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SUITE D'ÉVASION FLOTTANTE
Lumos et les regards dévalent jusqu’à la chute
La sienne mais chut.

02 octobre 2049.

Lilith faisait un rêve bizarre. Elle se voyait avec sa mamie et son papi… encore vivant. C’était doux, un peu flou. Elle ne voulait pas en sortir. Mais la lumière du jour, vive et bien réelle, finit par la tirer de là. Elle eut du mal à ouvrir les yeux, ses paupières pesaient une tonne. Son cœur était resté dans le rêve. Mais elle ne pouvait pas y rester. Elle n’avait pas le choix. Lilith était revenue là où elle ne voulait plus jamais remettre les pieds.

Narcisse. Ce traître. C’était lui qui l’avait ramenée. Bon… d’accord, il avait fait un truc bien. Il ne l’avait pas laissée comme une vieille chaussette au fond d’une ruelle sombre. Mais pour Lilith, ça ne comptait pas. À cause de lui, tout ce qu’elle avait préparé, toutes ses idées pour s’enfuir… tout était tombé à l’eau. Des heures à tout imaginer, à tout calculer. Pour quoi ? Pour revenir exactement à la case départ. Sauf que maintenant, en prime, elle avait des ennuis jusqu’aux coudes. Merci à lui ! Oh oui, bravo Narcisse, de l’avoir sauvée pour mieux l’experliarmuser dans les filets du diable. Et par pitié ! Qu’on la laisse mourir sans même un Lumos.

Elle allait devoir affronter sa directrice de maison. Et puis ses parents. Et ses frères aussi. Mais le pire dans tout ça, c’étaient les autres élèves. Les enfants, c’était cruel. Ils allaient sûrement tous la regarder comme si elle avait avalé un Botruc vivant, chuchoter dans les couloirs, rire dans son dos. Elle avait probablement fait perdre des points à sa maison. Et ça, ces trolls-là ne le lui pardonneraient jamais. Elle serait mise au bûcher — et pour quoi, hein Narcisse ? Pour du vent ! Une aventure minable, terminée sous une couverture qui sentait le dictame et l’humiliation. Alors non, elle ne le remercierait pas. Elle préférait le maudire. Et c’était même exactement ce qu’elle était en train de faire lorsque l’infirmier entra.

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Je tiens à préciser que, contrairement à Lilith, je t’en remercie, Narcisse. Tu aurais pu la laisser traîner comme une chaussette orpheline dans cette sombre ruelle mais non, tu es brave :wise:

Lilith Bríd McKey ⋆ Née-sorcière ⋆ 02/11/37 ⋆ Skye ⋆ 2e année RP (13 ans) ⋆ #84774d
Faible présence jusqu’au 22 juin ⋆ 7/14 RP en cours

Dyslexique dysorthographique

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02 octobre 2049
3ème année RP

Il se passait de drôles de choses, à l'infirmerie. Son lit était confortable, et elle y était allongée, son coussin rehaussant le haut de son corps. Elle faisait attention à ne pas bouger sa jambe. Elle s'était pété le genoux ; ça arrivait. Une drôle d'histoire, ça aussi. Mais pas celle qui nous intéresse. Là, c'était l'histoire de cette fille paumée allongée à côté d'elle. Ada se demandait quand elle allait se réveiller. Elle lui jetait des coups d’œil, de temps en temps, entre deux pages du livre qu'elle feuilletait posément. Par curiosité. Après tout, la fille s'était pointée à moitié évanouie, portée par quelqu'un d'autre. Mais c'était aussi pour s'assurer qu'elle allait bien ; deux trois coups d’œil soucieux, de temps en temps, ça ne faisait pas de mal.

Quelque chose lui disait que celle-là, elle n'était pas au top de sa forme.

