L'embryon et le papillon
14 mai 2050
Durant le repas du soir
Devant sa purée, Redose écarquille les yeux, la bouche béante. Non pas que la purée de se soit mise à parler, il y'a quelque chose dans la tête du garçon qui bat, comme un second cœur. Un battement puissant et invincible. Ce battement, ce n'est pas la première fois qu'il le ressent, mais c'est bien la première fois qu'il l'empêche de dormir, qu'il lui provoque une telle migraine.
Ce battement c'est ce que l'on ressent avant de se prendre un coup, qu'on sache ou non qu'un coup va nous atteindre, qu'on sache où et comment. Lorsqu'un lame fend sur soi et que l'on ressent la pression de la mort alors même qu'elle ne nous guette pas.
Certaines personnes infligent cette pression, leur attitude, leur vitesse, leur force. Il vient un moment où tout s'accèlère et un autre ou tout se fige.
En définitive, cette intuition, on ne saurait la définir autrement que par un ressenti. Et Redose ne l'avait jamais ressenti que quand il était la cible d'une attaque, pourtant, ça faisait maintenant plusieurs semaines qu'il la ressentait constamment.
Plus le temps passe, plus cette intuition se fait insistante, plus elle est puissante et intense, plus la pression est forte au point de l'empêcher de dormir.
Il savait qu'Élisabeth était responsable de tout ça. Cette intuition s'est développée le 3 mai, lorsqu'Éli s'est mise à avoir un comportement étrange. Sans raison, elle avait totalement changée.
"S'apprête t-elle à m'attaquer" se demande Redose dont les nuits se font de plus en plus courtes et il ne cesse de se demander, en observant les lattes de son lit, ce qu'il se passe.
Sans jamais avoir de réponse, il ne peut rien faire d'autre que d'attendre.
Mais aujourd'hui, devant sa purée, ça doit changer. Les battements se font tellement insistants que le garçon qui pourtant ne prend presque jamais de médicament se demande si il ne devrait pas se concocter une mixture contre la migraine.
"Élisabeth a fait quelque chose" pense t-il, mais quoi ? Se demande t-il. Et se le demander sans cesse alors qu'il ne connaît pas la réponse est inutile.
Ses yeux se rivent sur sa camarade, jusqu'à ce qu'enfin elle ne se lève pour partir, Redose part en même temps, accélérant le pas pour l'atteindre alors qu'elle dépasse les portes de la Grande salle.
- Éli. Lui dit-il, alors qu'il lui agrippe le bras légèrement.
- Tu vas bien ? Lui demande t-il, les battements se faisant de plus en plus insistants, et puissants.
Elle est là, tout près de lui, à un bras à peine de distance. Peut-être cette fois n'essaierait-elle pas de couper si court à la conversation, peut-être cette fois ne répondrait-elle pas d'un simple oui avant de partir.
Durant le repas du soir
Devant sa purée, Redose écarquille les yeux, la bouche béante. Non pas que la purée de se soit mise à parler, il y'a quelque chose dans la tête du garçon qui bat, comme un second cœur. Un battement puissant et invincible. Ce battement, ce n'est pas la première fois qu'il le ressent, mais c'est bien la première fois qu'il l'empêche de dormir, qu'il lui provoque une telle migraine.
Ce battement c'est ce que l'on ressent avant de se prendre un coup, qu'on sache ou non qu'un coup va nous atteindre, qu'on sache où et comment. Lorsqu'un lame fend sur soi et que l'on ressent la pression de la mort alors même qu'elle ne nous guette pas.
Certaines personnes infligent cette pression, leur attitude, leur vitesse, leur force. Il vient un moment où tout s'accèlère et un autre ou tout se fige.
En définitive, cette intuition, on ne saurait la définir autrement que par un ressenti. Et Redose ne l'avait jamais ressenti que quand il était la cible d'une attaque, pourtant, ça faisait maintenant plusieurs semaines qu'il la ressentait constamment.
Plus le temps passe, plus cette intuition se fait insistante, plus elle est puissante et intense, plus la pression est forte au point de l'empêcher de dormir.
Il savait qu'Élisabeth était responsable de tout ça. Cette intuition s'est développée le 3 mai, lorsqu'Éli s'est mise à avoir un comportement étrange. Sans raison, elle avait totalement changée.
"S'apprête t-elle à m'attaquer" se demande Redose dont les nuits se font de plus en plus courtes et il ne cesse de se demander, en observant les lattes de son lit, ce qu'il se passe.
