme lorsque la brune à lunettes a dit, écho à mes pensées, à quel point cette réponse était belle. Son affirmation était d’une sincérité sans faille et j’ai été étonnée qu’elle attende une sorte d’approbation de ma part. Pourtant, dans ce parc, en ce jour, je sais qu’elles comprennent. Qu’elles savent que c’est un peu du monde que nous venons de saisir.

Peut-être est-ce comme lorsque nous regardons les étoiles. Peut-être que là, en cet instant, nos murmures, nos regards, nos espoirs ne font qu’un. Je cède docilement à cette frénésie qui m’étreint, observe les fleurs autour de nous, et me dis que nous sommes finalement tous un peu comme elles. Nous recherchons le soleil d’un sourire complice et nous auréolons de couleurs, aussi vives que nos maisons.

Quelque chose a attrapé le regard de ma voisine. Je me retourne, suis l’herbe folle de ses cils, pour atterrir sur une jeune fille qui sèche ses larmes. Les orbes de son âme sont encore gonflés et je ne peux que rire plus fort pour qu’un peu de notre rayonnement lui soit offert.

- Dis moi quel est ton
nom, je n'étais pas là quand tu l'as dit à Noémie. De plus, je m'appelle Alice.


Je hoquète, soudain perturbée. Il est vrai que je ne connaissais si leur nom, ni leur âge avant d’ainsi communier. Je me demande un instant si elles m’ont trouvée grossière. Je baisse la tête, entortille mes orteils dans le couvert de mes chaussures. Une mèche sur ma joue me fait savoir qu’un peu de la flore locale s’y agrippe. Je m’ébroue d’un sourire timide, incertaine quant à cette couronne, et ne me demande plus pour quelles raisons seules les plantes me viennent en tête.

- Je m’appelle Saïph, je réponds.

Ma voix paraît trop frêle alors je resserre un peu leurs doigts et tente un regard. Tombe sur une vallée de douceur, esquisse un nouveau sourire. Noémie et Alice. J'aime ces noms. Je me les murmure, les goûtant syllabe par syllabe. Comme on apprivoise un son, une image, une idée. Je sais que, désormais, chaque fois que je lirai, entendrai ces noms, c'est à leurs visages que je songerai, à nos paroles que je penserai. Je ferme les yeux. Expire.

- Merci.

Merci d'avoir accordé vos noms aux miens. Merci de, peut-être, encore les accorder.

Saïph - 2e Année RP Promo 2049-2050 - Fiche PR
Dialogues : color=#3e5653

Même sous la pluie
- Merci.
Elle a dit merci, elle a remercié le soleil d'être là pour nous, les fleurs de briller pour nous et nous d'être là pour elle. Elle a prié pour que tout aille bien, pour que tout soit possible.
Saïf, Alice, elles sont là pour moi et peut être que je suis là pour elles ?
Tous nos mots sont sortis de nos cœurs en pureté mais pour moi il manque quelque chose. Ou plutôt quelqu'un...

Je la sens derrière moi, je sens son doute, sa peur ou sa curiosité. Je me retourne discrètement, doucement pour la voir. Elle est très belle : ses yeux bleus brillent de mille feux derrière ses petites lunettes, son visage est fin, et des petites mèches brunes sortent et volent devant son visage. Je l'observe attentivement et ressent un malaise de sa part. Elle m'a vu aussi et je ne sais pas si ça lui fait plaisir que je la regarde. Je détourne le regard et fais un sourire à Alice et Saïph. Elles sont en train de rigoler et de faire connaissance apparemment. Alice est belle avec ses cheveux qui brillent au soleil. Et Saïf rayonne sous la clarté de la lumière. Je souris et un soupçon d'espoir monte en moi, ce qui est rare... L'espoir et l'amour et le bonheur sont rares. L'espoir de nouvelles amitiés et d'un nouvel amour.

