C'est l'histoire d'un paillasson qui aboie
Nuit du samedi 12 mars
Quartier Peverell — Godric's Hollow
20 ans
La porte de l'immeuble se referme derrière moi dans un claquement qui résonne dans la nuit, communiquant mieux que je ne pourrais le faire la colère aigüe qui gronde à l'intérieur de moi. Un claquement qui pourrait vouloir dire : « Je t'emmerde, Ashley Rockfield ! ». Mais encore faudrait-il qu'une porte puisse parler. Je m'éloigne en titubant dans la rue, grommelant pour moi-même des injures peu élaborées destinées à la blonde que je viens de quitter. Au bout de quelques mètres, les raisons de notre embrouille commencent déjà à m'apparaître moins clairement. La faute à l'alcool dans mon sang, à ma tête lourde et à mes pensées encombrées. Peu importe, je poursuis mon maladroit chemin dans les rues du quartier Peverell, trébuchant là sur un pavé mal enfoncé, percutant ici une poubelle mal rangée, sans guère avoir conscience du bruit que je fais dans la nuit endormie.
Je me trompe plusieurs fois de rue, si bien que je suis forcée de revenir sur mes pas, de trébucher sur davantage de pavés, de percuter de nombreux coins de rue ou lampadaires, avant de parvenir à mon but : un immeuble qui ressemble à tous les autres, avec une porte d'entrée qui ressemble à toutes les autres. Je m'affale plus qu'autre chose contre cette dernière, encombrée par mes membres que j'ai du mal à contrôler. J'ai l'impression d'avoir des poteaux à la place des jambes et des branches en guise de bras. À travers ma vision floutée, je vois ma main effectuer de nombreux essais infructueux avant que je parvienne à attraper la poignée et à l'abaisser pour ouvrir la porte. Le battant s'écarte subitement sous mon poids, claque contre le mur et rebondit sur mon corps contre le carrelage du hall d'entrée. Je suis tombée. Mon gloussement amusé résonne dans la cage d'escaliers, d'autant plus lorsqu'il se transforme en éclat de rire franc, gras, hystérique ; le rire d'une personne enivrée.
Me relever est plus difficile que ma longue quête sur l'lle de Drear, plus douloureux que l'attente infinie au bunker. Le sol tangue en-dessous de moi, la tête me tourne lorsque je parviens à me mettre sur mes jambes, mais presque aussitôt je m'affale contre la porte béante, incapable que je suis de tenir debout.
« C'tait plus marrant de..., » marmonné-je sans pouvoir terminer ma phrase.
Grace à un effort surhumain, je parviens à refermer la porte d'entrée derrière moi. Son claquement résonne dans les étages. Ça me rappelle la porte de l'immeuble d'Ashley qui, dans mon esprit, insulte les locataires blondes insupportables. Un rire incontrôlé me secoue les épaules ; je plaque la main sur ma bouche pour ne pas faire trop de bruit, ce qui n'est pas une grande réussite. Amusée, je me dirige vers les escaliers sans cesser de me retenir au mur ; je n'ai aucune confiance en mes jambes. Je monte une marche, deux marches. À la troisième, je m'arrête et ferme les yeux en prenant une grande inspiration par la bouche pour calmer mon estomac récalcitrant.
« Quintapeds ! » affirmé-je d'une voix barbouillée quand les sursauts de mon estomac s'apaisent : la fin de ma phrase m'est revenue subitement.
Ma voix résonne dans la cage d'escalier. Je n'aime pas m'entendre, alors je secoue la tête et continue mon long cheminement dans les étages. Mon corps voyage du mur à la rambarde, puis de la rambarde au mur. Je percute quelques portes, et je m'excuse à chaque fois. J'arrive sur un palier. Mon pied se prend dans un paillasson et je m'effondre bêtement sur les marches menant à l'étage suivant, un « aïe ! » dépité au bord des lèvres.
Lorsque je reprends mon chemin, je ne sais pas ce qui s'est passé exactement mais j'abandonne derrière moi un chiot muet au poil qui ressemble à s'y méprendre au paillasson traitre qui m'a fait tomber. La chose me regarde grimper à quatre pattes, marche par marche, tandis que je murmure pour moi-même des mots indistincts dans lesquels une oreille affutée pourrait entendre les mots « quintapeds... 'risten... thé... Ashley 'tain de R'field » sans ne rien y comprendre.
Le palier suivant m'apparaît avec bénédiction. Accrochée à la main courante, j'arrive à me relever sur mes pieds dans une position moins pitoyable que celle qui m'a servi à monter jusqu'ici. J'essaie d'accommoder sur la porte qui se trouve là, mais ma vision floue n'a cesse de se brouiller. Je m'approche en grognant, tombe de tout mon poids sur le battant dans un ponc ! bruyant. Je me fige, l'oreille tendue, le cœur battant : est-ce que j'ai réveillé Aodren ? Je n'entends rien d'autre qu'un grattement dans les étages inférieurs. J'enfonce la main et le bras jusqu'au coude dans ma poche, et farfouille jusqu'à trouver les clés gentiment confiées par mon frère quand j'ai avoué sortir à Godric's Hollow, parfois, pour boire avec mes amis. Il avait l'air tellement content de cette activité dépravante qu'il m'a confié un trousseau de clés de chez lui. Idiot. Mais ce soir, il me sera bien utile.
J'essaie à plusieurs reprises d'enfoncer les clés dans la serrure, mais elle ne veut pas rentrer. N'ayant que peu confiance en mes capacités manuelles ce soir, je me penche pour mieux viser, ce qui me permet de voir avec certitude que la clé ne peut pas rentrer.
« Troll de clé ! » gémis-je en cognant le battant de la porte de mon front.
Une étincelle de colère réveille mon corps et me donne la force de lever un bras. Je frappe plusieurs fois contre le battant.
« Ao ! m'exclamé-je en fermant les yeux pour ne pas me concentrer sur ma voix qui résonne dans l'immeuble. Ao ! P'rquoi t'as chan-changé le... » J'ai oublié le mot. « Truc... Pour mettre les clés... »
Ma voix finit par s'éteindre, mais ma main frappe encore, de plus en plus faiblement parce que le moindre effort fait s'emballer mon cœur et que lorsque mon cœur s'emballe, j'ai envie de vomir. Je frappe encore, sans comprendre que je ne suis pas chez mon frère, ni devant sa porte, ni même dans son immeuble. Je m'affale un peu plus contre la porte en subissant les folies de mes sens alcoolisés.
Libre pour une personne ! (sauf si la cohérence exige qu'il y en ait plusieurs)
Aelle essaie de rentrer chez son frère Aodren qui habite Godric's Hollow, sauf qu'elle se trompe de porte... Et surtout d'immeuble. Elle frappe donc chez un.e inconnu.e qui aura le plaisir d'être réveillé.e par une femme alcoolisée qui frappe à sa porte. Il est minuit passé et Aelle est loin d'être discrète. Elle peut tomber sur n'importe quelle personne vivant à GH, dans le quartier Peverell. Les sens d'Aelle étant flous, elle peut très bien avoir monté un étage, comme trois, tout en ayant l'impression d'avoir gravi une montagne, alors que ça ne vous arrête pas. Faites-vous plaisir !
PS : premier post assez long, mais la suite sera plus courte.
Quartier Peverell — Godric's Hollow
20 ans
La porte de l'immeuble se referme derrière moi dans un claquement qui résonne dans la nuit, communiquant mieux que je ne pourrais le faire la colère aigüe qui gronde à l'intérieur de moi. Un claquement qui pourrait vouloir dire : « Je t'emmerde, Ashley Rockfield ! ». Mais encore faudrait-il qu'une porte puisse parler. Je m'éloigne en titubant dans la rue, grommelant pour moi-même des injures peu élaborées destinées à la blonde que je viens de quitter. Au bout de quelques mètres, les raisons de notre embrouille commencent déjà à m'apparaître moins clairement. La faute à l'alcool dans mon sang, à ma tête lourde et à mes pensées encombrées. Peu importe, je poursuis mon maladroit chemin dans les rues du quartier Peverell, trébuchant là sur un pavé mal enfoncé, percutant ici une poubelle mal rangée, sans guère avoir conscience du bruit que je fais dans la nuit endormie.
Je me trompe plusieurs fois de rue, si bien que je suis forcée de revenir sur mes pas, de trébucher sur davantage de pavés, de percuter de nombreux coins de rue ou lampadaires, avant de parvenir à mon but : un immeuble qui ressemble à tous les autres, avec une porte d'entrée qui ressemble à toutes les autres. Je m'affale plus qu'autre chose contre cette dernière, encombrée par mes membres que j'ai du mal à contrôler. J'ai l'impression d'avoir des poteaux à la place des jambes et des branches en guise de bras. À travers ma vision floutée, je vois ma main effectuer de nombreux essais infructueux avant que je parvienne à attraper la poignée et à l'abaisser pour ouvrir la porte. Le battant s'écarte subitement sous mon poids, claque contre le mur et rebondit sur mon corps contre le carrelage du hall d'entrée. Je suis tombée. Mon gloussement amusé résonne dans la cage d'escaliers, d'autant plus lorsqu'il se transforme en éclat de rire franc, gras, hystérique ; le rire d'une personne enivrée.
Me relever est plus difficile que ma longue quête sur l'lle de Drear, plus douloureux que l'attente infinie au bunker. Le sol tangue en-dessous de moi, la tête me tourne lorsque je parviens à me mettre sur mes jambes, mais presque aussitôt je m'affale contre la porte béante, incapable que je suis de tenir debout.
« C'tait plus marrant de..., » marmonné-je sans pouvoir terminer ma phrase.
Grace à un effort surhumain, je parviens à refermer la porte d'entrée derrière moi. Son claquement résonne dans les étages. Ça me rappelle la porte de l'immeuble d'Ashley qui, dans mon esprit, insulte les locataires blondes insupportables. Un rire incontrôlé me secoue les épaules ; je plaque la main sur ma bouche pour ne pas faire trop de bruit, ce qui n'est pas une grande réussite. Amusée, je me dirige vers les escaliers sans cesser de me retenir au mur ; je n'ai aucune confiance en mes jambes. Je monte une marche, deux marches. À la troisième, je m'arrête et ferme les yeux en prenant une grande inspiration par la bouche pour calmer mon estomac récalcitrant.
