Comme un cheveu roux sur le thé
La réponse importait peu Thomas, qui s’était déjà remis à son café. De toutes évidences, Elicia était divertissante tant qu’elle rougissait.
Dorian, lui, écouta avec attention, comme si les explications de l’anglaise était un breuvage apprécié. A la mention de la Grande Ecole de l’Art du Duel, il sourit. Alice capta l’oeillade qu’il lui jeta, mais elle préféra croquer dans sa tartine.
« Je suis heureux de savoir que mon Alice aura votre ami comme camarade, au moins pour une année. »
Alice, elle, n’en avait absolument rien à faire. Castiel n’était qu’un visage sur lequel elle pouvait mettre un nom. Et, depuis peu, lui associé celui d’Elicia.
« Nous aurons alors trois diplômés de la Grande Ecole de l’Art du Duel dans la famille », poursuivit Père. Ah, Père… n’allez pas sur ce terrain là… « Thomas a suivi la filière Action. Et avant lui, ma femme, mais dans la filière Art du Duel. C’est à cette période que nous nous sommes rencontré. J’étais étudiant à l’Ecole des Aurors… qui, me semble t-il, n’existe plus aujourd’hui. »
Ex-femme. Ne pouvait-il pas dire ex-femme ? Était-ce encore trop douloureux ? Par Circée, Père ! Deux petites lettres à ajouter avant ce mot répugnant ! Ce n’était tout de même pas la mer à boire !
Alice croqua un grand coup dans sa tartine, ses yeux plantés dans un buisson d’azalées blanches.
« Elicia également veut intégrer la GEAD », lança Thomas. Il se pencha en arrière, jouant sur l’appui de sa chaise. « Étant Sang-Mêlé, il va falloir vous accrocher, ma jolie. La GEAD n’est pas franchement la plus… ouverte d’esprit. Bon, plus que l’ISDM, mais tout de même. Alice n’aura aucun problème grâce au nom de sa môman et de son frère adoré. Mais vous ? Ah ! Je suis à deux doigts d’envoyer un C.V. pour me faire engager, rien que pour voir ça ! »
« Abstiens toi », lui lança Alice par dessus son verre de jus d’orange. Il lui répondit d’un grand sourire.
Tante Elise restait silencieuse. Elle écoutait, ô ce qu’elle écoutait… mais n’intervenait pas. Pas même pour corriger Thomas sur son grossier langage.
Grand-Père ? Il avait compris que si Alice ne traduisait plus, c'était pour lui épargner nombreux désagrément.
Père, quant à lui, soupira.
« Je vous prie de pardonner mon fils… Il ne sait pas faire la différence entre taquinerie et moquerie… Ainsi donc vous souhaitez intégrer la GEAD, mademoiselle Caldin ? Quelle filière visez vous ? Art du Duel ? Action ? Vous n’êtes pas sans savoir que vos notes à Poudlard déterminerons si vous pouvez choisir ou non votre filière, n’est-ce pas ? »
Dorian, lui, écouta avec attention, comme si les explications de l’anglaise était un breuvage apprécié. A la mention de la Grande Ecole de l’Art du Duel, il sourit. Alice capta l’oeillade qu’il lui jeta, mais elle préféra croquer dans sa tartine.
« Je suis heureux de savoir que mon Alice aura votre ami comme camarade, au moins pour une année. »
Alice, elle, n’en avait absolument rien à faire. Castiel n’était qu’un visage sur lequel elle pouvait mettre un nom. Et, depuis peu, lui associé celui d’Elicia.
« Nous aurons alors trois diplômés de la Grande Ecole de l’Art du Duel dans la famille », poursuivit Père. Ah, Père… n’allez pas sur ce terrain là… « Thomas a suivi la filière Action. Et avant lui, ma femme, mais dans la filière Art du Duel. C’est à cette période que nous nous sommes rencontré. J’étais étudiant à l’Ecole des Aurors… qui, me semble t-il, n’existe plus aujourd’hui. »
Ex-femme. Ne pouvait-il pas dire ex-femme ? Était-ce encore trop douloureux ? Par Circée, Père ! Deux petites lettres à ajouter avant ce mot répugnant ! Ce n’était tout de même pas la mer à boire !
Alice croqua un grand coup dans sa tartine, ses yeux plantés dans un buisson d’azalées blanches.
« Elicia également veut intégrer la GEAD », lança Thomas. Il se pencha en arrière, jouant sur l’appui de sa chaise. « Étant Sang-Mêlé, il va falloir vous accrocher, ma jolie. La GEAD n’est pas franchement la plus… ouverte d’esprit. Bon, plus que l’ISDM, mais tout de même. Alice n’aura aucun problème grâce au nom de sa môman et de son frère adoré. Mais vous ? Ah ! Je suis à deux doigts d’envoyer un C.V. pour me faire engager, rien que pour voir ça ! »
« Abstiens toi », lui lança Alice par dessus son verre de jus d’orange. Il lui répondit d’un grand sourire.
Tante Elise restait silencieuse. Elle écoutait, ô ce qu’elle écoutait… mais n’intervenait pas. Pas même pour corriger Thomas sur son grossier langage.
Grand-Père ? Il avait compris que si Alice ne traduisait plus, c'était pour lui épargner nombreux désagrément.
Père, quant à lui, soupira.
« Je vous prie de pardonner mon fils… Il ne sait pas faire la différence entre taquinerie et moquerie… Ainsi donc vous souhaitez intégrer la GEAD, mademoiselle Caldin ? Quelle filière visez vous ? Art du Duel ? Action ? Vous n’êtes pas sans savoir que vos notes à Poudlard déterminerons si vous pouvez choisir ou non votre filière, n’est-ce pas ? »
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Comme un cheveu roux sur le thé
Dorian semblait l'écouter attentivement, ce qui réchauffa le cœur d'Élicia. De tous, c'était celui qui semblait le plus ouvert, le plus tendre. Même Alice ne pouvait être décrite avec ce dernier adjectif. Alice n'avait rien de tendre, et c'était pourquoi Élicia l'admirait tant, pourquoi elle la respectait plus que personne. Ce n'était pas seulement la cheffe du Merlin, c'était une jeune fille de son âge qui avait vécu bien des horreurs et s'en était sortie la tête haute, forte, avec la rage de vaincre. Avec l'envie d'améliorer leur monde. C'était ce qu'elle appréciait le plus chez elle, la raison pour laquelle, contrairement à tous ses camarades, elle n'avait pas abandonné le Merlin. Cette confiance qu'elle plaçait en Alice, cet espoir qu'elle serait la personne la plus à même de tout renverser. Sauf que, seule, Alice ne pourrait rien faire. Il lui fallait du soutien, de l'aide. Parce que si le jeune Sangblanc était une force de la nature et pouvait sûrement tout faire toute seule, renverser un gouvernement... C'était autre chose. Enfin, si c'était toujours ce qu'elle voulait. Son oncle y travaillait, non ? Magnus Nerrah. Le père d'Aliosus.
Enfin, ses questions seraient posées plus tard. Ailleurs. Sûrement pas ici.
Dorian exprima sa joie qu'Alice ne se retrouve pas seule à la GEAD. Pourtant, elle n'irait pas encore cette année. Si ? Alice était-elle à ce point douée qu'elle saute sa dernière année d'études à Beauxbâtons ? Sans douter de ses capacités, Élicia savait que c'était impossible. C'était l'année la plus déterminante, Aimée lui en avait déjà parlé. L'année durant laquelle Alice allait devoir présenter l'un de ses travaux au jury de l'école, qui allait l'évaluer. Enfin, si Élicia se souvenait bien de ce que son amie lui avait expliqué, un an plus tôt. Parce qu'Aimée avait terminé son cursus plus l'année précédente, et était entrée dans l'école des Beaux Arts Magique française, aussi renommée que l'était l'école moldue. Mais Aimée le méritait, avoir été major de promo toutes ses années.
