Entre deux lignes

Novembre 2049
Avec @Saïph Bulbosa


Thomas poussa la lourde porte de la bibliothèque, il fit attention à ne pas la claquer en la refermant. Il se doutait que personne ne voulait être déranger dans ce lieu.

Il rentra et inspira aussitôt l'odeur familière. Celle des vieux livres, un parfum qui lui rappelait la maison. Et puis Thomas trouvait la bibliothèque plus rassurante, plus apaisante. Tout le contraire de la grande salle qui était constamment trop bruyante.

Il avait passé la matinée dans sa salle commune, écoutant les bavardages de ses camarades et participant de temps en temps mais maintenant il avait besoin de calme et de tranquillité. Donc Thomas avait fini par prendre son sac puis la direction de ce lieu.

Sur son épaule, son sac pendait. A l'intérieur, quelques parchemins, certains déjà griffonnés et d'autres n'attendant que sa plume.

Il avait décidé de faire ses devoirs ici. Il choisit une table à l'écart, le plus au fond possible de la salle. Les étagères étaient plus poussiéreuses, c'était un endroit rarement prit d'assaut et cela lui convenait. Une grande fenêtre apportait une lumière naturelle que Thomas comptait bien apprécier.

Thomas posa son sac sur une chaise puis s'installa sur celle d'à côté. Il sortit du parchemin vierge ainsi que ceux griffonnés. Il allait recopier son devoir à rendre et pour cela, il sortit non pas une plume mais un stylo. C'était plus pratique après tout.

Il relut ses différents brouillons même s'il les connaissait par cœur. Il prit le temps de tout recopier proprement. Il préférait prendre son temps et obtenir une bonne note plutôt que de se presser.

Après de longues minutes à noircir son parchemin, il se rendit compte que presqu'une heure était passé. Il regarda vers la fenêtre, rêvassant en regardant la poussière flotter dans le rayon du soleil. Il se perdit dans ses pensées.


Voilà pour moi ! J'espère que ça te plaira !

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Entre deux lignes
Novembre 2049
@Thomas Didler


Saïph passa les portes de la bibliothèque précautionneusement, comme c'était désormais devenu une habitude pour elle. C'est fou comme des choses auparavant extraordinaires devenaient simples, avec le temps. Ce comptoir sur sa droite, cette salle d'étude sur sa gauche, ce coin détente avec des romans et des livres dans des langues de tous pays...et cet immense passage, avec toutes ces étagères et ces pancartes. En quelques jours, elles avaient cessé d'être d'une quelconque utilité (les pancartes, pas les étagères). Désormais l'Irlandaise ne cherchait plus d'un oeil perdu la signalisation. Ce lieu lui était familier et, comme toute chose familière, il lui faisait toujours chaud au coeur quand elle le rejoignait.

La Première Année remonta la sangle de son sac sur sa frêle épaule et avança doucement. Si elle s'était hâtée pour venir, cette pièce avait le don de la calmer. Pour elle, se dépêcher ici, c'était presque un parjure.

Aujourd’hui était pareil à nombreux autres jours. Elle s’était rendue ici sans vraiment savoir ce qu’elle cherchait. Certes, elle avait des devoirs. Elle savait pertinemment quel livre ou en tous cas quels rayonnages arpenter. Pour autant, elle comptait bien se laisser voguer au gré des courants, et ne s’arrêter que sur l’ouvrage qui l’appellerait le plus. Ainsi déciderait le sort.

Tanguant un peu sous le poids de son ballot toujours trop rempli, elle se mit donc en route vers une nouvelle découverte, une aventure de papier aux fumets parcheminés.

Ce fut du côté de la Botanique que ses pieds s’arrêtèrent. Elle laissa d’abord ses yeux mordorés épouser chaque tranche qui s’y présentait, goûtant les titres avec gourmandise. L’Aiglonne adorait la Botanique. C’était une zone de confort pour cette Née-Moldue catapultée dans un monde magique. Non-pas que ne rien comprendre à ce qui l’entourait était étrange, chez elle. L’univers moldu lui apparaissait aussi bizarre que Poudlard. Bizarre dans le bon sens, d’ailleurs. Bien qu’elle ne sache pas s’il y avait vraiment un mauvais sens à ce terme. Certainement, étant donné qu’elle avait souffert de ce qualificatif durant son enfance... Si le bizarre en repoussait beaucoup, elle, ça l’attirait telle une grenouille vers son étang.

Ne prêtant pas vraiment garde à son avancée, toute occupée à se tordre pour lire le plus haut possible, la blondinette se prit les pieds dans sa cape trop grande et tomba dans un gros fracas. Emmêlée dans les tissus, elle se débattit un peu, passa une main dans les nœuds de ses cheveux, tira sur un bout d'étoffe, libéra une jambe, remonta une manche, se remit sur pied.

Les yeux un peu écarquillés, la minuscule bleue et bronze récupéra sa besace, qui avait vomit plume, parchemins et livres, et replaça le tout comme le pu avant d’ébouriffer encore ses mèches de blé et de se redresser complètement. Habituée à tomber, à se prendre dans ses habits trop amples, ou à percuter des choses, elle ne vérifia pas si elle s'était blessée, tâchée ou froissée. Elle était toujours un peu écorchée, embrouillée et chiffonnée. Comme si son allure devait absolument convenir à son esprit. Ou peut-être était-ce parce qu'elle n'y portait pas grande attention ? Néanmoins, il y avait autre chose auquel elle témoignait nettement plus d'intérêt : ne pas déranger le silence de ces lieux et de ses occupants. Elle fit donc un tour sur elle-même pour vérifier.

C’est là qu’elle le vit. Il était installé tout au fond, entre les étagères, au niveau des livres que peu de personnes consultaient. Sur sa petite table unique, sous cette fenêtre ensoleillée, il fut, l’espace d’un court instant, une apparition. Saïph papillonna pour s’assurer qu’elle ne s’était pas cogné la tête. Non. Il y avait bien une personne sur cette unique table, entre les étagères, au bout de l’allée. A quelques mètres à peine. Et cette personne tenait un stylo.

