Comme un cheveu roux sur le thé

9 Juillet 2049
La journée d’Alice Sangblanc avait commencé comme toutes les autres.
Elle avait ouvert les yeux peu après les premières lueurs matinales, accueillies par le chant des oiseaux. De longues minutes étaient passées sans qu’Alice ne quitte son lit au drap de soie. Elle s’y était blottie, repoussant encore un peu les responsabilités qui viendraient quémander son attention dés sa chambre quittée.
Lorsque la paresse avait décliné à la faveur de la résignation, Alice s’était levée, avait enfilé son peignoir de soie sur sa chemise de nuit de dentelle et avait rejoint la salle d’eau.
A sa sortie, Alice était lavée, sa peau hydratée et ses boucles… eh bien ses boucles étaient dans un jour vilain. Elles étaient vaporeuses, comme si Alice avait orné son crâne d’un nuage.
Et Alice n’aimait pas avoir un nuage sur la tête.
Après avoir passé près d’une heure pour dresser ses maudits cheveux en deux tresses (coiffure qu’elle arborait à chaque défaite capillaire) et pesté devant sa garde robe pas assez fournie à son goût, Alice avait enfin daigner quitter sa chambre. Le menton haut, les sourcils froncés par ses difficultés matinales bien trop fréquentes à son goût, la jeune cheffe de famille avait pu rejoindre les siens, comme chaque matin depuis le début des congés scolaires.
Et, comme chaque matin d’été, ils petit-déjeunaient sous la pergola de fer forgé, de clématites et de roses. Là où fleurissaient la lavande à quelques mètres seulement.
Père buvait son café en lisant le journal.
Tante Élise laissait tiédir son thé à la rose, le regard fixé dans le vide.
Grand-Père beurrait ses tartines pour les accompagner de gelée de mûre.
Thomas n’était pas là. Il l’était rarement.
Au premier pas d’Alice sur les galets blancs, Dorian avait levé ses yeux vers elle. Son journal fut bien vite laissé de côté pour tirer la chaise à sa droite. La démarche de sa fille était raide, encore endolorie par ses côtes fracturées lors de sa chute en Sibérie. D’ici quelques mois, les douleurs ne seraient plus qu’un mauvais souvenir.
« Bonjour, mon tendre amour. »
Dans un sourire, et après avoir retiré ses lunettes de soleil, Alice l’avait embrassé. Là, juste sur la joue. Puis Grand-Père. Une révérence familière pour sa tante, et elle pu prendre place entre Père en bout de table et Grand-Père à sa droite. Sa gauche était vide, laissée à son héritier absent.
« — Vos cheveux vous auraient-ils causé du tort ce matin, chère nièce ?
— J’envie la raideur des vôtres, ma tante.
— Tu aurais tort, intervint Père en récupérant son journal. Tu as hérité des boucles de ma mère. Elles faisaient sa fierté. »
Grand-Père avait opiné du chef dans un sourire nostalgique. Alice n’avait dit mot, préférant laisser s’installer l’image de Grand-Mère Elisabeth dans son esprit. Elle l’avait laissé quelques secondes, comme on rendrait hommage, avant de préparer son petit-déjeuner. Un jus d’orange sanguine, de fines tartines légèrement dorées, de la confiture d’églantine et un thé à la rose sans lait.
Les discussions avaient été écoutées, parfois rejointes lorsque ses dents n’étaient pas occupées à déchirer la mie croustillante d’une tartine.
Et soudain, un pop, là, juste devant la façade du domaine où fleurissaient les éternelles enchantements floraux de la famille Sangblanc, Thomas était apparu. Accompagné.
Il souriait, ô oui, il souriait. D’un sourire empli de fierté : celle d’avoir, encore une fois, brisé l’équilibre qui régnait dans le domaine.
« Ma chère et précieuse famille, mes hommages ! »
Les gestes s’étaient stoppés autour de la table. Sa tasse encore au bord des lèvres, Alice se sentait glisser désagréablement dans la surprise, la colère… et la gêne.
Et celle ci, Alice la détestait.
Dernière modification par Alice Sangblanc le 24 juil. 2025, 22:18, modifié 2 fois.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Comme un cheveu roux sur le thé
VENDREDI 9 JUILLET - SIXIÈME ANNÉE
ALPES FRANÇAISE - ST GERVAIS LES BAINS
ALPES FRANÇAISE - ST GERVAIS LES BAINS
Reducio
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Les paroles en italiques sont en français
Reducio
- Votre PJ est présent ? oui
- Nom et prénom du PNJ : Pierlot, Aimée - amie - PNJ prétexte
- Lien vers la fiche du PNJ : [lien]
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Élicia se trouve chez Aimée lorsque Thomas Sangblanc vient les chercher pour les amener chez sa famille.
Le séjour d'Élicia en France touchait bientôt à sa fin. C'était difficile de se dire que quelques jours plus tard, elle rentrerait à la maison. Bon, il y avait toujours Lumah, qu'elle avait hâte de revoir, mais ce n'était pas pareil. Le goût de l'aventure s'estomperait pour reprendre la routine habituelle. Elle retrouverait ses paysages qui suivaient son quotidien depuis plusieurs années l'été. Elle retrouverait sa "vie d'avant" et Aimée resterait de son côté de la Manche, loin d'elle. Elles reprendraient leur échange de courrier, à attendre plus ou moins patiemment la réponse de l'autre. Et surtout, la jeune fille n'avait aucune idée de la prochaine fois qu'elle verrait son amie. L'été suivant ? Pendant les vacances de Noël peut-être, avec un peu de chances ?
Après avoir profité de la plage, des champs de vignes, des balades à cheval avec Aimée, après avoir dégusté quelques vins du domaine, pique niqué dans les plaines alentours et s'être racontées tour à tour leur vie, il semblait à Élicia que les jours étaient passés bien trop vite. Qu'elle n'avait pas assez profité. Qu'il leur restait encore tant à faire ensemble...
Il y avait eu la course, deux jours plus tôt. Aimée et Léonie avaient bien œuvré, elles avaient réussi à assister au spectacle avec Alice et Thomas Sangblanc. C'était d'ailleurs la première fois que la Poufsouffle rencontrait l'aîné de la famille, qui s'était trouvé être bien différent de sa sœur cadette. Bien plus... Léger ? Ouvert ? Difficile à dire, mais il lui avait semblé bien plus accessible qu'Alice et pourtant intimidant à bien des égares.
Revoir Léonie avait été un réel plaisir. Mis à part sa relation avec Aimée, la française était un soleil à l'état pur et passer quelques heures en sa compagnie était aussi merveilleux et amusant qu'épuisant. Pourtant, Aimée ne s'en lassait jamais et le sourire qu'elle avait affiché, même après leur retour, n'était certainement pas dû au visionnage de la compétition.
Et puis les deux amies étaient rentrées chez Monsieur et Madame Pierlot. Aimée avait passé un moment à leur raconter leur journée, omettant volontairement certains passages concernant Léonie. Son amie lui avait expliqué que si ses parents connaissaient plus ou moins leur relation, elle préférait garder certains détails pour elle, ce qui était totalement compréhensible. Les parents de la française étaient tellement protecteurs qu'ils pouvaient rapidement être étouffants, comme Élicia avait pu le remarquer depuis son arrivée. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle Aimée s'était inscrite pour l'échange AMICO initialement, pour avoir quelque chose qui n'appartenait qu'à elle indépendamment du contrôle de ses parents.
Le lendemain, Aimée lui avait proposé une nouvelle balade à cheval. La jeune sorcière n'avait jamais autant monté que depuis sa rencontre avec son amie, et était toujours aussi ébahie à l'idée que les Pierlot avaient leur propres chevaux, leur propre écurie. Il ne passait pas une journée sans que les deux jeunes filles ne rendent visite aux équidés. Ceux-là n'avaient peut-être pas d'ailes, mais ils restaient extraordinaire à ses yeux. Et rien ne remplacerait le plaisir de chevaucher aux côtés d'une amie et sentir le vent danser avec ses cheveux, entendre son hurlement mélangé au tambour des sabots sur le sol.
Elles s'étaient baladés une bonne partie de la journée, profitant de l'air frais du soir pour pique niquer dans un pré, face au couché de soleil qui éclairait les étendues françaises de ses rayons dorés. Puis elles étaient rentrées au galop sous les étoiles. Après ça, il leur avait fallut à peine quelques minutes avant de tomber de fatigue, chacune dans son lit dans la grande chambre d'Aimée.
Lorsque le lendemain matin, bien trop tôt au goût d'Élicia, Madame Pierlot était venue les réveiller en leur annonçant qu'un visiteur était venu les voir, les deux amies étaient descendues à sa rencontre, leur visages encore tout ensommeillés. La rouquine avait violemment rougi à la vue de Thomas Sangblanc dans le salon, parfaitement consciente du pyjama qu'elle portait, et elles étaient remontées rapidement pour se préparer lorsque l'héritier leur annonça qu'il les amenait déjeuner avec Alice.
Comme à son habitude depuis qu'Élicia séjournait chez elle, Aimée s'était occupée de sa tenue du jour. Et si les deux n'avaient aucune idée de leur destination, la seule présence de Thomas justifiait une tenue plus élégante que d'ordinaire. La française avait donc retrouvé une robe aux volants transparents dans un harmonieux mélange de rouge et de rose, avec un imprimé de fleurs. Elle était cintrée sous sa poitrine, et ses manches couvraient juste ses épaules dans une superposition de volants transparents et colorés. Ses cheveux étaient coiffés, relâchés sur ses épaules, et certaines mèches étaient tirés en arrière sur le haut de sa tête pour dégager son visage. Elle n'avait pas eu le temps d'en faire plus, de peur de trop faire attendre Thomas.
Quant à Aimée, elle s'était choisie un élégant corset bleu marine, avec une jupe blanche à l'imprimé de papillons d'un bleu pâle saisissant. Ses cheveux blonds retombaient en cascade autour de son visage, légèrement ondulés. Elle les ramena sur son épaule droite, puis elles descendirent ensemble pour retrouver l'hériter.
Aimée eut juste le temps d'expliquer la situation à ses parents, promettre à son frère qu'elles seraient prudentes, puis Thomas glissa un bras sur leur épaule et ils transplanèrent.
Pour arriver directement...