Élicia ne trouva rien à dire aux paroles de Dorian. La fierté qui se lisait sur son visage la fit sourire. Son père serait-il aussi fière d'elle si elle entrait dans cette école ? Sûrement. Kenric l'avait toujours soutenue dans n'importe lequel de ses projets. Quant à Juliette... Tant que sa fille intégrait l'école de son choix, elle en serait heureuse. Quand bien même elle pouvait ne pas comprendre tous les enjeux de ce que cela signifiait.
Ce fut Thomas qui reprit la parole après son père, ne laissant pas à Élicia l'occasion de dire elle-même qu'elle envisageait d'intégrer la GEAD. Si jusqu'ici, elle avait ignoré le comportement désobligeant de Thomas, il commençait à l'agacer. Était-ce réellement nécessaire d'appuyer sur son statut pour la discréditer ? Il voulait juste lui nuire. Alcool ou pas, ce n'était pas correct, encore moins pour quelqu'un comme lui.
La jeune fille fronça les sourcils, son sourire disparaissant légèrement tandis qu'elle se tournait vers l'héritier. Il la ridiculisait devant toute sa famille. Alors même qu'elle était si peu à l'aise par sa faute. Il la rabaissait.
Et malgré elle, un sentiment d'insuffisance se glissa dans ses membres. Qu'elle retint avant qu'il n'atteigne son cœur.
Elle s'entrainait. Avec acharnement, depuis des mois. Des années. Avec ses amis. Elle s'en sortait très bien. Voir, en toute modestie, très très bien. Ses notes en Sortilège et Défense Contre les Forces du Mal. Alors elle ne laisserait pas Thomas, peu importe qui il était, la discréditer de la sorte.
Aimée déplaça son genou sous la table en signe de soutien, ayant remarqué le changement sur le visage d'Élicia, qui faisait de son mieux pour sourire, bien que celui-ci soit terriblement faux. La rouquine avait tourné son visage vers Dorian, adoucissant son sourire et son regard.
- C'est en effet l'une des écoles que j'envisage. Quant à la filière, j'y réfléchis encore. La Compétition m'intéresse, mais l'Investigation me semble aussi être une belle voie pour mes études. Peut-être ferais je les deux, dit-elle avec calme. Quant à mes notes, je sais ce qu'elles détermineront. J'en suis plus que consciente. J'ai par ailleurs eu cette discussion avec mon professeur de Défense Contre les Forces du Mal, qui semble penser que je serais à même d'intégrer cette Grande École. Mes notes dans cette matière, ainsi qu'en Sortilège, sont suffisantes pour me permettre une entrée dans cette école, avec, certainement, un rang assez intéressant pour que je puisse avoir le choix de mon parcours.
Élicia bu une gorgée de son thé, apprécia de nouveau son odeur qui l'apaisa légèrement. Puis elle se tourna vers Thomas, et ses mots se firent plus tranchants.
- Quant à mes capacités, j'ai confiance en elles. Mon sang n'a rien à voir avec cela, et je m'entraine depuis suffisamment longtemps pour savoir que j'aurais ma place parmi les étudiants de cette école. J'ose espérer que les doyens de la GEAD mesurent leur étudiants pas leur talents, et non leur sang, sans quoi c'est peut-être moi qui abandonnerait cette ambition, puisqu'elle ne se plierait pas à mes valeurs. Elle fit une pause, son regard bleu planté dans celui de Thomas. Les flammes les plus brûlantes étaient bleues, et ses yeux à cet instant ne faisaient pas exception. Aussi, si vous voulez en savoir plus sur mes capacités en duel et que vous ne faîtes confiance qu'à ceux de votre sang, je vous suggérerais de demander à votre cousin. Aliosus et moi nous entrainons ensemble une fois par semaine depuis septembre dernier, et je doute qu'il s'embêterait à continuer si je ne représentais pas pour lui ne serait-ce qu'un semblant de défi.
Ses yeux restèrent dans ceux de Thomas avant qu'elle ne décide de tourner le regard, satisfaite de sa défense. Son genou s'appuya contre celui d'Aimée en réponse, pour la remercier de son soutien.
Enfin, ses questions seraient posées plus tard. Ailleurs. Sûrement pas ici.
Dorian exprima sa joie qu'Alice ne se retrouve pas seule à la GEAD. Pourtant, elle n'irait pas encore cette année. Si ? Alice était-elle à ce point douée qu'elle saute sa dernière année d'études à Beauxbâtons ? Sans douter de ses capacités, Élicia savait que c'était impossible. C'était l'année la plus déterminante, Aimée lui en avait déjà parlé. L'année durant laquelle Alice allait devoir présenter l'un de ses travaux au jury de l'école, qui allait l'évaluer. Enfin, si Élicia se souvenait bien de ce que son amie lui avait expliqué, un an plus tôt. Parce qu'Aimée avait terminé son cursus plus l'année précédente, et était entrée dans l'école des Beaux Arts Magique française, aussi renommée que l'était l'école moldue. Mais Aimée le méritait, avoir été major de promo toutes ses années.
Élicia ne trouva rien à dire aux paroles de Dorian. La fierté qui se lisait sur son visage la fit sourire. Son père serait-il aussi fière d'elle si elle entrait dans cette école ? Sûrement. Kenric l'avait toujours soutenue dans n'importe lequel de ses projets. Quant à Juliette... Tant que sa fille intégrait l'école de son choix, elle en serait heureuse. Quand bien même elle pouvait ne pas comprendre tous les enjeux de ce que cela signifiait.
Ce fut Thomas qui reprit la parole après son père, ne laissant pas à Élicia l'occasion de dire elle-même qu'elle envisageait d'intégrer la GEAD. Si jusqu'ici, elle avait ignoré le comportement désobligeant de Thomas, il commençait à l'agacer. Était-ce réellement nécessaire d'appuyer sur son statut pour la discréditer ? Il voulait juste lui nuire. Alcool ou pas, ce n'était pas correct, encore moins pour quelqu'un comme lui.
La jeune fille fronça les sourcils, son sourire disparaissant légèrement tandis qu'elle se tournait vers l'héritier. Il la ridiculisait devant toute sa famille. Alors même qu'elle était si peu à l'aise par sa faute. Il la rabaissait.
Et malgré elle, un sentiment d'insuffisance se glissa dans ses membres. Qu'elle retint avant qu'il n'atteigne son cœur.
Elle s'entrainait. Avec acharnement, depuis des mois. Des années. Avec ses amis. Elle s'en sortait très bien. Voir, en toute modestie, très très bien. Ses notes en Sortilège et Défense Contre les Forces du Mal. Alors elle ne laisserait pas Thomas, peu importe qui il était, la discréditer de la sorte.
Aimée déplaça son genou sous la table en signe de soutien, ayant remarqué le changement sur le visage d'Élicia, qui faisait de son mieux pour sourire, bien que celui-ci soit terriblement faux. La rouquine avait tourné son visage vers Dorian, adoucissant son sourire et son regard.
- C'est en effet l'une des écoles que j'envisage. Quant à la filière, j'y réfléchis encore. La Compétition m'intéresse, mais l'Investigation me semble aussi être une belle voie pour mes études. Peut-être ferais je les deux, dit-elle avec calme. Quant à mes notes, je sais ce qu'elles détermineront. J'en suis plus que consciente. J'ai par ailleurs eu cette discussion avec mon professeur de Défense Contre les Forces du Mal, qui semble penser que je serais à même d'intégrer cette Grande École. Mes notes dans cette matière, ainsi qu'en Sortilège, sont suffisantes pour me permettre une entrée dans cette école, avec, certainement, un rang assez intéressant pour que je puisse avoir le choix de mon parcours.
Élicia bu une gorgée de son thé, apprécia de nouveau son odeur qui l'apaisa légèrement. Puis elle se tourna vers Thomas, et ses mots se firent plus tranchants.
