Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Ce n’était pas la première fois qu’Erwan lâchait cette information au milieu d’une conversation, comme une bombe prête à figer les visages de celles et ceux qui l’entendaient. Il s’était presque habitué. Il en avait même profité pour faire boire Ali qui, naturellement, n’avait pas cru tout de suite à cette information. Erwan lui-même avait mis des semaines à s’y faire, à accepter la sonorité de la phrase « je suis père ». Ce n’était donc pas étonnant qu’Alice fige, elle aussi. Ils avaient quasiment le même âge et, à cet âge, se projeter dans cette situation avait de quoi faire peur. Mais il ne s’était pas attendu à faire trembler la protection magique qui couvrait son visage. Il ne s’était même pas vraiment posé la question jusqu’à maintenant. Bien sûr, il se souvenait de cet épisode comme si c’était hier, cela l’avait marqué pour toujours, mais moins qu’Alice… Cette agression avait chamboulé sa conscience sorcière. Lorsqu’il était arrivé à Poudlard, il se disait né-Moldu, c’était tout comme. Son père avait fui toute forme de magie et Erwan n’avait jamais entendu parler de ce monde avant ses premières manifestations magiques. Puis, en évoluant à Poudlard, il avait fini par confier à ses amis que son père était un Cracmol. Il avait finalement tissé des liens avec sa famille française qui lui avait transmis la magie. Il ne se considérait plus né-Moldu. Puis tout s’était retrouvé sens dessus dessous dans le monde sorcier… À un moment de sa vie où Erwan avait l’âge de remettre en question les cases dans lesquelles on voulait le mettre, où chaque injustice était un couteau qu’on lui enfonçait dans le dos… Alors il n’était plus ni l’un ni l’autre. Il était juste devenu Erwan, fils de Cracmol, élevé comme un né-Moldu. L’agression d’Alice, à cette époque, avait grandement participé à ce cheminement d’acceptation de qui il était, n’en déplaise à tous ces fanatiques. Alors il ne fut pas choqué en voyant sa cicatrice apparaître. Surpris, oui, mais plus par le fait que ce fut son annonce de paternité qui avait dû sacrément secouer Alice pour que son pansement magique cède. Son visage revint rapidement à son état précédent, immaculé, d’une douceur apparente qu’Erwan mourait d’envie d’effleurer.
Il la voyait cogiter, se faire des films, imaginer… Au fond de lui, cela lui plaisait un peu. Elle qui avait montré jusqu’à maintenant un visage sans faille, ses doux yeux trahissaient désormais un désarroi dont Erwan savait qu’elle ne mettrait pas longtemps à se remettre. Il reprenait une certaine consistance dans le jeu qu’ils jouaient désormais en équipe. «T’excuse pas. Je ne m’y attendais pas non plus». Il accompagna sa phrase d’un rire franc. Si elle savait à quel point Erwan était fasciné par sa longue chevelure, sûrement n’aurait-elle pas fait le choix de la faire tomber de la sorte, épousant ses formes et glissant jusqu’au sol ; ou bien, encore une fois, elle avait un coup d’avance sur lui et se réjouissait de le voir subjugué… «Je suis heureux… Oui, bien sûr que je suis heureux. Je le suis toujours, d’autant plus avec mon fils qui est mignon comme tout. C’est juste que j’imaginais ça… différemment. Il n’aura jamais ses parents ensemble… mais c’est comme ça !». Elle posa sa main dans la sienne. Retrouver le contact de sa peau, cette fois à son initiative, semblait le réchauffer entièrement. Il referma tendrement la sienne, comme pour dire qu’il ne voulait plus la lâcher. De toute façon, ses yeux, perdus dans les siens, disaient la même chose. «Il n’y a pas de quoi être fier… Ce n’est pas parce que d’autres sont des goujats que ça fait de moi quelqu’un de bien quand j’ai juste fait ce qu’il fallait faire.». Il se sentait être une bonne personne, bien sûr, il suffisait de voir certains autour de lui pour le savoir, mais il n’aimait pas recevoir des lauriers pour quelque chose qui était juste normal. Qui aurait pu se regarder dans un miroir après avoir tourné le dos à la femme qui portait son enfant… ? C’était le jeu de la vie, et comme toujours, il préférait jouer selon les règles plutôt que de tricher. Jamais il ne trichait. Comme ce soir avec Alice. Il voulait lui demander de rester, toute la nuit pourquoi pas, mais il avait peur qu’évoquer le fait de rester lui rappelle qu’elle devait peut-être y aller… Alors il n’en fit rien, il ravala cette envie pour le moment. Ce n’était pas tricher, non, c’était juste du bon sens ! La température avait bien chuté, ce n’était pas un froid glacial, mais l’humidité amplifiait toujours la température ressentie. «Je commence à cailler. Tu dois aussi avoir froid dans ta petite robe, ô combien charmante, mais pas très adaptée au bord de mer. Je vais faire un feu si ça te convient ?». Il posait la question par pure politesse, mais à moins qu’elle ne le retienne par le bras, il allait se lever, attraper sa baguette et rassembler un peu de bois pour allumer un joli petit feu qui leur fournirait un peu de chaleur.
Il la voyait cogiter, se faire des films, imaginer… Au fond de lui, cela lui plaisait un peu. Elle qui avait montré jusqu’à maintenant un visage sans faille, ses doux yeux trahissaient désormais un désarroi dont Erwan savait qu’elle ne mettrait pas longtemps à se remettre. Il reprenait une certaine consistance dans le jeu qu’ils jouaient désormais en équipe. «T’excuse pas. Je ne m’y attendais pas non plus». Il accompagna sa phrase d’un rire franc. Si elle savait à quel point Erwan était fasciné par sa longue chevelure, sûrement n’aurait-elle pas fait le choix de la faire tomber de la sorte, épousant ses formes et glissant jusqu’au sol ; ou bien, encore une fois, elle avait un coup d’avance sur lui et se réjouissait de le voir subjugué… «Je suis heureux… Oui, bien sûr que je suis heureux. Je le suis toujours, d’autant plus avec mon fils qui est mignon comme tout. C’est juste que j’imaginais ça… différemment. Il n’aura jamais ses parents ensemble… mais c’est comme ça !». Elle posa sa main dans la sienne. Retrouver le contact de sa peau, cette fois à son initiative, semblait le réchauffer entièrement. Il referma tendrement la sienne, comme pour dire qu’il ne voulait plus la lâcher. De toute façon, ses yeux, perdus dans les siens, disaient la même chose. «Il n’y a pas de quoi être fier… Ce n’est pas parce que d’autres sont des goujats que ça fait de moi quelqu’un de bien quand j’ai juste fait ce qu’il fallait faire.». Il se sentait être une bonne personne, bien sûr, il suffisait de voir certains autour de lui pour le savoir, mais il n’aimait pas recevoir des lauriers pour quelque chose qui était juste normal. Qui aurait pu se regarder dans un miroir après avoir tourné le dos à la femme qui portait son enfant… ? C’était le jeu de la vie, et comme toujours, il préférait jouer selon les règles plutôt que de tricher. Jamais il ne trichait. Comme ce soir avec Alice. Il voulait lui demander de rester, toute la nuit pourquoi pas, mais il avait peur qu’évoquer le fait de rester lui rappelle qu’elle devait peut-être y aller… Alors il n’en fit rien, il ravala cette envie pour le moment. Ce n’était pas tricher, non, c’était juste du bon sens ! La température avait bien chuté, ce n’était pas un froid glacial, mais l’humidité amplifiait toujours la température ressentie. «Je commence à cailler. Tu dois aussi avoir froid dans ta petite robe, ô combien charmante, mais pas très adaptée au bord de mer. Je vais faire un feu si ça te convient ?». Il posait la question par pure politesse, mais à moins qu’elle ne le retienne par le bras, il allait se lever, attraper sa baguette et rassembler un peu de bois pour allumer un joli petit feu qui leur fournirait un peu de chaleur.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Plus s’égrainait le temps passé aux côtés d’Erwan, plus Alice réalisait que cet homme et elle n’auraient pas dû partager un moment ensemble. Pourtant, elle souffrirait de le voir s’arrêter.
Un garçon qui mettait enceinte une fille de passage n’était pas un bon garçon. Une telle erreur gravaient trois choses dans la chair : l’irresponsabilité, la débauche et l’inconstance. Trois qualificatifs qu’Alice ne cherchait nullement dans ses relations.
Mais Erwan avait assumé, et osait le dire à une femme qui, Alice en aurait mis sa main à couper, lui plaisait. C’était là preuve de maturité, de courage et d’assurance. Ces qualités là, Alice les cherchait chez les autres.
Erwan etait heureux. L’entendre dans sa bouche enlevait à Alice un poids qu’elle n’avait pas senti avant. Elle ne voulait pas qu’il soit malheureux, pas après avoir assumé ses responsabilités pour une erreur. Pour beaucoup, devenir père aussi jeune briserait leur vie. Alice ne pouvait pas imaginer dans quelle état elle serait si un an plus tard, elle portait un enfant non désiré. Ce dont elle etait sûre, c’est qu’elle n’aurait pas l’optimisme d’Erwan. Ce n’était pas dans sa nature, pas après tout ce qu’elle avait vécu.
Être enceinte… rien que d’y songer, Alice se sentait une irrépréhensible envie de quitter Erwan pour aller se terrer dans la plus haute tour du domaine Sangblanc.
Les hommes la rebutaient. Pas parce qu’elle avait quelques préférences pour la gent féminine, quoi qu’elle prenne parfois plaisir à contempler ses consœurs. Sa méfiance a leur égard reposait sur son savoir empirique.
Thomas ne vivait que pour voir les femmes plier sous un sourire enjôleur.
Son cousin Daniel parlait des femmes comme un boucher parlerait de son étal à viande.
Damiano enchaînait les conquêtes de passage avant de s’enraciner dans la vie d’héritier.
Père avait longtemps préféré détourner les yeux des souffrances de son enfant pour ne pas perdre l’amour de sa femme.
Christopher, son premier et unique petit ami, avait embrasser une autre fille devant tout Poudlard réuni.
Autant d’exemple qui consolidait une rempart solide entre Alice et les hommes.