Devant Alice Sangblanc, Élise Cooper et les deux hommes qui étaient sans nul doute le père et le grand père de l'ex Serpentard.
Et la maison qui s'élevait derrière eux...
Thomas les avait amené directement chez lui. Chez eux.
Élicia rougit violemment. Son regard se glissa vers Thomas, à la fois confuse et un peu indignée qu'il ne leur ait pas dit exactement ce qui les attendait. De l'autre côté de l'héritier, Aimée s'était écartait et s'inclinait depuis la famille Sangblanc comme elle avait appris à le faire à Beauxbâtons. Élicia s'empressa de l'imiter, quoi qu'avec moins de grâce et d'élégance, faute à un manque de pratique évident.
- Bonjour, bredouilla-t-elle dans un français incertain à l'accent anglais fort prononcé. Je...
La rousse glissa un nouveau regard vers Thomas, comme pour trouver un soutien qu'elle n'obtiendrait sûrement pas. Vu le sourire qu'il arborait, nul doute qu'il avait prémédité tout ça, le petit...
Ses yeux bleus se tournèrent vers Alice, et elle n'eut pas besoin d'exprimer sa propre gêne tant son visage parlait pour elle. Elle évita le regard de son ancienne camarade pour trouver celui de celui qui était certainement son père. Que faire, baisser les yeux ou montrer une confiance qu'elle n'avait pas ?
- Nous n'imaginions pas vous interrompre. Je vous prie de nous excuser pour cette entrée quelque peu... importune, souffla Aimée, coulant elle aussi un regard confus vers Thomas.
Puis l'évidence s'imposa dans l'esprit d'Élicia. Elle se trouvait chez Alice. En France
(situation avec Thomas vue avec la joueuse)
Dernière modification par Élicia Caldin le 3 août 2026, 10:57, modifié 1 fois.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off
Comme un cheveu roux sur le thé
Le maudit. Ah, le maudit ! Et dire qu’elle s’était inquiétée de son absence !
Il avait l’air si fier de lui, le faquin. Il souriait comme un damné lutin.
Avec lenteur, Alice reposa son thé sur la table, son regard braqué sur son frère.
Il avait ramené Aimée Pierlot et Elicia Caldin chez elle. Et, à en juger par les mines déconfites des deux jeunes femmes, aucune d’entre elle ne s’était attendu à finir ici.
En tout bon chef actuel de la dynastie Sangblanc, Père se leva de sa chaise pour accueillir les invitées imposées. Aussitôt, tante Elise l’imita. Grand-Père s’apprêta à le faire, mais l’âge rendait ses gestes bien moins précis, bien plus douloureux. Alice se leva, et enroula son bras autour de son bras pour l’y aider. Le patriarche remercia sa petite fille d’un doux sourire.
Dorian contourna la table pour s’avancer à la rencontre des deux jeunes filles. Le sourire qu’il arborait ne laissait aucune place au doute quant à sa joie d’avoir des invitées de si bon matin sur ses terres.
Il écarta lentement les bras. Sa chemise blanche, impeccablement boutonnée, soulignait la puissance tranquille de ces biceps.
« Nous ne nous attendions pas à recevoir aussi belle compagnie, je vous prie de bien vouloir accepter toutes mes plus plates excuses pour ce modeste accueil. »
Dorian Sangblanc.
Il suffisait qu’il entre dans une pièce pour qu’elle devienne silence. Il n’était pas seulement beau : il était de ceux que l’on contemple sans demander pardon. Grand, bâti comme un homme forgé pour le combat qu’il avait mené de longues, trop longues années. Il portait pourtant sa chemise blanche comme un artiste endimanché. Le tissu épousait ses épaules larges, sa poitrine dessinée, les bras puissants d’un ancien Auror qui avait connu vingt années de chasse contre les mages noirs de tout un pais. Cinquante ans, et pas un souffle d’hésitation dans sa démarche.
Il avait en lui une noblesse naturelle. Quelque chose de trop précis, trop maîtrisée pour n’être qu’un cadeau héréditaire. Et pourtant, une douceur. Elle rampait, insidieuse, entre la carrure et le regard d’acier. Elle s’installait dans la commissures de ses lèvres, dans le pli presque tendre de ses paupières.
Alice n’aimait pas le regarder trop longtemps, car il lui rappelait ce que les hommes pouvaient être quand ils avaient tout perdu sauf leur fierté.
Thomas se recula d’un pas pour laisser aux jeunes filles toute la place. Et, lorsque Père fut à leur hauteur, il le contourna pour rejoindre le reste de sa famille. De toutes évidences, il appréciait les regards qu’ils posèrent sur lui.
Particulièrement celui d’Alice. Froid, tranchant.
« A quoi joues-tu, Thomas ? » grogna t-elle entre ses dents, suivant le déplacement bien trop chaloupé de son frère. Il ne répondit pas, mais sourit un peu plus fort.
De son côté, Père s’était incliné face aux deux jeunes femmes. Elle était belle, cette révérence. Ni trop, ni peu. Suffisamment élégante pour désigner à Elicia et Aimée qu’il les respectait.
Il se redressa, et les regarda tour à tour dans ce sourire qu’il avait doux comme l’aurore estival. Lui, si grand, si fort, si élégant, et si pourtant si chaleureux.
Ce fut sur Elicia qu’il s’arrêta, et dit dans un anglais aux consonances françaises
« Il me semble avoir perçu un accent anglais. J’imagine donc que vous êtes… Elicia ? »
Dorian regarda ensuite Aimée. Son sourire se fit plus respectueux encore. Il inclina sa tête.
« C’est un plaisir de vous rencontrer, mademoiselle Pierlot. » Il sourit en relevant la tête.
Thomas s’était installé, et commençait déjà à mordre dans un abricot.
Grand-Père Henri ne lui jeta aucun regard. Il gardait cela pour plus tard. Il préférait suivre l’échange entre son fils ainé et les deux jeunes filles.
Le patriarche murmura à Alice : « Sais-tu de qui il peut bien s’agir ? »
Alice tira la chaise de Grand-Père et l’invita à s’asseoir. Il résistait, le respect pour les invitées l’emportant sur ses douleurs, mais elle ne lui laissa point le choix, et le sermonna d’un regard. Il poussa un soupir, et se laissa asseoir. Enfin, Alice lui répondit en se glissant derrière lui, ses mains sur ses épaules.
« Aimée Pierlot. Ses parents détiennent des vignobles dans le Saint Emilion. La rousse à ses côtés est sa correspondante, Elicia Caldin. Une ancienne camarade de Poudlard. »
Les noms n’étaient que des noms, et ils ne permettaient pas Grand-Père à comprendre pourquoi elles étaient ici, chez lui.
Et Thomas était à présent trop occupé à boire son café pour s’expliquer.
Tante Elise demeurait droite, belle, froide, ses lèvres parées d’un sourire. Elle ne savait pas comment réagir, aussi se calquait-elle sur son frère aîné. Mais elle avait entendu Alice.
Il avait l’air si fier de lui, le faquin. Il souriait comme un damné lutin.
Avec lenteur, Alice reposa son thé sur la table, son regard braqué sur son frère.
Il avait ramené Aimée Pierlot et Elicia Caldin chez elle. Et, à en juger par les mines déconfites des deux jeunes femmes, aucune d’entre elle ne s’était attendu à finir ici.
En tout bon chef actuel de la dynastie Sangblanc, Père se leva de sa chaise pour accueillir les invitées imposées. Aussitôt, tante Elise l’imita. Grand-Père s’apprêta à le faire, mais l’âge rendait ses gestes bien moins précis, bien plus douloureux. Alice se leva, et enroula son bras autour de son bras pour l’y aider. Le patriarche remercia sa petite fille d’un doux sourire.
Dorian contourna la table pour s’avancer à la rencontre des deux jeunes filles. Le sourire qu’il arborait ne laissait aucune place au doute quant à sa joie d’avoir des invitées de si bon matin sur ses terres.
Il écarta lentement les bras. Sa chemise blanche, impeccablement boutonnée, soulignait la puissance tranquille de ces biceps.
« Nous ne nous attendions pas à recevoir aussi belle compagnie, je vous prie de bien vouloir accepter toutes mes plus plates excuses pour ce modeste accueil. »
Dorian Sangblanc.
Il suffisait qu’il entre dans une pièce pour qu’elle devienne silence. Il n’était pas seulement beau : il était de ceux que l’on contemple sans demander pardon. Grand, bâti comme un homme forgé pour le combat qu’il avait mené de longues, trop longues années. Il portait pourtant sa chemise blanche comme un artiste endimanché. Le tissu épousait ses épaules larges, sa poitrine dessinée, les bras puissants d’un ancien Auror qui avait connu vingt années de chasse contre les mages noirs de tout un pais. Cinquante ans, et pas un souffle d’hésitation dans sa démarche.
Il avait en lui une noblesse naturelle. Quelque chose de trop précis, trop maîtrisée pour n’être qu’un cadeau héréditaire. Et pourtant, une douceur. Elle rampait, insidieuse, entre la carrure et le regard d’acier. Elle s’installait dans la commissures de ses lèvres, dans le pli presque tendre de ses paupières.
Alice n’aimait pas le regarder trop longtemps, car il lui rappelait ce que les hommes pouvaient être quand ils avaient tout perdu sauf leur fierté.
Thomas se recula d’un pas pour laisser aux jeunes filles toute la place. Et, lorsque Père fut à leur hauteur, il le contourna pour rejoindre le reste de sa famille. De toutes évidences, il appréciait les regards qu’ils posèrent sur lui.
Particulièrement celui d’Alice. Froid, tranchant.
« A quoi joues-tu, Thomas ? » grogna t-elle entre ses dents, suivant le déplacement bien trop chaloupé de son frère. Il ne répondit pas, mais sourit un peu plus fort.
De son côté, Père s’était incliné face aux deux jeunes femmes. Elle était belle, cette révérence. Ni trop, ni peu. Suffisamment élégante pour désigner à Elicia et Aimée qu’il les respectait.
Il se redressa, et les regarda tour à tour dans ce sourire qu’il avait doux comme l’aurore estival. Lui, si grand, si fort, si élégant, et si pourtant si chaleureux.
Ce fut sur Elicia qu’il s’arrêta, et dit dans un anglais aux consonances françaises
« Il me semble avoir perçu un accent anglais. J’imagine donc que vous êtes… Elicia ? »
Dorian regarda ensuite Aimée. Son sourire se fit plus respectueux encore. Il inclina sa tête.