- Quant à mes capacités, j'ai confiance en elles. Mon sang n'a rien à voir avec cela, et je m'entraine depuis suffisamment longtemps pour savoir que j'aurais ma place parmi les étudiants de cette école. J'ose espérer que les doyens de la GEAD mesurent leur étudiants pas leur talents, et non leur sang, sans quoi c'est peut-être moi qui abandonnerait cette ambition, puisqu'elle ne se plierait pas à mes valeurs. Elle fit une pause, son regard bleu planté dans celui de Thomas. Les flammes les plus brûlantes étaient bleues, et ses yeux à cet instant ne faisaient pas exception. Aussi, si vous voulez en savoir plus sur mes capacités en duel et que vous ne faîtes confiance qu'à ceux de votre sang, je vous suggérerais de demander à votre cousin. Aliosus et moi nous entrainons ensemble une fois par semaine depuis septembre dernier, et je doute qu'il s'embêterait à continuer si je ne représentais pas pour lui ne serait-ce qu'un semblant de défi.
Ses yeux restèrent dans ceux de Thomas avant qu'elle ne décide de tourner le regard, satisfaite de sa défense. Son genou s'appuya contre celui d'Aimée en réponse, pour la remercier de son soutien.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off
Comme un cheveu roux sur le thé
Avait-elle bien vu ?
Elicia avait-elle froncé ses sourcils ? Avait-elle vraiment perdu son sourire si poli ? Alice se dressa un peu sur sa chaise, observant son frère, ignorant royalement Elicia, non sans perdre son regard rieur. Thomas était d’humeur particulièrement taquine, ce matin. Alice n’aimait point cela.
Elicia était déjà repartie dans ses échanges avec Père. Alice se détendit, et bu son thé à la rose. Elle écoutait distraitement la discussion, sans plus d’attention que cela. Tsss… des notes suffisantes. Elicia visait-elle la note juste ? Ah, comme il était agaçant d’entendre les autres se contenter du minimum. Certainement assez intéressant, disait-elle de ses notes. Alice se retint de lever les yeux au ciel. Comment Diable pouvait-on faire preuve d’aussi peu d’ambition ? Père avait décidé de considérer la Caldin comme une fille éphémère ? Alors qu’il lui inculque l’importance de l’excellence, en tout point. Suffisantes… Tante Elise grincerait des dents si il s’agissait de sa nièce.
Père sourit en écoutant la jeune femme. Il ne fit pas le moindre commentaire, mais sembla particulièrement satisfait des mots qu’il avait entendu. Père avait toujours été trop indulgent.
Et soudain, la douce Elicia Caldin enfila un masque qu’Alice n’aurait jamais pu deviner.
Elle se tourna vers Thomas… et trancha.
Mot après mot.
Thomas avait même tourné la tête vers elle, son menton appuyé dans la paume de sa main.
Elicia cracha sa confiance en elle au visage de l’héritier Sangblanc, qui écoutait, sans la couper. Son sourire était toujours bien accroché à ses lèvres, comme s’ils ne faisaient que poursuivre une conversation après une pause.
Elicia poursuivit. Et son regard ne plaisait plus du tout à Alice, qui sentit ses dents claquer d’un coup.
Dorian écoutait, son sourire s’évaporant.
Tante Elise restait désespérément muette, mais avait délaissé son thé.
Thomas ? Thomas souriait. Encore un peu plus. A chaque mot.
Surtout lorsque Elicia révéla ce qui devait être un secret puisqu’on n’en avait jamais parler à Alice.
La française sentit un poids tomber dans son ventre. Sans doute du pétrole, puisqu’elle sentit une flamme ardente remonter dans sa gorge.
Aliosus s’entraînait avec Elicia une fois par semaine depuis près d’une année… et il ne lui en avait pas parlé. Pourquoi ? Pourquoi ne lui en avait-il pas parlé ? Ne méritait-elle pas de savoir de quoi était fait son quotidien ? Qui faisait partie de son entourage ?
Une violente douleur lacéra le coeur d’Alice.
Elicia passait du temps avec son cousin, son adoré, son sang, l’être qu’elle aimait plus que sa propre vie… et osait utiliser cela comme une arme, ici, devant elle ? Chez elle ? Face à son frère ?
« Elicia… » soupira Thomas d’une voix chaude.« Loin de moi l’idée de vous sous-estimé. Croyez moi, je sais reconnaître le potentiel lorsque je le vois. Si par mégardes je vous ai offensé, je vous prie de bien vouloir accepter mes plus plates excuses. Loin de moi l’idée de vous manquer de respect. Promis. » Il lui sourit, découvrant ses petites dents pointues. « Je m’étais seulement en lumières les efforts qu’il vous faudra fournir pour vous faire accepter lors de vos futures années à la GEAD. Rien de plus, rien de moins. »
Il lui sourit encore, encore plus grand. Encore plus taquin. Il savait très bien ce qu’il provoquerait, et semblait en être très fier. De quoi, précisément ? Alice s’en moquait éperdument.
« Vous êtes donc une amie de mon neveu par alliance, Elicia ? » demanda Père. Alice le vit jeter une oeillade à Thomas qui, aussitôt, se releva, s’étira, et transplana. « Décidément, votre amitié semble être au goût du sang Nerrah. »
Père rit avec légéreté mais chaleur, comme si rien ne s’était passé. Comme si Thomas n’avait été qu’un cafard qu’il avait chassé d’un coup de botte.
Le pied d’Alice s’agitait sous la table. Ses ongles se plantaient dans la paume de sa main. Elle ne disait mot, mordait sa langue pour que cela reste ainsi.
Mais elle ne pouvait s’empêcher de regarder Elicia.
De la maudire autant que de l'envier.
Et cela lui faisait mal. Tellement mal.
Elicia avait-elle froncé ses sourcils ? Avait-elle vraiment perdu son sourire si poli ? Alice se dressa un peu sur sa chaise, observant son frère, ignorant royalement Elicia, non sans perdre son regard rieur. Thomas était d’humeur particulièrement taquine, ce matin. Alice n’aimait point cela.
Elicia était déjà repartie dans ses échanges avec Père. Alice se détendit, et bu son thé à la rose. Elle écoutait distraitement la discussion, sans plus d’attention que cela. Tsss… des notes suffisantes. Elicia visait-elle la note juste ? Ah, comme il était agaçant d’entendre les autres se contenter du minimum. Certainement assez intéressant, disait-elle de ses notes. Alice se retint de lever les yeux au ciel. Comment Diable pouvait-on faire preuve d’aussi peu d’ambition ? Père avait décidé de considérer la Caldin comme une fille éphémère ? Alors qu’il lui inculque l’importance de l’excellence, en tout point. Suffisantes… Tante Elise grincerait des dents si il s’agissait de sa nièce.
Père sourit en écoutant la jeune femme. Il ne fit pas le moindre commentaire, mais sembla particulièrement satisfait des mots qu’il avait entendu. Père avait toujours été trop indulgent.
Et soudain, la douce Elicia Caldin enfila un masque qu’Alice n’aurait jamais pu deviner.
Elle se tourna vers Thomas… et trancha.
Mot après mot.
Thomas avait même tourné la tête vers elle, son menton appuyé dans la paume de sa main.
Elicia cracha sa confiance en elle au visage de l’héritier Sangblanc, qui écoutait, sans la couper. Son sourire était toujours bien accroché à ses lèvres, comme s’ils ne faisaient que poursuivre une conversation après une pause.
Elicia poursuivit. Et son regard ne plaisait plus du tout à Alice, qui sentit ses dents claquer d’un coup.
Dorian écoutait, son sourire s’évaporant.
Tante Elise restait désespérément muette, mais avait délaissé son thé.
Thomas ? Thomas souriait. Encore un peu plus. A chaque mot.
Surtout lorsque Elicia révéla ce qui devait être un secret puisqu’on n’en avait jamais parler à Alice.
La française sentit un poids tomber dans son ventre. Sans doute du pétrole, puisqu’elle sentit une flamme ardente remonter dans sa gorge.
Aliosus s’entraînait avec Elicia une fois par semaine depuis près d’une année… et il ne lui en avait pas parlé. Pourquoi ? Pourquoi ne lui en avait-il pas parlé ? Ne méritait-elle pas de savoir de quoi était fait son quotidien ? Qui faisait partie de son entourage ?
Une violente douleur lacéra le coeur d’Alice.
