PNJ Impulsions sur ondes brouillées Libre

Ludwig Godwinster Breckenrod
Fiche complète
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Âge - 13 ans (6 juin 2036)
Statut de sang - Sang-mêlé
Maison à Poudlard - Serpentard
Niveau - 3ème année
Lieu de vie - Mothecombe
Filière - Totale
Description physique
______

Reducio
Ludwig a des cheveux et des yeux bruns, un nez rond et des paupières tombantes. Ses oreilles sont souvent la cible de moqueries parce qu'elles sont grandes et décollées, mais même si au fond cela le blesse il en rit en pensant ainsi amuser les autres. Il est plutôt grand pour son âge et est maladroit et malhabile. Il s'habille sans trop de goût, avec des vêtements larges, mélangeant sans conscience les modes sorcières et moldues. Son uniforme est souvent mis de travers, sa cravate mal nouée, les boutons de ses chemises décalés. Il ne prend pas grand soin de ses affaires ni de lui-même.

| Mercredi 11 mai 2050, après-midi |
Dans un couloir fréquenté


Installé les jambes croisées sur l'une des avancées des grandes fenêtres du large couloir, Ludwig dégaine sa baguette magique, le regard brillant. En hauteur comme il est, il a une bonne vue sur les élèves de Poudlard qui traversent dans un sens ou dans l'autre le château pour se rendre aux activités du mercredi après-midi. Lui n'a pas d'activité et il n'a pas envie de travailler ; c'est la pause de mi-semaine, pourquoi travailler alors qu'il peut enfin se détendre ? Il passe ses journées à étudier, de l'aube jusqu'à la nuit, assis sur une chaise à écouter des cours assommants, des professeurs ennuyants, à prendre des notes brouillonnes parce qu'il a du mal à suivre le rythme, et ses soirées sont occupées à ses devoirs — enfin, occupées à faire semblant de rendre des devoirs potables. Alors le mercredi après-midi, il se relâche. Il attend toujours ce moment avec impatience, et pas seulement parce que c'est le jour où l'une de ses mères lui envoie un hibou.

Puisqu'il est blotti contre la pierre, personne ne fait attention à sa présence, mais lui remarque tout ceux qui passent devant lui. Il attend de trouver quelqu'un de parfait pour se lancer. Celui-ci ? Non, trop banal, il n'inspire rien à Ludwig. Celle-là, alors ? Non plus, elle a l'air pressé et sa mauvaise humeur lui dévore tout le visage.

« Bienvenue dans Un monde pour Ludwig Godwinster Breckenrod ! chuchote d'une voix excitée le garçon, sans faire fi des quelques regards qui se tournent vers lui. Votre émission radio préférée du mercredi aprem' ! Avec vous aujourd'hui, Luuud, votre commentateur favori ! Tututu, tutututu ! »

Les lèvres resserrées, Ludwig réussit à faire un simulacre de jingle, mais quand on siffle aussi mal que lui, ça ne rend pas aussi bien que lorsqu'il le fait avec sa flûte.

Quelle sera le ou la première candidate du jour ? Peut-être celle-là ? Une petite première année comme Ludwig les aime, parce qu'il trouve toujours le moyen de les aider d'une façon ou d'une autre — ils sont si perdus, ces premières années, même encore au mois de mai ! Il prend une grande inspiration et lèvre le bout de sa baguette juste devant la bouche, comme s'il s'agissait d'un micro.

« Mesdames et monsieurs, nous avons la candidate parfaite ! poursuit-il sur le même ton en suivant la pauvre petite première année du regard. Elle transporte un sac plus grand qu'elle... À se demander qui porte l'autre : le sac ou la fille ? » Un éclat de rire forcé s'échappe de la bouche grande ouverte de Ludwig. « Peut-être qu'elle essaie de se mettre dans la peau d'une tortue en... »

Ludwig s'interrompt soudainement en voyant passer devant lui un garçon au visage bien familier ; une peau brune sous une grosse masse de cheveux bouclés, un air jovial... Il redresse aussitôt sa baguette qu'il avait baissé sous le coup de la surprise.

« Mais qui voilà, mesdames et monsieurs ! s'exclame-t-il d'une voix plus forte faite pour attirer l'attention. Le célèbre Elijah Cooper, celui qui a inventé et rendu populaire le surf'balai, pratiqué aujourd'hui dans toutes les écoles magiques du monde ! Multi-récompensé pour ses prouesses et ses victoires, Cooper est aujourd'hui le sorcier le plus riche d'Angleterre, paraîtrait qu'il ferait même de l'ombre à la Présidente Wighters ! »

Un grand sourire illumine le visage de Ludwig, recouvert de plaques rougeâtres sur le haut des joues. Il brandit sa baguette en direction d'Elijah, sans se rendre compte que pointer sa baguette sur quelqu'un comme il le fait, c'est impoli. Pour lui, ce n'est pas une baguette, c'est un micro.

« Alors m'sieur Elijah, un mot à dire ? » lui lance Ludwig, en espérant de toutes ses forces que le garçon rentre dans son jeu.

@Elijah Cooper
Reducio
- Votre PJ est présent ? non
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ) : Ludwig Godwinster Breckenrod, PNJ joker
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- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : aucun, c'est mon PNJ joker
Dernière modification par Aelle Bristyle le 2 sept. 2025, 12:13, modifié 1 fois.