« Quintapeds ! » affirmé-je d'une voix barbouillée quand les sursauts de mon estomac s'apaisent : la fin de ma phrase m'est revenue subitement.
Ma voix résonne dans la cage d'escalier. Je n'aime pas m'entendre, alors je secoue la tête et continue mon long cheminement dans les étages. Mon corps voyage du mur à la rambarde, puis de la rambarde au mur. Je percute quelques portes, et je m'excuse à chaque fois. J'arrive sur un palier. Mon pied se prend dans un paillasson et je m'effondre bêtement sur les marches menant à l'étage suivant, un « aïe ! » dépité au bord des lèvres.
Lorsque je reprends mon chemin, je ne sais pas ce qui s'est passé exactement mais j'abandonne derrière moi un chiot muet au poil qui ressemble à s'y méprendre au paillasson traitre qui m'a fait tomber. La chose me regarde grimper à quatre pattes, marche par marche, tandis que je murmure pour moi-même des mots indistincts dans lesquels une oreille affutée pourrait entendre les mots « quintapeds... 'risten... thé... Ashley 'tain de R'field » sans ne rien y comprendre.
Le palier suivant m'apparaît avec bénédiction. Accrochée à la main courante, j'arrive à me relever sur mes pieds dans une position moins pitoyable que celle qui m'a servi à monter jusqu'ici. J'essaie d'accommoder sur la porte qui se trouve là, mais ma vision floue n'a cesse de se brouiller. Je m'approche en grognant, tombe de tout mon poids sur le battant dans un ponc ! bruyant. Je me fige, l'oreille tendue, le cœur battant : est-ce que j'ai réveillé Aodren ? Je n'entends rien d'autre qu'un grattement dans les étages inférieurs. J'enfonce la main et le bras jusqu'au coude dans ma poche, et farfouille jusqu'à trouver les clés gentiment confiées par mon frère quand j'ai avoué sortir à Godric's Hollow, parfois, pour boire avec mes amis. Il avait l'air tellement content de cette activité dépravante qu'il m'a confié un trousseau de clés de chez lui. Idiot. Mais ce soir, il me sera bien utile.
J'essaie à plusieurs reprises d'enfoncer les clés dans la serrure, mais elle ne veut pas rentrer. N'ayant que peu confiance en mes capacités manuelles ce soir, je me penche pour mieux viser, ce qui me permet de voir avec certitude que la clé ne peut pas rentrer.
« Troll de clé ! » gémis-je en cognant le battant de la porte de mon front.
Une étincelle de colère réveille mon corps et me donne la force de lever un bras. Je frappe plusieurs fois contre le battant.
« Ao ! m'exclamé-je en fermant les yeux pour ne pas me concentrer sur ma voix qui résonne dans l'immeuble. Ao ! P'rquoi t'as chan-changé le... » J'ai oublié le mot. « Truc... Pour mettre les clés... »
Ma voix finit par s'éteindre, mais ma main frappe encore, de plus en plus faiblement parce que le moindre effort fait s'emballer mon cœur et que lorsque mon cœur s'emballe, j'ai envie de vomir. Je frappe encore, sans comprendre que je ne suis pas chez mon frère, ni devant sa porte, ni même dans son immeuble. Je m'affale un peu plus contre la porte en subissant les folies de mes sens alcoolisés.
Libre pour une personne ! (sauf si la cohérence exige qu'il y en ait plusieurs)
Aelle essaie de rentrer chez son frère Aodren qui habite Godric's Hollow, sauf qu'elle se trompe de porte... Et surtout d'immeuble. Elle frappe donc chez un.e inconnu.e qui aura le plaisir d'être réveillé.e par une femme alcoolisée qui frappe à sa porte. Il est minuit passé et Aelle est loin d'être discrète. Elle peut tomber sur n'importe quelle personne vivant à GH, dans le quartier Peverell. Les sens d'Aelle étant flous, elle peut très bien avoir monté un étage, comme trois, tout en ayant l'impression d'avoir gravi une montagne, alors que ça ne vous arrête pas. Faites-vous plaisir !
PS : premier post assez long, mais la suite sera plus courte.
C'est l'histoire d'un paillasson qui aboie

Elisabeth Charleston
(CW : propos grossiers)
Elisabeth Charleston, vingt-cinq ans, tendance aux insomnies. Lasse, travaillait trop. Avait décroché un poste à la Nouvelle Sainte Mangouste deux ans plus tôt et l'avait conservé Merlin savait comment. Deux choses détestées au beau milieu de la nuit : le vent qui frappait les fenêtres, et ces insupportables voisins qui se croyaient tout permis. Et surtout, elle prenait à cinq heures le lendemain matin, et enchaînait les mauvaises nuits depuis plusieurs jours. Personne ne devrait travailler un dimanche matin, surtout à une heure pareille. Encore moins elle qui avait un besoin viscéral de faire des grasses matinées et qui ne se montrait aimable qu'à partir de midi, après deux cafés et trois cigarettes.
Le sommeil ne venait pas. Ça l'emmerdait. Elle avait bu sa dernière potion relaxante la veille et avait oublié d'en choper d'autres au boulot. Les voisins du dessus étaient enfin calmes. Parfois, Beth avait l'impression qu'ils hébergeaient tout un troupeau d'Abraxan sous leur toit ; ça tapait, ça frappait - et tout résonnait violemment dans son logement. La veille, elle était montée pour régler ses comptes. « J'ai fait tomber mon chaudron par terre, désolé » lui avait-on dit avec un air contrit. Elle lui aurait bien enfoncé son chaudron sur le crâne avant de le balancer par la fenêtre, ce type. Pourtant, il était pas mal, cet immeuble. Presque luxueux, même, de véritables bourges. C'était peut-être le problème, justement. Ils se croyaient tout permis.
Beth voulait juste être tranquille chez elle. Ça n'était pas vraiment chez elle, mais ça, c'était de l'ordre du détail. En fait, cet appartement appartenait à un mec qu'elle avait rencontré au Nocturnia. Un lieu banal pour une rencontre banale, le type n'était pas trop moche alors elle avait été chez lui. Son logement était superbe. Un trois pièces, juste à côté de son lieu de travail. Elle avait bien vu qu'elle lui avait tapé dans l'œil, au gars, et lui voyageait beaucoup et n'aimait pas laisser son logement vide des semaines durant. Ce n'était pas le grand amour - en fait, elle ne l'aimait pas du tout et en avait plutôt rien à cirer de lui, mais elle avait quand même posé ses valises. On ne refusait pas un luxueux trois pièces dans un aussi bel immeuble, à deux pas de son lieu de travail. Hormis l'insonorisation bancale, et les voisins qui sans doute hébergeaient illégalement la moitié des créatures magiques de Grande-Bretagne, ce n'était pas trop mal. Ça avait été une question de quelques jours, qui s'étaient transformés en long mois - bientôt, cela ferait un an. C'était mieux que les aller-retour quotidiens à Loutry Ste-Chaspoule, l'air étouffant de la maison familiale et les âmes quémandeuses d'attention qui l'habitaient. Retourner là-bas, c'était avoir une deuxième journée complète après le boulot, et ça, ça n'était pas possible.
En bref, elle était parfaitement bien là où elle était. Il fallait juste que le sommeil pointe le bout de son nez, car il était minuit passé, et bientôt, elle devrait travailler.
Bien évidemment, c'était pile le moment choisi pour qu'un de ses voisins vienne l'emmerder. Ces types ne dormaient jamais ? Blottie bien au chaud dans un lit qui n’était pas le sien, elle avait d’abord cru à un voisin bruyant qui rentrait chez lui — avant de réaliser qu’on tambourinait bel et bien à sa porte. Agacée, son sang ne fit qu'un tour. Il ne lui en fallut pas plus pour s'extirper de ses draps. Elle attrapa à la volée la première culotte qui lui tombait sous la main, enfila un tee-shirt trop grand — toujours pas le sien — et fonça furieuse vers la porte.
Une grimace de dégoût s'imprima sur le visage de Beth à la vue de la meuf pitoyable qui gisait devant sa porte. Elle puait l'alcool. La sorcière avisa rapidement les clefs qu'elle tenait dans la main — est-ce que... ? Le type qui l'hébergeait n'en était pas à son coup d'essai : régulièrement, des amies — surtout des exes — débarquaient à l'improviste en espérant pouvoir squatter quelques jours. Parfois, c'était de la famille. Mais en général, les gens avaient au moins la décence de se pointer à des heures raisonnables.
« Bordel, t'es qui, toi ? » aboya Beth. Elle la détailla des pieds à la tête. « Tu crains. »
Reducio
- Votre PJ est présent ? oui / non
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") : Elisabeth (Beth) Charleston, fille de Sigmund. Utilisation "active"
- Lien vers la fiche du PNJ : LIEN
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Comprendre "où" a disparu Beth qui ne rentre presque plus à la maison (familiale, où Sigmund retourne tous les dimanche, parfois les week-end entiers). J'écris souvent inRP que Beth ne s'occupe plus de son fils depuis des années. L'enfant est à la charge de Sigmund. Pour moi, ce RP permet de mettre en avant la raison de l'abandon de Nana - où est sa maman et pourquoi elle n'est pas avec lui - ce qui impacte directement le PJ puisqu'il se retrouve avec un enfant entièrement à sa charge.
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Code couleur : #783f04 - Autre personnage : Enid Wathen
C'est l'histoire d'un paillasson qui aboie
La porte s'ouvre brusquement. La gravité étant ce qu'elle est, et puisque mes réflexes sont bien émoussés par la boisson, mon corps chute vers l'avant quand son support disparaît. Je me retiens je ne sais comment au chambranle de la porte, le buste à moitié rentré dans l'appartement qui a une odeur bizarre, une configuration bizarre et des meubles bizarres. Les doigts accrochés au bois, je me redresse vaillamment lorsqu'une jeune femme me crie dessus.
