Que diraient tes parents et ton mari ?
22 mai 2050
Pause méridienne (avant la reprise du salon)
20 ans
En pénétrant dans la bibliothèque, les odeurs me prennent d'assaut. Une mélange de poussière et de livres anciens, de vieilles poutres et de pierres. Une odeur caractéristique de cet endroit que jamais je n'ai retrouvé ailleurs, même dans les bibliothèques moldues et non moldues que j'ai visitées l'été dernier. Lorsque je m'avance dans l'allée centrale, mon regard englobe le lieu comme il ne l'a jamais fait auparavant. Quand j'étais étudiante ici, je rentrais dans la bibliothèque, je me dirigeais vers ma table préférées et je m'installais. Le nez plongé dans mes études ou mes recherches, je ne faisais plus attention au reste. Aujourd'hui, mes yeux parcourent les rayonnages si souvent sillonnés, s'amusent de reconnaître des livres maints fois ouverts.
En passant devant la Réserve, je lui lance un coup d'œil plein de regret. J'ai profité de l'autorisation donnée par Montmort tout à l'heure avant d'aller manger. J'ai dû me précipiter dans la Grande Salle pour avoir le temps de grignoter un morceau avant d'aller chercher Zikomo dans le parc. Quel bonheur de retrouver ces sombres rayons et le dos obscurs de ces livres que l'on dérobe aux regards les plus innocents ! Et quel regret de ne pas avoir pu en profiter davantage. Quand j'étais élève, j'y suis déjà allée, évidemment. En toute illégalité, fidèlement accompagnée de Nyakane et de Zikomo. C'était tout nouveau d'y aller en y étant autorisée. Je me suis sentie grisée, parce que cette fois, Elina Montmort n'a pas pu me refuser cette autorisation.
Puis je me suis rappelée qu'elle était directrice et j'ai pensé à la mienne, de directrice, coincée à Londres. Celle qui a attisé en moi le feu de la magie noire, un feu qui était à peine une braise lorsque je l'ai rencontrée, à douze ans. Parcourir ce château me serre le cœur, parce que je me rends compte de tout ce qui a changé depuis que j'étais étudiante dans cette école et qu'elle en était la directrice. Tout au long de la matinée, j'ai eu envie de transplaner et de la rejoindre à Londres ; de transplaner et de l'emmener sur le Plateau ; de transplaner et de la prendre à partie, lui faire payer ces sentiments qui me pourfendent, ce manque constant que je ressens ; de transplaner et de la supplier de m'accorder un moment, seulement pour être avec elle et m'assurer qu'elle n'allait pas partir. Je me suis contentée de répondre aux questions souvent idiotes des élèves et d'attendre que le temps passe.
Je dépasse le bureau du bibliothécaire et m'enfonce dans les allées, abandonnant derrière moi les stands et l'entrée de la Réserve qui me nargue. Il me reste encore quelques minutes avant que le salon ne reprenne pour l'après-midi et je n'ai aucune envie de patienter là où tous les autres patientent, au risque que l'on vienne me parler.
Je marche à pas réguliers entre les travées, le regard hissé vers le haut. Je souris lorsque je reconnais un livre que j'aime particulièrement et parfois je m'arrête pour en feuilleter un. Après quelques pas, je me retrouve déjà avec deux livres qui volent derrière moi et me suivent docilement dans lesquels je compte bien me plonger lorsque je serais assise derrière ma table à attendre que l'on vienne me déranger.
Silencieusement, je traverse un espace dans lequel se trouvent des tables de travail. Je me revois, gamine, penchée sur trois livres ouverts devant moi, une plume à la main, deux parchemins et un carnet étalés sur la table. Sauf qu'à la place de la jeune Aelle aux cheveux ébouriffés, j'aperçois une autre personne qui m'inspire aussitôt une grimace agacée : la petite fille de tout à l'heure. Celle qui suivra avec une si grande attention les consignes de ses parents et de son futur mari. Je pince les lèvres en me détournant vers un rayonnage dédié aux sortilèges et l'ignore purement et simplement.
Pause méridienne (avant la reprise du salon)
20 ans
En pénétrant dans la bibliothèque, les odeurs me prennent d'assaut. Une mélange de poussière et de livres anciens, de vieilles poutres et de pierres. Une odeur caractéristique de cet endroit que jamais je n'ai retrouvé ailleurs, même dans les bibliothèques moldues et non moldues que j'ai visitées l'été dernier. Lorsque je m'avance dans l'allée centrale, mon regard englobe le lieu comme il ne l'a jamais fait auparavant. Quand j'étais étudiante ici, je rentrais dans la bibliothèque, je me dirigeais vers ma table préférées et je m'installais. Le nez plongé dans mes études ou mes recherches, je ne faisais plus attention au reste. Aujourd'hui, mes yeux parcourent les rayonnages si souvent sillonnés, s'amusent de reconnaître des livres maints fois ouverts.
En passant devant la Réserve, je lui lance un coup d'œil plein de regret. J'ai profité de l'autorisation donnée par Montmort tout à l'heure avant d'aller manger. J'ai dû me précipiter dans la Grande Salle pour avoir le temps de grignoter un morceau avant d'aller chercher Zikomo dans le parc. Quel bonheur de retrouver ces sombres rayons et le dos obscurs de ces livres que l'on dérobe aux regards les plus innocents ! Et quel regret de ne pas avoir pu en profiter davantage. Quand j'étais élève, j'y suis déjà allée, évidemment. En toute illégalité, fidèlement accompagnée de Nyakane et de Zikomo. C'était tout nouveau d'y aller en y étant autorisée. Je me suis sentie grisée, parce que cette fois, Elina Montmort n'a pas pu me refuser cette autorisation.
Puis je me suis rappelée qu'elle était directrice et j'ai pensé à la mienne, de directrice, coincée à Londres. Celle qui a attisé en moi le feu de la magie noire, un feu qui était à peine une braise lorsque je l'ai rencontrée, à douze ans. Parcourir ce château me serre le cœur, parce que je me rends compte de tout ce qui a changé depuis que j'étais étudiante dans cette école et qu'elle en était la directrice. Tout au long de la matinée, j'ai eu envie de transplaner et de la rejoindre à Londres ; de transplaner et de l'emmener sur le Plateau ; de transplaner et de la prendre à partie, lui faire payer ces sentiments qui me pourfendent, ce manque constant que je ressens ; de transplaner et de la supplier de m'accorder un moment, seulement pour être avec elle et m'assurer qu'elle n'allait pas partir. Je me suis contentée de répondre aux questions souvent idiotes des élèves et d'attendre que le temps passe.
Je dépasse le bureau du bibliothécaire et m'enfonce dans les allées, abandonnant derrière moi les stands et l'entrée de la Réserve qui me nargue. Il me reste encore quelques minutes avant que le salon ne reprenne pour l'après-midi et je n'ai aucune envie de patienter là où tous les autres patientent, au risque que l'on vienne me parler.
Je marche à pas réguliers entre les travées, le regard hissé vers le haut. Je souris lorsque je reconnais un livre que j'aime particulièrement et parfois je m'arrête pour en feuilleter un. Après quelques pas, je me retrouve déjà avec deux livres qui volent derrière moi et me suivent docilement dans lesquels je compte bien me plonger lorsque je serais assise derrière ma table à attendre que l'on vienne me déranger.
