31 mai 2025, 15:37
Troquer des bombabouses contre un gentleman
Début décembre 2049.
Patinoire du Marché de Noël.
Avec @Kieran Hawthorne

C’était la deuxième année que le Chemin de Traverse se voyait accueillir une grande surface de glace – et la première où Morgan pouvait réellement en profiter. En réalité, son expérience d’employée temporaire l’année précédente n’avait pas été si terrible. Son quotidien avait simplement été différent, finalement assez banal. Travailler le jour, dormir la nuit. Croiser des gens ordinaires, ni hors-la-loi potentiels ni revendeurs désespérés cherchant à écouler de la camelote, mais des familles, des groupes d’amis, des couples... Parfois, elle en venait à oublier que ce genre de personnes existait encore, tant elle vivait enfermée dans sa propre bulle.

Cela ne lui avait pourtant pas manqué — cette sensation désagréable d’être à découvert, d’être vue. Trop de visages familiers, trop de souvenirs. Au moins, dans l’Allée des Embrumes, il y avait un silence tacite. On n’y croisait personne… ou du moins, chacun faisait semblant. Personne n’y allait officiellement — rares étaient ceux qui l’admettaient franchement.

Ce qui lui avait manqué, en revanche, c’était de patiner. En un an, elle avait perdu un peu de son aisance, mais les automatismes revenaient peu à peu, au fil des tours de piste.

« Morgan, Morgan, t’as vu ce que j’ai fait ? » entendit-elle au loin. C’était Kathleen, qu’elle avait emmenée avec elle. À vrai dire, c’était pour elle qu’elle était là. Depuis le dernier marché de Noël, l’enfant était tout simplement obsédée par le patinage. Et l’année écoulée n’avait en rien entamé sa passion. Tous les jours, après l’école, elle venait avec sa grand-mère et ses amis. Ce jour-là, c’était Morgan qui avait accepté de l’accompagner — c’était son jour de repos, après tout.

Morgan aurait préféré un lac gelé, désert, loin de la foule. Elle qui n’aimait pas les bains de foule était servie.

Alors qu’elle se retournait vers la voix de la fillette, elle fut happée par un mouvement de la masse. Elle évita de justesse une collision en rattrapant quelqu’un sur le point de tomber. Et bien sûr, dans la bousculade, débraillée et distraite, elle ne remarqua que trop tard que son écharpe s’était envolée, complice d’un coup de vent soudain.
Reducio
- Votre PJ est présent ? oui
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") : Kathleen Wells, petite fille de sa voisine, utilisation prétexte
- Lien vers la fiche du PNJ : lien
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Kathleen sert de justification de la présence de Morgan à la patinoire, car elle ne serait pas venue sans raison dans un endroit possiblement bondé, alors qu'elle n'aime pas la foule.

I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b

7 juin 2025, 15:35
Troquer des bombabouses contre un gentleman
décembre 2049

Reducio
Image
- Votre PJ est présent ? Oui
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") : Dohwa Ryu (cousine paternelle, prétexte)
- Lien vers la fiche du PNJ : ici
- Intérêt d'utiliser ce PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : À l'instar de Kathleen pour Morgan, Dohwa permet d'expliquer la présence de Kieran dans une patinoire, un lieu qu'il n'aurait probablement pas choisi de fréquenter de lui-même.

Les hivers anglais sont bien moins rudes que ceux des monts Bucegi. Après plusieurs hivers passés dans ce massif farouche des Carpates méridionales, où seul un vent glacial fouettait ces conifères aux branchages gorgés de neige immaculée, les brumes de Londres me paraissent presque accueillantes. Toujours est-il que le froid humide et insidieux qui s'immisce dans chaque centimètre carré de peau exposée me dissuade de m'habiller trop légèrement. Les patins à glace, pendus à mes doigts par les lacets noués – parce qu'il fallait que mademoiselle Dohwa s’entête à emmener les siens –, tintent doucement à chacun de mes pas, balançant au rythme régulier de notre marche.

La rue principale du Chemin de Traverse, toujours plus vive à l’approche des fêtes, se pare de ses humeurs de décembre : les décorations aux vives couleurs ornent les vitrines, et les senteurs de cannelle et de vin chaud se mêlent au joyeux brouhaha des passants entre les étals des kiosques un peu plus loin. À mes côtés, Dohwa resserre une fois de plus son écharpe contre son cou, frissonnante ; mais son visage demeure animé de cette joie qu’elle sait puiser dans les choses les plus banales. Je l’observe du coin de l’œil, un sourire effleurant mes lèvres. Difficile de ne pas songer à la pétillante adolescente que j’avais croisée pour la première fois, il y a de cela une bonne quinzaine d’années. Le temps n'a pas su entamer l'éclat de son regard, qui a conservé cette candeur solaire qui semble tenir tête à l’hiver lui-même.