Sans jamais avoir de réponse, il ne peut rien faire d'autre que d'attendre.
Mais aujourd'hui, devant sa purée, ça doit changer. Les battements se font tellement insistants que le garçon qui pourtant ne prend presque jamais de médicament se demande si il ne devrait pas se concocter une mixture contre la migraine.
"Élisabeth a fait quelque chose" pense t-il, mais quoi ? Se demande t-il. Et se le demander sans cesse alors qu'il ne connaît pas la réponse est inutile.
Ses yeux se rivent sur sa camarade, jusqu'à ce qu'enfin elle ne se lève pour partir, Redose part en même temps, accélérant le pas pour l'atteindre alors qu'elle dépasse les portes de la Grande salle.
- Éli. Lui dit-il, alors qu'il lui agrippe le bras légèrement.
- Tu vas bien ? Lui demande t-il, les battements se faisant de plus en plus insistants, et puissants.
Elle est là, tout près de lui, à un bras à peine de distance. Peut-être cette fois n'essaierait-elle pas de couper si court à la conversation, peut-être cette fois ne répondrait-elle pas d'un simple oui avant de partir.
5 ème année RP - Disponible
Renvoyé définitivement de Poudlard
Si on a un rp à commencer, relancez moi parce que j'oublie haha
L'embryon et le papillon
La Poufsouffle avait reconnu cette voix immédiatement, et avait enclenché le mode survie : Éviter son regard, ne lui parler que le minimum, et fuir le plus rapidement possible pour esquiver "le" sujet. Mais cette fois, d'une étreinte sur son bras le garçon venait de la contrainte à répondre, au moins quelques mots.
Elle n'allait pas bien du tout, et elle avait vraiment envie de lui dire pourquoi, mais ce n'était pas le lieu, et encore moins le moment pour une vérité qu'elle n'avait pas assez bien préparé. Non, non, non, il lui fallait du temps, plus de temps.
Tirant légèrement sur l'emprise, trop pressée de s'éloigner du griffon, Éli répondit d'une voix neutre, scrutant déjà les marches un peu plus loin comme pour appuyer son intention.
- ça va, mais j'dois y aller là... déso
En observant juste le physique de la jeune fille, personne ne pouvait se douter, pourtant depuis qu'elle savait, elle avait sans cesse l'impression d'avoir une pancarte en lettres rouge traversant son front de part en part, informant tout le monde de son état. Il fallait qu'elle évite Redose le temps de trouver une "bonne" façon de lui dire, sinon il allait comprendre en la voyant. C'était en tout cas les pensées qui parasitaient l'esprit d'Éli. Tirant cette fois bien plus fortement son bras pour en récupérer sa liberté, elle enclencha quelques pas pour s'éloigner.
Les jours avaient filés bien trop vite, et son envie de parler au griffon l'avait accompagné chaque heure, pourtant, elle avait abandonné toutes les occasions de lui dire les unes après les autres, se trouvant toujours de bonnes excuses. Mais l'échéance approchée beaucoup trop, demain, qu'elle trouve le courage de lui dire ou non, il saurait tout, pourtant à côté de lui, cette fois encore, la Poufsouffle esquiva. Elle devait profiter de moment agréable avec lui, leurs derniers jours ne devaient pas ressembler à ça !
Elle n'allait pas bien du tout, et elle avait vraiment envie de lui dire pourquoi, mais ce n'était pas le lieu, et encore moins le moment pour une vérité qu'elle n'avait pas assez bien préparé. Non, non, non, il lui fallait du temps, plus de temps.
Tirant légèrement sur l'emprise, trop pressée de s'éloigner du griffon, Éli répondit d'une voix neutre, scrutant déjà les marches un peu plus loin comme pour appuyer son intention.
- ça va, mais j'dois y aller là... déso
En observant juste le physique de la jeune fille, personne ne pouvait se douter, pourtant depuis qu'elle savait, elle avait sans cesse l'impression d'avoir une pancarte en lettres rouge traversant son front de part en part, informant tout le monde de son état. Il fallait qu'elle évite Redose le temps de trouver une "bonne" façon de lui dire, sinon il allait comprendre en la voyant. C'était en tout cas les pensées qui parasitaient l'esprit d'Éli. Tirant cette fois bien plus fortement son bras pour en récupérer sa liberté, elle enclencha quelques pas pour s'éloigner.
Les jours avaient filés bien trop vite, et son envie de parler au griffon l'avait accompagné chaque heure, pourtant, elle avait abandonné toutes les occasions de lui dire les unes après les autres, se trouvant toujours de bonnes excuses. Mais l'échéance approchée beaucoup trop, demain, qu'elle trouve le courage de lui dire ou non, il saurait tout, pourtant à côté de lui, cette fois encore, la Poufsouffle esquiva. Elle devait profiter de moment agréable avec lui, leurs derniers jours ne devaient pas ressembler à ça !
❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso ☙ - bouilleur de chaudron
L'embryon et le papillon
- Él... Dit d'abord le garçon, essayant d'empêcher sa camarade de fuir.
La force qu'il y mit n'était pas suffisante pour la retenir, puisqu'en tirant assez fort, la Poufsouffle réussit se dégager de l'emprise du garçon.
Non pas qu'il n'avait pas fait d'efforts pour la retenir, mais il ne voulait pas non plus à tout prit l'arrêter. Il ne voulait pas faire ce qu'il avait fait à sa sœur l'année dernière. La retenir, lui crier dessus, lui faire peur.
Si Élisabeth voulait partir, il devait la laisser, même si ça ne lui convient pas. Le garçon ne peut pas se mettre en tête de mettre toute sa force et tout son poids à retenir sa camarade, la prendre par l'épaule, le bras ou encore la main.
Et dans sa tête, la même question tourne en boucle comme un refrain entraînant et pourtant si laid. "Pourquoi ?"
Cette question ne trouve ni sens ni réponse, Élisabeth veut partir, mais pourquoi ? Elle l'évite, mais pourquoi ? Elle fuit le garçon, mais pourquoi ? Le garçon ne voit pas ce qui a bien pu changé entre le 2 mai et le 3 mai, serait-ce Gideon ? Lui aurait-il tenu des propos durs ? Ça pourrait également être Constance, ou Lukas, ça aurait pu être tant de gens tant la Poufsouffle est entourée, et pourtant Redose en son sein est persuadé qu'il est la cause à tout ça, comme il est la cause à tant de malheurs.
Les battements se faisaient de plus en plus insistants, de plus en plus violents.
- Éli ! Lui s'exclama t-il, plus sûr de lui.
Il n'a pas seulement envie que sa camarade s'arrête et lui explique, il en a besoin, un besoin invincible contre lequel il ne peut lutter. Il ne peut se contenter de la voir s'éloigner, de la voir atteindre les marches, sans même qu'elle ne lui adresse le moindre regard.
Il ne pourrait simplement pas la laisser faire, pas sans lui dire, pas sans lui demander.
Les battements se faisaient encore plus insistants. Encore plus intenses.
- ÉLI. Lui hurla t-il d'abord, pour attirer enfin son attention.
Elle ne voulait que s'éloigner, mais le garçon lui voulait des réponses. Mais après s'être ainsi exclamé, il ne trouvait plus rien à dire, ni plus rien à penser. Déçu et frustré, il ne peut rien. Il est faible et vaincu. La fille ne lui avait pas adressé un regard, c'était sûr maintenant, elle l'avait abandonné.
Les battements qui s'opéraient dans son esprit semblaient être sur le point de cesser, pourtant le garçon n'avait eu aucune réponse. Au final, rien n'a de sens. Rien n'est vrai.
Le garçon finit par s'emporter, sans s'en rendre compte son visage avait viré au rouge, ses sourcils froncés laissaient apparaître un regard chaud, bouillant de rage, violent comme rares sont les regards.
- REGARDE-MOI. Lui hurla t-il enfin, et ce n'était pas les autres élèves ni les professeurs qui pourraient le consoler ou l'enfoncer, il ne voulait au final qu'un regard d'Élisabeth, car un mot sincère était trop demandé.
Et au final, un regard était sans doute tout aussi excessif.
Alors qu'elle lui adresse ou non, énervé, le garçon prit le chemin de sa salle commune d'un pas lourd et engagé.
La force qu'il y mit n'était pas suffisante pour la retenir, puisqu'en tirant assez fort, la Poufsouffle réussit se dégager de l'emprise du garçon.
Non pas qu'il n'avait pas fait d'efforts pour la retenir, mais il ne voulait pas non plus à tout prit l'arrêter. Il ne voulait pas faire ce qu'il avait fait à sa sœur l'année dernière. La retenir, lui crier dessus, lui faire peur.
Si Élisabeth voulait partir, il devait la laisser, même si ça ne lui convient pas. Le garçon ne peut pas se mettre en tête de mettre toute sa force et tout son poids à retenir sa camarade, la prendre par l'épaule, le bras ou encore la main.
Et dans sa tête, la même question tourne en boucle comme un refrain entraînant et pourtant si laid. "Pourquoi ?"
Cette question ne trouve ni sens ni réponse, Élisabeth veut partir, mais pourquoi ? Elle l'évite, mais pourquoi ? Elle fuit le garçon, mais pourquoi ? Le garçon ne voit pas ce qui a bien pu changé entre le 2 mai et le 3 mai, serait-ce Gideon ? Lui aurait-il tenu des propos durs ? Ça pourrait également être Constance, ou Lukas, ça aurait pu être tant de gens tant la Poufsouffle est entourée, et pourtant Redose en son sein est persuadé qu'il est la cause à tout ça, comme il est la cause à tant de malheurs.
Les battements se faisaient de plus en plus insistants, de plus en plus violents.
- Éli ! Lui s'exclama t-il, plus sûr de lui.
Il n'a pas seulement envie que sa camarade s'arrête et lui explique, il en a besoin, un besoin invincible contre lequel il ne peut lutter. Il ne peut se contenter de la voir s'éloigner, de la voir atteindre les marches, sans même qu'elle ne lui adresse le moindre regard.
Il ne pourrait simplement pas la laisser faire, pas sans lui dire, pas sans lui demander.
Les battements se faisaient encore plus insistants. Encore plus intenses.
- ÉLI. Lui hurla t-il d'abord, pour attirer enfin son attention.
Elle ne voulait que s'éloigner, mais le garçon lui voulait des réponses. Mais après s'être ainsi exclamé, il ne trouvait plus rien à dire, ni plus rien à penser. Déçu et frustré, il ne peut rien. Il est faible et vaincu. La fille ne lui avait pas adressé un regard, c'était sûr maintenant, elle l'avait abandonné.
Les battements qui s'opéraient dans son esprit semblaient être sur le point de cesser, pourtant le garçon n'avait eu aucune réponse. Au final, rien n'a de sens. Rien n'est vrai.
Le garçon finit par s'emporter, sans s'en rendre compte son visage avait viré au rouge, ses sourcils froncés laissaient apparaître un regard chaud, bouillant de rage, violent comme rares sont les regards.
- REGARDE-MOI. Lui hurla t-il enfin, et ce n'était pas les autres élèves ni les professeurs qui pourraient le consoler ou l'enfoncer, il ne voulait au final qu'un regard d'Élisabeth, car un mot sincère était trop demandé.
Et au final, un regard était sans doute tout aussi excessif.
Alors qu'elle lui adresse ou non, énervé, le garçon prit le chemin de sa salle commune d'un pas lourd et engagé.
5 ème année RP - Disponible
Renvoyé définitivement de Poudlard
Si on a un rp à commencer, relancez moi parce que j'oublie haha
L'embryon et le papillon
Plus la voix du garçon s'intensifiait, plus il était difficile pour Éli de résister à ses appels. Si la jeune fille marchait vers l'escalier sans réaction apparente, au fond elle n'avait qu'une envie, se retourner et libérer enfin le poids de son secret sur le griffon.
Cette fois, tout n'irait pas bien, c'était la seule certitude qu'elle avait à cet instant, et ce déni qu'elle s'imposé, qu'elle lui imposait, était la dernière protection de la Poufsouffle, la dernière preuve d'un amour maladroit. Tant qu'il ne savait rien, rien n'existait vraiment, pourtant, tout avait déjà changé entre eux. L'intonation du garçon ne résonnait plus de la même façon dans ce hall d'entrée, et la jeune fille n'arrivait même pas à le regarder alors qu'elle n'avait voulu que plonger dans son regard pendant des mois.
Depuis ce fameux rendez vous, elle n'avait fait que l'éviter comme la Dragoncelle, alors qu'elle n'espérait que partager du temps avec lui. La contradiction entre ses actes, et ses envies lui faisait tellement mal, elle avait besoin de crier, pourtant ses mots restaient bloqués dans sa gorge, son corps ne voulait plus rien dire, plus rien entendre.
A défaut de parler, cette fois encore sa fuite était presque réussie. Ses pas s'éloignaient, créant une distance de plus en plus sécuritaire entre eux, jusqu'à cet ordre, cette demande criante d'attention qui la figea sur place. Grimaçant sous les mots de Redose, toujours dos à lui Éli ferma les yeux, complètement submergée de ne pouvoir lui donner ce qu'il voulait, ce qu'il était en droit d'obtenir d'elle : la vérité.