Et puis il y avait leur regard suintant de vices. Plus tôt, Alice avait menti à Erwan en disant qu’il était impossible de déceler un intérêt pour le sang. Alice savait. Elle savait quand un homme la regardait comme une future faiseuse d’héritier de sang-pur, ou comme un morceau de viande alléchant. Quelque soit le regard, elle les exécrait, tous autant qu’ils puissent être. Elle les repoussait comme si il ne s’agissait que d’insectes incommodants. Jusqu’à présent, cela fonctionnait à merveille. Les rares récalcitrants étaient humiliés sur la place public.
Mais le regard d’Erwan jamais n’avait été déplacé. Il tentait de la séduire, il était vrai, mais il avait fait cela dans les règles de l’art, et avec bienveillance. Il s’agissait à présent d’un jeu auquel Alice participait avec plaisir.
La main qu’elle lui avait été offert avait été recouverte de la sienne. Alice lui laisserait, pour le moment. Elle aimait les mots qu’il employait pour expliquer son courage face à la situation. Alice lui aurait bien assurée que ces goujats étaient légion, et qu’en cela il était bel et bien une bonne personne. Elle n’en fit rien. Il était modeste, et cela n’était pas chose à corriger. Bien trop de vaniteux sillonnait le monde.
La nuit s’épanouissait autour d’eux, et le froid s’installait tranquillement autour d’eux. La veste d’Erwan protégeaient ses bras nus, mais n’épargnaient pas les jambes d’Alice. Elle ne s’en plaindrait pas. Il lui suffisait de sortir sa baguette et jeter un sortilège de flammes froides.
Erwan fut finalement le premier à agir. Non pas avec sa baguette, mais en verbalisant son état… et en présumant le sien.
Alice sentit le feu lui monter aux joues. Petite robe ô combien charmante ? Son regard glissa le long de sa robe de soie ancienne brodée à la main par deux soeurs couturières dont le nom lui avait échapper, contrairement à leurs aiguilles se fichant dans ses hanches. Sa petite robe élaborée pour épouser, modeler, sublimer chaque courbe avec une précision chirurgical. Charmante ? Ce mot ne suffisait n’effleurait même pas la surface.
Et pourtant, Alice rougissait de ces mots mis bout à bout, parce qu’ils touchaient à quelque chose qu’elle n’avait pas travailler pour ce moment. Ces cheveux déposés sur une épaule, l’autre se dévoilant, tout cela avait été préparé. Cette robe ? Alice l’avait enfiler parce qu’elle l’aimait. Pas parce qu’elle voulait séduire. Qui aurait-elle voulu séduire chez les Deflandre ?
Erwan avait complimenté un choix qu’elle n’avait pas fait pour lui. Le sourire qui fleurit à ses lèvres n’était pas plus contrôlé que le choix de sa robe.
« Peut-être aurais-je dû enfiler un épais manteau de laine ? » Vaine tentative de retrouver contenance après avoir été ainsi regardée.
« Oui, cela me convient. Les étoiles attendront que nous nous réchauffions…. Quelle idée de venir ici dans un petit pull, ô combien charmant, sans enfiler une veste, hm ? »
L’oeil taquin, Alice fit rouler son épaule couverte dans un sourire mutin.
Un garçon qui mettait enceinte une fille de passage n’était pas un bon garçon. Une telle erreur gravaient trois choses dans la chair : l’irresponsabilité, la débauche et l’inconstance. Trois qualificatifs qu’Alice ne cherchait nullement dans ses relations.
Mais Erwan avait assumé, et osait le dire à une femme qui, Alice en aurait mis sa main à couper, lui plaisait. C’était là preuve de maturité, de courage et d’assurance. Ces qualités là, Alice les cherchait chez les autres.
Erwan etait heureux. L’entendre dans sa bouche enlevait à Alice un poids qu’elle n’avait pas senti avant. Elle ne voulait pas qu’il soit malheureux, pas après avoir assumé ses responsabilités pour une erreur. Pour beaucoup, devenir père aussi jeune briserait leur vie. Alice ne pouvait pas imaginer dans quelle état elle serait si un an plus tard, elle portait un enfant non désiré. Ce dont elle etait sûre, c’est qu’elle n’aurait pas l’optimisme d’Erwan. Ce n’était pas dans sa nature, pas après tout ce qu’elle avait vécu.
Être enceinte… rien que d’y songer, Alice se sentait une irrépréhensible envie de quitter Erwan pour aller se terrer dans la plus haute tour du domaine Sangblanc.
Les hommes la rebutaient. Pas parce qu’elle avait quelques préférences pour la gent féminine, quoi qu’elle prenne parfois plaisir à contempler ses consœurs. Sa méfiance a leur égard reposait sur son savoir empirique.
Thomas ne vivait que pour voir les femmes plier sous un sourire enjôleur.
Son cousin Daniel parlait des femmes comme un boucher parlerait de son étal à viande.
Damiano enchaînait les conquêtes de passage avant de s’enraciner dans la vie d’héritier.
Père avait longtemps préféré détourner les yeux des souffrances de son enfant pour ne pas perdre l’amour de sa femme.
Christopher, son premier et unique petit ami, avait embrasser une autre fille devant tout Poudlard réuni.
Autant d’exemple qui consolidait une rempart solide entre Alice et les hommes.
Et puis il y avait leur regard suintant de vices. Plus tôt, Alice avait menti à Erwan en disant qu’il était impossible de déceler un intérêt pour le sang. Alice savait. Elle savait quand un homme la regardait comme une future faiseuse d’héritier de sang-pur, ou comme un morceau de viande alléchant. Quelque soit le regard, elle les exécrait, tous autant qu’ils puissent être. Elle les repoussait comme si il ne s’agissait que d’insectes incommodants. Jusqu’à présent, cela fonctionnait à merveille. Les rares récalcitrants étaient humiliés sur la place public.
Mais le regard d’Erwan jamais n’avait été déplacé. Il tentait de la séduire, il était vrai, mais il avait fait cela dans les règles de l’art, et avec bienveillance. Il s’agissait à présent d’un jeu auquel Alice participait avec plaisir.
La main qu’elle lui avait été offert avait été recouverte de la sienne. Alice lui laisserait, pour le moment. Elle aimait les mots qu’il employait pour expliquer son courage face à la situation. Alice lui aurait bien assurée que ces goujats étaient légion, et qu’en cela il était bel et bien une bonne personne. Elle n’en fit rien. Il était modeste, et cela n’était pas chose à corriger. Bien trop de vaniteux sillonnait le monde.
La nuit s’épanouissait autour d’eux, et le froid s’installait tranquillement autour d’eux. La veste d’Erwan protégeaient ses bras nus, mais n’épargnaient pas les jambes d’Alice. Elle ne s’en plaindrait pas. Il lui suffisait de sortir sa baguette et jeter un sortilège de flammes froides.
Erwan fut finalement le premier à agir. Non pas avec sa baguette, mais en verbalisant son état… et en présumant le sien.
Alice sentit le feu lui monter aux joues. Petite robe ô combien charmante ? Son regard glissa le long de sa robe de soie ancienne brodée à la main par deux soeurs couturières dont le nom lui avait échapper, contrairement à leurs aiguilles se fichant dans ses hanches. Sa petite robe élaborée pour épouser, modeler, sublimer chaque courbe avec une précision chirurgical. Charmante ? Ce mot ne suffisait n’effleurait même pas la surface.
Et pourtant, Alice rougissait de ces mots mis bout à bout, parce qu’ils touchaient à quelque chose qu’elle n’avait pas travailler pour ce moment. Ces cheveux déposés sur une épaule, l’autre se dévoilant, tout cela avait été préparé. Cette robe ? Alice l’avait enfiler parce qu’elle l’aimait. Pas parce qu’elle voulait séduire. Qui aurait-elle voulu séduire chez les Deflandre ?
Erwan avait complimenté un choix qu’elle n’avait pas fait pour lui. Le sourire qui fleurit à ses lèvres n’était pas plus contrôlé que le choix de sa robe.
« Peut-être aurais-je dû enfiler un épais manteau de laine ? » Vaine tentative de retrouver contenance après avoir été ainsi regardée.
« Oui, cela me convient. Les étoiles attendront que nous nous réchauffions…. Quelle idée de venir ici dans un petit pull, ô combien charmant, sans enfiler une veste, hm ? »
L’oeil taquin, Alice fit rouler son épaule couverte dans un sourire mutin.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Il était désormais debout quand Alice lui demanda à demi-mot s’il aurait préféré qu’elle soit plus vêtue. «Un manteau de laine ? Je suis sûr que tu rendrais charmant n’importe quel vêtement…». Il ne mentait pas. Il ferait un piètre menteur s’il disait ne pas être touché par une robe comme celle que portait Alice, cela ne le laissait pas indifférent, loin de là, mais il n’était pas touché par la mode, ni par l’enveloppe vestimentaire des gens qu’il fréquentait. Pour lui, les vêtements devaient être pratiques et assez convenables pour ne pas lui attirer des regards interrogateurs. Bien sûr, il savait déceler la beauté d’une pièce de couture, il ne se méprenait pas sur la robe en dentelle de l’ancienne Serpentard, mais il n’en était pas plus impressionné. Si la plus sotte des gourdes avait porté cette même robe, il ne lui aurait pas trouvé autant de charme. Seul le modèle lui importait en soi… Il savait qu’Alice ne trouvait pas son pull charmant ; il n’avait, contrairement à sa robe, rien de spécial. Sa seule fonction était de lui tenir chaud. Mais il s’en fichait, tout ce qu’il avait entendu, c’était une tentative de lui retourner le compliment. Et ça marchait. Il était, après tout, un pas trop mauvais modèle. «Que veux-tu… J’ai la tête ailleurs.» Il adressa à la jeune femme un regard plein de malice et de tendresse qui ne pouvait aller sans un franc sourire. «Garde donc ma veste. Tu la mets plus en valeur que moi… Alors…». Il regarda aux alentours pour déceler où il pourrait trouver le bois le plus sec. Il n’eut pas besoin de chercher loin, la pluie n’avait pas du tomber depuis plusieurs jours.
En moins de cinq minutes, Erwan avait constitué un beau petit tas de bois qui pourrait, s’ils le souhaitaient, brûler une bonne partie de la nuit. Mieux valait prévoir large que trop peu… C’était l’optimisme du jeune homme qui parlait. Quelques sortilèges d’attraction lui permirent de réunir assez de pierres pour constituer un cercle autour de l’endroit où se trouverait le foyer, puis un léger sortilège de creuse-trou lui permit d’aplanir la surface et de protéger le futur feu du vent. Toutes ces étapes ne se faisaient pas sans un agréable jeu de regards où, Erwan comme Alice, s’observaient en silence. Pas un silence gênant ou pesant, c’était plus un silence complice, qui semblait vouloir dire autant que s’ils avaient échangé… Leurs yeux conversaient à la place de leurs langues. Un Incendio vint enfin allumer le tas de bois que le jeune homme avait parfaitement préparé. Le petit bois s’embrasa, puis les branches, puis les plus grosses bûches commencèrent à former des braises. Il faisait ça à la façon des Moldus quand il était plus jeune et qu’il campait avec ses cousins ; la magie avait le mérite de grandement accélérer les choses.
Il se rassit à côté d’Alice, peut-être un petit peu plus proche encore qu’ils ne l’étaient avant qu’il se lève. La chaleur du feu commençait déjà à se propager dans l’air. La lumière qu’il projetait était agréable, mais l’intensité était un peu trop forte pour les yeux très clairs d’Erwan, qui avaient fini par s’habituer à l’obscurité. De toute façon, il ne comptait pas regarder le feu dans le blanc des braises ; ses yeux voulaient de plus en plus continuer à se perdre dans ceux d’Alice. Il se tourna vers elle, son visage lui apparaissait plus clairement. Il se sentait bien, si bien, le sourire quasi permanent qu’il affichait en témoignait. «Merci, Alice… Merci d’être apparue comme par magie. C’est une belle soirée…». Depuis quand n’avait-il pas ressenti cette sérénité ? Cette liberté qui donne des ailes et qui laisse croire que rien n’est impossible ? Trop longtemps… Alice serait désormais pour toujours associée à ce moment de bonheur, et ça faisait plaisir à Erwan. La spontanéité de l’instant était grisante et le jeune homme aurait tout fait pour que jamais il ne cesse…
En moins de cinq minutes, Erwan avait constitué un beau petit tas de bois qui pourrait, s’ils le souhaitaient, brûler une bonne partie de la nuit. Mieux valait prévoir large que trop peu… C’était l’optimisme du jeune homme qui parlait. Quelques sortilèges d’attraction lui permirent de réunir assez de pierres pour constituer un cercle autour de l’endroit où se trouverait le foyer, puis un léger sortilège de creuse-trou lui permit d’aplanir la surface et de protéger le futur feu du vent. Toutes ces étapes ne se faisaient pas sans un agréable jeu de regards où, Erwan comme Alice, s’observaient en silence. Pas un silence gênant ou pesant, c’était plus un silence complice, qui semblait vouloir dire autant que s’ils avaient échangé… Leurs yeux conversaient à la place de leurs langues. Un Incendio vint enfin allumer le tas de bois que le jeune homme avait parfaitement préparé. Le petit bois s’embrasa, puis les branches, puis les plus grosses bûches commencèrent à former des braises. Il faisait ça à la façon des Moldus quand il était plus jeune et qu’il campait avec ses cousins ; la magie avait le mérite de grandement accélérer les choses.
Il se rassit à côté d’Alice, peut-être un petit peu plus proche encore qu’ils ne l’étaient avant qu’il se lève. La chaleur du feu commençait déjà à se propager dans l’air. La lumière qu’il projetait était agréable, mais l’intensité était un peu trop forte pour les yeux très clairs d’Erwan, qui avaient fini par s’habituer à l’obscurité. De toute façon, il ne comptait pas regarder le feu dans le blanc des braises ; ses yeux voulaient de plus en plus continuer à se perdre dans ceux d’Alice. Il se tourna vers elle, son visage lui apparaissait plus clairement. Il se sentait bien, si bien, le sourire quasi permanent qu’il affichait en témoignait. «Merci, Alice… Merci d’être apparue comme par magie. C’est une belle soirée…». Depuis quand n’avait-il pas ressenti cette sérénité ? Cette liberté qui donne des ailes et qui laisse croire que rien n’est impossible ? Trop longtemps… Alice serait désormais pour toujours associée à ce moment de bonheur, et ça faisait plaisir à Erwan. La spontanéité de l’instant était grisante et le jeune homme aurait tout fait pour que jamais il ne cesse…
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Alice avait observé Erwan se déployer pour se lever. C’était la première fois qu’elle le voyait debout depuis qu’elle avait quitté Poudlard. Une chose était a noté : Erwan était grand. Peut-être autant que l’était son père, devant qui elle devait un peu basculé la tête en arrière pour pouvoir le regarder dans les yeux.
Sans gêne aucune -elle en avait tout à fait le droit après avoir tant et tant de compliment- Alice observa la silhouette d’Erwan. Il n’était pas fluet. Cela, non. Il était ce que d’autres, les Léonie, les Damiano ou les Thomas décriraient atrocement comme bien bâti. Alice n’aimait pas ce terme, et pourtant il lui était venu avec une évidence désagréable. Sous son pull, elle devinait les muscles qu’il entretenait par une activité sportive. Le Quidditch, sans doute, puisqu’il semblait que ce sport soit le seul dont les sorciers britanniques avaient entendu parler au fil des siècles.
Un léger rire franchit les lèvres rosées d’Alice, parant son visage d’un sourire amusé. Elle avait la tête basculée en arrière pour ne pas rompre le contact, le poids de son corps appuyé sur la main qu’elle avait posée par terre. Elle n’en était pas au point de minauder, mais Alice se sentait lentement glisser dans la coquetterie. Tant pis. Cela n’était qu’un jeu, après tout.
Alors elle conserva cette posture qu’elle trouverait indécente chez les autres. Son épaule légèrement basculée en arrière, son buste tourné vers Erwan, une jambe tendue dans l’herbe chevauchée par l’autre dont le genou était replié. Sa robe était suffisamment longue dissimuler cuisse et genou, mais pas assez pour ses mollets. D’une blancheur affolante sous le regard de Mère-Lune, Alice le remarqua soudain.
Alice laissa Erwan s’affairer à préparer le feu qui, de toutes évidences, serait fait à la manière des Sans-Pouvoir. Soit. Puisqu’il avait grandit avec eux, il était tout à fait naturel qu’il use de leur savoir. Elle sourit cependant de voir que sa baguette l’aida à effectuer son feu de camp.
Alice l’observa faire, comme si il existait un monde dans lequel elle devrait s’occuper de cette tâche. Non. Un sort, et du temps de gagner.
Mépriser la volonté d’Erwan a garder une certaine proximité avec les méthodes Sans-Pouvoir serait une bêtise qu’Alice laissait bien volontiers aux suprémacistes qu’elle se voyait réduire en cendres dans ses plus beaux rêves. Erwan était Né Sans-Pouvoir. Il avait donc grandit loin de la Magie, et devait sans nul doute se plier à leurs coutumes lorsqu’il était sous le toit de ses parents.
Avec un pincement au coeur, Alice repensa aux mois qu’elle avait passé chez oncle Kenneth et Imogen. Un Sang-Mêlé et une Sans-Pouvoir. Un époux qui n’usait jamais de la Magie sous son toit. Un sorcier qui voyageait en train, préparait des pâtes à la bolognaise, regardait les informations sur sa télévision. Un sorcier qui…
Non.
Pas de cela ici. Pas ce soir.
Pas avec ce beau garçon, ce gentil garçon, qui venait créer un feu de camp comme on créer une belle histoire.
Ce beau garçon qui s’était installée à côté d’elle, plus proche qu’avant. Assez pour qu’elle perçoive sa respiration. Alice l’écouta pendant quelques secondes, appréciant qu’elle se mêle au crépitement du feu et aux caresses des vagues sur la berge. Pas un mot ne vint rompre cette chanson. Les deux sorciers se regardaient, en silence, appréciant seulement le moment présent. Il était pur, il était simple. Un ciel étoilé, un feu de camp, et deux êtres que tout opposait et qui, pourtant, se rassemblait dans la fugacité d’une rencontre qu’ils n’avaient pas anticipée.
Erwan brisa le silence pour mettre des mots sur le sourire qui illuminait son visage. Il verbalisait ce sentiment qu’il partageait : c’était une belle soirée.
Elle se retint, avec grande peine, de lui dire qu’elle était bien apparue avec magie, mais l’heure n’était point aux ganacheries.
« Une très belle soirée. » Ses mots furent accompagné d’un sourire. Encore un. Alice baissa les yeux vers son genou, puis vers le feu. Oui. C’était une très belle soirée.
Elle voulu dire quelque chose. Mais rien ne vint. Juste ce sourire un peu flou, un peu trop sincère qui ne lui allait pas aussi bien que ceux qu’elle portait comme des colliers de perle.
Alors elle resta là, à écouter les crépitements comme si c’était une mélodie, à fixer les flammes pour ne pas fixer ses yeux à lui.
Alice n’avait pas prévu cela. Elle n’avait pas prévu de rester, ni qu’il soit suffisamment charmant pour qu’elle ne songe plus à son moyen de retour.
Ses doigts jouaient distraitement avec l’ourlet de sa robe. Elles ne savait plus très bien si ils tremblaient ou dansaient. Il y avait un courant étrange qui sillonnait dans ses veines, une sorte de frisson qui ne passait pas. Quelque chose de doux et de désagréable à la fois. Comme une main posée sur sa nuque alors qu’elle ne l’attendait point.
Sa main quitta sa robe pour venir glisser sur le col de la veste d’Erwan. La course de ses doigts se poursuivit. Quoi qu’il s’agisse plus de caresses désormais.
« Mais elle devra prendre fin tôt ou tard, tu sais ? » dit-elle presque à regrets. Tôt ou tard, ils finiront par la retrouver. Père ne la sermonnerait pas. Il aimait bien trop sa fille pour cela. Mais il poserait sur elle des yeux emplis d’inquiétudes, et Alice ne voulait pas d’eux.
Alice voulait que la soirée se termine dans la douceur la plus pure.
Elle consentit à offrir à nouveau ses yeux à Erwan, à qui elle sourit, comme on caresse une joue. Tendrement.