Un énorme sourire remonta les pommettes de la pré-adolescente, qui bascula un instant sous le poids de son cartable, avant d’avancer, aussi vite qu’elle le pouvait étant donné ses petites jambes, vers la table.

- Bonjour, souffla-t-elle d’une voix fluette. Désolée si je t’ai dérangé, je regardais tout en haut. Tu utilises un stylo pour tes devoirs ? On a le droit ?


729 mots. Oua j'ai la pression, j'aime beaucoup ta façon d'écrire ! J'espère que ma prose te convient et que Saïph n'a pas fait faire un arrêt cardiaque à ton protégé.

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Entre deux lignes
Thomas releva la tête, il fut surpris par la voix fluette. Il resta un instant silencieux, clignant des yeux pour sortir de ses rêveries.

Ses doigts jouaient avec le stylo sans qu'il ne se soit rendu, tellement distrait. L'encre sur son parchemin avait déjà bien séché avec le temps qu'il avait passé dans ses pensées.

Une élève, bien plus petite que lui, avec une cape de travers, le regardait avec un sourire énorme. Ce sourire aurait presque pu le faire sourire aussi, si il n'avait pas l'habitude de prendre un air froid et réservé.

Il regarda le stylo qu'il avait en main. Thomas n'avait jamais pensé qu'il faudrait une autorisation pour écrire. La jeune fille devait sûrement être une née-moldue pour connaître cet objet mais aussi être surprise par son usage.

Cela lui arrivait d'utiliser un flacon d'encre et une plume mais il trouvait ça si peu pratique. Quand Thomas était enfant, ses parents qui aimait lui faire découvrir le monde moldu et sorcier, lui avait appris à écrire avec un stylo et une plume. Aujourd'hui, quand il était à la bibliothèque il préférait utiliser un stylo. En classe, cela dépendait du cours.

Utiliser un stylo avait l'avantage de ne pas mettre de l'encre partout.

Thomas finit par hausser les épaules, un geste qui signifiait "Et pourquoi pas ?" avant de reporter à nouveau son regard sur la jeune fille et de lui répondre.

- Pourquoi on aurait pas le droit au stylo ? Je n'ai jamais demandé l'autorisation de toute façon.

Elle paraissait vraiment petite avec son sac aussi rempli. Thomas arrêta rapidement de la détailler, il n'avait pas envie de se montrer trop curieux. Il préférait surtout garder une certaine distance.

La jeune fille venait visiblement de Serdaigle. Il se dit que finalement, elle n'était peut-être pas née-moldue mais juste une accro à la connaissance. Après tout elle était dans un coin reculé de la bibliothèque, visiblement en train de chercher un livre.

Bon d'accord Thomas y était aussi mais c'était différent ! Il ne cherchait rien que du calme et pas un livre.

C'était parfait, j'aime aussi ta manière d'écrire !! @Saïph Bulbosa

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Entre deux lignes
@Thomas Didler


Saïph vit le garçon papillonner et s’en voulu immédiatement de lui avoir fait perdre le fil de ses pensées. Des pensées, c’était comme un labyrinthe. Il ne fallait surtout pas perdre le lien parce que sinon, Ariane était loin, la sortie aussi, et le Minotaure à votre poursuite. Quand elle avait découvert ce mythe, la blondinette s’était dit que le Minotaure était certainement l’oubli. La mémoire qui vous échappe par fragments, et vous ne parvenez plus à vraiment comprendre comment vous en êtes arrivés là, poursuivant sans relâche une idée, certainement bonne, que plus jamais vous ne retrouverez. Il n’y avait que les bonnes idées, qu’on oubliait.

Alors que le brun regardait son stylo, la blonde le regardait lui. Il était assis, alors elle ne pouvait pas en être certaine, mais il semblait plus grand qu’elle. Au moins ses pieds à lui touchaient ils le sol. Il était assez fin, sans paraître manquer de vitalité. Pour elle qui paraissait toujours souffrir de la faim, c’était un concept en soi.

Elle avait cligné lorsque ses yeux gris aux reflets bleutés s’étaient posés sur elle. Elle n’y lisait pas grand-chose, et cela la perturbait un peu. Ce garçon n’était certes pas un livre, mais les portes de l’âme ne devaient pas être aussi closes, si ? A moins qu’il ne s’agisse d’une caractéristique de Serpentard…

Osmium. C’est ce mot, qui se présenta à elle. Elle l’avait lu un jour dans des mots croisés et avait appris sa définition. C’était un métal dur, réfractaire, connu pour sa réactivité et sa toxicité. Elle aimait bien ce mot : osmium. Et elle savait que ce métal, une fois poli, devenait brillant. Tout comme elle ne craignait pas la toxicité parce que, souvent, ce qui était toxique était beau et coloré. Et puis c’était normal, à leur âge, de ne pas encore être parachevé ! En le regardant, elle ne pouvait qu’espérer que nul ne vienne le raboter, de façon à ce qu’il se peaufine par lui-même, s’aiguise à sa façon.

Le sourire de la fillette, qui avait légèrement décru devant l’air un peu froid de son vis-à-vis, revint à la charge. Définitivement, elle aimait beaucoup cet aspect inébranlable que le Vert-argent affichait. Un peu comme un arbre. A l’aspect froid mais seulement en apparence. Semblant austère et stoïque et, pourtant, acceptant de protéger des nichées de son feuillage, résistant aux tempêtes, vous abritant de la pluie.

Peut-être se faisait-elle néanmoins des idées… Elle haussa les épaules, son sourire toujours accroché. Ce n’était pas grave, d’imaginer des choses. De toutes façons, elle n’attendait pas de lui qu’il se conforme aux volutes imaginaires.

Finalement, le garçon haussa les épaules et Saïph cru que c’était l’unique réponse qu’elle pourrait escompter. Elle s’apprêtait donc à le laisser à sa tranquillité quand, à sa plus grande stupeur, ses orbes rencontrèrent les siennes.

- Pourquoi on aurait pas le droit au stylo ? Je n'ai jamais demandé l'autorisation de toute façon.