« C’est un plaisir de vous rencontrer, mademoiselle Pierlot. » Il sourit en relevant la tête.
Thomas s’était installé, et commençait déjà à mordre dans un abricot.
Grand-Père Henri ne lui jeta aucun regard. Il gardait cela pour plus tard. Il préférait suivre l’échange entre son fils ainé et les deux jeunes filles.
Le patriarche murmura à Alice : « Sais-tu de qui il peut bien s’agir ? »
Alice tira la chaise de Grand-Père et l’invita à s’asseoir. Il résistait, le respect pour les invitées l’emportant sur ses douleurs, mais elle ne lui laissa point le choix, et le sermonna d’un regard. Il poussa un soupir, et se laissa asseoir. Enfin, Alice lui répondit en se glissant derrière lui, ses mains sur ses épaules.
« Aimée Pierlot. Ses parents détiennent des vignobles dans le Saint Emilion. La rousse à ses côtés est sa correspondante, Elicia Caldin. Une ancienne camarade de Poudlard. »
Les noms n’étaient que des noms, et ils ne permettaient pas Grand-Père à comprendre pourquoi elles étaient ici, chez lui.
Et Thomas était à présent trop occupé à boire son café pour s’expliquer.
Tante Elise demeurait droite, belle, froide, ses lèvres parées d’un sourire. Elle ne savait pas comment réagir, aussi se calquait-elle sur son frère aîné. Mais elle avait entendu Alice.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Comme un cheveu roux sur le thé
D'une main, Élicia lissa les volants de sa jupe, comme si ce simple geste pouvait la détendre devant la situation qui lui faisait face. Comme si sa robe était froissée, alors qu'elle l'avait mise à peine quelques minutes plus tôt, à l'autre bout du pays. C'était seulement une manière d'occuper ses mains pour cacher sa gêne plus qu'évidente.
Thomas s'était reculé. Bien, comme elle s'y attendait, Aimée et elle ne recevraient aucune aide de sa part. Et ce n'était sûrement pas à Alice qu'elle allait en demander. Si leur relation était plutôt difficile à décrire, amies sans être amies, la rouquine connaissait suffisamment bien son ancienne camarade pour savoir qu'elle était tout sauf ravie de les voir ici. Chez elle, par Merlin ! Quel était donc le plan de Thomas ? Parce qu'il ne les avait pas amené ici par hasard, si ? Ce n'était pas l'image qu'elle se faisait de lui. Non, pour elle, Thomas était quelqu'un qui ne laissait jamais rien au hasard, et son intuition l'avait rarement trompée. Il suffisait de voir le sourire qu'arborait l'héritier pour savoir que tout ça était soigneusement prémédité, et que désormais c'étaient à elles de se débrouiller.
L'homme qui s'avança était bel et bien le père d'Alice, c'était une certitude. Si sa façon de se déplacer, de sourire ou de les regarder ne l'avait pas trahi, ses cheveux eux ne laissaient pas le doute au moindre questionnement. L'aura qu'il dégageait incitait Élicia a rester sur ses gardes, tout en lui soufflant qu'ici, elle ne risquait rien. Enfin... pas venant de l'extérieur.
Quant à son nom, elle le connaissait. Pour l'avoir vu dans les journaux plusieurs années plus tôt, ou lors de ses recherches sur les familles de Sang Pur. Les Sangblanc ne faisait pas partie du registre de Grande Bretagne, mais ils l'étaient en France, et lorsqu'Alice lui avait demandé d'effectuer des recherches... Et bien elle s'était permise d'en faire sur la cheffe même du Merlin.
Dorian Sangblanc, fils d'Henri et Elisabeth Sangblanc, chef de la branche principale de la famille.
Élicia s'inclina de nouveau à son approche, et sourit timidement à ses mots. Elle n'eut cependant pas le temps de s'excuser elle-même à son tour pour cette apparition inattendu, car le regard de Dorian se posa sur elle, l'écrasant de son poids. Elle eut la désagréable impression qu'il était capable de lire au plus profond d'elle même et d'en ressortir tous ses secrets les mieux enfouis.
Et lorsqu'il prononça son nom... Son visage ne put cacher sa surprise. Il la connaissait. Comment ? Impossible de le deviner. Elle doutait sérieusement qu'Alice ait déjà parlé d'elle à son père, ou même à qui que ce soit ici, comme sa rencontre avec Thomas avait pu le démontrer. Et elle ne se souvenait pas avoir déjà croisé le chef de famille. Peut-être avait-il lui aussi fait ses recherches... Mais dans quel but ?
- C'est cela, Monsieur, répondit Élicia, son sourire s'intensifiant davantage, puis elle inclina la tête en guise de salutation. Élicia Caldin.
Quant à Aimée, le fait qu'il la connaisse s'expliquait peut-être par son cursus à Beauxbâtons, ou même sa relation avec Léonie. Quoi qu'elle doutait de ce deuxième point. A Beauxbâtons, Aimée était restée parmi les meilleurs de sa promo jusqu'à l'obtention de son diplôme, un an auparavant. Désormais étudiante dans l'école supérieure d'art magique de France, il n'était pas impossible que son nom ait déjà été mentionné ici, ou ailleurs.
- Moi de même, Monsieur, s'inclina à son tour Aimée, ses mots teintés d'un fort accent français.
Le regard d'Élicia glissa de Dorian à Aimée vers Élise, à qui elle adressa un sourire et un léger signe de tête.
- Nous ne nous sommes jamais rencontrées, mais j'ai eu l'occasion d'assister à votre course il y a deux jours. C'était réellement remarquable. Je suis heureuse de pouvoir vous rencontrer aujourd'hui, bien que les circonstances soient plus...chaotique.
Les joues de la jeune fille avaient rougi davantage, mais elle l'ignora autant qu'elle le pouvait. Ce n'était pas le moment de montrer la moindre faiblesse, bien qu'elle espérait de tout cœur ne rien dire qui puisse vexer la tante d'Alice.
Son regard bleu glissa ensuite vers cette dernière, à qui elle adressa un sourire penaud.
- Alice, c'est toujours un plaisir de te voir.
Elle s'inclina ensuite devant le patriarche de la famille, le grand-père de l'ex Serpentard, sans trouver quoi lui dire. Un doux sourire suffirait, espérait elle, à témoigner tout son respect.
Aimée, qui avait suivi chacune de ses paroles et avait sourit à chaque membre de la famille, se rapprocha légèrement d'elle.
- Nous n'imaginions pas venir ici. J'espère que nous n'interrompons rien d'important.
Serait-ce mal vu si son amie évoquait la possibilité qu'elles puissent partir ? Élicia n'y connaissait rien en étiquette, mais quelque chose lui disait que ça serait terriblement mal venu et irrespectueux envers l'accueil de leur hôte, même pris par surprise, de proposer une telle chose.
Aimée devait penser la même chose, car elle se tourna vers Dorian, attendant l'avis du chef de famille.
Le regard d'Élicia, lui, chercha celui d'Alice.
Thomas s'était reculé. Bien, comme elle s'y attendait, Aimée et elle ne recevraient aucune aide de sa part. Et ce n'était sûrement pas à Alice qu'elle allait en demander. Si leur relation était plutôt difficile à décrire, amies sans être amies, la rouquine connaissait suffisamment bien son ancienne camarade pour savoir qu'elle était tout sauf ravie de les voir ici. Chez elle, par Merlin ! Quel était donc le plan de Thomas ? Parce qu'il ne les avait pas amené ici par hasard, si ? Ce n'était pas l'image qu'elle se faisait de lui. Non, pour elle, Thomas était quelqu'un qui ne laissait jamais rien au hasard, et son intuition l'avait rarement trompée. Il suffisait de voir le sourire qu'arborait l'héritier pour savoir que tout ça était soigneusement prémédité, et que désormais c'étaient à elles de se débrouiller.
L'homme qui s'avança était bel et bien le père d'Alice, c'était une certitude. Si sa façon de se déplacer, de sourire ou de les regarder ne l'avait pas trahi, ses cheveux eux ne laissaient pas le doute au moindre questionnement. L'aura qu'il dégageait incitait Élicia a rester sur ses gardes, tout en lui soufflant qu'ici, elle ne risquait rien. Enfin... pas venant de l'extérieur.
Quant à son nom, elle le connaissait. Pour l'avoir vu dans les journaux plusieurs années plus tôt, ou lors de ses recherches sur les familles de Sang Pur. Les Sangblanc ne faisait pas partie du registre de Grande Bretagne, mais ils l'étaient en France, et lorsqu'Alice lui avait demandé d'effectuer des recherches... Et bien elle s'était permise d'en faire sur la cheffe même du Merlin.
Dorian Sangblanc, fils d'Henri et Elisabeth Sangblanc, chef de la branche principale de la famille.
Élicia s'inclina de nouveau à son approche, et sourit timidement à ses mots. Elle n'eut cependant pas le temps de s'excuser elle-même à son tour pour cette apparition inattendu, car le regard de Dorian se posa sur elle, l'écrasant de son poids. Elle eut la désagréable impression qu'il était capable de lire au plus profond d'elle même et d'en ressortir tous ses secrets les mieux enfouis.
Et lorsqu'il prononça son nom... Son visage ne put cacher sa surprise. Il la connaissait. Comment ? Impossible de le deviner. Elle doutait sérieusement qu'Alice ait déjà parlé d'elle à son père, ou même à qui que ce soit ici, comme sa rencontre avec Thomas avait pu le démontrer. Et elle ne se souvenait pas avoir déjà croisé le chef de famille. Peut-être avait-il lui aussi fait ses recherches... Mais dans quel but ?
- C'est cela, Monsieur, répondit Élicia, son sourire s'intensifiant davantage, puis elle inclina la tête en guise de salutation. Élicia Caldin.
Quant à Aimée, le fait qu'il la connaisse s'expliquait peut-être par son cursus à Beauxbâtons, ou même sa relation avec Léonie. Quoi qu'elle doutait de ce deuxième point. A Beauxbâtons, Aimée était restée parmi les meilleurs de sa promo jusqu'à l'obtention de son diplôme, un an auparavant. Désormais étudiante dans l'école supérieure d'art magique de France, il n'était pas impossible que son nom ait déjà été mentionné ici, ou ailleurs.