Une fois arrivés devant la fameuse étendue de glace sur laquelle se profile les lignes de l'imposante banque qu'elle longe, je pousse la porte d’entrée et m’efface pour laisser passer ma cousine. Tandis qu'elle récupère sa propre paire de patins, je me dirige vers l’abri central pour louer les miens. La sud-coréenne s’installe déjà sur un banc, se chaussant avec la dextérité d'une patineuse aguerrie. Je ne tarde pas à la rejoindre, une fois muni d'une paire de patins classiques. Les patins équilibristes auraient pu me tenter ; mais le risque de chuter au moindre pas esquissé ne faisait-il pas toute la beauté de la patinoire ? Et puis, j'avais acquis une certaine aisance sur la glace sur les lacs gelés de Roumanie, et il me fallait pratiquer à nouveau pour la retrouver.

Une fois mes lacets solidement noués, je pose un pied sur la surface givrée, emboîtant le pas de la trentenaire qui s'y élance déjà avec cette grâce naturelle dont elle semble ne jamais se départir. Mes pas quant à eux sont bien plus mesurés, et mes mouvements se font lents et prudents. Je la perds de vue en un clin d’œil, mais je ne m'en soucie guère : la patinoire n'est pas bien grande, on se retrouvera sans trop de peine.

Les lames de mes patins crissent doucement sous moi alors que je savoure la sensation de la brise froide embrassant mon visage et soulevant les mèches à mesure que j'augmente petit à petit la cadence. Alors que je me laisse porter par mes foulées, mes yeux s'arrêtent sur une écharpe emportée par une bourrasque malicieuse, virevoltant en ma direction juste au-dessus de ma tête. Mon regard la suit par réflexe, et je tends instinctivement la main pour la saisir au vol. Le tissu s’enroule brièvement autour de mes doigts, avant de retomber mollement contre ma paume. Je plie soigneusement l'étoffe en deux puis scrute les environs, cherchant du regard celui ou celle à qui elle appartient.

« Serait-ce la vôtre ? » hasardé-je à une silhouette qui se tient approximativement là d'où venait l'étoffe, m’avançant en sa direction.
606 mots
Libre à toi de dire si l'intuition de Kieran est bonne - ou non :ninja:

#00476b]simple sorcier prenant soin de sa peau (aux conseils avisés de la sublime Miya Ryuū)

28 juin 2025, 16:51
Troquer des bombabouses contre un gentleman
Un souffle plus vif que les autres, et l’écharpe s’était envolée. La galloise s’était figée un instant, les sourcils froncés, scrutant l’espace vide devant elle, agacée par sa propre distraction. Il lui fallut quelques secondes pour sortir de cette semi-torpeur : Kathleen l’appelait encore, de plus en plus pressante, tandis que le garçon qu’elle venait de rattraper s’était relevé et repartait avec un rire nerveux.

La sorcière serrait les dents – non, lancer des malédictions et autres sorts sur des inconnus n’étaient pas une chose socialement acceptable. Pas sur le Chemin de Traverse, et pas sur des enfants, quand bien même il y avait une écharpe, son écharpe, en fuite dans l’histoire.

Elle soupira.

Morgan s’apprêtait à rebrousser chemin, à s’éloigner de la piste pour retrouver cette maudite écharpe, ou du moins en faire le deuil, quand une voix calme et polie la tira de sa bulle.

'Serait-ce la vôtre ?'

Grand — au moins un mètre quatre-vingt-cinq —, silhouette athlétique. Il aurait pu passer pour un cliché, avec ses traits finement dessinés, son teint hâlé et ses yeux ambrés soulignés de cils trop longs pour être naturels — tout ce qu’on attend d’un visage « charmant ». Mais Morgan savait depuis longtemps que la beauté n’était qu’une façade. Parfois pratique, souvent trompeuse.

N’empêche… Elle esquissa un sourire, soulagée.

« On dirait bien, oui ! Merci, répondit-elle. Merci, merci ! »

Elle s’avança sur la glace et leva lentement la main, doigts détendus, geste précis et dénué de brusquerie — une manière muette de dire : Je vous remercie, et je la reprends, si vous le permettez.

I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
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