« Sans doute aurons-nous l’occasion de passer une autre soirée comme celle ci lorsque je serai de passage en Grande-Bretagne. Qu’en penses-tu ? »
Sans gêne aucune -elle en avait tout à fait le droit après avoir tant et tant de compliment- Alice observa la silhouette d’Erwan. Il n’était pas fluet. Cela, non. Il était ce que d’autres, les Léonie, les Damiano ou les Thomas décriraient atrocement comme bien bâti. Alice n’aimait pas ce terme, et pourtant il lui était venu avec une évidence désagréable. Sous son pull, elle devinait les muscles qu’il entretenait par une activité sportive. Le Quidditch, sans doute, puisqu’il semblait que ce sport soit le seul dont les sorciers britanniques avaient entendu parler au fil des siècles.
Un léger rire franchit les lèvres rosées d’Alice, parant son visage d’un sourire amusé. Elle avait la tête basculée en arrière pour ne pas rompre le contact, le poids de son corps appuyé sur la main qu’elle avait posée par terre. Elle n’en était pas au point de minauder, mais Alice se sentait lentement glisser dans la coquetterie. Tant pis. Cela n’était qu’un jeu, après tout.
Alors elle conserva cette posture qu’elle trouverait indécente chez les autres. Son épaule légèrement basculée en arrière, son buste tourné vers Erwan, une jambe tendue dans l’herbe chevauchée par l’autre dont le genou était replié. Sa robe était suffisamment longue dissimuler cuisse et genou, mais pas assez pour ses mollets. D’une blancheur affolante sous le regard de Mère-Lune, Alice le remarqua soudain.
Alice laissa Erwan s’affairer à préparer le feu qui, de toutes évidences, serait fait à la manière des Sans-Pouvoir. Soit. Puisqu’il avait grandit avec eux, il était tout à fait naturel qu’il use de leur savoir. Elle sourit cependant de voir que sa baguette l’aida à effectuer son feu de camp.
Alice l’observa faire, comme si il existait un monde dans lequel elle devrait s’occuper de cette tâche. Non. Un sort, et du temps de gagner.
Mépriser la volonté d’Erwan a garder une certaine proximité avec les méthodes Sans-Pouvoir serait une bêtise qu’Alice laissait bien volontiers aux suprémacistes qu’elle se voyait réduire en cendres dans ses plus beaux rêves. Erwan était Né Sans-Pouvoir. Il avait donc grandit loin de la Magie, et devait sans nul doute se plier à leurs coutumes lorsqu’il était sous le toit de ses parents.
Avec un pincement au coeur, Alice repensa aux mois qu’elle avait passé chez oncle Kenneth et Imogen. Un Sang-Mêlé et une Sans-Pouvoir. Un époux qui n’usait jamais de la Magie sous son toit. Un sorcier qui voyageait en train, préparait des pâtes à la bolognaise, regardait les informations sur sa télévision. Un sorcier qui…
Non.
Pas de cela ici. Pas ce soir.
Pas avec ce beau garçon, ce gentil garçon, qui venait créer un feu de camp comme on créer une belle histoire.
Ce beau garçon qui s’était installée à côté d’elle, plus proche qu’avant. Assez pour qu’elle perçoive sa respiration. Alice l’écouta pendant quelques secondes, appréciant qu’elle se mêle au crépitement du feu et aux caresses des vagues sur la berge. Pas un mot ne vint rompre cette chanson. Les deux sorciers se regardaient, en silence, appréciant seulement le moment présent. Il était pur, il était simple. Un ciel étoilé, un feu de camp, et deux êtres que tout opposait et qui, pourtant, se rassemblait dans la fugacité d’une rencontre qu’ils n’avaient pas anticipée.
Erwan brisa le silence pour mettre des mots sur le sourire qui illuminait son visage. Il verbalisait ce sentiment qu’il partageait : c’était une belle soirée.
Elle se retint, avec grande peine, de lui dire qu’elle était bien apparue avec magie, mais l’heure n’était point aux ganacheries.
« Une très belle soirée. » Ses mots furent accompagné d’un sourire. Encore un. Alice baissa les yeux vers son genou, puis vers le feu. Oui. C’était une très belle soirée.
Elle voulu dire quelque chose. Mais rien ne vint. Juste ce sourire un peu flou, un peu trop sincère qui ne lui allait pas aussi bien que ceux qu’elle portait comme des colliers de perle.
Alors elle resta là, à écouter les crépitements comme si c’était une mélodie, à fixer les flammes pour ne pas fixer ses yeux à lui.
Alice n’avait pas prévu cela. Elle n’avait pas prévu de rester, ni qu’il soit suffisamment charmant pour qu’elle ne songe plus à son moyen de retour.
Ses doigts jouaient distraitement avec l’ourlet de sa robe. Elles ne savait plus très bien si ils tremblaient ou dansaient. Il y avait un courant étrange qui sillonnait dans ses veines, une sorte de frisson qui ne passait pas. Quelque chose de doux et de désagréable à la fois. Comme une main posée sur sa nuque alors qu’elle ne l’attendait point.
Sa main quitta sa robe pour venir glisser sur le col de la veste d’Erwan. La course de ses doigts se poursuivit. Quoi qu’il s’agisse plus de caresses désormais.
« Mais elle devra prendre fin tôt ou tard, tu sais ? » dit-elle presque à regrets. Tôt ou tard, ils finiront par la retrouver. Père ne la sermonnerait pas. Il aimait bien trop sa fille pour cela. Mais il poserait sur elle des yeux emplis d’inquiétudes, et Alice ne voulait pas d’eux.
Alice voulait que la soirée se termine dans la douceur la plus pure.
Elle consentit à offrir à nouveau ses yeux à Erwan, à qui elle sourit, comme on caresse une joue. Tendrement.
« Sans doute aurons-nous l’occasion de passer une autre soirée comme celle ci lorsque je serai de passage en Grande-Bretagne. Qu’en penses-tu ? »
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
C’était tout ce qu’Erwan voulait entendre…
Ça lui aurait brisé le cœur qu’Alice ne partage pas le bonheur avec lequel il vivait pleinement cette soirée. Enfin, brisé le cœur… façon de parler. Cela faisait des années qu’il avait délaissé son cœur pour que plus jamais il ne soit brisé, justement. Mais il fallait avouer, quand bien même cela le mettait mal à l’aise, qu’il ne vivait pas cette interaction de charme avec le même détachement qu’il le faisait habituellement. Le silence qu’ils acceptaient entre eux en disait long. Leur connexion allait au-delà des mots. Les sourires d’Alice semblaient se nourrir de ceux d’Erwan et inversement. Il aurait pu l’embrasser, là, maintenant, il en avait envie… Des images incessantes de ses lèvres tournaient dans sa tête, la sensation chaleureuse de sa présence près de lui faisait palpiter son cœur, et la promesse d’un feu d’artifice d’émotions au creux du ventre nourrissait de plus en plus fort son fantasme d’intimité. Mais il n’en fit rien. Une sorte de pudeur prudente le retenait. Pour combien de temps ? Une minute ? Peut-être pour toujours…? Sûrement que le regard devenu plus fuyant d’Alice le confortait dans cette retenue. Erwan avait déjà vécu de ces moments où tout bascule pour que deux êtres humains ne soient plus guidés que par leur passion momentanée, mais probablement pas Alice. Elle semblait faite d’une carapace solide, une défense qu’elle n’avait pas souvent, voire jamais, baissée… Plus que jamais, Erwan sentit le poids de leurs différences sur ses épaules. Ou plutôt, moins qu’un poids, il sentit qu’ils ne pouvaient être amenés à réagir de la même façon. Ce n’était pas un poids, car ça ne le dérangeait pas, au contraire. Encore maintenant, alors que leur attirance semblait avoir été acceptée par l’un comme par l’autre, rien ne semblait écrit d’avance. « Mais elle devra prendre fin tôt ou tard, tu sais ? »…
C’était tout ce qu’Erwan ne voulait pas entendre…
La phrase d’Alice, prononcée sans un regard pour lui, eut l’effet d’un cognard reçu de plein fouet dans le ventre. Évidemment qu’elle prendrait fin… Mais pourquoi fallait-il qu’elle le leur rappelle ? N’était-il pas possible de vivre l’instant présent dans un total déni de la triste réalité ? Erwan retournerait dans la bruyante, embrumée, déshumanisante ville de Londres, où il irait travailler de dix heures à vingt heures, avant de s’occuper des repas et du sommeil de son jeune fils… Il le fallait, il le savait. Alice retournerait sûrement dans son domaine familial, à attendre sa lettre d’admission dans une prestigieuse école qui la destinait à une éclatante carrière… Qu’est-ce que tout cela valait par rapport au moment unique qu’ils vivaient ici et maintenant ? Erwan, pour qui chaque réveil était une petite victoire sur la vie, qui n’oubliait jamais que demain ne serait peut-être pas demain, ne pouvait pas se résoudre à accepter si promptement la fin de ce moment hors du temps. Lorsqu’il retrouva enfin son regard, le jeune homme eut peur que les mots qu’elle allait prononcer évoquent des au revoir. Mais ses yeux avaient toujours la même tendresse… Elle voulait le revoir ? En Angleterre. À cet instant, il aurait accepté de la revoir n’importe où ! «Bien sûr…» Sa voix trahissait son désarroi. «…ici, là-bas ou ailleurs. Avec plaisir.».
Il était temps de dire ce qu’Erwan voulait dire…
Une nouvelle fois, avec moins d’appréhension et de gêne que les premières fois, il enlaça la main d’Alice, qui caressait le col de sa veste avec la sienne. Il l’invita vers lui. Attendant que le regard de la jeune femme se fixe dans le sien, interrogeant sûrement les intentions du jeune homme, il enchaîna d’une voix douce : «Mais que fait-on de ce soir ? Si la soirée doit se finir tôt ou tard, comme tu dis, je préférerais tard…». Quelques secondes d’un silence implorant passèrent… «Ne pars pas tout de suite. Nos regards… mon regard, ton regard. Ça te fait peur ? Me laisserais-tu seul, à penser qu’on se plaisait mais que tu es partie avant qu’on sache à quel point ?». Cela faisait des années qu’Erwan n’avait plus peur d’être rejeté. S’il était rejeté pour avoir été lui-même, franc et honnête, alors tout le monde était gagnant. Mais il serait perdant ce soir si Alice le rejetait maintenant, parce qu’il savait qu’il avait dit vrai. Et si ça arrivait, il y a des moments où il faut savoir ne pas être un mauvais perdant. Il était charmé, piqué, captivé, attiré, fasciné, envoûté… Pourtant il s’en remettait à elle pour savoir ce qu’ils feraient de leur rencontre ce soir. Il n’avait pas le droit de lui imposer sa volonté, ses envies, mais il se devait de lui proposer. Il lâcha sa main pour amener la sienne au contact de sa joue. Il posa tendrement sa paume sur le flanc de son visage, caressant sa joue une unique fois de l’intérieur vers l’extérieur. «Ne pars pas tout de suite…».