« Owh, réagis-je d'une voix vague à l'apparition de cette inconnue, mes yeux descendant le long de son corps avant de remonter aussi sec, trop rapidement, lorsqu'ils aperçoivent deux longues jambes nues. Z'êtes pas mon frère. »
J'avais besoin de l'affirmer pour le rendre réel. Je fronce les sourcils en essayant de me détacher du mur. C'est un échec. Mes sourcils ne sont pas tant froncés que ça et surtout, la tête me tourne au moment où je me détache du mur, alors je m'y rappuie aussi sec en essayant de comprendre ce qui est en train de se passer sous mes yeux. J'essaie d'accommoder sur la femme. Certes, elle n'est pas mon frère. Nouveau regard vers le bas ; confuse, je grimace en me rappelant que ses jambes sont nues. Je me concentre alors sur son visage, incroyablement gênée qu'elle soit dans cette tenue, alors même que je viens de quitter une femme qui était tout aussi peu vêtue quelques minutes plus tôt — et cela me gênait tout autant. J'essaie de ne pas baisser les yeux une nouvelle fois.
Je ne comprends pas ce qu'elle fait là. Et il s'en faudrait de peu pour que j'ai oublié ce que je fais là, moi aussi. J'ai l'impression que le monde tourne autour de moi, qu'il s'amuse à faire des vagues, à se flouter, à tout embrouiller pour me rendre la tâche difficile. Mais cette tâche difficile est d'une telle légèreté et je m'en fais si peu pour tout ce qui m'arrive quand je suis dans cet état, qu'au final, ce n'est pas si désagréable que ça. Juste un peu gênant d'avoir du mal à réfléchir devant une inconnue. Une inconnue ! Que fait-elle là ? Pourquoi est-elle chez mon frère ? Pourquoi dans cette tenue ? Pourquoi...
« Oh ! » je répète alors en ouvrant exagérément les yeux.
Lorsque mon regard redescend vers le bas, cette fois-ci, il s'arrête au niveau du tee-shirt. Large, du genre que j'aurais plus tendance à voir sur mes frères que sur une femme, non pas parce qu'elles ne peuvent pas en porter, mais tout simplement car ce genre de vêtement est typiquement ce que portent mes frères pour dormir, quand ils ne choisissent pas à la place ces pyjamas assortis qu'on a porté toute notre enfance parce que nos parents trouvaient ça joli. Moi-même je porte toujours des pyjamas assortis la nuit. Celui du moment est bleu avec des baguettes dessinées dessus. Toujours le même dessin de baguette, reproduit à l'infini. Mais cette femme-là porte un tee-shirt. Un tee-shirt d'homme. Le tee-shirt de mon frère. Et tout à coup, la situation ne m'amuse plus du tout.
« Super, articulé-je d'une voix sarcastique — ou qui essaie de l'être, mais qui est juste pâteuse et déformée car je n'arrive pas tant à articuler que ça. Fallait qu'j'tombe sur sa meuf ! »
Et cela me met en colère, parce que je pensais que lorsqu'il m'avait prêté sa clé, Aodren s'était d'abord questionné : ma sœur risque-t-elle de tomber sur l'une de mes ignares et inintéressantes conquêtes ? non, bien sûr, je peux donc lui prêter mes clés. Mais non, monsieur ne se questionne pas, parce que monsieur est un idiot, un idiot qui laisse une femme dormir chez lui, changer la disposition de ses meubles, même changer sa serrure ! Bordel, est-il seulement là ?
« Owh, réagis-je d'une voix vague à l'apparition de cette inconnue, mes yeux descendant le long de son corps avant de remonter aussi sec, trop rapidement, lorsqu'ils aperçoivent deux longues jambes nues. Z'êtes pas mon frère. »
J'avais besoin de l'affirmer pour le rendre réel. Je fronce les sourcils en essayant de me détacher du mur. C'est un échec. Mes sourcils ne sont pas tant froncés que ça et surtout, la tête me tourne au moment où je me détache du mur, alors je m'y rappuie aussi sec en essayant de comprendre ce qui est en train de se passer sous mes yeux. J'essaie d'accommoder sur la femme. Certes, elle n'est pas mon frère. Nouveau regard vers le bas ; confuse, je grimace en me rappelant que ses jambes sont nues. Je me concentre alors sur son visage, incroyablement gênée qu'elle soit dans cette tenue, alors même que je viens de quitter une femme qui était tout aussi peu vêtue quelques minutes plus tôt — et cela me gênait tout autant. J'essaie de ne pas baisser les yeux une nouvelle fois.
Je ne comprends pas ce qu'elle fait là. Et il s'en faudrait de peu pour que j'ai oublié ce que je fais là, moi aussi. J'ai l'impression que le monde tourne autour de moi, qu'il s'amuse à faire des vagues, à se flouter, à tout embrouiller pour me rendre la tâche difficile. Mais cette tâche difficile est d'une telle légèreté et je m'en fais si peu pour tout ce qui m'arrive quand je suis dans cet état, qu'au final, ce n'est pas si désagréable que ça. Juste un peu gênant d'avoir du mal à réfléchir devant une inconnue. Une inconnue ! Que fait-elle là ? Pourquoi est-elle chez mon frère ? Pourquoi dans cette tenue ? Pourquoi...
« Oh ! » je répète alors en ouvrant exagérément les yeux.
Lorsque mon regard redescend vers le bas, cette fois-ci, il s'arrête au niveau du tee-shirt. Large, du genre que j'aurais plus tendance à voir sur mes frères que sur une femme, non pas parce qu'elles ne peuvent pas en porter, mais tout simplement car ce genre de vêtement est typiquement ce que portent mes frères pour dormir, quand ils ne choisissent pas à la place ces pyjamas assortis qu'on a porté toute notre enfance parce que nos parents trouvaient ça joli. Moi-même je porte toujours des pyjamas assortis la nuit. Celui du moment est bleu avec des baguettes dessinées dessus. Toujours le même dessin de baguette, reproduit à l'infini. Mais cette femme-là porte un tee-shirt. Un tee-shirt d'homme. Le tee-shirt de mon frère. Et tout à coup, la situation ne m'amuse plus du tout.
« Super, articulé-je d'une voix sarcastique — ou qui essaie de l'être, mais qui est juste pâteuse et déformée car je n'arrive pas tant à articuler que ça. Fallait qu'j'tombe sur sa meuf ! »
Et cela me met en colère, parce que je pensais que lorsqu'il m'avait prêté sa clé, Aodren s'était d'abord questionné : ma sœur risque-t-elle de tomber sur l'une de mes ignares et inintéressantes conquêtes ? non, bien sûr, je peux donc lui prêter mes clés. Mais non, monsieur ne se questionne pas, parce que monsieur est un idiot, un idiot qui laisse une femme dormir chez lui, changer la disposition de ses meubles, même changer sa serrure ! Bordel, est-il seulement là ?
C'est l'histoire d'un paillasson qui aboie
(CW : Mention de semi-nudité)
Son frère ? Beth arqua un sourcil, dubitative. Difficile à croire que cette ivrogne était la soeur de ce type. Elle lui ressemblait autant qu'un Doxy à un Bandimon : les deux étaient des nuisibles, mais c'était leur seul point commun. Peut-être qu'elle avait été adoptée – c'était la seule explication logique à ce prétendu lien de parenté. Ou c'était lui, l'adopté. Après tout, elle ne connaissait rien de sa vie, si ce n'était qu'il avait de bonnes ressources financières, et était propriétaire d'un trois pièces qu'il n'occupait que rarement. L'un ou l'autre, Beth n'en avait strictement rien à faire : soeur ou pas, elle n'avait aucune excuse pour l'emmerder à une heure pareille.
« Sans blague. » rétorqua-t-elle, les bras croisés. Considérant l'état d'ébriété avancé de cette meuf, une autre option, c'était qu'elle se soit tout simplement trompée d'appartement. Ça voudrait dire qu'elle s'était levée pour rien – juste parce qu'une nana avait tellement bu qu'elle n'était plus capable de retrouver la porte de chez elle. Lamentable. Énervant, surtout. Plus elle l'observait, moins elle supportait sa tête. Était-elle en train de la mater ? Pourquoi regardait-elle ses jambes ? Punaise, peu probable qu’elle ait l’équipement nécessaire pour que ça fasse vraiment mal, mais ça vaudrait le coup de lui mettre un coup de pied dans l'entrejambe pour tester quand même.
Agacée de la voir tanguer dangereusement vers l'intérieur de son appartement, Beth envisagea sérieusement de la faire basculer en arrière pour la repousser dehors, histoire de lui refermer la porte au nez. L'histoire serait réglée, elle pourrait retourner au lit. Sauf qu'il y avait un hic : cette infime possibilité qu'elle soit bien la soeur du type. Claquer la porte au nez d'un membre de sa famille, en pleine nuit, complètement saoule, c'était s'assurer de se faire virer de chez elle. Pour un logement dont elle ne payait aucun loyer – elle lui faisait simplement miroiter un peu d'affection avant de se refuser à lui – ce serait sacrément dommage.
Retourner à Loutry Ste Chaspoule n'était pas une option. Son grand-père essayait de la convaincre, parfois. À défaut d'avoir son adresse actuelle, il lui faisait parvenir des beuglantes salées et incisives directement sur son lieu de travail. Elle en avait marre de la voix du vieux qui lui hurlait dessus pour qu'elle s'occupe de son fils. Il allait très bien, ce gosse, il était avec les meilleures personnes pour lui. Ce n'était pas comme si elle ne leur envoyait pas de l'argent tous les mois. Pire que les beuglantes de son grand-père, c'était les lettres larmoyantes de son père qui s'excusait de la brutalité de son aïeul et pleurait pour avoir plus souvent de ses nouvelles.
