Couleur d'orage

Mardi 7 septembre 2049 - aux environs de 19h, juste avant le repas

Il y avait tout à dire, et en même temps, pas grand chose. La journée s'était déroulée comme celle de la veille, elle avançait un jour après l'autre, mais n'était plus vraiment elle-même. Ou alors, une nouvelle elle-même. De l'extérieur et à ce moment-là, tout n'était pas réellement clair, et même pour elle, c'était difficile à dire. De nouveau sa présence en classe s'était fait fantomatique, encore moins de prise de paroles qu'habituellement. Et à tout ça, c'était rajouté une ou deux points d'insolence involontaire, un "je n'sais pas", balancé sans un regard en direction de l'adulte, et avec une légère colère, ou un ton déplacé. L'irlandaise n'avait aucun envie de faire des efforts. Et même si sa colère diminuait doucement depuis la veille, rien n'était encore joué.

Elle venait d'ailleurs envoyer une lettre à son frère à ce sujet. Comme à chaque fois qu'elle ne savait pas comment réagir, la poufsouffle envoyait une lettre à son jumeau, comme si, malgré les kilomètres qui les séparaient, et les barrières qui se créaient entre eux, il restait son repère, la personne à laquelle elle pouvait tout dire, et qui saurait comment réagir. C'est ce qu'elle avait fait deux jours plus tôt, Lucia avait envoyé une première lettre, expliquant le plus gros de la situation, ou plutôt ce qu'elle savait à ce moment-là. Cherchant comment réagir. La réponse était arrivée ce matin, et même si elle n'avait pas tout apprécié, il n'avait pas tord, comme toujours.

@Constance Nelson

#579f38 ~"Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin !" ~ #Pouffyfamily ~ 5è année RP en 2050/2051

Couleur d'orage
Mardi 7 septembre 2049
Fin de journée avant le repas


Elle avait beau faire genre, elle avait beau garder ce masque sur son visage, Constance n'était pas totalement sereine. Pourquoi ? Parce que Éli, voilà pourquoi.
Et cela dépassait la châtaine. Pourquoi je ressens ça, pourquoi je ressens cette... amertume ? On n'est plus amies, on n'est plus comme avant. Vu c'qu'il s'est passé c't'été. Ouais, voilà. Donc je devrais pas être si étonnée. Elle est partie toute seule sur sa pente savonneuse. Avec Gideon et l'autre abruti-fini. Ils s'en sont toujours sortis jusque là, mais fallait bien qu'ça arrive à un moment donné. On récolte ce que l'on sème, non ?
Malgré cette apparente amertume, malgré cette apparent détachement presque caustique... Constance se sentait mal à l'aise. Le renvoi de son ex-meilleure amie ici, deux jours plus tôt, l'avait plus ébranlée qu'elle n'aurait pensé ou voulu admettre. Donc, à chaque fois, elle repoussait toutes ces pensées du mieux qu'elle pouvait. Elle tâchait de faire barrière avec son esprit à toute cette négativité qui n'était plus censée la toucher, la déstabiliser. Elle avait coupé les ponts avec elle en août dernier donc... non, elle ne devait pas se laisser aller à... tout ça.

Heureusement, il y avait les cours et... et le programme... et... Merlin... et la Bibliothèque et ses autres amies ici à Poudlard. Enfin, en parlant d'amies, l'ambiance était quelque peu refroidie dans le dortoir. Et pourtant sans prononcer son nom.
C'est fou comme une personne peut se faire ressentir par son absence.
Quoique. Non, n'est ce pas ? Elle ne ressentait rien. Elle était juste... fatiguée. Voilà, c'était la rentrée et il fallait qu'elle reprenne le rythme.
Et puis il y avait le Cheerleading, qui encore une fois était une sorte de petite bouée de sauvetage. Et il va falloir que je m'y mette sérieusement, pense-t-elle en cet instant en référence à un objectif qu'elle s'est fixée toute seule suite à une discussion avec ses deux meilleurs amis non-sorciers cet été. Aller courir. Voilà ce sur quoi elle décide de se focaliser alors que ses pieds impriment un rythme régulier et habitué sur les marches de bois menant à la volière.
Justement, elle devait poster du courrier à ses proches restés à Londres - pour leur raconter, en omettant certains détails n'est ce pas, sa première semaine de reprise.
Ah et faut pas que j'oublie d'envoyer un boubou à Ju-