Elle écarquilla les yeux, bouche bée. Alors on avait le droit ? Et pouvait-on utiliser toutes les couleurs que l’on désirait ?

Toute à sa joie de désormais rédiger ses devoirs avec le plus de couleurs possible, la fillette avança vers le Serpentard sans vraiment s’en rendre compte. Quand elle s’en aperçue, c’était trop tard. Elle était vraiment trop proche pour que cela ne paraisse pas impoli. Son contentement laissa immédiatement place à l’effroi, et elle recula de deux petits pas, manquant de s’effondrer pour la deuxième fois.

- Je suis désolée, s’affola-t-elle en mettant ses mains devant elle, paumes vers l’avant.

Se rendant compte qu’avec ces manches qui dégoulinaient vers le sol son geste ressemblait plus à une pâle imitation de fantôme, elle les remonta au plus vite, et recommença.

- Je ne voulais pas t’embêter...et autant...m’approcher. Je...je pensais aux stylos que je pourrai utiliser. J’en ai pleins, chez moi, et…

Elle battit plusieurs fois des cils. Fronça les sourcils. Ce garçon lui disait quelque chose, en fait.. Où l’avait-elle croisé ?

- Excuse-moi, mais...tu es en quelle année ?

C’était soit cela, soit à la Bibliothèque. Néanmoins elle en doutait car le Serpentard paraissait d’une discrétion absolue. Sa voix, sa manière de se mouvoir (ou de ne pas se mouvoir en l’occurrence), ses vêtements sobres…

708 mots je me suis dit qu'étant en Première Année tous les deux, ils avaient dû se croiser souvent. Puisque ton protégé semble discret, j'ai imaginé qu'elle n'était pas certaine de se souvenir de lui

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Entre deux lignes
Thomas observa sans bouger la Serdaigle qui s'était avancée bien trop près. Pendant une seconde, il eut presque un mouvement de recul, imperceptible heureusement. Il n'aimait pas qu'on entre dans son espace vital et n'aimait pas entrer dans celui des autres non plus.

La jeune fille avait l'air assez imprévisible et maladroite. Elle avait fait deux pas en arrière mal assuré, manquant la chute comme une brindille soufflé par le vent.

Thomas cligna lentement des yeux tentant de tout comprendre et surtout de comprendre ce qu'elle faisait. Il la vit s'agiter, plaçant ses mains devant elle, ses vêtements trop grands. Elle semblait carrément maladroite et Thomas s'en amusait intérieurement sans le montrer.

Thomas était resté immobile tout le long, comme à son habitude. Il prenait toujours le temps de réfléchir avant d'agir de manière toujours assuré. Ce n'était pas qu'il aimait jouer la statue mais il n'aimait pas juste bouger pour combler quelques choses comme un vide. Il n'avait jamais fait partie des personnes trop actives, trop bruyante, trop tout simplement.

Thomas préférait laisser le silence s'installer sans se sentir obliger de le combler. Le silence lui laisser le temps d'observer. Observer est une chose que tout le monde ne faisait pas. Les personnes trop actives étaient souvent concentré sur leur propre geste, laissant à Thomas tout le loisir de les observer et de réfléchir avant d'agir ou de parler.

Ses doigts avaient fini par lâcher le stylo. Sa main était posé à plat sur la table. Il paraissait calme de l'extérieur alors que sa tête étaient remplis d'informations qui arrivaient et disparaissaient à toute vitesse sans que cela ne soit visible.

Il l'entendit se confondre en excuses. Il la vit cligner exagérément des cils. Il la vit froncer les sourcils. Il l'écouta prononcer sa question.

- Excuse-moi, mais...tu es en quelle année ?

Lui, il savait dans quelle année elle était. En première année, comme lui. C'était l'un des problème de tout observer. Sa mémoire était assez développé et il pouvait se souvenir de certains détails parfaitement inutile ou bien des visages des personnes qu'ils avaient croisés. Et il savait qu'elle était en première année.

Il ne répondit pas tout de suite, il avait ce don de laisser le silence. Il avait compris que la Serdaigle avait besoin de comprendre qui il était. Lui n'avait pas besoin de savoir son année ou sa maison même s'il le savait déjà. Mais il acceptait de jouer le jeu et de combler le blanc entre eux.

Thomas baissa lentement les yeux sur sa main posé à plat sur la table. Puis il releva la tête vers la jeune fille et la regarda dans le regard curieux.

Première année, répondit-il enfin, sans se forcer à donner plus de détails. Sa voix était neutre, posée. Ni froide ni chaleureuse. Juste… égale. Toi aussi, non ?

Une évidence. Mais il avait accepté de jouer le jeu de cette discussion. Thomas continua à l'observer, notant mentalement ses gestes ou ses réactions. De cette manière, il évitait au maximum les choses imprévisibles.

Il repensa à sa réaction face à l'utilisation des stylos et se demanda s'il avait raison en supposant qu'elle était né-moldue. Mais il n'était pas sûr de pouvoir juste poser la question. Les apriori envers les Serpentards étaient encore trop courant... Si on écoutait certaines personnes, il devait haïr les né-moldus... Il n'avait jamais compris pourquoi mais bon...

Tu as eu parfaitement raison, ça colle parfaitement !! J'espère que ma réponse te convient !

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Entre deux lignes
@Thomas Didler

Le garçon laissa le silence s’installer. Comme s’il choisissait ses mots. Comme s’il s’agissait de précieux trésors, à égrainer plutôt qu’à disperser dans le vent. La jeune fille aimait bien, cette façon de faire. Ceux qu’elle avait rencontrés étaient plutôt du genre à occuper ce silence, à le remplir, à jeter leurs phrases aux alizées en espérant qu’une graine, au moins, réussissent à germer. Cela aussi, elle l’appréciait. Parce qu’elle aimait écouter. Elle aimait être spectatrice, et se rendait compte que, cette fois, elle devait être actrice. Elle s’imagina un instant à la barre d’un navire, sentant les embruns lui effleurer le nez. Passa sa manche dessus d’un air absent.