L'autre déblatérait des conneries sur son lien avec le type – ou son frère, peut-être était-ce la même personne – comme si un Lumos s'était enfin, faiblement, allumé dans son crâne. « Ouais, je suis sa meuf. Pourquoi ? Ça te dérange, je ne suis pas à ton goût ? » Provocatrice, Beth releva légèrement un pan de son tee-shirt trop large pour dévoiler un aperçu de sa culotte, un sourire sardonique aux lèvres. « Bon, dis-moi. Il s'appelle comment, ton frère ? » Autant régler cette histoire au plus vite. S'il s'avérait que cette meuf s'était juste trompée de porte, elle allait lui faire sa fête.
Code couleur : #783f04 - Autre personnage : Enid Wathen
C'est l'histoire d'un paillasson qui aboie
M'accrocher au chambranle de la porte ne suffit plus. J'ai l'impression que depuis que le battant s'est ouvert, la gravité est devenue mon ennemie. Le sol me fait de l’œil, j'ai l'impression qu'il se rapproche de plus en plus. Ou alors c'est ma tête qui glisse de plus en plus vers le bas ? Je l'imagine se détacher et rouler sur le parquet que je ne reconnais pas. Un gloussement intempestif me secoue les épaules... Rapidement étouffé par la voix claquante de la dame qui m'empêche d'entrer chez mon frère. Tout en levant les yeux au ciel devant son ton plus que désagréable — alors que c'est elle l’intruse dans l'histoire ! —, je récupère ma main et appuie à la place mes fesses contre le chambranle, soulagée que mes jambes ne portent plus l'intégralité de mon poids. Voilà, là, je me sens quand même plus stable.
Cette histoire m'embête, quand même. J'ai besoin d'un lit. Et d'un lavabo. De vomir dans l'un et de dormir dans l'autre. Mais il y a cette fille, là, et elle... vient de remonter son tee-shirt pour dévoiler sa culotte. Mes yeux s'arrondissent. La vision de ce petit bout de tissu, entouré par toute cette peau, m'arrache un hoquet de surprise et je sens mes joues, mon visage, ma nuque et mon corps entier, en fait, se réchauffer soudainement. J'arrache aussitôt mes yeux de son corps, parce que ça ne se fait pas de regarder les gens dans cette tenue, et aussi parce que je n'aime pas qu'elle soit dans cette tenue devant moi, c'est impoli de porter cette tenue, pourquoi elle reste dans cette tenue, pourquoi ne pas recouvrir cette tenue d'une foutue cape qu'elle aurait appelé magiquement ?!
Cette situation me gêne tellement que j'ai du mal à comprendre ce qu'elle vient de me dire, c'est pourquoi je réagis avec un moment de retard. Sa meuf, elle dit, elle, la meuf de mon frère ! Agacée par ce rouge brûlant qui m'inonde le visage et par mes yeux qui bloquent sur la partie inférieure de son corps et par ses paroles qui m'énervent et par son ton qui est plus qu'impoli, je gueule, moi aussi, la première chose qui me vient à l'esprit. Et cette fois-ci, je parviens à froncer les sourcils.
« Tu partages son pieu et tu m'demandes comment il s'appelle ? » braillé-je avec un geste d'énervement.
Je regrette aussitôt cette folie, parce que ça me donne la nausée. Je ferme les yeux en étouffant un gémissement. Quand je les rouvre, mes yeux sont victimes de la gravité, alors je les ferme de nouveau tout en me demandant pourquoi je suis en train de comparer la teinte de cheveux de cette fille à la blondeur de ceux d'Ashley. Rockfield. Ashley Rockfield. Qui, elle, ne portait pas une culotte de cette couleur, d'ailleurs, et si je le sais, c'est parce que j'ai vécu un an avec elle et que je connais la couleur de ses sous-vêtements. Bordel, pourquoi est-ce que je pense à ça ?
Nouveau gémissement, je m'affaisse un peu plus contre le chambranle.
« Il est là au moins, mon frère ? » bafouillé-je. Mes yeux sont-ils ouverts ou fermés ? « Il m'a fi-fi... Filé son... Son... »
J'ai oublié le mot, alors je lève le jeu de clés devant le visage de la fille, le fait cliqueter en le secouant un peu, ce dont j'aurais dû m'abstenir parce que tout à coup un bruit sourd résonne dans la cage d'escalier et je m'aperçois que ma main est vide : le trousseau est tombé. Un nouveau gloussement traverse mes lèvres quand je me penche pour le récupérer, ce qui est aussi une mauvaise idée, car la gravité m'attire soudainement à elle et je dois à mon seul réflexe d'avancer la jambe pour retenir ma chute de ne pas m'éclater le nez au sol. Ou de ne pas m'affaler sur la fille, ce qui a bien failli arriver. Fille qui, en plus d'avoir l'audace d'être chez mon frère quand je viens chez lui, est dans une tenue indécente, je m'en rappelle tout à coup.
« C'pas le souci de... mon goût ou non, » marmonné-je en me redressant, déterminée à faire valoir mon avis sur la question. Je titube légèrement en essayant de tenir droite, ce qui est difficile, voire impossible, sans soutien. « Et j-j'ai pas d'goût, moi. » Ah oui ? « Vous, affirmé-je alors en la pointant du doigt. J'vous aime pas. »
Ah oui ? Mes yeux dégringolent vers le bas. J'ouvre la bouche et la referme. Je ne me souviens plus de ce que je comptais dire. J'inspire profondément par le nez pour essayer de reprendre mes esprits. Ça ne fonctionne pas.
Cette histoire m'embête, quand même. J'ai besoin d'un lit. Et d'un lavabo. De vomir dans l'un et de dormir dans l'autre. Mais il y a cette fille, là, et elle... vient de remonter son tee-shirt pour dévoiler sa culotte. Mes yeux s'arrondissent. La vision de ce petit bout de tissu, entouré par toute cette peau, m'arrache un hoquet de surprise et je sens mes joues, mon visage, ma nuque et mon corps entier, en fait, se réchauffer soudainement. J'arrache aussitôt mes yeux de son corps, parce que ça ne se fait pas de regarder les gens dans cette tenue, et aussi parce que je n'aime pas qu'elle soit dans cette tenue devant moi, c'est impoli de porter cette tenue, pourquoi elle reste dans cette tenue, pourquoi ne pas recouvrir cette tenue d'une foutue cape qu'elle aurait appelé magiquement ?!
Cette situation me gêne tellement que j'ai du mal à comprendre ce qu'elle vient de me dire, c'est pourquoi je réagis avec un moment de retard. Sa meuf, elle dit, elle, la meuf de mon frère ! Agacée par ce rouge brûlant qui m'inonde le visage et par mes yeux qui bloquent sur la partie inférieure de son corps et par ses paroles qui m'énervent et par son ton qui est plus qu'impoli, je gueule, moi aussi, la première chose qui me vient à l'esprit. Et cette fois-ci, je parviens à froncer les sourcils.
« Tu partages son pieu et tu m'demandes comment il s'appelle ? » braillé-je avec un geste d'énervement.
Je regrette aussitôt cette folie, parce que ça me donne la nausée. Je ferme les yeux en étouffant un gémissement. Quand je les rouvre, mes yeux sont victimes de la gravité, alors je les ferme de nouveau tout en me demandant pourquoi je suis en train de comparer la teinte de cheveux de cette fille à la blondeur de ceux d'Ashley. Rockfield. Ashley Rockfield. Qui, elle, ne portait pas une culotte de cette couleur, d'ailleurs, et si je le sais, c'est parce que j'ai vécu un an avec elle et que je connais la couleur de ses sous-vêtements. Bordel, pourquoi est-ce que je pense à ça ?
Nouveau gémissement, je m'affaisse un peu plus contre le chambranle.
« Il est là au moins, mon frère ? » bafouillé-je. Mes yeux sont-ils ouverts ou fermés ? « Il m'a fi-fi... Filé son... Son... »
J'ai oublié le mot, alors je lève le jeu de clés devant le visage de la fille, le fait cliqueter en le secouant un peu, ce dont j'aurais dû m'abstenir parce que tout à coup un bruit sourd résonne dans la cage d'escalier et je m'aperçois que ma main est vide : le trousseau est tombé. Un nouveau gloussement traverse mes lèvres quand je me penche pour le récupérer, ce qui est aussi une mauvaise idée, car la gravité m'attire soudainement à elle et je dois à mon seul réflexe d'avancer la jambe pour retenir ma chute de ne pas m'éclater le nez au sol. Ou de ne pas m'affaler sur la fille, ce qui a bien failli arriver. Fille qui, en plus d'avoir l'audace d'être chez mon frère quand je viens chez lui, est dans une tenue indécente, je m'en rappelle tout à coup.
« C'pas le souci de... mon goût ou non, » marmonné-je en me redressant, déterminée à faire valoir mon avis sur la question. Je titube légèrement en essayant de tenir droite, ce qui est difficile, voire impossible, sans soutien. « Et j-j'ai pas d'goût, moi. » Ah oui ? « Vous, affirmé-je alors en la pointant du doigt. J'vous aime pas. »
Ah oui ? Mes yeux dégringolent vers le bas. J'ouvre la bouche et la referme. Je ne me souviens plus de ce que je comptais dire. J'inspire profondément par le nez pour essayer de reprendre mes esprits. Ça ne fonctionne pas.
C'est l'histoire d'un paillasson qui aboie
Bien qu'elle eut la situation en horreur et une forte envie d'envoyer valser l'intruse dans la cage d'escalier, Beth ne put s'empêcher de tirer un certain amusement face à la gêne manifeste de son interlocutrice. Il existait donc d'autres façons, autre que l'alcool, pour lui faire perdre ses moyens. Dommage que ce ne fut pas suffisant pour la faire rebrousser chemin. Elle avait relâché bien vite son tee-shirt, ample et long, ôtant la vue de sa petite culotte à cette étrangère – l'exhibitionnisme, ce n'était pas son truc, et chauffer la possible soeur de celui qui pensait être son mec, encore moins.
