Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Alice se leva enfin. Révélant une nouvelle fois la silhouette qu’Erwan avait admirée lorsqu’elle était arrivée plus tôt. À ce moment-là, sans savoir qui venait le rejoindre, il trouvait ça légitime d’avoir fantasmé son corps, désormais il se sentait coupable. Coupable d’éprouver une telle attirance alors qu’elle s’était ouverte à lui sur sa volonté de ne pas être considérée de cette façon. Mais pourquoi serait-il devenu malhonnête maintenant alors que leur entrevue semblait prendre fin ? Ses yeux la regardaient avec envie, comme si c’était la dernière fois qu’il lui était donné l’occasion de contempler sa beauté… Il n’avait plus d’espoir. Elle s’en allait. Comme il le lui avait dit plus tôt, elle partait en le laissant seul à penser qu’ils se plaisaient… Mais elle serait partie avant qu’ils ne puissent savoir à quel point… De toute façon il n’avait plus d’espoir non ? Et plus il y pensait, mieux valait ne pas savoir à quel point elle lui plaisait. Qu’est-ce que cela apporterait ? Ou plutôt qu’est-ce que cela allait lui coûter ?
La menace de son père qui viendrait sauver sa fille lui arracha un sourire. Malgré son apparente force de caractère, malgré sa pugnacité à considérer son héritage comme un devoir plutôt qu’un fardeau, Alice pensait que son père constituait un rempart suffisant à ce qu’Erwan ressentait. Il n’avait rien à se reprocher en plus. Il n’avait fait que séduire sa fille en la respectant du début à la fin, il avait tenté de se rapprocher le plus possible d’elle, d’échanger le plus de contacts auxquels elle avait consenti, il avait espéré la retenir ici pour la nuit et s’endormir à son contact… Tout cela sans le moindre subterfuge, sans l’ombre d’un mensonge, en étant entier, lui-même, honnête et attentionné. Que pouvait espérer de plus un bon père ? Il était père lui aussi. Inexpérimenté et apeuré, mais aimant. Et jamais il n’imaginerait dicter à son enfant comment il devrait être heureux… N’était-ce pas la pire des choses ? Alice y consentait après tout. Il ne voulait plus la juger pour ça. Si le fantôme de son père était ce qui poussait Alice à partir alors… tant mieux. Ou tant pis. Non. Tant mieux. Il s’était épris ce soir d’une jeune fille qui préférait protéger son nom et la virtuelle grandeur qui lui était attachée à son propre bonheur. La douleur qu’il ressentait donc à la voir partir ne serait que passagère. C’était plus dur que ce qu’il aurait pu imaginer, mais ça passerait, comme toujours… «Je pense plutôt, très chère, que tu n’as pas envie que ton père te trouve ici avec moi. Mais soit… Rencontrer une Sangblanc était assez pour moi ce soir.»
La proximité que demandait de lui remettre sa veste sur les épaules déchirait Erwan en deux. Cela l’agaçait. N’avait-il pas tiré un trait sur elle ? Elle partait, elle l’abandonnait pour être ce qu’elle se sentait devoir être, mais Erwan brûlait. Le plus gros dragon du monde avait trouvé refuge dans ses entrailles et s’évertuait à tout ravager à l’intérieur. Elle était là, si proche de lui, déposant sa veste avec une tendresse qui le rendait fou… Il n’avait qu’à tendre les bras pour l’enlacer, pour lui dire, sans les mots qu’elle laisserait de toute façon derrière elle, à quel point elle l’avait touché. Il l’aurait sentie au moins une fois collée contre lui… Mais il lui fallait endurer cette peine, pour ce qu’il s’était promis de ne plus ressentir. Il se devait de ne pas flancher, sinon… sinon… Alice… non il fallait tenir bon. Pour toujours. Elle releva le col et lui adressa un sourire en cherchant ses yeux du regard. Il plongea dans ses yeux sans dire le moindre mot, peut-être était-elle capable d’y lire ce qu’il ressentait, lui était incapable de se l’avouer. Alors quitte à ce que ce soit la dernière fois, il garderait le contact visuel jusqu’à ce qu’elle le brise. Sûrement oublierait-il cette passion… et si ce n’était pas le cas, elle lui servirait de leçon pour le restant de sa vie. Il s’était juré que plus personne ne lui briserait le cœur et pourtant ce soir il avait failli à cette promesse. C’était pour ça qu’il se sentait si mal, et pas parce que c’était vrai et que les arguments d’Alice pour le nier étaient dénués de sens.