Le regard curieux que lui lança le Serpentard eut le don de se refléter en elle. Il pouvait donc être curieux ? Pourtant, quand il répondit, il ne développa pas. Et lui fit remarquer qu’il savait qu’ils partageaient la même année. Car, comment comprendre ce "aussi" dans le « toi aussi, non» ?

Saïph fronça les sourcils et fit la moue. Son intonation était étrange. Elle qui était habituée à l’excitation ou, au contraire, au dédain, ne parvenait pas vraiment à saisir ce qui se cachait derrière ce timbre. Elle détailla un peu plus longtemps que nécessaire le brun. Calculait-il ses gestes ou était-il ainsi, habituellement ? Elle fixa sa main, posée à plat. Celle qui avait lâché le stylo. Ces longs doigts fins. Remonta sur sa cape, son écusson. Détailla les parchemins où s’étalait son écriture. S'arrêta sur sa posture. Pas un membre pour s'agiter, pour trahir.

Certaines personnes pouvaient connaître quelqu’un à sa seule façon de s’habiller, d’écrire. Elle, elle ne le pouvait pas. Elle n’aimait pas juger les choses de prime abord. Après tout, il y avait beaucoup de choses que l’on jugeait très mal, au premier contact. Les araignées, par exemple, souffraient encore de ces préjugés. Et que dire des serpents, qui déclenchaient des hystéries collectives ? Et les sorciers… En connaissant leur existence, ne risquait-on pas de les brûler sur d’énormes bûchers ? L’Aiglonne se sentit pâlir en pensant à ses camarades piégés dans les flammes. Le bois de leur baguette alimentant un feu qui se répandrait, une traînée de poudre pour un massacre. Elle secoua la tête.

Que faisait-elle, déjà ? Sursautant, elle s’aperçut qu’elle s’était encore perdue dans ses pensées. Elle risqua un œil vers son vis-à-vis. Etait-elle restée à le regarder tout ce temps ? La fillette s’en voulut immédiatement de potentiellement l’avoir contrarié.

- Désolée...on m’a dit qu’observer les gens c’était très impoli. Je...je me suis un peu perdue dans mes pensées… Normalement, les gens, ils discutent. Ils parlent pour pas grand-chose. Juste pour se cacher. Si toi, tu ne parles pas...c’est parce que tu ne veux rien cacher ?

Elle pencha la tête sur le côté, les nœuds de ses cheveux se coinçant dans le col de sa cape. Les dégagea d’un mouvement qui trahissait l’habitude. Avant de se rendre compte qu’elle venait peut-être de le mettre d’avantage en colère.

-Désolée ! Je...je te dérange sûrement… Mais… Puisque tu es là, est-ce que tu peux m’aider ?

L’enfant hésita. Se mordit la lèvre inférieure. Devait-elle le laisser là, et ne pas l’embêter d’avantage ? Elle tourna sur elle-même pour regarder les livres qui les entouraient. Ce n’était pas un lieu propice aux conversations. Pour autant, ses pieds l’avaient menée ici. Pour elle qui se laissait toujours porter, acceptant ce qui se produisait autour d’elle comme cela lui venait, il n’était pas envisageable de ne pas tenter. Il y avait bien un point, en Métamorphose, qui la gênait depuis un moment... Et puis, peut-être était-ce une bonne façon de le faire sourire ? Saïph aimait que les gens sourient. Ou pas. Au moins qu'ils soient heureux. Aider les autres rendait heureux, non ?

- Je...je n’ai pas bien compris quelque chose en Métamorphose, et...peut-être que tu saurais me dire : disparaître, c’est rendre invisible, comme pour les capes, mais alors pourquoi l’Armoire à Disparaître, alors qu’elle permet d’aller d’un point à un autre, s’appelle Armoire à Disparaître ?

Elle avait lancé la question tête en l’air, les yeux perdus sur les rangées d’ouvrages. En revenant au brun, elle eut un sourire tendre.

- Et si tu ne peux pas me répondre ou si tu préfères que je m’en aille, tu peux aussi me le dire, tu sais.

689 mots - Ah comment ne me conviendrait-elle pas ? J'aime beaucoup ton personnage ! C'est difficile de savoir ce qu'il pense mais, comme il n'en montre rien, ne pas confier ses secrets à ma protégée ! Bon j'avoue que la formulation de sa question donnait un très léger indice, qu'elle a heureusement pu décrypter ! Bon et bien à présent tout dépend de la réponse de ton protégé ! Va t il ouvrir la porte à mon adorable blondinette ou bien la fermer ?

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@Saïph Bulbosa

Thomas n'avait pas bougé d'un millimètre. Il s'était contenté de suivre du regard chaque mouvement de la jeune fille comme on pourrait suivre la trajectoire d'une plume emporté par le vent par sa légèreté.

Il l'écouta parler d'un traite, sans l'interrompre. Sa première question le fit réfléchir plus sérieusement.

- Désolée...on m’a dit qu’observer les gens c’était très impoli. Je...je me suis un peu perdue dans mes pensées… Normalement, les gens, ils discutent. Ils parlent pour pas grand-chose. Juste pour se cacher. Si toi, tu ne parles pas...c’est parce que tu ne veux rien cacher ?

Thomas n'appréciait pas le vide mais le silence oui. Il trouvait qu'il y avait une vraie différence entre ces deux notions mais peu de gens s'en rendaient compte. Sa mère lui avait toujours expliqué que le vide c'était comme ressentir un manque alors que le silence c'est lorsque tout était comme cela devait être. Il aimait que les choses soient là où elles devaient l'être.

Thomas ne répondit pas tout de suite et regarda vers la fenêtre. Le rayon de lumière éclairait toujours cette table, réchauffant son parchemin. Il posa sa main sur son parchemin et le lissa légèrement. Puis il inspira, il avait prit le temps de réfléchir à sa réponse.

- Je ne pense pas qu'observer soit impoli, dit-il d'un ton égal. C'est normal, enfin ceux que ça dérange j'imagine qu'ils ne veulent pas qu'on comprenne ce qu'ils ne veulent pas montrer.

