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Repoussant une mèche de cheveux auburn derrière son oreille, Evangeline fronça les sourcils, ses yeux verts d'eau résolument fixés sur un buisson dont les fleurs commençaient à peine à éclore. Des tâches de rose et violet étaient visible ça et là, petites fleurs timides dont les pétales se teintaient peu à peu, semblant imiter le lever de soleil qu'elle avait aperçu plus tôt dans la matinée. Une vue qu'elle avait aussitôt ajouté à la liste des choses où elle retrouvait la présence de ses divinités - non pas qu'elle la cherchait en vain ailleurs, mais certains moments semblaient si indiscutablement divins qu'elle pouvait presque discerner la vague silhouette de ceux qu'elle vénérait chaque jour. Ce matin, cet océan de rose, jaune et orangé se levant sur le miroir calme et docile du lac chantait de toutes ses formes la gloire de Dame Aphrodite, une beauté que seule cette douce et féroce déesse pouvait instiller. Evangeline avait sentit son coeur enfler, si fort qu'elle n'eût craint qu'il sorta de sa poitrine. Un mélange de bonheur, de fierté et de sérénitude qu'elle ne demandait qu'à partager avec ceux qui l'entouraient. Ce cas échéant, de divers animaux et insectes venus assister eux aussi au merveilleux moment.
Mais retournons sur les évènements présents.
Non contente d'admirer les teintes fleuries du buisson foisonnant, Evangeline était plus concentrée sur les rares éclats dorés qu'on apercevait par moment, suivit d'un léger froufrou caractéristique du petit sournois qui se cachaient là. Un museau se glissa entre les feuilles, et la jeune serdaigle croisa le regard de deux yeux d'un noir profond, qui s'écarquillèrent de surprise à la découverte de sa présence. "Et oui," elle claironna, plissant les yeux d'un air rieur, "je suis encore là. Tac ! Tu ne m'auras pas si facilement." Peu impressioné, la créature disparu à nouveau derrière les branchages. "Eh, reviens !" Evangeline se leva brusquement, comme mue par une force invisible.
Un raclement précipité fut entendu à l'intérieur du buisson, suivit d'un tintement et de bruits de pattes s'enfuyant. Déterminée, la jeune fille se jeta au travers du buisson, tombant dans une cavalcade de cris et de bruits de branche cassant, se brisant. "Haha ! Je te tiens, petit voleur !" Les mains posées à plat sur le sol, elle se tenait en position de planche, regardant d'un air triomphant le niffleur qui se tenait sous elle, pris en tenaille. Le - niffleur ?
De longs cheveux bouclés et des yeux changeants de couleur à chaque instant, selon les doux rayons du soleil qui tombaient doucement sur la clairière. Clignant des yeux, sans prendre en compte les normes sociales qui imposeraient de se relever et de s'excuser, ou au moins de se redresser, Evangeline se fendit d'un grand sourire et tilta légèrement la tête.
"Tu n'es pas un niffleur, toi. Que fais-tu là ?"
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