C’était faux mais le déni lui permettrait d’avancer. «Merci à toi, je me souviendrai toujours de cette soirée. Je ne le savais pas mais j’en avais besoin aussi…» Il n’avait pas détourné le regard, bien que ses yeux s’humidifient à vue d’œil. Ce serait elle qui le laisserait. Il allait devoir rester là et la laisser partir où il n’existerait plus.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
La menace de son père qui viendrait sauver sa fille lui arracha un sourire. Malgré son apparente force de caractère, malgré sa pugnacité à considérer son héritage comme un devoir plutôt qu’un fardeau, Alice pensait que son père constituait un rempart suffisant à ce qu’Erwan ressentait. Il n’avait rien à se reprocher en plus. Il n’avait fait que séduire sa fille en la respectant du début à la fin, il avait tenté de se rapprocher le plus possible d’elle, d’échanger le plus de contacts auxquels elle avait consenti, il avait espéré la retenir ici pour la nuit et s’endormir à son contact… Tout cela sans le moindre subterfuge, sans l’ombre d’un mensonge, en étant entier, lui-même, honnête et attentionné. Que pouvait espérer de plus un bon père ? Il était père lui aussi. Inexpérimenté et apeuré, mais aimant. Et jamais il n’imaginerait dicter à son enfant comment il devrait être heureux… N’était-ce pas la pire des choses ? Alice y consentait après tout. Il ne voulait plus la juger pour ça. Si le fantôme de son père était ce qui poussait Alice à partir alors… tant mieux. Ou tant pis. Non. Tant mieux. Il s’était épris ce soir d’une jeune fille qui préférait protéger son nom et la virtuelle grandeur qui lui était attachée à son propre bonheur. La douleur qu’il ressentait donc à la voir partir ne serait que passagère. C’était plus dur que ce qu’il aurait pu imaginer, mais ça passerait, comme toujours… «Je pense plutôt, très chère, que tu n’as pas envie que ton père te trouve ici avec moi. Mais soit… Rencontrer une Sangblanc était assez pour moi ce soir.»
La proximité que demandait de lui remettre sa veste sur les épaules déchirait Erwan en deux. Cela l’agaçait. N’avait-il pas tiré un trait sur elle ? Elle partait, elle l’abandonnait pour être ce qu’elle se sentait devoir être, mais Erwan brûlait. Le plus gros dragon du monde avait trouvé refuge dans ses entrailles et s’évertuait à tout ravager à l’intérieur. Elle était là, si proche de lui, déposant sa veste avec une tendresse qui le rendait fou… Il n’avait qu’à tendre les bras pour l’enlacer, pour lui dire, sans les mots qu’elle laisserait de toute façon derrière elle, à quel point elle l’avait touché. Il l’aurait sentie au moins une fois collée contre lui… Mais il lui fallait endurer cette peine, pour ce qu’il s’était promis de ne plus ressentir. Il se devait de ne pas flancher, sinon… sinon… Alice… non il fallait tenir bon. Pour toujours. Elle releva le col et lui adressa un sourire en cherchant ses yeux du regard. Il plongea dans ses yeux sans dire le moindre mot, peut-être était-elle capable d’y lire ce qu’il ressentait, lui était incapable de se l’avouer. Alors quitte à ce que ce soit la dernière fois, il garderait le contact visuel jusqu’à ce qu’elle le brise. Sûrement oublierait-il cette passion… et si ce n’était pas le cas, elle lui servirait de leçon pour le restant de sa vie. Il s’était juré que plus personne ne lui briserait le cœur et pourtant ce soir il avait failli à cette promesse. C’était pour ça qu’il se sentait si mal, et pas parce que c’était vrai et que les arguments d’Alice pour le nier étaient dénués de sens.