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En ce mercredi après-midi, Elijah s'était délesté de son uniforme pour revêtir un short et un t-shirt bariolé, signe que les beaux jours revenaient. Evidemment, il avait enfoncé une de ses casquettes à l'envers sur son crâne, tandis qu'il gardait précieusement sa planche de skate sous le bras, prêt à se rendre dans la Salle sur Demande : quel meilleur endroit pour obtenir un skatepark dans une école de magie ? Mais alors qu'il traversait les couloirs de son habituelle démarche sautillante, il s'arrêta tout net en entendant son prénom clamé par l'un de ses camarades.

Ni une ni deux, il se tourna vers Ludwig, sourire aux lèvres, tout en bombant fièrement le torse à la présentation à peine romancée que le Serpentard faisait de lui, saluant une foule imaginaire - quoique certains élèves avaient parfaitement entendu tout cela et qu'il était bien ravi de pouvoir leur adresser un signe de main telle une véritable célébrité - avant de se pencher vers la baguette-micro qu'on lui tendait.

- Hé bien mon cher Lud, je dirai simplement qu'il ne faut jamais cesser de croire en ses rêves afin qu'ils se réalisent, commença-t-il d'une voix bien plus grave que d'ordinaire comme s'il voulait se faire passer pour un homme adulte au ton un peu guindé.

- Et je tiens à remercier mon entourage d'avoir toujours cru en moi et de m'avoir encouragé sur la voie dangereuse mais exaltante de la création, de l'aventure, et de l'épique ! déclama-t-il avec de plus en plus d'entrain alors qu'il tenait ce merveilleux personnage de lui-même grand et riche de mieux en mieux.

Il se posta alors à côté de Ludwig, pour pouvoir observer à son tour les élèves qui passaient, mais ce fut bien l'auto-proclamé animateur de l'émission qui se trouva finalement sous les feux des projecteurs à son tour.

- Mais nos auditeurs se demandent tous quel rêve secret poursuit leur animateur préféré ! Lud ? On vous écoute, l'antenne est à vous ! dit-il en repoussant la baguette vers la bouche de l'adolescent afin qu'il récupéra son micro.

Et, pris dans son rôle de sorcier si riche qu'il ne savait plus quoi faire de sa fortune, il ajouta avec un sourire malicieux :

- Je m'engage à fournir les moyens nécessaires à la poursuite dudit rêve, n'hésitez plus, Ludwig, c'est votre moment de gloire !

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Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil

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Un sourire s'épanouit sur les lèvres de Ludwig, dévoilant ses dents et creusant sur ses joues deux fossettes profondes. Le rouge s'approfondit sur ses pommettes tant le plaisir de voir Elijah rentrer dans son jeu est intense. Il essaie de ne pas glousser quand le Poufsouffle salut une foule invisible, d'autant plus quand il s'aperçoit qu'il y a bien quelques regards qui se tournent dans leur direction. Il doit rester dans son rôle de commentateur, après tout, et un commentateur est toujours sérieux. Alors il pince les lèvres pour s'empêcher de rire, même si ses épaules tressautent un peu, et il redresse le dos, sa baguette toujours brandit pour ne rien manquer des salutations et des commentaires du richissime, de l'incroyable, de l'indépassable Elijah Cooper. Et tandis qu'il l'écoute raconter ce qui l'a mené à la gloire et remercier qui est à remercier, Ludwig sent une intense chaleur se répandre en lui : il m'a appelé Lud ! songe-t-il avec un bonheur tout particulier, comme à chaque fois qu'un garçon qu'il admire (ou qu'il jalouse ?) utilise son surnom.

« Si riche et célèbre, pourtant il n'en oublie pas de remercier ceux qui l'ont encouragé sur cette voix ! Mais quel homme, ce sorcier ! » s'exclame ledit Lud sur un ton exalté.

Et naturellement, quand le célèbre créateur du Surf'balais vient s'asseoir à côté de lui, Ludwig fait glisser ses fesses sur la pierre pour lui laisser toute la place désirée, heureux que le garçon ait envie de poursuivre ce petit jeu... Non, cette importante émission radio avec lui. Évidemment, il ne s'attendait pas à se voir questionner, après tout ce sont les commentateurs qui questionnent, pas le contraire ! Mais tout riche et célèbre qu'est Elijah Cooper dans ce rôle que lui-même lui a donné, il est en droit de questionner celui qui le questionne, n'est-ce pas ? Alors Ludwig se fabrique un air tout sérieux, tout important, et fait semblant d'arranger une cravate qui n'existe pas au niveau de son cou, comme s'il portait un costume particulièrement beau et couteux, et non pas un sweat confortable.