Une silhouette se matérialise dans son champs de vision alors que ses semelles se posent sur le parquet vieux de centaines d'années et parsemé de centaines de fientes, arrêtant net tout fil de ses pensées. Lucia. L'attitude de son amie Poufsouffle n'était plus la même depuis quelques jours, cela accentué depuis la veille. Elle avait alors perçu - à moins qu'elle ne l'ai imaginé - une certaine... agressivité passive à l'encontre de qui que ce soit se mettait en travers de sa route. Y compris les professeurs. Peut être que certains adultes considèrent que l'insolence ou le côté "désagréable" faisait partie du lot "adolescence" mais la châtaine connaissait suffisamment Lucia pour savoir pourquoi elle se comportait comme cela. Elle devinait sans peine la peine qu'éprouvait celle-ci dans ce regard qu'elle détournait si souvent. Se sentait-elle trahie ? Abandonnée ? En colère ? Contre tout le monde plutôt que contre celle qui avait été renvoyée ? Ou bien un peu des deux ?

Loin d'être indélicate, et puis ayant soupçonné que Lucia prendrait la mouche, Constance n'avait pas abordé le sujet "Éli" depuis ce premier soir de rentrée avec la rousse. Puis ce qui devait arriver arriva, la brune fut renvoyée et la rouquine se renferma comme une huître.
Déglutissant machinalement, Constance lance un regard par-dessus son épaule en direction du bas de l'escalier avant de jeter un furtif coup d'oeil alentours. Elles étaient seules.
Bon. Allez, elle va sûrement m'ignorer. Sinon, si c'est pas l'cas, on fait comme d'hab, on évite le sujet qui fâche, voilà tout.
Mal à l'aise, Constance s'avance dans la volière, ses doigts fébriles partant à la recherche de lettres closes à envoyer. Coulant prudemment un regard en coin vers son amie, la londonienne s'approche d'un des perchoirs dédiés à l'école.
- Hey, souffle-t-elle avec un sourire poli avant de détourner le regard vers l'hibou gris au regard perçant.
Pourquoi tu m'regarde comme ça toi ? Allez, donne ta patte qu'on en finisse.

Calmement, l'adolescente laisse ses mains s'occuper de l'attache du courrier à la patte de l'animal, l'habitude imprimée dans sa chaire. Le hibou s'envole et elle s'approche d'un deuxième avec une autre enveloppe pour ses grands-parents maternels cette fois-ci. Nouveau regard prudent vers Lucia. J'dois dire quelque chose ouuu... ??
Oui mais quoi ? Quels seraient les mots qui sauraient combattre l'énorme nuage orageux qui semblait plomber les traits de la rousse ?

802 - @Lucia Varalta
@Élisabeth Willis pour la mention
Dernière modification par Constance Nelson le 23 oct. 2025, 12:45, modifié 1 fois.

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Il lui avait permis de voir la situation d'un nouvel angle, différent de celui de son amie, qui était évidement tout sauf lucide, impartiale et objective. Elle était tout l'inverse même. Elle lui avait raconté l'histoire de son point de vue, qui était certainement celui qui avait expliqué tout ce qu'elle avait. Son frère lui avait permis d'avoir un regard extérieur, notamment celui des victimes. Mais il demandait davantage de précisions pour pouvoir lui donner un avis complet, et essayer de faire comprendre au mieux la situation à sa soeur.

Lucia avait donc pris le temps dans la journée d'écrire cette seconde lettre, essayant de se souvenir des moindres détails, et de lui donner les réponses les plus appropriées à toutes ses questions. Peut-être que rien que cette première étape était déjà un pas pour lui permettre de se remettre en question. Mais bon, elle était beaucoup trop têtue pour ne serait-ce que l'imaginer.

Lorsqu'elle commença à négocier avec un hibou pour qu'il accepte de se laisser accrocher la lettre et de l'envoyer au bon endroit, l'irlandaise entendit des bruits qui arrivaient vers elle. Mais bon, vu ses communications avec les personnes qui l'entouraient ces derniers temps, elle n'allait pas faire d'efforts pour quelqu'un qu'elle ne connaissait pas. Lucia ne bougea donc pas vraiment, continuant son attache, jusqu'à ce qu'elle reconnaisse la voix qui venait de lui parler. C'était la voix qu'elle connaissait le plus qui était encore à Poudlard : Constance.