C’était faux mais le déni lui permettrait d’avancer. «Merci à toi, je me souviendrai toujours de cette soirée. Je ne le savais pas mais j’en avais besoin aussi…» Il n’avait pas détourné le regard, bien que ses yeux s’humidifient à vue d’œil. Ce serait elle qui le laisserait. Il allait devoir rester là et la laisser partir où il n’existerait plus.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Non…
Erwan avait-il les yeux larmoyants ?
Le sourire qu’Alice affichait tantôt se cristallisa sur ses lèvres. Avait-elle été d’aussi agréable compagnie ? Qu’avait-elle fait de si merveilleux pour qu’Erwan affirme qu’il se souviendrait toujours de ce moment ?
Ou bien son baiser n’était pas parvenu à lui faire oublier la fâcheuse mise au point d’Alice. C’était une éventualité qu’elle ne pouvait pas écarter. Alice savait à quel point ses mots pouvaient trancher.
Elle avait toujours su les manier, même lorsqu’elle n’était qu’une jeune enfant. Sa mère lui avait répété, encore et encore, qu’à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche, ce n’était que pour la provoquer. Donc même avec des cris de bambin affamé, Alice parvenait à trancher ? Ah, Mère et son goût pour le drame…
Alice resta de longues secondes à observer Erwan, à se poser des questions sur les larmes qu’il lui semblait voir dans ses beaux yeux verts, à se demander pourquoi il avait eu besoin de cette soirée sans s’en rendre compte avant. Alice n’aurait pas sa réponse. Elle pourrait, sans doute, si elle lui posait la question. Mais… voulait-elle savoir ? Était-ce raisonnable ? Alice connaissait la réponse à cette question ci.
Le déni était était un choix bien plus judicieux.
« A très bientôt, Erwan. »
Dans un dernier sourire, la mer dans son dos, Alice transplana.
Son corps ploya devant le domaine des Deflandre. Une violente envie d’évacuer son repas lui monta dans la poitrine. Sa main tremblante s’écrasa sur ses lèvres moites. Inspirer. Expirer. La tête lui tournait. Alice avait bien trop tranplaner pour la soirée.
D’une main tremblante, la française s’assura que ses deux sourcils étaient encore là…
…ou si elle en avait laisser un en souvenir au beau et doux Erwan Martin.
Erwan avait-il les yeux larmoyants ?
Le sourire qu’Alice affichait tantôt se cristallisa sur ses lèvres. Avait-elle été d’aussi agréable compagnie ? Qu’avait-elle fait de si merveilleux pour qu’Erwan affirme qu’il se souviendrait toujours de ce moment ?
Ou bien son baiser n’était pas parvenu à lui faire oublier la fâcheuse mise au point d’Alice. C’était une éventualité qu’elle ne pouvait pas écarter. Alice savait à quel point ses mots pouvaient trancher.
Elle avait toujours su les manier, même lorsqu’elle n’était qu’une jeune enfant. Sa mère lui avait répété, encore et encore, qu’à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche, ce n’était que pour la provoquer. Donc même avec des cris de bambin affamé, Alice parvenait à trancher ? Ah, Mère et son goût pour le drame…
Alice resta de longues secondes à observer Erwan, à se poser des questions sur les larmes qu’il lui semblait voir dans ses beaux yeux verts, à se demander pourquoi il avait eu besoin de cette soirée sans s’en rendre compte avant. Alice n’aurait pas sa réponse. Elle pourrait, sans doute, si elle lui posait la question. Mais… voulait-elle savoir ? Était-ce raisonnable ? Alice connaissait la réponse à cette question ci.
Le déni était était un choix bien plus judicieux.
« A très bientôt, Erwan. »
Dans un dernier sourire, la mer dans son dos, Alice transplana.
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Son corps ploya devant le domaine des Deflandre. Une violente envie d’évacuer son repas lui monta dans la poitrine. Sa main tremblante s’écrasa sur ses lèvres moites. Inspirer. Expirer. La tête lui tournait. Alice avait bien trop tranplaner pour la soirée.
