27 juin 2025, 16:28
 Libre  Recherche de rédemption
Mardi 14 juin 2050
Dans le Pitiponk aux alentours de 20h
Ciel parsemé de nuages, température agréable et vent frais


Eliott s’il te plait, on peut se voir ? Au Pitiponk, j’aimerais vraiment qu’on discute, j’ai besoin d’un ami.


Eliott ne lui répondait plus depuis quelques temps. Bien entendu son écart avec Bryan avait fait le tour de la promo et l’américain ne manquait pas de faire le coq ce qui plongeait Aliénor dans une gêne et une solitude sans nom. Elle avait besoin d’un ami mais sa dernière discussion avec le futur arbitre ne s’était pas vraiment bien terminé. Il était déçu et agacé du comportement d’Aliénor et pouvait-elle lui en vouloir ? Il détestait Bryan, l’avait mise en garde un millier de fois et finalement elle revenait vers lui comme un animal blessé une fois le mal effectué. La pilule avait du mal à passer.

Mais elle était là, après sa journée de travail, au Pitiponk espérant que malgré le manque de réponse de son ami, celui-ci débarque comme par magie dans le pub sorcier. Elle avait peu d’espoir et regardait son verre de soda de mandragore avec un air défait. Ce n’était vraiment pas glorieux. Mais au moins cette histoire avait eu un effet positif, la jeune fille s’était décidée à se reprendre en main. Avec ce qu’elle apprenait avec Rudy elle c’était fait un plan nutritionnel et un plan d’entrainement qu’elle suivait scrupuleusement et dans ce plan l’alcool était prohibé. Mais cela ne signifiait pas qu’elle allait délaisser son QG favori, le Pitiponk, lieu dans lequel elle avait vécu tant de soirées mémorables et lié des amitiés incongrues.

Une heure passa, toujours pas d’Eliott. Décidément le garçon était visiblement bien décidé à ignorer la batteuse. Aliénor soupira et termina son verre faisant siffler sa paille dans son verre désespérément vide.

Libre a qui a une chance de se retrouver au Pitiponk en semaine le soir.

Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI

28 juin 2025, 23:04
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Mardi 14 juin 2050
20 ans



18h30
__________


Ma chambre est plongée dans une obscurité épaisse. La maison est vide ; Narym est parti il y a quelques heures pour passer la nuit chez Gabrielle. Zikomo est sorti chasser, comme à son habitude. Je suis enfermée avec mon silence. Lorsque la porte a claqué derrière mon frère, je l'ai entendu qui grinçait dans le parquet, qui chuchotait dans les poutres, qui gémissait dans les gonds des fenêtres — le silence. Je suis passée du canapé sur lequel je lisais à ma chambre ; puis du lit au parquet ; du parquet à au mur. Là, roulée en boule, j'écoute le silence et, les larmes coulant sur les joues, j'essaie de respirer. J'essaie d'aspirer le plus d'air possible et de respirer. Mais je n'y arrive pas. Le silence vrombit dans mes oreilles, il résonne dans chaque battement de mon cœur, il bout dans mes veines. Et j'ai beau essayer d'inspirer, je n'arrive à rien ; la pièce s'obscurcit, les murs se rapprochent, le temps se dilate, je suis seule au monde dans cette pièce, seule au monde dans cet immense univers, avec cette douleur qui ne part plus, cette douleur au creux des entrailles, cette angoisse sourde du matin au soir qui ne s'en va pas, qui ne me lâche pas et je n'arrive pas à respirer.


19h
________


Bam ! Bam ! Bam !

Mon poing frappe contre la porte. Je recommence une fois, deux fois, trois fois. Puis je me résigne et je laisse tomber ma tête sur le battant. Mon front rebondit contre le bois, le bruit résonne dans la cage d'escalier vide. Ashley n'est pas là. Évidemment qu'Ashley fichue Rockfield n'est pas là ! Et pourquoi l'aurait-elle été, hein ? Elle a certainement mieux à faire qu'attendre je vienne exiger qu'elle sorte boire un verre avec moi. Pourquoi suis-je ici, exactement ? Pourquoi ne suis-je pas simplement allée au Pitiponk toute seule, j'aurais commandé ce cocktail, celui qui est bleu et qui fait des étincelles, j'aurais bu encore et encore, la pièce aurait fini par tourner et puis j'aurais oublié. Tout. Le début, la fin de la soirée, le milieu, tout.

