Le choix du nouveau crapaud
Mai 2049Précédemment : L'Ours et le Faon
Damiano restait muet.
Assis sur le rebord de la fontaine de Flammel, l’italien regardait Alice sans prononcer le moindre mot. D’ordinaire, elle aurait fait une remarque cinglante - mais non pas dénuée de taquinerie - sur ce mutisme rafraîchissant.
Mais aujourd’hui, il n’en fut rien.
Ses mains sur ses cuisses, Alice attendait.
Elle attendait la réaction de celui qui n’était plus son promis.
Damiano papillonna des yeux. Il glissa sur main dans ses cheveux bruns, avant de les frictionner. « Si je m’attendais à ça en me réveillant… » souffla t-il, comme si il prenait conscience du poids des mots d’Alice.
La jeune femme baissa les yeux un instant. Une preuve d’inconfort qu’elle s’autorisait.
« Je sais », dit-elle. « Ta famille attendait beaucoup de ce mariage. Je porte l’entière responsabilité de cette rupture de promesse »
Alice glissa sa main jusqu’à celle de Damiano, qu’elle serra avec douceur. Son regard cherchait le sien. « Mais soyons honnête l’un envers l’autre. Notre union aurait été une peine chaque jour. Ils peuvent bien dire ce qu’ils veulent : dix ou vingt ans de vie commune n’auraient rien changé à l’antipathie que nous éprouvons l’un pour l’autre. Je te méprise. Tu me méprises, et…
— Je ne te méprise pas, corrigea Damiano en récupérant sa main. Je tolère ta présence dans mon champ de vision. Ne sois pas fataliste. »
Alice considéra Damiano d’un œil dépité. « Quoi qu’il en soit », reprit-elle avec plus de dureté dans la voix, « Notre union ne signifie plus rien. Je n’ai plus besoin de toi. »
L’italien sourit. Il se pencha un peu en avant, et vint tapoter le poing replié d’Alice. « Je trouverai une autre Sang-Pur méprisante et riche à épouser, ne t’en fais pas. Au final, c’est moi la perle rare… pas toi. »
La réponse de Damiano fit sourire Alice. Elle déposa sa main sur celle du garçon. « Tu as raison. Les bécasses de mon rang se bousculeront pour ajouter un idiot a leur arbre généalogique. Certaines ont le goût de l’aventure. »
Ce fut au tour de Damiano de sourire. Avec douceur, il porta la main d’Alice a ses lèvres et y déposa un baiser. Ses boucles brunes chatouillaient la peau d’Alice, mais elle ne fit aucun mouvement de recul. Elle observait le garçon, avec un sourire qu’elle ne s’expliquait pas.
Au fil des années, Alice avait apprit à connaître Damiano, et jour après jour, il lui était apparu plus antipathique que la veille. Mais le fait était que c’était le sien, à elle. Celui qui, par sa témérité, se confrontait à elle sans jamais perdre de terrain. Il était obstiné, inventif, un véritable tacticien lorsqu’il était question de la faire tourner en bourrique. Pas un jour ne passait sans qu’il ne la pousse dans ses retranchements.
D’une certaine manière, Damiano avait contribué à l’évolution d’Alice. Et pour cela, elle avait grande peine à le laisser derrière elle.
Mais c’était bien mal connaître Damiano Luciano Gattonero.
Il leva lentement le visage vers Alice, sa main toujours prisonnières de ses doigts. « Le problème, c’est que… Je ne vais pas le dire à mes parents. Ni à personne. »
Alice haussa un sourcil. Avant qu’elle ne puisse exprimer son incompréhension, Damiano reprit : « J’ai été rayé de la liste des Sang-Pur italiens à marier… et toi de la liste française. Aussi… moi, ça me plaît. Moins de cours à faire aux belles dames de noble lignée avec une baguette coincée dans le… comment vous dites, en français …?
— On ne dit rien. Surtout, on ne dit rien.
— Je n’aime pas les filles coincées. Tu le sais.