Il se passait de drôles de choses, à l'infirmerie. En vérité, alors qu'un camarade aidait Ada à s'installer tranquillement dans son lit, et à mettre sa jambe droite et au repos, Narcisse s'était pointé. Vous savez, le mec de la même promo qu'elle, naturellement brillant -avec l'une des magies les plus belles pour quelqu'un de son âge, en tout cas, plus belle que celle d'Ada, si la magie pouvait se comparer-, et à la fois gentil, presque niais sur les bords. Ce Narcisse. Et bien voilà qu'il était venu avec une Gryffondor entre ses bras, qui se trouvait visiblement très mal. Elle avait l'air fatigué, en tout cas. Le pauvre Narcisse n'était pas mieux ; la Poufsouffle ne savait pas ce que la malade lui avait dit, mais il semblait... perdu. Ou interrogateur. Peut-être qu'ils ne se connaissaient même pas, après tout. Ça serait bien le style de Narcisse, de ramener des gens inconnus à l'infirmier. Remarque, n'importe qui avec un peu de cœur aurait ramené la jeune fille. Et au dernières nouvelles, Ada avait du cœur -en tout cas, elle n'avait pas l'impression d'être particulièrement méchante, comme personne. Quoiqu'il était difficile d'être plus gentil que Narcisse, elle devait l'admettre. Enfin, qu'importe. Ada remercia le garçon à la place de la jeune fille, qui visiblement ne pouvait pas le faire, et lui souhaita une bonne journée.

Voilà : c'était comme ça qu'elle s'était trouvée une voisine de lit.

Mais à sa grande surprise, celle-ci ne s'était pas réveillée avant un bout de temps. Ada avait eu le temps d'ingurgiter sa potion, donnée par l'un des infirmiers pour guérir son genoux -elle avait oublié si c'était une fracture, un tendon claqué ou autre chose, même si l'infirmier lui avait expliqué -, et elle en était à la page 45 quand elle vit un frémissement de vie de l'autre côté de son oreiller. Elle se tourna vers la fille, et elle tomba sur des yeux grands ouverts. Bon. Au moins, elle n'était pas morte.

Ses yeux cherchèrent les siens, et elle lui adressa un sourire doux, à la fois bienveillant, et soulagé de la voir éveillée. Elle dit d'un ton calme, ses mains tranquillement posées sur le livre qu'elle lisait : _Hey, salut. Mais elle n'était pas sûre que la Gryffondor l'ait vue, ni entendue. Elle semblait aspirée par ses pensées. Alors la troisième année reposa sereinement les yeux sur son livre : pas besoin de se presser, elles auraient toute la nuit pour parler, après tout. La page tourna dans un bruit de papier.

Elle aimait le bruit des pages qui tournaient.

Elle entendit des pas -c'était l'infirmier. Tac-tac, sur le sol, et le voilà qui lui jetait un regard interrogateur. Elle lui sourit : oui, elle allait bien. Son genoux lui faisait toujours mal, un mal de chien, mais qu'allait-elle y faire ? Il lui avait donné quelque chose contre la douleur, et elle ne doutait pas que cela allait bientôt faire effet. Il continua, et s'arrêta non loin, près de la fille. Ada savait qu'il était impoli d'écouter la conversation des autres. Elle savait aussi que, comme toute adolescente qui se respectait, elle n'allait pas pouvoir s'en empêcher.

Me voilà ! Merci pour ce RP :cute: @Narcisse Brando pour la mention, n'hésite pas à me corriger si j'ai fait une bourde.

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~My smile wraps around my head splitting it in two, two

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Reducio
Les actions de @Diarmuid O'Belt ont été transmises par hibou.

Lilith écoutait l’infirmier sans broncher, les yeux encore un peu flous. Il lui avait donné une mini-dose de potion Revigor, histoire de la réveiller en douceur — sauf que même avec ça, ouvrir les yeux avait été un vrai combat. Avant de repartir, il lui avait aussi glissé une potion Pomfresh, parce que, selon lui, elle était un peu trop stressée.

Il avait pas tort. Lilith avait rien répondu. Juste baissé la tête pour faire un petit « oui » mou, pour faire genre ouais je comprends, alors que pas du tout. Parce que son cœur cognait si fort qu’elle avait l’impression qu’il allait exploser. Elle était revenue. Elle allait prendre cher. Elle essayait de suivre ce que disait l’adulte, mais c’était dur. Elle pensait à l’avenir — enfin, elle essayait — mais dans sa tête, c’était tout bloqué. Et ce fichu cœur continuait de battre, encore et encore, sans jamais se poser une seule seconde. Il lui filait la nausée. Alors, sans protester, elle avala la potion. Puis elle tenta de respirer un bon coup.