« Tu fais chier, Rockfield... »

Ma voix rauque est à peine un murmure. Ma crise de tout à l'heure m'a laissé épuisée, les yeux bouffis, les cheveux en bataille, l'air décharné, le teint pâle. Et pourtant, je suis ici. Je ne suis même pas vraiment en colère. Seulement très fatiguée. J'ai envie que tout cela s'arrête. Ça, dans ma tête. Dans mes entrailles. La peur sourde, l'envie de transplaner à Londres, au 180 Buck Street. Que tout ceci s'arrête. La peur qu'elle...

« Merde. »

Je dégaine ma baguette magique et la pointe vers la porte d'entrée de l'appartement d'Ashley. En lettres enflammées, je grave un message qu'elle verra si elle rentre passer la nuit chez elle.

REJOINS-MOI AU PITIPONK
AB

J'espère qu'elle rentrera. Qu'elle le verra avant que je décide que cette soirée est définitivement gâchée, que je le suis aussi et que rien n'est bon à être rattrapée.


20h
______


La musique résonne dans mes oreilles. Du bruit, des sons qui n'ont pas de signification, qui emplissent le silence qui s'est incrusté en moi. Je frôle les murs, j'habite les coins, je reste loin de la foule — guère fournie à cette heure-là et en semaine. Quand mon verre se vide, j'en commande un autre. Je ne sais pas très bien ce que je bois. Mes yeux ne quittent que rarement l'entrée du bar. Rockfield n'arrive pas. Et Kristen non plus. Je ne sais pas à quel moment exactement j'ai commencé à l'attendre. À un moment, j'avais un verre à la main, couleur bleu, étincelant, et j'ai pensé : « Et si elle arrivait maintenant et qu'elle m'amenait encore une fois ? ». Depuis, cette pensée ne me quitte plus. J'attends, j'espère. Putain, j'ai mal au cœur et je me déteste pour ça, mais je continue d'attendre et d'espérer.

Lorsque je l'aperçois, elle, installée à une table, les lèvres vissées à sa paille, ça m'occupe quelques minutes, une fois la surprise et l'aversion passées. Je la regarde sans qu'elle me voit, je la trouve très seule, et pas seulement parce qu'elle est installée seule à sa table. Elle aspire à sa paille, mais je vois bien qu'il n'y a rien à aspirer. Et puis c'est Aliénor Delphillia, tout ce qu'elle fait n'a aucun sens. Et puis c'est Aliénor Delphillia, réalisé-je avec un instant de retard, tout ce qu'elle fait me met hors de moi.

C'est peut-être ça qui me fait me lever. À moins que ce ne soit le souvenir de son poing sur mon nez, de ses coups qui m’abîmaient le visage, du sang qui coulait sur ma peau et de son regard horrifié, au-dessus de moi. J'emmène mon verre avec moi, j'en avale une très longue gorgée avant d'arriver devant elle.

« Il est vide ton verre, t'espères avaler quoi, là ? »

Ma voix est brusque, mon regard aussi noir que mon état d'ébriété passable le permet. C'est plus fort que moi. C'est à cause de son regard double que je déteste maintenant que je peux le comparer à un autre, c'est à cause de son visage, c'est à cause de ses poings, c'est à cause de tout ce qu'elle représente. C'est à cause de moi, j'ai envie qu'elle se lève et qu'elle soit en colère, j'ai envie qu'elle me bouscule et qu'elle m'arrache à cette mort qui m'entoure, ce silence qui m'emporte. Hein, Delphillia ? T'es capable de ça, non ?

Bon. J'ai réfléchi deux secondes et je me suis dit que je savais ce qui allait se passer. Alors... Me voilà.

30 juin 2025, 17:14
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Visiblement ce bruit, universellement agaçant certes, mais également parfaitement commun ne plaisait pas à tout le monde et quelqu’un venait de s’approcher de sa table. Aliénor leva doucement les yeux, les lèvres toujours refermées autour de sa paille. Aelle Bristyle ? Vraiment ? Maintenant ? Elle n’avait pas la force.
Alors que son ancienne camarade de maison, a tenté qu’elle ai eu une once de Poufsouffle un jour dans son sang, lui envoyait une pique qu’elle pourrait qualifier de médiocre au vu de la plupart de leurs joutes verbales, elle posa son verre sur la table, repoussant la paille de sa bouche d’un petit coup de langue avant de soupirer. Elle ferma les yeux un instant et se redressa, en les rouvrant pour observer l’ancienne étudiante qui avait un certain don pour choisir ces moments.