Alors je me retourne et cette fois, offre le plus grand sourire possible à Sonia. Ses yeux s'illuminent et je comprends qu'elle veut que l'on se rejoigne. Je lui fais signe de me rejoindre. Et j'avance également vers elle. Vers une nouvelle amitié peut-être, une nouvelle rencontre.

signé #fa40d6 (poétique et lourd de sens)

Même sous la pluie
ABANDON DU RP
Reducio
La sorcière aux cheveux stressés dégageait quelque chose de familier. Sonia ne savait pas pourquoi, elle ne l'avait jamais vu avant ce jour, c'était certain. C'était bien la première fois qu'elle croisait ce regard. Peut-être était-ce sa ressemblance avec Heather ? Elle semblait être aussi douce que la rouge et or, aussi mature et calme qu'elle...

Oh, elle venait de détourner le regard ? Peut-être que l'anglaise n'aurait pas dû la regarder ? Peut-être pas aussi longtemps ? La deuxième année releva la tête vers le ciel, pensive. Que devait-elle faire ? Que pouvait-elle faire ? Encore un tas de questions qui l'entourait, mais aucune réponse. Elle était coincée dans cette pièce remplie de papiers de questions. Parfois, elle parvient à sortir de cette pièce. D'autres... un flot de pensée l'assiégeait et la forçait à y retourner.

« Je sens ce... » regard. Elle rebaissa la tête croisant celui de cette fille qui ressemblait à son amie. Elle... elle l'invitait à les rejoindre ? Vraiment ? Elle en avait le droit ? Pour de vrai ? Comme pour briser ce doute qui assiégeait Sonia, l'inconnue s'approchait doucement d'elle. Bien qu'elle fut surprise et prise au dépourvue, elle se releva et s'approcha d'elle. Cette main tendue... elle semblait si douce et si chaude...

Lorsqu'elles futent à deux ou trois pas de l'une et de l'autre, Sonia s'arrêta et plongea dans ce regard si doux qui l'avait surpris quelques secondes auparavant. Cette gêne qu'elle ressentait, ce doute qui l'habitait, c'était comme si l'aura qui se dégageait de la Serpentard avait effacé tous ces questionnements. La deuxième année se surprit à lui sourire. « J-Je... Salut ! » dit-elle simplement.

C'était peut-être idiot mais il fallait bien commencer quelque part, pas vrai ? C'était comme si la brune avait le don de casser toutes les barrières qui entourait la jeune lionne. Comme si, ce don lui permettait de libérer les autres de cette prison dont ils avaient perdus la clé. En fait, elle était devenue cette clé qu'elle cherchait tant.

« T-Tu vas bien ? » demanda-t-elle. Oui, cette question était vraiment idiote. Toute à l'heure, elle ne semblait pas aller si bien que cela. Pourtant, dès que Sonia avait croisé son regard, elle n'aurait pas dit cela. Si elle n'avait pas assisté à cette scène entre elle et ces deux autres filles — qui, désormais, s'amusaient ensemble — elle aurait affirmé que la fille aux cheveux stressés était quelqu'un de très calme et solaire. Oui, ce sourire qu'elle offrait, ce regard si doux qu'elle lançait... c'était quelque chose de pur, que la rouge et or acceptait volontiers. Elle la remercierait bien pour sa présence, elle avait réussit à l'apaiser. Merci.

448 mots

#3E0576 | 3A RP | 3A devoir | rédactrice | fanfariste | choriste - soliste en formation | marraine | gérante du Club Théâtre | membre du Fich'tre !


Même sous la pluie
Noémie s'éloigne, me laissant avec Alice. Je cligne des yeux, la regarde avancer vers quelque chose...quelqu'un ? Je sens un nouveau fil de soie se tendre autour d'elle et je cligne des yeux, pas très sûre. Le fil de soie devenu un fil de nous, apparemment, se prend dans le sourire d'une autre fille. Elles n'ont pas besoin de moi pour tisser leur lien, pour chacune en prendre une poignée. Elles pourront revenir et s'ajouter à notre tapisserie d'acr-en-ciel tressés.

Je me retourne vers Alice, étudie les nuages qui se réverbèrent dans l'arrondi de ses lunettes, me demande si la terre pourrait tourner, si les heures pourraient exister, sans des verres comme ceux-ci. Je les aime beaucoup, alors je le lui dis. Ou alors est-ce que je le pense ? Tout n'est-il que cercle ? Tournis ? Rondades et courbes en ce monde qui ne fait que tourner ?