« C'est très, très aimable à vous, m'sieur Cooper, fait semblant de bafouiller Ludwig, vous faites honneur aux magazines people qui vous décrivent comme un sorcier près de ses fans, bienveillant et prêt à aider son prochain ! Mon rêve à moi, hein ? Je suis pas censé parler de ce genre de choses à l'antenne... Allez, bon, je veux bien faire une entorse à la règle pour le grand Cooper, hein ! Le Coop national ! »

Après avoir donné un coup de coude complice à l'autre garçon en l'affublant d'un mauvais clin d’œil, Ludwig se penche sur son micro fictif, comme s'il était prêt à confier un secret particulièrement important. Il baisse le regard pour mimer l'embarras — sa maman lui a toujours dit que les gens n'aimaient pas les orgueilleux et lui, quand il sera un animateur commentateur de radio professionnel, il veut être apprécié. Maintenant, que dire ? Confier que son rêve est vraiment de gérer une radio toute à lui qui aurait son nom dans le titre, qui le rendrait célèbre et important, d'avoir sa voix connue par tous les sorciers de la région parce qu'il illuminerait leurs matins avec ses blagues et ses bons conseils ? Mais il est en train de faire semblant d'animer une radio, là, il ne peut pas dire que c'est son rêve, sinon ça prouverait qu'il n'est pas vraiment en train de l'animer, la radio, non ? L'angoisse lui tord un instant les boyaux. C'est Elijah Cooper ! Il fait du surf sur du balai, il fait du skateboard, il est cool avec sa casquette et ses habits bariolés ! Son rêve doit être à sa hauteur, c'est évident.

« Mon plus grand rêve..., » fait-il semblant de réfléchir en plissant les yeux, ses doigts moites serrés autour de sa baguette-micro.

Il fait mine d'hésiter, esquisse un sourire en coin en regardant Elijah, puis il pousse un soupir comme s'il rendait les armes et était prêt à confier le plus grand de ses rêves.

« Je ne sais pas si vous aurez les fonds pour ça..., commence-t-il. Vous savez, moi j'ai toujours rêvé d'aller là haut. » Il désigne le plafond d'un air mystérieux. « Dans les étoiles, quoi ! D'être un astronaute de l'espace ! »

Il essaie de ne pas trop penser à l'unique fois où il est monté dans un avion et qu'il a fait quelques gouttes d'effroi dans son slip au décollage. Mais plus il invente, plus il croit en son mensonge, et plus il y croit, plus il est sûr de lui. Dans sa tête, il se transforme en un tour de main en cet animateur désabusé qui s'est retrouvé derrière un micro, à défaut d'avoir pu être astronaute. C'est facile d'y croire.

« Voir la Terre d'en haut, sentir la pression de l'espace autour de moi, s'emballe-t-il d'un air rêveur, découvrir de nouvelles planètes, s'échapper de notre système solaire. Et qui sait, si vous m'en offrez la possibilité, j'pourrais peut-être faire connaître votre sport aux civilisations extraterrestres que je découvrirai ! » se réjouit-il dans un sourire plein de dents.

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Ce petit jeu était particulièrement amusant pour Elijah, d'autant plus qu'il flattait si fort son ego qu'il risquait bien de ne plus pouvoir passer les portes pendant quelques temps à force de compliments qu'il acceptait pleinement. L'idée d'être riche, célèbre, adulé, tout en restant humble, c'était vraiment un avenir qui lui plaisait grandement. Alors oui, quel homme, le grand Cooper. Le Coop national ! Il ne put se retenir de pouffer légèrement d'un petit plaisir coupable, mais par chance, le micro était revenu à Ludwig juste à temps pour ne pas que ça s'entendît à l'antenne.

Il répondit donc au coup de coude complice en l'attrapant par l'épaule et en y exerçant une petite pression, comme le ferait un mentor avec son élève préféré pour l'encourager à se lancer dans la bienveillance la plus totale. Et tandis que Ludwig annonçait son rêve, les yeux d'Elijah s'écarquillèrent en pensant à cette immensité qui les surplombait. Il devait bien admettre que c'était un rêve qui envoyait du lourd, de la classe, de l'ambition ! Voilà donc pourquoi Ludwig était Serpentard !

- Lud, j'ai les fonds pour tout, affirma-t-il avec la bonhommie un peu suffisante de l'homme si riche qu'il n'avait plus la moindre notion de l'argent.

Cependant, Elijah leva un index, comme pour pointer du doigt une chose des plus importante.

- Mais ça voudrait dire que vous nous abandonneriez sans votre magnifique émission ? Vous allez briser le coeur de vos auditeurs, Lud ! Allez, je vous offre un petit voyage là-haut, des vacances, et après vous revenez pour qu'on puisse profiter de la plus belle émission radio du monde sorcier ! annonça-t-il comme si cela n'avait pas la moindre importance. Décidément, c'était un rôle qui ne demandait pas beaucoup de réflexion pour être joué. Comme il devait être facile d'être riche...

Il se pencha tout de même une nouvelle fois vers son camarade, pour lâcher dans le micro improvisé, mais à voix basse comme s'il s'agissait là d'une confidence :

- J'vous laisserai quand même quelques pubs pour les Aliens, juste au cas où !

Il n'était cependant pas sûr que les différences gravitationnelles permettraient de faire un tel sport ailleurs que sur terre. Et voilà qu'il commençait à se poser des questions, exactement comme si tout cela était vrai alors même qu'il n'était encore qu'un adolescent en plein cursus scolaire bien incapable de surfer sur un balai volant malgré tous ses essais et sa bonne volonté. Mais se projeter dans ses rêves était une chose qu'Elijah ne peinait pas à faire, et Ludwig lui en connait l'opportunité parfaite.

- Oh, Lud, je change de sujet, mais j'ai entendu quelques rumeurs à propos de Miss McNeil et vous-même. Et tout le monde veut savoir ce qu'il en est réellement ! pouffa Elijah, bien conscient qu'il venait de lancer le sujet de prédilection de son camarade.

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« La plus belle émission radio du monde sorcier ! ». Au milieu d'un gloussement qui répond au fabuleux jeu d'acteur du Poufsouffle, le cœur de Ludwig rebondit contre son torse à cette phrase et son esprit s'emballe sous les compliments. Il se sent grand et fier, important même, et soudainement les étoiles, bien que magnifiques, et l'espace, tout aussi mystérieux et attirant soit-il, perdent tout de leur intérêt. Son rêve, c'est ça : être connu et que l'on dise que son émission radio est la plus belle du monde sorcier, la plus belle du monde entier, la plus drôle, la plus intéressante, l'unique, la fabuleuse émission radio de Ludwig Godwinster Breckenrod, le fameux présentateur, si charmant, si amusant, si particulier, « il n'y en a pas deux comme lui ! », son prénom sur toutes les lèvres, « s'il n'existait pas, il faudrait l'inventer ! », le regard fier de ses mamans, les nombreux diners mondains auxquels on l'inviterait, la célébrité, et le Coop national qui l'appellerait du bout de la pièce, lui et aucun autre, pour lui confirmer qu'il financera ce projet, puis celui-ci aussi, puis encore celui-là, « parce qu'on se connait depuis l'enfance et que je crois en toi, le grand Lud ! », et ils feraient un beau duo, le Grand Lud et le Coop national ! Sa main qui serre son épaule ne fait que confirmer la possibilité de ce rêve.

« Je continuerais mon émission même dans l'espace ! s'exclame Ludwig, totalement emporté par la folie de ses pensées et de sa grande imagination. Un monde pour Ludwig Godwinster Breckenrod même à des décennies lumières. Et tu pourras financer la création d'une technologie qui pourrait le permettre ou alors d'un sortilège, j'sais pas ce qui serait le mieux. »

Ludwig, lui, il peut parler, parler sans ne jamais s'arrêter, mais comprendre comment marchent les choses, inventer des objets ou des sortilèges, ce n'est pas du tout son truc. Il n'aime pas trop réfléchir, lui, mais avec l'argent du Coop national et son propre talent de présentateur, plus besoin de réfléchir, hein ? En tout cas, dans le monde qu'il s'est imaginé en quelques secondes dans son esprit, ça marche comme ça.

Mais la mention de la professeure McNeil efface absolument toutes ces questions et ses rêves de gloire. Son cœur rebondit violemment, avant de retomber très loin dans son ventre. De là, il bat bizarrement, un peu trop rapidement, et parfois il semble trébucher, son cœur, puis ses doigts deviennent moites et ses joues rougissent. Tout à coup, les étoiles et la célébrité ne comptent plus. Ou beaucoup moins, disons. Parce que s'il était célèbre, la professeure de runes l'aimerait, non ?

« Oh, t'as entendu parler de ça, » bafouille-t-il en jetant un coup d’œil en coin à Elijah.

Mais en vérité, il sait très bien que les gens ont entendu parler de ça. Ce n'est pas comme s'il cachait les sentiments qu'il éprouve pour sa professeure de runes, au contraire même. Et le fait qu'Elijah en parle, le mettant de se fait complètement au centre de la conversation, ça lui fait quelque chose d'agréable à l'intérieur. Encore une fois, il se sent important et il adore ça. Il se sent comme un poisson dans l'eau, en vérité pas du tout gêné par le sujet — si ses joues sont rouges, c'est bel et bien à cause de l'image d'Alwenn McNeil qui a clignoté dans son esprit quand le Poufsouffle l'a évoquée et non pas à cause d'une gêne quelconque.

Avec un temps de retard, il se souvient qu'il est en pleine émission radio et que ce n'est pas Elijah, le Poufsouffle cool à la casquette à l'envers, à ses côtés, mais le Coop national, riche à ne plus savoir que faire de ses Galions. Alors Ludwig reprend contenance — ce qui va bien avec son rôle de commentateur amoureux surpris par la question soudaine de l'invité à l'antenne — et lève son micro devant sa bouche en s'en voulant d'avoir tutoyé son auditeur et lui avoir parlé si familièrement.

« Aaah, cette histoire, soupire-t-il en détournant les yeux vers le flot d'élèves qui passe devant eux sans leur prêter grande attention. Qu'en dire ? L'amour ne s'explique pas, mon cher monsieur, l'amour ne s'explique pas. »

Il a pris un air mystérieux en disant ça. En fait, c'est maman Rach qui a dit ça un jour quand il était petit garçon, amoureux de sa professeure de flute, et qu'il a demandé à sa mère pourquoi elle était amoureuse de m'man Ca. Et elle lui a fait forte impression, cette phrase, parce qu'elle est vrai : on ne demande pas "pourquoi" à l'amour, on se contente de le vivre, c'est tout.