Bon d'accord, sa réponse même si elle était réfléchie, elle n'était peut-être pas très clair pour autant. Thomas adorait observer et c'est pour ça qu'il aimait le silence. Il aimait observer les réactions des personnes face à lui. Il aimait savoir ce qu'elle ressentait. Il avait du mal avec les émotions ou les ressentis et observer lui permettait de mieux comprendre tout ça.

Thomas n'avait aucun problème avec le fait d'être observé. Cela voulait dire que la personne s'intéressait à leur conversation et ne cherchait pas à fuir, ça lui convenait.

Il finit par relever le menton pour planter ses yeux dans le regard de la Serdaigle. Elle avait l'air très curieuse. Il se demandait si elle tentait de lire en lui ou si elle était en intense réflexion.

- Je ne parle pas quand c'est inutile. Autant avoir quelques choses d'intelligent à dire.

Il regarda ensuite la table, elle était poussiéreuse. C'était une preuve que peu de personnes s'aventurait de ce côté de la salle. Et pourtant, tous les deux étaient là.

La suite de la discussion lui fit hausser un sourcil machinalement. Il était amusé intérieurement. Elle était sérieuse en posant sa question sur la métamorphose ? Bien sûr qu'elle l'était. Elle avait l'air d'être très curieuse donc c'était une question qui se posait et qui méritait une réponse.

- L'armoire à disparaître, murmura-t-il, comme s'il réfléchissait avant de répondre tout en regardant la jeune fille la tête en l'air. Je dirais que disparaître ce ne plus être là mais être invisible c'est être là sans être vu ?

Il ne s'était jamais posé la question mais il pensa à une personne qui pouvait être discrète. On disait bien qu'une personne discrète pouvait être invisible, parce que personne ne l'a remarqué alors qu'elle était bien présente. Donc il imaginait que ça pouvait faire sens.

- Et je ne crois pas que tu me déranges. Enfin si tu fais tomber de l'encre sur mes devoirs ou une étagère sur nous. Je serais sûrement dérangé.

Un souffle un peu ironique mais pas méchant passa à travers ses lèvres. Thomas acceptait sa présence après tout elle semblait intelligente, curieuse alors pourquoi pas accepter sa présence. En plus, elle ne semblait pas déranger par ses silences et c'était rare.

Il pointa la chaise face à lui d'un signe de tête pour lui signaler que la place était pour elle si elle le souhaitait. Ou pour son sac trop lourd afin d'éviter une nouvelle catastrophe. Elle avait l'air d'être le plus souvent la tête en l'air finissant les fesses par terre.

Thomas reprit finalement son stylo et le fit tourner entre ses doigts, jetant un coup d'œil à ses devoirs.

C'est gentil, merci !! Je pense que nos deux protégés pourraient s'entendre. Saïph curieuse et maladroite pourrait bousculer le quotidien de Thomas la statue réservée ! Sache que Thomas est aussi adorable ! Il ait juste moins à l'aise que ta blondinette dans les discussions !! Mais il apprécie rencontrer des personnes intelligentes !

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@Thomas Didler

Le garçon mit du temps à répondre. Il regarda par la fenêtre, offrant les reflets bleus de ses orbes aux éclats solaires. Il lissa ensuite son parchemin, qui était déjà lisse, inspira. Ses yeux se déplaçaient lentement. Comme ses gestes ou ses paroles, ses regards étaient mesurés. Rien à voir avec un métronome, cependant. Ça ne claquait pas. Ça ne tapait pas. Ça ne battait pas. C’était plus comme un souffle. Celui qui, la nuit, fait frémir les rideaux. Qui ne cherche pas à attirer l’attention. D’ailleurs, c’est rare de le remarquer, ce courant d’air. Il est pourtant là, il habite les lieux, sans forcer sa présence.

Quand il répondit, il reprit ce timbre que Saïph peinait à décrypter. Pas intéressé, pas indifférent. Neutre. Très différent des mots prononcés. En eux, des accents de vérité qu’enfin la blondinette saisissait. Ces phrases, elles firent émerger en l’Aiglonne des visages, ceux des personnes qui s’étaient offusquées de ses examens visuels parfois trop minutieux. Les gens craignaient le jugement des autres. Elle ne l’avait jamais compris parce que, son jugement à elle, il avait bien peu d’importance. Son vis-à-vis n’avait-il pas peur du jugement, ou simplement de son jugement à elle ?

La jeune fille se demanda si elle, elle s’inquiétait des regards. Elle s’en était préoccupée, elle le savait. Elle avait imité des coiffures pour être comme les jolies filles de son école. Pas longtemps. Elle avait fini par se dire qu’elle était ainsi, et que les yeux des gens, ils projetaient surtout d’eux-mêmes.

Ceux du Première Année ne projetaient pas grand-chose, cependant. Elle avait à peine entrevu un rayon de curiosité. Toutefois, lorsqu’il la fixait, elle sentait qu’il lisait en elle. Y parvenait il ? L’Irlandaise s’imagina un instant sur une étagère, comme tous les volumes qui les entouraient. Elle convint avec elle-même qu’elle serait tout en haut, tout au fond, toute de poussière vêtue. Elle eut un petit sourire. Cela lui allait parfaitement. Aucun œil pour attendre quelque chose de sa part, et tout le loisir de se percher sur les toits des mondes pour contempler à son envie. Et lui, où aimerait-il être placé s’il devenait un livre ?

- Je ne parle pas quand c'est inutile. Autant avoir quelques choses d'intelligent à dire.

Il avait posé les yeux sur elle, pour cette affirmation. Cela lui donnait encore plus de poids. Alors, Saïph se concentra sur celle-ci. Qu’est-ce qui était « utile » et « intelligent » ? La communication devait elle faire office de cartable, de lit, de vase ? Jusqu’où allait cette utilité ? Les révisions, les devoirs, c’était utile. Alors sa question était-elle également intelligente ? Évoquer la métamorphose entrait-il dans la catégorie du garçon ? Toute occupée à regarder les volumes autour d’elle, c’est dans une sorte de rêverie qu’elle entendit la réponse du Vert-argent. Elle fut rassurée. D’abord parce qu’elle ne parvenait pas à trouver la solution au problème et que cela tournait dans sa tête. Ensuite, car il ne s’en était pas moqué. S’il aimait répondre à des questions, elle en avait encore beaucoup. Vraiment beaucoup. Tout l’intéressait et elle ne saisissait pas grand-chose.

