Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Avait-elle rougi ? Si c’était bien le cas, Erwan avait visé juste en jouant la carte de la galanterie. Il se donnait du baume au cœur à penser cela, mais, en restant honnête, il aurait probablement proposé sa veste à quiconque aurait montré des signes de froid, qu’il ait l’intention de séduire ou non. À cet instant cependant, il interprétait ce geste comme une réussite dans sa tentative de se rapprocher de la jeune femme. Dans le cruel et tranchant jeu de l’amour, il faut savoir saisir même les plus petites victoires. Peut-être même n’avait-elle pas rougi… mais il était difficile de dissimuler la moindre couleur sur sa peau. Erwan tendit son bras gauche pour déposer sa veste sur ses épaules. En ramenant son bras vers lui, d’un geste délicat, il glissa sa main dans le dos d’Alice, sous ses cheveux, puis les ramena d’un geste par-dessus la veste. «Regrettable tu dis ? Je serais dévasté, plutôt ! Je ne vois pas meilleure occasion pour qu’on se rencontre vraiment… On aurait pu échanger mille fois dans le confortable quotidien de Poudlard, mais le destin nous a rassemblés ici et maintenant. S’il n’y a pas de la magie dans l’air, je ne m’y connais pas !».
Le regard malicieux qu’il reçut avec la question d’Alice et sa réponse charmeuse conforta encore une fois un peu plus Erwan. C’étaient probablement ses moments préférés dans le flirt, quand tout était possible mais que rien n’était joué. Quand une simple rencontre tournait à un véritable échange. L’ancien Poufsouffle se démarquait des vulgaires Don Juan qui composaient la gent masculine pour cela, il n’était pas là pour conclure à tout prix ; il fallait pour l’animer une connexion, un échange stimulant et le sentiment qu’il ne blesserait ni ne décevrait personne… Tout semblait être réuni ce soir, mais pourtant rien ne présageait de ce qui allait se passer. Et c’est justement ça qui l’excitait ! Il fallait passer par ce temps de découverte, de discussion, de charme, de tests pour voir à quel point l’autre était ou non réceptive à ses appels du pied. Si tout était joué d’avance, le jeu de l’amour et de la séduction n’avait plus de raison d’être, c’était comme… tricher à un jeu ! Et rien n’agaçait plus Erwan que les gens qui aimaient gagner en trichant ! Il préférait mille fois perdre en ayant respecté le jeu que de goûter à l’amère victoire grâce à la triche.
La dernière question d’Alice était bien plus corsée qu’elle ne l’imaginait. Et la proximité qu’elle venait de créer n’aidait pas Erwan à trier ses souvenirs pour y répondre. Voilà que c’était peut-être à son tour de rougir… Sa beauté le faisait fantasmer et il dut faire un gros effort pour rediriger ses pensées vers ses voyages… Il avait trouvé du bon et du moins bon partout où il avait été… Il avait écourté son voyage en Asie après s’être séparé d’Anjali, il n’avait pour le coup quasiment pas exploré ce continent. De toute façon, le moment ne lui semblait pas opportun pour évoquer cette idylle et la naissance de son fils qui en avait découlé. «Tu me poses une colle… J’crois que j’ai tout aimé. Mais si je dois choisir, je dirais l’Afrique… J’y ai pas vu d’aussi beaux paysages qu’en Inde ou au Pérou, mais je pense que j’ai plus appris sur moi-même là-bas que partout ailleurs. J’ai débarqué en Égypte, seul, pour mon premier voyage, sans personne pour m’aider, pour me dire quoi faire, où aller. J’me suis découvert une force que je soupçonnais pas, tout ce que j’ai affronté après me paraissait plus simple…». Il se livrait sans calculer, guidé par la confiance que lui inspirait le regard de la jeune femme quand il y plongeait ses yeux. Il la regardait sans s’arrêter, ratant à coup sûr le spectacle qui devait s’installer au-dessus d’eux, lorsque les étoiles apparaissent les unes après les autres. À cette époque de l’année, il y avait même certains soirs où il était difficile de compter le nombre d’étoiles filantes aperçues ; mais s’il avait un vœu à faire ce soir, ç’eût été que leur rencontre dure et continue d’aller dans cet échange malicieux. «Tu as déjà voyagé un peu, toi ?». Ses a priori, que lui avaient donnés les dires et le comportement d’Alice, le laissaient penser qu’elle avait dû voyager à travers le monde, dans de sublimes et exotiques endroits, mais Erwan savait qu’il préférait toujours faire confiance à la surprise du moment plutôt qu’à ses a priori…
Le regard malicieux qu’il reçut avec la question d’Alice et sa réponse charmeuse conforta encore une fois un peu plus Erwan. C’étaient probablement ses moments préférés dans le flirt, quand tout était possible mais que rien n’était joué. Quand une simple rencontre tournait à un véritable échange. L’ancien Poufsouffle se démarquait des vulgaires Don Juan qui composaient la gent masculine pour cela, il n’était pas là pour conclure à tout prix ; il fallait pour l’animer une connexion, un échange stimulant et le sentiment qu’il ne blesserait ni ne décevrait personne… Tout semblait être réuni ce soir, mais pourtant rien ne présageait de ce qui allait se passer. Et c’est justement ça qui l’excitait ! Il fallait passer par ce temps de découverte, de discussion, de charme, de tests pour voir à quel point l’autre était ou non réceptive à ses appels du pied. Si tout était joué d’avance, le jeu de l’amour et de la séduction n’avait plus de raison d’être, c’était comme… tricher à un jeu ! Et rien n’agaçait plus Erwan que les gens qui aimaient gagner en trichant ! Il préférait mille fois perdre en ayant respecté le jeu que de goûter à l’amère victoire grâce à la triche.
La dernière question d’Alice était bien plus corsée qu’elle ne l’imaginait. Et la proximité qu’elle venait de créer n’aidait pas Erwan à trier ses souvenirs pour y répondre. Voilà que c’était peut-être à son tour de rougir… Sa beauté le faisait fantasmer et il dut faire un gros effort pour rediriger ses pensées vers ses voyages… Il avait trouvé du bon et du moins bon partout où il avait été… Il avait écourté son voyage en Asie après s’être séparé d’Anjali, il n’avait pour le coup quasiment pas exploré ce continent. De toute façon, le moment ne lui semblait pas opportun pour évoquer cette idylle et la naissance de son fils qui en avait découlé. «Tu me poses une colle… J’crois que j’ai tout aimé. Mais si je dois choisir, je dirais l’Afrique… J’y ai pas vu d’aussi beaux paysages qu’en Inde ou au Pérou, mais je pense que j’ai plus appris sur moi-même là-bas que partout ailleurs. J’ai débarqué en Égypte, seul, pour mon premier voyage, sans personne pour m’aider, pour me dire quoi faire, où aller. J’me suis découvert une force que je soupçonnais pas, tout ce que j’ai affronté après me paraissait plus simple…». Il se livrait sans calculer, guidé par la confiance que lui inspirait le regard de la jeune femme quand il y plongeait ses yeux. Il la regardait sans s’arrêter, ratant à coup sûr le spectacle qui devait s’installer au-dessus d’eux, lorsque les étoiles apparaissent les unes après les autres. À cette époque de l’année, il y avait même certains soirs où il était difficile de compter le nombre d’étoiles filantes aperçues ; mais s’il avait un vœu à faire ce soir, ç’eût été que leur rencontre dure et continue d’aller dans cet échange malicieux. «Tu as déjà voyagé un peu, toi ?». Ses a priori, que lui avaient donnés les dires et le comportement d’Alice, le laissaient penser qu’elle avait dû voyager à travers le monde, dans de sublimes et exotiques endroits, mais Erwan savait qu’il préférait toujours faire confiance à la surprise du moment plutôt qu’à ses a priori…
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Alice s’était apprêtée à récupérer la veste d’Erwan lorsqu’il lui tendrait… mais il préféra lui déposer sur les épaules. Ce geste, qu’elle n’avait pas anticipé, lui fit perdre un instant son sourire. Elle ne grimaça pas, mais se figea imperceptiblement. Son coeur rata un battement face à la prévenance de l’homme qui, d’un geste doux, d’un geste ô combien galant, libéra ses boucles blanches. Son héritage sacré. Sa plus grande fierté.
Alice n’était point habituée à ce genre de familiarité. Et pourtant, elle avait pour plus proches amis deux parangons de décadence. Si une telle situation s’était présentée avec eux pour remplacer Erwan, eh bien… Damiano lui aurait dit qu’elle n’avait qu’à penser à prendre un gilet, et Léonie lui aurait proposée de la réchauffer.
Erwan n’avait rien à envier à ces deux rustauds.
Avait-il seulement conscience de la qualité de ses attentions ? Peut-être pas. Le voilà déjà reparti dans leur conversation. Tant mieux. Ce serait plus simple. Alice n’aurait pas apprécier un silence après qu’un garçon ait osé toucher ses cheveux si précieux. Non pas qu’elle lui en voulait, bien sûr que non. Seulement, Alice ne voulait pas rester seule avec ses pensés après cela. Son cerveau avait tendance à bien trop travailler après ce genre de situation.
Alice l’écouta avec attention, tournée vers lui, ses yeux dans les siens. Elle aimait sa façon de dire les choses. Il parlait peu de paysage, mais disait beaucoup sur ses ressentis intérieurs. Il ne parlait pas de culture, de site historique… il parlait du voyage qu’il avait accompli en lui. C’était une approche intéressante et tout aussi agréable à entendre. Il n’y avait pas de précisions à demander. C’était intime. Alice s’étonnait de le voir se livrer ainsi, à elle, une presque inconnue. Etait-il aussi ouvert avec tout le monde, ou bien offrait-il cela comme un cadeau rien que pour elle ? Ah, ce cerveau…
« Tu as une façon de raconter tes voyages très personnelle », dit-elle, accompagnant ses mots d’un sourire. Sa position gardée trop longtemps, Alice ramena sa jambe contre elle, puis réajusta sa robe pour cacher un hypothétique genou dévoilé. Assurée que ce n’était point le cas, elle leva les yeux vers Erwan. « Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… » Elle rit, un peu, puis sourit. «… ou quelque chose comme cela. Nicolas Bouvier, L’Usage du Monde. Si tu ne connais pas, je te le conseille. C’est un récit de voyage d’un Sans-Pouvoir suisse. Tu sembles aimer voyager. Enfin, je l’espère. Sans quoi, parcourir le globe a dû être une vraie corvée. »
Alice songea à ses propres voyages. Rien de bien singulier à côté de ceux d’Erwan. Son orgueil lui commandait de se préparer à le surpasser du triple de pays visités mais sa raison lui rappelait que peut-être n’aurait elle jamais l’occasion de voyager comme lui. Chanceux Né Sans-Pouvoir qui ne le savait peut-être pas.
« Un peu, oui » répondit-elle à la question d’Erwan. Elle baissa un instant les yeux sur les genoux du garçon pour réfléchir. « Voyons voir… le Danemark, la Hongrie, l’Italie… » Alice sourit en levant à nouveau les yeux, une pointe de fierté fleurissant dans ses yeux clairs. « Et, l’an passé, j’ai effectué un voyage en Sibérie, en partant depuis le Danemark. J’ai survolé la mer Baltique, puis les terres. Les ailes de mon hippogriffe ont gelé alors que nous étions au dessus de l'est de la Sibérie… nous avons dû poursuivre à pieds. Ce fut… un voyage enrichissant, si j’ose dire : je sais désormais que je ne suis pas faite pour les pays froids. »
Un sourire s’échappa d’entre ses lèvres entrouvertes. Un brin rêveuse, ses yeux se levèrent vers la voûte céleste.
« Mais j’ai adoré bivouaqué sur les berges de la Volga. Cela n’a duré qu’une nuit mais… quel bonheur que celui de se réveiller avec le chant du fleuve. »
Dans ses songes, Alice voyait encore la Volga. Elle entendait encore le clapotis de l’eau sur la berge, sentait encore l’odeur du chocolat chaud que Thomas lui avait préparé pour la réchauffer.
En dépit de tout ce qui s’était passé lors de leur traversée, ce fut un voyage merveilleux.
Alice n’était point habituée à ce genre de familiarité. Et pourtant, elle avait pour plus proches amis deux parangons de décadence. Si une telle situation s’était présentée avec eux pour remplacer Erwan, eh bien… Damiano lui aurait dit qu’elle n’avait qu’à penser à prendre un gilet, et Léonie lui aurait proposée de la réchauffer.
Erwan n’avait rien à envier à ces deux rustauds.
Avait-il seulement conscience de la qualité de ses attentions ? Peut-être pas. Le voilà déjà reparti dans leur conversation. Tant mieux. Ce serait plus simple. Alice n’aurait pas apprécier un silence après qu’un garçon ait osé toucher ses cheveux si précieux. Non pas qu’elle lui en voulait, bien sûr que non. Seulement, Alice ne voulait pas rester seule avec ses pensés après cela. Son cerveau avait tendance à bien trop travailler après ce genre de situation.
Alice l’écouta avec attention, tournée vers lui, ses yeux dans les siens. Elle aimait sa façon de dire les choses. Il parlait peu de paysage, mais disait beaucoup sur ses ressentis intérieurs. Il ne parlait pas de culture, de site historique… il parlait du voyage qu’il avait accompli en lui. C’était une approche intéressante et tout aussi agréable à entendre. Il n’y avait pas de précisions à demander. C’était intime. Alice s’étonnait de le voir se livrer ainsi, à elle, une presque inconnue. Etait-il aussi ouvert avec tout le monde, ou bien offrait-il cela comme un cadeau rien que pour elle ? Ah, ce cerveau…
« Tu as une façon de raconter tes voyages très personnelle », dit-elle, accompagnant ses mots d’un sourire. Sa position gardée trop longtemps, Alice ramena sa jambe contre elle, puis réajusta sa robe pour cacher un hypothétique genou dévoilé. Assurée que ce n’était point le cas, elle leva les yeux vers Erwan. « Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… » Elle rit, un peu, puis sourit. «… ou quelque chose comme cela. Nicolas Bouvier, L’Usage du Monde. Si tu ne connais pas, je te le conseille. C’est un récit de voyage d’un Sans-Pouvoir suisse. Tu sembles aimer voyager. Enfin, je l’espère. Sans quoi, parcourir le globe a dû être une vraie corvée. »
Alice songea à ses propres voyages. Rien de bien singulier à côté de ceux d’Erwan. Son orgueil lui commandait de se préparer à le surpasser du triple de pays visités mais sa raison lui rappelait que peut-être n’aurait elle jamais l’occasion de voyager comme lui. Chanceux Né Sans-Pouvoir qui ne le savait peut-être pas.
« Un peu, oui » répondit-elle à la question d’Erwan. Elle baissa un instant les yeux sur les genoux du garçon pour réfléchir. « Voyons voir… le Danemark, la Hongrie, l’Italie… » Alice sourit en levant à nouveau les yeux, une pointe de fierté fleurissant dans ses yeux clairs. « Et, l’an passé, j’ai effectué un voyage en Sibérie, en partant depuis le Danemark. J’ai survolé la mer Baltique, puis les terres. Les ailes de mon hippogriffe ont gelé alors que nous étions au dessus de l'est de la Sibérie… nous avons dû poursuivre à pieds. Ce fut… un voyage enrichissant, si j’ose dire : je sais désormais que je ne suis pas faite pour les pays froids. »
Un sourire s’échappa d’entre ses lèvres entrouvertes. Un brin rêveuse, ses yeux se levèrent vers la voûte céleste.
« Mais j’ai adoré bivouaqué sur les berges de la Volga. Cela n’a duré qu’une nuit mais… quel bonheur que celui de se réveiller avec le chant du fleuve. »
Dans ses songes, Alice voyait encore la Volga. Elle entendait encore le clapotis de l’eau sur la berge, sentait encore l’odeur du chocolat chaud que Thomas lui avait préparé pour la réchauffer.
En dépit de tout ce qui s’était passé lors de leur traversée, ce fut un voyage merveilleux.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Ce devait être un compliment, l’ancien Poufsouffle avait tellement raconté ses voyages depuis qu’il était revenu qu’il avait effectivement tendance à ne plus parler juste des villes et monuments qu’il avait vus. Ce qu’il avait ressenti parlait d’autant plus à celles et ceux qui l’écoutaient. Lorsqu’Alice cita de mémoire une si longue phrase d’un livre moldu, il afficha un sourire attendri. Autant parce que la citation était d’une étonnante justesse que parce que la jeune femme était la reine qu’elle pensait être. À son tour, Erwan devint celui à qui on raconte un voyage. Et il comprit un peu plus pourquoi tout le monde insistait tellement ces derniers mois pour qu’il raconte ce qu’il avait vécu. Se faire conter un voyage, c’était voyager un peu soi-même… C’était loin de la réalité des voyages, souvent semés de difficultés et d’embûches que seuls le temps et leur narration pouvaient rendre intéressantes. Mais ça ne l’empêchait pas d’être saisi par le récit d’Alice. Il n’y avait justement dans son récit que ce qui était intéressant ; il savait que cela avait dû être terrible à vivre, pour elle, pour son hippogriffe, autant sur le plan physique que moral, mais quiconque n’avait jamais voyagé ne pouvait lire tout cela entre les lignes. Quand elle disait que cela avait été enrichissant, le jeune homme savait qu’elle voulait dire que cela avait été dur sur le coup. «Et bah… Quelle histoire ! Ça a dû être terrible. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts, pas vrai ? Vous étiez deux à traverser ça au moins…». Les moments les plus durs qu’avait traversés Erwan lors de son épopée autour du globe étaient ceux où il était complètement seul…
Comment ne pas être d’accord avec Alice ? Se réveiller au bord de l’eau était toujours synonyme de joie. Sûrement qu’Erwan associait cette expérience à ses nuits passées ici même, en pleine enfance et adolescence, en compagnie de ses cousins. Ils refaisaient le monde autour du feu jusqu’à tard dans la nuit pour finalement s’emmitoufler dans de larges duvets et se réveiller aux premières lueurs du jour. Cette joie de se réveiller au bord de l’eau devait sans doute beaucoup à ses souvenirs d’enfance. Plus qu’au simple plaisir du moment, mais cela parlait profondément à Erwan. «Je ne connais pas la Volga, mais je me suis réveillé juste ici, où on est, des dizaines de fois. Il n’y a rien de plus apaisant que d’être bercé par ce ciel étoilé, réchauffé par un feu, puis de se réveiller avec les premiers rayons de soleil qui illuminent la baie…» Il laissa un agréable silence s’installer, se joignant à Alice pour regarder le spectacle au-dessus d’eux. «…J’aimerais pouvoir venir ici plus souvent… Revivre un peu ces nuits où j’étais jeune et insouciant…». Flûte ! La nostalgie… Elle n’était pas du tout invitée dans ce rendez-vous improvisé ! L’idée n’était pas de voyager dans le passé, mais bel et bien d’aller de l’avant et, particulièrement, d’avancer dans cette soirée qu’Erwan aimait de plus en plus. Se pourrait-il qu’il arrive à séduire la belle Alice ? Pour être fixé, il fallait mettre un peu plus les pieds dans le plat. «Mais bon… On ne fait pas toujours ce qu’on veut ! C’est quoi tes plans pour l’année prochaine ? Une grande école quelque part peut-être ? T’es pas trop triste de quitter Beauxbâtons ? Tes amis, peut-être une ou un petit ami ?». Voilà, la question du petit ami était posée. Il ne s’agissait pas de rentrer en séduction avec une femme qui était éperdument amoureuse de quelqu’un d’autre. Il ajusterait son comportement en fonction de sa réponse.
Comment ne pas être d’accord avec Alice ? Se réveiller au bord de l’eau était toujours synonyme de joie. Sûrement qu’Erwan associait cette expérience à ses nuits passées ici même, en pleine enfance et adolescence, en compagnie de ses cousins. Ils refaisaient le monde autour du feu jusqu’à tard dans la nuit pour finalement s’emmitoufler dans de larges duvets et se réveiller aux premières lueurs du jour. Cette joie de se réveiller au bord de l’eau devait sans doute beaucoup à ses souvenirs d’enfance. Plus qu’au simple plaisir du moment, mais cela parlait profondément à Erwan. «Je ne connais pas la Volga, mais je me suis réveillé juste ici, où on est, des dizaines de fois. Il n’y a rien de plus apaisant que d’être bercé par ce ciel étoilé, réchauffé par un feu, puis de se réveiller avec les premiers rayons de soleil qui illuminent la baie…» Il laissa un agréable silence s’installer, se joignant à Alice pour regarder le spectacle au-dessus d’eux. «…J’aimerais pouvoir venir ici plus souvent… Revivre un peu ces nuits où j’étais jeune et insouciant…». Flûte ! La nostalgie… Elle n’était pas du tout invitée dans ce rendez-vous improvisé ! L’idée n’était pas de voyager dans le passé, mais bel et bien d’aller de l’avant et, particulièrement, d’avancer dans cette soirée qu’Erwan aimait de plus en plus. Se pourrait-il qu’il arrive à séduire la belle Alice ? Pour être fixé, il fallait mettre un peu plus les pieds dans le plat. «Mais bon… On ne fait pas toujours ce qu’on veut ! C’est quoi tes plans pour l’année prochaine ? Une grande école quelque part peut-être ? T’es pas trop triste de quitter Beauxbâtons ? Tes amis, peut-être une ou un petit ami ?». Voilà, la question du petit ami était posée. Il ne s’agissait pas de rentrer en séduction avec une femme qui était éperdument amoureuse de quelqu’un d’autre. Il ajusterait son comportement en fonction de sa réponse.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Alice aurait pu parler encore longtemps de son voyage en Sibérie. Elle en tirait beaucoup de fierté, bien trop selon sa famille. Ce voyage lui avait ouvert les yeux sur sa capacité à affronter les éléments, la douleur et les hommes. Quoi que. Question douleur, Alice se savait apte à la supporter depuis bien trop longtemps.
Le commentaire de l’homme rappela à Alice que sans Thomas lors de ce voyage, elle ne serait jamais arrivé à destination. Si elle était incapable de ne pas se tromper de flanc de falaise sur deux cent kilomètres, Alice aurait finit aux Appalaches en se pensant en Sibérie.
Thomas constituait une part importante dans la vie d’Alice, et elle ne rougissait pas de l’avouer. Il lui avait permis de revoir ses proches de Poudlard en l’emmenant avec lui en Grande-Bretagne, il s’était fait rempart d’acier entre deux jeunes filles sous la protection d’Alice contre la folie harrisonesque, il l’entraînait à l’art du duel plusieurs heures par jour… Cela, c’était ce qu’elle avait vu de ces yeux. Les Dieux seuls savent ce qu’il faisait pour elle une fois seul.
Alice sourit vers les cieux. Oui, elle avait de la chance d’avoir Thomas pour frère.
Erwan poursuivit, annonçant qu’il avait bivouaqué là où ils étaient assis. Alice ne pouvait que comprendre ce choix : d’ici, tout semblait beau et pur. Le fracas des vagues sur la berge pour berceuse, Mère-Lune pour témoin silencieuse. Cette côte n’avait pas la prétention de la Volga. Elle était… eh bien, à l’image de l’homme à ses côtés. Simple, douce, accueillante.
Le menton vers le ciel, Alice coula un regard vers Erwan en percevant sa nostalgie soudaine. Elle sourit, sans faire de commentaire tout d’abord. Alice n’avait pas fréquenté Erwan lorsqu’ils partageaient les couloirs de Poudlard, mais elle était persuadée que sa personnalité d’aujourd’hui était celle d’autrefois. L’insouciance était un cadeau qu’elle n’avait pas reçu à la naissance. Elle n’enviait pas Erwan qui, par sa naissance, par son enfance, avait connu des bonheurs qu’elle n’osait imaginer. La nostalgie était une vilaine conséquence au bonheur de l’enfance.
Erwan changea de sujet. Des questions, des questions, des questions en abondance qui firent sourire Alice. Elle laissa lentement tomber son regard sur Erwan, et s’accrocha au sien au mot petit ami.
Elle fit mine de réfléchir en s’appuyant un peu plus sur sa main au sol. La veste trop grande d’Erwan glissa un peu de son épaule, Alice ne la retint pas.
« Eh bien l’année prochaine, j’escompte rejoindre la Grande École de l’Art du Duel, en Écosse. Ma lettre de candidature est parti il y a quelques jours, la réponse arrivera le mois prochain. Et, non, je ne suis pas triste de quitter Beauxbâtons ou mes amis. Dans les cercles Sang-Pur, nous finissons toujours par nous revoir, et ce même lors des vacances scolaires. A l’occasion de bal, la plupart du temps. Nous ne quittons jamais vraiment Beauxbâtons, vois-tu ? Les parents de nos amis deviennent un réseau pour le futur, et à notre tour, une fois implantée dans la vie active, nous devenons nous même le réseau de nos enfants et ainsi de suite. Quant à quitter un petit ami… »
Alice laissa volontairement planer un silence, long, durant lequel son sourire s’étirait. L’image de Damiano s’était imposé dans son esprit, un bref instant. Il avait été son petit ami. Pas par amour, mais par nécessité. Ils furent bien heureux de se débarrasser l’un de l’autre lorsque le moment fut enfin venu. Aussi curieux que cela puisse paraître, ces années à mentir aux autres s’étaient soldées par un semblant d’amitié.
« … je n’en ai pas », finit-elle par dire, détachée. Elle haussa une épaule, finissant par complètement la débarrasser de la veste d’Erwan, comme cela, l’air de rien. « Jamais eu l’envie, ni le temps, ni la nécessité absolue. »
Erwan n’avait pas besoin de savoir que, de part son précieux sang, Alice ne saurait jamais si l’intérêt que les garçons avaient pour elle était véritable ou matériel. Elle même ne les avait envisagé que pour ce qu’ils pouvaient lui apporter, alors pourquoi pas eux ?
Néanmoins, Alice n’était pas aveugle. Elle savait que la puberté avait bien travailler sur elle au fil des années et elle même s’occupait de son corps comme une prêtresse de son temple.
Alice ne lui retourna pas la question. Pas par impolitesse, ni même par acquis -rien ne lui indiquait que Erwan était un célibataire endurci- mais parce qu’elle ne s’imaginait pas formuler ces mots. Elle lui poserait la question, oui, mais plus tard. Il fallait d’abord qu’elle vérifie quelque chose.
Le commentaire de l’homme rappela à Alice que sans Thomas lors de ce voyage, elle ne serait jamais arrivé à destination. Si elle était incapable de ne pas se tromper de flanc de falaise sur deux cent kilomètres, Alice aurait finit aux Appalaches en se pensant en Sibérie.
Thomas constituait une part importante dans la vie d’Alice, et elle ne rougissait pas de l’avouer. Il lui avait permis de revoir ses proches de Poudlard en l’emmenant avec lui en Grande-Bretagne, il s’était fait rempart d’acier entre deux jeunes filles sous la protection d’Alice contre la folie harrisonesque, il l’entraînait à l’art du duel plusieurs heures par jour… Cela, c’était ce qu’elle avait vu de ces yeux. Les Dieux seuls savent ce qu’il faisait pour elle une fois seul.
Alice sourit vers les cieux. Oui, elle avait de la chance d’avoir Thomas pour frère.
Erwan poursuivit, annonçant qu’il avait bivouaqué là où ils étaient assis. Alice ne pouvait que comprendre ce choix : d’ici, tout semblait beau et pur. Le fracas des vagues sur la berge pour berceuse, Mère-Lune pour témoin silencieuse. Cette côte n’avait pas la prétention de la Volga. Elle était… eh bien, à l’image de l’homme à ses côtés. Simple, douce, accueillante.
Le menton vers le ciel, Alice coula un regard vers Erwan en percevant sa nostalgie soudaine. Elle sourit, sans faire de commentaire tout d’abord. Alice n’avait pas fréquenté Erwan lorsqu’ils partageaient les couloirs de Poudlard, mais elle était persuadée que sa personnalité d’aujourd’hui était celle d’autrefois. L’insouciance était un cadeau qu’elle n’avait pas reçu à la naissance. Elle n’enviait pas Erwan qui, par sa naissance, par son enfance, avait connu des bonheurs qu’elle n’osait imaginer. La nostalgie était une vilaine conséquence au bonheur de l’enfance.
Erwan changea de sujet. Des questions, des questions, des questions en abondance qui firent sourire Alice. Elle laissa lentement tomber son regard sur Erwan, et s’accrocha au sien au mot petit ami.
Elle fit mine de réfléchir en s’appuyant un peu plus sur sa main au sol. La veste trop grande d’Erwan glissa un peu de son épaule, Alice ne la retint pas.
« Eh bien l’année prochaine, j’escompte rejoindre la Grande École de l’Art du Duel, en Écosse. Ma lettre de candidature est parti il y a quelques jours, la réponse arrivera le mois prochain. Et, non, je ne suis pas triste de quitter Beauxbâtons ou mes amis. Dans les cercles Sang-Pur, nous finissons toujours par nous revoir, et ce même lors des vacances scolaires. A l’occasion de bal, la plupart du temps. Nous ne quittons jamais vraiment Beauxbâtons, vois-tu ? Les parents de nos amis deviennent un réseau pour le futur, et à notre tour, une fois implantée dans la vie active, nous devenons nous même le réseau de nos enfants et ainsi de suite. Quant à quitter un petit ami… »
Alice laissa volontairement planer un silence, long, durant lequel son sourire s’étirait. L’image de Damiano s’était imposé dans son esprit, un bref instant. Il avait été son petit ami. Pas par amour, mais par nécessité. Ils furent bien heureux de se débarrasser l’un de l’autre lorsque le moment fut enfin venu. Aussi curieux que cela puisse paraître, ces années à mentir aux autres s’étaient soldées par un semblant d’amitié.
« … je n’en ai pas », finit-elle par dire, détachée. Elle haussa une épaule, finissant par complètement la débarrasser de la veste d’Erwan, comme cela, l’air de rien. « Jamais eu l’envie, ni le temps, ni la nécessité absolue. »
Erwan n’avait pas besoin de savoir que, de part son précieux sang, Alice ne saurait jamais si l’intérêt que les garçons avaient pour elle était véritable ou matériel. Elle même ne les avait envisagé que pour ce qu’ils pouvaient lui apporter, alors pourquoi pas eux ?
Néanmoins, Alice n’était pas aveugle. Elle savait que la puberté avait bien travailler sur elle au fil des années et elle même s’occupait de son corps comme une prêtresse de son temple.
Alice ne lui retourna pas la question. Pas par impolitesse, ni même par acquis -rien ne lui indiquait que Erwan était un célibataire endurci- mais parce qu’elle ne s’imaginait pas formuler ces mots. Elle lui poserait la question, oui, mais plus tard. Il fallait d’abord qu’elle vérifie quelque chose.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Ce n’était pas la première fois qu’Erwan posait une telle question pour savoir si ce qu’il avait en tête était légitime ou inapproprié. Mais la plupart du temps, c’était dans un contexte festif, un moment de rencontre sociale comme au Pitiponk, dans une fête ou même sur le Chemin de Traverse. La question n’engageait à rien et, dans le cas où la personne abordée était en couple, Erwan n’avait aucun mal à remercier la jeune femme pour sa réponse puis à repartir à d’autres occupations. C’était différent ce soir. Bien sûr, si Alice était en couple, il ne deviendrait pas distant ou froid, la rencontre était quoi qu’il en soit agréable. Leur belle entente du moment, leur discussion, l’atmosphère qui semblait à Erwan, de manière inexpliquée, presque magnétique, n’était pas le fruit des intentions du jeune charmeur. Elles en étaient plutôt la cause. Voilà pourquoi, ce soir plus que jamais, Erwan était pendu aux lèvres de la jeune femme. Il ne voulait entendre qu’une chose : « je n’ai pas de petit ami ».
Comme il l’avait imaginé, elle visait une prestigieuse école, et pas n’importe laquelle ! La Grande École de l’Art du Duel… Il fallait que ce soit celle-là. Le visage d’Eileen apparut comme un voile dans son champ de vision. L’Irlandaise avait toujours ce don d’apparaître, que le moment soit opportun ou non… Quand il fallait lui en vouloir, elle était là. Quand il regrettait le passé, elle était là. Quand l’amertume refaisait surface, elle était là. Quand il voulait séduire une femme et qu’elle mentionnait son école, encore une fois, elle était là… C’était comme si Eileen, malgré tous les efforts entrepris par Erwan, ne partirait jamais de ses souvenirs. Le temps avait tout de même fait son œuvre, à peine l’ancien Poufsouffle avait-il souhaité que son image s’efface qu’il était à nouveau perdu dans les yeux malicieux d’Alice. Le fonctionnement de Beauxbâtons qu’elle était en train de décrire avait tout pour le rebuter. Un entre-soi organisé qui permettait aux plus aisés de toujours l’être… Mais qu’y pouvait Alice ? Erwan n’avait pas grand-chose, mais il avait tout mérité. Alice avait dû connaître une autre vie… Une vie dont elle n’avait pas fait la demande et dont elle devait subir les désagréments qu’Erwan était bien incapable d’imaginer. Puis elle arriva à ce qu’Erwan attendait… Il écoutait religieusement. Certes, pour avoir le fin mot sur la vie amoureuse d’Alice, il ne fallait pas se mentir ; mais aussi parce qu’il était intéressé par tout ce qu’elle avait à lui dire.
Peut-être croyait-elle jouer avec la patience d’Erwan en ménageant avec autant de soin le suspense dans sa phrase… Mais Erwan n’était pas dupe ! Le sourire sur ses belles lèvres, sa veste qui commençait délicatement à tomber de son épaule… Le jeune homme aurait pu finir la phrase lui-même ! Alice jouait un jeu de séduction qu’Erwan ne connaissait que trop bien. Plus que jamais, il brûlait d’envie de se rapprocher d’elle. Mais ce petit jeu était si agréable… La tension intime qui était en train de s’installer entre eux deux avait quelque chose de jouissif. Évidemment, Erwan n’avait pas la science infuse, et il se pouvait toujours qu’il ait mal lu les signes, mais il était désormais assez confiant pour ne plus se retenir de séduire celle qui l’avait déjà séduit. «Le plaisir n’est jamais une nécessité absolue… Tu n’en as peut-être jamais eu envie parce que tu penses que ça doit être nécessaire. Je ne suis pas d’accord… Est-ce que ce n’est pas… un peu triste comme vision ?». Contrairement à ce que lui dictaient ses envies, Erwan maintenait cette distance entre eux. Ils étaient assez proches l’un de l’autre pour s’observer, pour se jauger. Et si Alice le souhaitait, elle disposait de largement assez d’espace pour se pencher en arrière et signifier à Erwan qu’il avait franchi une barrière invisible qui la mettait mal à l’aise. Tout comme, si elle le souhaitait, elle pouvait s’avancer encore, elle pouvait rentrer dans le jeu d’Erwan et faire monter à eux deux cette tension qui faisait battre le cœur d’Erwan à cet instant.
Comme il l’avait imaginé, elle visait une prestigieuse école, et pas n’importe laquelle ! La Grande École de l’Art du Duel… Il fallait que ce soit celle-là. Le visage d’Eileen apparut comme un voile dans son champ de vision. L’Irlandaise avait toujours ce don d’apparaître, que le moment soit opportun ou non… Quand il fallait lui en vouloir, elle était là. Quand il regrettait le passé, elle était là. Quand l’amertume refaisait surface, elle était là. Quand il voulait séduire une femme et qu’elle mentionnait son école, encore une fois, elle était là… C’était comme si Eileen, malgré tous les efforts entrepris par Erwan, ne partirait jamais de ses souvenirs. Le temps avait tout de même fait son œuvre, à peine l’ancien Poufsouffle avait-il souhaité que son image s’efface qu’il était à nouveau perdu dans les yeux malicieux d’Alice. Le fonctionnement de Beauxbâtons qu’elle était en train de décrire avait tout pour le rebuter. Un entre-soi organisé qui permettait aux plus aisés de toujours l’être… Mais qu’y pouvait Alice ? Erwan n’avait pas grand-chose, mais il avait tout mérité. Alice avait dû connaître une autre vie… Une vie dont elle n’avait pas fait la demande et dont elle devait subir les désagréments qu’Erwan était bien incapable d’imaginer. Puis elle arriva à ce qu’Erwan attendait… Il écoutait religieusement. Certes, pour avoir le fin mot sur la vie amoureuse d’Alice, il ne fallait pas se mentir ; mais aussi parce qu’il était intéressé par tout ce qu’elle avait à lui dire.
Peut-être croyait-elle jouer avec la patience d’Erwan en ménageant avec autant de soin le suspense dans sa phrase… Mais Erwan n’était pas dupe ! Le sourire sur ses belles lèvres, sa veste qui commençait délicatement à tomber de son épaule… Le jeune homme aurait pu finir la phrase lui-même ! Alice jouait un jeu de séduction qu’Erwan ne connaissait que trop bien. Plus que jamais, il brûlait d’envie de se rapprocher d’elle. Mais ce petit jeu était si agréable… La tension intime qui était en train de s’installer entre eux deux avait quelque chose de jouissif. Évidemment, Erwan n’avait pas la science infuse, et il se pouvait toujours qu’il ait mal lu les signes, mais il était désormais assez confiant pour ne plus se retenir de séduire celle qui l’avait déjà séduit. «Le plaisir n’est jamais une nécessité absolue… Tu n’en as peut-être jamais eu envie parce que tu penses que ça doit être nécessaire. Je ne suis pas d’accord… Est-ce que ce n’est pas… un peu triste comme vision ?». Contrairement à ce que lui dictaient ses envies, Erwan maintenait cette distance entre eux. Ils étaient assez proches l’un de l’autre pour s’observer, pour se jauger. Et si Alice le souhaitait, elle disposait de largement assez d’espace pour se pencher en arrière et signifier à Erwan qu’il avait franchi une barrière invisible qui la mettait mal à l’aise. Tout comme, si elle le souhaitait, elle pouvait s’avancer encore, elle pouvait rentrer dans le jeu d’Erwan et faire monter à eux deux cette tension qui faisait battre le cœur d’Erwan à cet instant.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Il avait attendu la réponse. Alice l’avait vu, et le constat lui avait procuré un sentiment de victoire qu’elle s’efforça de cacher tant que faire ce peut. Un menton plus haut, un regard vers les cieux, et le tour était joué. Alice pouvait conserver son air faussement détaché qu’il lui plaisait d’arborer.
Ce jeu était divertissant. Il lui aurait presque fait oublier qu’elle n’avait aucune idée de comment retrouver son père qui, elle le pariait, devait être en train de remuer ciel, terre, et peut-être mer pour la retrouver. Pour une fois, Alice ne le plaindrait pas. Tout était de sa faute. Il avait voulu épouser cette sorcière inintéressante contre l’avis de sa fille, sa fille unique, sa chair, son sang. Bien. Très bien. Alors Alice n’aurait que faire de son inquiétude.
De toutes manières, Erwan retenait toute son attention.
Elle aimait la façon dont il était resté suspendu à ses lèvres. Peut-être avait-il seulement attendu la réponse à sa dernière question ? Peut-être lui en avait-il posé d’autres avant pour dissimuler celle qui comptait le plus ? Alice suspectait que ce soit le cas. Elle ne lui en voulait pas, tout au contraire. Cela faisait partie du jeu. Une tentative de manipulation, ou bien une innocence feinte et assumée, qu’importe, Alice avait répondu comme elle le devait : avec malice.
Erwan, quant à lui, rebondissait sur la dernière réponse, ignorant toutes celles avant. Le sourire d’Alice se fit plus aiguisé : elle avait vu juste.
Du bout de ses doigts, Alice remis le pan de sa veste sur son épaule dénudée.
« Triste ? » répéta Alice en tournant la tête vers Erwan. Elle goûta le mot, quelques secondes, avant de poursuivre. « Non. Nécessaire. Le mot est juste. »
Alice pivota vers lui, son buste face à lui, son genou effleurant le sien. Elle glissa sa main à sa ceinture et récupéra sa baguette. Blanche, comme elle.
Elle tendit sa main libre entre eux, paume vers les étoiles, mais son regard n’était pas pour elles : il était pour Erwan
« Imagine toi détenir un trésor », commença la jeune femme d’une voix douce, tendre, presque cajoleuse. « Un précieux trésor ». Du bout de sa baguette, Alice traça un cercle étroit, rapide, puis une ligne verticale, qui le traversa comme une clef inversée. Son geste était précis. Maîtrisé. Du bout des lèvre, elle articula “Ignicula Virgo” en amenant la pointe de sa baguette contre sa paume de main. Une lumière rouge orangée se mit à pulser dans le vide. Puis, elle prit forme. Celle d’une flamme repliée sur elle même qui, au bout de quelques secondes, se redressa. Elle s’étira finalement en une silhouette ondoyante, haute comme une pomme, les bras déliés, son torse vibrant faiblement.
Lentement, sans quitter Erwan des yeux, Alice abaissa sa baguette. Puis, elle poursuivit.
« Nul n’ignore l’existence de ton trésor. Ni ceux qui n’en ont que faire… ni ceux qui voudraient l’accaparer. » Le ton de sa voix était calme, et Alice ne cherchait nullement à lui donner quelque effet que ce soit : bien que ces yeux soient sur Erwan, son enchantement lui demandaient toute son attention. Si bien qu’elle sentait celui à sa joue, son pansement magique, faiblir. Peu importait. Erwan n’y ferait sans doute pas attention pour le moment.
« Ce trésor, tu ne peux le dissimuler. Tu dois le porter, chaque seconde. Tu affrontes alors le regard de tous. Ceux qui l’admire avec désintéressement… ainsi que les autres. Ceux qui font fit de son existence pour ne profiter que de ta présence… et les autres. »
Dans sa main, la petite danseuse de flamme se mouvait, lentement, avec toute la grâce d’une danseuse de ballet. La chaleur qui se dégageait d’elle était douce, réconfortante. Alice se félicitait de parvenir à garder une température confortable.
« Mais alors… comment faire le tri ? Comment reconnaître ceux qui ne veulent que la qualité de ta présence, et ceux qui veulent prendre ton trésor pour leur propre desseins ? Tu pourrais le donner à quelqu’un en qui tu aurais confiance mais qui, d’un geste, piétinerait ton trésor le plus beau, le plus sacré, le plus précieux. Et si à présent je te disais que ce trésor, il t’a été légué ? Que sur tes épaules reposent l’avenir de toute ta famille ? Les enjeux sont d’autant plus grand. Alors, ta prudence se doit d’être plus grande encore. Car il suffirait de placer ta confiance en la mauvaise personne pour que… »
Alice referma sa main et, dans un même geste, rompa tout contact avec sa magie. Sa petite danseuse de flamme avait disparu.
« … tu perdes tout. »
Alice sourit, satisfaite de sa petite démonstration improvisée. Elle déplia à nouveau ses doigts pour les frotter les uns contre les autres, son regard posés sur eux. Elle sentait encore la chaleur contre sa paume. « Nécessaire, je disais donc. Ce qui est triste, c'est de donner son cœur, ou quoi que ce soit d'autres, à quelqu'un qui ne le mérite pas. Mais je conçois que nos avis divergent. Tu as l'air bien plus... aventurier que je ne le serai jamais.»
Ce jeu était divertissant. Il lui aurait presque fait oublier qu’elle n’avait aucune idée de comment retrouver son père qui, elle le pariait, devait être en train de remuer ciel, terre, et peut-être mer pour la retrouver. Pour une fois, Alice ne le plaindrait pas. Tout était de sa faute. Il avait voulu épouser cette sorcière inintéressante contre l’avis de sa fille, sa fille unique, sa chair, son sang. Bien. Très bien. Alors Alice n’aurait que faire de son inquiétude.
De toutes manières, Erwan retenait toute son attention.
Elle aimait la façon dont il était resté suspendu à ses lèvres. Peut-être avait-il seulement attendu la réponse à sa dernière question ? Peut-être lui en avait-il posé d’autres avant pour dissimuler celle qui comptait le plus ? Alice suspectait que ce soit le cas. Elle ne lui en voulait pas, tout au contraire. Cela faisait partie du jeu. Une tentative de manipulation, ou bien une innocence feinte et assumée, qu’importe, Alice avait répondu comme elle le devait : avec malice.
Erwan, quant à lui, rebondissait sur la dernière réponse, ignorant toutes celles avant. Le sourire d’Alice se fit plus aiguisé : elle avait vu juste.
Du bout de ses doigts, Alice remis le pan de sa veste sur son épaule dénudée.
« Triste ? » répéta Alice en tournant la tête vers Erwan. Elle goûta le mot, quelques secondes, avant de poursuivre. « Non. Nécessaire. Le mot est juste. »
Alice pivota vers lui, son buste face à lui, son genou effleurant le sien. Elle glissa sa main à sa ceinture et récupéra sa baguette. Blanche, comme elle.
Elle tendit sa main libre entre eux, paume vers les étoiles, mais son regard n’était pas pour elles : il était pour Erwan
« Imagine toi détenir un trésor », commença la jeune femme d’une voix douce, tendre, presque cajoleuse. « Un précieux trésor ». Du bout de sa baguette, Alice traça un cercle étroit, rapide, puis une ligne verticale, qui le traversa comme une clef inversée. Son geste était précis. Maîtrisé. Du bout des lèvre, elle articula “Ignicula Virgo” en amenant la pointe de sa baguette contre sa paume de main. Une lumière rouge orangée se mit à pulser dans le vide. Puis, elle prit forme. Celle d’une flamme repliée sur elle même qui, au bout de quelques secondes, se redressa. Elle s’étira finalement en une silhouette ondoyante, haute comme une pomme, les bras déliés, son torse vibrant faiblement.
Lentement, sans quitter Erwan des yeux, Alice abaissa sa baguette. Puis, elle poursuivit.
« Nul n’ignore l’existence de ton trésor. Ni ceux qui n’en ont que faire… ni ceux qui voudraient l’accaparer. » Le ton de sa voix était calme, et Alice ne cherchait nullement à lui donner quelque effet que ce soit : bien que ces yeux soient sur Erwan, son enchantement lui demandaient toute son attention. Si bien qu’elle sentait celui à sa joue, son pansement magique, faiblir. Peu importait. Erwan n’y ferait sans doute pas attention pour le moment.
« Ce trésor, tu ne peux le dissimuler. Tu dois le porter, chaque seconde. Tu affrontes alors le regard de tous. Ceux qui l’admire avec désintéressement… ainsi que les autres. Ceux qui font fit de son existence pour ne profiter que de ta présence… et les autres. »
Dans sa main, la petite danseuse de flamme se mouvait, lentement, avec toute la grâce d’une danseuse de ballet. La chaleur qui se dégageait d’elle était douce, réconfortante. Alice se félicitait de parvenir à garder une température confortable.
« Mais alors… comment faire le tri ? Comment reconnaître ceux qui ne veulent que la qualité de ta présence, et ceux qui veulent prendre ton trésor pour leur propre desseins ? Tu pourrais le donner à quelqu’un en qui tu aurais confiance mais qui, d’un geste, piétinerait ton trésor le plus beau, le plus sacré, le plus précieux. Et si à présent je te disais que ce trésor, il t’a été légué ? Que sur tes épaules reposent l’avenir de toute ta famille ? Les enjeux sont d’autant plus grand. Alors, ta prudence se doit d’être plus grande encore. Car il suffirait de placer ta confiance en la mauvaise personne pour que… »
Alice referma sa main et, dans un même geste, rompa tout contact avec sa magie. Sa petite danseuse de flamme avait disparu.
« … tu perdes tout. »
Alice sourit, satisfaite de sa petite démonstration improvisée. Elle déplia à nouveau ses doigts pour les frotter les uns contre les autres, son regard posés sur eux. Elle sentait encore la chaleur contre sa paume. « Nécessaire, je disais donc. Ce qui est triste, c'est de donner son cœur, ou quoi que ce soit d'autres, à quelqu'un qui ne le mérite pas. Mais je conçois que nos avis divergent. Tu as l'air bien plus... aventurier que je ne le serai jamais.»
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Alice pivota vers lui après lui avoir répondu qu’elle était dans le juste. Erwan était un être empathique. Jamais il n’avait cherché à imposer son avis à qui que ce soit et, même dans les débats les plus houleux qu’il avait pu avoir dans sa jeune vie, il ne concevait pas un argumentaire qui ne commencerait pas par « je comprends ce que tu dis… ». Mais il n’avait fait que donner un sentiment à la jeune femme… Quand bien même son rapport au plaisir de l’amour était une recherche de nécessité, ça ne rendait pas la chose moins triste aux yeux d’Erwan. Il cherchait ses mots pour continuer dans cette confidence, pour amener Alice face à la facilité avec laquelle il arrivait à concevoir les relations entre hommes et femmes consentants. Mais elle semblait vouloir en dire plus. Le regard qu’Erwan porta sur la baguette au bois clair aurait été plus long si la jeune femme ne l’avait pas regardé avec une telle intensité. Il ne détourna le regard que pour observer ce qu’elle traça dans la paume de sa main. Cette mise en scène le décontenançait ; elle devait vraiment vouloir dire quelque chose d’important pour s’attarder autant sur la forme. De nouveau plongé dans son regard, le son de sa voix l’apaisait, il était prêt à accepter ce qu’elle lui raconterait, quand bien même il trouvait ça guindé ou théâtral. C’était de la belle magie, de la très belle magie, il ne la voyait qu’en second plan car il était bien décidé à maintenir le regard. Il voulait qu’Alice comprenne qu’il offrait toute son attention, toute sa personne, toute sa considération à l’histoire qu’elle lui contait. Cette histoire de trésor… Erwan tentait d’en déceler les métaphores, les allégories, mais tout était trop intense pour qu’il pèse chacun de ses mots. Tout ce qu’il avait retenu quand Alice ferma la paume de sa main et que la danse et la chaleur cessèrent, c’est que le poids que portait cette jeune femme était selon lui bien trop lourd.
La vie n’était donc pour elle que pression familiale, charge mentale et peur de décevoir, elle-même ou n’importe qui d’autre… Erwan ressentit un fort pincement au cœur qui le sortit légèrement de son numéro de charme. N’avait-elle jamais goûté aux bonheurs simples de la liberté, du libre arbitre ? Elle était là pourtant… À ce qui semblait être des centaines de kilomètres de sa famille, à oublier le temps qui passe en compagnie d’Erwan. Il fallait qu’il extériorise ça, sa loyauté le poussait à l’honnêteté. «Mais… Alice… tout ça, c’est trop lourd à porter. J’veux dire… Ce trésor, le poids de la famille, la peur des uns et des autres, c’est trop… trop de pression.». Il espaçait ses phrases de très courts silences pour s’assurer de bien choisir ses mots. Il n’y arrivait pas évidemment ! Comment pouvait-il mettre en lumière tout ce qui lui paraissait sombre et dévastateur dans ce que venait de décrire Alice ? Il n’était pas ce talentueux orateur qu’il aurait aimé être à cet instant. Cela commençait même à le frustrer un peu, il réalisait qu’il ne trouverait pas les mots justes pour expliquer à Alice les murs de la prison qu’elle se créait, pour lui clamer la beauté de ce dont elle se privait. Une larme d’empathie coula le long de sa joue. Il y avait dans cette larme la colère, la colère contre cette famille qu’il ne connaissait pas mais qui pouvait façonner une enfant au point qu’elle se sente redevable jusqu’à même un petit ami. Il y avait aussi dans cette larme la tristesse. La tristesse d’imaginer tout ce qu’Alice avait manqué par peur, par convention, par ignorance. Mais il y avait surtout dans cette larme un élan d’amour. Pas l’amour romantique et passionnel, non, l’amour pour sa personne, pour ce qu’elle pourrait et devrait être.
Cette rencontre était bouleversante. L’enchaînement des événements avait de quoi faire tourner la tête. Erwan était seul, à contempler la beauté bretonne, puis elle était apparue, belle, élégante et distinguée. Elle lui avait tout de suite tapé dans l’œil. Ils avaient échangé, discuté de sujets variés avant qu’Erwan ne se décide à se lancer dans le vide. Il lui avait posé la simple question de savoir si un petit ami l’attendait quelque part et voilà qu’elle l’envoûtait de sa flamboyante magie et lui expliquait ô combien elle faisait attention à se préserver de ce qui pourrait lui arriver. Il ne se l’avouerait pas avec ces mots, mais au fond de lui, Erwan savait qu’il était une des belles choses qui pouvaient arriver à Alice… Il était gentil, profondément gentil, attentionné, respectueux, tendre ; si bien qu’à aucun moment il ne s’était senti concerné par ce qu’Alice avait décrit comme les autres ou ceux intéressés par son trésor. Le seul trésor qu’il devinait, c’était ce qu’était Alice à l’intérieur. Et ça, personne ne pourrait lui enlever, lui retirer, le piétiner, le convoiter. Enfin… si convoitise il y avait de la part d’Erwan, c’était justement de rencontrer ce trésor. Alors oui, ses intentions étaient intimistes, sensuelles et charmeuses, mais la bonté en lui ne pouvait voir ça comme un mal pour la personne d’Alice. Alors que c’était peut-être ça dont elle voulait parler en évoquant son trésor…
Erwan était trop pur pour se sentir concerné, trop empathique pour ne pas être encore plus attiré par Alice et bien trop sous le charme pour ne pas tenter encore de lui montrer. Faute de mots, il lui restait les gestes. Il vint poser ses deux mains autour de celle qui était encore chaude d’avoir accueilli la flamme. Erwan n’aurait su dire ce qui le poussa à ce geste. Était-ce cette chaleur qui semblait encore pulser dans la main d’Alice ? Était-ce cette douleur qu’il devinait sous ses mots bien trop sages pour son âge ? Ou était-ce ce besoin irrépressible de lui transmettre quelque chose qui ne passerait jamais par des phrases dénuées des bons mots ? Quoi qu’il en soit, il tendit les mains et les posa doucement de part et d’autre de celle d’Alice, encore tiède après qu’elle y eut éteint sa petite danseuse de flamme. Ses paumes, tièdes, encadraient celles d’Alice, et ses pouces effleurèrent ses phalanges. Il ne voulait rien d’autre pour l’instant. Juste qu’elle sente sa présence, brute et entière. Ce qu’il ne pouvait pas dire avec des mots, il essayait de le faire passer par ce simple contact. «Tu sens ?» ses yeux rivés aux siens, la voix un peu rauque sans qu’il sache pourquoi. «Ça… c’est pas un trésor. C’est juste moi. Pas de famille, pas d’enjeu, pas de peur. Rien d’autre que ça.». Il laissa filer un silence. Ce n’était pas un discours préparé. Ses pensées sortaient comme elles venaient, maladroites peut-être, mais vraies. «Je sais pas si je mérite quoi que ce soit de toi. Mais ce que je sais… c’est que j’ai envie d’être là. Et que j’ai envie que toi aussi tu sois là. Pas pour ce qu’on attend de toi. Pas pour ce que tu crois devoir protéger. Juste… parce que ça te fait envie.». Ses doigts se refermèrent un peu plus autour des siens, pas pour les emprisonner, juste pour ancrer ce qu’il venait de dire.
La vie n’était donc pour elle que pression familiale, charge mentale et peur de décevoir, elle-même ou n’importe qui d’autre… Erwan ressentit un fort pincement au cœur qui le sortit légèrement de son numéro de charme. N’avait-elle jamais goûté aux bonheurs simples de la liberté, du libre arbitre ? Elle était là pourtant… À ce qui semblait être des centaines de kilomètres de sa famille, à oublier le temps qui passe en compagnie d’Erwan. Il fallait qu’il extériorise ça, sa loyauté le poussait à l’honnêteté. «Mais… Alice… tout ça, c’est trop lourd à porter. J’veux dire… Ce trésor, le poids de la famille, la peur des uns et des autres, c’est trop… trop de pression.». Il espaçait ses phrases de très courts silences pour s’assurer de bien choisir ses mots. Il n’y arrivait pas évidemment ! Comment pouvait-il mettre en lumière tout ce qui lui paraissait sombre et dévastateur dans ce que venait de décrire Alice ? Il n’était pas ce talentueux orateur qu’il aurait aimé être à cet instant. Cela commençait même à le frustrer un peu, il réalisait qu’il ne trouverait pas les mots justes pour expliquer à Alice les murs de la prison qu’elle se créait, pour lui clamer la beauté de ce dont elle se privait. Une larme d’empathie coula le long de sa joue. Il y avait dans cette larme la colère, la colère contre cette famille qu’il ne connaissait pas mais qui pouvait façonner une enfant au point qu’elle se sente redevable jusqu’à même un petit ami. Il y avait aussi dans cette larme la tristesse. La tristesse d’imaginer tout ce qu’Alice avait manqué par peur, par convention, par ignorance. Mais il y avait surtout dans cette larme un élan d’amour. Pas l’amour romantique et passionnel, non, l’amour pour sa personne, pour ce qu’elle pourrait et devrait être.
Cette rencontre était bouleversante. L’enchaînement des événements avait de quoi faire tourner la tête. Erwan était seul, à contempler la beauté bretonne, puis elle était apparue, belle, élégante et distinguée. Elle lui avait tout de suite tapé dans l’œil. Ils avaient échangé, discuté de sujets variés avant qu’Erwan ne se décide à se lancer dans le vide. Il lui avait posé la simple question de savoir si un petit ami l’attendait quelque part et voilà qu’elle l’envoûtait de sa flamboyante magie et lui expliquait ô combien elle faisait attention à se préserver de ce qui pourrait lui arriver. Il ne se l’avouerait pas avec ces mots, mais au fond de lui, Erwan savait qu’il était une des belles choses qui pouvaient arriver à Alice… Il était gentil, profondément gentil, attentionné, respectueux, tendre ; si bien qu’à aucun moment il ne s’était senti concerné par ce qu’Alice avait décrit comme les autres ou ceux intéressés par son trésor. Le seul trésor qu’il devinait, c’était ce qu’était Alice à l’intérieur. Et ça, personne ne pourrait lui enlever, lui retirer, le piétiner, le convoiter. Enfin… si convoitise il y avait de la part d’Erwan, c’était justement de rencontrer ce trésor. Alors oui, ses intentions étaient intimistes, sensuelles et charmeuses, mais la bonté en lui ne pouvait voir ça comme un mal pour la personne d’Alice. Alors que c’était peut-être ça dont elle voulait parler en évoquant son trésor…
Erwan était trop pur pour se sentir concerné, trop empathique pour ne pas être encore plus attiré par Alice et bien trop sous le charme pour ne pas tenter encore de lui montrer. Faute de mots, il lui restait les gestes. Il vint poser ses deux mains autour de celle qui était encore chaude d’avoir accueilli la flamme. Erwan n’aurait su dire ce qui le poussa à ce geste. Était-ce cette chaleur qui semblait encore pulser dans la main d’Alice ? Était-ce cette douleur qu’il devinait sous ses mots bien trop sages pour son âge ? Ou était-ce ce besoin irrépressible de lui transmettre quelque chose qui ne passerait jamais par des phrases dénuées des bons mots ? Quoi qu’il en soit, il tendit les mains et les posa doucement de part et d’autre de celle d’Alice, encore tiède après qu’elle y eut éteint sa petite danseuse de flamme. Ses paumes, tièdes, encadraient celles d’Alice, et ses pouces effleurèrent ses phalanges. Il ne voulait rien d’autre pour l’instant. Juste qu’elle sente sa présence, brute et entière. Ce qu’il ne pouvait pas dire avec des mots, il essayait de le faire passer par ce simple contact. «Tu sens ?» ses yeux rivés aux siens, la voix un peu rauque sans qu’il sache pourquoi. «Ça… c’est pas un trésor. C’est juste moi. Pas de famille, pas d’enjeu, pas de peur. Rien d’autre que ça.». Il laissa filer un silence. Ce n’était pas un discours préparé. Ses pensées sortaient comme elles venaient, maladroites peut-être, mais vraies. «Je sais pas si je mérite quoi que ce soit de toi. Mais ce que je sais… c’est que j’ai envie d’être là. Et que j’ai envie que toi aussi tu sois là. Pas pour ce qu’on attend de toi. Pas pour ce que tu crois devoir protéger. Juste… parce que ça te fait envie.». Ses doigts se refermèrent un peu plus autour des siens, pas pour les emprisonner, juste pour ancrer ce qu’il venait de dire.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Alice avait peut-être été trop bonne dans son rôle de tragédienne grecque.
Elle n’avait pas cherché à émouvoir Erwan. Elle n’avait pas chercher à se faire plaindre. Cela, jamais, jamais elle ne chercherait. La pitié, Alice laissait cela aux autres, à ceux qui vivent dans une situation déplaisante tout en s’en satisfaisant.
Alice n’avait pas toujours aimé sa situation de jeune héritière d’une noble, trop noble famille de Sang-Pur. Elle avait vu les barrières de sa prison dorée bien avant de voir que sa porte n’était jamais close. De ce fait, elle avait lutté, s’était opposé aux siens… jusqu’à faire le plus grand, le plus beau des sacrifices : accepter d’offrir son âme, sa vie et son avenir à sa famille.
Depuis, Alice n’avait plus jamais regretter son sang. Elle le portait avec honneur, comme ses illustres Ancêtres avant elle.
Et cela, aucun Né Sans-Pouvoir ne pouvait le comprendre… Alice doutait même qu’une autre famille de Sang-Pur puisse le comprendre. Comment le pourraient-ils, eux qui voyaient le sang qui leur avait été légué comme une arme pour écraser les autres ?
Écraser ceux qui ne prenait point part au combat de la supériorité… voilà une décision bien singulière. Cela, Alice ne le comprenait pas.
Erwan… lui non plus ne voyait pas la porte de sa prison. Il n’en voyait que les barreaux, Alice piégée derrière. L’imaginait-il arborant une mine triste ? Cette larme perlant sur sa joue, était-elle pour la prisonnière qu’il voyait en elle ? Bien sûr. Elle n’était pas pour la représentation qu’elle venait de lui offrir, quand bien même cette dernière aurait été saluée par monsieur Chevotet et monsieur Sartre.
Enfin. L’heure n’était point à l’art.
Elle était à tout autre chose qu’Alice ne parvenait pas encore à comprendre.
Les mains d’Erwan vinrent enserrer la sienne, là, tendue, offerte. Elle semblait petite et faible entre les siennes. Si pâle en comparaison de sa peau. Elle était tiède, cette peau, exsudant de douceur.
Alice s’était figée, arrachée à sa fierté, surprise par ce geste qu’il lui avait imposé, qu’elle n’avait pas vu venir. Alice aurait dû le prévoir… et pourtant, elle s’était laissée cueillir.
Les yeux d’argent se verrouillèrent dans les yeux verts. Comme il l’avait fait avant elle, Alice lui offrait toute son attention car, de toutes évidences, ce moment était important pour lui.
Bien sûr qu’il l’était.
Il était un enfant de Sans-Pouvoir. Un enfant d’insouciance, désormais de nostalgie pour une époque où tout avait été simple. Erwan avait connu la pureté d’un rire partagé entre deux amis aux joues de chérubin. Il avait sans doute couru sur la berge en contre bas, sautant au dessus des vagues menaçant de lui lécher ses pieds nus.
Pensait-il qu’Alice aurait un jour pu jalouser son enfance ? Elle qui… non, elle ne songerait pas à Mère ce soir.
Erwan avait décidé de porter un fardeau qu’Alice ne sentait plus. Par Circée… avait-elle laisser entendre qu’elle doutait des attentions d’Erwan ? Non, impossible. Alice ne se permettrait jamais un quiproquo. Les mots qu’elle employait était choisi avec soin. Lorsqu’elle usait de sarcasme, elle se savait suffisamment adroite pour que son interlocuteur le comprenne. Alice maîtrisait chaque aspect de sa parole. Elle savait aiguisé la langue pour la rendre tranchante ou, au contraire, la polir pour en faire une caresse.
Alice n’avait laissée aucune place à l’incompréhension.
Erwan avait transposé sa propre vie sur celle d’Alice. A tort.
Mais soit ! Le contact de ses mains autour de la sienne n’était pour lui déplaire.
Alice laissa un silence s’étirer entre eux, laissant les mots et souhaits d’Erwan flotter. Elle ne voulait pas répondre de suite, et préférait observer le jeune homme.
Le temps d’une seconde, Alice regrettait d’avoir été trop… théâtral. Elle regrettait sa métaphore, son sort, le sujet. Elle aurait pu continuer à danser sur le fil vibrant qui s’était tissé entre eux. Mais aurait-elle été elle même ? Certes non. Elle aurait marché sur les pas d’Erwan. Ce n’était pas ce qu’il attendait d’elle. Et, plus important, ce n’était pas ce qu’Alice attendait d’elle.
« Erwan… » souffla t-elle dans un sourire, mais sans moquerie aucune. Sa tête se pencha lentement sur le côté, dans un voeu d’attendrissement et de réconfort. « A aucune seconde je n’ai remis en question la pureté de tes intentions. Si je n’avais pas envie d’être ici, si j’avais pressenti une quelconque attention pernicieuse, je serai déjà partie. »
Où ? Alice n’en avait pas la moindre idée. Elle aurait sans doute tenté de transplaner de nouveau chez les Deflandre, au risque de finir avec un bras désartibuler.
« Je suis navrée si, d’une quelconque façon que ce soit, je t’ai paru malheureuse ou… méfiante envers toi. Sois en assuré, je ne suis ni l’une ni l’autre. » Elle lui sourit joliment. « Bien au contraire. Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas senti aussi heureuse d’être quelque part. » Elle dressa le menton, adoptant un air plus orgueilleux, mais non pas dépourvu de la malice qu’elle aimait afficher. « Alors rangez vos violons, monsieur. Je refuse de perdre mon temps en lamentations pour une situation qui me sied aussi bien au teint. »
Ainsi que des couleuvres, ses doigts se faufilèrent pour quitter ceux d’Erwan, non sans y déposer de lentes et légères caresses. Elle lui sourit, venant remplacer sa main sur son genou. « Je ne souffre pas de ma condition, je te le promets. Je l’aime. Je la chéris. Comme toi tu sembles chérir la tienne… Hm, cela me rappelle que je ne sais absolument pas de quoi est fait ta vie depuis que tu as quitté Poudlard. »
Alice leva le menton plus haut, sans jamais quitter Erwan des yeux, sans jamais perdre son sourire.
« J’attends, monsieur Martin. »
Elle n’avait pas cherché à émouvoir Erwan. Elle n’avait pas chercher à se faire plaindre. Cela, jamais, jamais elle ne chercherait. La pitié, Alice laissait cela aux autres, à ceux qui vivent dans une situation déplaisante tout en s’en satisfaisant.
Alice n’avait pas toujours aimé sa situation de jeune héritière d’une noble, trop noble famille de Sang-Pur. Elle avait vu les barrières de sa prison dorée bien avant de voir que sa porte n’était jamais close. De ce fait, elle avait lutté, s’était opposé aux siens… jusqu’à faire le plus grand, le plus beau des sacrifices : accepter d’offrir son âme, sa vie et son avenir à sa famille.
Depuis, Alice n’avait plus jamais regretter son sang. Elle le portait avec honneur, comme ses illustres Ancêtres avant elle.
Et cela, aucun Né Sans-Pouvoir ne pouvait le comprendre… Alice doutait même qu’une autre famille de Sang-Pur puisse le comprendre. Comment le pourraient-ils, eux qui voyaient le sang qui leur avait été légué comme une arme pour écraser les autres ?
Écraser ceux qui ne prenait point part au combat de la supériorité… voilà une décision bien singulière. Cela, Alice ne le comprenait pas.
Erwan… lui non plus ne voyait pas la porte de sa prison. Il n’en voyait que les barreaux, Alice piégée derrière. L’imaginait-il arborant une mine triste ? Cette larme perlant sur sa joue, était-elle pour la prisonnière qu’il voyait en elle ? Bien sûr. Elle n’était pas pour la représentation qu’elle venait de lui offrir, quand bien même cette dernière aurait été saluée par monsieur Chevotet et monsieur Sartre.
Enfin. L’heure n’était point à l’art.
Elle était à tout autre chose qu’Alice ne parvenait pas encore à comprendre.
Les mains d’Erwan vinrent enserrer la sienne, là, tendue, offerte. Elle semblait petite et faible entre les siennes. Si pâle en comparaison de sa peau. Elle était tiède, cette peau, exsudant de douceur.
Alice s’était figée, arrachée à sa fierté, surprise par ce geste qu’il lui avait imposé, qu’elle n’avait pas vu venir. Alice aurait dû le prévoir… et pourtant, elle s’était laissée cueillir.
Les yeux d’argent se verrouillèrent dans les yeux verts. Comme il l’avait fait avant elle, Alice lui offrait toute son attention car, de toutes évidences, ce moment était important pour lui.
Bien sûr qu’il l’était.
Il était un enfant de Sans-Pouvoir. Un enfant d’insouciance, désormais de nostalgie pour une époque où tout avait été simple. Erwan avait connu la pureté d’un rire partagé entre deux amis aux joues de chérubin. Il avait sans doute couru sur la berge en contre bas, sautant au dessus des vagues menaçant de lui lécher ses pieds nus.
Pensait-il qu’Alice aurait un jour pu jalouser son enfance ? Elle qui… non, elle ne songerait pas à Mère ce soir.
Erwan avait décidé de porter un fardeau qu’Alice ne sentait plus. Par Circée… avait-elle laisser entendre qu’elle doutait des attentions d’Erwan ? Non, impossible. Alice ne se permettrait jamais un quiproquo. Les mots qu’elle employait était choisi avec soin. Lorsqu’elle usait de sarcasme, elle se savait suffisamment adroite pour que son interlocuteur le comprenne. Alice maîtrisait chaque aspect de sa parole. Elle savait aiguisé la langue pour la rendre tranchante ou, au contraire, la polir pour en faire une caresse.
Alice n’avait laissée aucune place à l’incompréhension.
Erwan avait transposé sa propre vie sur celle d’Alice. A tort.
Mais soit ! Le contact de ses mains autour de la sienne n’était pour lui déplaire.
Alice laissa un silence s’étirer entre eux, laissant les mots et souhaits d’Erwan flotter. Elle ne voulait pas répondre de suite, et préférait observer le jeune homme.
Le temps d’une seconde, Alice regrettait d’avoir été trop… théâtral. Elle regrettait sa métaphore, son sort, le sujet. Elle aurait pu continuer à danser sur le fil vibrant qui s’était tissé entre eux. Mais aurait-elle été elle même ? Certes non. Elle aurait marché sur les pas d’Erwan. Ce n’était pas ce qu’il attendait d’elle. Et, plus important, ce n’était pas ce qu’Alice attendait d’elle.
« Erwan… » souffla t-elle dans un sourire, mais sans moquerie aucune. Sa tête se pencha lentement sur le côté, dans un voeu d’attendrissement et de réconfort. « A aucune seconde je n’ai remis en question la pureté de tes intentions. Si je n’avais pas envie d’être ici, si j’avais pressenti une quelconque attention pernicieuse, je serai déjà partie. »
Où ? Alice n’en avait pas la moindre idée. Elle aurait sans doute tenté de transplaner de nouveau chez les Deflandre, au risque de finir avec un bras désartibuler.
« Je suis navrée si, d’une quelconque façon que ce soit, je t’ai paru malheureuse ou… méfiante envers toi. Sois en assuré, je ne suis ni l’une ni l’autre. » Elle lui sourit joliment. « Bien au contraire. Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas senti aussi heureuse d’être quelque part. » Elle dressa le menton, adoptant un air plus orgueilleux, mais non pas dépourvu de la malice qu’elle aimait afficher. « Alors rangez vos violons, monsieur. Je refuse de perdre mon temps en lamentations pour une situation qui me sied aussi bien au teint. »
Ainsi que des couleuvres, ses doigts se faufilèrent pour quitter ceux d’Erwan, non sans y déposer de lentes et légères caresses. Elle lui sourit, venant remplacer sa main sur son genou. « Je ne souffre pas de ma condition, je te le promets. Je l’aime. Je la chéris. Comme toi tu sembles chérir la tienne… Hm, cela me rappelle que je ne sais absolument pas de quoi est fait ta vie depuis que tu as quitté Poudlard. »
Alice leva le menton plus haut, sans jamais quitter Erwan des yeux, sans jamais perdre son sourire.
« J’attends, monsieur Martin. »
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
L’anglais avait eu trop de regrets ces dernières semaines, ces derniers mois, pour en avoir ce soir. Il s’était laissé aller à un élan empathique et il ne le regrettait pas. Il était comme ça et cela lui confirmait que son attirance pour Alice était aussi autre chose qu’une simple attirance physique. Il n’aurait pas eu cette réaction s’il n’était pas émotionnellement impliqué. Elle l’avait senti, forcément qu’elle l’avait senti… L’attitude d’Erwan avait changé et ses mots s’étaient chargés d’émotions. Sûrement avait-elle interprété son empathie pour de la pitié, ce n’était pas le cas. Elle semblait bien trop à l’aise de sa condition pour qu’il ressente de la pitié, elle était même trop à l’aise et c’est sûrement ce qui avait suscité la réaction d’Erwan. Mais, encore une fois, il ne regrettait pas ses mots et son dernier geste. Il avait laissé parler son cœur, celui qu’il était vraiment et dont trop peu de ses histoires intimes avaient eu un plein aperçu. Les histoires d’un soir ou les histoires courtes laissaient peu de place à l’expression profonde de sa personne. Ce n’était après tout pas ce qu’il recherchait… Mais c’est quand il avait l’espace pour le faire, comme ce soir, qu’il se rappelait la force que pouvaient avoir ces moments.
Les mots d’Alice étaient comme du miel. Non seulement avait-elle senti son vacillement émotionnel, mais elle avait également compris ce qu’il avait besoin d’entendre pour être rassuré. Il ne la pensait pas malheureuse, c’est lui-même qui s’était senti malheureux de ne pas la voir malheureuse de sa situation. Mais qui était-il pour s’indigner de ça ? Qu’en savait-il de sa situation ? Du bien-être ou du mal-être qu’elle en tirait ? Probablement qu’il avait besoin d’entendre qu’Alice ressentait la même joie que lui de partager l’instant présent. Qu’avaient-ils à faire du quotidien compliqué qui pouvait entourer cet instant hors du temps ? C’était la déconnexion dont ils avaient besoin, peut-être lui plus qu’elle. Pourtant, voilà qu’elle lui demandait ce dont était fait ce quotidien qu’il venait de rejeter momentanément… Il aurait pu mentir, omettre certaines grandes lignes, mais il avait compris en écoutant Alice que s’il voulait être satisfait de leur rencontre, ce ne serait qu’en étant cent pour cent lui-même. Elle enrobait en plus cela de la plus délicieuse des manières. «Vous voilà bien impatiente, Madame Sangblanc.». Il s’était souvenu de son nom de famille car la connotation française l’avait marqué la première fois qu’il l’avait entendu.
Il n’avait pas envie de trop s’attarder là-dessus, mais il ne pouvait lui refuser ce bref aperçu de ce qu’était sa vie aujourd’hui. Elle-même s’était ouverte et lui avait raconté ses projets, puis… il n’était plus sûr de pouvoir lui refuser quoi que ce soit. «Je travaille au magasin Weasley sur le Chemin de Traverse. Depuis pas longtemps, ça doit faire deux mois ou quelque chose comme ça. C’était pas le plan au début… J’suis parti voyager, j’ai dû rentrer pour assister aux obsèques de mes deux grands-parents. Je me suis installé à Londres, j’suis parti de chez mes parents à Bristol. J’avais plein de rêves… Puis un soir, une femme rencontrée en Inde a débarqué sur le pas de ma porte et m’a annoncé que je serais papa un mois plus tard…» Il adressa un hochement d’épaules et un sourire amusé à Alice. «Et oui… c’est papa Martin désormais. Ça a tout chamboulé, t’imagines bien… J’ai mis la fabrication de mes jeux de sorciété de côté et j’ai été chercher du boulot pour renflouer les caisses. Voilà, je crois que tu sais tout de ma vie sur ces dix-huit derniers mois.». Malgré tout ce qui lui était tombé dessus, Erwan ne se plaignait pas. Certes, il ramait vraiment plus difficilement pour aller de l’avant, mais il ne lâchait rien. Pour lui et pour Vihan. «J’crois que j’avais vraiment besoin de ces quelques jours ici, pour faire le point, pour me ressourcer, pour être seul. Enfin… Je suis finalement bien mieux à profiter du moment avec toi…». Il replongea ses yeux dans ceux d’Alice, chargeant son regard d’une tendresse qui implorait Alice de comprendre à quel point il pensait ce qu’il disait.
Les mots d’Alice étaient comme du miel. Non seulement avait-elle senti son vacillement émotionnel, mais elle avait également compris ce qu’il avait besoin d’entendre pour être rassuré. Il ne la pensait pas malheureuse, c’est lui-même qui s’était senti malheureux de ne pas la voir malheureuse de sa situation. Mais qui était-il pour s’indigner de ça ? Qu’en savait-il de sa situation ? Du bien-être ou du mal-être qu’elle en tirait ? Probablement qu’il avait besoin d’entendre qu’Alice ressentait la même joie que lui de partager l’instant présent. Qu’avaient-ils à faire du quotidien compliqué qui pouvait entourer cet instant hors du temps ? C’était la déconnexion dont ils avaient besoin, peut-être lui plus qu’elle. Pourtant, voilà qu’elle lui demandait ce dont était fait ce quotidien qu’il venait de rejeter momentanément… Il aurait pu mentir, omettre certaines grandes lignes, mais il avait compris en écoutant Alice que s’il voulait être satisfait de leur rencontre, ce ne serait qu’en étant cent pour cent lui-même. Elle enrobait en plus cela de la plus délicieuse des manières. «Vous voilà bien impatiente, Madame Sangblanc.». Il s’était souvenu de son nom de famille car la connotation française l’avait marqué la première fois qu’il l’avait entendu.
Il n’avait pas envie de trop s’attarder là-dessus, mais il ne pouvait lui refuser ce bref aperçu de ce qu’était sa vie aujourd’hui. Elle-même s’était ouverte et lui avait raconté ses projets, puis… il n’était plus sûr de pouvoir lui refuser quoi que ce soit. «Je travaille au magasin Weasley sur le Chemin de Traverse. Depuis pas longtemps, ça doit faire deux mois ou quelque chose comme ça. C’était pas le plan au début… J’suis parti voyager, j’ai dû rentrer pour assister aux obsèques de mes deux grands-parents. Je me suis installé à Londres, j’suis parti de chez mes parents à Bristol. J’avais plein de rêves… Puis un soir, une femme rencontrée en Inde a débarqué sur le pas de ma porte et m’a annoncé que je serais papa un mois plus tard…» Il adressa un hochement d’épaules et un sourire amusé à Alice. «Et oui… c’est papa Martin désormais. Ça a tout chamboulé, t’imagines bien… J’ai mis la fabrication de mes jeux de sorciété de côté et j’ai été chercher du boulot pour renflouer les caisses. Voilà, je crois que tu sais tout de ma vie sur ces dix-huit derniers mois.». Malgré tout ce qui lui était tombé dessus, Erwan ne se plaignait pas. Certes, il ramait vraiment plus difficilement pour aller de l’avant, mais il ne lâchait rien. Pour lui et pour Vihan. «J’crois que j’avais vraiment besoin de ces quelques jours ici, pour faire le point, pour me ressourcer, pour être seul. Enfin… Je suis finalement bien mieux à profiter du moment avec toi…». Il replongea ses yeux dans ceux d’Alice, chargeant son regard d’une tendresse qui implorait Alice de comprendre à quel point il pensait ce qu’il disait.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Le jeu reprenait comme si jamais il n’avait manqué de s’achever. Alice se félicitait d’être ainsi parvenu, sans difficulté aucune, à effacer les à prioris’d’Erwan. Il fallait dire qu’elle était passée maîtresse dans l’art d’annihiler toute trace de négativité.
Quoi que. Le terme cacher était bien plus approprié.
Erwan n’avait pas le droit de ressentir autre chose que du plaisir au contact d’Alice. Elle avait tout fait, tout, pour que ce moment soit agréable. Elle avait même accepté de s’asseoir à même le sol. Par Circée, avait-il seulement conscience des efforts qu’Alice fournissait ? Chaque geste était scrupuleusement soigné pour jouer au jeu qu’ils avaient lancés. Son propre plaisir n’était pas feint. Au contraire, elle adorait cet échange, sentir son regard la dévorer comme si elle était faite de sucre. Elle aimait sa chaleur corporelle qui rencontrait et se mêlait à celle d’Erwan. L’odeur de sa veste autour d’elle. Le timbre de sa voix, étudié pour s’infiltrer en elle, sillonner ses os et murmurer des promesses informulées à son cœur.
C’était un jeu, elle le savait, et paradoxalement, cela rendait ses réactions plus authentiques.
Enfin, Alice pu connaître de quoi la vie d’Erwan était faite. Travail, voyages, obsèques, emménagement… en somme, la vie de monsieur tout le monde. Elle souriait en l’écoutant, son coude appuyée sur son genou, son menton dans le creux de sa paume. Elle dévorait les banalités qu’elle lui avait demandé de lui offrir.
Et puis, une tout autre banalité envoya valser toutes les autres.
Erwan etait père.
Son sourire s’était figé. Un léger, très léger tressaillement de la commissure de ses lèvres marqua sa stupeur soudaine. L’enchantement qui cachait sa cicatrice sauta soudain. Une seconde, puis une autre, puis une autre.
Trois secondes de latence.
A la quatrième, la magie se liquéfia à nouveau sur sa joue et dissimula sa balafre.
« … papa ? »
Elle sourit, avec moins d’assurance qu’avant. Elle n’avait rien entendu de la suite, comme si d’autre n’avait plus d’importance que ce mot.
Erwan Martin. Était. Papa.
Alice se redressa un peu, abandonnant alors ses minauderies.
Avait-il plaisanter ?
Non. Non, on ne pouvait plaisanter sur ce genre de sujet, tout de même !
Personne n’utiliserait la grossesse d’une femme de passage pour plaisanter ! Même Thomas ne s’y risquerait pas.
Alice ne savait plus comment elle devait réagir. Là voila muette, figée dans un sourire creux qui ne vacillait pas, ses yeux braqués sur Erwan.
Il fallait dire quelque chose, n’est ça pas ? Quelque chose comme toutes mes félicitations, fille ou garçon… mais rien ne vint.
Alice n’avait jamais été confronté à ce genre de situation… pas plus qu’elle n’avait eu de contact avec un bébé.
Erwan était son aîné d’un an à peine, ce qui lui donnait dix-neuf ans, dix-huit si il était de fin d’année. Et le voila père ?
Non. Non. Le plus étonnant dans cette histoire était qu’il avait mise enceinte une femme rencontrée à l’autre bout du monde et qu’il ne ressentait aucune honte à le dire à Alice.
Pourquoi fallait-il toujours qu’elle tombe sur des hommes esclaves de leurs hormones ?
« C’était… inattendu ». Un rire, léger, gêné, cachant avec grande peine son incapacité à faire le tri dans ses pensées.
Aliosus. Aliosus avait une petite amie, n’est-ce pas ? Est-ce que lui aussi allait lui annoncer que Yesenia était enceinte ? Allait-ils devoir partager leur futur appartement étudiant avec un bébé ?
Qui d’autres, depuis son départ de Grande-Bretagne, avait eu un enfant ?
Alice poussa un soupir. Sa main glissa dans ses boucles blanches pour les tirer en arrière, offrant son visage nu au regard d’Erwan.
« Je te prie de m’excuser. Je… ne m’y attendais pas. Pas une seule seconde. » Ses boucles retombèrent en cascade autour d’elle, dévalant le long de sa poitrine, jusqu’à effleurer le sol. « J’espère que tu es tout de même heureux de cette situation impromptue. Je suis bien en peine d’imaginer à quel point ta vie a dû changer. Mais… »
Sa main vint de poser sur la sienne. Le sourire qu’elle lui offrit alors était sincère. Il ne visait ni à séduire, ni à mentir. « … je suis fière de savoir que tu as assumé ce nouveau rôle que tu n’as pas désiré. Des hommes, par centaines, par milliers, aurait refermé leur porte lorsque toi, tu la laissais grande ouverte. »
Erwan n’était pas un joli garçon aux techniques de séduction dépassées.
Erwan était un homme. Un vrai.
Aux yeux d'Alice, il devenait tout de suite bien plus charmant.
Quoi que. Le terme cacher était bien plus approprié.
Erwan n’avait pas le droit de ressentir autre chose que du plaisir au contact d’Alice. Elle avait tout fait, tout, pour que ce moment soit agréable. Elle avait même accepté de s’asseoir à même le sol. Par Circée, avait-il seulement conscience des efforts qu’Alice fournissait ? Chaque geste était scrupuleusement soigné pour jouer au jeu qu’ils avaient lancés. Son propre plaisir n’était pas feint. Au contraire, elle adorait cet échange, sentir son regard la dévorer comme si elle était faite de sucre. Elle aimait sa chaleur corporelle qui rencontrait et se mêlait à celle d’Erwan. L’odeur de sa veste autour d’elle. Le timbre de sa voix, étudié pour s’infiltrer en elle, sillonner ses os et murmurer des promesses informulées à son cœur.
C’était un jeu, elle le savait, et paradoxalement, cela rendait ses réactions plus authentiques.
Enfin, Alice pu connaître de quoi la vie d’Erwan était faite. Travail, voyages, obsèques, emménagement… en somme, la vie de monsieur tout le monde. Elle souriait en l’écoutant, son coude appuyée sur son genou, son menton dans le creux de sa paume. Elle dévorait les banalités qu’elle lui avait demandé de lui offrir.
Et puis, une tout autre banalité envoya valser toutes les autres.
Erwan etait père.
Son sourire s’était figé. Un léger, très léger tressaillement de la commissure de ses lèvres marqua sa stupeur soudaine. L’enchantement qui cachait sa cicatrice sauta soudain. Une seconde, puis une autre, puis une autre.
Trois secondes de latence.
A la quatrième, la magie se liquéfia à nouveau sur sa joue et dissimula sa balafre.
« … papa ? »
Elle sourit, avec moins d’assurance qu’avant. Elle n’avait rien entendu de la suite, comme si d’autre n’avait plus d’importance que ce mot.
Erwan Martin. Était. Papa.
Alice se redressa un peu, abandonnant alors ses minauderies.
Avait-il plaisanter ?
Non. Non, on ne pouvait plaisanter sur ce genre de sujet, tout de même !
Personne n’utiliserait la grossesse d’une femme de passage pour plaisanter ! Même Thomas ne s’y risquerait pas.
Alice ne savait plus comment elle devait réagir. Là voila muette, figée dans un sourire creux qui ne vacillait pas, ses yeux braqués sur Erwan.
Il fallait dire quelque chose, n’est ça pas ? Quelque chose comme toutes mes félicitations, fille ou garçon… mais rien ne vint.
Alice n’avait jamais été confronté à ce genre de situation… pas plus qu’elle n’avait eu de contact avec un bébé.
Erwan était son aîné d’un an à peine, ce qui lui donnait dix-neuf ans, dix-huit si il était de fin d’année. Et le voila père ?
Non. Non. Le plus étonnant dans cette histoire était qu’il avait mise enceinte une femme rencontrée à l’autre bout du monde et qu’il ne ressentait aucune honte à le dire à Alice.
Pourquoi fallait-il toujours qu’elle tombe sur des hommes esclaves de leurs hormones ?
« C’était… inattendu ». Un rire, léger, gêné, cachant avec grande peine son incapacité à faire le tri dans ses pensées.
Aliosus. Aliosus avait une petite amie, n’est-ce pas ? Est-ce que lui aussi allait lui annoncer que Yesenia était enceinte ? Allait-ils devoir partager leur futur appartement étudiant avec un bébé ?
Qui d’autres, depuis son départ de Grande-Bretagne, avait eu un enfant ?
Alice poussa un soupir. Sa main glissa dans ses boucles blanches pour les tirer en arrière, offrant son visage nu au regard d’Erwan.
« Je te prie de m’excuser. Je… ne m’y attendais pas. Pas une seule seconde. » Ses boucles retombèrent en cascade autour d’elle, dévalant le long de sa poitrine, jusqu’à effleurer le sol. « J’espère que tu es tout de même heureux de cette situation impromptue. Je suis bien en peine d’imaginer à quel point ta vie a dû changer. Mais… »
Sa main vint de poser sur la sienne. Le sourire qu’elle lui offrit alors était sincère. Il ne visait ni à séduire, ni à mentir. « … je suis fière de savoir que tu as assumé ce nouveau rôle que tu n’as pas désiré. Des hommes, par centaines, par milliers, aurait refermé leur porte lorsque toi, tu la laissais grande ouverte. »
Erwan n’était pas un joli garçon aux techniques de séduction dépassées.
Erwan était un homme. Un vrai.
Aux yeux d'Alice, il devenait tout de suite bien plus charmant.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050