Il était temps pour Erwan d’entendre ce qu’Alice avait à lui dire…
Ça lui aurait brisé le cœur qu’Alice ne partage pas le bonheur avec lequel il vivait pleinement cette soirée. Enfin, brisé le cœur… façon de parler. Cela faisait des années qu’il avait délaissé son cœur pour que plus jamais il ne soit brisé, justement. Mais il fallait avouer, quand bien même cela le mettait mal à l’aise, qu’il ne vivait pas cette interaction de charme avec le même détachement qu’il le faisait habituellement. Le silence qu’ils acceptaient entre eux en disait long. Leur connexion allait au-delà des mots. Les sourires d’Alice semblaient se nourrir de ceux d’Erwan et inversement. Il aurait pu l’embrasser, là, maintenant, il en avait envie… Des images incessantes de ses lèvres tournaient dans sa tête, la sensation chaleureuse de sa présence près de lui faisait palpiter son cœur, et la promesse d’un feu d’artifice d’émotions au creux du ventre nourrissait de plus en plus fort son fantasme d’intimité. Mais il n’en fit rien. Une sorte de pudeur prudente le retenait. Pour combien de temps ? Une minute ? Peut-être pour toujours…? Sûrement que le regard devenu plus fuyant d’Alice le confortait dans cette retenue. Erwan avait déjà vécu de ces moments où tout bascule pour que deux êtres humains ne soient plus guidés que par leur passion momentanée, mais probablement pas Alice. Elle semblait faite d’une carapace solide, une défense qu’elle n’avait pas souvent, voire jamais, baissée… Plus que jamais, Erwan sentit le poids de leurs différences sur ses épaules. Ou plutôt, moins qu’un poids, il sentit qu’ils ne pouvaient être amenés à réagir de la même façon. Ce n’était pas un poids, car ça ne le dérangeait pas, au contraire. Encore maintenant, alors que leur attirance semblait avoir été acceptée par l’un comme par l’autre, rien ne semblait écrit d’avance. « Mais elle devra prendre fin tôt ou tard, tu sais ? »…
C’était tout ce qu’Erwan ne voulait pas entendre…
La phrase d’Alice, prononcée sans un regard pour lui, eut l’effet d’un cognard reçu de plein fouet dans le ventre. Évidemment qu’elle prendrait fin… Mais pourquoi fallait-il qu’elle le leur rappelle ? N’était-il pas possible de vivre l’instant présent dans un total déni de la triste réalité ? Erwan retournerait dans la bruyante, embrumée, déshumanisante ville de Londres, où il irait travailler de dix heures à vingt heures, avant de s’occuper des repas et du sommeil de son jeune fils… Il le fallait, il le savait. Alice retournerait sûrement dans son domaine familial, à attendre sa lettre d’admission dans une prestigieuse école qui la destinait à une éclatante carrière… Qu’est-ce que tout cela valait par rapport au moment unique qu’ils vivaient ici et maintenant ? Erwan, pour qui chaque réveil était une petite victoire sur la vie, qui n’oubliait jamais que demain ne serait peut-être pas demain, ne pouvait pas se résoudre à accepter si promptement la fin de ce moment hors du temps. Lorsqu’il retrouva enfin son regard, le jeune homme eut peur que les mots qu’elle allait prononcer évoquent des au revoir. Mais ses yeux avaient toujours la même tendresse… Elle voulait le revoir ? En Angleterre. À cet instant, il aurait accepté de la revoir n’importe où ! «Bien sûr…» Sa voix trahissait son désarroi. «…ici, là-bas ou ailleurs. Avec plaisir.».
Il était temps de dire ce qu’Erwan voulait dire…
Une nouvelle fois, avec moins d’appréhension et de gêne que les premières fois, il enlaça la main d’Alice, qui caressait le col de sa veste avec la sienne. Il l’invita vers lui. Attendant que le regard de la jeune femme se fixe dans le sien, interrogeant sûrement les intentions du jeune homme, il enchaîna d’une voix douce : «Mais que fait-on de ce soir ? Si la soirée doit se finir tôt ou tard, comme tu dis, je préférerais tard…». Quelques secondes d’un silence implorant passèrent… «Ne pars pas tout de suite. Nos regards… mon regard, ton regard. Ça te fait peur ? Me laisserais-tu seul, à penser qu’on se plaisait mais que tu es partie avant qu’on sache à quel point ?». Cela faisait des années qu’Erwan n’avait plus peur d’être rejeté. S’il était rejeté pour avoir été lui-même, franc et honnête, alors tout le monde était gagnant. Mais il serait perdant ce soir si Alice le rejetait maintenant, parce qu’il savait qu’il avait dit vrai. Et si ça arrivait, il y a des moments où il faut savoir ne pas être un mauvais perdant. Il était charmé, piqué, captivé, attiré, fasciné, envoûté… Pourtant il s’en remettait à elle pour savoir ce qu’ils feraient de leur rencontre ce soir. Il n’avait pas le droit de lui imposer sa volonté, ses envies, mais il se devait de lui proposer. Il lâcha sa main pour amener la sienne au contact de sa joue. Il posa tendrement sa paume sur le flanc de son visage, caressant sa joue une unique fois de l’intérieur vers l’extérieur. «Ne pars pas tout de suite…».
Il était temps pour Erwan d’entendre ce qu’Alice avait à lui dire…
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Alice se sentait bien. Vraiment bien.
Erwan avait cette douceur que l’on recherche après une pénible journée. Une douceur dans laquelle on se nicherait comme dans un cocon en espérant ne jamais avoir le quitter.
Ce genre de chose là, Alice avait accepté de ne jamais en bénéficier. Pas parce qu’elle n’en avait pas envie, ni pour une histoire de fardeau familial qui la tenait loin de toute distraction. La raison etait tout autre.
Cette douceur portait le visage d’un homme. Et des hommes ? Alice n’en voulait pas, aussi doux soient-ils.
Elle ne voulait pas de leur douceur, de leur attention ou quoi qu’il puisse lui offrir. Tante Élise lui répétait sans celle qu’elle n’avait pas besoin d’aimer leur présence, seulement de leur épaule pour se hisser et atteindre un objectif.
Était-ce qu’elle avait fait ? Guidée par les apprentissages de sa tante, Alice avait-elle utilisée Erwan pour se réconforter après une mauvaise journée ? C’était probable, n’est-ce pas ? Elle avait jouer avec lui à quelque chose qu’elle ne pratiquait jamais.
La séduction.
As-t-on idée de jouer à quelque chose sans vouloir gagner ?
Et que gagnait-on, au final ? Le cœur de l’autre ? Ou bien… son corps ?
Cette idée révulsa Alice a peine fut-elle envisagée.
Et à présent que les doigts de Erwan s’étaient posés sur les siens, Alice comprenait qu’elle avait gagné.
S’il te plaît, Erwan, arrête toi, suppliait Alice en songe. Elle ne voulait pas entendre tout cela. Elle n’en avait pas envie. Elle ne voulait pas gagner. Elle ne pouvait pas gagner. Pas un garçon. Pas… tout ce qu’il voulait lui offrir.
Les doigts qu’il osa poser sur la joue lui fit ouvrir de grands yeux. La caresse fut brève, mais laissa du feu sur son passage. Ses joues passèrent au cramoisi.
Et pourtant elle ne baissait pas les yeux. Comment aurait-elle pu ? Erwan venait à demi mots lui dire qu’il s’attendait à quelque chose qu’elle ne lui offrirait pas. Ni à lui, ni à qui que ce soit.
Les hommes étaient tous les mêmes.
Erwan avait beau enrober tout cela dans un paquet de velours, le contenu était le même que pour les autres.
Alice se sentit s’embraser dans un bûcher qu’elle avait elle même allumé.
Sa robe était trop jolie.
Ses manières trop délicates.
Ses boucles trop bien coiffées.
Sa voix trop douce.
Ses répliques trop suaves.
Elle détourna le regard, sourcils froncés. Il s’accrocha au feu qui brûlait ardemment. Erwan avait-il créer ce feu de camp pour qu’Alice y voit une métaphore ? Chaque pierre, chaque maudit bout de bois avait il été chercher pour lui montrer ce dont il était capable avec ses mains ?
Sa mâchoire se crispa.
« Rassure-moi, Erwan… »
Elle darda enfin son regard sur lui. La tendresse avait flambée.
« Tu ne t’attends pas à ce que je te dise que je vais passer la nuit ici. N’est-ce pas ? Car je préfère être claire avec toi. Tu es beau garçon. Vraiment. Tu es amusant. Ta compagnie est un enchantement. Tu as de la conversation. En somme, tu es sans doute le genre d’homme qui plaît, et qui le sait. Mais si il t’es venu à l’esprit, ne serait-ce qu’une seconde, que tu pourrais me manipuler pour me jeter dans le stupre…. »
Les mots brûlaient tant qu’ils finirent en cendres avant même de quitter la gorge serrée d’Alice.
A cet instant, ses yeux flambaient aussi sûrement que le feu de camp.
Erwan avait cette douceur que l’on recherche après une pénible journée. Une douceur dans laquelle on se nicherait comme dans un cocon en espérant ne jamais avoir le quitter.
Ce genre de chose là, Alice avait accepté de ne jamais en bénéficier. Pas parce qu’elle n’en avait pas envie, ni pour une histoire de fardeau familial qui la tenait loin de toute distraction. La raison etait tout autre.
Cette douceur portait le visage d’un homme. Et des hommes ? Alice n’en voulait pas, aussi doux soient-ils.
Elle ne voulait pas de leur douceur, de leur attention ou quoi qu’il puisse lui offrir. Tante Élise lui répétait sans celle qu’elle n’avait pas besoin d’aimer leur présence, seulement de leur épaule pour se hisser et atteindre un objectif.
Était-ce qu’elle avait fait ? Guidée par les apprentissages de sa tante, Alice avait-elle utilisée Erwan pour se réconforter après une mauvaise journée ? C’était probable, n’est-ce pas ? Elle avait jouer avec lui à quelque chose qu’elle ne pratiquait jamais.