L’infirmier lui avait précisé qu'elle dormirait ici. Encore une nuit de répit. Mais après quoi ? Elle allait être punie ? Virée ? Métamorphosée ? Elle savait même pas. Elle repensa à un mot qu'il avait prononcé, un truc bizarre qui commençait par psy-machin… psychomage, ou un truc dans le genre. Lilith savait pas ce que c’était. La potion commençait à faire effet. Elle soupira. L’infirmier était parti après s’être assuré qu’elle l’avait bien bue, sûrement pour la laisser tranquille, et franchement, merci. Elle était pas en état de causer. Elle avait juste envie de disparaître dans un coin sombre et de plus jamais en sortir.

Puis elle la vit. Une fille était sur le lit à côté et la regardait. Peau très pâle, cheveux noirs au carré bien net, yeux sombres en amande. Son visage était calme. Lilith la fixa un instant. Son cœur s'était un peu calmé, alors elle ouvrit la bouche :

Qu’esk’taas ?

C’était pas bien long et un peu ridicule, mais elle avait pas la force de faire mieux. Alors elle planta son regard froid, bien à elle, dans le sien. Celui qui disait : je suis à deux doigts d’exploser, façon scroût à pétard ma jolie. De toute façon, foutu pour foutu, elle pouvait bien mettre le feu : qu’est-ce que ça changerait ? Rien. Alors elle pouffa. Comme une folle. Elle était prête à se battre. La potion faisait-elle vraiment effet ? Peut-être fallait-il juste attendre un peu que le calme lui coule enfin dans les veines.

Lilith Bríd McKey ⋆ Née-sorcière ⋆ 02/11/37 ⋆ Skye ⋆ 2e année RP (13 ans) ⋆ #84774d
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L´infirmier parla avec sa voisine de lit. Ada essayait de ne pas écouter leur conversation, mais il n´y avait de toute façon que peu de choses à écouter, comme la fille ne répondait qu´à demi-mot aux paroles de l´adulte. Son visage était fermé, serrure verrouillée dont Ada n´avait pas la clé. Etait-ce à cause de sa fatigue ? Etait-ce de la colère ?... mais contre quoi ? Qui ?

Tournant son visage vers son livre, se détournant nonchalamment de la discussion en cours, elle chercha en tatonnant un bout de papier dans sa poche. Mais sa main ne rencontra que du vide ; déception suprême du lecteur qui veut marquer sa page. Elle allait fermer son livre, se résignant à mémoriser une page qu´elle était pourtant presque certaine d´oublier, mais le silence retint son geste. Un silence qui surprit la Poufsouffle, qui releva la tête.

L´infirmier était parti. Elle jeta un bref coup d´œil à sa voisine, même si elle savait pertinemment que... Trop tard. Les yeux avaient surpris son regard, et la regardait maintenant droit dans les yeux. Une voix lente résonna, sortant des profondeurs de la fatigue. Ada n'avait pas prévue de se faire exploratrice des abysses, ce soir. Tout bien considéré, elle n´avait pas prévu de se péter le genoux, non plus. Drôle de journée.

Prise sur le faite, Ada ne sut rien faire d´autre que de garder ses yeux dans les siens. Immobile -autant jouer la morte. La fille avait des yeux froids, des yeux qu´on n´aimait pas ; des yeux un peu fous. Ada, elle, avait des yeux calmes. Des yeux gentils. Des yeux doux.

Œil pour œil, et c´était quoi la suite ? Dent pour dent ? Ada se demandait comment ça allait se passer. Après tout, la Gryffondir semblait au bord du craquage. Ada se demandait s´il elle n´y était pas déjà, d´ailleurs, au vu du rire qu´elle laissa sortir des profondeurs de sa gorge. Elle allait vraiment pas bien, la gamine. Elle faisait presque peur, menaçante -pas tant envers les autres qu´envers elle-même, d´ailleurs.

Aussi la Poufsouffle décida d´être honnête. Après tout, les étincelles dans ses yeux ne mentaient pas : elle ne voulait de mal à personne, elle. Non, elle ne voulait de mal à personne, Ada. Une voix posée s´écoula, vent doux de la côte méditerranéenne :

_Rien. Ce n´était pas un rien d´adolescente agacée. C´était un rien sincère, un rien qui faisait hausser les sourcils d´honnêteté, et la voix de gentillesse. Ada haussa les épaules, réaffirmant ce rien, cette non-volonté de s´immiscer dans les affaires de l´autre. Elle avait beaucoup à dire, mais rien à bousculer, alors autant se taire.