Silencieusement, je traverse un espace dans lequel se trouvent des tables de travail. Je me revois, gamine, penchée sur trois livres ouverts devant moi, une plume à la main, deux parchemins et un carnet étalés sur la table. Sauf qu'à la place de la jeune Aelle aux cheveux ébouriffés, j'aperçois une autre personne qui m'inspire aussitôt une grimace agacée : la petite fille de tout à l'heure. Celle qui suivra avec une si grande attention les consignes de ses parents et de son futur mari. Je pince les lèvres en me détournant vers un rayonnage dédié aux sortilèges et l'ignore purement et simplement.
Dernière modification par Aelle Bristyle le 2 juil. 2025, 14:12, modifié 1 fois.
Que diraient tes parents et ton mari ?
𓆩♡𓆪Date: mai 2050
Avec: @Aelle BristyleAvec beaucoup de choses à penser, Freya s'était dirigée vers les entrailles de la bibliothèque avant la fin du salon, carnet à la main, sac en bandoulière. Elle s'était habituée à l'odeur des vieux livres et du bois verni, mais ça lui touchait toujours autant l'âme, et elle s'y sentait toujours comme chez elle.
Le début du salon avait été un peu raté et, malgré ses lacunes actuelles en relations sociales, elle en était consciente. Cette femme, Aelle, n'avait pas été gentille, et c'était habituellement quelque chose que Freya pouvait ignorer, ayant eu son lot de leçons avec un professeur peu aimable, mais cette fois, cela lui avait laissé un goût amer. Elle rejoua la conversation, se demandant quels mots elle aurait pu utiliser pour changer l'issue de leur discussion, mais elle échoua à chaque fois.
Freya ne s'était jamais sentie à l'aise avec les gens. Les attentes, les questions, les dialogues… tout lui était étranger et elle détestait ce sentiment étrange qui la rongeait toujours, celui qui lui disait qu'elle n'était pas à sa place où qu'elle soit. Elle pensait que cela viendrait, avec le temps, l'âge et la maturité, mais visiblement non. Boudeuse, elle posa ses affaires sur une table vide, les yeux rivés sur son carnet, les yeux noirs de déception.
La conversation douce avec Magnus avait apaisé certaines de ses inquiétudes, celles qui lui annonçaient qu'elle ne serait rien de plus qu'une femme au foyer, mais elle ne pouvait pas encore tout à fait échapper aux désirs de sa mère. Qu'y avait-il de mal à faire ce que sa famille voulait qu'elle fasse ? Eleanora s'était montrée compréhensive, quoique un peu critique envers la façon dont ses parents agissaient, et Freya comprenait tout cela beaucoup mieux maintenant. Mais visiblement, elle ne comprenait pas assez.
Elle pinça ses lèvres, les bras croisés sur la poitrine. La recherche lui semblait une bonne idée. Et tant de choses aussi. Le professorat. L'administration. L'astronomie. S'échapper et vivre comme une hermite au creux d'une montagne, avec des vaches et des chèvres.
Elle secoua la tête, feuilletant son carnet pour retrouver les quelques notes qu'elle avait prises. Le tenant ouvert d'une main, elle parcourut les rayons de livres, à la recherche de quelques informations précises pour l'aider dans ses recherches.
En quelques minutes, elle avait trois livres et s'était assise à sa table, la tête penchée dessus. Ils détaillaient quelques carrières possibles, des études prioritaires aux débouchés possibles. Lorsqu'elle eu des pistes qui qui lui semblaient correctes, elle se leva, en manque de quelques précisions, et c'était là son erreur. Elle aperçut une mèche de cheveux, une bouche et un nez retroussés, et toute sa déception l'envahit. Elle regarda Aelle s'éloigner volontairement, une sensation de laideur et de méchanceté bouillonnant dans sa poitrine.
Freya n'y réfléchit pas à deux fois, ce qui était inhabituel, et posa son carnet, se précipitant à la poursuite de l'adulte. En quelques secondes, elle était à ses côtés et, les bras croisés sur la poitrine, le menton relevé, elle était prête à dire ce qu'elle pensait. "Tu es une personne mesquine et triste, et tu as été injuste envers moi," commença-t-elle, perdant rapidement courage maintenant qu'elle se retrouvait face à face avec la femme. Peut-être son épouvantard allait-il maintenant tenir son visage, plutôt que ce qu'il avait été auparavant. Freya prit une profonde inspiration. "Je ne sais pas pourquoi, mais tu n'as pas été gentille et je voulais juste progresser et en apprendre davantage sur ton travail. Si tu n'aimes pas ton travail, ce n'est pas mon problème, mais tu aurais pu me dire que tu ne voulais pas répondre aux questions," poursuivit-elle. Elle n'avait jamais été aussi courageuse. Jamais. Et cela la rattrapait. Plus petite, maintenant, elle fronça les sourcils, son regard glissant du visage d'Aelle à un livre près de sa tête.
Malgré son courage déjà épuisé, elle avait décidé qu'elle ne reculerait pas devant le combat. À moins qu'Aelle ne se montre à nouveau méchante. Elle laissa retomber ses mains. "C'est tout."𓆩♡𓆪
Que diraient tes parents et ton mari ?
Il me faut un moment pour comprendre qu'elle m'a suivi, mais même quand je me tourne vers elle et que je baisse les yeux pour la regarder, je ne réalise pas encore très bien ce qui m'arrive. J'ai au moins la présence d'esprit de ne rien laisser paraître, si ce n'est un sourcil inquisiteur et moqueur qui s'arque sur mon front lorsqu'elle prend la parole. C'est la deuxième fois aujourd'hui qu'un enfant vient me dire ce qu'il pense de moi tout bas. Oh, c'est courageux, certes, mais aussi très bête car cela ne mènera à rien. Et cette petite fille, qu'est-ce que j'ai bien pu lui faire pour qu'elle soit si remontée ? Ce qu'elle dit n'a aucun sens, vraiment aucun, mais insensible à ses mots et à son regard, je la laisse déverser son venin tout à la regardant de très haut — il faut dire que je suis adulte et elle qu'une enfant qui suivra à la lettre ce qui lui diront ses parents et son mari, elle l'a affirmé elle-même, après tout.
Et voilà sa grande conclusion ! « C'est tout ». Comme si elle avait prononcé un grand et long discours plein de belles vérités marquantes et saisissantes à la place de baragouiner sa vexation sous mon nez. Le cœur du problème est là et il est tristement et fatalement tout ce que je déteste chez les gens : elle est vexée. Pourquoi ? Parce que contrairement à la plupart des autres adultes ou personnes autour de moi, ou autour d'elle, je ne lui ai pas parlé gentiment, je ne l'ai pas encouragée, je ne l'ai pas brossée dans le sens du poil, je n'ai pas pris soin de ses petits sentiments. Je suis restée moi-même, ça lui a déplu, elle me le reproche. Tristement attendu, malheureusement. Et au lieu de garder pour elle ses petits ressentiments d'avoir croisé le chemin d'une personne dont elle n'apprécie pas le caractère, il faut qu'elle vienne m'en faire le reproche.
Je la regarde en silence durant quelques secondes durant lesquelles je ne peux que me remémorer notre discussion de ce matin. Mes yeux restent braqués dans les siens qui essaient de rester fiers, mon visage est exempt de toute émotion. Puis je finis par soupirer longuement avant de me détourner comme si elle n'avait pour moi plus le moindre intérêt — mais en vérité, elle n'en a jamais eu.