La séduction.
As-t-on idée de jouer à quelque chose sans vouloir gagner ?
Et que gagnait-on, au final ? Le cœur de l’autre ? Ou bien… son corps ?
Cette idée révulsa Alice a peine fut-elle envisagée.
Et à présent que les doigts de Erwan s’étaient posés sur les siens, Alice comprenait qu’elle avait gagné.
S’il te plaît, Erwan, arrête toi, suppliait Alice en songe. Elle ne voulait pas entendre tout cela. Elle n’en avait pas envie. Elle ne voulait pas gagner. Elle ne pouvait pas gagner. Pas un garçon. Pas… tout ce qu’il voulait lui offrir.
Les doigts qu’il osa poser sur la joue lui fit ouvrir de grands yeux. La caresse fut brève, mais laissa du feu sur son passage. Ses joues passèrent au cramoisi.
Et pourtant elle ne baissait pas les yeux. Comment aurait-elle pu ? Erwan venait à demi mots lui dire qu’il s’attendait à quelque chose qu’elle ne lui offrirait pas. Ni à lui, ni à qui que ce soit.
Les hommes étaient tous les mêmes.
Erwan avait beau enrober tout cela dans un paquet de velours, le contenu était le même que pour les autres.
Alice se sentit s’embraser dans un bûcher qu’elle avait elle même allumé.
Sa robe était trop jolie.
Ses manières trop délicates.
Ses boucles trop bien coiffées.
Sa voix trop douce.
Ses répliques trop suaves.
Elle détourna le regard, sourcils froncés. Il s’accrocha au feu qui brûlait ardemment. Erwan avait-il créer ce feu de camp pour qu’Alice y voit une métaphore ? Chaque pierre, chaque maudit bout de bois avait il été chercher pour lui montrer ce dont il était capable avec ses mains ?
Sa mâchoire se crispa.
« Rassure-moi, Erwan… »
Elle darda enfin son regard sur lui. La tendresse avait flambée.
« Tu ne t’attends pas à ce que je te dise que je vais passer la nuit ici. N’est-ce pas ? Car je préfère être claire avec toi. Tu es beau garçon. Vraiment. Tu es amusant. Ta compagnie est un enchantement. Tu as de la conversation. En somme, tu es sans doute le genre d’homme qui plaît, et qui le sait. Mais si il t’es venu à l’esprit, ne serait-ce qu’une seconde, que tu pourrais me manipuler pour me jeter dans le stupre…. »
Les mots brûlaient tant qu’ils finirent en cendres avant même de quitter la gorge serrée d’Alice.
A cet instant, ses yeux flambaient aussi sûrement que le feu de camp.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Ainsi soit-il. Que pouvait-il faire de plus ? Alice avait remis son masque… Avait-il eu de la chance de voir son vrai visage ? Celui que, peut-être, elle-même ne soupçonnait pas ? Ou bien avait-il été berné, utilisé, comme un vulgaire pansement moldu que l’on jette à la première occasion pour voir si l’on est toujours blessé en dessous ? Le jeune homme n’était pas sûr de vouloir la réponse… C’était aussi ça, ne pas vouloir que son cœur soit blessé, il fallait accepter de ne pas avoir toutes les réponses. Les réponses peuvent faire mal. Les questions, elles, ouvrent un tas de possibilités ; elles sont autant de portes ouvertes que l’imagination peut créer. Alice était tout simplement bien plus pragmatique qu’imaginative. Un feu nouveau brûlait en lui. Il s’en voulait, tout simplement ; il n’arrivait pas encore à mettre des mots sur cette émotion. C’était trop tôt pour que ce soit palpable, mais c’était bien la déception qui l’animait désormais. Le pauvre… il ne saisissait pas encore qu’il était le problème. C’était lui qui y avait cru, lui qui avait baissé sa garde sous l’innocente beauté qu’elle lui avait offerte. Peut-être s’en rendrait-il compte plus tard… Ou bien réaliserait-il enfin, après toutes ces années, qu’il n’avait jamais été le maître des blessures qu’on pouvait infliger à son cœur. Pour le moment, il resterait un peu dans le confortable déni. Alice voulait voir en lui un goujat ? Il ne lui donnerait pas cette satisfaction, ô non ! Elle était tombée sur le mauvais Poufsouffle. Il resterait loyal, fidèle à lui-même, à ses valeurs, à son cœur et à l’intime conviction qu’il n’était que bon. Il n’avait pas le droit de la laisser salir ce qu’il avait de beau en lui. Elle avait beau enrober son attaque de compliments, cela n’en restait pas moins une attaque. Tout cela fusait dans sa tête alors qu’elle achevait sa représentation sous les traits de son nouveau rôle masqué, qui la rendait odieuse. Erwan avait beau se refaire le film, il ne voyait pas le moment où il avait failli. De leurs regards jusqu’à leurs mains entrelacées, en passant par leur complicité, Erwan hésitait entre deux possibilités : ce qu’il avait pensé d’emblée, qu’elle l’avait utilisé, cuisiné jusqu’à ce qu’il soit mûr pour mieux l’écraser quand le moment serait le plus critique ; ou bien qu’elle se mentait à elle-même…
Elle se mentait à elle-même…
Comme un mantra rassurant, la phrase résonna en lui. Elle expliquait tout, mais par-dessus tout, elle permettait à Erwan de s’apaiser. Son attitude l’avait fait sombrer dans la négativité. Et qui lui jetterait le premier sort après le moment qu’ils avaient vécu ? Il le savait, après tout, il se l’était dit, Alice ne pouvait réagir comme lui. Il était peut-être allé trop loin en apposant cette caresse sur sa joue. Personne n’avait dû la toucher de cette façon… Cette sensation nouvelle avait dû l’apeurer et, comme un animal sauvage qu’un être humain essaie de cajoler, elle s’était réfugiée derrière son masque et son venin. Elle ne faisait que se protéger… Si elle était incapable de se laisser aller dans un moment aussi véritable que celui qu’ils venaient de vivre, c’est qu’elle n’était pas prête. Peut-être ne le serait-elle jamais. Est-ce qu’Erwan pouvait lui en vouloir pour ça ? Oui. Est-ce qu’il en avait le droit ? Non. S’il se laissait aller à cette saine colère, il ne vaudrait pas mieux que ce qu’Alice craignait qu’il soit.
Tous ces mots pour décrire ce qu’Erwan ressentait étaient bien élaborés. Mais dans la réalité de l’instant, tout cela s’écoula en à peine quelques secondes. De la déception à l’acceptation, en passant par la colère et la culpabilité, ce cheminement ne prit qu’une petite dizaine de secondes… C’était tout ce qui s’était écoulé depuis qu’Alice avait terminé son simulacre de question et le moment où Erwan lui répondit.
«Tu peux être rassurée, Alice. Je ne m’attendais pas à ce que tu restes. Peut-être l’ai-je espéré, c’est vrai. Mais de là à te manipuler ? Je pensais juste que tout ça… c’était vrai… Je n’attends rien de toi que tu ne sois prête à offrir. Si tu es si sûre de toi que je suis ce manipulateur prédateur, alors que fais-tu encore ici ? J’ai juste l’impression que tu as peur que tout ça soit réel, et je peux te comprendre. Tu es libre de partir si tu le souhaites, tu l’as toujours été. Mais tu es aussi libre de rester. Pas pour moi, pour toi… Je peux te raccompagner si c’est vraiment ce que tu veux…»
Le regard d’Erwan fuyait celui d’Alice, se perdant à son tour dans les flammes qui dansaient maintenant joyeusement. Il ne voulait pas qu’elle sonde son âme et qu’elle y découvre la petite plaie qui s’était formée.
Elle se mentait à elle-même…
Comme un mantra rassurant, la phrase résonna en lui. Elle expliquait tout, mais par-dessus tout, elle permettait à Erwan de s’apaiser. Son attitude l’avait fait sombrer dans la négativité. Et qui lui jetterait le premier sort après le moment qu’ils avaient vécu ? Il le savait, après tout, il se l’était dit, Alice ne pouvait réagir comme lui. Il était peut-être allé trop loin en apposant cette caresse sur sa joue. Personne n’avait dû la toucher de cette façon… Cette sensation nouvelle avait dû l’apeurer et, comme un animal sauvage qu’un être humain essaie de cajoler, elle s’était réfugiée derrière son masque et son venin. Elle ne faisait que se protéger… Si elle était incapable de se laisser aller dans un moment aussi véritable que celui qu’ils venaient de vivre, c’est qu’elle n’était pas prête. Peut-être ne le serait-elle jamais. Est-ce qu’Erwan pouvait lui en vouloir pour ça ? Oui. Est-ce qu’il en avait le droit ? Non. S’il se laissait aller à cette saine colère, il ne vaudrait pas mieux que ce qu’Alice craignait qu’il soit.
Tous ces mots pour décrire ce qu’Erwan ressentait étaient bien élaborés. Mais dans la réalité de l’instant, tout cela s’écoula en à peine quelques secondes. De la déception à l’acceptation, en passant par la colère et la culpabilité, ce cheminement ne prit qu’une petite dizaine de secondes… C’était tout ce qui s’était écoulé depuis qu’Alice avait terminé son simulacre de question et le moment où Erwan lui répondit.
«Tu peux être rassurée, Alice. Je ne m’attendais pas à ce que tu restes. Peut-être l’ai-je espéré, c’est vrai. Mais de là à te manipuler ? Je pensais juste que tout ça… c’était vrai… Je n’attends rien de toi que tu ne sois prête à offrir. Si tu es si sûre de toi que je suis ce manipulateur prédateur, alors que fais-tu encore ici ? J’ai juste l’impression que tu as peur que tout ça soit réel, et je peux te comprendre. Tu es libre de partir si tu le souhaites, tu l’as toujours été. Mais tu es aussi libre de rester. Pas pour moi, pour toi… Je peux te raccompagner si c’est vraiment ce que tu veux…»
Le regard d’Erwan fuyait celui d’Alice, se perdant à son tour dans les flammes qui dansaient maintenant joyeusement. Il ne voulait pas qu’elle sonde son âme et qu’elle y découvre la petite plaie qui s’était formée.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
C’est avec la confiance que l’on vous poignardera toujours… Portez notre héritage avec fierté, c’est un fardeau qu’il nous faut tous accepter… Apprenez à ne compter que sur ceux qui partagent votre sang… Les amis ne sont que des bijoux dont l’on se serti pour se mettre en valeur, choisissez les avec soin… Nous devons préserver l’héritage qui nous a été fait...