Un éclat narquois traversa son regard, vite englouti par une nouvelle bouffée d'agacement. Bien sûr, il fallait qu'elle contourne sa question, et qu'elle lui crie dessus par la même occasion. Beth en regrettait l'oubli de sa baguette sur sa table de nuit – un petit Bloclang lui aurait apporté un silence bienvenu. Pas sûr que ce sort fut compatible avec les nausées, toutefois. Une nouvelle crainte, bien que prévisible, émergea dans l'esprit de la jeune femme : à tout moment, cette nana pouvait rendre ses derniers verres juste là, sur son palier. Ou pire, sur elle. Ça la rendait folle, pourquoi de toutes les portes, fallait-il qu'elle débarque chez elle ? Oui, il y avait cette histoire de fratrie– mais Beth, c'était sa première rencontre avec cette meuf, donc elle en avait plus ou moins rien à faire de son lien de parenté avec le propriétaire des lieux.
« Non, il n'est pas là. Il te faudra te satisfaire de ma seule compagnie. Si ça te plaît pas, déga – » Elle se tut, interrompue par la chute du trousseau de clefs par terre. Merlin, cette sorcière était une catastrophe ambulante. Si Beth côtoyait souvent toute une panoplie de personnes ivres au service de triage de son lieu de travail, cette meuf-là aurait plutôt sa place au sein d'un poste de police magique. En cellule de dégrisement. Bon gré mal gré, Beth recula d'un pas, peu désireuse de voir l'autre lui tomber dessus ou tenter de se raccrocher à elle. Ça lui donna la désagréable sensation de perte d'un bout de son territoire – le sien, celui qu'elle avait gagné et ne voulait pourtant pas céder. C'était son appartement, chez elle, et c'était son intimité qui était bafouée avec cette visite inopportune.
Pas prête de faire céder le barrage humain qui empêchait l'intrusion totale de cette fille sur ses terres, Beth croisa les bras sur sa poitrine, un sourcil haussé. « Mais c'est tout à fait réciproque. » rétorqua-t-elle à la dernière affirmation de l'autre femme. « J'ai une aversion toute particulière pour les personnes comme toi. Sans gêne, incapable de se contrôler, et désagréable en prime. » lâcha-t-elle avec un soupir. D'ailleurs, à quel moment ce type lui avait-il donné ses clefs ? Voilà deux mois qu'il était parti en voyages et que Beth profitait paisiblement de son logement sans présence masculine continue – en dehors des quelques hommes qu'elle invitait de temps en temps quand l'envie l'en prenait. Cette fille était donc en possession d'un double des clefs depuis tout ce temps et se pointait pour la première fois, en pleine nuit et ivre ? « T'es d'où, tu étais en visite à Godric's Hollow ? Tu ne dois pas venir très souvent. Je suis là depuis plusieurs mois et je ne t'ai jamais vue ici. » Merde, et si elle n'avait aucun autre lieu où crécher, et qu'elle se décidait à transplaner dans cet état ? Beth pourrait sinon appeler un Magicobus pour s'en débarrasser. Des secousses pendant les quelques heures d'un trajet, c'était un joli cadeau d'adieu pour une personne sur le point de dégobiller. Peut-être tout sauf Sainte Mangouste, car c'était prendre le risque de la revoir au petit matin et d'avoir l'obligation professionnelle de se montrer aimable avec elle...
Un éclat narquois traversa son regard, vite englouti par une nouvelle bouffée d'agacement. Bien sûr, il fallait qu'elle contourne sa question, et qu'elle lui crie dessus par la même occasion. Beth en regrettait l'oubli de sa baguette sur sa table de nuit – un petit Bloclang lui aurait apporté un silence bienvenu. Pas sûr que ce sort fut compatible avec les nausées, toutefois. Une nouvelle crainte, bien que prévisible, émergea dans l'esprit de la jeune femme : à tout moment, cette nana pouvait rendre ses derniers verres juste là, sur son palier. Ou pire, sur elle. Ça la rendait folle, pourquoi de toutes les portes, fallait-il qu'elle débarque chez elle ? Oui, il y avait cette histoire de fratrie– mais Beth, c'était sa première rencontre avec cette meuf, donc elle en avait plus ou moins rien à faire de son lien de parenté avec le propriétaire des lieux.
« Non, il n'est pas là. Il te faudra te satisfaire de ma seule compagnie. Si ça te plaît pas, déga – » Elle se tut, interrompue par la chute du trousseau de clefs par terre. Merlin, cette sorcière était une catastrophe ambulante. Si Beth côtoyait souvent toute une panoplie de personnes ivres au service de triage de son lieu de travail, cette meuf-là aurait plutôt sa place au sein d'un poste de police magique. En cellule de dégrisement. Bon gré mal gré, Beth recula d'un pas, peu désireuse de voir l'autre lui tomber dessus ou tenter de se raccrocher à elle. Ça lui donna la désagréable sensation de perte d'un bout de son territoire – le sien, celui qu'elle avait gagné et ne voulait pourtant pas céder. C'était son appartement, chez elle, et c'était son intimité qui était bafouée avec cette visite inopportune.
Pas prête de faire céder le barrage humain qui empêchait l'intrusion totale de cette fille sur ses terres, Beth croisa les bras sur sa poitrine, un sourcil haussé. « Mais c'est tout à fait réciproque. » rétorqua-t-elle à la dernière affirmation de l'autre femme. « J'ai une aversion toute particulière pour les personnes comme toi. Sans gêne, incapable de se contrôler, et désagréable en prime. » lâcha-t-elle avec un soupir. D'ailleurs, à quel moment ce type lui avait-il donné ses clefs ? Voilà deux mois qu'il était parti en voyages et que Beth profitait paisiblement de son logement sans présence masculine continue – en dehors des quelques hommes qu'elle invitait de temps en temps quand l'envie l'en prenait. Cette fille était donc en possession d'un double des clefs depuis tout ce temps et se pointait pour la première fois, en pleine nuit et ivre ? « T'es d'où, tu étais en visite à Godric's Hollow ? Tu ne dois pas venir très souvent. Je suis là depuis plusieurs mois et je ne t'ai jamais vue ici. » Merde, et si elle n'avait aucun autre lieu où crécher, et qu'elle se décidait à transplaner dans cet état ? Beth pourrait sinon appeler un Magicobus pour s'en débarrasser. Des secousses pendant les quelques heures d'un trajet, c'était un joli cadeau d'adieu pour une personne sur le point de dégobiller. Peut-être tout sauf Sainte Mangouste, car c'était prendre le risque de la revoir au petit matin et d'avoir l'obligation professionnelle de se montrer aimable avec elle...
Code couleur : #783f04 - Autre personnage : Enid Wathen
C'est l'histoire d'un paillasson qui aboie
Il n'est pas là. Ceci, j'arrive plus ou moins à le comprendre et à en faire une vérité générale maintenant que ça a été clairement formulé. Aodren n'est pas là. Mais cette fille l'est. J'ai des doutes sur mes capacités mentales actuelles et puisque j'oublie beaucoup de choses ces derniers temps je me demande si je suis censée la connaître, cette fille-là. Titubante sur mes jambes tremblantes et faibles, j'entreprends de faire le point sur les insupportables petites-amies de mes frères que je connais, pour être certaine que cette fille n'en fait pas partie. Il y a Gabrielle, songé-je en levant un doigt mental pour faire le compte, qui est toujours souriante et qui a un humour douteux, mais elle, c'est celle de Narym. Et puis il y a Lounis, qui ne compte pas, parce que c'est un homme. Et puis il y a... Il y a... C'est tout ? Aodren n'a jamais présenté d'autres filles depuis l'autre dont j'ai oublié le prénom, celle de Poudlard. Quant à Natanaël...
Pardon ? Je fronce les sourcils. Elle dit qu'elle ne m'aime pas non plus ? Je cligne des yeux et tâte de la main à côté de moi pour trouver le chambranle de la porte. J'ai besoin d'un appui. Pourquoi me suis-je éloignée ? Je me sens mal. Je m'affaisse lourdement contre le mur, tout en l'écoutant m'expliquer pourquoi elle ne m'aime pas. Je hoche lentement la tête. De haut en bas. Puis de bas en haut. Oui, ça se tient.
Je crois qu'elle parle, entre temps, qu'elle me pose des questions, j'entends sa voix, j'enregistre vaguement les mots, mais moi, c'est son aversion pour le type de gens dont elle parle qui m'intéresse, et j'ai des choses à dire, alors je me préoccupe pas de la chronologie, je dis ce que j'ai à dire.
« Moi aussi, je baragouine en articulant exagérément — c'est normal que ma bouche soit si pâteuse ? J'aime pas les... Les personnes... Qui... Bah qui... » Je fronce les sourcils. « Existent. Qui existent. Elles sont... C'est toujours... » Je remue un peu les mains pour appuyer mon propos. « C'est trop ennuyant, les gens. Rien dans la tête. » Je désigne mon crâne. « Là-d-dedans, je précise. V'savez qu'y a pas... Qu'y a pas une personne sur dix, au... Au moins sur dix... » Je montre ma main, les cinq doigts écartés, pour qu'elle comprenne bien que cette main plus une autre que je n'ai pas le courage de lever, ça fait bien dix. « ...qu'est vraiment... Vraiment... Un truc bien là-dedans. Oui. »
Je hoche plusieurs fois la tête pour affirmer ce que je suis en train de dire. Elle, elle doit faire partie des neuf sur dix, les neuf qui n'ont rien d'intéressant, rien de particulier, ce n'est que la masse, le grand bain des gens dans lequel il est si facile de se perdre quand on est inintéressant. Pourquoi mes frères doivent-ils toujours choisir des femmes sans intérêt ? Ou des hommes, c'est pareil. Rien dans la tête. Ce ne sont ni des Kristen, ni des Thalia, ni des Gabryel, ni des Alice, ni des Ezra, ni personne qui mérite mon intérêt.
