Une fleur sur ma langue Libre

Ce RPG est libre. Vous pouvez y publier comme bon vous semble. Le projet de ce RPG est de raconter un moment de votre personnage, une émotion, quelque chose que peut-être il peine à exprimer ou juste des pensées, à travers le langage d'une plante. Au fur et à mesure, via une analogie avec cette plante et son langage, votre personnage pourra donc exprimer ce qu'il désire.


3 septembre

Saïph inspira. Une myriade d'odeurs naquit dans son nez, descendit dans sa gorge, se prit dans ses poumons, traversa son corps. Elle ouvrit les yeux et battit des paupières, rabattit ses mèches et se barbouilla le front de terre.

Devant elle, un tout petit plant. Il aurait facilement tenu dans sa paume, si elle avait osé y toucher. Son père le lui avait envoyé, pour la rentrée. Avec un parchemin, expliquant que cette plante herbacée, et bien elle avait donné son nom à un jour dans calendrier français, du temps de leur Première République. A ce jour.

La jeune fille regardait la pluie qui s'y était déposée, alors qu'elle la transportait entre ses mains, hésitant à la déposer dans une Serre. Sans doute devait-elle demander l'autorisation, avant. Ou devait-elle la conserver avec elle ? Mais le "cabaret des oiseaux" ne se sentirait-il pas un peu seul, avec uniquement elle pour compagnie ?

Elle papillonna, laissa une goutte de pluie, emprisonnée le long de la tige, se recueillir sur la pulpe de son indexe. Le porta à sa bouche.

Elle, avait l'habitude de la solitude. Contrairement à ces feuilles caulinaires, dont la forme en godets retenait l'eau, rien en la jeune fille n'emprisonnait quoi que ce soit. Rien n'évoquait une soif de l'autre.

Elle aimait autant la compagnie que la solitude. Le silence que le bruit. Elle aimait ne pas risquer de blesser quelqu'un, de casser quelque chose, de briser un instant ou un rire. Elle aimait ne rien risquer, sans craindre de tout perdre. Elle aimait étendre des fils et tenter de coudre de nouveaux liens avec d'autres histoires, d'autres visages. Mais elle pouvait tout à fait se débrouiller avec sa propre pelote.

Tout comme le plant devant elle, elle ne faisait pas peur, de prime abord. Elle pouvait cependant s'avérer piquante, parfois. Elle s'avérait finalement être une fausse fleur. Et comme toute les fausses fleurs, elle craignait que l'on s'en aperçoive et la rejette pour cela. Après tout, elle n'avait presque jamais rien fait qui puisse ressembler à de la magie. Une petite touche, et la voici dans une école dont elle n'avait jamais entendu parler. Elle en était heureuse, elle avait soif, soif de connaître.

La blondinette soupira et haussa les épaules. Comme ce plant, elle s'acclimaterait. Elle l'espérait, tout du moins...

La pré-adolescente reprit son minuscule pot et leva les yeux sur les serres. Oui. Son Dipsacus y aurait toute sa place.

427 mots
Dernière modification par Saïph Bulbosa le 28 juin 2025, 01:23, modifié 1 fois.

Saïph - 2e Année RP Promo 2049-2050 - Fiche PR
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Une fleur sur ma langue Libre
3 octobre

Tu ne sais pas vraiment qui tu es et, en réalité, à quoi bon ? Tu es flexible, tu résistes aux inclinaisons, aux changements, à tous ceux qui veulent te tordre de telle ou telle façon. Tu peux avoir bien des utilités, si on te laisse faire, et si on ne veut pas te voir ployer. Tu résistes à tous les vents, aux rumeurs, aux ondes sonores et vertigineuses qui soufflent, soufflent tels des loups pour te voir changer. Tu es du mois de ventôse, tu viens après les pluies sidérantes, toujours un peu perdu, jamais vraiment comme il faudrait être.

Tu es aveugle à la logique des autres. Tu les vois se couvrir de leurs plus belles feuilles avant que tu ne comprennes que, déjà, le printemps est installé. Et quand, en fin, tu l'as saisi et as rejoint les rangs de la normalité, tu crains d'être à nouveau en retard. Alors, ton feuillage encore neuf, tu t'en débarrasses, croyant voir venir l'automne. Encore une fois, te voici reconnaissable parmi ceux que tu pensais tes semblables. Ressemblant, jamais pareil, tu finis par abandonner.

Tu es naïf et pense suivre le courant. Tu perçois les vibrations mais ne sais pas les interpréter. Il faut dire que tu portes tellement de mondes, en toi, qu'il t'est impossible de ne t'adapter qu'à un seul. Tu as raison, ce sont les autres qui sont aveugles. Toi, tu n'appartiens à aucun royaume, éternel étranger dans ces univers qui, pourtant, t'habitent.

Tu t'enracines en trois parties. La tête, où vont tes rêves, le coeur, où réside tes chez-toi, tous ces regards croisés et aimés, ces paysages investis et possédés, et les pieds qui ne cessent de fouler.

Près de ta première racine, une fontaine. S'y déverse les connaissances, les savoirs, les images éveillées, les imaginaires de Morphée. Tes neurones reliés à ces nuages liquides tu absorbes, assoiffé, les secrets des univers. Tu les as à portée, jamais dans ta main. Tes pensées s'y plantent, tâches de couleurs aux parfums réinventés, laissent sur ta langue un arrière-goût de pas assez.

La deuxième racine est rongée par une bête endormie. Effrayante et jalouse, elle s'apaise d'un sourire, suce la source de ta vie en souffle tes passions. Peut-elle encore produire des flammes ? Tu n'en es pas certain. Tu sais pourtant qu'elle est lovée contre toi, câline et envoûtante, s'éveillant en émotions toujours fulgurantes.

La dernière te relie au monde, au cycle de la vie. Elle est rencontre les autres, tisse des liens, s'égraine en secondes qui t'étirent vers d'autres lieux.

Toute ta vie les gens t'ont dit qu'il faut choisir un monde, choisir un temps, vivre dans le présent et ne pas se perdre dans tes propres cimes. Tu aimerais bien, vraiment. Mais tes pensées sont comparables à un écureuil qui court, court, dévale tes branches et embrouilles tes idées, dérange tes parterres, s'amusent à tout mélanger, sème l'anarchie pour que pousse tes rires. A son contact, tu n'as pas besoin de savoir si tu es sociable ou solitaire. Qui, des abeilles ou du vent, te permettront d'évoluer. Tu peux vivre seul ou entouré. Tu n'as pas, non-plu, besoin d'être genré. Tu peux te changer, mâle, femelle, porter tes filles ou tes fils, les deux. Tu n'as pas besoin de t'identifier. Nul ne peut t'étiqueter.

Comme tu n'as ni monde ni identité, comme tu es tel un funambule, toujours en équilibre imparfait, tu abrites les passants, les solitaires. Tu murmures la langue des oiseaux et c'est un aigle qui se perche sur ta branche. Il reconnaît en toi un compagnon, un allié. Tu lui transmets les messages du monde et une correspondance informe et aphone éclaircit vos idées.

Tu es une forêt d'entités. Tes fruits sans panache délaissés s'épaississent en lourdes grappes et tu n'en as cure. Tu es ailleurs, nulle part. Tu es pareille à un frêne, Saïph.


682 mots

Saïph - 2e Année RP Promo 2049-2050 - Fiche PR
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