Elicia passait du temps avec son cousin, son adoré, son sang, l’être qu’elle aimait plus que sa propre vie… et osait utiliser cela comme une arme, ici, devant elle ? Chez elle ? Face à son frère ?
« Elicia… » soupira Thomas d’une voix chaude.« Loin de moi l’idée de vous sous-estimé. Croyez moi, je sais reconnaître le potentiel lorsque je le vois. Si par mégardes je vous ai offensé, je vous prie de bien vouloir accepter mes plus plates excuses. Loin de moi l’idée de vous manquer de respect. Promis. » Il lui sourit, découvrant ses petites dents pointues. « Je m’étais seulement en lumières les efforts qu’il vous faudra fournir pour vous faire accepter lors de vos futures années à la GEAD. Rien de plus, rien de moins. »
Il lui sourit encore, encore plus grand. Encore plus taquin. Il savait très bien ce qu’il provoquerait, et semblait en être très fier. De quoi, précisément ? Alice s’en moquait éperdument.
« Vous êtes donc une amie de mon neveu par alliance, Elicia ? » demanda Père. Alice le vit jeter une oeillade à Thomas qui, aussitôt, se releva, s’étira, et transplana. « Décidément, votre amitié semble être au goût du sang Nerrah. »
Père rit avec légéreté mais chaleur, comme si rien ne s’était passé. Comme si Thomas n’avait été qu’un cafard qu’il avait chassé d’un coup de botte.
Le pied d’Alice s’agitait sous la table. Ses ongles se plantaient dans la paume de sa main. Elle ne disait mot, mordait sa langue pour que cela reste ainsi.
Mais elle ne pouvait s’empêcher de regarder Elicia.
De la maudire autant que de l'envier.
Et cela lui faisait mal. Tellement mal.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Comme un cheveu roux sur le thé
Voilà, elle avait dit ce qu'elle avait sur le cœur. Et maintenant que le feu était retombé à l'état de petites braises, elle avait froid. Et cette impression que ce froid venait de chacun des Sangblanc assis autour de cette table, à l'exception du patriarche qui ne semblait pas avoir vraiment compris ce qui avait été dis. Néanmoins, il n'avait certainement pas besoin de comprendre ses mots pour avoir compris le ton tranchant qu'elle avait pris, et elle espérait de tout coeur ne pas l'avoir froissé, lui. Ni Dorian qui avait pourtant perdu son sourire. Ou encore Elise, qui n'avait rien dit depuis le début. Et Alice... Par Merlin, Alice ne semblait pas ravie du tout non plus.
Peut-être aurait dû être plus fine que cela, au lieu de parler de cette manière à l'héritier. Que lui était il passé par la tête ?
Enfin, d'un autre côté, elle en avait marre d'être vue comme un animal sans défense qui se terrait dans un coin en attendant d'être oublier du regard des autres. Si elle s'était laissée écrasée, elle n'aurait certainement pas mérité être assise ici, en train de prendre son petit déjeuner sur le domaine des Sangblanc. Petit déjeuner qu'elle n'avait pas touché par ailleurs. Elle avait seulement bu un peu de son thé, contrairement à Aimée qui avait déjà entamé son croissant.
Pourtant, à cette instant, elle n'avait plus faim du tout. C'était comme si son estomac s'était retourné. Comme une envie de vomir, presque. Elle allait devoir faire comme si tout allait bien, alors même qu'elle mourait d'envie d'arracher ce beau sourire des lèvres de Thomas. Quel impertinent... Qui la faisait passer pour la folle du coin. Comme s'il ne l'avait pas insulté. Il détournait la signification de ses propres mots pour la discréditer. Quelle ordure.
Pourtant Élicia ne rougit pas. Elle maintint son regard, le laissa terminer ses excuses.
- Je sais quelles difficultés je devrais affronter. Je les affronte déjà plus ou moins à Poudlard. Alors ne m'insultez pas en sous-entendant que mon sang me rend inférieure à vos semblables. Je suis aussi à même que n'importe qui d'obtenir ce que je souhaite, Sang-Mêlée ou pas. Sachez également, monsieur, que ce sang est l'une de mes fiertés, alors ne le dénigrez pas.
Son ton s'était fait plus doux, mais pas moins confiant pour autant. Elle en avait marre de jouer la petite créature apeurée. Thomas avait touché la corde sensible qu'était son statut, profitant de l'occasion pour avertir sa famille qu'elle n'était "qu'à demie sorcière" comme certains se plaisaient à le dire. Certainement dans l'optique de l'embarrassée. Ou la pousser dans ses retranchements. Et ça la tuait de l'avouer, mais il y était arrivé. Elle n'oublierait pas de sitôt son petit jeu.
Élicia se tourna ensuite vers Dorian, retrouvant son doux sourire. Heureusement, celui-ci changea de sujet. Sur Aliosus, évidemment. Elle qui avait préféré éviter le sujet deux jours plus tôt, voilà qu'elle l'avait abordé ici devant toute la famille. Bien joué.
- Aliosus et moi nous connaissons depuis plusieurs années maintenant Monsieur. Nous avons des cours en commun, mais il s'avère que nous partageons aussi quelques passions et intérêts. Aliosus est en effet ce que l'on pourrait qualifier d'ami, et je suis heureuse de pouvoir compter sur lui.
Elle évitait scrupuleusement le regard d'Alice, sachant que parler ainsi que son cousin bien aimé risquait de compliquer leur relation à toute les deux. Et puis ces mots qu'elle lui avait adressé, un an plus tôt...
Sa gorge se noua à se souvenir, pourtant elle ne laissa rien paraître. Aliosus était un ami, et le resterait. Encore un moment. Le reste viendrait plus tard.
- Quant à mon amitié, j'ose espérer qu'elle leur convient, car je serais prête à bien des choses pour eux.
Enfin, elle coula un regard vers Alice, puis avala une nouvelle gorgée de thé, réchauffant et nouant sa gorge. Elle avait l'impression de marcher sur les braises de son propre feu.
Peut-être aurait dû être plus fine que cela, au lieu de parler de cette manière à l'héritier. Que lui était il passé par la tête ?
Enfin, d'un autre côté, elle en avait marre d'être vue comme un animal sans défense qui se terrait dans un coin en attendant d'être oublier du regard des autres. Si elle s'était laissée écrasée, elle n'aurait certainement pas mérité être assise ici, en train de prendre son petit déjeuner sur le domaine des Sangblanc. Petit déjeuner qu'elle n'avait pas touché par ailleurs. Elle avait seulement bu un peu de son thé, contrairement à Aimée qui avait déjà entamé son croissant.
Pourtant, à cette instant, elle n'avait plus faim du tout. C'était comme si son estomac s'était retourné. Comme une envie de vomir, presque. Elle allait devoir faire comme si tout allait bien, alors même qu'elle mourait d'envie d'arracher ce beau sourire des lèvres de Thomas. Quel impertinent... Qui la faisait passer pour la folle du coin. Comme s'il ne l'avait pas insulté. Il détournait la signification de ses propres mots pour la discréditer. Quelle ordure.
Pourtant Élicia ne rougit pas. Elle maintint son regard, le laissa terminer ses excuses.
- Je sais quelles difficultés je devrais affronter. Je les affronte déjà plus ou moins à Poudlard. Alors ne m'insultez pas en sous-entendant que mon sang me rend inférieure à vos semblables. Je suis aussi à même que n'importe qui d'obtenir ce que je souhaite, Sang-Mêlée ou pas. Sachez également, monsieur, que ce sang est l'une de mes fiertés, alors ne le dénigrez pas.
Son ton s'était fait plus doux, mais pas moins confiant pour autant. Elle en avait marre de jouer la petite créature apeurée. Thomas avait touché la corde sensible qu'était son statut, profitant de l'occasion pour avertir sa famille qu'elle n'était "qu'à demie sorcière" comme certains se plaisaient à le dire. Certainement dans l'optique de l'embarrassée. Ou la pousser dans ses retranchements. Et ça la tuait de l'avouer, mais il y était arrivé. Elle n'oublierait pas de sitôt son petit jeu.