_Ah, si, je me demandais : t´aurais pas un bout de papier, par hasard ? En marque-page. Elle souleva son livre. Pas de jugements ; juste une demande. Je ne te considère pas comme une malade, une tarée, une patiente, une question. Mais comme quelqu´un de tous les jours ; et je me demandais, tout simplement, si t´aurais pas un marque-page. Pas de questions personnelles. Parce que la dynamite, si on lui marche dessus... ça explose. Pouf.

Si ça devie trop de ton plan initial, n´hesite pas à me le dire, je peux changer le post. ^^ Mes excuses pour le délai.

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Un regard froid. Des flammes aux poignées. Elle était à deux doigts de craquer. Mais était-ce la potion qui faisait effet d’un coup, ou bien la réponse complètement à côté de la plaque de l’autre fille ? Va savoir. En tout cas, heureusement, Lilith n’en fit pas tout un drame. Elle battit des paupières, un peu perdue, les yeux ronds avec un cerveau en guise de gélatine.

Elle jeta un coup d'œil discret pour vérifier si son sac était toujours là. Oui, au pied du lit, tranquille. Narcisse était un ange — du moins, à ce moment-là, elle le pensait. Mais plus tard, sans la potion, ça changerait. Alors, sans un mot, elle se pencha. Enfin… elle essaya. Elle manqua de se vautrer par terre. D’habitude, elle aurait rougi et poussé un petit cri, mais là, même pas. Elle était zen. Complètement à l’ouest, mais zen. Elle attrapa son carnet en cuir, se redressa en tremblotant un peu, puis arracha une page d’un geste pas très propre. Sans rien dire, elle tendit le bras vers sa voisine pour lui donner le bout de papier. Quand elle le prit enfin, Lilith ne lâcha pas tout de suite. Elle marmonna, dans un bâillement :

T’as… koi… tuua ?

T’es là pourquoi ? voulait-elle dire, mais décidément, parler devenait une vraie épreuve. Son ventre choisit ce moment pour grogner, un vrai rugissement de monstre affamé. Elle aurait pu manger un bœuf entier. Ou même des bonbons collants qu’elle n’aimait pas d’habitude. Là, elle aurait englouti n’importe quoi. Alors, comme un petit animal traquant sa proie, elle regarda autour d’elle à la recherche de nourriture. Bon, ce n’était pas l’heure de manger. Tant pis. Elle se résigna à fouiller des yeux les restes des autres… en espérant qu’il y ait au moins une miette abandonnée quelque part. Rien. Nada. Le désert.

Elle se tourna de nouveau vers sa voisine, sans la moindre gêne : «T’as… hin truk ?». Elle renifla bruyamment, sans aucune élégance. Drôle de potion. Elle s’était transformée en ours mal léché. «À mongeer...». Et elle tendit la main, toute molle, les doigts entrouverts.

Lilith Bríd McKey ⋆ Née-sorcière ⋆ 02/11/37 ⋆ Skye ⋆ 2e année RP (13 ans) ⋆ #84774d
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Sans un mot, la jeune fille arracha avec peine une page d'un cahier. Ada n'avait pas bien mesuré l'étendue de sa fatigue, alors qu'elle cherchait lentement dans son sac, avant de lui tendre une feuille. La Poufsouffle chercha dans son regard, un indice, une idée, une ancre à laquelle se raccrocher. Elle ne comprenait pas cette inconnue si étrange, à la fois fatiguée et en colère, agacée et interrogatrice, perdue et zen. Elle perdait pied, devant une mer agitée qu'elle ne comprenait pas -marin montant au mât, cherchant quelques îlots pour ne trouver qu'une étendue mystérieuse et glacée. Mais elle restait capitaine ; ne jamais perdre son cap, telle était sa devise. Elle descendit du mât, ralentit sa voilure : ne jamais aller vite contre des vents contraires.

Elle étendit son bras pour attraper le papier, grimaçant alors qu'elle bougeait sa jambe. _Ah, super, merci ! Elle sentit une résistance, mais attendit patiemment jusqu'à ce que la jeune fille lâche la feuille. Elle récupéra avec joie le précieux papier, avec un visage neutre mais des étincelles dans les yeux. Un bon marque-page était la meilleure façon de commencer une relation, à son humble avis ; ou en tout cas, cela lui sauvait la mise dans ce cas précis. Ada jeta un regard en coin à la Gryffondor alors qu'elle lui lançait fastidieusement une question. Elle réussit à reconstituer, fastidieusement, les mots qu'elle voulait dire : "T'as quoi, toi ?". En vérité, tout semblait fastidieux, avec sa nouvelle voisine de lit.