— Si les murs de Beauxbâtons pouvaient parler, ils le crieraient. »
Damiano sourit. Il relâcha doucement la main d’Alice pour ébouriffer à nouveau sa tignasse brune. « Restons officiellement promis. Tu t’en fiches, tu épouseras un anglais… ou un rouquin.
— Certes, non.
— Pas un rouquin ?
— Pas un anglais.
— Peu importe. Toi, tu cherches ton promis sur ton île et moi… je continue à faire ce que je souhaite, avec qui je souhaite. De toutes façons… ce n’est pas comme si j’avais un jour arrêté. »
L’air scandalisé d’Alice provoqua un éclat de rire chez Damiano. Lorsque la délicate main de la française s’abattît sur son avant bras en une claque enragée, il se releva aussitôt, ses lèvres encore agitées par son hilarité.
Alice le poignardait du regard. Par Circée ! Elle n’était pas étonnée, pas le moins du monde, mais le fait que Damiano avoue ses tromperies avec autant de détachement provoquait en elle une explosion de ressentiment.
Son poing se serrait contre sa cuisse, et Alice eu toute les peines du monde à le retenir de venir s’écraser dans le visage de l’italien. Elle ferma les yeux, serra les dents.
« Oh Alice… aurais-je briser ton petit cœur ? »
Contre attaquer.
« Pour briser mon petit coeur, encore aurait-il fallu que j’éprouve pour toi un sentiment d’affection. Hors, il n’en est rien. Tout ce que tu as fait, c’est me prouver encore une fois que tu n’es digne ni de ma confiance, ni de ma sympathie. »
Alice ouvrit les yeux, et planta son regard dans celui de Damiano. Elle étira un sourire. Faux, à demi tremblant, mais une lame n’a nul besoin d’être maîtrisée pour trancher.
« Mais tu as raison. Poursuivons notre simulacre amoureux. Je suis curieuse de voir jusqu’où tu peux pousser le mépris que je ressens pour ce que tu représentes. Cela me divertira pendant la chasse.»
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Le choix du nouveau crapaud
La chasse débuta dans un bruissement de feuilles. Non pas celles d’un buisson dans lequel se dissimuler pour traquer, mais plutôt celles d’un épais carnet de cuir.
Penchée sur elle, lovée comme son épaule, Léonie contemplait les prises de notes, les dessins ridicules de bonhommes bâtons avec des cheveux plus ou moins longs et les rares photographies
Le rire de la jolie française résonna dans l’oreille d’Alice, qui finit par repousser son amie d’un doux mouvement d’épaule. Léonie se releva, son visage marqué d’un sourire goguenard. Elle contourna le fauteuil sur lequel était installé Alice pour venir s’accroupir à ses côtés. Cette fois, c’est sur sa cuisse qu’elle s’appuya de son coude.
« — Ton frère est doué en bien des choses, mais il faudra lui demander de laisser ses jolis doigts loin des fusains.
— Tu me fais mal, avec ton coude pointu. Pourquoi diable ne prends-tu pas un fauteuil ?
— Tu me repousses ? Moi qui te donne tout mon amour et mon temps libre ?
— Mais je ne t’ai rien demandé. »
Léonie feignit un coup de poignard en plein coeur, et s’effondra au sol à la manière d’une tragédienne grecque. Elle releva la tête au bout de quelques secondes pour s’abreuver du léger rire qui avait échapper à Alice.
Elle se releva à nouveau, trottina pour contourner la table et les fauteuils pour finalement s’asseoir sur le bord de celui d’Alice. Plus d’accolade, à présent. Rien que sa masse de boucles noires déversées sur la première page du carnet. Alice la débarassa, et exposa le nom de la potentielle proie en devenir.
« Antonn Clifford » lu Léonie. « Tiens, c’est amusant, Clifford… n’était-ce pas le nom d’un grand chien rouge ? Des ouvrages, pour les petits Sans-Pouvoir… De mémoire, ma tante en avait quelques uns chez elle. Jusqu'à ce que Armelle ne les déchire pour habiller sa poupée avec.
— Concentre toi.
— Oh, il est gémeaux ! Comme moi !
— Léonie…
— Sang-Pur, bien sûr… Godric’s Hollow… un anglais…. Des cheveux bruns… pas très grand… hmmm… pas mon préféré pour le moment. Serp…entard ! Ton frère a une écriture terrible.
— Je doute qu’il ai eu le temps de faire des enluminures pendant sa traque des meilleurs partis de Grande-Bretagne, vois-tu ?
— Grey-blue… des yeux gris-bleu ?
— C’est cela.
— Hmmm… »
Léonie referma les yeux, et par ce geste, Alice savait précisément ce qu’elle était en train de faire : elle imaginait Clifford. Le garçon, pas le chien… qu’est-ce que c’était que cette histoire de grand chien rouge ?
Léonie imaginait Antonn Clifford, à quoi il pouvait bien ressembler. Léonie aimait cela. Elle le faisait, souvent. C’est ainsi qu’Alice se retrouvait souvent avec des dessins de ses camarades d’avant. Parfois… c’était assez troublant.
Alice se souvint d’un dessin de Yesenia, la petite amie d’Aliosus. Elle lui avait dépeint ce qu’elle pensait de la jeune fille. Ses cheveux, ses yeux… mais aussi son propre avis.
Léonie, très fière d’elle, lui avait alors montré le dessin d’une jeune femme aux cheveux noirs, aux yeux verts, aux lèvres vomissant un serpent et aux doigts griffues.
Une représentation très fidèle aux yeux d’Alice.
Penchée sur elle, lovée comme son épaule, Léonie contemplait les prises de notes, les dessins ridicules de bonhommes bâtons avec des cheveux plus ou moins longs et les rares photographies
Le rire de la jolie française résonna dans l’oreille d’Alice, qui finit par repousser son amie d’un doux mouvement d’épaule. Léonie se releva, son visage marqué d’un sourire goguenard. Elle contourna le fauteuil sur lequel était installé Alice pour venir s’accroupir à ses côtés. Cette fois, c’est sur sa cuisse qu’elle s’appuya de son coude.
« — Ton frère est doué en bien des choses, mais il faudra lui demander de laisser ses jolis doigts loin des fusains.
— Tu me fais mal, avec ton coude pointu. Pourquoi diable ne prends-tu pas un fauteuil ?
— Tu me repousses ? Moi qui te donne tout mon amour et mon temps libre ?
— Mais je ne t’ai rien demandé. »
Léonie feignit un coup de poignard en plein coeur, et s’effondra au sol à la manière d’une tragédienne grecque. Elle releva la tête au bout de quelques secondes pour s’abreuver du léger rire qui avait échapper à Alice.
Elle se releva à nouveau, trottina pour contourner la table et les fauteuils pour finalement s’asseoir sur le bord de celui d’Alice. Plus d’accolade, à présent. Rien que sa masse de boucles noires déversées sur la première page du carnet. Alice la débarassa, et exposa le nom de la potentielle proie en devenir.
« Antonn Clifford » lu Léonie. « Tiens, c’est amusant, Clifford… n’était-ce pas le nom d’un grand chien rouge ? Des ouvrages, pour les petits Sans-Pouvoir… De mémoire, ma tante en avait quelques uns chez elle. Jusqu'à ce que Armelle ne les déchire pour habiller sa poupée avec.
— Concentre toi.
— Oh, il est gémeaux ! Comme moi !
— Léonie…
— Sang-Pur, bien sûr… Godric’s Hollow… un anglais…. Des cheveux bruns… pas très grand… hmmm… pas mon préféré pour le moment. Serp…entard ! Ton frère a une écriture terrible.
— Je doute qu’il ai eu le temps de faire des enluminures pendant sa traque des meilleurs partis de Grande-Bretagne, vois-tu ?
— Grey-blue… des yeux gris-bleu ?
— C’est cela.