« Ceci confirme donc ce que je pensais. Si tu crois que je n'aime pas mon travail, c'est que tu n'as rien compris à notre conversation. »
Il faudrait être fou, complètement aveugle ou carrément idiot pour croire que je n'aime pas la recherche après avoir discuté avec moi. Cette gamine n'est pas aveugle — son regard est trop colérique et il me fusille bien trop pour cela —, par contre elle doit avoir quelque chose de très fou et de très idiot. De toute façon, je n'ai pas de temps à perdre avec une personne qui se vexera du moindre de mes regards, qui prendra ombrage de chaque mot que je prononcerais et qui me fera une crise quand je ne serais pas d'accord avec elle.
Donc je me détourne effectivement dans l'intention de continuer mon chemin en me demandant si elle était sincère quand elle a affirmé que c'était tout ou si elle va me poursuivre pour continuer de déverser tout ce qui se cache derrière cette affirmation enrobée de fausse bravade.
Et voilà sa grande conclusion ! « C'est tout ». Comme si elle avait prononcé un grand et long discours plein de belles vérités marquantes et saisissantes à la place de baragouiner sa vexation sous mon nez. Le cœur du problème est là et il est tristement et fatalement tout ce que je déteste chez les gens : elle est vexée. Pourquoi ? Parce que contrairement à la plupart des autres adultes ou personnes autour de moi, ou autour d'elle, je ne lui ai pas parlé gentiment, je ne l'ai pas encouragée, je ne l'ai pas brossée dans le sens du poil, je n'ai pas pris soin de ses petits sentiments. Je suis restée moi-même, ça lui a déplu, elle me le reproche. Tristement attendu, malheureusement. Et au lieu de garder pour elle ses petits ressentiments d'avoir croisé le chemin d'une personne dont elle n'apprécie pas le caractère, il faut qu'elle vienne m'en faire le reproche.
Je la regarde en silence durant quelques secondes durant lesquelles je ne peux que me remémorer notre discussion de ce matin. Mes yeux restent braqués dans les siens qui essaient de rester fiers, mon visage est exempt de toute émotion. Puis je finis par soupirer longuement avant de me détourner comme si elle n'avait pour moi plus le moindre intérêt — mais en vérité, elle n'en a jamais eu.
« Ceci confirme donc ce que je pensais. Si tu crois que je n'aime pas mon travail, c'est que tu n'as rien compris à notre conversation. »
Il faudrait être fou, complètement aveugle ou carrément idiot pour croire que je n'aime pas la recherche après avoir discuté avec moi. Cette gamine n'est pas aveugle — son regard est trop colérique et il me fusille bien trop pour cela —, par contre elle doit avoir quelque chose de très fou et de très idiot. De toute façon, je n'ai pas de temps à perdre avec une personne qui se vexera du moindre de mes regards, qui prendra ombrage de chaque mot que je prononcerais et qui me fera une crise quand je ne serais pas d'accord avec elle.
Donc je me détourne effectivement dans l'intention de continuer mon chemin en me demandant si elle était sincère quand elle a affirmé que c'était tout ou si elle va me poursuivre pour continuer de déverser tout ce qui se cache derrière cette affirmation enrobée de fausse bravade.
Que diraient tes parents et ton mari ?
𓆩♡𓆪Date: mai 2050
Avec: @Aelle BristyleAbasourdie, Freya ne put que suivre la femme qui s'éloignait, ressemblant plus à un chat en colère qu'à un humain. Cela apportait une touche d'humour au moment, une touche que Freya ne put pas ignorer et elle ne put s'empêcher de rire doucement, une main sur ses lèvres, les épaules tremblantes.
C'était peut-être l'émotion, la rage, la colère et la déception d'être poussée sur le bas-côté, à nouveau, par un adulte qui avaient causé ce rire, mais tandis qu'elle se fit emporter par les vagues de son rire, celui-ci se transforma en un fou rire qu'elle essaya péniblement d'étouffer, de petites larmes perlant au coin de ses yeux. Elle se pencha légèrement, hoquetant sur elle-même, les deux mains sur la bouche pour étouffer les sons qu'elle produisait. Elle n'avait pas oublié où ils étaient et la simple pensée d'être expulsée de la bibliothèque suffisat à la calmer, son esprit s'apaisant et ses pensées un peu plus claires.
Elle savait qu'elle n'avait pas la maturité nécessaire pour rivaliser avec Aelle. Mais elle ressentait aussi une curiosité innée, désireuse de comprendre pourquoi cette femme était si brutale, si renfermée et si méchante. Elle s'essuya les yeux et fronça les sourcils, les paroles de la femme résonnant dans ses oreilles. "Quelqu'un qui aime la recherche n'a aucun souci pour en parler avec autrui," dit-elle.
Elle se racla la tête, essayant avec peine de trouver le moment où les choses prirent un tour néfaste plus tôt dans la matinée. Elle avait été polie, correcte, quoiqu'elle avait peut-être posé trop de questions, mais n'était-ce pas le but ? Ses sourcils se froncèrent et elle poussa sa pensée jusqu'au bout, des petits moments de leur conversation lui revenant. Puis, comme si elle était tombée sur la perle rare, un moment de clarté lui éclaira le chemin.
"Pourquoi es-tu si virulente à propos d'un mariage ?" demanda-t-elle sans aucun tact, les mots défilant de sa bouche sans filtre.
Le mariage faisait partie de sa famille, de sa vie et de son futur, qu'elle le veuille ou non. Il était important pour elle de se marier, d'avoir des enfants et de produire une lignée digne de son nom. Elle n'était pas à l'abri des aléas de la vie et, comme sa mère l'avait déjà dit si bien, elle serait protégée en tant que femme mariée. Même si cela voulait dire qu'elle devrait renoncer à ses vœux plus tard, n'était-il pas plus important d'être en sécurité?
Son esprit revint aux lettres qu'elle échangeait depuis un moment avec une inconnue, une qui la connaissait si bien pourtant et elle se dégonfla d'un coup. Elles en avaient parlé, indirectement.
Les choses que sa famille désirait pour elle n'étaient pas toujours celles qu'elle aurait souhaitées elle-même, mais la difficulté de grandir sous la pression de leur amour s'intensifiait d'année en année. Voulait-elle se marier ? Était-il juste de se poser la question, alors que c'était tout ce que sa mère lui demandait ? Enfin, peut-être pas tout, mais elle était tellement aimée. Aimée et chérie. Freya ne désirait rien d'autre que le bonheur de ses parents, mais pouvait-elle sacrifier ses désirs ? Avant que la tristesse ne l'envahisse à nouveau, avant que sa poitrine ne se serre et se durcisse, elle porta son attention sur la vilaine.
Ses yeux se durcirent et elle fixa Aelle une fois de plus. De quel droit avait-elle parlé, avec ses propos injurieux et bouleversé ainsi ses pensées ? De quel droit avait-elle bouleversé le semblant de paix qu'elle avait trouvé ? De quel droit ? Il était bien plus simple de convertir ses douleurs en colère et elle trouva la sensation fort plus agréable que des larmes. Bien que peu habituée à de tels bouts d'émotions, Freya se laissa submerger, pour une fois.𓆩♡𓆪
Que diraient tes parents et ton mari ?