En même temps, elle s'était pointée évanouie à l'infirmerie, quand même. Ada ne s'y connaissait pas beaucoup en médecine, mais cela ne semblait pas constituer un signe de bonne santé.

_Moi ? J'ai vraiment pas grand-chose, c'est un peu stupide, répondit-elle sereinement tout en mettant le marque page à la bonne page, avant de refermer le livre avec un air posément réjoui. Qui n'appréciait fermer tranquillement un bon livre, après tout, et le tenir, rectangulaire, entre ses mains, avant de le poser sur sa table de chevet ? C'était là pour Ada l'un de sentiments les plus reposants, les plus paisibles au monde.
_Quelqu'un a fait tomber son Rapeltout, et j'ai glissé dessus... en descendant une bonne rangée d'escaliers dans le processus, précisa-t-elle en se retournant vers son interlocutrice. Son ton était à la fois amusé et détaché, comme si cela ne l'affectait pas vraiment. Après tout, elle ne voyait pas pourquoi elle s'en plaindrait : c'était arrivé, voilà tout. Ressasser le passé n'était pas pour elle ; elle aimait vivre dans le présent. Le présent était un endroit merveilleux qui semblait souvent un peu oublié, coincé entre ses beaux cousins Mr Passé et Mr Futur, mais qui apportait souvent le plus de bonheur. Il fallait juste savoir y rester, laisser son bateau errer sans résistance sur la rivière du présent. Et ça, c'était l'activité favorite de la petite Ada.

_Je crois que mon genou n'a pas apprécié, conclu-t-elle avec un haussement d'épaules, et un sourire amusé qui faisait ressortir la rondeur enfantine de ses joues. _Mais bon, ça arrive.

Elle ne savait pas si la Gryffondor avait tout suivi, car celle-ci semblait chercher quelque chose... Prend des jumelles, pirate, si tu veux partir à l'abordage ! Elle finit par lui demander... La troisième plissa des yeux, essayant de la comprendre, avant que le sens ne lui apparut, avec quelques secondes de délai.
_Aaah, un truc à manger ! Bien sûre ; tiens, je te déballe une chocog. Elle ramena son sac à sa poitrine, et farfouilla dans une poche intérieure avant d'y sortir, victorieuse, une petite boîte pyramidale. Elle hésite une fraction de seconde, le temps pour elle de se demander si grignoter dans l'infirmerie était autorisé et de décider qu'elle s'en fichait pour le moment. Puis elle ouvrit la boîte, doutant de la précision des mains tremblotantes de sa camarade, avant de lui tendre la chocogrenouille qui s'y trouvait.

_Hey, t'as eu une carte argent ! Paracelse : Contemporain de Copernic et de Léonard de Vinci, médecin génial dont les théories audacieuses contestaient la pensée médiévale. Si c'est pas beau, ça. Elle parlait doucement, de peur que cela perturbe la zombie qu'elle avait pour voisine si elle se mettait à parler vite. Elle avait l'impression de parler dans le vide, mais rien ne valait de mieux que de commencer le dialogue. Peut-être que la prochaine fois, elle lui demanderait ce qu'il s'était passé. Comment elle en était arrivée là, elle. Ou de ses propres mots : T'as quoi, toi ?

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Lilith aurait bien aimé garder le bout de papier plus longtemps. La fille devait lui répondre, après tout. Mais bon… elle était un peu morte, et beaucoup trop absente pour faire preuve de ténacité. Puis, elle avait eu l’explication, alors bon. Apparemment, la fille avait dévalé des escaliers à cause d’un Rapeltout. Si on lui avait raconté ça avant la potion, Lilith l’aurait trouvée complètement perchée de ne pas s’être énervée contre la personne responsable. Mais là, elle était d’accord avec elle. Parce que, comme elle avait dit, "ça arrive". Et Lilith, pour la première fois de sa vie, était dans un état d’esprit où ce genre de fatalisme lui allait bien. Un petit brin de nonchalance qui, étrangement, lui faisait un bien fou.

Après lui avoir demandé à manger, la fille lui tendit une chocogrenouille. Lilith fut contente. Elle n’aimait pas trop le sucre, d’habitude, mais bon, son estomac n’en était plus à ça près. Elle devait reprendre des forces. Manger, dormir… mais pas maintenant. Elle avait envie de parler. De ne pas être seule. Elle croqua dans le chocolat tout en observant la carte. Puis elle la lui rendit. Ça ne se mangeait pas. En la lui tendant, elle demanda simplement :

T’ap’l comment ?