L'irlandaise se retourna alors et lui répondit avec un sourire poli, qui pourrait être amélioré, et donc trahit par les personnes attentives et la connaissant.
- Salut !

Lucia restait polie, notamment avec ses amies qu'elle ne voulait pas vraiment repousser. Pour autant, elle n'engageait pas la conversation davantage, sauf si elle avait une raison de le faire, et là, elle n'en avait aucune. Ne sachant trop quoi faire, l'irlandaise se retourna à nouveau pour terminer son noeud, imitant ce que son amie était en train de faire.

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Le sourire poli de Lucia, sa salutation aussi courte que la sienne, oui Constance sentait en son fond intérieur qu'elle n'était peut être pas la seule mal à l'aise ici.
Mais à quoi servirait-il de continuer ainsi, lui poser la simple question bateau attendue ? "Ça va ?"
Non, tout n'allait pas bien et ce serait un mensonge de faire comme si c'était le cas. Si elle posait cette question, Lucia pourrait autant hausser les épaules, qu'acquiescer mollement ou rire tellement cette question serait pleines de non-dits.
Il fallait donc qu'elle trouve un autre moyen d'enclancher la conversation. Car si elle ne faisait rien, qu'est ce qui les distinguerait de simples camarades de promo ?
Elles étaient plus que ça à l'origine non ?
Sa précédente bataille n'était pas avec Lucia.

C'était aussi bizarre que compréhensible comme situation. Le regard coulé de Lucia, son silence quand elle reprend l'attache de son courrier à la patte du volatile messager... et elle, de son côté qui avait l'impression de marcher sur des oeufs. C'en était aussi risible qu'affligeant.
Mais contrairement à sa sage Granny, Constance désespérait de trouver les mots justes.

Le silence aussi lourd que l'air lorsqu'un orage se prépare se dépose lentement dans la volière. Je ne lui ai rien fait de mal... je ne t'ai rien fait de mal Lucia, n'est ce pas ? Alors oui, Lucia devait peut être lui en vouloir d'avoir tourner le dos à Élisabeth mais... elle ne pouvait pas lui en vouloir d'avoir voulu se préserver n'est ce pas ? Chacun à sa propre perception des choses et... Lucia n'avait peut être pas toute la situation en visu. La façon dont elle réagissait suite au départ de Élisabeth était aussi compréhensible qu'incompréhensible. La brune avait dépassé les bornes une fois de trop et Lucia réagissait comme si quelque chose d'énorme et injuste venait de se produire. Mais est ce que c'était le rôle de Constance de lui ouvrir les yeux ? Au fond d'elle, la châtaine pense que non. On ne peut pas forcer l'autre à ouvrir les yeux, c'est à l'autre d'accepter de le faire.
Par contre, ce que Constance pourrait faire... ce serait de trouver un moyen d'avancer. Avancer ensemble, avec Lucia. Un peu comme pour lui faire comprendre que Poudlard ne se résume pas à Élisabeth.
Et pis, ça s'trouve, le renvoie d'Eli n'est pas la seule cause de son comportement. Peut être qu'il y a d'autres choses qu'elle ne dit pas... des trucs dans sa famille ?
Le deuxième hibou s'envole avec sa lettre pour ses grands-parents maternels vivant à Brighton. Un long voyage attendait ce rapace alors autant qu'il ne perde pas de temps.

Son regard suit les ailes se déployer et battre jusqu'à l'une des ouvertures vers l'extérieur. Et il n'est plus.
Se mordillant la lèvre, Constance coule un nouveau regard vers Lucia.
- Tu... as besoin d'aide avec ton hibou ?
Sa phrase meurt sur ses lèvres et la châtaine convoque tout son courage pour se reprendre :
- J'viens d'envoyer un boubou à Micha' et Jo' et à mes grands-parents d'Brighton et toi ?
Suite à cette phrase envoyée sans la bredouiller - merci Seigneur - Constance esquisse un sourire se voulant engageant. Allez Lucia, avançons ensemble, okay ?

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Le silence s'installa ensuite, et alors que dans la plupart des autres moments précédents, ici, il semblait légèrement étrange. Ces derniers temps, l'irlandaise ne se souciait plus vraiment de ce que pouvaient penser les autres, elle faisait sa vie, en évitant tout le monde, ou en se refermant dans sa bulle en fonction, sans chercher à s'inquiéter de ce que les gens pouvaient dire sur elle, de toute façon, ça ne changerait rien. Mais ici, la pièce refermée, la présence de Constance, leur proximité, faisait que même pour la rousse, partir sans dire un mot lui semblait réellement impoli, et méchant. Pour autant, elle ne voyait aucun intérêt à avoir une discussion banale, et n'avait aucune question réelle à poser à la brune. Non vraiment, rien à se dire.