Je sursaute comme si je venais de sortir d'un cauchemar et je la vois là, devant moi, avec sa chevelure claire, ses longues jambes nues, son long tee-shirt sous lequel se cache une culotte dont je connais désormais la couleur. La main appuyée contre le mur, je tangue. Un peu vers la droite, un peu vers la gauche, un peu vers l'extérieur, un peu vers l'intérieur. Puisqu'elle s'est éloignée de moi, naturellement mon corps prend possession de l'espace laissé dans l'entrée. C'est chez mon frère, rappelons-le. Les sœurs, ça passe devant les petites-copines, n'est-ce pas ? Évidemment. J'ai beaucoup plus mes droits qu'elle ici. Parce que moi, je suis la soeur d'Aodren et que rien n'y personne ne peut...
« Atta... Plusieurs mois ? j'enchaîne rapidement après mon laïus en louchant pour accommoder sur la copine-trop-encombrante. Nope. Impossible. J'suis v'nue, c'était quand, t'sais, y'avait... Juste avant qu'je re... re... rencontre ? Non, c'pas le bon mot... Re-retrouve Kristen. Non pas reretrouve, je baragouine, mais juste retrouve Kristen. »
Et tout à coup, ça me frappe. Ce prénom dans ma bouche. Je la vois dans ma tête. Kristen-qui-n'est-pas-toujours-Kristen, ses cheveux courts, ses yeux qui frappent même si les deux n'ont pas la bonne couleur, sa voix qui n'est pas la sienne. Une lame plonge dans mon cœur et me coupe violemment le souffle. Je ne termine pas ma phrase. J'écarquille les yeux et me tétanise comme si on venait de me passer sous l'eau froide. Et je ne bouge plus, perdue dans la douleur qui fourrage à l'intérieur de mon âme.
Pardon ? Je fronce les sourcils. Elle dit qu'elle ne m'aime pas non plus ? Je cligne des yeux et tâte de la main à côté de moi pour trouver le chambranle de la porte. J'ai besoin d'un appui. Pourquoi me suis-je éloignée ? Je me sens mal. Je m'affaisse lourdement contre le mur, tout en l'écoutant m'expliquer pourquoi elle ne m'aime pas. Je hoche lentement la tête. De haut en bas. Puis de bas en haut. Oui, ça se tient.
Je crois qu'elle parle, entre temps, qu'elle me pose des questions, j'entends sa voix, j'enregistre vaguement les mots, mais moi, c'est son aversion pour le type de gens dont elle parle qui m'intéresse, et j'ai des choses à dire, alors je me préoccupe pas de la chronologie, je dis ce que j'ai à dire.
« Moi aussi, je baragouine en articulant exagérément — c'est normal que ma bouche soit si pâteuse ? J'aime pas les... Les personnes... Qui... Bah qui... » Je fronce les sourcils. « Existent. Qui existent. Elles sont... C'est toujours... » Je remue un peu les mains pour appuyer mon propos. « C'est trop ennuyant, les gens. Rien dans la tête. » Je désigne mon crâne. « Là-d-dedans, je précise. V'savez qu'y a pas... Qu'y a pas une personne sur dix, au... Au moins sur dix... » Je montre ma main, les cinq doigts écartés, pour qu'elle comprenne bien que cette main plus une autre que je n'ai pas le courage de lever, ça fait bien dix. « ...qu'est vraiment... Vraiment... Un truc bien là-dedans. Oui. »
Je hoche plusieurs fois la tête pour affirmer ce que je suis en train de dire. Elle, elle doit faire partie des neuf sur dix, les neuf qui n'ont rien d'intéressant, rien de particulier, ce n'est que la masse, le grand bain des gens dans lequel il est si facile de se perdre quand on est inintéressant. Pourquoi mes frères doivent-ils toujours choisir des femmes sans intérêt ? Ou des hommes, c'est pareil. Rien dans la tête. Ce ne sont ni des Kristen, ni des Thalia, ni des Gabryel, ni des Alice, ni des Ezra, ni personne qui mérite mon intérêt.
Je sursaute comme si je venais de sortir d'un cauchemar et je la vois là, devant moi, avec sa chevelure claire, ses longues jambes nues, son long tee-shirt sous lequel se cache une culotte dont je connais désormais la couleur. La main appuyée contre le mur, je tangue. Un peu vers la droite, un peu vers la gauche, un peu vers l'extérieur, un peu vers l'intérieur. Puisqu'elle s'est éloignée de moi, naturellement mon corps prend possession de l'espace laissé dans l'entrée. C'est chez mon frère, rappelons-le. Les sœurs, ça passe devant les petites-copines, n'est-ce pas ? Évidemment. J'ai beaucoup plus mes droits qu'elle ici. Parce que moi, je suis la soeur d'Aodren et que rien n'y personne ne peut...
« Atta... Plusieurs mois ? j'enchaîne rapidement après mon laïus en louchant pour accommoder sur la copine-trop-encombrante. Nope. Impossible. J'suis v'nue, c'était quand, t'sais, y'avait... Juste avant qu'je re... re... rencontre ? Non, c'pas le bon mot... Re-retrouve Kristen. Non pas reretrouve, je baragouine, mais juste retrouve Kristen. »
Et tout à coup, ça me frappe. Ce prénom dans ma bouche. Je la vois dans ma tête. Kristen-qui-n'est-pas-toujours-Kristen, ses cheveux courts, ses yeux qui frappent même si les deux n'ont pas la bonne couleur, sa voix qui n'est pas la sienne. Une lame plonge dans mon cœur et me coupe violemment le souffle. Je ne termine pas ma phrase. J'écarquille les yeux et me tétanise comme si on venait de me passer sous l'eau froide. Et je ne bouge plus, perdue dans la douleur qui fourrage à l'intérieur de mon âme.
C'est l'histoire d'un paillasson qui aboie
Beth commençait à se sentir profondément ennuyée par la situation. Considérant le fait qu'elle n'était ni le frère, ni l'amie de cette femme, elle aurait apprécié recevoir des excuses pour ce désagrément avant d'être laissée seule et prête à retourner à la tranquillité de sa nuit. Mais loin de se sentir désolée, voilà que l'inconnue semblait plus ou moins décidée à faire la conversation avec elle, là sur son palier, au beau milieu de la nuit. Avec leurs voix qui résonnaient dans la cage d'escalier et réveillaient sans doute quelques voisins. Elle ne tenait que des propres vides, dénués d'un quelconque intérêt – face à une interlocutrice ivre morte, Beth plaçait pourtant la barre au sol. Si elle ne l'écoutait que d'une oreille, sa dernière remarque la fit tiquer. Une réflexion de comptoir, super... Cette meuf, c'était en fait Barry de la Tête du Sanglier, qui à dix huit heures s'enfilait son troisième Whisky-Pur-Feu la tête chancelante et le rouge des joues se confondant avec la couleur de la moquette du vieux canapé – celui-là même qui était infesté de Ciseburines. C'était à peu près le même niveau de réflexion, cynique et classiste, tout en étant terriblement banal. Elle les connaissait bien, les Barry. Ils venaient souvent patauds se faire réparer un nez cassé après qu'un copain leur ait pété la gueule.
« Tu es quand même sacrément culottée de sortir des conneries pareilles en étant même pas capable de finir tes phrases. » C'était affligeant. Et alors que l'indésirable menaçait à tout moment d'achever son intrusion ; là sur le pas de sa porte, le corps tanguant vers l'intérieur, Beth commença à se questionner plus sérieusement : que devait-elle faire de cette ivrogne ? Existait-il au moins une option réaliste qui était suffisamment polie pour ne pas froisser le propriétaire de son logement, si cette jeune femme se trouvait bien être sa soeur ? Cette histoire de parenté ne l'arrangeait pas du tout. Elle avait tout sauf envie de lui ouvrir la porte pour qu'elle passe la nuit ici – car elle avait bien l'impression que c'était là sa demande. Qui rendrait une visite de courtoisie passée minuit ? Non, il était clair que cette meuf s'était imaginée dormir là, peut-être même dans son lit, sous ses draps. Peut-être pensait-elle que son oreiller était le sien, avait-elle déjà dormi dessus ? Était-elle familière du poids de ses couvertures, de la couleur du tapis et de la lumière qui tamisait la chambre ? Pire, elle pensait sans doute être chez elle, dans son bon droit.
Il ne lui restait plus qu'un espoir, à Beth : feindre l'innocence, – nier cette fraternité présumée pour avoir une excuse à présenter quand on lui demanderait pourquoi elle avait refusé l'accès à son logement. « Elle était ivre et incohérente, je ne savais pas, pardon. Comment aurais-je pu deviner ? Je pensais que c'était une cambrioleuse... » Et surtout, se souviendrait-elle ? Dans l'état dans laquelle elle se trouvait, ce n'était pas certain. Et, si Beth remplaçait le souvenir de cette désagréable entrevue par une expérience plus fâcheuse encore, il avait fort à parier qu'elle l'oublie tout simplement.
Elle se fichait bien de l'incompréhension de cette fille, de la Kristen dont elle parlait – qui était-ce encore, celle-là ? Des femmes qui s'appelaient Kristen, il en existait des tonnes. Même l'ancienne directrice de Poudlard portait ce prénom. Qu'est-ce qui lui faisait croire qu'elle avait envie de connaître le nom de ses copines ? Beth avait pris sa décision : cette sorcière ne dormirait pas chez elle. Elle allait très poliment se débarrasser d'elle.
« Écoute, et si on commençait par te donner un verre d'eau ? Tu te sentiras mieux après. » lui dit-elle en parlant lentement, prêtant attention à son élocution pour rester parfaitement compréhensible. « Tu ne bouges... pas d'ici. Surtout pas. Je reviens dans une seconde. » Vivement, Beth se recula, tendant le bras devant elle pour maintenir une distance et marquer d'un geste la stricte interdiction de rentrer. Elle patienta une seconde – le message était-il bien passé ? Puis se retourna vivement pour, d'abord aller chercher sa baguette magique sur sa table de nuit, puis filer à la cuisine pour récupérer un verre d'eau.