Élicia se tourna ensuite vers Dorian, retrouvant son doux sourire. Heureusement, celui-ci changea de sujet. Sur Aliosus, évidemment. Elle qui avait préféré éviter le sujet deux jours plus tôt, voilà qu'elle l'avait abordé ici devant toute la famille. Bien joué.
- Aliosus et moi nous connaissons depuis plusieurs années maintenant Monsieur. Nous avons des cours en commun, mais il s'avère que nous partageons aussi quelques passions et intérêts. Aliosus est en effet ce que l'on pourrait qualifier d'ami, et je suis heureuse de pouvoir compter sur lui.
Elle évitait scrupuleusement le regard d'Alice, sachant que parler ainsi que son cousin bien aimé risquait de compliquer leur relation à toute les deux. Et puis ces mots qu'elle lui avait adressé, un an plus tôt...
"Crois moi. L’intérêt que tes amis Sang-Pur pourraient avoir pour toi fondra comme neige au Soleil le jour où leurs faits et gestes seront épiés par leurs aînés."
Sa gorge se noua à se souvenir, pourtant elle ne laissa rien paraître. Aliosus était un ami, et le resterait. Encore un moment. Le reste viendrait plus tard.
- Quant à mon amitié, j'ose espérer qu'elle leur convient, car je serais prête à bien des choses pour eux.
Enfin, elle coula un regard vers Alice, puis avala une nouvelle gorgée de thé, réchauffant et nouant sa gorge. Elle avait l'impression de marcher sur les braises de son propre feu.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off
Comme un cheveu roux sur le thé
Père était tout ce qu’on attendait d’un chef de famille. Il avait l’art et la manière de traiter ses invités avec le respect qui leur était dû tout en gardant ses sentiments sous scellés. Alice le savait, Père n’avait apprécier ni l’intervention de Thomas, ni la grossièreté d’Elicia. Pourtant, il continuait à sourire et à faire la discussion comme si jamais son héritier n’avait été insulté. Peut-être agissait-il ainsi car Elicia n’était qu’une enfant. Peut-être avait-il vu dans les paroles de son fils une taquinerie de trop.
La famille Sangblanc était habituée aux paroles parfois tranchantes d’un Thomas qui jouait avec une fil dangereusement fin. Il avait toujours agit ainsi, bien que sa langue ne se soit aiguisé au fil des années. Tous ici incombait son comportement à l’alcool qu’il buvait parfois par litre comme si il s’agissait d’un remède contre des maux qu’il ne savait exprimer. Il était alors traité comme il voulait qu’il le soit : un enfant espiègle à qui on pardonnait tout. Là était une démonstration d’amour sincère pour un homme malade qui refusait de ployer genoux tant qu’il porterait sa famille sur les épaules.
Et Elicia avait osé l’insulter.
Elicia avait osé insulter celui qui mourrait à petit feu pour un sang qu’il n’avait pas choisi de porter.
Père écoutait Elicia, enregistrant chaque information sur son amitié avec son neveu par alliance. Père n’avait jamais rencontré Aliosus, et le déplorait. Enfin, il l’avait vu lorsqu’il n’était encore qu’un nourrisson. Il avait vu sa femme lui présenter Alice, encore dans son ventre. Il l’avait vu lui parler en allemand, un doux sourire aux lèvres, ses longs doigts effleurant la joue du nouveau-né. Père avait aimé cet enfant avant même qu’il ne pressente quel amour il partagerait avec sa propre fille. Il les avait imaginé grandir ensemble, courir dans les champs de lavande, ici, sur les terres françaises. Il lui aurait apprit à jouer du piano, comme il l’avait fait avec Alice. Il l’aurait aimé comme un fils, car Dorian Sangblanc était ainsi.
« Je suis heureux de savoir qu’Aliosus à trouver en vous une amie, Elicia. »
Alice, elle, sentait sa magie fourmiller dans ses doigts comme des serpents agités. Plus Elicia parlait, et plus Alice se voyait la faire taire à coup de pied. Elle n’aimait pas ce qu’elle entendait. Elle ne voulait pas entendre qu’Aliosus et elle étaient amis. Aliosus etait son cousin. A elle. Si il devait s’entraîner au duel, c’était avec Alice. Si il devait avoir une amie, c’était Alice. Si il devait sourire, c’était avec Alice. Pas avec Elicia qui ne comprenait pas une once des problèmes que pouvaient rencontrer Aliosus. Elle n’avait aucune idée de ce qu’il portait sur ses épaules, ce a quoi il aimait songer lorsqu’il était seul, ni de quoi étaient fait ses rêves. Elle n’était pas légitime. Elle n’avait pas le droit.
Et lorsqu’elle osa se dire l’amie d’Alice, qu’elle ferait bien des choses pour eux, ce fut la goutte de trop.
Ses ongles se plantèrent si violemment dans ses paumes qu’Alice baissa la tête pour cacher une grimace de douleur. L’enchantement sur sa joue disparu d’un coup net. Pas assez longtemps pour qu’Aimée ne puisse la voir - fort heureusement - mais assez pour qu’Alice ne sache plus quoi faire de sa magie pendant quelques secondes.
« Je ne doute pas que vous êtes une amie d’exception », poursuivit Père dans un sourire.
« Je suis enchanté, vraiment, de savoir que vous serez au côté de mon Alice lorsqu’elle sera de retour en Grande-Bretagne. Un bon entourage est un bien précieux que l’on a trop tendance à négliger. Mademoiselle Pierlot ne me contrediras pas. N’est-ce pas ? »
Alice inspira lentement. Son enchantement de nouveau en place, elle sourit, et récupéra sa tartine de pain dorée. Elle y étala une belle cuillerée de confiture de fraise.
« Ma nièce. »
Alice jeta une œillade à sa tante, qui considérait que tartine était bien trop garnie à son goût.
Alice la déposa alors, et garda ses mains blessées sous la table. Elle souriait.
Elle sourirait encore.
La famille Sangblanc était habituée aux paroles parfois tranchantes d’un Thomas qui jouait avec une fil dangereusement fin. Il avait toujours agit ainsi, bien que sa langue ne se soit aiguisé au fil des années. Tous ici incombait son comportement à l’alcool qu’il buvait parfois par litre comme si il s’agissait d’un remède contre des maux qu’il ne savait exprimer. Il était alors traité comme il voulait qu’il le soit : un enfant espiègle à qui on pardonnait tout. Là était une démonstration d’amour sincère pour un homme malade qui refusait de ployer genoux tant qu’il porterait sa famille sur les épaules.
Et Elicia avait osé l’insulter.
Elicia avait osé insulter celui qui mourrait à petit feu pour un sang qu’il n’avait pas choisi de porter.
Père écoutait Elicia, enregistrant chaque information sur son amitié avec son neveu par alliance. Père n’avait jamais rencontré Aliosus, et le déplorait. Enfin, il l’avait vu lorsqu’il n’était encore qu’un nourrisson. Il avait vu sa femme lui présenter Alice, encore dans son ventre. Il l’avait vu lui parler en allemand, un doux sourire aux lèvres, ses longs doigts effleurant la joue du nouveau-né. Père avait aimé cet enfant avant même qu’il ne pressente quel amour il partagerait avec sa propre fille. Il les avait imaginé grandir ensemble, courir dans les champs de lavande, ici, sur les terres françaises. Il lui aurait apprit à jouer du piano, comme il l’avait fait avec Alice. Il l’aurait aimé comme un fils, car Dorian Sangblanc était ainsi.
« Je suis heureux de savoir qu’Aliosus à trouver en vous une amie, Elicia. »
Alice, elle, sentait sa magie fourmiller dans ses doigts comme des serpents agités. Plus Elicia parlait, et plus Alice se voyait la faire taire à coup de pied. Elle n’aimait pas ce qu’elle entendait. Elle ne voulait pas entendre qu’Aliosus et elle étaient amis. Aliosus etait son cousin. A elle. Si il devait s’entraîner au duel, c’était avec Alice. Si il devait avoir une amie, c’était Alice. Si il devait sourire, c’était avec Alice. Pas avec Elicia qui ne comprenait pas une once des problèmes que pouvaient rencontrer Aliosus. Elle n’avait aucune idée de ce qu’il portait sur ses épaules, ce a quoi il aimait songer lorsqu’il était seul, ni de quoi étaient fait ses rêves. Elle n’était pas légitime. Elle n’avait pas le droit.