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Il y avait quelque chose de grisant, à jouer chacun un rôle en improvisation totale. Elijah avait toujours adoré parler, parler beaucoup encore plus, alors parler en incarnant quelqu'un qu'il n'était pas réellement, et pouvoir donc dire tout ce qui pouvait lui passer par l'esprit au moment où ça lui venait, c'était un jeu qui lui plaisait beaucoup. D'autant plus lorsqu'en face il avait un interlocuteur tout aussi bavard et exubérant que lui. Ludwig avait beaucoup de défauts, comme tout le monde, mais il fallait lui reconnaître un certain bagou. Il suffisait de le voir parler de faire son émission dans l'espace pour être convaincu que oui, c'était possible.

Alors Elijah hochait la tête en souriant avec bienveillance, comme le ferait le Coop national à qui on demandait de financer des recherches dans un domaine qu'il ne maitrisait absolument pas. Après tout, l'argent pouvait tout payer, et même les plus grands chercheurs. Tout cela ne serait qu'une simple formalité.

Mais il s'agissait à présent de parler de choses sérieuses. Et quoi de plus sérieux que les potins de Poudlard ? Si Elijah n'était pas du genre à colporter des ragots, il n'en était pas moins très friand. Et le crush de Ludwig sur la professeure de runes n'avait rien d'un secret d'état, c'était le moins que l'on pût dire. Il était d'ailleurs plus judicieux de se demander qui n'avait jamais entendu parler de ça que l'inverse, mais pour toute réponse, il hocha de nouveau la tête avec un sourire quelque peu malicieux, comme pour attendre la suite qui ne saurait tarder à venir.

Suite qui fut étonnamment décevante. Elijah écarquilla les yeux alors que son compère bottait en touche avec la subtilité d'un éruptif dans une boutique de potions.

- Ne croyez pas vous en sortir ainsi, Lud, vos auditeurs veulent savoir ! Et puis, ce serait l'occasion de créer une nouvelle rubrique dans l'émission. La rubrique des coeurs sorciers ! Allons, vous pouvez tout nous dévoiler, cela restera entre nous, insista le garçon avec ce même ton paternaliste quelque peu agaçant dans sa bonhommie.

Il ponctua même cette phrase d'un clin d'oeil, comme pour assurer que le secret serait bien gardé, que ce fût par lui ou par les millions d'auditeurs derrière leur poste radio.

- Avez-vous déclaré votre flamme, ou la laissez-vous vous consumer tel un phénix en fin de cycle ? Peut-être pouvez-vous nous donner quelques idées de cadeaux à offrir à celles et ceux qui peuplent nos pensées ! Ne soyez pas timide, Lud, ouvrez-nous votre coeur !

Jamais Elijah n'aurait cru qu'il allait devoir tant insister pour avoir le droit à de petites exclusivités concernant cette histoire. Et puisqu'il était bien décidé à en avoir le fin mot, il ajouta, d'un air complotiste :

- Peut-être préférez-vous qu'on lance une page de publicité pour discuter hors antenne ?

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Heureux comme pas deux qu'Elijah insiste pour connaître ses petits secrets et s'immiscer dans les cachoteries de son cœur, Ludwig ne peut pas s'empêcher de sourire avec une certaine fierté. Il réagit au clin d’œil du garçon par une grimace contrite, comme s'il s'en voulait de s'être montré si timide sur sa réponse précédente, comme s'il commençait tout doucement, doucement mais surement, à s'ouvrir aux propositions de son invité à l'antenne. Un célèbre présentateur d'une émission portant son propre nom réagirait ainsi à l'insistance d'un riche sorcier tout aussi célèbre, n'est-ce pas ? Ils auraient cette complicité, surtout à l'antenne où tout est une question d'audimat. Ludwig ne sait pas très bien ce que ce mot signifie, mais il sait qu'il veut approximativement dire qu'il faut faire en sorte qu'il y ait le plus d'auditeurs possible et que plus d'auditeurs il y a, plus l'émission marchera.

Maintenant, tout est une question de réflexion : que dire pour plaire au Coop national et à son public imaginaire ? Il en a, des choses à raconter sur son ardent amour, un véritable amour, contrairement à ce que lui a dit Jack Jevons la dernière fois en affirmant que ce n'était qu'une « amourette bête d'un garçon bête ». Mais que dire et à quel moment le faire ? Cela le pousse à se questionner sur le contenu hypothétique d'une hypothétique nouvelle rubrique à son émission — idée fabuleuse qu'il piquerait bien à celui qui l'a proposé, et peut-être pourrait-il pour cette rubrique inviter à chaque fois de nouvelles personnalités à questionner sur leurs déboires amoureux ! Dans ce cas, il faudrait vraiment qu'il travaille sur ses aveux et sa façon de se confier, pour que les auditeurs continuent de l'apprécier même quand ils entendront les histoires de tous les autres, et...

Les pensées de Ludwig déraillent subitement lorsqu'Elijah lui propose de quitter l'antenne pour discuter entre eux. Ses yeux s'écarquillent et il remue vivement ses genoux repliés. En tant normal, il n'aurait certainement pas quitté l'antenne, quelle hérésie ! Mais là, c'est une émission pour faire semblant, une émission sans auditeur, si ce n'est ce public sourd qui ne fait pas attention à eux : les étudiants qui passent dans le couloir. Alors peut-être que, exceptionnellement, il pourrait effectivement lancer une page de pub.

Ludwig lance un regard complice au garçon assis à côté de lui puis, un air mystérieux sur le visage, il se penche sur son micro, à deux doigts de se planter le bout de la baguette dans le nez.