Il lui avait dit un jour vouloir laisser une trace, et en y réfléchissant bien, c'était un peu ce qu'elle portait en elle, une trace de lui bien vivante. Alors pourquoi avait elle si peur de lire dans ses yeux de la déception et du dégoût ? Éli savait beaucoup trop de choses sur la vie du griffon, et le chrono au-dessus de sa tête tourné beaucoup trop vite déjà, elle n'avait pas envie d'en accélérer les rouages. Vouloir gérer cette annonce était une décision aussi irréfléchie que toute celles qu'elle avait prise ces derniers temps. Pourquoi n'avait-elle pas laisser les adultes compétents le dire à Redose, lui annoncer avec tact, être là pour accueillir ses émotions ? Elle ne voulait pas revêtir ce rôle-là, elle ne voulait pas devenir l'un des pire souvenir de sa vie. Elle qui avait toujours voulu créer avec lui, ne pouvait pas être celle qui détruisait tout.
Faire "pause".
Pendant quelques minutes trouver une place précaire entre ses bras, et parler. C'était ça la bonne décision, c'etait celle qu'elle aurait du prendre, pourtant, d'un pas décidé, elle continua son chemin silencieuse, sans jamais se retourner.
Des regrets pour elle, une dernière soirée d'ignorance pour lui, c'est tout ce qu'ils auraient pour passer la nuit, demain tout serait diffèrent.
Cette fois, tout n'irait pas bien, c'était la seule certitude qu'elle avait à cet instant, et ce déni qu'elle s'imposé, qu'elle lui imposait, était la dernière protection de la Poufsouffle, la dernière preuve d'un amour maladroit. Tant qu'il ne savait rien, rien n'existait vraiment, pourtant, tout avait déjà changé entre eux. L'intonation du garçon ne résonnait plus de la même façon dans ce hall d'entrée, et la jeune fille n'arrivait même pas à le regarder alors qu'elle n'avait voulu que plonger dans son regard pendant des mois.
Depuis ce fameux rendez vous, elle n'avait fait que l'éviter comme la Dragoncelle, alors qu'elle n'espérait que partager du temps avec lui. La contradiction entre ses actes, et ses envies lui faisait tellement mal, elle avait besoin de crier, pourtant ses mots restaient bloqués dans sa gorge, son corps ne voulait plus rien dire, plus rien entendre.
A défaut de parler, cette fois encore sa fuite était presque réussie. Ses pas s'éloignaient, créant une distance de plus en plus sécuritaire entre eux, jusqu'à cet ordre, cette demande criante d'attention qui la figea sur place. Grimaçant sous les mots de Redose, toujours dos à lui Éli ferma les yeux, complètement submergée de ne pouvoir lui donner ce qu'il voulait, ce qu'il était en droit d'obtenir d'elle : la vérité.
Il lui avait dit un jour vouloir laisser une trace, et en y réfléchissant bien, c'était un peu ce qu'elle portait en elle, une trace de lui bien vivante. Alors pourquoi avait elle si peur de lire dans ses yeux de la déception et du dégoût ? Éli savait beaucoup trop de choses sur la vie du griffon, et le chrono au-dessus de sa tête tourné beaucoup trop vite déjà, elle n'avait pas envie d'en accélérer les rouages. Vouloir gérer cette annonce était une décision aussi irréfléchie que toute celles qu'elle avait prise ces derniers temps. Pourquoi n'avait-elle pas laisser les adultes compétents le dire à Redose, lui annoncer avec tact, être là pour accueillir ses émotions ? Elle ne voulait pas revêtir ce rôle-là, elle ne voulait pas devenir l'un des pire souvenir de sa vie. Elle qui avait toujours voulu créer avec lui, ne pouvait pas être celle qui détruisait tout.
Faire "pause".
Pendant quelques minutes trouver une place précaire entre ses bras, et parler. C'était ça la bonne décision, c'etait celle qu'elle aurait du prendre, pourtant, d'un pas décidé, elle continua son chemin silencieuse, sans jamais se retourner.
Des regrets pour elle, une dernière soirée d'ignorance pour lui, c'est tout ce qu'ils auraient pour passer la nuit, demain tout serait diffèrent.
FIN
❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso ☙ - bouilleur de chaudron