Et lorsqu’elle osa se dire l’amie d’Alice, qu’elle ferait bien des choses pour eux, ce fut la goutte de trop.
Ses ongles se plantèrent si violemment dans ses paumes qu’Alice baissa la tête pour cacher une grimace de douleur. L’enchantement sur sa joue disparu d’un coup net. Pas assez longtemps pour qu’Aimée ne puisse la voir - fort heureusement - mais assez pour qu’Alice ne sache plus quoi faire de sa magie pendant quelques secondes.
« Je ne doute pas que vous êtes une amie d’exception », poursuivit Père dans un sourire.
« Je suis enchanté, vraiment, de savoir que vous serez au côté de mon Alice lorsqu’elle sera de retour en Grande-Bretagne. Un bon entourage est un bien précieux que l’on a trop tendance à négliger. Mademoiselle Pierlot ne me contrediras pas. N’est-ce pas ? »
Alice inspira lentement. Son enchantement de nouveau en place, elle sourit, et récupéra sa tartine de pain dorée. Elle y étala une belle cuillerée de confiture de fraise.
« Ma nièce. »
Alice jeta une œillade à sa tante, qui considérait que tartine était bien trop garnie à son goût.
Alice la déposa alors, et garda ses mains blessées sous la table. Elle souriait.
Elle sourirait encore.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Comme un cheveu roux sur le thé
Quelque chose avait mal tourné. Si lors de leur arrivé, le malaise venait de la surprise d'arriver sur les terres des Sangblanc, devant l'entièreté de la famille qui semblait ne pas s'y attendre non plus, désormais ce n'était plus la même raison. C'était comme si un voile de brume s'était étendu au dessus de leur tête, rendant l'atmosphère plus froide, plus floue, alors que les sourires restaient sur les lèvres. Figés. Polis.
La différence venait-elle de ses propres mots ? De la façon dont elle s'était défendue ? Qui avait-il de mal à montrer sa confiance en ses capacités. Où était le mal ? Peut-être se faisait-elle des idées, encore trop tendue par les paroles de Thomas.
Thomas qui était parti, d'ailleurs. Les laissant seules avec sa famille ici. Avait-il était bien intentionné en venant les chercher, quelques minutes plus tôt ? Quelques heures plus tôt ? Ça lui semblait si lointain...
Peut-être se faisait-elle des idées. Ou alors elle avait dit quelque chose qu'il ne fallait pas. Ou... Quelque chose clochait et elle n'osait pas regarder Aimée, de peur que son geste soit mal interprété.
Ses mains autour de ses tasses lui semblaient détachées de son corps. Elle les regardait, durant une seconde qui lui sembla durer dix minutes, se demandant si c'était bien les siennes alors qu'elle ne sentait pas la surface du récipient. Ou très légèrement, comme si son esprit c'était écarté trop loin pour que ses sens de se transmette jusqu'à lui. Et dans sa tête, un fourmillement insupportable de pensées. De remise en question. A quel moment ça avait dérapé ? Parce que c'était bien ce qu'il s'était passé. Le sourire de Dorian s'était effacé avant de revenir. Elle avait fait une erreur et malgré ses efforts, ne la trouvait pas. Thomas l'avait insulté par ses paroles, elle avait répondu, s'était défendue.
Trop longtemps elle s'était laissée faire, traitée comme une moins que rien par certains de ses propres camarades parce qu'ils se pensaient supérieurs. Trop longtemps elle avait gardé les lèvres closent, attendant que le nuage passe, préférant s'abstenir. Elle avait accepté de se laisser écraser sous les semelles des autres. Puis il y avait eu le Merlin, et cette promesse d'un avenir plus équitable. Tous méritaient le même respect. Elle était sorcière. Elle avait une partie de la culture moldue de sa mère dans les veines, mais depuis six ans c'était chez les sorciers qu'elle vivait. Elle se développait avec eux. Elle apprenait avec eux. C'était son monde à elle aussi. Et si elle avait du mal à rattraper son retard sur certains sujets, elle se sentait désormais chez elle.
Pourtant les mots de Thomas... lui avaient donnés l'impression qu'elle ne serait jamais acceptée. Ils avaient réveillés en elle une blessure qui n'avait pas encore totalement guérie. Cette douleur d'être rejetée pour quelque chose qui ne dépendait pas de sa volonté. Elle était née comme ça, et rien n'y changerait.
C'était pour cette raison que, malgré l'abandon de l'équipage, elle restait sur le navire du Merlin. Seule, dans l'attente du retour d'Alice. Elle ne voulait pas abandonner. Elle ne le pouvait pas. Ce n'était pourtant pas l'endroit pour en parler. Parce qu'elle le savait, aucun des adultes présents à cette table, pas même Aimée, ne savait ce qui liait vraiment Élicia et Alice. Ce n'était pas une amitié à proprement parlé, c'était... Un espoir. Chacune avec ses raisons, ses convictions. Chacune parcourait son propre chemin, mais elles avaient toutes deux un objectifs en commun.
Et Élicia espérait qu'un jour Alice verrait en elle plus qu'une simple recrue, mais une véritable alliée. Pour le moment, ce jour ne semblait pas arrivé.
Ses mains toujours sur sa tasse, Élicia leva les yeux vers Dorian, et lui sourit doucement. Un faible sourire, mais présent néanmoins. Elle n'arrivait pas à faire plus, pour l'instant. Consciente qu'il était inutile de revêtir un masque ici, ils le verraient tous.
- Ma porte lui sera toujours ouverte, si elle en a besoin, souffla-t-elle, son regard évitant Alice le plus possible. Elle savait sans avoir à la regarder qu'elle n'était certainement pas remontée dans son estime durant ces dernières minutes.
Elle n'ajouta rien, se contenta de sourire, puis pris une tartine. Le chef de famille avait dit plus tôt que la confiture était sa préférée, il serait certainement mal vu si elle ne faisait pas l'effort même d'y goûter.
C'est finalement Aimée qui prit le relai, introduite par la question du père d'Alice. Elle acquiesça à ses paroles avec un sourire poli.
- S'il y a bien une chose que l'on apprend à Beauxbâtons, c'est que l'entourage est indispensable à chaque personne. Il aide à déterminer un avenir, à tracer une voie et à soutenir dans chacune de ses entreprises. Elle s'arrêta, ses yeux glissant vers son amie. Certaines rencontres sont plus surprenantes que d'autres, mais pas moins importantes. Elles ouvrent seulement des voies différentes.
Cette fois si, les lèvres d'Élicia dessinèrent un sourire sincère à la française. Aimée avait vécu bien des choses, et pourtant elle gardait en elle cette douceur inébranlable que la Poufsouffle admirait. Pourtant, certains sujets étaient toujours difficilement abordables. La jeune fille était heureuse de savoir qu'Aimée pouvait trouver en Léonie le soutien et l'équilibre dont elle avait besoin. Ce rayon de soleil qui éloignait les souvenirs sombres de son amie.
La différence venait-elle de ses propres mots ? De la façon dont elle s'était défendue ? Qui avait-il de mal à montrer sa confiance en ses capacités. Où était le mal ? Peut-être se faisait-elle des idées, encore trop tendue par les paroles de Thomas.
Thomas qui était parti, d'ailleurs. Les laissant seules avec sa famille ici. Avait-il était bien intentionné en venant les chercher, quelques minutes plus tôt ? Quelques heures plus tôt ? Ça lui semblait si lointain...
Peut-être se faisait-elle des idées. Ou alors elle avait dit quelque chose qu'il ne fallait pas. Ou... Quelque chose clochait et elle n'osait pas regarder Aimée, de peur que son geste soit mal interprété.