- Moi de même, Monsieur, s'inclina à son tour Aimée, ses mots teintés d'un fort accent français.
Le regard d'Élicia glissa de Dorian à Aimée vers Élise, à qui elle adressa un sourire et un léger signe de tête.
- Nous ne nous sommes jamais rencontrées, mais j'ai eu l'occasion d'assister à votre course il y a deux jours. C'était réellement remarquable. Je suis heureuse de pouvoir vous rencontrer aujourd'hui, bien que les circonstances soient plus...chaotique.
Les joues de la jeune fille avaient rougi davantage, mais elle l'ignora autant qu'elle le pouvait. Ce n'était pas le moment de montrer la moindre faiblesse, bien qu'elle espérait de tout cœur ne rien dire qui puisse vexer la tante d'Alice.
Son regard bleu glissa ensuite vers cette dernière, à qui elle adressa un sourire penaud.
- Alice, c'est toujours un plaisir de te voir.
Elle s'inclina ensuite devant le patriarche de la famille, le grand-père de l'ex Serpentard, sans trouver quoi lui dire. Un doux sourire suffirait, espérait elle, à témoigner tout son respect.
Aimée, qui avait suivi chacune de ses paroles et avait sourit à chaque membre de la famille, se rapprocha légèrement d'elle.
- Nous n'imaginions pas venir ici. J'espère que nous n'interrompons rien d'important.
Serait-ce mal vu si son amie évoquait la possibilité qu'elles puissent partir ? Élicia n'y connaissait rien en étiquette, mais quelque chose lui disait que ça serait terriblement mal venu et irrespectueux envers l'accueil de leur hôte, même pris par surprise, de proposer une telle chose.
Aimée devait penser la même chose, car elle se tourna vers Dorian, attendant l'avis du chef de famille.
Le regard d'Élicia, lui, chercha celui d'Alice.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off
Comme un cheveu roux sur le thé
Alice exsudait d’une colère froide. Invisible aux premiers abords, mais il suffisait de s’approcher pour voir ses narines frémir.
Au rire soufflé de Thomas en face d’elle, Thomas l’avait très bien compris. Grands Dieux…Alice se retenait de contourner la table pour lui enfoncer sa tartine beurrée tout au fond de sa gorge.
Fort heureusement, Père était assez fort pour eux deux. Alice enviait sa capacité à retomber sur ses pieds dans toutes les situations.
Il était doux, élégant et contrôlé tout en n’ayant aucune idée du pourquoi de la présence de ces deux personnes face à lui. Il souriait néanmoins, recevant leurs noms et leurs paroles sans émettre le moins commentaire ni jugement.
Hélas… Elicia osa s’adresser directement à Tante Élise.
Jusqu’à présent, la belle dame avait calqué ses gestes sur Dorian. Il souriait, elle souriait. Il semblait émerveillé par la présence de deux intruses ? Elle feintait la douceur émue.
Mais comment réagir face à une Sang-Mêlé audacieuse qui parlait dans sa direction ? Comment tolérer que son monde s’impose au sien ? Elle aurait pu singer à nouveau son frère. C’était chose simple. Elle n’avait qu’à sourire, remercier Elicia d’un ample signe et ne pas avoir à s’adresser à elle.
Alice savait très bien pourquoi cette fois, Tante Élise ne le fit point. Aussi se pencha t-elle suffisamment pour que sa tante la regarde et l’entende.
« Le plaisir est partagé, très chère », articula t-elle avec soin, ses lèvres à peine entrouvertes, sa voix un murmure.
Aussitôt, le sourire de Tante Élise se fit plus doux à l’égard d’Elicia. Authentique.
« Le plaisir est partagé, très chère ».
Thomas rit à nouveau. Alice se promit de lui faire perdre une boucle ou deux lors de leur entraînement au duel de tantôt. Elle lui envoya une œillade tranchante, puis se tourna à nouveau vers Elicia. Qui rougissait. Encore.
« De même, Elicia. C’est à croire que Thomas a décidé de t’intégrer à la famille. Par un mariage, peut-être ? »
Les dents de Thomas stoppèrent leurs morsure dans le pain doré. Il coula un regard vers sa sœur, puis Elicia, à qui offrit un clin d’œil.
Quant à Grand-Père, qui ne comprenait pas un traitre mot d’anglais, il se contentait d’être là, présent, ses épaules contractées sous les paumes de sa petite fille.
C’était pour lui qu’Alice en voulait plus particulièrement à Thomas. Elle ne voulait pas qu’il souffre d’un quelconque choc. Sa santé était suffisamment préoccupante pour cela.
Alice se pencha alors sur lui pour qu’il voit le sourire qu’elle s’efforçait de garder. Le Patriarche remercia sa plus jeune héritière de sa main calleuse sur la sienne.
Dorian rassura les deux jeunes filles d’un sourire. Un beau sourire. Un de ceux qu’Alice aimait voir sur ses lèvres.
« Rien de moins qu’un petit-déjeuner », répondit-il en désignant l’attablée. « Auquel vous êtes conviées si le cœur vous en dit. J’aimerai croire que mon fils ne vous a pas fait transplané le ventre vide… mais je commence à croire qu’il manque à tout ses devoirs. »
Le chef de famille jeta un regard à son fils qui l’attrapa sans fébrilité… ni réponse.
Alice savait que cette histoire se réglerait au départ des deux jeunes femmes
« Mais je vous en prie », ajouta Dorian en se tournant à nouveau vers Elicia et Aimée. « Joignez vous à nous. Léonie nous a beaucoup parlé de vous… surtout de vous, mademoiselle Pierlot. » Il lui adressa un regard entendu sur un sourire plus tendre. Père adorait Léonie. Il aimait à dire qu’elle lui rappelait certains aspects de sa propre jeunesse. « J’ai hâte de partager un moment avec les amies de ma fille. »
Amies… comme vous y allez, Père…
Dorian s’écarta et, dans un ample geste du bras, invita les deux jeune femme à se joindre à la table des cinq Sangblanc.
Une chance que tante Pauline dormait encore...
Au rire soufflé de Thomas en face d’elle, Thomas l’avait très bien compris. Grands Dieux…Alice se retenait de contourner la table pour lui enfoncer sa tartine beurrée tout au fond de sa gorge.
Fort heureusement, Père était assez fort pour eux deux. Alice enviait sa capacité à retomber sur ses pieds dans toutes les situations.
Il était doux, élégant et contrôlé tout en n’ayant aucune idée du pourquoi de la présence de ces deux personnes face à lui. Il souriait néanmoins, recevant leurs noms et leurs paroles sans émettre le moins commentaire ni jugement.
Hélas… Elicia osa s’adresser directement à Tante Élise.
Jusqu’à présent, la belle dame avait calqué ses gestes sur Dorian. Il souriait, elle souriait. Il semblait émerveillé par la présence de deux intruses ? Elle feintait la douceur émue.
Mais comment réagir face à une Sang-Mêlé audacieuse qui parlait dans sa direction ? Comment tolérer que son monde s’impose au sien ? Elle aurait pu singer à nouveau son frère. C’était chose simple. Elle n’avait qu’à sourire, remercier Elicia d’un ample signe et ne pas avoir à s’adresser à elle.
Alice savait très bien pourquoi cette fois, Tante Élise ne le fit point. Aussi se pencha t-elle suffisamment pour que sa tante la regarde et l’entende.
« Le plaisir est partagé, très chère », articula t-elle avec soin, ses lèvres à peine entrouvertes, sa voix un murmure.
Aussitôt, le sourire de Tante Élise se fit plus doux à l’égard d’Elicia. Authentique.
« Le plaisir est partagé, très chère ».
Thomas rit à nouveau. Alice se promit de lui faire perdre une boucle ou deux lors de leur entraînement au duel de tantôt. Elle lui envoya une œillade tranchante, puis se tourna à nouveau vers Elicia. Qui rougissait. Encore.
« De même, Elicia. C’est à croire que Thomas a décidé de t’intégrer à la famille. Par un mariage, peut-être ? »
Les dents de Thomas stoppèrent leurs morsure dans le pain doré. Il coula un regard vers sa sœur, puis Elicia, à qui offrit un clin d’œil.
Quant à Grand-Père, qui ne comprenait pas un traitre mot d’anglais, il se contentait d’être là, présent, ses épaules contractées sous les paumes de sa petite fille.
C’était pour lui qu’Alice en voulait plus particulièrement à Thomas. Elle ne voulait pas qu’il souffre d’un quelconque choc. Sa santé était suffisamment préoccupante pour cela.
Alice se pencha alors sur lui pour qu’il voit le sourire qu’elle s’efforçait de garder. Le Patriarche remercia sa plus jeune héritière de sa main calleuse sur la sienne.
Dorian rassura les deux jeunes filles d’un sourire. Un beau sourire. Un de ceux qu’Alice aimait voir sur ses lèvres.
« Rien de moins qu’un petit-déjeuner », répondit-il en désignant l’attablée. « Auquel vous êtes conviées si le cœur vous en dit. J’aimerai croire que mon fils ne vous a pas fait transplané le ventre vide… mais je commence à croire qu’il manque à tout ses devoirs. »
Le chef de famille jeta un regard à son fils qui l’attrapa sans fébrilité… ni réponse.
Alice savait que cette histoire se réglerait au départ des deux jeunes femmes
« Mais je vous en prie », ajouta Dorian en se tournant à nouveau vers Elicia et Aimée. « Joignez vous à nous. Léonie nous a beaucoup parlé de vous… surtout de vous, mademoiselle Pierlot. » Il lui adressa un regard entendu sur un sourire plus tendre. Père adorait Léonie. Il aimait à dire qu’elle lui rappelait certains aspects de sa propre jeunesse. « J’ai hâte de partager un moment avec les amies de ma fille. »
Amies… comme vous y allez, Père…
Dorian s’écarta et, dans un ample geste du bras, invita les deux jeune femme à se joindre à la table des cinq Sangblanc.
Une chance que tante Pauline dormait encore...
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Comme un cheveu roux sur le thé
Élicia sourit de nouveau à la réponse d'Élise. Alice s'était penchée vers elle une seconde plus tôt, peut-être pour lui expliquer qui elle était ? Qu'importe. Ce n'était qu'un détail, et pour l'heure elle était concentrée à mesurer ses gestes, ses paroles afin d'éviter la moindre incartade. Afin de sortir d'ici sans soucis, et en un seul morceau, si possible. Que la situation lui paraissent moins lourde sur ses épaules.
Et lorsque ce fut au tour d'Alice de lui répondre... Les yeux d'Élicia s'agrandir de surprise. Un quoi ? Mariage ? Mais qu'est-ce que...
Et Thomas à côté qui lui faisait un clin d'œil ! Lever les yeux au ciel serait mal venu, alors elle se contenta de l'ignorer, se focalisant sur sa sœur et... Et bien rien de réellement étonnant à ce qu'Alice soit contrariée par leur présence, la Poufsouffle s'y était même attendue. Pire, le contraire aurait été bien plus étonnant. Elle ignora ses joues sûrement encore rouge - impossible de faire plus - et sourit à Alice.
- Un mariage ? Dans ce cas je ne suis pas au courant. Et c'est loin d'être dans mes plans actuellement.
Éconduire un héritier comme Thomas de cette manière n'était certainement pas une bonne idée, mais elle était sûre qu'Alice plaisantait. A sa manière du moins. Son frère ne ferait pas une chose pareille quand même, si ?
Lorsque Dorian leur sourit, avant de les inviter à les rejoindre, Élicia sentit ses épaules s'allégées. Légèrement. Très légèrement, car finalement, elle était toujours dans un endroit inconnu, en compagnie.. eh bien, d'inconnus, pour la plupart. De Thomas et ses plans pour le moins particuliers et embarrassant. Et d'Alice, qui était... Alice. Amie sans être amie, connaissances mais plus que ça. La cousine d'Aliosus, la cheffe du Merlin, celle avec qui elle avait passé une bonne partie de son temps à Beauxbâtons, celle qui lui avait donné pour mission de réveiller son organisation - et qui jusque là, avait échoué -, celle avec qui elle avait assisté à sa première course d'hippogriffe. C'était pas une inconnue et d'une certainement manière, elle ne la connaissait pas en profondeur. Elle ne savait pas ce qu'elle aimait, ce qui l'intéressait le plus. Elles partageaient toutes les deux leur intérêts pour les duels, mais à part ça...
Et si Élicia avait envie d'en savoir plus sur elle, elle doutait fortement qu'Alice en ait envie en retour. Il y avait comme une frontière invisible entre elles, qu'Élicia n'osait franchir et qu'Alice gardait soigneusement fixée. Ou du moins, c'était l'image que la jeune sorcière s'en faisait.
Il les invitait à déjeuner avec eux. Et si la situation était déjà bien embrassante et risquait de le rester encore un moment, refuser une telle proposition serait bien pire. Et malgré tout, c'était une occasion à ne pas louper. Rencontrer Dorian Sangblanc, ainsi qu'Élise et l'homme qui était très certainement le patriarche ne se faisait pas tous les jours. Combien "d'amis" Alice avait elle déjà amené chez elle ? A part Léonie, qui méritait réellement ce nom, pour le coup.
Élicia coula un regard vers Aimée, puis se tourna vers Dorian avec un grand sourire qui éclairait ses yeux bleus et faisait rayonner ses tâches de rousseurs. Aimée à ses côtés souriait également, et son regard balayait la terrasse autour d'eux, le domaine et le paysage qui les entourait. Peut-être s'imaginait elle Léonie se déplaçant ici, rayonnante comme à son habitude.
- Ça serait un réel plaisir pour nous, merci beaucoup.
Elles suivirent ensemble Dorian jusqu'à la table, s'installant là où il y avait de la place. Élicia serra ses genoux, les déplaçant légèrement sur le côté en lissant sa jupe. Elle garda le dos aussi droit qu'elle le pouvait, posa ses mains sur ses genoux et observa la famille d'Alice attablée sans oser se servir en quoi que ce soit. Elle sentait son ventre vide, voyait la nourriture, mais le voyage lui avait légèrement coupé l'appétit. Qui reviendrait, sans aucun doute, et bien rapidement. Tant que son ventre ne grondait pas...
- Votre demeure est splendide, souffla-t-elle, ses yeux découvrant le manoir et le paysage qui les entourait. Ces montagnes... Elle ne s'habituerait jamais à leur grandeur. C'était si différent de chez elle, de l'Angleterre et des Highlands écossais. Ce n'était que la seconde fois qu'Élicia mettait les pieds dans les Alpes, et celles-ci devenaient déjà l'un de ses endroits préférés sur Terre.
Et lorsque ce fut au tour d'Alice de lui répondre... Les yeux d'Élicia s'agrandir de surprise. Un quoi ? Mariage ? Mais qu'est-ce que...
Et Thomas à côté qui lui faisait un clin d'œil ! Lever les yeux au ciel serait mal venu, alors elle se contenta de l'ignorer, se focalisant sur sa sœur et... Et bien rien de réellement étonnant à ce qu'Alice soit contrariée par leur présence, la Poufsouffle s'y était même attendue. Pire, le contraire aurait été bien plus étonnant. Elle ignora ses joues sûrement encore rouge - impossible de faire plus - et sourit à Alice.
- Un mariage ? Dans ce cas je ne suis pas au courant. Et c'est loin d'être dans mes plans actuellement.
Éconduire un héritier comme Thomas de cette manière n'était certainement pas une bonne idée, mais elle était sûre qu'Alice plaisantait. A sa manière du moins. Son frère ne ferait pas une chose pareille quand même, si ?
Lorsque Dorian leur sourit, avant de les inviter à les rejoindre, Élicia sentit ses épaules s'allégées. Légèrement. Très légèrement, car finalement, elle était toujours dans un endroit inconnu, en compagnie.. eh bien, d'inconnus, pour la plupart. De Thomas et ses plans pour le moins particuliers et embarrassant. Et d'Alice, qui était... Alice. Amie sans être amie, connaissances mais plus que ça. La cousine d'Aliosus, la cheffe du Merlin, celle avec qui elle avait passé une bonne partie de son temps à Beauxbâtons, celle qui lui avait donné pour mission de réveiller son organisation - et qui jusque là, avait échoué -, celle avec qui elle avait assisté à sa première course d'hippogriffe. C'était pas une inconnue et d'une certainement manière, elle ne la connaissait pas en profondeur. Elle ne savait pas ce qu'elle aimait, ce qui l'intéressait le plus. Elles partageaient toutes les deux leur intérêts pour les duels, mais à part ça...
Et si Élicia avait envie d'en savoir plus sur elle, elle doutait fortement qu'Alice en ait envie en retour. Il y avait comme une frontière invisible entre elles, qu'Élicia n'osait franchir et qu'Alice gardait soigneusement fixée. Ou du moins, c'était l'image que la jeune sorcière s'en faisait.
Il les invitait à déjeuner avec eux. Et si la situation était déjà bien embrassante et risquait de le rester encore un moment, refuser une telle proposition serait bien pire. Et malgré tout, c'était une occasion à ne pas louper. Rencontrer Dorian Sangblanc, ainsi qu'Élise et l'homme qui était très certainement le patriarche ne se faisait pas tous les jours. Combien "d'amis" Alice avait elle déjà amené chez elle ? A part Léonie, qui méritait réellement ce nom, pour le coup.
Élicia coula un regard vers Aimée, puis se tourna vers Dorian avec un grand sourire qui éclairait ses yeux bleus et faisait rayonner ses tâches de rousseurs. Aimée à ses côtés souriait également, et son regard balayait la terrasse autour d'eux, le domaine et le paysage qui les entourait. Peut-être s'imaginait elle Léonie se déplaçant ici, rayonnante comme à son habitude.
- Ça serait un réel plaisir pour nous, merci beaucoup.
Elles suivirent ensemble Dorian jusqu'à la table, s'installant là où il y avait de la place. Élicia serra ses genoux, les déplaçant légèrement sur le côté en lissant sa jupe. Elle garda le dos aussi droit qu'elle le pouvait, posa ses mains sur ses genoux et observa la famille d'Alice attablée sans oser se servir en quoi que ce soit. Elle sentait son ventre vide, voyait la nourriture, mais le voyage lui avait légèrement coupé l'appétit. Qui reviendrait, sans aucun doute, et bien rapidement. Tant que son ventre ne grondait pas...
- Votre demeure est splendide, souffla-t-elle, ses yeux découvrant le manoir et le paysage qui les entourait. Ces montagnes... Elle ne s'habituerait jamais à leur grandeur. C'était si différent de chez elle, de l'Angleterre et des Highlands écossais. Ce n'était que la seconde fois qu'Élicia mettait les pieds dans les Alpes, et celles-ci devenaient déjà l'un de ses endroits préférés sur Terre.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off
Comme un cheveu roux sur le thé
Au fil des mots prononcés, Alice traduisait à Grand-Père. Elle évita soigneusement la mention sur le mariage… et le refus d’Elicia.
Comme un seul corps, tante Elise et Alice se tournèrent vers Elicia. Si la belle dame n’affichait rien de moins que le même visage qu’elle abhorrait en tout temps, ce ne fut pas le cas d’Alice qui fronça les sourcils vers Elicia. Pas pour la sermonner, mais pour lui indiquer qu’éconduire Thomas, même pour une plaisanterie, n’était absolument pas quelque chose à faire ici.
Nul part, en réalité.
C’était irrespectueux, mais pas seulement. Par ces mots, Elicia remettait en question la chance que représentait un union avec l’héritier Sangblanc, et donc insultait toute la famille.
Thomas pouffa de rire dans son café.
Alice sourit.
Elle se pencha sur Grand-Père, déposa un baiser sur sa joue et le quitta pour rejoindre Thomas. Son sourire ne l’avait pas encore quitté. Sur son passage, Alice tira deux chaises pour Elicia et Aimée. Les deux à la la gauche de Thomas. Avant qu’elles ne rejoignent la table, Alice se pencha sur Thomas. Son bras se glissa derrière lui comme une vipère.
« Sache que tout ce petit jeu se paiera tôt ou tard, Thomas. Je m’en assurerai. »
A sa hauteur, Alice sentit les effluves de whisky qu’elle connaissait bien trop. Elle flottait autour de son visage. Son sourire perdit de son éclat.
Thomas, quant à lui, eh bien… il souriait à présent de toutes ses belles dents blanches. Ses petites canines pointues lui donnait des airs de vampire, celui ci se repaissant des émotions.
Père attendit que les deux jeunes femmes prennent place avant de s’asseoir. Tante Elise l’imita. Puis Alice, une fois revenue à sa place.
Pendant quelques secondes, tout avait des allures de petit déjeuner normal. Sur la table nappée de dentelle aux motifs floraux attendaient patiemment croissants au beurre, tranche de pains aux céréales, miches de pain blanc, fruits de saison, jus d’oranges pressées, confitures et gelées. Tante Elise et Alice avaient leur thé à la rose, Père, Thomas et Grand-Père leur café.
Elicia complimenta la demeure. Alice traduisit à Grand-Père. Il sourit, un peu, et répondit à Elicia dans sa langue natale.
« Les Alpes sont les terres de nos ancêtres. Nous occupons cet endroit depuis la création même de notre lignée en la personne d’Abalanis. »
Du bout des lèvres, les autres Sangblanc -hormis Thomas, toujours- murmurèrent en choeur « Loué soit notre Fondateur, honorés soient ses sacrifices ».
Puis, Grand-Père reprit.
« Le manoir date du 18eme siècle. Il fut construit par notre ancêtre Léandre Sangblanc entre 1767 et 1772 alors que la région n’était encore qu’un territoire contesté entre le Royaume de Piémont-Sardaine et le Royaume de France, chacun lorgnant sur les terres stratégiques autour du Léman. A cette époque, la Savoie n’était pas encore française : elle appartenait au Duché de Savoie, intégré au Royaume de Piémont-Sardaigne. »
Alice s’employa à traduire scrupuleusement chaque mot, ses yeux braqués sur Elicia. Elle la haissait soudain d’avoir poussé Grand-Père à parler autant.
Le Patriarche remercia sa petite fille d’un sourire, avant de se remettre à son café.
Grand-Père aurait pu parler de sa famille des heures durant. Lorsqu’elle était enfant, Alice buvait ses paroles, les yeux brillants d’émerveillement. Elle se revoyait, dans le petit salon, assise sur le genou de Grand-Père, le feu brûlant dans la cheminée, Grand-Mère Elisabeth les observant paisiblement depuis sa prison d’huile sur toile, les yeux fixés pour l’éternité l’enfant qu’elle n’a jamais tenue.
Dans deux oscillations de baguette, Père fit apparaître deux assiettes vides devant ses invitées.
« Je vous en prie, mesdemoiselles. Servez vous. Que désirez-vous boire ? Thé ? Tisane ? Café ? Chocolat chaud, peut-être ? »
Alice récupéra sa tasse de thé à la rose, son regard braqué sur Elicia.
Comme un seul corps, tante Elise et Alice se tournèrent vers Elicia. Si la belle dame n’affichait rien de moins que le même visage qu’elle abhorrait en tout temps, ce ne fut pas le cas d’Alice qui fronça les sourcils vers Elicia. Pas pour la sermonner, mais pour lui indiquer qu’éconduire Thomas, même pour une plaisanterie, n’était absolument pas quelque chose à faire ici.
Nul part, en réalité.
C’était irrespectueux, mais pas seulement. Par ces mots, Elicia remettait en question la chance que représentait un union avec l’héritier Sangblanc, et donc insultait toute la famille.
Thomas pouffa de rire dans son café.
Alice sourit.
Elle se pencha sur Grand-Père, déposa un baiser sur sa joue et le quitta pour rejoindre Thomas. Son sourire ne l’avait pas encore quitté. Sur son passage, Alice tira deux chaises pour Elicia et Aimée. Les deux à la la gauche de Thomas. Avant qu’elles ne rejoignent la table, Alice se pencha sur Thomas. Son bras se glissa derrière lui comme une vipère.
« Sache que tout ce petit jeu se paiera tôt ou tard, Thomas. Je m’en assurerai. »
A sa hauteur, Alice sentit les effluves de whisky qu’elle connaissait bien trop. Elle flottait autour de son visage. Son sourire perdit de son éclat.
Thomas, quant à lui, eh bien… il souriait à présent de toutes ses belles dents blanches. Ses petites canines pointues lui donnait des airs de vampire, celui ci se repaissant des émotions.
Père attendit que les deux jeunes femmes prennent place avant de s’asseoir. Tante Elise l’imita. Puis Alice, une fois revenue à sa place.
Pendant quelques secondes, tout avait des allures de petit déjeuner normal. Sur la table nappée de dentelle aux motifs floraux attendaient patiemment croissants au beurre, tranche de pains aux céréales, miches de pain blanc, fruits de saison, jus d’oranges pressées, confitures et gelées. Tante Elise et Alice avaient leur thé à la rose, Père, Thomas et Grand-Père leur café.
Elicia complimenta la demeure. Alice traduisit à Grand-Père. Il sourit, un peu, et répondit à Elicia dans sa langue natale.
« Les Alpes sont les terres de nos ancêtres. Nous occupons cet endroit depuis la création même de notre lignée en la personne d’Abalanis. »
Du bout des lèvres, les autres Sangblanc -hormis Thomas, toujours- murmurèrent en choeur « Loué soit notre Fondateur, honorés soient ses sacrifices ».
Puis, Grand-Père reprit.
« Le manoir date du 18eme siècle. Il fut construit par notre ancêtre Léandre Sangblanc entre 1767 et 1772 alors que la région n’était encore qu’un territoire contesté entre le Royaume de Piémont-Sardaine et le Royaume de France, chacun lorgnant sur les terres stratégiques autour du Léman. A cette époque, la Savoie n’était pas encore française : elle appartenait au Duché de Savoie, intégré au Royaume de Piémont-Sardaigne. »
Alice s’employa à traduire scrupuleusement chaque mot, ses yeux braqués sur Elicia. Elle la haissait soudain d’avoir poussé Grand-Père à parler autant.
Le Patriarche remercia sa petite fille d’un sourire, avant de se remettre à son café.
Grand-Père aurait pu parler de sa famille des heures durant. Lorsqu’elle était enfant, Alice buvait ses paroles, les yeux brillants d’émerveillement. Elle se revoyait, dans le petit salon, assise sur le genou de Grand-Père, le feu brûlant dans la cheminée, Grand-Mère Elisabeth les observant paisiblement depuis sa prison d’huile sur toile, les yeux fixés pour l’éternité l’enfant qu’elle n’a jamais tenue.
Dans deux oscillations de baguette, Père fit apparaître deux assiettes vides devant ses invitées.
« Je vous en prie, mesdemoiselles. Servez vous. Que désirez-vous boire ? Thé ? Tisane ? Café ? Chocolat chaud, peut-être ? »
Alice récupéra sa tasse de thé à la rose, son regard braqué sur Elicia.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Comme un cheveu roux sur le thé
Ce matin là, en se réveillant dans son lit chez les Pierlot, jamais Élicia n'aurait pu deviner qu'elle se retrouverait à petit-déjeuner autour d'une table, sur une terrasse, en compagnie de la famille Sangblanc. Rien ne l'avait préparé à ça. Et quand bien même elle avait été prévenue... Elle n'aurait sûrement pas su comment réagir, comment être certaine de se montrer présentable. Aimée lui aurait certainement appris quelques notions d'étiquettes, puisqu'elle-même appartenait à une famille relativement aisée et avait fait tout son parcours scolaire à Beauxbâtons. Mais Élicia n'avait pas vécu ça. Sa famille était des plus simples, modestes. Elle ne connaissait pas cette adoration pour les Ancêtres, toutes ces traditions sorcières, toutes les bonnes manières qu'une jeune fille de son âge et du rang d'Alice se devait de posséder. Elle vivait dans un monde diamétralement opposés.
Si la différence s'était faite ressentir lors de son voyage à Beauxbâtons, elle n'en avait pas été aussi embarrassée qu'à cet instant. Combien de gens de son rang social avaient-ils pu avoir l'occasion de petit-déjeuner avec une famille aussi noble que celle d'Alice ?
Heureusement qu'Aimée était là, sinon Élicia n'aurait pas su quoi faire. Et au regard de son amie, en complément de celui déjà bien expressif d'Alice, la jeune fille comprit qu'elle allait avoir droit à une critique sur ce qu'elle avait dit. Aimée ne la disputerait pas, mais lui dirait seulement où elle avait fauté pour pas que l'erreur soit répétée. Et la rouquine l'écouterait attentivement, car bizarrement, elle savait que ses relations avec les Sangblanc ne s'arrêteraient pas là.
Alice avait décalé deux chaises près de son frère. La Poufsouffle la remercia d'un signe de tête léger, son sourire toujours dessiné sur ses lèvres, tandis qu'elle prenait place aux côtés de Thomas. Si elle pouvait épargner à Aimée l'embarras de se trouver à côté de l'héritier... Et puis bon, après sa plaisanterie, il valait mieux pas se montrer trop réticente à se trouver à ses côtés. Était-ce... De l'alcool, qu'elle sentait ? Pourquoi ne l'avait-elle pas remarqué lorsqu'ils avaient transplané ? Peut-être était-elle trop concentrée sur les destinations possibles où il aurait pu les emmener... La jeune sorcière s'installa donc, effaça de sa main les plis de sa robe, puis releva la tête, ses yeux se tournant vers le grand-père d'Alice qui prenait la parole.
Élicia écouta tant bien que mal l'histoire du patriarche, mais certains mots et expressions lui échappait. Elle remercia d'un sourire Alice lorsqu'elle s'empressa de traduire le récit, puis sourit au vieux homme en inclinant la tête, le remerciant lui aussi pour son explication. Les histoires de famille était toujours si intéressantes et enrichissante. C'était de cette manière qu'on apprenait d'où l'on venait. Sang ancien ou nouveau, l'importance de l'histoire était la même. Seulement, les Sang-Purs avaient tendance à y voir encore plus d'importance que les autres, en faire leur raison de vivre. En cela, ils étaient différents : Élicia aimait entendre son père lui conter les origine de sa famille, d'où ils venaient, l'histoire de ses grands-parents. Mais certains détails s'étaient perdus avec le temps. Pour elle, le futur était plus important à écrire. Quant au passé, il servait de base, il servait de source. Mais il ne devait pas la retenir. Elle devait tracer sa route.
- C'est une belle histoire, fit-elle dans un français teinté d'accent anglais.
- La Savoie est un trésor, assura Aimée, souriant elle aussi au patriarche.
Et le fait qu'il ait accepté de conter ce morceau de leur histoire... C'était terriblement flatteur. Il leur faisait suffisamment confiance pour parler de sa famille, de son origine, ce que les Sang-Purs préservait au dessus de toute autre chose. Un honneur, Élicia en était plus que consciente.
Le chef de famille fit ensuite apparaître des couverts. Pourtant, la jeune fille garda ses mains pour elle, n'osant se servir. Pourtant, ne pas le faire serait aussi mal poli. Mince, devait-elle attendre pour ne pas se montrer impatiente ? Ils n'allaient tout de même pas la servir eux-même... Pourquoi diable n'avait-elle pas pensé à demander à Aimée un cours sur les manières en société, après la surprise de leur rencontre avec Alice, Thomas et Léonie deux jours plus tôt ? Enfin, surprise... Aimée avait aidé à l'organiser.
- Oh eh bien... Du thé sera parfait, merci.
Aimée répondit de la même manière, son doux sourire adressé à quiconque croisait son regard sombre.
Dorian n'allait quand même pas les servir, si ? Elles pouvaient le faire elles-mêmes, mais serait-ce irrespectueux ? Purée, mais dans quoi c'était-elle encore fourrée...
Si la différence s'était faite ressentir lors de son voyage à Beauxbâtons, elle n'en avait pas été aussi embarrassée qu'à cet instant. Combien de gens de son rang social avaient-ils pu avoir l'occasion de petit-déjeuner avec une famille aussi noble que celle d'Alice ?
Heureusement qu'Aimée était là, sinon Élicia n'aurait pas su quoi faire. Et au regard de son amie, en complément de celui déjà bien expressif d'Alice, la jeune fille comprit qu'elle allait avoir droit à une critique sur ce qu'elle avait dit. Aimée ne la disputerait pas, mais lui dirait seulement où elle avait fauté pour pas que l'erreur soit répétée. Et la rouquine l'écouterait attentivement, car bizarrement, elle savait que ses relations avec les Sangblanc ne s'arrêteraient pas là.
Alice avait décalé deux chaises près de son frère. La Poufsouffle la remercia d'un signe de tête léger, son sourire toujours dessiné sur ses lèvres, tandis qu'elle prenait place aux côtés de Thomas. Si elle pouvait épargner à Aimée l'embarras de se trouver à côté de l'héritier... Et puis bon, après sa plaisanterie, il valait mieux pas se montrer trop réticente à se trouver à ses côtés. Était-ce... De l'alcool, qu'elle sentait ? Pourquoi ne l'avait-elle pas remarqué lorsqu'ils avaient transplané ? Peut-être était-elle trop concentrée sur les destinations possibles où il aurait pu les emmener... La jeune sorcière s'installa donc, effaça de sa main les plis de sa robe, puis releva la tête, ses yeux se tournant vers le grand-père d'Alice qui prenait la parole.
Élicia écouta tant bien que mal l'histoire du patriarche, mais certains mots et expressions lui échappait. Elle remercia d'un sourire Alice lorsqu'elle s'empressa de traduire le récit, puis sourit au vieux homme en inclinant la tête, le remerciant lui aussi pour son explication. Les histoires de famille était toujours si intéressantes et enrichissante. C'était de cette manière qu'on apprenait d'où l'on venait. Sang ancien ou nouveau, l'importance de l'histoire était la même. Seulement, les Sang-Purs avaient tendance à y voir encore plus d'importance que les autres, en faire leur raison de vivre. En cela, ils étaient différents : Élicia aimait entendre son père lui conter les origine de sa famille, d'où ils venaient, l'histoire de ses grands-parents. Mais certains détails s'étaient perdus avec le temps. Pour elle, le futur était plus important à écrire. Quant au passé, il servait de base, il servait de source. Mais il ne devait pas la retenir. Elle devait tracer sa route.
- C'est une belle histoire, fit-elle dans un français teinté d'accent anglais.
- La Savoie est un trésor, assura Aimée, souriant elle aussi au patriarche.
Et le fait qu'il ait accepté de conter ce morceau de leur histoire... C'était terriblement flatteur. Il leur faisait suffisamment confiance pour parler de sa famille, de son origine, ce que les Sang-Purs préservait au dessus de toute autre chose. Un honneur, Élicia en était plus que consciente.
Le chef de famille fit ensuite apparaître des couverts. Pourtant, la jeune fille garda ses mains pour elle, n'osant se servir. Pourtant, ne pas le faire serait aussi mal poli. Mince, devait-elle attendre pour ne pas se montrer impatiente ? Ils n'allaient tout de même pas la servir eux-même... Pourquoi diable n'avait-elle pas pensé à demander à Aimée un cours sur les manières en société, après la surprise de leur rencontre avec Alice, Thomas et Léonie deux jours plus tôt ? Enfin, surprise... Aimée avait aidé à l'organiser.
- Oh eh bien... Du thé sera parfait, merci.
Aimée répondit de la même manière, son doux sourire adressé à quiconque croisait son regard sombre.
Dorian n'allait quand même pas les servir, si ? Elles pouvaient le faire elles-mêmes, mais serait-ce irrespectueux ? Purée, mais dans quoi c'était-elle encore fourrée...
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off
Comme un cheveu roux sur le thé
Grand-Père sembla apprécier que les deux jeunes femmes utilisent sa langue natale pour le répondre. Son sourire n’en fit que plus grand. Alice vu cela du coin de l’oeil. Son coeur se réchauffa dans sa poitrine.
Quelque soient les raisons, Alice aimait voir son grand-père sourire.
Dorian prit les commandes des jeunes femmes dans un opinement de la tête. D’un coup de baguette, il fit se lever la théière au milieu de la table. Il fit verser le délicat breuvage à la teinte rosée dans deux tasses ouvragées. Une flotta jusqu’à Elicia, l’autre jusqu’à Aimée, les deux se déposèrent sur les assiettes qui leur était associées. Alice pouvait sentir d’ici les effluves de rose qui se dégageait de la vapeur.
Voyant qu’aucune d’entre elles ne s’étaient servis en tartines ou croissant, Dorian étira un sourire. Bref. Qui trahissait un certain amusement.
Père avait toujours été bien trop laxiste.
Un nouveau coup de baguette, et les assiettes vides s’envolèrent. Tel un maestro devant son orchestre, Dorian s’employa à leur servir le petit déjeuner. Tartines de gelée de mûres sauvages, deux prunes tranchées en fines lamelles, quelques groseilles pour égayer les assiettes, un croissant au beurre. Les assiettes revinrent devant chacune, bien vite accompagnée d’un grand verre de jus d’orange.
« La gelée de mûre est ma préférée parmi toute », glissa t-il dans un clin d’oeil.
Alice jeta une œillade à son père. Était-il obligé d’être aussi paternel avec ces deux inconnues ? Une pointe de jalousie lui piqua le cœur. Avec Léonie et Damiano, il se comportait de la même façon ! Il ne fallait pas s’étonner si Alice ne ramenait personne au domaine.
Alice continua à boire son thé, maudissant à peu près tout ceux qui se trouvait autour de cette table, mais surtout Thomas.
Comme si il l’avait pressenti, le facétieux lutin tourna son buste vers Elicia. Il lui offrit son plus beau sourire, l’un de ceux qui charme les naïves et irrite sa sœur.
« Comment se porte… Castiel ? C’est bien cela, n’est-ce pas ? Quel dommage qu’il ne soit pas resté plus longtemps. Peut-être même aurait-il pu se joindre à nous. Qu’en pensez-vous, Elicia ?
— Thomas. Cesse d’importuner notre invitée, veux-tu ? trancha Père d’un ton calme, ses lèvres quittant sa tasse. Laisse les profiter du petit déjeuner que tu leur as volé. Et si tu t’ennuies, je suis certain que je peux te trouver une occupation. »
Thomas se figea sans que son sourire ne se dissipe. Mais il ne se détournait pas. De toutes évidences, il préférait subir le courroux de Père plutôt que de laisser Elicia lui échapper.
Il était trop loin pour qu’Alice ne lui jette un coup de pied dans le tibia… tant pis. Elicia se débrouillerait.
Quelque soient les raisons, Alice aimait voir son grand-père sourire.
Dorian prit les commandes des jeunes femmes dans un opinement de la tête. D’un coup de baguette, il fit se lever la théière au milieu de la table. Il fit verser le délicat breuvage à la teinte rosée dans deux tasses ouvragées. Une flotta jusqu’à Elicia, l’autre jusqu’à Aimée, les deux se déposèrent sur les assiettes qui leur était associées. Alice pouvait sentir d’ici les effluves de rose qui se dégageait de la vapeur.
Voyant qu’aucune d’entre elles ne s’étaient servis en tartines ou croissant, Dorian étira un sourire. Bref. Qui trahissait un certain amusement.
Père avait toujours été bien trop laxiste.
Un nouveau coup de baguette, et les assiettes vides s’envolèrent. Tel un maestro devant son orchestre, Dorian s’employa à leur servir le petit déjeuner. Tartines de gelée de mûres sauvages, deux prunes tranchées en fines lamelles, quelques groseilles pour égayer les assiettes, un croissant au beurre. Les assiettes revinrent devant chacune, bien vite accompagnée d’un grand verre de jus d’orange.
« La gelée de mûre est ma préférée parmi toute », glissa t-il dans un clin d’oeil.
Alice jeta une œillade à son père. Était-il obligé d’être aussi paternel avec ces deux inconnues ? Une pointe de jalousie lui piqua le cœur. Avec Léonie et Damiano, il se comportait de la même façon ! Il ne fallait pas s’étonner si Alice ne ramenait personne au domaine.
Alice continua à boire son thé, maudissant à peu près tout ceux qui se trouvait autour de cette table, mais surtout Thomas.
Comme si il l’avait pressenti, le facétieux lutin tourna son buste vers Elicia. Il lui offrit son plus beau sourire, l’un de ceux qui charme les naïves et irrite sa sœur.
« Comment se porte… Castiel ? C’est bien cela, n’est-ce pas ? Quel dommage qu’il ne soit pas resté plus longtemps. Peut-être même aurait-il pu se joindre à nous. Qu’en pensez-vous, Elicia ?
— Thomas. Cesse d’importuner notre invitée, veux-tu ? trancha Père d’un ton calme, ses lèvres quittant sa tasse. Laisse les profiter du petit déjeuner que tu leur as volé. Et si tu t’ennuies, je suis certain que je peux te trouver une occupation. »
Thomas se figea sans que son sourire ne se dissipe. Mais il ne se détournait pas. De toutes évidences, il préférait subir le courroux de Père plutôt que de laisser Elicia lui échapper.
Il était trop loin pour qu’Alice ne lui jette un coup de pied dans le tibia… tant pis. Elicia se débrouillerait.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Comme un cheveu roux sur le thé
Dorian les servait. Bon, d'un autre côté, que pouvait-il faire d'autre ? Leur répéter, de nouveau, de se servir ? Élicia n'arrivait à savoir quelle était la meilleure chose à faire dans cette situation, aussi se contenta-t-elle de sourire au chef de famille tandis qu'il s'afférait.
Tartines, fruits, du jus d'orange et... un croissant. Cette merveille française. Sa mère lui en avait déjà fait manger, mais ceux trouvés en Angleterre ne valait pas la cuisine française. Quant à ceux que sa mère faisaient, ils étaient excellents, mais différents de ceux qu'on trouvait dans les cafés. Les deux se valaient. Ici, Élicia n'avait pas besoin de croquer dans le croissant de son assiette pour savoir qu'il serait divin. Et ça la faisait saliver d'avance.
- Merci beaucoup, souffla-t-elle à Dorian, suivit d'Aimée.
Son regard bleu glissa vers la tasse remplie, la petite fumée qui s'en échappait délicatement, légère. L'eau devait être infusée depuis un moment, si Alice et sa tante pouvait boire sans se brûler. La rouquine leur fit donc confiance, posa ses mains sur le récipient fragile, le porta à ses lèvres. Aussitôt, un fort parfum de rose s'imposa à ses sens, la faisant sourire. Sa mère raffolait de thé, mais celui à la rose... Élicia n'avait encore jamais essayé. Une découverte qui lui plairait, sans aucun doute. Et puisqu'Alice en buvait... elle enregistra cette information, au cas où elle aurait à accueillir la cheffe du Merlin. Quoi que ce soit peu probable, mais savait-on jamais.
Le liquide tiède glissa entre ses lèvres entrouvertes, glissa sur sa langue, et le goût à la fois doux et amère du thé imprégna sa bouche. Un goût surprenant, mais très appréciable. Et raffiné, mais rien de très étonnant à cela.
A côté d'elle, Aimée venait de croquer délicatement dans son croissant, son sourire à demi dissimulé. Une main sous son menton pour récupérer les potentielles miettes fuyantes, elle se délectait manifestement de ce petit déjeuner. Elle mangeait de la même manière chez elle, mais ici, tout semblait plus savoureux, plus onctueux. Elles seraient folles de refuser une telle invitation, bien que quelque peu imposée.
Si Thomas avait semblé être un homme élégant et raffiné, avec une touche de malice, lorsqu'elle l'avait rencontré deux jours plus tôt, elle comprenait désormais mieux son affiliation à Serpentard. La malice n'en était pas, c'était plutôt une forme d'espièglerie, teintée de désobligeance. De la malignité. Quant à cette odeur d'alcool... Élicia préférait ne pas y penser. Elle se devait d'être prudente dans ses expressions et ses paroles. D'autant plus que l'héritier, non satisfait de la situation délicate dans laquelle il venait de les amener, Aimée et elle, lui posait une question sur Castiel. Castiel, son ami de Poudlard, qui s'était trouvé être lui aussi à la course qu'avait disputé la tante des enfants Sangblanc, venu avec son père pour y assister.
Aimée lui avait déjà posé tout un tas de question à ce sujet, auxquelles Élicia avait catégoriquement répondu : oui, Castiel était un ami. Non, il n'était pas plus qu'un ami. Oui ils s'étaient rencontrés à Poudlard, et non elle ne correspondait pas avec. Pas encore... Et non, il ne l'intéressait pas plus qu'en ami. Elle avait Brett. Et elle l'aimait lui. Pas Castiel.
Quand Aimée avait vu l'insistance d'Élicia, elle avait abandonné, mais son sourire n'avait pas disparu pour autant. Et son amie savait que la française s'empresserait d'en parler à Léoniequand elle la retrouverait, seule à seule.
Si elle avait rougi à l'apparition inattendu de son ami, ici, elle s'était presque attendue à ce que le sujet tombe sur la table. Et elle ferait la même réponse qu'à Aimée : il n'y avait rien entre eux. Elle était avec Brett.
- Je ne l'ai pas vu depuis mercredi, mais j'imagine qu'il se porte bien. Je pense qu'il était heureux de passer du temps avec sa famille, mais peut-être que si l'occasion se reproduit, il acceptera cette invitation. Je ne peux malheureusement pas parler à sa place, fit-elle, offrant un sourire poli à Thomas, avant de se tourner vers Dorian, inclinant la tête pour le remercier de son intervention. Castiel est un ami que j'ai rencontré à Poudlard il y a quelques mois. Un septième année à Serpentard, expliqua-t-elle à qui l'écoutait. Il espère intégrer la Grande École de l'Art du Duel d'Écosse à la rentrée prochaine.
Peut-être que cette discussion permettrait de détourner le sujet de son ami. Elle savait que Thomas entraînait Alice, puisqu'ils en avaient parlé deux jours plus tôt. Si elle pouvait tourner la curiosité de Dorian sur ce sujet, ça serait sûrement plus agréable que parler du Serpentard, quoi que fusse le plan de l'héritier Sangblanc.
Tartines, fruits, du jus d'orange et... un croissant. Cette merveille française. Sa mère lui en avait déjà fait manger, mais ceux trouvés en Angleterre ne valait pas la cuisine française. Quant à ceux que sa mère faisaient, ils étaient excellents, mais différents de ceux qu'on trouvait dans les cafés. Les deux se valaient. Ici, Élicia n'avait pas besoin de croquer dans le croissant de son assiette pour savoir qu'il serait divin. Et ça la faisait saliver d'avance.
- Merci beaucoup, souffla-t-elle à Dorian, suivit d'Aimée.
Son regard bleu glissa vers la tasse remplie, la petite fumée qui s'en échappait délicatement, légère. L'eau devait être infusée depuis un moment, si Alice et sa tante pouvait boire sans se brûler. La rouquine leur fit donc confiance, posa ses mains sur le récipient fragile, le porta à ses lèvres. Aussitôt, un fort parfum de rose s'imposa à ses sens, la faisant sourire. Sa mère raffolait de thé, mais celui à la rose... Élicia n'avait encore jamais essayé. Une découverte qui lui plairait, sans aucun doute. Et puisqu'Alice en buvait... elle enregistra cette information, au cas où elle aurait à accueillir la cheffe du Merlin. Quoi que ce soit peu probable, mais savait-on jamais.
Le liquide tiède glissa entre ses lèvres entrouvertes, glissa sur sa langue, et le goût à la fois doux et amère du thé imprégna sa bouche. Un goût surprenant, mais très appréciable. Et raffiné, mais rien de très étonnant à cela.
A côté d'elle, Aimée venait de croquer délicatement dans son croissant, son sourire à demi dissimulé. Une main sous son menton pour récupérer les potentielles miettes fuyantes, elle se délectait manifestement de ce petit déjeuner. Elle mangeait de la même manière chez elle, mais ici, tout semblait plus savoureux, plus onctueux. Elles seraient folles de refuser une telle invitation, bien que quelque peu imposée.
Si Thomas avait semblé être un homme élégant et raffiné, avec une touche de malice, lorsqu'elle l'avait rencontré deux jours plus tôt, elle comprenait désormais mieux son affiliation à Serpentard. La malice n'en était pas, c'était plutôt une forme d'espièglerie, teintée de désobligeance. De la malignité. Quant à cette odeur d'alcool... Élicia préférait ne pas y penser. Elle se devait d'être prudente dans ses expressions et ses paroles. D'autant plus que l'héritier, non satisfait de la situation délicate dans laquelle il venait de les amener, Aimée et elle, lui posait une question sur Castiel. Castiel, son ami de Poudlard, qui s'était trouvé être lui aussi à la course qu'avait disputé la tante des enfants Sangblanc, venu avec son père pour y assister.
Aimée lui avait déjà posé tout un tas de question à ce sujet, auxquelles Élicia avait catégoriquement répondu : oui, Castiel était un ami. Non, il n'était pas plus qu'un ami. Oui ils s'étaient rencontrés à Poudlard, et non elle ne correspondait pas avec. Pas encore... Et non, il ne l'intéressait pas plus qu'en ami. Elle avait Brett. Et elle l'aimait lui. Pas Castiel.
Quand Aimée avait vu l'insistance d'Élicia, elle avait abandonné, mais son sourire n'avait pas disparu pour autant. Et son amie savait que la française s'empresserait d'en parler à Léoniequand elle la retrouverait, seule à seule.
Si elle avait rougi à l'apparition inattendu de son ami, ici, elle s'était presque attendue à ce que le sujet tombe sur la table. Et elle ferait la même réponse qu'à Aimée : il n'y avait rien entre eux. Elle était avec Brett.
- Je ne l'ai pas vu depuis mercredi, mais j'imagine qu'il se porte bien. Je pense qu'il était heureux de passer du temps avec sa famille, mais peut-être que si l'occasion se reproduit, il acceptera cette invitation. Je ne peux malheureusement pas parler à sa place, fit-elle, offrant un sourire poli à Thomas, avant de se tourner vers Dorian, inclinant la tête pour le remercier de son intervention. Castiel est un ami que j'ai rencontré à Poudlard il y a quelques mois. Un septième année à Serpentard, expliqua-t-elle à qui l'écoutait. Il espère intégrer la Grande École de l'Art du Duel d'Écosse à la rentrée prochaine.
Peut-être que cette discussion permettrait de détourner le sujet de son ami. Elle savait que Thomas entraînait Alice, puisqu'ils en avaient parlé deux jours plus tôt. Si elle pouvait tourner la curiosité de Dorian sur ce sujet, ça serait sûrement plus agréable que parler du Serpentard, quoi que fusse le plan de l'héritier Sangblanc.
Dernière modification par Élicia Caldin le 19 juil. 2025, 16:47, modifié 1 fois.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off