Rapidement, l'irlandaise eut fini son noeud. Elle caressa un peu les plumes du hibou et lui indiqua sa destination. Ce ne fut que lorsque Constance reprit la parole qu'elle le laissa s'envoler. Une gêne semblait s'être installée chez son amie, une gêne que Lucia ne comprenait pas vraiment. Pour autant, elle prit tout de même le temps de répondre à la question posée. Celle-ci faisait parti des questions inutiles quand on ne sait pas quoi dire, mais bon.
- Euh à Liam, il m'a répondu ce matin.

De nouveau, son ton ne laissait pas grande ouverture quant à son envie de poursuivre la conversation. Il n'y avait pas de réelle exaspération, mais on pouvait clairement ressentir que la discussion ne l'intéressait pas. Pour autant, elle avait fait l'effort de poursuivre sa phrase, ne s'arrêtant pas simplement au destinataire. Bon, la suite n'avait pas grand intérêt, mais ça permettait d'éviter de renvoyer une image simplement méchante.

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Le ton de la voix de Lucia était plat, calme. Factuel. Pour autant Constance ne se décourage pas et garde le sourire sur ses lèvres en acquiesçant.
Ainsi Lulu avait envoyé un hibou à son frère. D'accord... et il va bien ?
Oui, Lucia, est ce que ton comportement était seulement lié au renvoi d'une de tes supers potes au château ou bien y avait-il autre chose qui s'était ajouté ?
Après tout, si elle répond le jour même à son hibou, c'est bien parce que le sujet est important. Ça ne doit pas être un simple échange de banalités, de résumé de train-train quotidien ou de la météo.

Bien que le langage non-verbal véhiculé par Lucia n'induisait pas qu'elle était prête à bavarder, Constance sentait en son fort intérieur qu'il s'agissait peut être de L'occasion à ne pas louper.
L'attitude de son amie depuis quelques jours ne laissait pas présager qu'elle se sentait très très bien, cela renforcé avec le renvoi d'Élisabeth deux jours plus tôt.
Constance qui commençait à bien connaître la rousse après trois années à se côtoyer et vivre ensemble dans la même Maison, le même dortoir... savait lire les quelques signes qui se dégageaient de la rouquine.
Et elle avait envie d'aider. Elle avait envie d'être là pour elle. Mais trouver les mots juste, pour ne pas braquer davantage quelqu'un qui n'était pas forcément disposé à discuter, était une tâche difficile. Encore plus dans le cas d'adolescentes.

Si je ne dis rien maintenant, si je ne fais rien alors qui sait... peut être tomberons nous dans une sorte de spirale sans fond où notre amitié sera abimée ?
Et quelle type d'amie serait-elle alors ? Elle ne voulait pas être lâche. Elle ne voulait pas être celle qui repousse du pied le souci pour ne pas en être affecter.
Son regard qui s'était perdu dans le vide à peine deux secondes après la réponse de Lucia, se refocus sur le visage de celle-ci. Allez Consty, sois courageuse. Va de l'avant.

- J'espère qu'il va bien ? assure-t-elle prudemment, son regard se voulant bienveillant.
Si Lulu répond à un hibou presque aussitôt après l'avoir reçu, c'est que le contenu de l'échange lui tient à coeur.
- J'veux dire... j'me dis que si tu réponds à son courrier aussi vite...
Non, elle n'y arrivait pas. Elle avait la poisseuse sensation de s'incruster sur un chemin où elle n'était pas invitée.
- Désolée, j'imagine que tu veux garder ça pour toi, j'veux pas... mpff que tu te sentes obligée de quoique ce soit. Mais, Lulu, tu sais que tu peux me parler hein ? souffle-t-elle avec un fin sourire encourageant.
Machinalement, elle repousse ses mèches derrière ses oreilles. Elle ne voulait pas forcer Lucia à quoi que ce soit mais diantre, elle espérait pourvoir l'aider.