Ses mains autour de ses tasses lui semblaient détachées de son corps. Elle les regardait, durant une seconde qui lui sembla durer dix minutes, se demandant si c'était bien les siennes alors qu'elle ne sentait pas la surface du récipient. Ou très légèrement, comme si son esprit c'était écarté trop loin pour que ses sens de se transmette jusqu'à lui. Et dans sa tête, un fourmillement insupportable de pensées. De remise en question. A quel moment ça avait dérapé ? Parce que c'était bien ce qu'il s'était passé. Le sourire de Dorian s'était effacé avant de revenir. Elle avait fait une erreur et malgré ses efforts, ne la trouvait pas. Thomas l'avait insulté par ses paroles, elle avait répondu, s'était défendue.
Trop longtemps elle s'était laissée faire, traitée comme une moins que rien par certains de ses propres camarades parce qu'ils se pensaient supérieurs. Trop longtemps elle avait gardé les lèvres closent, attendant que le nuage passe, préférant s'abstenir. Elle avait accepté de se laisser écraser sous les semelles des autres. Puis il y avait eu le Merlin, et cette promesse d'un avenir plus équitable. Tous méritaient le même respect. Elle était sorcière. Elle avait une partie de la culture moldue de sa mère dans les veines, mais depuis six ans c'était chez les sorciers qu'elle vivait. Elle se développait avec eux. Elle apprenait avec eux. C'était son monde à elle aussi. Et si elle avait du mal à rattraper son retard sur certains sujets, elle se sentait désormais chez elle.
Pourtant les mots de Thomas... lui avaient donnés l'impression qu'elle ne serait jamais acceptée. Ils avaient réveillés en elle une blessure qui n'avait pas encore totalement guérie. Cette douleur d'être rejetée pour quelque chose qui ne dépendait pas de sa volonté. Elle était née comme ça, et rien n'y changerait.
C'était pour cette raison que, malgré l'abandon de l'équipage, elle restait sur le navire du Merlin. Seule, dans l'attente du retour d'Alice. Elle ne voulait pas abandonner. Elle ne le pouvait pas. Ce n'était pourtant pas l'endroit pour en parler. Parce qu'elle le savait, aucun des adultes présents à cette table, pas même Aimée, ne savait ce qui liait vraiment Élicia et Alice. Ce n'était pas une amitié à proprement parlé, c'était... Un espoir. Chacune avec ses raisons, ses convictions. Chacune parcourait son propre chemin, mais elles avaient toutes deux un objectifs en commun.
Et Élicia espérait qu'un jour Alice verrait en elle plus qu'une simple recrue, mais une véritable alliée. Pour le moment, ce jour ne semblait pas arrivé.
Ses mains toujours sur sa tasse, Élicia leva les yeux vers Dorian, et lui sourit doucement. Un faible sourire, mais présent néanmoins. Elle n'arrivait pas à faire plus, pour l'instant. Consciente qu'il était inutile de revêtir un masque ici, ils le verraient tous.
- Ma porte lui sera toujours ouverte, si elle en a besoin, souffla-t-elle, son regard évitant Alice le plus possible. Elle savait sans avoir à la regarder qu'elle n'était certainement pas remontée dans son estime durant ces dernières minutes.
Elle n'ajouta rien, se contenta de sourire, puis pris une tartine. Le chef de famille avait dit plus tôt que la confiture était sa préférée, il serait certainement mal vu si elle ne faisait pas l'effort même d'y goûter.
C'est finalement Aimée qui prit le relai, introduite par la question du père d'Alice. Elle acquiesça à ses paroles avec un sourire poli.
- S'il y a bien une chose que l'on apprend à Beauxbâtons, c'est que l'entourage est indispensable à chaque personne. Il aide à déterminer un avenir, à tracer une voie et à soutenir dans chacune de ses entreprises. Elle s'arrêta, ses yeux glissant vers son amie. Certaines rencontres sont plus surprenantes que d'autres, mais pas moins importantes. Elles ouvrent seulement des voies différentes.
Cette fois si, les lèvres d'Élicia dessinèrent un sourire sincère à la française. Aimée avait vécu bien des choses, et pourtant elle gardait en elle cette douceur inébranlable que la Poufsouffle admirait. Pourtant, certains sujets étaient toujours difficilement abordables. La jeune fille était heureuse de savoir qu'Aimée pouvait trouver en Léonie le soutien et l'équilibre dont elle avait besoin. Ce rayon de soleil qui éloignait les souvenirs sombres de son amie.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off
Comme un cheveu roux sur le thé
Alice n’écoutait plus vraiment. Elle n’en avait plus envie, et espérait que ce calvaire se termine très prochainement. Thomas s’était bien amusé, sa famille avait pu rencontrer deux jeunes filles qui leur étaient opposés en tout point et Père avait pu prendre des nouvelles de son neveu par alliance. Fort bien. A présent, que cela cesse. Qu’elles s’en aillent et emportent avec elles autant de croissant qu’elles désiraient. Alice n’aspirait qu’à la tranquillité. Et à rejoindre son frère tant pour le corriger que pour s’assurer qu’il se portait bien.
Dorian recevait les mots d’Elicia avec un beau sourire, celui d’un père qui aimait savoir que sa fille aurait toujours une alliée.
Non. Une traîtresse. Une parjure. Une voleuse. Une…
Alice sourit.
Grand-Père leva les yeux vers Aimée lorsque, enfin, on se mit à parler dans sa langue. Ce qu’il entendait semblait lui plaire. Il gratifia sa petite fille d’un sourire, pensant que les mots d’Aimée lui était adressée. Alice ne contrerait dit pas. Grand-Père n’avait pas besoin de savoir qu’Alice n’avait qu’une amie en la personne de Léonie. Le Patriarche avait toujours mis un point d’honneur sur la nécessité d’avoir un entourage solide. Alice devait avoir des amis. Beaucoup d’amis. De qualité et de confiance. Entendre une si jeune fille lui donner raison satisfaisait le vieil homme.
Voilà pourquoi Alice se tairait.
Père n’émit aucun commentaire, laissant les deux sorcières s’échanger tant de regard que de promesse d’amitié non dîtes. Il récupéra son café, et se laissa aller à la contemplation de ces beaux sourires.
Le petit déjeuner avançait tranquillement. Tante Élise échangeait quelques mots avec son frère. Grand-Père déjeunait sans un bruit. Thomas n’était toujours pas revenu. Alice ? Alice buvait son thé et ne mangeait plus. Elle n’avait plus faim.
Soudain, Alice perçu du mouvement du côté de Grand-Père. Ses paupières étaient closes, ses doigts fanés s’agitaient un peu, se frottant les uns contre les autres avec difficulté. Encore et toujours ces maudites douleurs. Il ne faisait pas bon vieillir.
Alice se releva et se glissa derrière son grand-père.
« Venez, Grand-Père. Il faut vous reposer. »
Alice l’aida à se relever, repoussant en silence ses contestations.
Tante Elise se leva à son tour. Elle se pencha à l’oreille d’Alice. «Vous avez des invitées, ma nièce. Ne soyez pas impolie », murmura la belle dame en lui volant son grand-père. Alice la laissa faire, reculant d’un pas, rongeant son frein en silence.
Les deux Sangblanc s’éloignèrent vers la maison d’un pas lent, sans un mot de plus pour leurs invitées.
Dorian observa son père et sa sœur. Il se leva à son tour, et sourit à l’anglaise et son ami.
« Pourquoi n’iriez-vous pas profiter du domaine ? Alice se fera une joie de vous faire visiter nos terres. N’est-ce pas, trésor ? »
Après avoir maudit son père en songe, Alice exécuta une belle révérence adressée aux deux parasites.
« Je vous en prie, suivez moi. Elicia, je pense qu’il te plaira de rencontrer Corvenin. »
Au nom de l’hippogriffe, Dorian sourit, et rejoignit sa fille qui s’apprêtait déjà à prendre le chemin longeant la forêt. Il lui déposa un baiser sur le crâne, long, suffisamment pour qu’il puisse murmurer à sa fille de ne pas tenter le diable. Père connaissait le caractère... difficile de Corvenin.