« Tu es quand même sacrément culottée de sortir des conneries pareilles en étant même pas capable de finir tes phrases. » C'était affligeant. Et alors que l'indésirable menaçait à tout moment d'achever son intrusion ; là sur le pas de sa porte, le corps tanguant vers l'intérieur, Beth commença à se questionner plus sérieusement : que devait-elle faire de cette ivrogne ? Existait-il au moins une option réaliste qui était suffisamment polie pour ne pas froisser le propriétaire de son logement, si cette jeune femme se trouvait bien être sa soeur ? Cette histoire de parenté ne l'arrangeait pas du tout. Elle avait tout sauf envie de lui ouvrir la porte pour qu'elle passe la nuit ici – car elle avait bien l'impression que c'était là sa demande. Qui rendrait une visite de courtoisie passée minuit ? Non, il était clair que cette meuf s'était imaginée dormir là, peut-être même dans son lit, sous ses draps. Peut-être pensait-elle que son oreiller était le sien, avait-elle déjà dormi dessus ? Était-elle familière du poids de ses couvertures, de la couleur du tapis et de la lumière qui tamisait la chambre ? Pire, elle pensait sans doute être chez elle, dans son bon droit.
Il ne lui restait plus qu'un espoir, à Beth : feindre l'innocence, – nier cette fraternité présumée pour avoir une excuse à présenter quand on lui demanderait pourquoi elle avait refusé l'accès à son logement. « Elle était ivre et incohérente, je ne savais pas, pardon. Comment aurais-je pu deviner ? Je pensais que c'était une cambrioleuse... » Et surtout, se souviendrait-elle ? Dans l'état dans laquelle elle se trouvait, ce n'était pas certain. Et, si Beth remplaçait le souvenir de cette désagréable entrevue par une expérience plus fâcheuse encore, il avait fort à parier qu'elle l'oublie tout simplement.
Elle se fichait bien de l'incompréhension de cette fille, de la Kristen dont elle parlait – qui était-ce encore, celle-là ? Des femmes qui s'appelaient Kristen, il en existait des tonnes. Même l'ancienne directrice de Poudlard portait ce prénom. Qu'est-ce qui lui faisait croire qu'elle avait envie de connaître le nom de ses copines ? Beth avait pris sa décision : cette sorcière ne dormirait pas chez elle. Elle allait très poliment se débarrasser d'elle.
« Écoute, et si on commençait par te donner un verre d'eau ? Tu te sentiras mieux après. » lui dit-elle en parlant lentement, prêtant attention à son élocution pour rester parfaitement compréhensible. « Tu ne bouges... pas d'ici. Surtout pas. Je reviens dans une seconde. » Vivement, Beth se recula, tendant le bras devant elle pour maintenir une distance et marquer d'un geste la stricte interdiction de rentrer. Elle patienta une seconde – le message était-il bien passé ? Puis se retourna vivement pour, d'abord aller chercher sa baguette magique sur sa table de nuit, puis filer à la cuisine pour récupérer un verre d'eau.
Code couleur : #783f04 - Autre personnage : Enid Wathen
C'est l'histoire d'un paillasson qui aboie
Je l'avais oubliée jusqu'ici, mais maintenant elle se glisse sous toutes les couches de mon esprit, elle se mélange à cette soirée enivrée que je viens de passer, elle est là quand je lève la bouteille de rhum pour boire à même le goulot, elle est encore là quand j'intime Ashley de sortir une nouvelle bouteille, elle est là quand je lance un coussin à l'autre bout de la pièce en m'énervant sur elle, elle est là aussi quand Ashley m'attrape par le col et qu'elle me traîne jusqu'à sa porte, elle est là quand la blonde braille : « si c'est pour parler d'elle, tire-toi ! ». Mais évidemment que je parle d'elle, évidemment, Kristen m'envahit du matin au soir, je la vois au réveil et je la vois encore en m'endormant. Kristen qui risque de m'abandonner, qui m'abandonnera si je la laisse s'en aller, elle partira pour mener ses vengeances, retrouver sa femme, retrouver son fils, et elle ne reviendra pas, elle me laissera l'attendre indéfiniment dans le bunker, une attente si longue que je finirais par croire que je suis seule au monde, que plus rien d'autre ne compte, que plus jamais ma vie n'aura de sens, comment lui donner un sens alors que la seule personne près de laquelle je veux être disparaît, comment retrouver goût aux recherches si je perds celle qui avec qui j'en ai partagé l'amour, comment comment comment comment
Je perds le fil avec mes pensées, elles vont trop vite dans ma tête, elles me font mal, mais mon corps aussi me fait mal. Il tangue, il est lourd, comme mon estomac fragile qui manque de me remonter à la gorge toutes les trente secondes. Je fonce les sourcils pour réussir à accommoder sur celle qui me fait face, celle avec la culotte à la place du pantalon. Je ne sais pas à quoi elle fait référence quand elle parle de conneries, mais ça ne doit sûrement pas me concerner parce qu'une sorcière intelligente comme moi, ça ne dit jamais de connerie. C'est incohérent. Alors je secoue la tête comme pour dire non, ou alors comme pour me débarrasser des pensées encombrantes qui me collent au crâne. Va-t'en, va-t'en de ma tête, Kristen ! C'est pour ça que j'ai bu, tu sais. Pour t'effacer. Pour effacer nos mots de jeudi dernier. Pour effacer l'euphorie de jeudi dernier. Pour effacer le manque cruel qui m'a poignardé quand je suis partie jeudi dernier.
Elle, l'inconnue, me dit « écoute », alors je veux écouter. Je me redresse, je la regarde sérieusement, je me demande quand est-ce qu'elle s'effacera de la porte pour me laisser entrer. Je m'étonne qu'Aodren ait si mal choisit sa petite amie, lui qui n'aime ni la vulgarité ni les personnes méchantes. J'acquiesce à ce qu'elle propose et qui efface tout le reste. Un verre d'eau ! Tout à coup, ça me semble la chose la plus géniale, la plus agréable, la plus intelligente que l'on puisse me proposer. Déséquilibrée par cette bouffée de joie soudaine, mon corps penche un peu plus, tangue davantage, et mes doigts se crispent sur le chambranle de la porte pour m'éviter de tomber.
« C'est génial, bafouillé-je en comprenant qu'elle va s'éloigner. Un verre d-d'eau. A-abso... Soment génial, c'verre d'eau. »
Elle s'éloigne dans l'appartement sombre. Dans mon dos, j'entends comme un grattement dans les escaliers, quelque chose qui me force à me retourner. Mais je n'aperçois rien d'autre que les marches qui disparaissent dans l'ombre. Je préfère me concentrée sur ce qui se dévoile à moi maintenant que je n'ai plus d'obstacle qui me gêne la vue. Je fronce méchamment les sourcils. Pourquoi Aodren a-t-il ajouté une nouvelle paroi dans son entrée ? Et pourquoi a-t-il changé tous ses meubles ? Est-ce l’œuvre de sa nouvelle copine ? C'est connu, de toute façon, les copines de mes frères ont toujours des idées à chier. Comme Gabrielle qui a proposé à Narym qu'on se fasse un repas tous les quatre, elle, Narym, moi et son marmot à elle. Lipeg. Lirel. Non : Liebel. Une belle idée de merde, si on veut mon avis. Sans faire exprès, je le dit à voix haute :
« Une belle idée d'merde... »
Puis je fais un pas pour pénétrer dans l'appartement d'Aodren. Elle m'a dit de ne pas bouger, surtout pas, mais moi je bouge si j'en ai envie. Je suis Aelle Bristyle, une grande sorcière, plus intelligente que les autres, plus forte aussi, je peux faire apparaître des golems et aussi, je fais de la magie noire. Et chez mon frère, c'est un peu chez moi, non ? Personne ne peut me dire ce que je dois faire.
« M-même pas... Même pas... vous... K-Kristen, » affirmé-je haut et fort (si tant est qu'une voix pâteuse, trébuchante et balbutiante puisse être haute ou même forte) en avançant dans l'entrée.
J'abandonne derrière moi la porte ouverte. Mon cheminement est hésitant, mais pas parce que je ne reconnais pas l'appartement. Surtout parce que j'ai du mal à marcher droit. Je me jette à moitié sur le mur le plus proche pour m'y retenir. Cette fois-ci, je n'ai plus envie de rigoler. Je me sens mal et puis je me sens triste. Peut-être que l'inconnue devrait m'apporter un verre d'autre chose, plutôt. Est-ce que ce serait poli de demander si elle a du rhum ? Je crois que oui. Merde. Si Aodren était là, je le lui aurais demandé. Il m'énerve. Il m'agace tellement que je cogne ma tête contre le mur.
« T'fais chier, Ao..., je marmonne. Ta meuf... En plus, sait pas mettre un p-pantalon... Elle est... C'pas... Complètement irrpectu... irrestueuse... Elle est pas... Elle est pas... »
Je me laisse tomber le long du mur et articule un « aïe » indistinct quand mes fesses tapent contre le sol. Une part de moi, très enfouie il faut dire, a conscience que demain je crèverai de honte et de colère d'avoir été dans cet état devant une inconnue qui peut profiter de moi à chaque instant. Mais une partie encore plus forte a envie que cet état continue et s'aggrave, je ne veux plus être capable de penser, ni de parler, je veux que tout s'éteigne, que tout disparaisse dans le Grand Oubli, la Grande Ombre, celle qui dévore nos souvenirs enivrés.
Je perds le fil avec mes pensées, elles vont trop vite dans ma tête, elles me font mal, mais mon corps aussi me fait mal. Il tangue, il est lourd, comme mon estomac fragile qui manque de me remonter à la gorge toutes les trente secondes. Je fonce les sourcils pour réussir à accommoder sur celle qui me fait face, celle avec la culotte à la place du pantalon. Je ne sais pas à quoi elle fait référence quand elle parle de conneries, mais ça ne doit sûrement pas me concerner parce qu'une sorcière intelligente comme moi, ça ne dit jamais de connerie. C'est incohérent. Alors je secoue la tête comme pour dire non, ou alors comme pour me débarrasser des pensées encombrantes qui me collent au crâne. Va-t'en, va-t'en de ma tête, Kristen ! C'est pour ça que j'ai bu, tu sais. Pour t'effacer. Pour effacer nos mots de jeudi dernier. Pour effacer l'euphorie de jeudi dernier. Pour effacer le manque cruel qui m'a poignardé quand je suis partie jeudi dernier.