Dans mon lit, il m'arrive souvent de tourner aussi. J'essaie de remémorer comment la Terre tourne, et tente de suivre sa cadence. Mon père m'a un jour dit qu'en parvenant à suivre la Terre, on vole. Je me souviens que nous l'avions essayé plusieurs heures, sans jamais y parvenir. Je me souviens avoir été joyeuse d'avoir tenté, comme si la seule pensée était suffisante pour créer la magie.

Je baisse les yeux et vois nos ombres, m'approche d'Alice pour les associer, me mets plus bas pour en former une plus grande.

- Tu sais, je dis, je crois que les ombres sont les seules à vraiment connaître les réalités. Parce qu'elle savent pertinemment quand il faut nous suivre ou nous précéder, elles savent comment se fondre dans le monde. Comment appelles tu le monde de tes pensées ? Qu'est-ce que tu y cueilles ? Tu crois que les tableaux aussi, ils ont des ombres et des mondes intérieur ?

Je passe ma langue sur mes lèvres. Ces mondes des tableaux seraient ils esquisses ou aquarelles ? Je repense aux fleurs qui saisissent les soleil et me demande s'il faut faire partie de cet univers pour en être capable. Plisse les yeux. Les fleurs des tableaux sont elles capables d'attraper l'astre luisant ?

Je lève les yeux pour l'interroger mais il me brûle la rétine dans un rire et j'essuie une larme en pouffant. Le soleil est un grand bavard, mais il aime les farces. Je lui tire la langue. M'arrête. Dans son bouclier fêlé, Alice n'a-t-elle pas trop froid ? Trop chaud ? Je l'observe en me frottant la tête, sens mes mèches s'envoler en nœuds ficelés. Fronce les sourcils pour m'assurer que son rire est réel.

Il parait que la magie réagit aux émotions. Je pense que là, ici, nous faisons de la magie. J'opine. Sors mon sourire pour baguette.

Saïph - 2e Année RP Promo 2049-2050 - Fiche PR
Dialogues : color=#3e5653

Même sous la pluie
Saïph. Voici le nom de la Serdaigle. Saïph. C’est aussi le nom d’une étoile. Ces demoiselles du soir, qui éclairent, ont un regard sur la planète bleue, sont à des années-lumière de la Terre. Alice estime que le nom va bien à l’aiglonne, ça lui correspond. Elle semble avoir un reculs quand elle parlent de la Terre et des choses mystérieuses. Comme les étoiles. Saïph possède ce recul que personne d’autres a. Ni Alice, ni Noémie ne l’ont. Les deux Serpentardes ont toujours les deux pieds sur Terre.

La Serdaigle dit quelque chose, Alice ne l’entends pas. Mais le comprend avec son cœur. Elle veut dire Merci. Merci pourquoi, la Serpentard ne le sait pas, le mot, seul sans la raison, apporte quand même un réconfort. Une douce chaleur envahit le corps d’Alice. Comme une grande flamme qui s’élève dans la nuit. Noémie s’est éloignée, laissant Alice avec Saïph, Saïph avec Alice. C’est comme une invitation pour qu’elles parlent ensemble. Alice remercie sincèrement Noémie, la petite Serdaigle l’attirait comme la lune qui suis toujours le soleil.

Saïph s’approche, Alice la laisse faire. Elle ne s’éloigne pas même si elle préfère quand garder une mesure de sécurité. De la Serdaigle, la Serpentard en a peur mais l’admire toute aussi. Elle en a peur parce qu’elle redouta que l’aiglonne lui donne une part de son recul. Garder les pieds sur Terre est la bouée de sauvetage de la jeune fille depuis l’éclatement de son bouclier. Alice sens aussi que Saïph en est proche mais aussi en est à des années-lumières. En fait, la vert et argent ne sais pas.

L’aiglonne s’abaisse, mêlant son ombre à celle d’Alice. Celle-ci frisonne mais ne dit rien. Un instant, elle a crut sentir l’ombre de Saïph. La Serpentard attend que son interlocutrice prenne la parole. Saïph murmure, parle des ombres. Et pose des questions imaginaires, Alice ferme les yeux et apprivoise les questions. Elle réfléchit longtemps… Il faut qu’elle y réponde en choisissant bien les mots pour qu’elle fasse comprendre à Saïph ce qu’elle pense. Alice ouvrit les yeux et voie Saïph regardait le soleil aveuglant. La Serpentard dit :

- Tu vois… Alice agite sa main, touche ses cheveux et tire ses oreilles. Cela s’appelle, respectivement, main, cheveux, oreilles. Pourquoi ? Parce que tous le monde en possède ou a entendu parler. Cependant, le monde de mes pensées appartient qu’à moi. Personne peut le voir, le sentir et le toucher. C’est sa carte d’identité. Et puis, il n’a pas de nom, pour moi, donner un nom, c’est mettre des limites. Or, il en a pas.
Silence. Alice observe Saïph. Peut-être que l’aiglonne a compris, peut-être que non. Alice espère que son message est passé.

- Dedans, j’y cueille de tous et de rien. Mais, que des fleurs bleues, vertes et violettes. Les autres couleurs, je les aime pas. Tout le monde peut y planter des graines, toi comme moi. Mais moi seule décide de quoi je cueilles.
Maintenant, la dernière question. La plus symbolique pour Alice.

- Des tableaux, j’en connais un rayon. Des personnes de ma famille sont peintres. Ce que tous les visiteurs voient quand ils sont dans un musée, c’est juste la façade. Mais moi et je pense toi, mous pouvons voir le monde qu’elle cache. Le monde que le peintre a imaginer ; les émotions, les doutes, la douleur qui l’a ressenti quand il a peint.
Alice a toujours eu envie de peindre un tableau. Mais elle a ni le courage, ni le talent d’en faire. Maintenant, c’était à elle de poser des questions à Saïph.

- Et toi, comment appelles-tu le monde de tes pensée ? Et qui t’a donné ce recul qui te caractèrise ?

618 mots

ALICE GRANT / SERPENTARD / DEUXIÈME ANNÉE
Couleur parole Rp : vert forêt (#3C612F) Présence : normale, la nuit je suis là
Stalkeuse Suprême - Maîtresse des Parchemins

Même sous la pluie
Tandis que je m'amuse avec les ombres, je sens un vertige latent, chez mon homologue. Une crainte, une attraction, une protection. Je me demande un instant s'il y a plusieurs boucliers, pour que Alice soit si forte. En effet, la peur crée souvent la sidération, la fuite à l'attaque. Pas l'attente bienveillante que je sens chez la jeune fille. Accepter sa vulnérabilité, prendre le risque non-seulement de se confier, de mêler ses ombres et d'attendre qu'une inconnue comme moi fasse je ne sais quoi, c'est très courageux. Je fronce les sourcils, pas très sûre de pouvoir le lui dire, mais certaine de ce que je pense.

Quand j'avais entendu parler des Serpentards pour la première fois, j'ai immédiatement songé aux serpents qui glissent sans un bruit, au froid cherchant la chaleur, groggy par les rayons estivaux. J'ai pensé à leur souplesse, cette capacité à paraître si fragiles, à être si puissants. Des animaux qui n'ont pas besoin de montrer leurs muscles, qui les cachent dans des lignes fines. Des composés d'anneaux aussi souverains dans la terre que sur une branche, apte à se cacher, à disparaître de votre conscience, et pourtant, d'un crochet, à la changer à jamais.

Je bats des paupières. Alice est certainement une Serpentarde, finalement. Elle n'a pas besoin de rugir et de griffer pour exister, n'a pas besoin de montrer ses plumes chatoyantes. Elle n'a pas même besoin de briller ou d'éclater de chaleur. Elle est capable de s'imprégner des lieux, s'en absorber le meilleur, semble si fragile, est d'une force délicate et mystique.

J'ai babiller et je le sais. Je sais combien je peux poser de questions et je sais que, bien souvent, elles n'ont d'importance que pour moi. C'est pourquoi j'accueille avec une surprise heureuse la concentration, le sérieux d'Alice. Elle prend le temps de réfléchir, pour répondre. Comme si c'était important. Comme si, à mes pieds, il n'y a avait pas une infinité d'autres interrogations, n'attendant qu'un petit coup de vent pour décoller.

- Tu vois… Cela s’appelle, respectivement, main, cheveux, oreilles. Alice accompagne ses paroles de gestes, et je suis ses longs doigts fins qui tirent sur les vagues de ses cheveux bruns. Pourquoi ? Parce que tous le monde en possède ou a entendu parler. Cependant, le monde de mes pensées appartient qu’à moi. Personne peut le voir, le sentir et le toucher. C’est sa carte d’identité. Et puis, il n’a pas de nom, pour moi, donner un nom, c’est mettre des limites. Or, il en a pas.

J'avale ses mots dans une inspiration. J'aime l'idée qu'il n'y ait aucune limite. J'aime le fait de ne pas nommer, et que cela existe tout de même. Je me souviens parfaitement d'un roman, lu par ma mère, où il est question de l'adoption d'une rose et d'un renard. Aucun des deux n'a besoin de noms pour être identifiés. Ils passent juste d'un déterminant indéfini à possessif. Et cela suffit.

- Dedans, j’y cueille de tous et de rien. Mais, que des fleurs bleues, vertes et violettes. Les autres couleurs, je les aime pas. Tout le monde peut y planter des graines, toi comme moi. Mais moi seule décide de quoi je cueilles.

Trois couleurs ? Je lève un sourcil songeur. Mon jardin est un éclatement, une palette embrouillée et emmêlée. Cela m'étonne un instant, que seules trois couleurs y persistent. Encore plus si elle laisse les gens y planter des graines... Je me dis qu'il faudra bien choisir les fleurs à leur offrir. Des bouts de rêves, de vérité, d'espoir, de nature, de fraîcheur et de noblesse ? Je la détaille, souriant légèrement. Cela lui va parfaitement.

- Des tableaux, j’en connais un rayon. Des personnes de ma famille sont peintres. Ce que tous les visiteurs voient quand ils sont dans un musée, c’est juste la façade. Mais moi et je pense toi, nous pouvons voir le monde qu’elle cache. Le monde que le peintre a imaginé ; les émotions, les doutes, la douleur qui l’a ressenti quand il a peint.

Ses orbes pétillent d'assurance, de plaisir. Un souvenir est capté dès qu'elle évoque ses proches, embrasse un instant son iris. J'opine quand elle dit que ce n'est qu'une façade et me demande pourquoi je ne nous avais jamais vus tels des tableaux. Nous aussi, nous sommes des peintures. Nous montrons une façade, jugée par les visiteurs, retouchés, abîmés, sublimés au fil du temps. Une couche de craquelures et d'éclats plus ou moins colorés, un monde dissimulé sous quelques spirales et géométries aussi variables que le temps. Je repense à la Joconde qui, depuis des décennies, est cachée dans son bloc de verre, à Paris. Toute petite, toute seule au milieu du mur immense. Et je repense aux personnes qui ont voulu la prendre, qui ont voulu la voir. Pas pour la découvrir, pas pour l'approcher, mais pour, eux aussi, réfléchir aux mystères qui l'entourent, aux secrets de son monde caché.

" Doutes". "Douleur". Je papillonne. Ce choix de mots est étrange, pour une fille violette, verte et bleue. Je m'arrête à nouveau sur les couleurs. Son monde n'est pas celui des merveilles, ai-je compris. Le bleu pour l'intelligence qui brille dans sa salive, pour la sécurité que peut-être elle recherche, pour la vérité de sa prose. Le vert pour l'espoir, sans doute, pour l'équilibre que la Terre lui confère, pour la force brute qui restera aussi indomptée que Gaïa. Et le violet ? Pour la magie, le mystère ?

Je sursaute quand elle commence à poser ses propres questions. Je sens les miennes m'échapper, peu habituée à être interrogée par des camarades, des pairs. Je tente de rattraper le fil de mes pensées, qui détricote désormais le "doute" et la "douleur" dans le vent. Je me sens un instant tel une héroïne grecque perdue dans les dédales, un minotaure offrant de dévorer quelque chose chez ma compagne, Arianne pour seule arme. J'entrevois déjà les Parques, prêtes à couper ce qui me relie à ce brin volatile, à cette réalité à peine soufflée, implicite et pourtant si vibrante.

- Et toi, comment appelles-tu le monde de tes pensée ? Et qui t’a donné ce recul qui te caractèrise ?

Je me lèche les lèvres et déglutis. Un peu aphone car jamais je n'ai vu mon absence de ce monde comme une opportunité. Il me semble toujours que le monde tourne avec moi. Je m'en amuse, j'aime ne rien contrôler, j'aime me laisser porter et aspirer tout ce qu'il m'offre. Tout est étrange et pourtant tout est réconfortant, comme autant d'aventures que mon coeur recherche, attire, aspire. Pour autant, si jamais mes parents ne me l'ont reproché, je sais qu'ils étaient parmi les rares à ne pas se moquer, me plaçant sous verre telle une bête curieuse que l'on hésiterait à étudier.

Je sens qu'elle, elle réfléchit. Elle hésite. Elle pense. Peut-être dessine-t-elle, tout comme sa famille. Je sais, sans comprendre comment, sans vraiment m'en soucier, qu'elle a beaucoup à montrer et à raconter. Je ferme les yeux et fais le voeux qu'elle trouve ce courage, cette estime nécessaire pour reconnaître combien elle brille déjà.

- Qu'aimerais-tu peindre le plus, je demande.

Et puis je me remémore mon institutrice me disant qu'une question n'appelle pas toujours une autre question. Alors je secoue la tête, mes mèches emmêlées me chatouillent les joues. Je passe une main dedans pour découvrir mon visage et écarquille les yeux, m'assurant de bien regarder Alice, craignant de manquer ses réactions, redoutant ses réactions.

- Mon monde est le jardin de mes pensées.

Je hausse les épaules, baisse la tête vers mon pied qui joue avec une herbe folle. Ris. Ce herbe ressemble à mes épis et je les frotte, songeuse.

- Je ne pense pas avoir beaucoup de recul... Je pense que je n'en ai pas du tout, même. Je suis pas non-plus là, présente. Ni immobile, ni en gravité. Je suis...pas non-plus perdue. Pas vraiment là, ni ailleurs. Je prends les choses comme elles viennent. Je pense que mes parents me l'ont enseigné. Mes parents, c'est un peu une météorite. C'est le ciel et la terre qui se rencontrent. La fleur céleste et la fleur terrestre, ma mère puis mon père. Mon père est toujours occupé à observer, à s'imprégner des plantes. Pour lui, c'est comme le meilleur des romans, parce qu'il change à chaque fois. Il vit toujours dans le présent. Une fois il a heurté un être qui lui, regarde constamment le ciel. Qui n'aime que ce qui est vaporeux, imaginaire. Qui vit dans le passé en gardant le regard fixé aux étoiles. Ensemble, ils disent qu'ils voient l'avenir, en moi. Ils m'ont toujours tout montré en mêlant rêve et réalité. En me laissant toutes les portes grandes ouvertes, en m'empêchant d'être aveuglée par l'impossible. Ils vivent au jour le jour, sans vraiment de calendrier. Sans vraiment d'heure. Et puis il y a la libraire du village, qui me raconte tous les mondes visités en livres. Elle aussi n'accepte pas l'impossible. Enfin il y a le botaniste voyageur, un ami de mon père. Il rentre de ses voyages avec des histoires toujours plus incroyables et je finis par savoir que tout va au-delà de l'imagination. Je n'ai pas de recul, Alice. Quand je regarde quelque chose, je ne vois que l'entrelacement de possibilités sans fin. Sans borne.

Parfois, cela me fatigue, que rien n'ai vraiment de définition complète. De n'être assurée de rien, pas même que le soleil puisse se lever le lendemain. De ne pas comprendre ce qui m'entoure, et de me tromper, presque toujours. De ne jamais parvenir à saisir complètement le sens, de n'attraper que le vide. Parfois, je panique, perdue dans un monde qui ne parle pas ma langue. La majeur partie du temps, néanmoins, j'ai l'impression de voler telle une funambule tout en haut de ce monde. Et ce que je vois de mon perchoir est ce qui me donne envie de sourire.


1764 mots

Saïph - 2e Année RP Promo 2049-2050 - Fiche PR
Dialogues : color=#3e5653

Même sous la pluie
- T-Tu vas bien ? Je souris de soulagement. Ouf, c'est une jeune fille comme une autre. Gentille, simple et humaine (enfin, sorcière quand même)...

- Oui, je vais bien, mieux que d’habitude puisque je suis en ta présence... Je lui sourit, d'un vrai grand sourire comme je ne sais pas trop le faire...
Je sentais le soleil faire rayonner ma nuque. Mais c'était peut-être le regard d'Alice et de l'autre jeune fille qui me regardaient non ? Qui me transperçaient le dos de leur regard bienveillant et lumineux. Je me dis, à moi même : mais, que la vie est belle en ce jour bleu. Ce que la vie doit nous aimer pour nous offrir cette rencontre, pour nous donner ces sourires et cette beauté ? Quelles sont belles, Alice,...

Je pris dans mes doigts chauds les doigts froids de la rouge et or. Elle sursauta mais je maintient mon lien et entrelaça mes doigts avec les siens. En me retournant j’emmenai ma nouvelle amie rejoindre les deux fleurs que je venais de rencontrer. Elle riaient ensemble.

On arriva quand Saïph commença a murmurer, tout bas. Waouh, ses paroles martelaient mon abdomen, ma poitrine. Ses lèvres envoyaient dans le ciel infini tout ses regrets, ses défauts et ses doutes. Que je l'admirait ! Si confiante et si frêle devant la vie. Devant le mur que forme notre vie.

- Je ne pense pas avoir beaucoup de recul... Je pense que je n'en ai pas du tout, même. Je suis pas non-plus là, présente. Ni immobile, ni en gravité. Je suis...pas non-plus perdue. Pas vraiment là, ni ailleurs. Je prends les choses comme elles viennent. Je pense que mes parents me l'ont enseigné. Mes parents, c'est un peu une météorite. C'est le ciel et la terre qui se rencontrent. La fleur céleste et la fleur terrestre, ma mère puis mon père. Mon père est toujours occupé à observer, à s'imprégner des plantes. Pour lui, c'est comme le meilleur des romans, parce qu'il change à chaque fois. Il vit toujours dans le présent. Une fois il a heurté un être qui lui, regarde constamment le ciel. Qui n'aime que ce qui est vaporeux, imaginaire. Qui vit dans le passé en gardant le regard fixé aux étoiles. Ensemble, ils disent qu'ils voient l'avenir, en moi. Ils m'ont toujours tout montré en mêlant rêve et réalité. En me laissant toutes les portes grandes ouvertes, en m'empêchant d'être aveuglée par l'impossible. Ils vivent au jour le jour, sans vraiment de calendrier. Sans vraiment d'heure. Et puis il y a la libraire du village, qui me raconte tous les mondes visités en livres. Elle aussi n'accepte pas l'impossible. Enfin il y a le botaniste voyageur, un ami de mon père. Il rentre de ses voyages avec des histoires toujours plus incroyables et je finis par savoir que tout va au-delà de l'imagination. Je n'ai pas de recul, Alice. Quand je regarde quelque chose, je ne vois que l'entrelacement de possibilités sans fin. Sans borne.

Ses mots me font comprendre qu'elle, elle ne comprend pas. Elle ne comprends pas certaines choses, elle en comprends d'autres qui sont inutiles, elle comprends la vie ou ne la comprends pas. Elle voit ou ne voit pas.
En fait, je comprends pour moi-même que Saïph a compris pour moi. C'est le moins que je puisse dire. Alors, la seule que je me sens capable de faire à cet instant là et de faire un pas, puis deux, puis trois et puis quatre vers la jeune source de vie. En tenant toujours la Gryffondor par la main.
Je m'approche et enlace Saïph. Et c'est tout. In n'y rien à dire, pas de phrases, aucun mot pour dire.

Seulement, après ces quelques instants de bonheur que je comprends. Le nez dans l'épaule de Saïph, le nez de cette dernière dans mon épaule. Je comprend que comprendre ce n'est pas obligé. Que le savoir vaut moins que le bonheur. Mais ce bonheur est de court instant puisque les cauchemars reviennent en courant et en rigolant.

Tout mon corps se crispe. De mes orteils à la pointe de mes cheveux.

@Saïph Bulbosa, @Alice Grant et @Sonia Ross c'est à vous. Avec le plus grand plaisir.

signé #fa40d6 (poétique et lourd de sens)

Même sous la pluie
ABANDON DU RP
Reducio
Elle écarquilla les yeux de surprise, après avoir entendu la réponse de sa camarade. Il fallait l'avouer, Sonia ne s'attendait pas à une telle réponse. Comment pouvait-elle aider quelqu'un à aller mieux, par le simple fait de sa présence ? Pour elle, cela était impensable, et même inconcevable. Cela ne pouvait arriver. Par politesse — et surtout parce qu'elle se sentait bien en sa présence — elle lui sourit. Un sourire doux et timide, mais sincère.

La Serpentard posa délicatement ses doigts sur la main de la rouge et or. Un mouvement de recul. C'était normal, elle ne s'y attendait pas. Néanmoins, lorsqu'elle sentit la chaleur s'échapper de sa main pour se réfugier dans la sienne, elle se détendit. Cela lui faisait tout drôle. Comment pouvait-elle avoir la main aussi chaude ? L'anglaise avait, certes, les mains froides — assez souvent, quand même — mais dégager une telle chaleur... Elle ne pouvait expliquer ce phénomène, mais cela ne la dérangeait pas. Au contraire. Cela lui fit du bien.

« Oh ! »

La jeune sorcière entrelaça ses doigts dans les siens et la tira. Elle l'emmenait loin de ce banc miteux sur lequel elle s'était assise, pour rejoindre la lumière et le rire de ces deux filles, qui discutaient. Bien entendu, elle fut surprise par cette initiative de la verte et argent, la deuxième année ressentait une certaine anxiété vis-à-vis des relations sociales. Il était vrai que depuis cette deuxième année au sein des murs de Poudlard, Sonia n'avait fait que très peu de nouvelles rencontres, privilégiant ses anciennes connaissances et amitiés — laissant de côté ses mauvaises relations.

Une fois arrivées à bon port, Sonia resserra sa main sur celle de la jeune fille aux cheveux tressés. Elle ne connaissait pas encore son nom, elle aimerait bien le découvrir, mais ses lèvres ne bougèrent pas. Elle était paralysée de gêne et de peur. En arrivant et en écoutant la conversation de la brune et de la blonde, elle venait de franchir une certaine limite. C'était trop osé. Elle voulait reculé et partir. Son cœur commença à battre de plus en plus fort dans sa poitrine et ses mains à devenir un peu moites. D'ordinaire, elle aurait lâché sa camarade de gêne, mais ce ne fut pas le cas. Au contraire, elle la serra plus fort, cherchant inconsciemment son soutien.

Elle avait peur.

Pour se calmer, Sonia essaya de se focaliser sur la voix de sa camarade aux cheveux dorés. Oui, elle cherchait à faire taire ses pensées et à calmer les battements de son cœur pour se focaliser sur le moment présent.

« Je n'ai pas de recul, Alice. Quand je regarde quelque chose, je ne vois que l'entrelacement de possibilités sans fin. Sans borne. »

Ce fut tout ce qu'elle avait entendu de son discours, mais cela la marqua. C'était fort et vrai. Comment faisait-elle pour avoir la force de voir cela ? Ne voir que des possibilités, différents chemins à parcourir ? Elle voudrait le comprendre.

475 mots

#3E0576 | 3A RP | 3A devoir | rédactrice | fanfariste | choriste - soliste en formation | marraine | gérante du Club Théâtre | membre du Fich'tre !


Même sous la pluie
Fin du RP

signé #fa40d6 (poétique et lourd de sens)