— Hmmm… »
Léonie referma les yeux, et par ce geste, Alice savait précisément ce qu’elle était en train de faire : elle imaginait Clifford. Le garçon, pas le chien… qu’est-ce que c’était que cette histoire de grand chien rouge ?
Léonie imaginait Antonn Clifford, à quoi il pouvait bien ressembler. Léonie aimait cela. Elle le faisait, souvent. C’est ainsi qu’Alice se retrouvait souvent avec des dessins de ses camarades d’avant. Parfois… c’était assez troublant.
Alice se souvint d’un dessin de Yesenia, la petite amie d’Aliosus. Elle lui avait dépeint ce qu’elle pensait de la jeune fille. Ses cheveux, ses yeux… mais aussi son propre avis.
Léonie, très fière d’elle, lui avait alors montré le dessin d’une jeune femme aux cheveux noirs, aux yeux verts, aux lèvres vomissant un serpent et aux doigts griffues.
Une représentation très fidèle aux yeux d’Alice.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Le choix du nouveau crapaud
Damiano plissa la bouche en examinant la page consacrée à Edmund Dale. Il l’approcha de son visage, pour finalement l’éloigner. Un profond soupir échappa à Alice en le regardant faire. Léonie se glissa dans le dos de Damiano, l’enlaça par les épaules et se pencha au dessus de lui pour regarder la page.
Damiano accorda enfin un regard à Alice, non sans un sourcil haussé de dédain
« Tu n’avais pas dit que tu ne voulais pas d’anglais ? Alors quoi ? Monsieur à un joli minois et on oublie ses limites ? Tu peux dire de moi : t’es la même. »
Alice s’offusqua de ces dernières paroles. Sans quitter l’herbe tendre sur laquelle elle était assise, elle arracha le carnet aux doigts de Damiano. Aussitôt, Léonie quitta les épaules de son ami pour rejoindre celle d’Alice et ainsi poursuivre sa lecture.
« C’est Thomas qui a créé ce registre » lança Alice, son regard planté sur Damiano. « Pas moi… et même si il avait fait par mes soins, Dale y serait apparu parce que c’est un bon parti. Et son joli minois, comme tu dis, ne change rien.
— Ose me dire que tu ne m’as pas initialement choisi pour cette raison.
— … Tu étais le moins laideron de la bande de crapaud que ma tante m’a proposée. »
Damiano roula des yeux dans ses orbites, et se détourna des deux jeunes femmes pour arracher une poignée d’herbes. Alice l’entendit marmonner dans sa langue natale, et devina que les mots prononcés lui étaient cruellement adressés.
Léonie tendit un bras pour tapoter la page.
« Damn… his mom is absolutely gorgeous. Genetics did him a favor » lu Léonie avec son affreux accent. « Qu’a voulu dire Thomas ? »
Alice inspira en refermant les yeux. Même à distance, même protégée par les murailles de Beauxbâtons, l’indécence de Thomas parvenait à s’infiltrer. « Que la mère de Dale est belle, et que son patrimoine génétique est un cadeau…. Mais la manière de Thomas. »
Le rire mutin de Léonie résonna à l’oreille d’Alice. Elle se pressa contre le dos d’Alice, et jeta un regard à Damiano. Il était encore occupé à pester dans son coin, tirant les brins d’herbe comme si il s’agissait des cheveux d’Alice.
« — Sais-tu que tu es encore plus vilain quand tu boudes ? Ah… quelles étaient les paroles de ta chanson, déjà… Ma quando sorridi, il mondo diventa brillante! As-tu vu ? Je m’en suis souvenue ! Pas parce que la chanson est merveilleuse, ça non, je dirai même qu’elle est particulièrement désagréable. Pas à entendre, Daminouche ! Ce que tu peux être susceptible…Je parlais des paroles. Un brin misogyne. Un tantinet rancunier.
— Oh, écoutez l’experte ! Tu passes tes journées à dessiner des paires de fesses, de quoi viens-tu me parler ?
— Mais quel maroufle ! Je dessine aussi d’autres paires, et tu le sais très bien ! »
Alice ne pu retenir un râle agacé. Elle referma son carnet et le frappa sur le front de Léonie.