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Un léger silence s'installa à nouveau, auquel elle ne savait toujours pas comment réagir. Quelque chose au fond d'elle l'empêchait de se sauver silencieusement, sans rien ajouter. Peut-être que c'était simplement parce qu'elle connaissait la brune en face d'elle, bien plus que n'importe qui d'autre présent actuellement au château. Et que malgré toute l'image qu'elle pouvait renvoyer, elle tenait tout de même pas mal à son amie. Mais bon, c'était son inconscient qui jouait le plus dans la balance, parce qu'elle était loin d'être prête à l'avouer réellement.

Finalement Constance reprit la parole, pour une question qui semblait banale et que l'irlandaise ne comprit pas tout de suite. Ce n'était qu'avec les explications suivantes qu'elle comprit. C'est vrai qu'elle envoyait souvent des lettres à son frère, mais peu de gens, si ce n'est personne, ne savait à quel point elle lui en envoyait. C'était une habitude qui s'était installée, pas en cachette, mais seulement pendant les quelques minutes qu'elle avait par-ci par là, et donc où elle était souvent seule, ou encore juste avant ou juste après avoir travaillé, et donc au milieu de ses affaires.
- Oh non tout va bien pour Liam ! Je lui réponds juste toujours dans la journée sauf si j'ai pas le temps, c'est une habitude, et c'est souvent pareil pour lui. Je la poste le soir, elle arrive le matin, il me répond dans la journée et la poste le soir, elle arrive le lendemain matin ect. C'est pas comme ça toute l'année mais dès qu'on parle d'un sujet plus précis, rien de grave t'inquiète !

Le sujet étant simple, efficace, et surtout, ne l'engageant et ne la concernant pas vraiment, sa prise de parole avait été plus fluide. Bon, il n'y avait pas une grande énergie non plus, mais c'était bien plus enjoué que tout ce qui avait pu sortir de sa bouche depuis plusieurs jours.

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La réponse de Lucia l'informe autant qu'elle la surprend. Une habitude ? Était-elle une si mauvaise amie de ne pas avoir remarqué ce genre de détail ? Oui, je suis une mauvaise amie. Quel genre d'amie ne connait pas les petites habitudes qui rythment la vie de ses proches ?
Il faut dire que bien qu'elles étaient proches et appréciaient discuter, passer des moments ensemble etc, c'était surtout via Élisabeth qu'elles se côtoyaient davantage depuis l'année dernière. Elle était plus proche d'Éli que de Lucia. Mais cela, en cet instant malaisant, Constance ne le voyait pas. Et une vague de culpabilité la submerge avec fracas. Je suis nulle. Une amie en carton. Merde.

Son visage s'était défait, pâle, et elle reprend pied avec la réalité en percevant le ton plus enjoué de son amie.
- Ah oui. Oui, oui je vois, je vois. (sourire crispé, inspire, expire pour reprendre contenance) Bon ben tant mieux alors. J'veux dire... que tu... enfin, que tu ai trouvé le temps de lui répondre, comme t'en as l'habitude. Parce que... c'est important, acquiesce-t-elle machinalement du chef pour marquer son propos, de... de maintenir certaines habitudes. Surtout avec nos proches qui sont loin.
Nouveau acquiescement de tête, son regard part la dérive tandis que son esprit tente le tout pour le tout et essaie de grapiller le fil de la conversation.
- Et tant mieux si ton frère se porte bien.
Nouveau acquiescement de tête bien que son esprit à soudainement l'impression que le sol part à reculons sous ses pieds.
- Heuu. Et du coup, heu... (petit bruit de langue indécis) tu comptes faire quoi après ?

C'était bien simple, le nuage orageux qui planait au-dessus de leurs têtes étaient toujours présent dans la volière. Et, c'était bizarre. C'était comme si parler de tout et de rien permettrait de leur donner une chance. Une chance de sortir de la volière sans se faire tremper par l'orage. Y parviendront-elles ?