L'armoire à disparaître, murmura-t-il. Je dirais que disparaître ce ne plus être là mais être invisible c'est être là sans être vu ?

Oui, elle aurait dit la même chose...avant de découvrir que des sortilèges de disparition pouvaient rendre uniquement invisibles, qu’une armoire à disparaître vous faisait passer par le néant pour vous téléporter, et que transférer des objets entre eux ce n’était pour autant pas les faire disparaître. Si disparaître c’était ne plus être là, alors il n’y avait pas grand-chose qui pouvait complètement disparaître, si ? Ça allait avec l’Armoire parce que, concrètement, elle permettait de ne plus être là.

Elle acquiesça, sourcils légèrement froncés par sa réflexion interne.

La suite fut si surprenante, qu'elle sortit instantanément de ses songes. Elle avait sincèrement pris le parti de le remercier pour sa réponse, et de le laisser. Et voici qu’il lui disait qu’elle ne dérangeait pas. La Née-Moldue cligna et baissa la tête pour mieux observer son interlocuteur. De façon à être certaine qu’elle avait bien entendu. Lui, poursuivait.

- Enfin si tu fais tomber de l'encre sur mes devoirs ou une étagère sur nous. Je serais sûrement dérangé.

Elle pouffa. Cela aurait été dommage, en effet. Un souffle qu’elle aurait qualifié d’amusé précéda ce qui ressemblait à une invitation à s’installer. Là, Saïph était bien au-delà du stade de l’étonnement. Son œil se posa dans un coin, n’importe où, juste le temps de faire défiler leur conversation. Quand il revint à son vis-à-vis, il était incertain. Elle fit un petit pas, deux petits pas. Ne pouvant pas réellement compter sur une réaction fulgurante du brun, elle le scannait avec une avidité qui en aurait déstabilisé plus d’un.

Ce fut donc doucement qu’elle s’approcha de la table. Elle posa son sac sur le sol, l’ouvrit. La besace parut pousser un soupir, enfin libérée des attaches qui, à elles seules, retenaient un monceau d’affaires. Parmi sa joyeuse pagaille, elle trouva une pile de parchemins, son manuel de métamorphose (puisqu’ils en avaient parlé) et l’étui qui protégeait jalousement sa plume bleue et son encrier. Elle posa tout sur le sol avant de pousser son sac contre une étagère, à l’exact opposé du garçon. Puis, elle se redressa et plaça doucement ses objets sur la table, en prenant garde à ne surtout pas prendre trop de place et, plus important encore, à ne rien déranger, rien pousser, rien souffler, rien basculer.

Le matériel installé, il ne restait plus qu’elle. Comme c’était devenu une habitude, elle commença donc par ramasser sa cape, qu’elle remonta dans un bras, l’autre l’aidant à prendre appui sur l’assise. Tout en poussant légèrement avec une main, elle leva une jambe pour la glisser sur la chaise, se hissant sur la pointe de son autre pied. Ceci établit, la partie complexe débutait. Entre son tissu sous son bras, sa jambe sur la chaise et son pied en équilibre, elle risquait de s’effondrer à tout moment. Fort heureusement, malgré sa gaucherie, elle avait également l’habitude d’escalader. Bon pas des chaises aussi légères qui pouvaient basculer vers l’avant et écraser un garçon et ses devoirs, mais elle n’était pas la moins habile en cette discipline. Enfin peut-être. Elle regarda sa cape, qu’elle avait soulevée, dévoilant une partie de son collant épais et de jaune et noir rayé. Tant pis. Elle lâcha le tissu pour s’aider de ses deux mains et permettre à son autre jambe de rejoindre la première. Arrivée sans anicroche, elle offrit un immense sourire au garçon.

- C’est vrai que je suis un peu maladroite. Mais je me suis jamais assommée, jusqu’ici, donc c’est que ça va quand même.

Elle haussa les épaules en échappant un petit rire, qu’elle retint du fait du lieu où ils se trouvaient, et ouvrit son manuel.

- Au fait, moi, c’est Saïph. Et toi ? Sur quoi tu travailles, en ce moment ?

1100 mots
Je pense aussi qu'ils pourraient s'entendre ! Saïph semble en tous cas l'apprécier, surtout s'il commence à la taquiner ou à répondre à ses questions. Et puis, à eux deux, ils pourraient semble-t-il passer des heures sans parler et sans souci. Je ne doute pas que ton protégé est choux. C'est cool, les perso/personnes qui ne s'ouvrent pas immédiatement.

Saïph - 2e Année RP Promo 2049-2050 - Fiche PR
Dialogues : color=#3e5653

Entre deux lignes
@Saïph Bulbosa

Thomas l'avait regardé du début de sa réaction face à sa proposition jusqu'à la fin de son installation.

Il avait été très amusé de voir l'ouverture du sac trop rempli, la manière dont Saïph s'installa sur sa chaise, la manière de ne pas vouloir imposer ses affaires.

Chaque geste de la Serdaigle semblait imprévisible, mais Thomas avait bien noté tous les détails : une plume très soigneusement rangé, la cape ramené contre elle, le dépôt des affaires de manière organisé sur le sol puis sur la table.

Thomas n'avait pas broncher, il s'était contenter d'hausser un sourcil de temps en temps comme si c'était son moyen d'enregistrer chaque moment.

Quand elle grimpa sur la chaise, le Serpentard crut qu'elle allait s'étaler de tout son long. Il était tendu prêt à bouger si une nouvelle catastrophe arrivait mais elle semblait très bien gérer le numéro d'équilibriste qu'elle jouait devant lui.

Cette Serdaigle était un vrai spectacle. Ce n'était à y rien comprendre pour lui. Une jeune fille bruyante mais acceptant les silences, maladroite mais ordonnée. Elle était un oxymore à elle toute seule. On pouvait vraiment avoir des traits de caractères si différents ? Apparemment oui.