« Vous avez gagné », déclara Alice en se relevant. Elle lissa sa robe, ajusta son chapeau sur sa tête et se tourna vers les deux infernaux. « Je vais choisir mon crapaud toute seule. »
Comme un seul corps, Damiano et Léonie levèrent leur visage vers Alice, scandalisés par cette annonce.
Alice les laissa là, et prit le chemin vers le palais… tout en sachant qu’elle ne parviendrait pas à se débarrasser d’eux bien longtemps.
Et de toutes manières, le voulait-elle seulement ?
Damiano accorda enfin un regard à Alice, non sans un sourcil haussé de dédain
« Tu n’avais pas dit que tu ne voulais pas d’anglais ? Alors quoi ? Monsieur à un joli minois et on oublie ses limites ? Tu peux dire de moi : t’es la même. »
Alice s’offusqua de ces dernières paroles. Sans quitter l’herbe tendre sur laquelle elle était assise, elle arracha le carnet aux doigts de Damiano. Aussitôt, Léonie quitta les épaules de son ami pour rejoindre celle d’Alice et ainsi poursuivre sa lecture.
« C’est Thomas qui a créé ce registre » lança Alice, son regard planté sur Damiano. « Pas moi… et même si il avait fait par mes soins, Dale y serait apparu parce que c’est un bon parti. Et son joli minois, comme tu dis, ne change rien.
— Ose me dire que tu ne m’as pas initialement choisi pour cette raison.
— … Tu étais le moins laideron de la bande de crapaud que ma tante m’a proposée. »
Damiano roula des yeux dans ses orbites, et se détourna des deux jeunes femmes pour arracher une poignée d’herbes. Alice l’entendit marmonner dans sa langue natale, et devina que les mots prononcés lui étaient cruellement adressés.
Léonie tendit un bras pour tapoter la page.
« Damn… his mom is absolutely gorgeous. Genetics did him a favor » lu Léonie avec son affreux accent. « Qu’a voulu dire Thomas ? »
Alice inspira en refermant les yeux. Même à distance, même protégée par les murailles de Beauxbâtons, l’indécence de Thomas parvenait à s’infiltrer. « Que la mère de Dale est belle, et que son patrimoine génétique est un cadeau…. Mais la manière de Thomas. »
Le rire mutin de Léonie résonna à l’oreille d’Alice. Elle se pressa contre le dos d’Alice, et jeta un regard à Damiano. Il était encore occupé à pester dans son coin, tirant les brins d’herbe comme si il s’agissait des cheveux d’Alice.
« — Sais-tu que tu es encore plus vilain quand tu boudes ? Ah… quelles étaient les paroles de ta chanson, déjà… Ma quando sorridi, il mondo diventa brillante! As-tu vu ? Je m’en suis souvenue ! Pas parce que la chanson est merveilleuse, ça non, je dirai même qu’elle est particulièrement désagréable. Pas à entendre, Daminouche ! Ce que tu peux être susceptible…Je parlais des paroles. Un brin misogyne. Un tantinet rancunier.
— Oh, écoutez l’experte ! Tu passes tes journées à dessiner des paires de fesses, de quoi viens-tu me parler ?
— Mais quel maroufle ! Je dessine aussi d’autres paires, et tu le sais très bien ! »
Alice ne pu retenir un râle agacé. Elle referma son carnet et le frappa sur le front de Léonie.
« Vous avez gagné », déclara Alice en se relevant. Elle lissa sa robe, ajusta son chapeau sur sa tête et se tourna vers les deux infernaux. « Je vais choisir mon crapaud toute seule. »
Comme un seul corps, Damiano et Léonie levèrent leur visage vers Alice, scandalisés par cette annonce.
Alice les laissa là, et prit le chemin vers le palais… tout en sachant qu’elle ne parviendrait pas à se débarrasser d’eux bien longtemps.
Et de toutes manières, le voulait-elle seulement ?
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
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