-S’il pouvait se remplir de patience, je sens que je vais en avoir besoin…

Elle leva les yeux au plafond dont le balai de verre était bien plus calme que lors des soirées auxquelles elle était habituée. Mais non, elle n’avait envie de rien, elle était venue pour discuter avec son ami, pas pour retomber dans ces démons même si visiblement un des plus gros démons de sa vie en avait décidé autrement.

-Qu’est-ce que tu veux Bristyle ? Pourquoi tu t’obstines à venir me faire chier ?

Elle laissa son dos se coller au dossier de sa chaise, observant la sorcière avec une nonchalance qui lui était assez habituelle. Bristyle… Elle avait l’air bizarre. Trop bu ? A cette heure ? Non, quand même pas… Enfin tout était possible. Mais elle dégageait autre chose. Quelque chose de nouveau dans sa manière d’être, de se tenir. Avait-elle changé depuis ces quelques mois ? C’était peu probable. Surtout venant d’elle, la remise en question n’était pas vraiment son point fort.

Vraiment, pourquoi aujourd’hui alors qu’elle était venue chercher un ami, qu’elle avait besoin d’une oreille bienveillante, qu’elle se sentait seule et perdue, elle se retrouvait face à tout ce qui pouvait être aux antipodes de ce dont elle avait besoin ? Elle était déjà au fond du trou, c’était quoi le but ? Creuser encore plus ? Ben merci, sympa la vie !

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Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI

2 juil. 2025, 14:11
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Je ne manque rien de ses mouvements. C'est exactement ça qui m'a toujours agacé chez elle, mais qui en même temps me faisait me dire : elle, au moins, n'a jamais été hypocrite, contrairement aux autres. Elle agit avec un naturel insolent et insultant. Ses yeux qui se lèvent au ciel, sa façon de repousser son verre, de dire de façon très claire que ma présence l'emmerde, sans compter cette façon de s'adosser au dossier de sa chaise et de me regarder comme si j'étais le summum même de tous les problèmes qu'elle aurait pu rencontrer un mardi soir à 20 heures dans un pub sorcier. Oui, tout cela, tout elle, donc, a tendance à me crisper. Mais c'est familier. Je m'attendais à ce ton, je m'attendais à ces mouvements, je m'attendais... Non, c'est faux, je ne m'attendais pas à ce qu'elle me pose aussi clairement ces questions. Je pensais surtout qu'elle allait m'insulter et m'envoyer chier. Qu'elle allait se lever, s'énerver. Mais non, elle reste assise et elle me confronte directement. Bien.

Tout en la regardant, je penche la tête vers l'arrière pour faire glisser dans ma gorge une nouvelle rasade d'alcool que je prends le temps d'avaler et de savourer. Comme s'il y avait quoi que ce soit à savourer. De l'alcool, je n'aime que l'effet. Le goût ne me plait jamais. Les cocktails sont soit trop fort, soit trop sucrés ; le goût reste trop longtemps dans la bouche et ça assoiffe.

« Peut-être parce que c'est simple de te faire chier, répliqué-je en haussant les épaules d'un air nonchalant. Il suffit que je sois là et t'es déjà prête à t'énerver. C'est presque magique. »

Évidemment que mon ton est moqueur et évidemment que j'ai un rictus sur les lèvres. Pourtant, je n'ai pas la moindre envie de rigoler. Au fond de moi, j'ai un peu honte d'être venue la voir. Elle, Aliénor Delphillia, celle que je rêve la moitié du temps d'exploser contre un mur ; l'autre moitié du temps, j'oublie tout simplement son existence. Il n'y a pas qu'un monde qui nous sépare, elle et moi, il y a aussi toute une galaxie. Nous n'avons rien en commun. Elle ne comprendra jamais ce que je ressens. Et elle ne cherchera jamais à le comprendre. Une bonne vieille dispute de collégienne, à s'envoyer des piques, à jouer à celle qui a le plus de force, ou plus de contrôle. C'est facile, ça. Bien plus facile que d'attendre, l'estomac bondissant de crainte, que Rockfield se pointe pour occuper mon esprit languissant. Ou, pire, d'imaginer mille scénarios de ce qu'il pourrait arriver si je transplanais maintenant au 180 Buck Street, comme j'ai pu aller toquer à sa porte en pleine nuit à l'époque où elle était directrice et moi simple élève dans son école.