Elle ne donna pas son propre nom. Pas très poli, mais elle n’était déjà pas connue pour l’être en temps normal. Alors là, dans son état, on pouvait bien lui pardonner. Elle se présenta un peu plus tard, simplement, parce qu’elle avait envie qu’on la connaisse. Pourquoi ? Allez savoir.

Mua c’est Lili.

Elle écourta son prénom, laissa tomber le "th". Tant pis. Ça arrive. Puis, après un énorme bâillement, elle se lança dans le récit de sa vie. Même si personne ne lui avait rien demandé.

Mua… j’ai vlou parti… j’me chui planté…

Elle rigola en repensant au Magicobus, à son vomi, à Narcisse. Elle raconta tout, tant bien que mal. Les mots sortaient un peu de travers, comme depuis qu’elle avait pris cette potion qui l’avait clairement shootée plus que prévu. Sans doute parce qu’elle était encore crevée, qu’elle n’avait pas mangé depuis trop longtemps, et que le peu qui restait dans son estomac avait fini sur ses chaussures. Et sur Narcisse. Bref. Elle parlait, difficilement, mais paisiblement.

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Le dégât, mama... bonne chance @Ada Bentley :lol:

Lilith Bríd McKey ⋆ Née-sorcière ⋆ 02/11/37 ⋆ Skye ⋆ 2e année RP (13 ans) ⋆ #84774d
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L'inconnue fini la chocogrenouille, avant de lui rendre sa carte. Sa couleur argent brilla alors qu'Ada la glissa dans sa poche. Elle savait qu'elle allait le regretter, et que ça allait l'agacer quand elle voudra dormir, mais elle n'avait pas la force d'aller chercher encore une fois son sac, en se tortillant parce que sa jambe était immobilisée. Même si elle n'avait plus mal ; les miracles d'O'Belt avaient enfin fait leurs effets.

La diction toujours aussi difficile, sa voisine lui posa une question. Ada posa ses yeux dans ses yeux. La nonchalance s'envolait, devant la sincérité qui mettait tout à nu. Dire son nom, c'était la chose la plus ordinaire qu'il était ; mais les choses du quotidien n'étaient bien souvent pas les plus faciles. Dans son océan vert la gravité se disputait à l'amusement, et parce qu'il fallait bien rire de la vie, elle répondit d'un ton désinvolte :
_Ada.
Elle aimait son nom. C'était un rayon de soleil, ou bien deux fossettes au creux des joues ; c'était un prénom sans prétention, qui laissait paraître l'être qui se cachait derrière lui. Il y avait des prénoms qui prenaient toute la place : lourds de sens, ou alourdis par des lettres inutiles, on s'y attachait avant même de vouloir connaître l'autre. Mais trois petites lettres étaient une cible bien trop petite pour les préjugés. Ses trois petites lettres à elle, elles étaient libres -indépendantes de jugements, elle ne révélaient rien. C'était un joli secret, qui pourtant ne se cachait pas. Ada.

Elle voulut lui demander son nom, mais après quelques secondes de silence, sa voisine prit la parole d'elle-même. Voilà que l'Autre, inconnue à jamais vouée à l'oubli et l'abandon, avait un nom, ancre qu'on jetait à la mer pour qu'elle se pose dans le cœur des autres. Lily. Elle aimait bien. C'était simple, là aussi, quoique quatre était substantiellement plus grand que trois. Ca faisait toute la différence entre un prénom court, et un prénom commun. Mais Lily n'était pas commun. Enfin, si. Mais le nom gardait sa beauté tout entière, comme si à chaque instant l'on venait de le découvrir. Il ne disparaissait pas dans la masse du quotidien -étiquettes qu'on ne s'embêtait même plus à lire. Pas comme Emma. Sarah. Mary.

_C'est joli, comme prénom.