« Mes chers auditeurs, je crois qu'il est temps de... Euh, et mes chères auditrices ! s'exclame-t-il maladroitement parce que sa mère lui répète toujours qu'il faut parler de façon inclu- quelque chose. Je vais suivre le conseil de notre Coop national et lancer une page de pub. Ne vous en faites pas, je reviendrais vite vers vous pour la... »

Les dents plantées dans sa lèvre et les yeux tournés vers le plafond, Ludwig réfléchit furieusement, marmonne dans sa barbe, puis hoche la tête pour lui-même avant de se tourner vers Elijah, un sourire grand comme l'univers qui ne l'intéresse pas tant que ça sur les lèvres.

« La rubrique des cœurs sorciers, "Kif-kif mon cœur !" ! » À voix haute, ça rend encore mieux ! songe-t-il en jetant un coup d’œil au Poufsouffle pour voir comment il réagit. « Tututu, tutututu ! — c'est mon jingle, glisse-t-il au garçon, mais ça rend mieux à la flute. Et c'est parti pour une page de pub ! »

Enfin, Ludwig baisse sa baguette magique et s'adosse à la fenêtre en soufflant, comme si cette émission avait été particulièrement éprouvante et qu'il avait besoin de s'en remettre. Mais ce n'est pas le moment, son cœur le lui hurle : il doit parler de son amour pour sa professeure de runes et le faire sérieusement, cette fois-ci.

« Alors..., commence-t-il d'une voix plus calme — mais tout en continuant à feindre une gêne qu'il ne ressent absolument pas, en baissant les yeux avant de les relever aussitôt. La professeure McNeil, hein ? J'ai pas déclaré ma flemme, ça non ! »

Le rouge sur le haut de ses joues devient cramoisi. Et ça, ce n'est pas feint.

« À une prof' ?! Faudrait être malade ! On peut p't-être dire que je suis comme un phénix qui se... Enfin, comme t'as dit, » esquive-t-il car il ne se souvient pas tout à fait de comment ça a été dit.

Il hausse les épaules, fait un peu durer le suspense en prolongeant le silence, puis se lance sans scrupule, heureux d'avoir une occasion de partager l'une de ses propres anecdotes, comme toujours.

« Mais une fois, j'ai... Tu l'dis à personne hein ? »

Mais il s'en fiche que ce soit dit, même si au final, ça lui plait bien à Ludwig d'avoir un secret avec celui qui est presque déjà le Coop national dans son esprit tant il est cool avec ses planches et ses casquettes à l'envers. Ludwig s'installe de sorte à avoir le Poufsouffle juste devant lui, son attention entièrement tournée vers lui.

« Une fois, j'ai arraché un poème que j'avais écrit pendant l'cours, parce que tu comprends, cours de runes, j'étais inspiré..., dit-il en chuchotant, un sourire narquois aux lèvres. J'l'ai arraché du coin de parchemin où j'avais écrit, puis en partant, quand elle avait le dos tourné, bah j'l'ai posé sur son bureau. C'était un poème d'amour, évidemment. »


@Alwenn McNeil, au cas où : j'ai écrit que Ludwig avait laissé un poème d'amour sur le bureau d'Alwenn après un cours, à toi de voir si le parchemin s'est envolé ou si Alwenn est tombée dessus.

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Pour le plus grand bonheur d'Elijah et de sa curiosité quant aux déboires amoureux de son camarade, ce dernier accepta de couper sa chère émission, non sans tirer au surfeur un rire impossible à cacher lorsque le nom de la rubrique des coeurs sorciers fut prononcé. C'était délicieusement kitsch, et Elijah adorait tout ce qui était kitsch. Il devait cependant bien admettre que c'était le côté un peu ridicule qui l'attirait particulièrement, lui qui voyait dans le monde un vaste terrain de jeu aux amusements infinis. Et lorsque ce fut au tour du jingle d'être lancé, l'éclat de rire fut plus franc encore.

Il retint cependant tout commentaire, bien trop conscient qu'il risquait de bloquer les révélations croustillantes que Ludwig ne saurait que trop bien lui confier maintenant qu'ils étaient officiellement hors antenne. Il troqua donc la posture fière du Coop national pour se contenter de la sienne, plus enfantine, plus pressante aussi, comme s'il attendait là une histoire qu'on lui avait promis depuis bien longtemps.

Et Elijah savait écouter lorsqu'il le fallait. Il hochait la tête aux bons moments, se fendait de petits sourires encourageant, l'air totalement plongé dans ce que l'autre racontait, les yeux brillants de cette curiosité qui l'animait bien souvent dès lors qu'il n'était pas les fesses vissées sur une chaise de salle de classe. Il perdit cependant bien vite toute notion d'oreille attentive lorsque Ludwig mentionna son poème d'amour. Il se leva d'un bon, dans un cri de surprise.

- UN POÈME ? il se rassit cependant, puisqu'il venait de se rappeler qu'il ne devait en parler à personne. Il reprit alors un peu plus bas. Un poème d'amour ? Mais genre, t'as écrit quoi ? demanda-t-il, véritablement intéressé.