Les sermons, les conseils, les maximes de sa famille, tous s’agitaient dans son esprit comme autant de tentacules désireux de la garder auprès d’eux.
Depuis toute jeune fille, ils l’avaient mises en garde. Chacun à leur façon. Tante Elise et sa vision de l’homme-objet. Thomas et ses multiples conquêtes qu’il trompait à tour de bras. Ses parents et leur amour toxique.
Et puis les trahisons. Combien de fois l’avait-on poignardé dans le dos ? Abandonné après des promesses ?
Erwan était peut-être ce qu’il semblait être. Un gentil garçon. Peut-être était-il sincère lorsqu’il lui livra ses explications.
Alice avait envie d’y croire.
Non.
Elle y croyait.
Alors pourquoi n’avait-elle pas desserrer la mâchoire ? Était-ce trop pénible d’admettre qu’il existait peut-être des garçons qui n’attendaient rien d’elle ?
Non, mais c’était prudent. Et Alice, en tant que ce qu’elle était, se devait de l’être.
De longues secondes s’étirèrent sans qu’elle ne prononce le moindre mot. Son regard était tombé après les mots désespérément honnêtes d’Erwan. Lui non plus ne voulait plus la regarder. Par déception, par colère, par agacement, Alice n’aurait su dire.
Par Circée… si Erwan était bel et bien sincère, Alice avait fait preuve d’une honteuse grossièreté. Il n’y avait pas plus grande offense que celle de prêter de vilaines intentions à de beaux sentiments.
Alice n’osait ni le regarder, ni même parler. Au moins n’était-elle plus en colère. Alice aurait préféré. Le sentiment de honte et de regret étaient plus pervers que la rage qui, elle, était honnête. De celle ci, Alice savait qu’en faire. Il suffisait de la laisser sortir.
Ses doigts se crispaient sur sa robe.
« Je… »
Ses lèvres se refermèrent comme si elles craignaient que rien de bien n’en sortent.
Alice inspira, et daigna enfin regarder Erwan.
Puis, elle s’avança, doucement, tranquillement. Elle s’appuya sur sa main caresser par les brins d’herbe. La veste d’Erwan glissait, une fois encore
Alice n’était qu’à un souffle seulement de l’ancien Poufsouffle.
Ses lèvres, ses maudites qui avaient refuser de la laisser parler tantôt, se posèrent sur la joue du garçon en un baiser.
Ce n’était pas grand chose. C’était seulement un baiser. Comme un je suis désolée qu’on aurait pas su formuler. Ou un je te crois qui n’aurait pas d’impact si il avait été dit.
Ce n’était finalement qu’une caresse sur une plaie. Une caresse de velours, douce et tendre, pleine de chaleur.
Alice se redressa. Elle ramena ses boucles aventurières sur son épaules gauches, et daigna enfin sourire. Un peu. Juste un peu.
« Je peux rentrer toute seule. Et c’est ce qu’il va falloir que je fasse. »
Car si Alice restait trop longtemps, elle craignait de voir apparaître à nouveau le museau de la bête qui grondait en elle.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Les mots qu’avait prononcés Erwan étaient bien mieux sortis que ce qu’il espérait. Il avait toujours aimé manier les mots… Pour obtenir un rire, un sourire, pour apaiser une situation, ou encore pour donner plus de force à un argument. La vie était faite d’opportunités où savoir user des mots était une force. Mais ce n’était pas une de ces situations ce soir. Il n’avait justement pas manié les mots, les mots étaient sortis tout seuls, honnêtes, tranchants et doux à la fois. Et sûrement que s’il l’avait fait, Alice aurait pu achever son numéro de rejet tout comme elle aurait achevé les espoirs qu’avait placés le jeune homme dans la véracité du moment qu’ils avaient traversé ensemble. Il était désormais… perdu. Il se sentait vidé, comme si dire tout ce qu’il venait de dire en si peu de mots lui avait demandé tous les efforts du monde. Il lui avait avoué sans détour que, oui, il avait espéré qu’elle reste cette nuit. Il avait dévoilé sa peine à l’idée qu’il puisse vouloir la manipuler. Il l’avait rassurée sur le fait qu’elle était la seule à décider ce qu’elle était prête à donner. Il l’avait mise face à ses contradictions, face à ses peurs ; il avait tâché de les comprendre et de se mettre à son niveau… Bref, les mots de chaque émotion avaient trouvé leur chemin dans ce qui était sorti de sa bouche, guidés par ce qu’il y avait de plus honnête en lui.
Il se méprenait en pensant qu’il n’avait plus rien à perdre, mais il n’était toujours pas prêt à le réaliser. Pour lui, à cet instant, soit Alice gardait son cap puis partait, lui ôtant une épine du pied ; soit elle voyait en lui qu’il n’était pas ce qu’elle craignait et leur moment d’échange complice pouvait reprendre. La deuxième option paraissait plus improbable, Alice avait cassé l’alchimie en s’extirpant du moment. Il serait bien compliqué d’y revenir… mais sait-on jamais ? Erwan était doté d’un furieux optimisme que peu de choses arrivaient à effriter. Il attendait donc sa réaction, il lui semblait que tout allait moins vite, comme dans un film où l’on voit une pièce tourner en l’air en attendant d’avoir le fatidique résultat. Pile ou face ? Plusieurs secondes s’écoulèrent. Chaque seconde de son silence paraissait plus lourde que la précédente. Chaque seconde qui s’écoulait aurait dû éveiller chez lui le doute. Pourquoi donc était-il toujours suspendu à ses lèvres ? Ne voyait-il pas qu’il était toujours aussi impliqué que si elle ne l’avait jamais méprisé ? Non, il était aveugle de cet étrange constat. Il attendait simplement. Un premier mot sortit de sa bouche, faisant manquer un battement de cœur à Erwan, puis plus rien… Cette fois il allait le voir ! L’évidence était sous son nez ! Tout aurait dû lui rappeler qu’Alice n’était qu’une jolie femme sur sa route et que s’il voulait sortir indemne de là il lui fallait se détacher… Allez Alice ! Ce n’était pas si compliqué ! Encore un tout petit peu de déni et tout ce qu’il avait ressenti jusqu’à maintenant serait réduit en poussière, lui permettant de reprendre sa route sur le chemin du vide émotionnel… Voilà, c’était imminent. Alice s’approchait de lui… Allait-elle enterrer ce moment à l’aide d’une gifle théâtrale ? Ou bien un sourire narquois pour achever la faiblesse d’Erwan ? Peu importe ! Du moment que cela cessait…
Un baiser… Bien plus innocent qu’il n’en avait jamais reçu. Les lèvres d’Alice, posées sur sa joue, n’avaient rien d’explicite, rien de calculé. Et pourtant, la trace qu’elles laissèrent était brûlante, bien plus vive que n’importe quel élan de passion qu’il avait connu. Une chaleur étrange se glissa sous sa peau, s’insinua jusqu’au creux de sa poitrine. Il ne bougea pas, il ne pensait plus. Pourquoi ce simple geste le désarmait-il autant ? Mille caresses, mille baisers… aucun ne l’avait jamais laissé ainsi, suspendu, incapable de dire un mot. Ce n’était même pas un frisson, c’était autre chose, plus sourd, plus profond. Une vague presque douce, mais qui inquiétait aussi, peut-être aurait-il dû s’en méfier ; rappeler à l’ordre ce cœur qu’il croyait hermétique. Mais il n’y arrivait pas. Pourquoi avait-elle choisi cette option-là ? Pourquoi pas la facilité, la gifle, ou le rire cruel ? Erwan sentit un léger poids, à peine perceptible, au fond de sa poitrine. Comme une présence qu’il n’avait pas invitée, mais qui s’installait quand même. Et avant qu’il n’ait le temps d’y mettre un mot, Alice avait déjà reculé. Le sourire qu’elle lui infligeait comme seule explication agita encore plus cette sensation qu’il ne maîtrisait pas. Est-ce qu’il était… heureux ? Oui c’était peut-être ça…
Elle voulait rentrer. Seule. Et cette fois-ci, Erwan était moins disposé à lui proposer de ne pas le faire. Non pas qu’il voulait qu’elle s’en aille, mais justement parce qu’il voulait qu’elle reste. Quelque chose avait changé. Mais quoi ? Un soupçon pour lui, une certitude pour n’importe qui d’autre. Non… C’était impossible. Cela faisait des années qu’il se protégeait, qu’il redoublait d’efforts pour justement que ça ne lui demande plus aucun effort. Il s’en sortait si bien jusqu’ici… Il fallait qu’elle parte. Alice Sangblanc !? Bien sûr qu’il fallait qu’elle parte. Il fallait lui dire que c’était mieux qu’elle y aille… Elle en avait l’intention de toute façon. «C’était… si doux. Je…». Pardon ?? Non, non, non. Ce n’était pas l’idée. Il s’embourbait, ce n’était pas sa tête qui parlait, mais cette étrange sensation à l’intérieur. «Je crois que je vais rester ici, peut-être même rester dormir… Est-ce que tu dois vraiment y aller maintenant ?». Il n’avait plus la force de rentrer, il ne voulait pas partir de cet endroit qui avait vu leur rencontre se faire, il voulait que cette sensation s’arrête. Le voulait-il vraiment ? Une chose est sûre il ne voulait pas y penser.
Il se méprenait en pensant qu’il n’avait plus rien à perdre, mais il n’était toujours pas prêt à le réaliser. Pour lui, à cet instant, soit Alice gardait son cap puis partait, lui ôtant une épine du pied ; soit elle voyait en lui qu’il n’était pas ce qu’elle craignait et leur moment d’échange complice pouvait reprendre. La deuxième option paraissait plus improbable, Alice avait cassé l’alchimie en s’extirpant du moment. Il serait bien compliqué d’y revenir… mais sait-on jamais ? Erwan était doté d’un furieux optimisme que peu de choses arrivaient à effriter. Il attendait donc sa réaction, il lui semblait que tout allait moins vite, comme dans un film où l’on voit une pièce tourner en l’air en attendant d’avoir le fatidique résultat. Pile ou face ? Plusieurs secondes s’écoulèrent. Chaque seconde de son silence paraissait plus lourde que la précédente. Chaque seconde qui s’écoulait aurait dû éveiller chez lui le doute. Pourquoi donc était-il toujours suspendu à ses lèvres ? Ne voyait-il pas qu’il était toujours aussi impliqué que si elle ne l’avait jamais méprisé ? Non, il était aveugle de cet étrange constat. Il attendait simplement. Un premier mot sortit de sa bouche, faisant manquer un battement de cœur à Erwan, puis plus rien… Cette fois il allait le voir ! L’évidence était sous son nez ! Tout aurait dû lui rappeler qu’Alice n’était qu’une jolie femme sur sa route et que s’il voulait sortir indemne de là il lui fallait se détacher… Allez Alice ! Ce n’était pas si compliqué ! Encore un tout petit peu de déni et tout ce qu’il avait ressenti jusqu’à maintenant serait réduit en poussière, lui permettant de reprendre sa route sur le chemin du vide émotionnel… Voilà, c’était imminent. Alice s’approchait de lui… Allait-elle enterrer ce moment à l’aide d’une gifle théâtrale ? Ou bien un sourire narquois pour achever la faiblesse d’Erwan ? Peu importe ! Du moment que cela cessait…
Un baiser… Bien plus innocent qu’il n’en avait jamais reçu. Les lèvres d’Alice, posées sur sa joue, n’avaient rien d’explicite, rien de calculé. Et pourtant, la trace qu’elles laissèrent était brûlante, bien plus vive que n’importe quel élan de passion qu’il avait connu. Une chaleur étrange se glissa sous sa peau, s’insinua jusqu’au creux de sa poitrine. Il ne bougea pas, il ne pensait plus. Pourquoi ce simple geste le désarmait-il autant ? Mille caresses, mille baisers… aucun ne l’avait jamais laissé ainsi, suspendu, incapable de dire un mot. Ce n’était même pas un frisson, c’était autre chose, plus sourd, plus profond. Une vague presque douce, mais qui inquiétait aussi, peut-être aurait-il dû s’en méfier ; rappeler à l’ordre ce cœur qu’il croyait hermétique. Mais il n’y arrivait pas. Pourquoi avait-elle choisi cette option-là ? Pourquoi pas la facilité, la gifle, ou le rire cruel ? Erwan sentit un léger poids, à peine perceptible, au fond de sa poitrine. Comme une présence qu’il n’avait pas invitée, mais qui s’installait quand même. Et avant qu’il n’ait le temps d’y mettre un mot, Alice avait déjà reculé. Le sourire qu’elle lui infligeait comme seule explication agita encore plus cette sensation qu’il ne maîtrisait pas. Est-ce qu’il était… heureux ? Oui c’était peut-être ça…
Elle voulait rentrer. Seule. Et cette fois-ci, Erwan était moins disposé à lui proposer de ne pas le faire. Non pas qu’il voulait qu’elle s’en aille, mais justement parce qu’il voulait qu’elle reste. Quelque chose avait changé. Mais quoi ? Un soupçon pour lui, une certitude pour n’importe qui d’autre. Non… C’était impossible. Cela faisait des années qu’il se protégeait, qu’il redoublait d’efforts pour justement que ça ne lui demande plus aucun effort. Il s’en sortait si bien jusqu’ici… Il fallait qu’elle parte. Alice Sangblanc !? Bien sûr qu’il fallait qu’elle parte. Il fallait lui dire que c’était mieux qu’elle y aille… Elle en avait l’intention de toute façon. «C’était… si doux. Je…». Pardon ?? Non, non, non. Ce n’était pas l’idée. Il s’embourbait, ce n’était pas sa tête qui parlait, mais cette étrange sensation à l’intérieur. «Je crois que je vais rester ici, peut-être même rester dormir… Est-ce que tu dois vraiment y aller maintenant ?». Il n’avait plus la force de rentrer, il ne voulait pas partir de cet endroit qui avait vu leur rencontre se faire, il voulait que cette sensation s’arrête. Le voulait-il vraiment ? Une chose est sûre il ne voulait pas y penser.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Sans s’en rendre compte, Alice roula ses lèvres. Il lui semblait encore sentir le grain de peau d’Erwan sous la sienne.
Bien ! Il était temps de réfléchir à comment elle allait pouvoir rentrer. Transplaner jusqu’au domaine de Grand-Père n’était pas envisageable. Sa maîtrise du transplanage n’était pas encore bonne, et Alice ne voulait pas risquer de finir avec un sourcil en moins, ou un bras désartibuler.
La destination la moins dangereuse serait le domaine des Deflandre mais… avait-elle réellement envie d’y retourner ? Subir l’inquiétude de son père, pourquoi pas. Mais celle de sa marâtre ? Alice repartirait aussitôt, même si elle devait laisser un sourcil dans son sillage.
Erwan reprit la parole. Avec bien moins de facilité que tantôt. Cela fit sourire Alice, sans moquerie aucune. Elle savait très bien quel effet un baiser pouvait avoir. Non pas qu’elle soit du genre à en faire, mais elle avait eu l’occasion de voir Léonie désamorcer nombre de situation rien qu’avec ses lèvres sur une joue. Le seul qui ne se laissait plus avoir par ses baisers était Damiano. Après tout, il considérait Léonie comme une sœur un peu trop bruyante mais qu’il aimait encourager à se comporter comme un lutin.
Comme c’était charmant. Erwan semblait désarmé. Ah, le pouvoir de la femme sur l’homme…
Et voilà qu’il voulait dormir ici. Ici ? Sans toit au dessus de sa tête ? Avait-il une tente sur lui qu’Alice n’avait pas vu ?
Sans doute s’agissait-il de détail pour un homme qui avait tant voyagé… mais, tout de même.
Sans précipitation, Alice se releva. Ses membres n’étaient pas encore tout à fait engourdis. Fort bien. Alice aurait moins de peine à prendre conscience de son corps pour transplaner.
Ses doigts glissèrent le long de sa robe pour en retirer tout potentiel débris naturel.
« Crois moi, très cher…. » Elle se redressa, et passa sa main sur son ventre pour lisser sa robe. « Tu ne veux pas avoir à échanger avec mon père si il venait à te trouver ici, avec sa fille chérie. »
Père était un homme d’une douceur inégalée. Il était juste, ouvert d’esprit, intelligent… mais était inflexible lorsqu’il s’agissait de préserver ses enfants. Alice ne risquerait pas de voir son père adoré se muer en colosse comminatoire.
Au moment de replacer ses boucles, ses doigts effleurèrent la veste d’Erwan sur ses épaules. Le poids était pourtant là, sur elle. Chaud et réconfortant. A la manière de la présence d’Erwan, finalement.
Alice le retira doucement. Elle s’avança vers Erwan, puis lui enfila sur les épaules. Avec soin. Avec précaution. Elle ajusta les épaules, tira un peu sur le col… voila. Le vilain vent marin ne l’atteindrait pas. Il ne faudrait tout de même pas qu'il tombe malade. Sinon, comment repartirait-il en Grande-Bretagne ?
Elle lui sourit, ses yeux cherchant les siens.
« Merci. C’était une belle soirée. Tu ne sais pas à quel point j’en avais besoin.»
À présent… ah… retrouver Joséphine la fatiguait par avance…
Bien ! Il était temps de réfléchir à comment elle allait pouvoir rentrer. Transplaner jusqu’au domaine de Grand-Père n’était pas envisageable. Sa maîtrise du transplanage n’était pas encore bonne, et Alice ne voulait pas risquer de finir avec un sourcil en moins, ou un bras désartibuler.
La destination la moins dangereuse serait le domaine des Deflandre mais… avait-elle réellement envie d’y retourner ? Subir l’inquiétude de son père, pourquoi pas. Mais celle de sa marâtre ? Alice repartirait aussitôt, même si elle devait laisser un sourcil dans son sillage.
Erwan reprit la parole. Avec bien moins de facilité que tantôt. Cela fit sourire Alice, sans moquerie aucune. Elle savait très bien quel effet un baiser pouvait avoir. Non pas qu’elle soit du genre à en faire, mais elle avait eu l’occasion de voir Léonie désamorcer nombre de situation rien qu’avec ses lèvres sur une joue. Le seul qui ne se laissait plus avoir par ses baisers était Damiano. Après tout, il considérait Léonie comme une sœur un peu trop bruyante mais qu’il aimait encourager à se comporter comme un lutin.
Comme c’était charmant. Erwan semblait désarmé. Ah, le pouvoir de la femme sur l’homme…
Et voilà qu’il voulait dormir ici. Ici ? Sans toit au dessus de sa tête ? Avait-il une tente sur lui qu’Alice n’avait pas vu ?
Sans doute s’agissait-il de détail pour un homme qui avait tant voyagé… mais, tout de même.
Sans précipitation, Alice se releva. Ses membres n’étaient pas encore tout à fait engourdis. Fort bien. Alice aurait moins de peine à prendre conscience de son corps pour transplaner.
Ses doigts glissèrent le long de sa robe pour en retirer tout potentiel débris naturel.
« Crois moi, très cher…. » Elle se redressa, et passa sa main sur son ventre pour lisser sa robe. « Tu ne veux pas avoir à échanger avec mon père si il venait à te trouver ici, avec sa fille chérie. »
Père était un homme d’une douceur inégalée. Il était juste, ouvert d’esprit, intelligent… mais était inflexible lorsqu’il s’agissait de préserver ses enfants. Alice ne risquerait pas de voir son père adoré se muer en colosse comminatoire.
Au moment de replacer ses boucles, ses doigts effleurèrent la veste d’Erwan sur ses épaules. Le poids était pourtant là, sur elle. Chaud et réconfortant. A la manière de la présence d’Erwan, finalement.
Alice le retira doucement. Elle s’avança vers Erwan, puis lui enfila sur les épaules. Avec soin. Avec précaution. Elle ajusta les épaules, tira un peu sur le col… voila. Le vilain vent marin ne l’atteindrait pas. Il ne faudrait tout de même pas qu'il tombe malade. Sinon, comment repartirait-il en Grande-Bretagne ?
Elle lui sourit, ses yeux cherchant les siens.
« Merci. C’était une belle soirée. Tu ne sais pas à quel point j’en avais besoin.»
À présent… ah… retrouver Joséphine la fatiguait par avance…
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050