Lily bailla et Ada ne put que la suivre. Elle se sentait fatiguée : elle s'était réveillée tôt ce matin. Et puis, trébucher contre un Rapeltout n'était pas de tout repos. A moins que ce ne soit la partie cassage de jambe qui lui avait pris toute son énergie. Oui, c'était plus probable. Quoique rouler sur un Rapeltout impliquait de gros dégâts émotionnels, qui d'ailleurs avaient été négligés par l'infirmier. C'était désolant, l'état de la médecine actuelle ; comment donc pouvaient-ils oublier qu'un trébuchage de Rapeltout pouvait avoir de graves conséquences psychiques sur la santé d'une adolescente ? Elle retint un sourire amusé que sa voisine n'aurait pas compris, malgré ses pensées déjantées. Elle allait bientôt dormir, elle. Pouf, au dodos !

Car la nuit approchait, et Morphée rappelait ses disciples les esprits.

Mais voilà que son bâillement terminé, Lily s'ouvrit enfin. Les yeux de la Poufsouffle voulaient se fermer, mais son esprit était curieux. Ses yeux alternaient entre un état alerte et endormi, alors qu'elle écoutait l'histoire de la petite fleur. Elle ne l'interrompit pas, mais elle hochait parfois la tête, prouvant d'un mouvement qu'elle écoutait toujours.

Ada se demandait pourquoi on voudrait partir. Poudlard n'était pas un rêve, comme tant d'autres le décrivaient, c'était quelque chose de plus fort encore : c'était sa maison. Sa deuxième maison, soit, mais sa maison tout de même. Elle avait tout ici, ou presque ; elle ne comprenait pas ce qui serait meilleur ailleurs. Et puis, fuir, très bien, mais pour aller où ? Sa cadette ne semblait pas s'inquiéter des détails, et la jaune et or frissonnait à l'idée de la savoir dehors, seule. Elle n'aurait pas tenu deux jours ; elle doutait même qu'elle aurait eu la capacité de rejoindre sa famille sans aide. Mais elle ne dit rien de tout cela. Il n'y avait pas besoin de le dire. Le plus important, pensait-elle, c'était que :

_Et bé, c'est toute une épopée ton truc. Mais au moins, tu es saine et sauve, et ça, c'est cool. Elle laissa flotter sa phrase un moment. Elle aurait aimé dire que c'était par dramatisme, mais ce n'était que parce qu'elle avait envie de bailler. _En tout cas, elle devait avoir une drôle de tête, ta journée.

Elle laissa le silence s'installer, contemplant cette affirmation. Elle s'imaginait à la place de sa camarade, vivant une journée aussi chaotique. Rouler sur un Rapeltout, c'était déjà beaucoup pour elle. Mais bon, les deux arrivaient, c'était la vie. Quoiqu'elle doutait sérieusement être aussi débile pour tenter de fuguer, surtout sans préparation. Elle ne jugeait pas, ni n'était condescendante ; mais parfois, les humains pouvaient être cons. Mais ça aussi, c'était la vie.

_Tu dois être crevée. Ça te dirait, de dormir un peu ? Elle avait la voix si caractéristique de ceux qui retenaient un bâillement. Elle rajouta, mi-ironique mi-sérieuse : _Mais t'as intérêt à être là quand je me réveille, parce que je veux savoir si tu iras mieux. Sinon, je paie Narcisse en cartes chocogrenouille pour qu'il accepte de te ramener encore une fois. Et tu n'as pas vu ma collection, mais j'en ai des belles, de cartes de chocogrenouille qui donne envie.

Bon, bah t'es Lily, maintenant :grin:

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Ada. Un prénom simple, de plus en plus courant, mais c'était la première fois que Lilith rencontrait une Ada. Désormais, pour elle, les Ada seraient des brunes un peu étranges, mais plutôt sympathiques. Celle-ci lui avait offert du chocolat et l'avait écoutée parler, même si, à vrai dire, comprendre un traître mot de son histoire devait être difficile.

Lilith avait approuvé sans peine les propos d'Ada. En effet, elle avait vécu une véritable épopée ! Sa journée, toutefois, n'avait pas eu une drôle de tête. Oh non, elle avait été carrément cauchemardesque. C'était peut-être pour ça qu'elle s'efforçait de rester éveillée, de peur de faire de mauvais rêves. Mais lorsque Ada lui suggéra qu'il était peut-être temps de dormir, Lilith bâilla et s’assoupit aussitôt, glissant un « bonne nuit » à peine audible.

Elle n'entendit ni les remarques ni la menace d'Ada. Elle tomba simplement dans un sommeil profond. C'était la première fois que Lilith parlait autant à une inconnue. Surtout, c'était la première fois qu'elle se montrait aussi intime avec quelqu'un d'autre que sa famille. Elle, si réservée, le regretterait sans doute au réveil. Mais dans son malheur, il y avait aussi du bon... la potion faisait toujours effet, et Lilith ne fit pas de rêves cette nuit-là.

Baigné d'une lumière pâle, l'infirmerie reprit doucement vie. Les bruissements de draps, les respirations calmes, le grincement discret du bois… Tout semblait paisible. Trop paisible. Et pourtant, il était temps d’assumer.

Toujours affamée, Lilith s’éveilla avant sa voisine de lit. Elle se souvenait de tout… ou presque. Et surtout, elle avait honte. Si elle avait su lancer un sortilège d’amnésie, elle ne se serait pas fait prier pour l’utiliser sur Ada. Mais il fallait être plus maligne. Plus discrète. Plus stratège. Désormais, Narcisse et Ada connaissaient l’ampleur de sa journée chaotique — et c’était deux personnes de trop. Elle attendit, nerveuse, que sa voisine daigne enfin ouvrir les yeux. Quand ce fut le cas, les mots lui échappèrent aussitôt :

— Tu promets de rien dire ?

Elle rougit, puis s’excusa, un peu précipitamment :

— Tu dois rester qu’une nuit, toi aussi ?

Eh bien, elle était encore bavarde ? La gêne, sans doute...

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Dyslexique dysorthographique

Retour à la réalité
Lily s'endormit en un rien de temps. Elle avait un côté mignon, cette gamine, à ouvrir son cœur au premier venu, avant de s'endormir comme une masse, presque comme une jeune enfant. On avait envie d'en prendre soin. Les yeux bienveillants, Ada regarda un temps la jeune fille respirer lentement, endormie, avant de fermer les yeux à son tour. Bonne nuit à toi aussi, Lily. Ne fait pas de cauchemars.

La couverture pesait sur son corps alors qu'elle se réveillait. Elle sentait un picotement dans sa jambe, une sensation qui n'était pas celle de la douleur, et elle sut qu'elle pourrait se lever. La nuit, la magie, et l'expertise de l'infirmier avait fait son œuvre, comme toujours. La magie était vraiment le remède à tout. Elle hésita à ouvrir les yeux ; elle voulait rester encore un peu plus longtemps dans la mer noire et paisible qui s'étendait au delà de ses paupières closes. Faire la morte, un peu plus longtemps, échapper au monde des vivants pour ne vivre que dans la chaleur et la tranquillité. Mais un rayon de soleil lui chatouilla le nez, et ses sourcils se froncèrent, presque instantanément. Elle avait dormi plus longtemps qu'elle ne le pensais. Elle se levait souvent très tôt, mais au vu des bruits de pas et de murmures qui tapissaient l'infirmerie, elle n'était pas la première à se réveiller.

Ses yeux s'ouvrirent et le plafond l'accueilla. Bienvenue dans le monde des vivants, disait-il. Elle aimerait se redresser en silence, reprendre ses esprits après cette longue nuit de sommeil, mais voilà qu'elle entendit une voix. Une voix ? Sa tête se tourna, ses yeux endormis suivant lentement le mouvement. Ah, oui, c'est vrai. Millie, Laurie, Lila... Lily, voilà. Elle fronça les sourcils alors qu'elle essayait de comprendre ce qu'elle venait de lui dire. Les mots s'entrechoquaient et se perdaient, et il était trop tôt pour leur donner un sens. Cerveau, réveille-toi.

Ada se racla la gorge, sèche de la nuit passée. La voix pâteuse, elle commença par rappeler qu'elle venait juste de se réveiller :
_Salut Ada. Tu as passé une bonne nuit ? -Oui, super, et toi ? Elle sourit alors qu'elle arrêtait de moraliser sa voisine. Elle comprenait sa panique, au fond. Son ton se fit rassurant : _Mais non, je ne vais rien dire. T'inquiète. Et, oui, je ne reste qu'une nuit.

Elle se redressa tranquillement, repoussant les couvertures sur le côté.
_Je sens déjà que ma jambe va mieux. Regarde. Elle plia légèrement son genou, sans peine. Elle voulait attendre l'autorisation de l'infirmier pour bouger plus, mais elle se sentait déjà comme neuve. _Et toi, ça va ? Pas trop le moral dans les choux ?

Oups, je n'avais pas vu les jours passer hihi. Me revoilà ! :)

#28363c
~My smile wraps around my head splitting it in two, two