Une fois installé, elle s'adressa à lui avec ce sourire contrastant avec son air plus fermé, plus figé. Thomas soutient ce regard. Il ne souriait pas en retour, ce n'était pas qu'il ne le voulait pas mais c'est surtout qu'il n'y voyait pas l'utilité ici et maintenant.

Même si pour une personne qui savait lire sur le visage, Thomas avait un regard doux, il n'était pas méchant en tout cas il essayait de ne jamais l'être. Il essayait de ne jamais s'énerver, de ne jamais entrer dans un conflit. Il n'était pas trouillard mais il n'aimait pas perdre son temps. Et aujourd'hui, ici et maintenant, il n'avait pas l'impression de perdre son temps.

Quand elle lui raconta qu'elle ne s'était jamais assommée, Thomas eut un soufflement léger et amusé.

- Ca peut arriver plus vite qu'on ne le croit, murmura-t-il n'assumant pas pleinement sa petite plaisanterie.

Il reprit son stylo en main et le fit tourner. Occuper ses mains autant que son esprit. Il connaissait trop bien les accidents, cela lui arrivait de côtoyer des personnes maladroites et les imprévus arrivaient trop souvent à son goût. Lui, cela lui arrivait rarement, il veillait toujours à ce que tout soit organisé, tout soit préparé.

On lui disait souvent qu'il était calme mais c'est juste qu'il réfléchissait et mesurait chaque geste afin de s'assurer d'un bon résultat. Quand il était chez lui, c'était différent. Il savait qu'il pouvait avoir la tête ailleurs et être bordélique, il restait en sécurité. Mais ici à Poudlard, il préféré être organisé autant dans sa tête que dans ses affaires. De cette manière, il avait toujours un coup d'avance.

Quand Saïph se présenta, il hocha la tête lui signifiant qu'il l'avait bien entendu et surtout retenu. Saïph, donc. Ce prénom lui disait quelques choses. Il réfléchit de longues secondes se demandant où est-ce qu'il avait déjà entendu ce prénom. Mais oui ! Bien sûr, c'était une étoile.

Thomas aimait observer les étoiles. Il adore dés que le beau temps revient, sortir de chez lui, dormir à la belle étoile avec son sac de couchage et observer le ciel. Mais bon, il observait aussi le ciel la journée.

- Thomas, finit-il par répondre, la voix toujours aussi posée.

Aucun autre détail n'était utile d'après lui. Son prénom était amplement suffisant.

Il baissa les yeux vers son parchemin.

- Un devoir de potion. Mais je m'avançais et j'ai juste à le recopier. Rien d'urgent.

Il rassembla ses parchemins tâchés de ratures, de différents gribouillages lui servant de brouillons de sorte à ce qu'il y est plus de place sur la table qu'ils partageaient ensemble.

Il releva les yeux, détaillant le visage de l'Aiglonne face à lui.

Il hésita quelques secondes à poser la question qui l'intéressait. Puis il se dit qu'il pouvait la poser sans embêter la jeune fille.

- Pourquoi tu t'intéresse à la métamorphose ? demanda-t-il de cette voix monocorde sans être déplaisante pour autant.

Thomas ne ressentait aucune affinité avec la métamorphose. Il trouvait pleins de choses sympas comme les animagi. Mais d'un autre côté, cette matière le dérangeait. Le fait que certains personnes pouvaient changer leur apparence, ou changer l'apparence d'un objet, disparaître ou faire disparaître un objet le déstabiliser. Il n'aimait pas le changement.

C'était étrange parce qu'il adorait les potions et il existait quand même le polynectar. Mais cette potion ne le dérangeait pas autant. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi. Peut-être parce qu'au moins, le polynectar il savait comment le fabriquer alors qu'un sort c'est tellement plus imprévisible.

Je pense que nos deux petits sont aussi curieux l'un que l'autre. Juste que l'une des deux pose ses questions tandis que l'autre tente d'y répondre seul dans sa tête ! Je pense qu'il est plus facile de jouer une personne un peu fermé, neutre que de jouer une personne vive, énergique. Puis selon la maison, il y a des personnalités qui reviennent plus ou moins.

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Trésorier sur le navire des AA de PFR

Entre deux lignes
@Thomas Didler

- Ça peut arriver plus vite qu’on ne le croit, dit-il.

Elle exhala un rire qui fit pétiller ses yeux. C’est vrai que nul n’était à l’abri. Mais elle était certainement soit chanceuse, soit plus solide qu’elle ne le laissait paraître. Parce qu’à part des os cassés et des contusions, elle ne s’était jamais rien fait de grave. Sans doute ses nombreuses blessures auraient elles dû la rendre prudente. Ce n’était pas le cas. Du moins si, elle était prudente. Elle tentait de ne rien casser, de ne pas blesser autrui. C’était souvent cette crainte qu’elle portait en elle lorsqu’ils avaient des exercices pratiques en classe. Pour sa propre personne, sa conscience n’avait pas encore prit le goût de la sermonner suffisamment souvent pour qu’elle prenne conscience des dangers.

Quand elle se présenta au garçon, elle cru qu’il n’allait pas répondre. Elle ne s’en serait pas formalisée. Après tout, elle pouvait très bien le nommer dans son esprit, de son propre chef. Osmium aurait été son nom, ou Os, qui serait devenu Oz. Elle sourit. Pour autant, puisqu’il lui donna son identité, elle le répéta dans sa tête en acquiesçant. Thomas…

Sa mère lui avait un jour lu un livre qui disait que nommer les gens, c’était une façon de les mettre au monde. C’était une façon de les adopter complètement. Il n’y avait pas vraiment obligation de confier des appellations originales. En s’appelant, on devenait pour l’autre unique au monde. Ainsi, notre prénom éveillerait désormais notre visage dans l’esprit de l’autre. Comme des noms de rues ou de villes. Quand vous ne les connaissez pas, ça vous est étranger. Les gens, ce sont des étrangers jusqu’à ce que vous sachiez comment les appeler. Quelles syllabes prononcer pour qu’ils se retournent, ou pour les évoquer. Dans le livre, il fallait nommer pour pouvoir apprivoiser. Était ce le cas, ici ?