Elle, l'inconnue, me dit « écoute », alors je veux écouter. Je me redresse, je la regarde sérieusement, je me demande quand est-ce qu'elle s'effacera de la porte pour me laisser entrer. Je m'étonne qu'Aodren ait si mal choisit sa petite amie, lui qui n'aime ni la vulgarité ni les personnes méchantes. J'acquiesce à ce qu'elle propose et qui efface tout le reste. Un verre d'eau ! Tout à coup, ça me semble la chose la plus géniale, la plus agréable, la plus intelligente que l'on puisse me proposer. Déséquilibrée par cette bouffée de joie soudaine, mon corps penche un peu plus, tangue davantage, et mes doigts se crispent sur le chambranle de la porte pour m'éviter de tomber.
« C'est génial, bafouillé-je en comprenant qu'elle va s'éloigner. Un verre d-d'eau. A-abso... Soment génial, c'verre d'eau. »
Elle s'éloigne dans l'appartement sombre. Dans mon dos, j'entends comme un grattement dans les escaliers, quelque chose qui me force à me retourner. Mais je n'aperçois rien d'autre que les marches qui disparaissent dans l'ombre. Je préfère me concentrée sur ce qui se dévoile à moi maintenant que je n'ai plus d'obstacle qui me gêne la vue. Je fronce méchamment les sourcils. Pourquoi Aodren a-t-il ajouté une nouvelle paroi dans son entrée ? Et pourquoi a-t-il changé tous ses meubles ? Est-ce l’œuvre de sa nouvelle copine ? C'est connu, de toute façon, les copines de mes frères ont toujours des idées à chier. Comme Gabrielle qui a proposé à Narym qu'on se fasse un repas tous les quatre, elle, Narym, moi et son marmot à elle. Lipeg. Lirel. Non : Liebel. Une belle idée de merde, si on veut mon avis. Sans faire exprès, je le dit à voix haute :
« Une belle idée d'merde... »
Puis je fais un pas pour pénétrer dans l'appartement d'Aodren. Elle m'a dit de ne pas bouger, surtout pas, mais moi je bouge si j'en ai envie. Je suis Aelle Bristyle, une grande sorcière, plus intelligente que les autres, plus forte aussi, je peux faire apparaître des golems et aussi, je fais de la magie noire. Et chez mon frère, c'est un peu chez moi, non ? Personne ne peut me dire ce que je dois faire.
« M-même pas... Même pas... vous... K-Kristen, » affirmé-je haut et fort (si tant est qu'une voix pâteuse, trébuchante et balbutiante puisse être haute ou même forte) en avançant dans l'entrée.
J'abandonne derrière moi la porte ouverte. Mon cheminement est hésitant, mais pas parce que je ne reconnais pas l'appartement. Surtout parce que j'ai du mal à marcher droit. Je me jette à moitié sur le mur le plus proche pour m'y retenir. Cette fois-ci, je n'ai plus envie de rigoler. Je me sens mal et puis je me sens triste. Peut-être que l'inconnue devrait m'apporter un verre d'autre chose, plutôt. Est-ce que ce serait poli de demander si elle a du rhum ? Je crois que oui. Merde. Si Aodren était là, je le lui aurais demandé. Il m'énerve. Il m'agace tellement que je cogne ma tête contre le mur.
« T'fais chier, Ao..., je marmonne. Ta meuf... En plus, sait pas mettre un p-pantalon... Elle est... C'pas... Complètement irrpectu... irrestueuse... Elle est pas... Elle est pas... »
Je me laisse tomber le long du mur et articule un « aïe » indistinct quand mes fesses tapent contre le sol. Une part de moi, très enfouie il faut dire, a conscience que demain je crèverai de honte et de colère d'avoir été dans cet état devant une inconnue qui peut profiter de moi à chaque instant. Mais une partie encore plus forte a envie que cet état continue et s'aggrave, je ne veux plus être capable de penser, ni de parler, je veux que tout s'éteigne, que tout disparaisse dans le Grand Oubli, la Grande Ombre, celle qui dévore nos souvenirs enivrés.
C'est l'histoire d'un paillasson qui aboie
Beth avait réuni à la hâte ses cheveux en un vague chignon défait, seulement retenu par un élastique qui menaçait à tout moment de céder. Sa baguette, récupérée après quelques enjambées pressées vers sa chambre, était calée dans sa coiffure faute de poches dans le simple tee-shirt qu'elle avait revêtu. Pas question de laisser la moindre chance à son intruse de s'approprier les lieux – Beth avait fait vite. Il n'y avait pas que sa tranquillité en jeu, c'était aussi sa nuit de sommeil qui raccourcissait à chaque minute perdue à tenter de virer cette femme de chez elle. Et déjà que Beth n'était pas du matin, si elle devait partir au travail après une nuit de trois heures, elle finirait sans doute par tuer un patient ou deux... et si cette femme venait à décuver sur son lieu de travail, elle serait sans doute sa première victime.
Elle faisait couler de l'eau dans un grand verre – propre ? sale ? sans doute propre, si on ne prêtait pas attention aux tâches de calcaire et à la théine incrustée au fond – quand la voix de son intruse résonna dans le couloir de son entrée. Évidemment qu'elle était entrée. C'était totalement prévisible. Agacée autant par sa naïveté que par le comportement de celle qui se croyait tout permis, la médicomage se hâta de la rejoindre. L'autre marmonnait une bouillie de mots incompréhensible avant de finir le cul par terre comme si elle était chez elle. Su-per. Avec autant d'alcool que de sang dans les veines, Beth n'était pas prête de réussir à la relever. Cette vision lui donna brièvement envie d'abandonner : il serait si simple de juste poser un verre d'eau, une bassine et de balancer une couverture sur cette chose avachie au sol de son appartement. Dans son état, il n'y avait pas à craindre un cambriolage – elle insonoriserait à la hâte sa chambre et ne reviendrait que quatre heures plus tard pour la décoller de son sol avant de partir au travail.
Devoir sacrifier son sommeil pour s'occuper d'un autre être humain, Beth acceptait de le faire si elle était payée, et généreusement s'il vous plaît. Elle ne fonctionnait pas au bénévolat. Ça lui rappelait un autre être humain, bien plus petit mais aussi embêtant à sa façon, qui lui avait coûté beaucoup d'heures de sommeil à un âge où elle n'y était simplement pas prête. Mais ça n'était peut-être pas l'âge le problème. Juste elle, qui n'était pas faite pour ça.
Non, c'était du pur entêtement mais Beth ne reviendrait pas sur sa décision. Ce serait un aveu d'échec, et elle était bien trop fière pour ça. Même pour quelque chose d'aussi trivial qu'une meuf bourrée qui s'incruste chez soi. Attendez... à quel moment avait-elle normalisé cette situation ?
« Bois ça. » Les lèvres pincées, elle avait tendu le verre d'eau sans souffler remarque sur la présence de la sorcière à l'intérieur de son logement – son territoire, rappelons-le. « Ça te fera du bien. Après toi et moi, nous partirons faire une petite balade. » Elle tira de ses cheveux la baguette qui y était calée, prête à faire usage de la magie dès lors que son « invitée » s'y montrerait, de gré ou de force, prête.
Elle faisait couler de l'eau dans un grand verre – propre ? sale ? sans doute propre, si on ne prêtait pas attention aux tâches de calcaire et à la théine incrustée au fond – quand la voix de son intruse résonna dans le couloir de son entrée. Évidemment qu'elle était entrée. C'était totalement prévisible. Agacée autant par sa naïveté que par le comportement de celle qui se croyait tout permis, la médicomage se hâta de la rejoindre. L'autre marmonnait une bouillie de mots incompréhensible avant de finir le cul par terre comme si elle était chez elle. Su-per. Avec autant d'alcool que de sang dans les veines, Beth n'était pas prête de réussir à la relever. Cette vision lui donna brièvement envie d'abandonner : il serait si simple de juste poser un verre d'eau, une bassine et de balancer une couverture sur cette chose avachie au sol de son appartement. Dans son état, il n'y avait pas à craindre un cambriolage – elle insonoriserait à la hâte sa chambre et ne reviendrait que quatre heures plus tard pour la décoller de son sol avant de partir au travail.
Devoir sacrifier son sommeil pour s'occuper d'un autre être humain, Beth acceptait de le faire si elle était payée, et généreusement s'il vous plaît. Elle ne fonctionnait pas au bénévolat. Ça lui rappelait un autre être humain, bien plus petit mais aussi embêtant à sa façon, qui lui avait coûté beaucoup d'heures de sommeil à un âge où elle n'y était simplement pas prête. Mais ça n'était peut-être pas l'âge le problème. Juste elle, qui n'était pas faite pour ça.
Non, c'était du pur entêtement mais Beth ne reviendrait pas sur sa décision. Ce serait un aveu d'échec, et elle était bien trop fière pour ça. Même pour quelque chose d'aussi trivial qu'une meuf bourrée qui s'incruste chez soi. Attendez... à quel moment avait-elle normalisé cette situation ?
« Bois ça. » Les lèvres pincées, elle avait tendu le verre d'eau sans souffler remarque sur la présence de la sorcière à l'intérieur de son logement – son territoire, rappelons-le. « Ça te fera du bien. Après toi et moi, nous partirons faire une petite balade. » Elle tira de ses cheveux la baguette qui y était calée, prête à faire usage de la magie dès lors que son « invitée » s'y montrerait, de gré ou de force, prête.
Code couleur : #783f04 - Autre personnage : Enid Wathen