Lui n'avait écrit qu'un seul poème d'amour envers une professeure, et il s'agissait là d'une blague envers Lukas. Il n'en était pas peu fier, mais si jamais Lud avait une âme de poète plus brillante que la sienne, il n'était pas contre le fait de récupérer quelques petits tips. Il gloussa alors un peu, imaginant la tête de la professeure en lisant le bout de parchemin.

- N'empêche, mec, t'as un sacré courage ! 'Fin... Elle a forcément reconnu ton écriture et tout, elle sait que c'est toi du coup ! C'était quand ? Elle t'a jamais répondu ?

Elijah réfléchissait en même temps qu'il posait ses questions. Cela donnait l'impression qu'il ne laissait jamais le temps à ses interlocuteurs de lui répondre - ce qui était globalement le cas - mais c'était tout simplement plus fort que lui, ça se bousculait dans sa caboche, et ses boucles s'agitaient sous sa casquette en même temps que ses mains tandis qu'il continuait.

- Si ça se trouve elle est mariée, et son mari il a lu ton poème et depuis ils ont divorcé et maintenant t'as le champ libre pour déclarer ta flamme. Pas ta flemme, mec, je crois que c'est un tue l'amour, expliqua-t-il du ton de celui qui savait, alors même qu'il se contentait de dire ce qui lui passait par le crâne.

4e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil

PNJ Impulsions sur ondes brouillées Libre
Si son cœur était une cocotte-minute, il aurait déjà explosé sous la pression et une fumée épaisse s'en élèverait tant il bat vite et rapidement. Sa joie est à son comble, cela se voit à son visage tout rouge sur les pommettes et à ses oreilles cramoisies. La nuque tordue, Ludwig lance son sourire au visage d'Elijah, dressé au-dessus de lui, son aveu bruyant aux lèvres. Évidemment, son intervention soudaine a attiré sur eux quelques regards interloqués. Évidemment, Ludwig s'en réjouit et lance des coups d’œil insistants aux élèves qui trainent la patte pour écouter ce qui va suivre. Il a cru qu'Elijah allait trouver l'idée du poème un peu nulle et il pensait devoir faire des prouesses pour rattraper le coup, mais non : le Poufsouffle semble être impressionné et plus il parle, plus il pose des questions, plus le rouge sur les joues de Ludwig s'intensifie.

Le garçon agite ses genoux croisés et frétille, atteint par l'excitation d'Elijah. Il se remémore ce qu'il a osé faire, ce brin de courage qu'il a eu, venu dont ne sait où. Qui l'a poussé à glisser le morceau de parchemin sur le bureau de McNeil avant de s'enfuir en courant. Mais lorsqu'Elijah évoque l'hypothèse qu'elle ait reconnu son écriture, son enthousiasme s'en retrouve quelque peu mouché. Comment ça, reconnu son écriture ? Ce n'est pas possible, non ? Elle en voit des dizaines par jour, d'écriture, elle ne se souviendrait pas de la sienne tout de même ? Même si elle est un peu tassée, et c'est vrai qu'il a une manière un peu étrange de faire les t, et puis sa maman dit toujours que ses g ressemblent à des langues de lézard et qu'elle trouve ça unique. Mais McNeil, elle, n'aura pas fait attention à tout cela, hein ? Après tout, il n'a vu aucune modification de son comportement...

Ludwig est tellement perturbé par l'idée qu'elle ait pu reconnaître son écriture — il n'y avait absolument pas pensé — et tant occupé à arrondir grand les yeux pour marquer l'horreur qu'il a d'imaginer qu'elle ait pu avoir un mari, divorcé ou non, qu'il ne réfléchit pas plus que cela à la remarque d'Elijah sur la flamme qui n'est pas la flemme ; de fait, il répond au tac au tac :

« Comme les Boites à Flemme ? C'est vrai que c'est pas très attirant, le vomi..., » commente-t-il en fronçant le nez. Mais il y a plus important que le vomi, là ! Le mari ! Le divorce ! « Mais je crois pas qu'elle ait un mari, hein, parce que... » Et pourquoi pas ? « Parce que je l'ai senti, qu'elle était libre. »

Oui, il l'a senti toutes ces fois où il s'est fait des films dans sa tête durant les cours de runes, à imaginer les moments qu'ils pourraient passer ensemble tous les deux : se promener dans le parc, se rencontrer de manière fortuite et hasardeuse à la bibliothèque, parler de runes même s'il ne comprendrait rien. Et à chaque fois dans ses rêves, sa professeure était subjuguée par sa conversation, son humour ou sa capacité d'écoute hors norme — même sans rien comprendre aux runes. Quand on est subjugué, on est pas amoureuse. Quand on est amoureuse, on est pas mariée. Et quand on est pas mariée, on ne peut pas être divorcée. Tout est tellement logique.

« C'était la semaine dernière, ou celle encore d'avant. Par contre son comportement n'a pas du tout du tout du tout changé d'puis ! s'exclame-t-il tout à coup, le regard halluciné, en se penchant vers Elijah. Genre, elle corrige mes devoirs comme d'hab' et puis... Et puis elle me regarde pas tant ! »

À vrai dire, Ludwig n'a aucune idée des pistes à creuser pour savoir si le comportement d'une personne a changé et, ayant de très maigres capacités d'empathie, il ne saurait de toute manière pas comprendre ce qu'il pourrait apercevoir. Les sourcils froncés, il se met à tripoter les lacets mal noués de ses baskets en réfléchissant furieusement aux derniers cours d’étude des runes qu'il a eus. Et si son poème n'était pas si clair que ça ? En plus, songe-t-il en se redressant, Elijah voulait qu'il lui dise ce qu'il avait écrit, c'est l'occasion parfaite d'avoir un retour ses mots d'amour !

« Pour le poème, je vais te dire ce que j'ai écrit ! s'écrie-t-il en hochant la tête. Et toi tu vas m'dire si ça inspire l'amour, si ça te fait quelque chose ou je sais pas trop quoi. Alors... » Il plante les bras sur ses genoux et plonge la tête entre ses mains dans une mimique de profonde, très profonde réflexion. « J'ai dit... Vos cheveux comme... Il y avait un truc avec ses ch'veux, genre, 'y sont pas juste ma-gni-fiques ? » s'émeut le Serpentard en lançant un coup d’œil à Elijah entre ses doigts écartés. « Vos cheveux comme la flamme d'une bougie un soir d'hiver... Ça sonne bien, hein ?! Et puis après... Mon cœur comme une horloge mal réglée, parce que t'sais, le cœur qui bat et tout. Je vous regarde et je peux plus respirer, scande Ludwig en levant les yeux vers le plafond, les sourcils froncés pour mieux se souvenir. Et le dernier, c'était quelque chose avec une fleur et son odeur... Pourtant je voudrais sentir votre odeur comme celle d'une fleur ? Non... »

Incapable de se souvenir davantage, et c'est peut-être mieux ainsi, Ludwig ramène ses yeux sur Elijah, curieux d'avoir son point de vue sur sa création. Il se sent malgré tout forcé de préciser :

« J'ai essayé de faire les rimes comme on apprend à l'école ! Chez les moldus, j'ai appris que les poèmes c'est des rimes comme ça : AABB ou ABAB ou... Je sais plus. Mais pour la dernière phrase, j'étais plus trop inspiré... En même temps, va trouver une rime pour hiver ! » ricane-t-il.

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Elijah pouffa de rire à la mention des boîtes à flemme. Il ne pensait pas tellement à cela en parlant de tue l'amour, mais il devait bien admettre que le vomi devait tenir une place de choix dans la liste. En revanche, le flair de son camarade avait quelque chose de très impressionnant s'il lui permettait de sentir le statut matrimonial des gens qui l'entouraient. Ou peut-être était-ce là le pouvoir de l'amour ? Amour qui n'avait pas l'air très réciproque puisque la professeure n'avait en rien changé son comportement vis-à-vis de son camarade.

Si Elijah n'avait rien d'un grand conseiller en relations amoureuses, il était à peu près persuadé que les gens qui s'aimaient ne parvenaient pas à détourner le regard l'un de l'autre, exactement comme dans tous les films romantiques qui existaient. C'était comme si la vie s'alignait pour permettre aux amoureux d'accéder au bonheur, malgré tout un tas de péripéties haletantes qui n'existaient que pour renforcer leur lien et les réunir à la fin. Autant dire que c'était clairement mal barré pour Ludwig.

Et arriva alors le fameux poème. Elijah donna tout ce qu'il avait pour ne pas éclater de rire, et rester parfaitement sérieux lorsque son camarade lui déclama, tout en hochant la tête comme pour valider pleinement les vers dont il était l'auteur. Il dut tout de même se racler la gorge avant de reprendre la parole, pour éviter tout trémolo de rire étouffé dans sa voix de se pointer.

- Hum... Y'a ABBA aussi, ajouta-t-il comme s'il s'y connaissait réellement alors même que ça sonnait davantage comme un nom de groupe de musique à ses oreilles. T'aurais dû dire été à la place d'hiver. Les rimes en -é c'est carrément facile à trouver !

Pour autant, il ne pouvait s'empêcher de penser à tout ce qui rimait avec hiver. Mais il doutait sincèrement que les comparaisons à base de cancer, de cafetière ou de muselière eussent fait l'affaire.

- Mais sinon c'est pas mal. T'aurais peut-être dû faire un truc plus long. Pour qu'elle comprenne que t'es sincère et tout, tu vois ? OH ! Sincère, ça rime avec hiver ! T'aurais pu parler de ton amour sincère ! s'exclama-t-il, une nouvelle fois bien trop fort pour rester discret.

Mais il ne cherchait plus vraiment à l'être, totalement pris dans la conversation avec Ludwig. Après avoir été le Coop national, il se sentait comme un conseiller matrimonial renommé.

- Par contre si rien n'a changé depuis, elle a peut-être pas lu ton poème. Ou alors elle a pas reconnu ton écriture. T'es sûr qu'elle est pas mariée, hein ? Je veux dire, tu le sens, mais si ça se trouve t'as mal senti hein. Ou y'avait de l'encens ou je sais pas quoi. On sait jamais, continua-t-il en réfléchissant profondément.

Il se redressa soudainement, une idée brillant étant apparue sous ses bouclettes affolées.

- Je sais ! T'as qu'à lui en réécrire un ! Et on lui envoie par hibou. Comme ça tu sauras direct si elle l'a reçu dans la Grande Salle pendant la distribution de courrier ! Tu verras sa réaction et tout !

N'était-il pas un génie ?

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