8 juil. 2025, 21:16
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Facile ? Aliénor arqua un sourcil. Parce que c’était facile ? Alors certes l’ancienne Poufsouffle n’avait jamais réellement cherché à comprendre le nœud interminable de pensées de sa camarade de maison, mais apprécié ce qui était facile ? C’était bien loin de ce qu’elle aurait pu s’imaginer. Aelle était plutôt du genre à tout complexifier sans même s’en rendre compte mais parvenir à garder le fil avec une agaçante manie de te faire comprendre que c’était évident alors que ça ne l’était absolument pas ! Mais il y a bien une chose dans sa phrase qui était vrai et qui le sera durant toute l’existence des deux filles, elle n’avait qu’à apparaitre devant l’une de l’autre pour qu’une d’entre elle soit agacée ou simplement saoulée.

-Magique hein… C’est fou.

Répondit-elle avec la même fausse ironie que sa vis-à-vis. Mais ça n’éclaircissait en rien la raison de la présence d’Aelle devant elle. Dans ce bar ? Pourquoi pas, elle pouvait très bien venir ici si ça lui chantait. Mais pourquoi venir devant sa table ? C’était bien ça, sa question, nul besoin de tourner autour du pot. Aliénor se redressa un peu, histoire de ne pas rester avachie sur sa chaise tout en continuant de fixer l’ancienne étudiante.
Elle ne savait pas à quoi jouait Aelle, mais elle n’avait absolument aucune envie de rentrer dans son jeu.

-Vraiment, j’suis pas d’humeur ok? Donc si tu peux retourner à tes occupations si intéressantes et inaccessibles au commun des mortels ça m’arrangerait.

C’est vrai ça. Elle agissait toujours comme si on la sortait d’une étude hyper importante ou d’un rendez-vous d’une plus grande qualité que soi. Aurait-elle du temps à perdre pour agir de la sorte ? Non… Aelle n’avait pas de temps à perdre, du moins elle ne le montrerait jamais, Aliénor en était certaine. Enfin… Les choses avaient changé depuis Poudlard. Après tout, elle s’était bien retrouvée au salon de l’orientation à aiguiller des élèves sur son ancienne école. Avait-elle vraiment tout ce temps à perdre ? Était-elle fauchée et en déperdition à trainer désespérément dans un bar étudiant ? Cette idée fit relever un coin de lèvre à la jeune Delphillia. La grande Aelle Bristyle devenant peu à peu un déchet de la communauté sorcière ? Voilà qui serait réjouissant, très réjouissant.

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Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI

11 juil. 2025, 09:15
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Sa voix, sa façon de grommeler, ses regards noirs et même la mauvaise humeur qui s'inscrit sur son visage, tout cela est extrêmement familier, c'est une partie de mon passé, si bien que je sens refluer l'angoisse qui me tord le bide depuis la crise qui m'a mise à terre à la maison — très légèrement mais il faut tout de même le noter. Ce n'est pas parce que j'apprécie ce qui est en train d'arriver, à vrai dire je n'aime pas sa façon de parler ni celle de me regarder, tout comme je n'aime pas tout ce qu'elle me rappelle. C'est autre chose. C'est inexplicable, peut-être. Ou inavouable. Les choses inavouables, mieux vaut ne pas y penser, ne pas les laisser exister, faire comme si elles n'étaient pas là et qu'elles n'avaient jamais été là.

Delphillia est franche, directe. Et pas assez violente. Je n'ai plus envie de jouer. Mon bras s'affaisse et je ne tiens mon verre plus que par le bout des doigts. De toute façon, il est bientôt vide, il me faudra le remplir. J'aurais préféré qu'elle se dresse avec colère, qu'elle m'insulte vertement, qu'elle bouscule la table pour me faire peur, qu'elle se drape de son costume de fille violente et impulsive. Tout aurait été beaucoup plus simple ainsi. La voir réagir si normalement, mais ce normal n'est pas le normal que je lui connais, ça rappuie sur l'endroit de mon âme qui me fait mal et je sens mon regard s'éteindre peu à peu.