D’une main tremblante, la française s’assura que ses deux sourcils étaient encore là…
…ou si elle en avait laisser un en souvenir au beau et doux Erwan Martin.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Les secondes qui s’écoulèrent entre ses derniers mots et le départ d’Alice parurent des minutes aux yeux d’Erwan. De manière générale, ce soir, entre la réalité et ce qu’il s’accordait à croire et à ressentir il y avait un gouffre. Il était en proie à une violente remise en question, un possible revirement de situation de tout ce qu’il pensait être acquis pour de longues années. Mais il refuserait de se l’admettre pendant un moment. Il n’est jamais de cas où le futur a plus de poids que l’instant présent. Ce soir, son inconscient lui accordait le confort du déni, mais quelque chose qu’il avait enfoui en lui venait de renaître. Erwan regarda la lande de terre où se mêleraient désormais à ses souvenirs d’enfance ceux de sa rencontre avec Alice. Avait-il embelli ses souvenirs ou les avait-il souillés ?
Il était finalement hors de question de dormir ici. Il pensait vraiment le faire lorsqu’il l’avait dit à Alice, mais son départ lui avait redonné la force d’avoir l’orgueil de quitter ce lieu. Il était hors de question qu’il reste ici à ruminer à quel point il avait été idiot. Il étouffa le feu d’un geste de baguette, essuya son visage d’un revers de manche, puis prit la direction de la maison de feu ses grands-parents. Sa grand-mère aurait aimé Alice… Sa grand-mère aurait apprécié n’importe quoi qu’Erwan aimait bien… Le voyage retour fut rapide et morose. Une fois dans la chaleur de la maison Erwan balança sa veste dans un coin d’une pièce.
Ce furent les trois jours en Bretagne les plus étranges de son existence. Il rentrait à Londres aussi épuisé que quand il était parti. Son seul réconfort était de savoir qu’une fois rentré chez lui ce soir il pourrait serrer Vihan dans ses bras. Il n’avait pas le droit de douter ou de se morfondre quand il avait son fils dans ses bras. Il n’avait que le droit d’aller bien et d’aller de l’avant. De plus il s’endormirait avec les ronronnements de Malo qui, lui, pouvait sentir à des kilomètres quand Erwan n’allait pas bien. Cependant, une fois arrivé, Anjali lui tomba dessus. Elle avait le regard froncé et sa voix n’était pas rassurante quand elle lui annonça qu’il fallait qu’ils parlent…
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Il était finalement hors de question de dormir ici. Il pensait vraiment le faire lorsqu’il l’avait dit à Alice, mais son départ lui avait redonné la force d’avoir l’orgueil de quitter ce lieu. Il était hors de question qu’il reste ici à ruminer à quel point il avait été idiot. Il étouffa le feu d’un geste de baguette, essuya son visage d’un revers de manche, puis prit la direction de la maison de feu ses grands-parents. Sa grand-mère aurait aimé Alice… Sa grand-mère aurait apprécié n’importe quoi qu’Erwan aimait bien… Le voyage retour fut rapide et morose. Une fois dans la chaleur de la maison Erwan balança sa veste dans un coin d’une pièce.
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Ce furent les trois jours en Bretagne les plus étranges de son existence. Il rentrait à Londres aussi épuisé que quand il était parti. Son seul réconfort était de savoir qu’une fois rentré chez lui ce soir il pourrait serrer Vihan dans ses bras. Il n’avait pas le droit de douter ou de se morfondre quand il avait son fils dans ses bras. Il n’avait que le droit d’aller bien et d’aller de l’avant. De plus il s’endormirait avec les ronronnements de Malo qui, lui, pouvait sentir à des kilomètres quand Erwan n’allait pas bien. Cependant, une fois arrivé, Anjali lui tomba dessus. Elle avait le regard froncé et sa voix n’était pas rassurante quand elle lui annonça qu’il fallait qu’ils parlent…
FIN ?
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe