Un malentendu dans les couloirs

Avec @Sean Murphis @Nina De Almeida @Luna Dubois

Le ciel était gris et bas ce matin-là, et la pluie tambourinait contre les vitres de la salle de classe de Botanique. Eléa, les mains tremblantes, tentait tant bien que mal de maîtriser la délicate potion de croissance rapide sous le regard sévère du professeur Sprout. Pourtant, rien n’allait. Sa plante fanait, ses feuilles jaunissaient et ses racines refusaient de s’étendre. Une erreur dans le dosage, sans doute.

— « Eléa, concentre-toi, tu dois verser précisément trois gouttes d’essence de mandragore, pas plus ni moins ! »
— « Oui, Professeur », répondit-elle, le visage crispé. Mais au fond, elle savait qu’elle avait gâché son travail.

Quelques minutes plus tard, un craquement sonore retentit dans sa fiole, et la potion vira au noir. Le professeur soupira, pencha la tête et nota quelque chose dans son carnet.

— « C’est un résultat médiocre. Rappelle-toi que la précision est la clé, Eléa. Tu peux faire mieux. »

Eléa baissa la tête, son moral aussi bas que sa potion. Cette retenue allait lui coûter des points pour Gryffondor. Elle serra les dents et rangea ses affaires sans un mot.

Couloir de Poudlard – Fin d’après-midi

Sa journée n’allait pas mieux. En sortant de Botanique, les épaules lourdes, elle croisa plusieurs groupes d’élèves en train de rire et de discuter, insouciants, alors qu’elle avait l’impression de porter le poids du monde sur ses frêles épaules.

Elle descendait les escaliers rapidement, décidée à rejoindre la salle commune pour s’isoler. Ses pensées tourbillonnaient : sa retenue, la déception du professeur, ses erreurs, et ce sentiment grandissant de ne pas être comprise.

Elle ne vit pas Sean et Nina, assis tranquillement près de la cheminée, échangeant des plaisanteries et révisant un devoir. Concentrée sur son malaise, elle tourna brusquement dans le passage, et… bim !

— « Aïe ! » s’exclama Sean en reculant précipitamment, renversant son encrier.

L’encre noire se répandit en formant une grande tache sur le parchemin.

— « Oh non, mon travail ! » murmura Sean, les yeux écarquillés.

Nina bondit sur ses pieds, surprise et agacée.

— « Fais attention, Eléa ! » lança-t-elle.

Eléa, piquée au vif, respira profondément, mais sa colère et sa frustration prirent le dessus.

— « Peut-être que si vous n’étiez pas toujours là, à vous étaler au milieu du passage, je pourrais avancer sans problème, » lança-t-elle d’un ton sec.

Sean fronça les sourcils.

— « On est juste assis là, on dérange personne. »

— « C’est toujours pareil avec vous ! » répliqua Eléa, le cœur battant à toute vitesse. « Vous croyez que le monde tourne autour de vos rires et de vos petits jeux, mais moi, je dois porter tout le reste sur mes épaules. »

Nina la regarda, les bras croisés, mais son ton s’adoucit.

— « Eléa… on ne voulait pas te blesser. C’est juste que tu t’enfermes. »

— « Je ne m’enferme pas. Je fais ce que je peux. Mais personne ne semble le voir. »

Le silence s’installa, lourd et pesant. Sean essuya délicatement son parchemin taché, puis soupira.

— « On n’est pas tes ennemis. »

Eléa détourna le regard, la gorge serrée.

— « Je… je vais y aller, » murmura-t-elle, puis elle s’éloigna sans se retourner.

Cette collision n’était pas qu’un simple accident. Pour Eléa, c’était l’explosion d’un trop-plein d’émotions accumulées toute la journée. Elle avait besoin de temps, de calme… et peut-être d’aide, même si elle ne savait pas encore comment l’accepter.