Je pousse un long soupir et, dans un mouvement instinctif que je condamnerai plus tard si je me souviens de cette soirée, tout comme je condamne à peu près toutes mes décisions depuis six mois, je tire un tabouret placé sur le côté de la table et m'y installe. Je m'y avachis de dos, accoudée sur le plateau en bois, ma colonne vertébrale plaquée contre la table. Si je tourne légèrement le visage vers le droite, je parviens à distinguer Delphillia.

« T'es jamais d'humeur, Delphillia, soupiré-je en faisant tourner l'alcool dans mon verre, et je le suis jamais non plus. C'est comme ça que ça fonctionne, continue avec ta mauvaise humeur et je continuerai avec la mienne aussi, c'est tout. »

J'aimerais bien retourner à mes « occupations si intéressantes et inaccessibles au commun des mortels », à vrai dire. Me plonger dans l'étude d'un ancien grimoire tout comme je me plonge actuellement dans mon verre. Relancer les quelques hiboux reçus suite à mon annonce de service et me faire quelques sous. Reprendre cet article commencé il y a une éternité et le terminer. M'enfoncer dans l'étude de la magie noire et maîtriser enfin ce sortilège qui me donne des difficultés. J'aimerais bien toutes ces choses. Le problème, c'est qu'il n'y a rien dont j'ai suffisamment envie pour me sortir de la gangue dans laquelle je suis coincée et me permettre d'agir concrètement. Pourtant, j'ai réussi ces derniers temps. Parfois, j'y arrivais et les journées disparaissaient les une après les autres, avec la rapidité du temps qui passe pour les gens occupés. Mais d'autres fois, le temps se ralentit et l'envie meurt, alors je reste là, je fume ou je bois, je vais chercher Rockfield pour une sortie qui me fera du mal. C'est incontrôlable et ça ne s'arrête pas, jamais.

11 juil. 2025, 12:33
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Etrange et toujours plus étrange. Elle semblait presque déçue, mais ne montrait rien, son regard non plus ne montrait rien comme si elle n’était qu’une coquille vide face à elle. Voir Aelle ainsi était… Perturbant ? Elle ne savait pas i c’était le mot. Ca provoquait quelque chose en elle, ce n’était pas de la pitié, elle n’était pas capable d’en ressentir pour Aelle, ni de la satisfaction, bien trop mélancolique aujourd’hui pour se satisfaire du malheur des autres. Si c’était un malheur ? Elle n’en savait rien. Mais quelque chose en elle la retint de commenter quand son ancienne camarade de maison s’avachit à sa table. De toute façon Eliott n’allait plus venir maintenant. Elle était seule, aussi seule qu’Aelle Bristyle. Pathétique pensa Aliénor qui roula des yeux pour elle-même alors que la voix de sa camarade s’éleva à nouveau.

Les mots de son ainé lui firent arquer un sourcil. En effet, elle n’était jamais heureuse quand elle voyait Aelle. Sauf à cette soirée où elles avaient fini par boire beaucoup trop. Mais elle ne s’était pas énervée contre Aelle cette soirée-là. Pourquoi sa colère ne s’était-elle pas déversée sur elle ? C’est pourtant si simple, tellement logique de déverser sa colère sur cette fille. Pourtant son inconscient en avait décidé autrement…
Aliénor laissa un silence répondre à l’ancienne Poufsouffle ne sachant pas vraiment quoi lui répondre. Mais quelque part sa présence ici la rendait moins étrange, au moins elle n’était pas seule, elle partageait sa solitude avec quelqu’un. Qu’elle ne l’apprécie ou pas n’avait pas d’importance, le fait qu’Aelle soit ici lui faisait au moins penser à autre chose qu’à sa terrible erreur et la vengeance silencieuse de son ami. La joueuse de quidditch leva les yeux au ciel.

-Une pinte de bière et un soda de branchiflore.

C’était ce qu’on faisait non, quand quelqu’un était à notre table ? On lui offrait un verre. Et puis, autant qu’Aelle boive avec elle, elle parlera moins et elle aura une raison de rester à cette table. Parce que finalement ce que redoutait Aliénor, c’était bien de rester seule et de ne plus jamais avoir quelqu’un sur qui compter. C’était improbable, elle avait toujours ces anciens amis de Poudlard. Mais Eliott lui faisait la gueule, elle n’avait pas la force de parler de cette histoire à Fiona et se demandais sans cesse comment gérer ça avec Izel. Alors ce soir, elle avait juste besoin de ne pas être seule.

-Te voir de bonne humeur me ferait vomir Bristyle.

Une pique avant que les verres ne descendent et que l’étudiante ne les paye. Elle fit glisser la pinte vers la sorcière sans un mot. Visiblement l’ancienne étudiante avait décidé de boire et Aliénor ne l’en empêcherait pas. Elle avait décidé d’arrêté, mais elle pouvait très bien comprendre ce besoin de lâcher prise, de se laisser flotter dans un monde où plus rien ne semblait avoir d’importance et si Aelle avait besoin de ça, qui serait-elle pour la retenir ?

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Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI

11 juil. 2025, 14:41
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Assise ainsi de dos, j'ai une vue de choix sur la salle du Pitiponk et ses murs qui restent, pour une fois, très sages. La plupart des tables sont vides, les quelques rares clients d'un mardi soir sont venus en groupe et sont installés plus loin ; ou alors il y a quelques individus seuls perchés sur des tabourets, les jambes se balançant au rythme d'une musique moins forte que durant les weekends ou soirées officielles.

Le silence de Delphillia s'étire et cela me dérange : c'est quoi son fichu problème ? Sans comprendre pourquoi, ça creuse ma mauvaise humeur et je m'assombris un peu plus. Mais lorsque je me tourne vers elle sans avoir la moindre idée de ce que je vais lui dire mais dans l'objectif de la secouer un peu, je la vois le visage dressé au ciel. Quand elle passe commande, ma bouche s'ouvre mais aucun son n'en sort. Je dévisage impunément l'ancienne Poufousffle, mes sourcils froncés par l'incompréhension. Est-ce qu'elle vient de m'offrir à boire, là ? Sous le coup de la surprise, sa vilaine pique me passerait presque au travers ; il faut dire que je suis plus choquée par les pièces qu'elle glisse dans les verres que par ses méchancetés familières.

« J'essaierai de sourire très bientôt pour avoir le plaisir de te voir te ridiculiser devant tout le bar quand tu gerberas par terre, alors, » répliqué-je machinalement sans cesser de l'observer.

Mes yeux tombent sur la pinte de bière qu'elle a semble-t-il commandé pour moi puisqu'elle l'a faite glisser dans ma direction et à laquelle je ne touche pas dans un semblant de suspicion. Est-ce un moyen d'enterrer la hache de guerre ? Elle ne me ferait pas ça, tout de même ? Pas ce soir, pas alors que j'avais besoin de sa violence, de sa dureté, de ses mots brusques ?

Je retourne me perdre quelques secondes dans ses yeux avant de décider que je me fiche de comprendre ce qui est en train de se passer. Je termine mon verre quasiment vide d'une traite avant d'entourer mes doigts autour de la bière fraiche. Je n'aime pas la bière, mais c'est ce dont j'ai besoin ce soir alors je ne vais pas refuser.

J'accorde à contrecœur à Delphillia un geste du menton en guise de remerciement et me retourne de nouveau pour m'adosser à la table après avoir envoyé d'un coup de baguette distrait mon verre vide rejoindre les voies de circulation du plafond.

« Un soda de branchiflore, commenté-je finalement sur un ton narquois. Tu m'as habituée à mieux. »

12 juil. 2025, 10:47
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Aliénor retint un léger rire et souffla du nez à la réponse de sa camarade. De l’humour ? Quoi que cette envie de la voir vomir était peut-être sincère de la part de la sorcière. Malgré ce fait, Aliénor préférait en sourire. De toute façon Aelle ne verrais pas ce sourire amusé alors autant ne pas se priver. Et comme pour relancer la conversation Aelle rebondit sur le soda. Relancer la conversation ? Non, les deux anciennes Pofsouffles n’en étaient pas là. Elles ne pouvaient pas désirer toutes les deux que cette conversation banale se poursuive. Parce qu’elles étaient loin d’être habituées à se parler normalement, banale n’était pas le mot pour qualifier leurs échanges. Explosifs, non-constructifs, violents étaient des qualificatifs qui leur correspondaient, pas banal. Mais Aliénor rangea cette pensée, elle avait juste besoin de ne pas retomber dans ces réflexions autour d’une des plus grosses erreurs de sa vie.

-Mieux ou pire, à toi de voir. Mais visiblement j’ai bien fait de ne pas commander deux sodas. Au moins cette bière à moins de chances de finir sur mon visage.

Elle n’allait pas non plus lui racconter ces problèmes, il ne fallait pas pousser. Déjà rester calme et « discuter » avec Aelle Bristyle était suffisamment inédit pour aujourd’hui. Et puis Aelle ne serait d’aucun réconfort elle le savait, elle ne ferait que la juger ou même pire, l’ignorer par manque d’intérêt. Après tout cette fille était-elle-même capable de ressentir de l’empathie ?

Le regard de la joueuse de quidditch tomba sur l’ancienne étudiante. Elle fronça les sourcils, Aelle Bristyle qu’elle n’avait jamais compris… Elle était pourtant là et visiblement en était de faiblesse assez importante pour ne pas porter son armure habituelle, cette carapace, cette hatidue supérieure et hautaine. Comme l’autre con de Bryan.

-Ah non hein.

Elle l’avait dit pour elle-même, pas à voix haute, mais tout de même audible. Aliénor soupira de sa propre bêtise avant de prendre une gorgée. Elle ne voulait pas en parler, et surtout, arrêter d'y penser.

Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
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Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI

12 juil. 2025, 22:42
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Je trempe les lèvres dans ma bière. Sa fraîcheur me fait du bien mais, Merlin, que c'est amère ! Je grimace et fronce le nez en avalant, ce qui ne m'empêche pas de boire une seconde gorgée dans la foulée. Je ne suis pas venue chercher du goût, mais de l'effet ; cette bière a mauvais goût, mais elle contient l'effet que je cherche. Et puis elle est gratuite.

Je laisse Delpillia répondre sans me retourner pour la regarder. Ainsi, je suis dos à elle et je me sens plus libre de réagir comme je le souhaite car elle ne peut pas voir les expressions de mon visage. Aussi, quand elle sous-entend que ses commandes passées étaient peut-être plus "pire" que "mieux", j'étire un sourire sans joie qui ne signifie rien d'autre que : plutôt pire que mieux, effectivement, et je sais de quoi je parle. Je me demande si Delphillia est en plein changement, comme on voit parfois les uns ou les autres s'en donner la résolution. « J'ai trop bu, ces derniers temps, je vais me calmer un peu ». Et après, les prochains mois, ils font semblant que cette décision leur convient. C'est pour ça qu'elle boit un soda de branchiflore ? Je grimace avant de boire une nouvelle gorgée de cette bière immonde — moi, au moins, je ne fais pas ce genre de résolutions inutiles. Quitte à avoir mal, autant se faire mal en se faisant du bien.

Je ne m'attendais pas à ce qu'elle prenne de nouveau la parole, à vrai dire. J'étais en train de réfléchir à la meilleure façon de lui dire qu'il n'était pas exclue que la soirée se termine avec elle se recevant un verre quelconque sur le visage, lancé par mes bons soins. Mais son « Ah non, hein » sort tellement de nulle part que je me penche du côté droit pour la regarder par-dessus mon épaule, un sourcil inquisiteur dressé sur le front. Je scanne rapidement les alentours sans voir quoi que ce soit qui pourrait lui avoir tiré cette phrase.

« Tu te parles toute seule, ça y est ? » je lui balance d'une voix moqueuse qui n'en a que le nom, puisque je suis bien trop embourbée en moi-même pour ressentir réellement de la moquerie.

Je me contorsionne pour attraper son verre, ce qui est assez difficile quand on est installé comme je le suis. Mais j'y parviens et je me retrouve bientôt à plonger le nez dans son soda de branchiflore que je respire d'un air consciencieux avant de le faire glisser devant Delphillia.

« Sûre qu'il y a pas d'alcool là-dedans ? »

Ma question est rhétorique, mon ton narquois. J'ai songé un instant à tremper mes lèvres dedans pour goûter, plus pour pousser Delphillia à s'énerver que par réelle envie de tester la boisson, mais la simple idée de boire dans un verre dans cette fille a bu ou va boire me déplaît suffisamment pour que je contienne cet élan d'insolence.