Lorsque j'entends son rire étouffé, je crois d'abord qu'il s'agit d'une rumeur plus lointaine qui passerait à travers la porte de la bibliothèque brièvement entrouverte. Mais en me retournant vers la gamine, je vois le rire se dessiner sur son visage et ses yeux se plisser sous sa force. Elle écrase même le bruit derrière sa main. Ce rire est bref et bientôt il disparaît totalement au profit d'une mine plus sérieuse quand elle s'approche de moi pour avaler les derniers mètres qui nous séparent. Je me glace de l'intérieur, le regard fixé sur elle, le froid grignotant mes membres et raidissant mes épaules.
Ce rire, j'en ai vu des semblables chez une autre personne. Un rire soudain, à la limite de l'hystérie, qui frappe sans prévenir. Quand ça arrive tout parait très drôle, irrésistiblement drôle alors que rien ne l'est vraiment. Cette personne chez qui j'ai déjà vu ce rire, c'est moi-même. Et ce rire m'a envahi à plusieurs reprises ces derniers mois, souvent en présence de Kristen mais pas que. Quand les mots ne suffisent plus, quand les cris n'ont plus d'impact, quand les coups ne servent à rien, quand je suis enfermée en moi-même en train de hurler, hurler mais que personne ne m'entend — surtout pas elle. Alors c'est là que le rire vient, qu'il m'écrase, qu'il me contrôle, qu'il efface l'immense douleur et la remplace par cet éclat terrible, cet éclat qui ressemble à un cri de joie mais qui est en fait seulement un rire qui essaie de mimer la joie. En vain.
Le regard que je pose sur l'enfant se transforme totalement. Est-ce le même rire ou suis-je juste en train de tout mélanger ? Sent-elle aussi son esprit se fracturer parfois ? Est-ce pour cela qu'elle a ri ? Je suis incapable de répondre à ces questions, mais le fait de me les poser et de me voir en elle m'empêche de poursuivre mon chemin. Alors je reste là, entre deux rayonnages, le regard baissé sur cette petite fille qui persiste à ne rien comprendre à ce que je suis.
Si elle n'avait pas posé cette question, je me serai détournée d'elle sans un regard de plus parce que je n'ai vraiment pas de temps à perdre avec une gamine qui est persuadée que je n'aime pas la recherche. C'est une insulte beaucoup trop grave, mais tellement ridicule que je n'ai pas même l'envie de rétablir la vérité. Autant la laisser dans sa bêtise. Je n'ai pas envie d'offrir la vérité à ce genre de personnes. Mais voilà, elle pose cette question et je n'ai plus la moindre envie de disparaître. Parce qu'elle pose une question directe et que c'est peut-être la seule et unique question qui pouvait me faire rester.
Je fronce doucement les sourcils et croise les bras sur ma poitrine sans la quitter du regard. Je vois très bien son changement de position, ses épaules basses puis le regard flamboyant qu'elle pose sur moi. Je comprends que ce sujet lui tient vraiment à cœur. Dommage.
« Je me fiche totalement du mariage, dis-je alors d'une voix sèche. Et je n'ai aucun problème avec cette tradition. Ce qui me dérange, c'est que toi tu sois prête à faire une croix sur tes envies pour correspondre à ce que tes parents attendent de toi. Et pire : à ce qu'un potentiel futur mari attendra de toi. »
Un rictus moqueur me déchire le visage. Je secoue la tête, agacée par l'idée.
« Je trouve ça méprisable, annoncé-je de façon parfaitement neutre, comme si je parlais de la météo, loin de culpabiliser de cette vérité que je lui envoie au visage. C'est tout. »
Pour reprendre sa conclusion de tout à l'heure.
Ce rire, j'en ai vu des semblables chez une autre personne. Un rire soudain, à la limite de l'hystérie, qui frappe sans prévenir. Quand ça arrive tout parait très drôle, irrésistiblement drôle alors que rien ne l'est vraiment. Cette personne chez qui j'ai déjà vu ce rire, c'est moi-même. Et ce rire m'a envahi à plusieurs reprises ces derniers mois, souvent en présence de Kristen mais pas que. Quand les mots ne suffisent plus, quand les cris n'ont plus d'impact, quand les coups ne servent à rien, quand je suis enfermée en moi-même en train de hurler, hurler mais que personne ne m'entend — surtout pas elle. Alors c'est là que le rire vient, qu'il m'écrase, qu'il me contrôle, qu'il efface l'immense douleur et la remplace par cet éclat terrible, cet éclat qui ressemble à un cri de joie mais qui est en fait seulement un rire qui essaie de mimer la joie. En vain.
Le regard que je pose sur l'enfant se transforme totalement. Est-ce le même rire ou suis-je juste en train de tout mélanger ? Sent-elle aussi son esprit se fracturer parfois ? Est-ce pour cela qu'elle a ri ? Je suis incapable de répondre à ces questions, mais le fait de me les poser et de me voir en elle m'empêche de poursuivre mon chemin. Alors je reste là, entre deux rayonnages, le regard baissé sur cette petite fille qui persiste à ne rien comprendre à ce que je suis.
Si elle n'avait pas posé cette question, je me serai détournée d'elle sans un regard de plus parce que je n'ai vraiment pas de temps à perdre avec une gamine qui est persuadée que je n'aime pas la recherche. C'est une insulte beaucoup trop grave, mais tellement ridicule que je n'ai pas même l'envie de rétablir la vérité. Autant la laisser dans sa bêtise. Je n'ai pas envie d'offrir la vérité à ce genre de personnes. Mais voilà, elle pose cette question et je n'ai plus la moindre envie de disparaître. Parce qu'elle pose une question directe et que c'est peut-être la seule et unique question qui pouvait me faire rester.
Je fronce doucement les sourcils et croise les bras sur ma poitrine sans la quitter du regard. Je vois très bien son changement de position, ses épaules basses puis le regard flamboyant qu'elle pose sur moi. Je comprends que ce sujet lui tient vraiment à cœur. Dommage.
« Je me fiche totalement du mariage, dis-je alors d'une voix sèche. Et je n'ai aucun problème avec cette tradition. Ce qui me dérange, c'est que toi tu sois prête à faire une croix sur tes envies pour correspondre à ce que tes parents attendent de toi. Et pire : à ce qu'un potentiel futur mari attendra de toi. »
Un rictus moqueur me déchire le visage. Je secoue la tête, agacée par l'idée.
« Je trouve ça méprisable, annoncé-je de façon parfaitement neutre, comme si je parlais de la météo, loin de culpabiliser de cette vérité que je lui envoie au visage. C'est tout. »
Pour reprendre sa conclusion de tout à l'heure.
Que diraient tes parents et ton mari ?
𓆩♡𓆪Date: mai 2050
Avec: @Aelle BristyleSa gorge se serra et un malaise la parcourut tandis qu'elle écoutait les paroles de la femme. Des mots si durs, si grossiers, s'échappant d'un tel visage. Elle avait l'impression que le sol était devenu gluant, ses pieds fermement ancrés au parquet, son esprit tournoyant et se tordant.
Que savait-elle des liens sacrés de la famille ? De l'attention et de la douceur dans lesquelles elle avait été élevée grâce à de telles coutumes ? Du visage fier de sa mère chaque fois qu'elle écoutait, obéissait ? Un froncement de sourcils se dessina sur son visage et elle laissa ses mains se serrer et se desserrer sans raison, son cœur battant bien trop vite pour être sain.
La petite ne savait pas quoi dire, la bataille déjà perdue d'avance. Elle n'avait jamais été quelqu'un de courageux ou quelqu'un qui se bâtait fermement pour ce qu'elle voulait- en réalité, Freya ne savait même pas ce qu'elle voulait. Elle détestait la façon dont les paroles d'Aelle résonnaient dans son cœur, dans son âme, la justesse avec laquelle elle disait ces choses si obscures.
Parce qu'elle avait raison, non ? Une petite voix dans sa tête murmurait les mêmes paroles en boucle depuis le début de ses échanges avec Eleanora, ceux qu'elle entretenait comme si sa vie en dépendait, ce lien si sensible et fragile qui avait bousculé son monde en quelques mots bien placés. Et encore une fois, encore une fois, ça arrivait : quelques mots bien placés qui la faisaient vaciller, qui la faisaient questionner.
Un autre fou rire lui prit la gorge, une main fermement placée sur sa bouche. Elle n'aimait pas questionner. Elle n'aimait pas non plus l'acide qui lui montait à la bouche, des mots méchants et rudes menaçant de s'en échapper. Peut-être était-ce le fait d'avoir ses propres mots lancés à la figure, une moquerie subtile mais violente, qui lui firent perdre la tête pendant quelques instants, ou la fatigue, peut-être la fatigue d'une année écoulée dans le doute et la tristesse, elle ne le savait pas.
Freya se laissa tomber tout doucement, bras entourant ses genoux, sa poitrine serrée et ses poumons en feu. Elle prit une inspiration puis une autre encore, tentant de trouver les mots, de s'exprimer, de se calmer. "Qu'en sais-tu de tout ça ?" Freya demanda, les yeux rivés sur le sol. Elle frotta ses joues avec une main avant de se redresser d'un coup, plus curieuse qu'autre chose. Il était toujours plus simple de repousser, de distraire et d'oublier. "Tu as été mariée ? Tes parents t'ont aimé ?" elle continua.
Puis, elle fronça les sourcils. "Je trouve que tu es méprisable," murmura-t-elle. "Tu ne sais pas parler sans méchanceté. Même si tu as raison, peut-être, ce n'est pas en étant méchante que tes mots vont mieux passer," continua la petite blonde.
Elle prit une grande inspiration, ses doigts jouant avec les coutures de sa manche, son regard posé partout sauf sur Aelle. "Et s'ils ne m'aiment plus ? Si je ne fais pas ce qu'ils veulent." Des mots qu'elle n'avait jamais laissé sortir de sa tête, posés si doucement aux pieds d'Aelle, de la terrible Aelle qui, et Freya en était sûre, la mangerait en une bouchée pour ce simple acte de vulnérabilité.
Elle regretta presque immédiatement. Elle secoua la tête de droite à gauche, chassant la gêne et commença à se détourner, la discussion ne créant que conflit et tristesse dans son ventre, des sensations qu'elle n'avait pu éviter une seule fois en cette année misérable. C'était ça, un début d'adolescence ? Elle n'en voulait pas.𓆩♡𓆪
Que diraient tes parents et ton mari ?
Encore un rire sur ses lèvres. Plus glaçant que le précédent. Gênée, je détourne les yeux. Elle me renvoie un reflet de moi-même terrifiant à observer ; je n'ai pas envie de le voir, alors je fais courir mes yeux sur les étagères couvertes de livres en essayant d'endiguer le malaise qui se répand dans mes veines comme du mauvais poisson. Malgré moi, mon cœur se serre. Il ne le fait pas parce que je me sens mal de me voir dans cette gamine. Il se serre parce que je sais ce que vit son esprit actuellement et que cela ne me plait pas de voir ça chez une si jeune personne. Chez un autre adulte, sûrement aurais-je trouvé cela pitoyable et méprisable. Chez elle ? Bien qu'elle ne me ressemble en rien, je vois dans sa petite taille, dans son visage d'enfant aux traits encore ronds et agréables celle que j'ai été quand j'avais son âge. La Aelle de douze ans aurait pu rire ainsi. Elle aurait pu le faire après ce moment dans les souterrains, après sa rencontre avec Charlie. Elle aurait pu le faire quelques années plus tard après l'abandon de Thalia. Tellement d'occasions où j'ai senti, à l'époque, mon esprit se fracturer. Il n'y avait alors qu'une seule solution à cette ruine : les coups dans les murs ou dans visages, les cris, les insultes, le rejet. Je n'ai pas beaucoup changé. Sauf qu'aujourd'hui, moi aussi je ri comme si tout se fracturait dans ma tête.
J'ai du mal à ramener mon regard sur elle, mais je le fais quand même quand elle se blottit sur elle-même, les bras autour des genoux. Je baisse les yeux sur cette enfant roulée en boule, perturbée que ma seule intervention la fasse réagir si intensément. Une grimace sur mes traits : si elle se met à pleurer, je suis bonne pour me prendre encore des remarques — pas sûr qu'O'Belt me permette d'aller souffler à l'extérieur, cette fois-ci. Je n'ai pourtant rien à me reprocher : elle m'a posé une question et j'y ai répondu, voilà tout. Si elle ne voulait pas de ma sincérité, pourquoi m'avoir questionné ?
J'essaie d'ignorer le malaise que je ressens encore. Heureusement, j'y suis aidé par les paroles qui résonnent dans notre petit coin de la bibliothèque. Je la regarde silencieusement, sans expression, sans détourner les yeux non plus. Dois-je réellement avoir été mariée pour comprendre que mes valeurs m'interdisent de croire qu'une femme ou qu'une personne quelle qu'elle soit doive choisir son avenir en fonction de la personne à laquelle elle est liée ou de ses parents ? Je ne le pense pas. Ses questions sans queue ni tête ne sont que des paroles d'enfant. Sans fondement, sans réflexion. Des paroles crues, parce qu'elle ressent les choses trop fort. Ce qui lui passe par l'esprit est brut... Cela aurait pu être intéressant, j'aime en général les mots bruts que les gens peuvent proférer. Mais pas quand ils n'ont pas la moindre signification. Aussi ne prends-je pas même la peine de lui répondre que je me fiche qu'elle me trouve méprisable, tout comme je me fiche de paraître méchante : je me contente de dire ce que je pense. Elle est de toute manière incapable de l'entendre et moi je n'ai jamais habitué qui que ce soit à m'écouter parler pour ne rien dire. Alors je me tais, je la regarde silencieusement jusqu'à ce qu'elle prenne de nouveau la parole. Pour dire pour la première fois quelque chose qui n'est pas profondément inintéressant.
Alors évidemment ces paroles m'inspirent un soupir. Pourtant, je ne lève pas les yeux au ciel et je ne ricane pas comme j'aurais pu le faire. Car j'entends encore son rire qui résonne ; celui qui dit que son esprit est peut-être fracturé comme le mien l'est. Même si j'aimerais mieux être ailleurs, même si je n'ai pas envie de la réconforter, même si je n'ai pas même envie d'être une oreille attentive pour elle, même si sa façon étriquée de voir le monde m'agace, même si elle parle pour ne rien dire... Je prends la peine de lui répondre d'une voix qui, pour une fois, ne frappe pas ni ne cisaille.
« Tu feras ce que tu voudras toi et c'est la seule chose qui devrait compter. »
Et pour la première fois depuis que mes yeux se sont posés sur cette petite fille, mon regard se teinte d'autre chose qu'un profond désintérêt ou que d'un grand mépris. À cause de ce rire. À cause de ce rire qui résonne comme une âme fracturée.
J'ai du mal à ramener mon regard sur elle, mais je le fais quand même quand elle se blottit sur elle-même, les bras autour des genoux. Je baisse les yeux sur cette enfant roulée en boule, perturbée que ma seule intervention la fasse réagir si intensément. Une grimace sur mes traits : si elle se met à pleurer, je suis bonne pour me prendre encore des remarques — pas sûr qu'O'Belt me permette d'aller souffler à l'extérieur, cette fois-ci. Je n'ai pourtant rien à me reprocher : elle m'a posé une question et j'y ai répondu, voilà tout. Si elle ne voulait pas de ma sincérité, pourquoi m'avoir questionné ?
J'essaie d'ignorer le malaise que je ressens encore. Heureusement, j'y suis aidé par les paroles qui résonnent dans notre petit coin de la bibliothèque. Je la regarde silencieusement, sans expression, sans détourner les yeux non plus. Dois-je réellement avoir été mariée pour comprendre que mes valeurs m'interdisent de croire qu'une femme ou qu'une personne quelle qu'elle soit doive choisir son avenir en fonction de la personne à laquelle elle est liée ou de ses parents ? Je ne le pense pas. Ses questions sans queue ni tête ne sont que des paroles d'enfant. Sans fondement, sans réflexion. Des paroles crues, parce qu'elle ressent les choses trop fort. Ce qui lui passe par l'esprit est brut... Cela aurait pu être intéressant, j'aime en général les mots bruts que les gens peuvent proférer. Mais pas quand ils n'ont pas la moindre signification. Aussi ne prends-je pas même la peine de lui répondre que je me fiche qu'elle me trouve méprisable, tout comme je me fiche de paraître méchante : je me contente de dire ce que je pense. Elle est de toute manière incapable de l'entendre et moi je n'ai jamais habitué qui que ce soit à m'écouter parler pour ne rien dire. Alors je me tais, je la regarde silencieusement jusqu'à ce qu'elle prenne de nouveau la parole. Pour dire pour la première fois quelque chose qui n'est pas profondément inintéressant.
Alors évidemment ces paroles m'inspirent un soupir. Pourtant, je ne lève pas les yeux au ciel et je ne ricane pas comme j'aurais pu le faire. Car j'entends encore son rire qui résonne ; celui qui dit que son esprit est peut-être fracturé comme le mien l'est. Même si j'aimerais mieux être ailleurs, même si je n'ai pas envie de la réconforter, même si je n'ai pas même envie d'être une oreille attentive pour elle, même si sa façon étriquée de voir le monde m'agace, même si elle parle pour ne rien dire... Je prends la peine de lui répondre d'une voix qui, pour une fois, ne frappe pas ni ne cisaille.
« Tu feras ce que tu voudras toi et c'est la seule chose qui devrait compter. »
Et pour la première fois depuis que mes yeux se sont posés sur cette petite fille, mon regard se teinte d'autre chose qu'un profond désintérêt ou que d'un grand mépris. À cause de ce rire. À cause de ce rire qui résonne comme une âme fracturée.
Dernière modification par Aelle Bristyle le 13 août 2025, 10:12, modifié 1 fois.
Que diraient tes parents et ton mari ?
𓆩♡𓆪Date: mai 2050
Avec: @Aelle BristyleC'était bizarre, de se laisser aller d'une telle manière. Freya n'avait jamais vraiment lâché la laisse qui la tenait fermement attachée à toutes les coutumes de son monde : un dos droit, une voix douce, des mots mielleux et un regard baissé. Après tout, on ne lui en demandait pas grand-chose, et elle appréciait la façon dont elle se transformait en ombre lors de dîners ennuyeux et soirées mondaines. Mais, pour une fois, elle n'avait plus envie d'être une ombre, et la réalisation de la chose lui tapa fort contre la poitrine.
Elle avait peur. Elle était triste. Le chagrin, une part de sa vie qu'elle n'avait pu délaisser depuis des mois, la gagnait de plus en plus et, du haut de ses quelques années de vie, Freya ne savait pas comment gérer tant de tristesse. Après tout, elle avait été une enfant calme, qui ne faisait jamais des siennes- pourquoi commencerait-elle maintenant ? Pour se libérer ? Respirer ? Personne ne lui avait appris à lâcher prise.
Et puis, qu'importe, qu'elle se libère, quand des personnes comme Aelle ne la voyaient qu'avec mépris et dégoût, alors que Freya ne comprenait rien, ou en avait la sensation. Depuis son arrivée à Poudlard, ses journées étaient rythmées, une routine bien précise qui avait commencé à exploser petit à petit au fur et à mesure des rencontres qu'elle faisait, et Freya se sentait perdue, nageant dans une eau noire, si noire qu'elle ne trouvait plus le bord, ni la surface.
C'est la voix plus neutre de cette femme qui lui permit, pendant quelques secondes, de sortir la tête du brouillard qui menaçait de l'engloutir, et Freya la regarda avec de grands yeux bleus. Elle n'était pas gentille, cette femme, Freya décida, mais elle le savait déjà, depuis un moment, même. Et pourtant, il y avait quelque chose de distinctement attirant chez elle, comme une sorte de faible compréhension que Freya n'avait jamais vu ailleurs- c'était nouveau, pour elle, de ne pas être aimée, ni appréciée, et elle s'accrocha à cette nouveauté avec toutes ses forces. "S'ils me renient, je serai toute seule," dit la petite. Sa voix, bizarrement neutre, ne trahissait pas le flot d'émotions qui bouillonnait en elle.
Elle essayait d'être forte. D'être adulte. "Que ferais-tu, toi, à ma place ? Avec une famille qui t'aime, plus que tout, mais mal ?" demanda la petite, essuyant son visage d'une main, de façon peu propre et peu soignée. Elle passa sa main sur sa jupe, y étalant les larmes qui s'accrochaient à ses doigts. Elle ne savait plus quoi dire, sa gorge serrée et son esprit fracassé par une ruée de pensées.
Ça lui semblait bête, de demander une telle chose. Elle savait pertinemment que la femme ne lui répondrait qu'avec mépris et méchanceté, encore plus, juste un peu. Elle voulut s'en aller, d'un coup, se réfugier ailleurs, dans ses études et dans ses livres, qui étaient bien plus compréhensibles que les humains, que les gens et leurs envies, et leurs attentes, et leurs manies. Mais elle ne le fit pas, car Freya n'était rien sans ses tendances têtues, qui s'affranchissaient petit à petit, au fur et à mesure qu'elle grandissait. "Tu as quel âge ?" demanda Freya avant qu'Aelle ne puisse répondre à sa question précédente. Il lui semblait plus intelligent de changer de sujet, légèrement, de refermer la porte qu'elle avait ouvert en elle. "As-tu mis du temps avant de savoir ce que tu voulais faire ?"𓆩♡𓆪
Que diraient tes parents et ton mari ?
Son immense regard bleu prend toute la place sur son visage, comme si ses pupilles avalaient tout le reste. Je la regarde fixement, sans détourner les yeux, surveillant le moindre signe du prochain rire qui sera la preuve de son esprit fracturé.
Comme je m'y attendais, mes paroles ne la rassurent pas et ne l'aident en rien à se sentir mieux — ce n'était de toute manière pas leur objectif. À son âge, difficile de comprendre qu'il y a autre chose que sa famille. Elle vit encore dans leur giron, elle n'imagine même pas qu'un jour elle vivra loin d'elle et qu'elle sera heureuse comme cela. S'ils la renient aujourd'hui, serait-elle toute seule ? J'en doute, elle doit bien avoir quelqu'un d'autre dans son entourage. Cela dit, cela n'a pas la moindre importance : vu le pouvoir qu'elle leur donne, s'ils la renient, elle sera effectivement toute seule. Leur avis est tout pour elle, le centre de son monde, le gouvernail de sa vie. Peut-être se rendra-t-elle compte un jour qu'il faut qu'elle apprenne à réfléchir par elle-même, à s'émanciper... Ou peut-être pas. Cela ne m'importe pas : quand je m'éloignerais pour retrouver mon stand, elle et moi ne nous reverrons plus jamais, jamais je ne saurais ce qu'elle est devenue, et ce sera très bien comme ça.
Elle se redresse avant que j'ai pu répondre, étalant sur ses joues et sa jupe ses larmes brûlantes. Je me contente de l'observer, les lèvres légèrement pincées, agacée de devoir jouer ce rôle qu'elle me force à prendre mais aussi incapable de me retourner dans un mouvement de cape et de l'abandonner là, avec son esprit brisé, ses rires qui débordent et ses larmes. Peut-être parce que je me suis vue en elle. Pourtant, jamais je n'ai été sous le joug de ma famille, moi.
Un sourcil s'arque sur mon front. Elle a repris la parole ; ce que je ferais à sa place ? Très vite, les paroles s'enchaînent dans sa bouche, elle change brusquement de sujet. Mais je suis toujours bloquée sur cette première question qui me fait doucement froncer les sourcils. Ce que je ferais avec une famille qui m'aime plus que tout, mais mal ? Peut-on dire que c'est le cas de ma famille ? Je l'ai souvent pensé. À chaque fois que je faisais quelque chose qui m'attirait les foudres des six membres de ma famille, je l'ai pensé. Aujourd'hui, alors que je me suis enfoncée mois après mois dans un mensonge tentaculaire qui me forçait à raconter des inepties à chaque fois que je croisais un membre de ma famille, parce que j'étais persuadée qu'ils ne sauraient accepter ni comprendre mon choix de mettre un terme à mes études, je me suis persuadée que même s'ils m'aimaient, ils le faisaient mal — sinon, je n'aurais pas menti, n'est-ce pas ? Peut-être, je n'en sais rien, cela n'a pas la moindre importance.
« Vingt ans, » dis-je d'une voix maîtrisée et distante, comme si cette information n'avait pas la moindre importance.
J'arrache mes yeux de son profil larmoyant pour parcourir les étagères des yeux. Au-delà des rayons se trouvent les stands, déjà peuvent s'entendre le bruit des discussions qui prouvent que l'heure de se rassembler approche. Un petit soupir, puis je ramène mon regard sur l'enfant.
« J'ai toujours su ce que je voulais faire, murmuré-je en analysant son visage. Depuis toute petite. »
Quand j'étais gamine, ou quand j'avais son âge, ce n'était pas très clair dans mon esprit. J'avais seulement cet amour infini et cette curiosité sans borne pour la magie. Je disais : « j'en ferai mon métier ! » sans savoir ce que signifiait exactement avoir un métier et sans avoir la moindre idée de la manière dont on faisait de la magie sa carrière. Ce n'est que plus tard que j'ai compris que ce que j'aimais c'était décortiquer, analyser, comprendre dans les moindre détails. Et que pour cela, la recherche était un domaine parfait pour moi : l'apprentissage sans limite, sans fin, qui ne s'arrête jamais. Le nez dans les bouquins, la main sans cesse accrochée à sa baguette, à chercher à comprendre, à décrypter. C'est cela que je voulais. C'est cela que j'ai eu. L'espace d'un an. Et après, tout a dégringolé. Pourrais-je retrouver cette Aelle que j'étais ? Retrouver l'ardeur avec laquelle elle étudiait, retrouver sa passion sans borne ? Elle est là, je la sens, pas loin de moi. Elle est restée bloquée un an ou deux en arrière. Je peux la rattraper, n'est-ce pas ? Je peux la faire revenir sur le devant de la scène ? Parfois, je me dis qu'il suffirait juste de faire semblant. Reprendre mes études, tout recommencer comme avant, faire semblant s'il le faut. Tout viendra tout seul, n'est-ce pas ?
Je camoufle mes pensées derrière un regard inexpressif et un corps immobile. Quand je reprends la parole, ma voix me parait un peu mécanique. Mon esprit est revenu à cette première question qu'elle m'a posé.
« Mes rêves ont toujours plus compté que ma famille. Je ne suis pas à ta place. »
Et tant pis si elle ne comprend pas pourquoi je change brusquement de sujet, moi-aussi.
Comme je m'y attendais, mes paroles ne la rassurent pas et ne l'aident en rien à se sentir mieux — ce n'était de toute manière pas leur objectif. À son âge, difficile de comprendre qu'il y a autre chose que sa famille. Elle vit encore dans leur giron, elle n'imagine même pas qu'un jour elle vivra loin d'elle et qu'elle sera heureuse comme cela. S'ils la renient aujourd'hui, serait-elle toute seule ? J'en doute, elle doit bien avoir quelqu'un d'autre dans son entourage. Cela dit, cela n'a pas la moindre importance : vu le pouvoir qu'elle leur donne, s'ils la renient, elle sera effectivement toute seule. Leur avis est tout pour elle, le centre de son monde, le gouvernail de sa vie. Peut-être se rendra-t-elle compte un jour qu'il faut qu'elle apprenne à réfléchir par elle-même, à s'émanciper... Ou peut-être pas. Cela ne m'importe pas : quand je m'éloignerais pour retrouver mon stand, elle et moi ne nous reverrons plus jamais, jamais je ne saurais ce qu'elle est devenue, et ce sera très bien comme ça.
Elle se redresse avant que j'ai pu répondre, étalant sur ses joues et sa jupe ses larmes brûlantes. Je me contente de l'observer, les lèvres légèrement pincées, agacée de devoir jouer ce rôle qu'elle me force à prendre mais aussi incapable de me retourner dans un mouvement de cape et de l'abandonner là, avec son esprit brisé, ses rires qui débordent et ses larmes. Peut-être parce que je me suis vue en elle. Pourtant, jamais je n'ai été sous le joug de ma famille, moi.
Un sourcil s'arque sur mon front. Elle a repris la parole ; ce que je ferais à sa place ? Très vite, les paroles s'enchaînent dans sa bouche, elle change brusquement de sujet. Mais je suis toujours bloquée sur cette première question qui me fait doucement froncer les sourcils. Ce que je ferais avec une famille qui m'aime plus que tout, mais mal ? Peut-on dire que c'est le cas de ma famille ? Je l'ai souvent pensé. À chaque fois que je faisais quelque chose qui m'attirait les foudres des six membres de ma famille, je l'ai pensé. Aujourd'hui, alors que je me suis enfoncée mois après mois dans un mensonge tentaculaire qui me forçait à raconter des inepties à chaque fois que je croisais un membre de ma famille, parce que j'étais persuadée qu'ils ne sauraient accepter ni comprendre mon choix de mettre un terme à mes études, je me suis persuadée que même s'ils m'aimaient, ils le faisaient mal — sinon, je n'aurais pas menti, n'est-ce pas ? Peut-être, je n'en sais rien, cela n'a pas la moindre importance.
« Vingt ans, » dis-je d'une voix maîtrisée et distante, comme si cette information n'avait pas la moindre importance.
J'arrache mes yeux de son profil larmoyant pour parcourir les étagères des yeux. Au-delà des rayons se trouvent les stands, déjà peuvent s'entendre le bruit des discussions qui prouvent que l'heure de se rassembler approche. Un petit soupir, puis je ramène mon regard sur l'enfant.
« J'ai toujours su ce que je voulais faire, murmuré-je en analysant son visage. Depuis toute petite. »
Quand j'étais gamine, ou quand j'avais son âge, ce n'était pas très clair dans mon esprit. J'avais seulement cet amour infini et cette curiosité sans borne pour la magie. Je disais : « j'en ferai mon métier ! » sans savoir ce que signifiait exactement avoir un métier et sans avoir la moindre idée de la manière dont on faisait de la magie sa carrière. Ce n'est que plus tard que j'ai compris que ce que j'aimais c'était décortiquer, analyser, comprendre dans les moindre détails. Et que pour cela, la recherche était un domaine parfait pour moi : l'apprentissage sans limite, sans fin, qui ne s'arrête jamais. Le nez dans les bouquins, la main sans cesse accrochée à sa baguette, à chercher à comprendre, à décrypter. C'est cela que je voulais. C'est cela que j'ai eu. L'espace d'un an. Et après, tout a dégringolé. Pourrais-je retrouver cette Aelle que j'étais ? Retrouver l'ardeur avec laquelle elle étudiait, retrouver sa passion sans borne ? Elle est là, je la sens, pas loin de moi. Elle est restée bloquée un an ou deux en arrière. Je peux la rattraper, n'est-ce pas ? Je peux la faire revenir sur le devant de la scène ? Parfois, je me dis qu'il suffirait juste de faire semblant. Reprendre mes études, tout recommencer comme avant, faire semblant s'il le faut. Tout viendra tout seul, n'est-ce pas ?
Je camoufle mes pensées derrière un regard inexpressif et un corps immobile. Quand je reprends la parole, ma voix me parait un peu mécanique. Mon esprit est revenu à cette première question qu'elle m'a posé.
« Mes rêves ont toujours plus compté que ma famille. Je ne suis pas à ta place. »
Et tant pis si elle ne comprend pas pourquoi je change brusquement de sujet, moi-aussi.
Que diraient tes parents et ton mari ?
Désolée pour cette réponse tardive et peu qualitative !𓆩♡𓆪Date: mai 2050
Avec: @Aelle BristyleCette conversation allait nulle part, elle le savait. Pourtant, c'était si difficile de se séparer de ses attentes. Freya n'était rien si pas un peu obsessive, têtue. La méchanceté qui glissait des lèvres d'Aelle depuis quelques minutes s'était adoucie et Freya put enfin se retrouver dans ses mots, dans ce visage si passif, dans ses yeux emplis d'émotions qu'elle ne comprenait pas. Elle l'observa alors, quelques instants. C'était toujours plus facile que de parler. Lire les gens, c'était quelque chose que Freya ne savait pas particulièrement faire, mais elle ne trouva pas la tâche si difficile que ça auprès d'Aelle.
Elle voulait la détester avec la force entière de son âme. La mépriser, comme elle avait été méprisée. Mais ça s'avouait plus difficile que prévu, faute au cœur de Freya qui, meurtri, ne cessait jamais de battre d'empathie pour les autres.
Aelle lui répondit alors, et Freya écouta à moitié. À vrai dire, elle voulait s'en aller. Elle voulait retrouver le confort de sa salle commune, la douceur de ses draps. Elle voulait s'envoler jusqu'à la volière pour voir si une lettre l'attendait. Elle voulait se concentrer sur ses études et ne plus penser à son futur, à ce trou noir qui l'attendait.
Vingt ans. Ça lui semblait si lointain, un tel âge. La vie n'était que vague de surprise et d'incertitude et Freya ne voulait plus rien y savoir. Que faisait sa mère, à vingt ans ? Elle étudiait. Elle faisait ce qui était attendu d'elle. La seule personne de libre que Freya connaissait dans sa famille était son plus jeune oncle, qui, enfermé dans son studio, n'avait que doux mots pour elle, mais il était un homme, et elle une femme, et la différence était quelque chose que Freya avait compris très jeune.
Elle avait mal aux jambes, comme si elle était restée debout un peu trop longtemps. Elle sentit sa gorge se serrer, comme si des larmes menaçaient de couler à nouveau sur ses joues, et elle garda tout cela pour elle, comme toujours.
Aelle changea de sujet, comme elle-même l'avait fait, et Freya n'apprécia pas les mots qui sortirent de sa bouche. Ils étaient attendus. Elle savait qu'elle ne pouvait pas compter sur cette adulte pour l'aider. Elle pensait même que, si elle était en danger, Aelle n'oserait pas lever le petit doigt dans sa direction, alors pourquoi était-elle si investie ? Pourquoi désirait-elle tant que quelque chose au-delà d'une douce colère s'allume entre elles ? Freya prit une profonde inspiration.
Elle devait être mature. Elle devait cesser de se comporter comme une enfant. Elle devait se reprendre en main et gérer cette situation comme sa mère l'aurait fait, parce que sa mère savait mieux que quiconque. C'était vrai, n'est-ce pas ?
"D'accord," dit la petite. Elle hocha de la tête tout doucement, comme pour se convaincre de ses mots prochains. "Pardon pour plus tôt," ajouta Freya. Ce n'était qu'usages et mensonge, ce qu'elle disait. À aucun moment ne se sentait-elle désolée, ou même un petit peu déçue de sa réaction. Aelle l'avait tirée jusqu'au bord du gouffre, et Freya n'avait pu faire autrement que de somber à ses côtés.
Elle plaqua un sourire faux sur son visage, l'acte tellement habituel qu'elle ne sentit rien bourdonner dans son âme. "Merci pour les informations et l'aide," dit la petite. "Bonne journée."
Alors qu'elle se retournait pour s'éloigner, elle n'osa pas lever les yeux vers la femme. Elle ne voulait pas voir sa réaction. Elle savait qu'elle serait déçue, de toute façon, et Freya commençait à se lasser des déceptions. Elle ne voulait pas que sa vie en soit remplie, et c'était le seul point positif qu'elle avait retenu de cette conversation.
Aelle avait ouvert la boîte de Pandore, la petite boîte cachée dans le cœur de Freya, et l'enfant ne savait pas comment s'y prendre pour gérer le flot d'émotions qui la prenaient petit par petit, alors elle continua sur son chemin, livres serrés contre sa poitrine, comme s'ils pouvaient refermer ses pensées et ses doutes.𓆩♡𓆪