324 - Merci de ta patience @ Lucia Varalta :pray: je sais, je suis un peu rouillée mais... ça fait plaisir de retrouver le clavier ^^ N'hésite pas à laisser éclater Lulu si besoin ;)

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Aller jusqu'à dire qu'elle était à présent complétement investie dans la conversation était un bien grand mot, mais pour autant, ce sentiment de lassitude permanente, et cette bulle de protection pour repousser tout le monde commençait à diminuer un peu, en présence d'une personne qu'elle connaissait depuis longtemps, et qui faisait l'effort de maintenir la discussion malgré la mauvaise énergie de Lucia. La surprise la gagne même alors qu'elle observa son amie pâlir légèrement et être hésitante sur ses phrases suivantes. Elle n'avait pourtant rien dit contre elle, si ? Est-ce qu'elle avait pu dire quelque chose de blessant sans s'en rendre compte ? En vérité, beaucoup de choses étaient possibles, et l'irlandaise restait tout de même suffisamment détachée de la discussion pour ne pas se rappeler exactement ce qu'elle avait dit, et ne pas garder une empathie très profonde, sauf si cela semblait évident. Et aujourd'hui, ce n'était pas le cas, enfin, pas suffisamment du moins.

L'irlandaise acquiesça donc d'un signe de tête au fait que c'était plutôt une bonne chose que son frère se porte bien. Même si, avec un peu de réflexion, c'était assez rare que son frère aille mal, et encore plus rare qu'il lui en parle, est-ce que c'était déjà arrivé même ? Sûrement que depuis qu'elle était à Poudlard, il avait eu des coups de mou, c'était impossible sinon. Mais il restait le plus solide des deux, celui toujours souriants, qui ne craquait pour pas grand chose, que tout le monde appréciait, qui se débrouillait bien à l'école. Elle n'avait donc jamais reçu de hiboux similaire à ceux qu'elle, elle lui envoyait.

Quand son amie reprit la parole, une grimace de surprise et d'incompréhension apparue involontairement sur le visage de l'irlandaise. Ce qu'elle allait faire après ?
- Euh... Je vais aller manger.. Ca va bientôt être l'heure du repas du soir...

Bon, okay, elle n'avait pas été dans les plus bavardes depuis cette rentrée, elle était d'ailleurs souvent la plus rapide à manger, celle qui partait dans les premiers, mangeant en silence et évitant tout le monde. Mais pour autant, elle n'en avait pas encore manqué...

On va retrouver la plume ensemble alors, difficile d'écrire Lucia comme ça pour moi :rofl:

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La grimace de surprise ne passe pas inaperçue pour Constance qui dévisageait son amie, priant intérieurement que celle-ci ne la repousse pas. La châtaine décide néanmoins de ne pas réagir outre mesure à cette surprise, préférant ne pas s'attarder au pourquoi de cette incompréhension. Peut être que cette tentative de bavardage léger était trop voyante, trop... pathétique ?
Bref, valait mieux se contenter de se concentrer sur la réponse de Lucia, n'est ce pas.
Le fait qu'elle utilise la première personne du singulier, sans forcément inclure Constance de prime abord, ne passe pas inaperçue non plus et Constance émet un léger sourire crispé.
Était-ce là un message subliminal pour lui faire comprendre qu'elle comptait manger seule, sans elle ?
Mais Lulu, allons, pourquoi manger toute seule ? Pourquoi est ce qu'on profiterait pas de... eh bien, d'essayer de faire "comme avant" ?

Subtilement, Constance inspire profondément et acquiesce. Décidément, ce n'était pas facile de garder contenance, d'être celle qui fait avancer la situation, qui essaie de défaire un sac de noeuds.
Mais il le faut, il faut qu'on sorte de là. Et pas séparément. Il faut qu'on se tienne les coudes. L'Amitié, c'est une succession de hauts et de bas. Et là, on est dans un creux. A nous d'avancer ensemble pour remonter la pente.
Sur cette pensée déterminée, la châtaine esquisse un sourire se voulant engageant :
- T'as raison ! Haha le temps file de ouf. Bah écoute, allons y ! J'sais pas toi, mais j'ai un peu faim. Hum, j'suis en train d'penser, on s'est pas raconté nos étés respectifs alors c'est l'occasion. (acquiesce en tâchant d'afficher une moue enthousiaste) J'imagine que t'as vécu pleins d'trucs avec Liam. Vous êtes partis avec vos parents à un moment ?

Sur ces dernières paroles, Constance recule, fais un pas de côté vers la sortie et s'arrête, un regard interrogateur vers Lucia :
- Attends, tu as bien envoyé tout ton courrier hein ? J'veux pas t'presser. On a encore un peu de temps avant l'dîner. Enfin (checke sa montre) pile le temps en fait.

345 - hey :cute: probablement mon avant-dernier ou dernier post (en fonction de la réaction de Lulu ;)) Consty essaie, essaie, essaie :cute:

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