Saïph suivit le regard de Thomas. Il paraissait très investi. Il y avait des ratures, sur son parchemin. Étant donné ce qu’elle avait vu de lui, elle présumait que c’était un brouillon. Un brouillon de potion qui ressemblait à peu de choses près à ses cours à elle, avec peut-être moins de dessins ou de tâches d’encre. Il fallait dire qu’écrire avec une plume quand vous n’avez jamais manipuler un tel objet, c’est à la fois tout un programme, et une sacrée gageure. Pour les devoirs, elle prenait nettement plus garde. Quitte à les réécrire plusieurs fois. Mais il y avait toujours quelques bavures qui se faufilaient ici et là, à croire que même son écriture avait des ratés.

Elle le regarda ranger ses parchemins et craignit un instant qu’il ne décide de s’en aller. Non-pas qu’elle voulait absolument qu’il reste. Il était libre. Mais elle aimait bien ses silences. Elle aimait bien ses réponses et ses regards qui vous braquent d’un coup pour partir ensuite. Elle était curieuse de ce jeune homme, tout comme elle était curieuse de tout. Non, si elle avait ressenti de l’appréhension, c’était parce qu’elle avait peut-être mal saisi son invitation et que, finalement, elle le chassait. Pour éviter tout malentendu, elle avait pour habitude de formuler ses craintes, ses mésententes, ses questionnements. Elle l’avait fait, avec lui. Elle lui avait proposé de partir. S’il n’avait rien dit c’est qu’elle pouvait rester, d’accord, mais peut-être pas empiéter de la sorte ? Ou était-ce car, tel qu’il le disait, il avait terminé ? Alors pourquoi ne recopiait-il pas au propre ?

La blondinette retrouva son sourire quand elle remarqua qu’en réalité, elle s’était animée pour rien. Le Serpentard rassemblait son matériel mais ne le rangeait pas. Il se contentait de lui faire de la place. Elle s’en trouva toute émue. Pour chasser les restes de sa fébrilité, elle passa une main dans son carré de blé, le dérangeant encore plus qu’il ne l’était déjà. Puis, entreprit de s’intéresser à sa métamorphose et au devoir qu’ils devaient rendre. En tous cas c’était ce que le papier collé à son livre tentait de lui rappeler.

Pourquoi tu t'intéresse à la métamorphose ? 

L’Irlandaise leva ses orbes mordorés sur son désormais camarade d’études. Cela la fit sourire, de penser à Thomas de la sorte. Elle haussa les épaules.

- En fait, je m’intéresse à peu près à tout...je n’ai pas encore trouvé grand-chose qui m’intéresse vraiment pas. Ou peut-être…

Elle fronça le nez en fouillant dans sa mémoire. Quand elle passait le balai, elle s’amusait tout le temps à former des couloirs de sauvetage pour les insectes qui déguerpissaient. Lorsqu’elle faisait la vaisselle ou se lavait, elle jouait avec les clapotis, pressait le savon et se faisait des barbes de bulles. Avec le repassage elle s’imaginait que les plis étaient des montagnes à conquérir.

- ...me brosser les cheveux. Mais brosser ceux des autres, j’aime assez…

Elle s’était mise à compter sur ses doigts, alors elle baissa l’unique élu qu’elle venait de supprimer. Parce que se peigner, ça pouvait également être source d’intérêt. Elle ne le faisait que rarement, mais c’était toujours un amusement alors qu’elle plongeait dans ses nœuds pour les faire descendre, glisser jusqu’aux pointes, s’écorcher sur les dents du peigne. Après elle les attachait n’importe comment, testant différents types, juste pour rire devant le miroir.

- Tout m’intéresse. La métamorphose…j’aime bien l’idée que même la magie repose sur des lois naturelles. Tout est toujours en train de changer, de se métamorphoser. Tout est tout le temps en mouvement. Savoir que tu peux y participer...je trouve ça incroyable. Et puis tu imagines ? Tu peux faire disparaître quelque chose. Il est là et d’un seul coup, «pouf » (elle mima une minuscule explosion avec ses mains) plus rien ou autre chose. Je trouve ça merveilleux. Tu peux faire apparaître des oiseaux et des serpents ! Te déguiser pour de vrai...devenir un animal et enfin voir comme eux ! Mais ça me rend triste, aussi...il y a des gens qui se métamorphosent sans le vouloir. Un peu comme nous, c’est vrai. Mais pour devenir des Loups Garous. Ça, je trouve ça triste. Ça a l’air de faire mal… Mais tu peux sûrement les aider, en te métamorphosant aussi en animal et là, ils sont pu seuls…

Elle grimaça en remontant son vêtement qui glissait sournoisement sur son épaule. Un frisson la traversa. Être loup, elle n’aurait pas été contre. Mais être forcée, être peut-être dangereuse ? C’était horrible. Elle espérait que c’était possible, de les accompagner sans devenir l’un d’entre-eux. Ou d’imaginer des fleurs capables au moins de les apaiser. Une potion ?

Sa voix frêle, qui était passée tour à tour d’excitée à attristée, se confondit un instant en mutisme. Elle dut déglutir pour chasser la boule qui s’était formée dans sa gorge. Relevant des yeux un peu humides vers Thomas, elle risqua un sourire contrit.

- Toi, qu’est-ce qui t’intéresse ?

1.111 mots.
C'est vrai que chez les Serpentards, j'en ai déjà croisé deux plutôt calmes et mesurés. Un autre nettement plus volubiles ! Je ne sais pas vraiment si ça joue énormément, finalement. Il y a pas mal de personnes qui semblent avoir choisi des personnages un peu sombres, un peu ébréchés, un peu fous ou très charismatiques. Moi je voulais juste écrire un personnage que je n'avais jamais tenté, ayant plutôt créé des méchants, jusqu'ici, ou bien des êtres avec un caractère de ***. Je ne sais pas ce qui est le plus simple. Je pense que les deux sont complexes parce qu'il faut tenir le perso' (et si ce n'est pas ton caractère, dur dur)

Saïph - 2e Année RP Promo 2049-2050 - Fiche PR
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