Alice opina du chef, et fit signe aux sorcières de la suivre.
Non, Alice ne tenterait pas le diable… mais peut-être tenterait-elle Corvenin.
Alice laissa le jardin et sa pergola derrière elles, et traversa le jardin aux milles fleurs pour rejoindre la forêt de sapin qui s’étendait tout autour du domaine. Un chemin longeait les bois sur peut-être deux cent mètres. Les oiseaux matinaux chantaient dans la cime des conifères. Alice les écoutait, comme chaque jour.
Au bout d’un certain temps, la forêt s’ouvrait sur une plaine. Les hippogriffes y paissaient tranquillement.
Grand-Griffe était allongée dans l’herbe haute, ses grandes ailes d’or repliées sur son dos, observant paresseusement son compagnon et son fils.
« Voici Grand-Griffe, que vous avez pu admirer lors de la course que ma tante à disputer » présenta Alice d’une main tendue. Elle désigna ensuite les deux autres. « Ici, au plumage noir, Féal. Et là bas, Corvenin. Mon hippogriffe. »
Féal était bien trop occupé à attendre qu’une taupe daigne sortir de son tunnel. Corvenin, en revanche, s’était arrêté de galoper à la seconde même où la voix d’Alice avait retentit. Il déploya ses longues ailes noirs aux reflets bleutés pour les secouer dans le vide.
Dorian recevait les mots d’Elicia avec un beau sourire, celui d’un père qui aimait savoir que sa fille aurait toujours une alliée.
Non. Une traîtresse. Une parjure. Une voleuse. Une…
Alice sourit.
Grand-Père leva les yeux vers Aimée lorsque, enfin, on se mit à parler dans sa langue. Ce qu’il entendait semblait lui plaire. Il gratifia sa petite fille d’un sourire, pensant que les mots d’Aimée lui était adressée. Alice ne contrerait dit pas. Grand-Père n’avait pas besoin de savoir qu’Alice n’avait qu’une amie en la personne de Léonie. Le Patriarche avait toujours mis un point d’honneur sur la nécessité d’avoir un entourage solide. Alice devait avoir des amis. Beaucoup d’amis. De qualité et de confiance. Entendre une si jeune fille lui donner raison satisfaisait le vieil homme.
Voilà pourquoi Alice se tairait.
Père n’émit aucun commentaire, laissant les deux sorcières s’échanger tant de regard que de promesse d’amitié non dîtes. Il récupéra son café, et se laissa aller à la contemplation de ces beaux sourires.
Le petit déjeuner avançait tranquillement. Tante Élise échangeait quelques mots avec son frère. Grand-Père déjeunait sans un bruit. Thomas n’était toujours pas revenu. Alice ? Alice buvait son thé et ne mangeait plus. Elle n’avait plus faim.
Soudain, Alice perçu du mouvement du côté de Grand-Père. Ses paupières étaient closes, ses doigts fanés s’agitaient un peu, se frottant les uns contre les autres avec difficulté. Encore et toujours ces maudites douleurs. Il ne faisait pas bon vieillir.
Alice se releva et se glissa derrière son grand-père.
« Venez, Grand-Père. Il faut vous reposer. »
Alice l’aida à se relever, repoussant en silence ses contestations.
Tante Elise se leva à son tour. Elle se pencha à l’oreille d’Alice. «Vous avez des invitées, ma nièce. Ne soyez pas impolie », murmura la belle dame en lui volant son grand-père. Alice la laissa faire, reculant d’un pas, rongeant son frein en silence.
Les deux Sangblanc s’éloignèrent vers la maison d’un pas lent, sans un mot de plus pour leurs invitées.
Dorian observa son père et sa sœur. Il se leva à son tour, et sourit à l’anglaise et son ami.
« Pourquoi n’iriez-vous pas profiter du domaine ? Alice se fera une joie de vous faire visiter nos terres. N’est-ce pas, trésor ? »
Après avoir maudit son père en songe, Alice exécuta une belle révérence adressée aux deux parasites.
« Je vous en prie, suivez moi. Elicia, je pense qu’il te plaira de rencontrer Corvenin. »
Au nom de l’hippogriffe, Dorian sourit, et rejoignit sa fille qui s’apprêtait déjà à prendre le chemin longeant la forêt. Il lui déposa un baiser sur le crâne, long, suffisamment pour qu’il puisse murmurer à sa fille de ne pas tenter le diable. Père connaissait le caractère... difficile de Corvenin.
Alice opina du chef, et fit signe aux sorcières de la suivre.
Non, Alice ne tenterait pas le diable… mais peut-être tenterait-elle Corvenin.
Alice laissa le jardin et sa pergola derrière elles, et traversa le jardin aux milles fleurs pour rejoindre la forêt de sapin qui s’étendait tout autour du domaine. Un chemin longeait les bois sur peut-être deux cent mètres. Les oiseaux matinaux chantaient dans la cime des conifères. Alice les écoutait, comme chaque jour.
Au bout d’un certain temps, la forêt s’ouvrait sur une plaine. Les hippogriffes y paissaient tranquillement.
Grand-Griffe était allongée dans l’herbe haute, ses grandes ailes d’or repliées sur son dos, observant paresseusement son compagnon et son fils.
« Voici Grand-Griffe, que vous avez pu admirer lors de la course que ma tante à disputer » présenta Alice d’une main tendue. Elle désigna ensuite les deux autres. « Ici, au plumage noir, Féal. Et là bas, Corvenin. Mon hippogriffe. »
Féal était bien trop occupé à attendre qu’une taupe daigne sortir de son tunnel. Corvenin, en revanche, s’était arrêté de galoper à la seconde même où la voix d’Alice avait retentit. Il déploya ses longues ailes noirs aux reflets bleutés pour les secouer dans le vide.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Comme un cheveu roux sur le thé
Fort heureusement pour Élicia, l'attention de ses hôtes s'étaient redirigée vers leur petit-déjeuner, aussi en firent-elles autant, Aimée et elle.
Élicia découvrit avec un plaisir non feint le goût du croissant au beurre, apprécia sa tartine de confiture à sa juste valeur. Elle se contenta de voguer dans ses pensées, ne prononçant plus un mot. C'était agréable, après tout ce qui était arrivé depuis son réveil et tout ce qui avait été dit ces derniers instants. Pourtant, elle n'arrivait pas à se détendre tout à fait. Bien que plus à l'aise et dégustant l'un des meilleurs petits-déjeuners de sa vie, ça n'empêchait pas que le tableau face à lequel elle était ne changeait pas. Elle était toujours assise sur la terrasse du domaine des Sangblanc, avec l'ensemble de la famille - bien que Thomas ne soit pas revenu. A milles lieues de chez elle. Et pour la première fois depuis qu'elle était arrivée en France quelques jours plus tôt, elle avait le mal du pays.
Sa famille lui manquait. Ses parents, aussi doux que Dorian semblait l'être. Kenric s'entendrait certainement bien avec lui, si un jour ils avaient l'occasion de se rencontrer. Juliette... Juliette était moldue, aussi Élicia préférait éviter à sa mère de se retrouver dans un environnement qui la mettrait encore plus mal à l'aise qu'elle-même.
Puis elle pensa à Raphael et Emma. Le premier soufflait enfin après ses dernières semaines à réviser pour ses BUSES, et devait certainement profiter de ses journées libres pour retrouver des amis. Emma, quant à elle, devait traîner à la maison avec la sœur de Lumah, à jouer avec leurs animaux de compagnies. Élicia avait confié à sa petite sœur la mission de s'occuper de Smiriti, et elle ne doutait pas un seul instant qu'Emma ne se soit défilée, elle qui aimait tant la boule de poils.
Le déjeuner passa, et tandis qu'Élicia finissait son thé, son attention fut reportée sur Alice qui s'apprêtait à aider son grand-père. Devancée par sa tante. Aimée se leva la première, suivit rapidement de l'anglaise, et toutes deux ployèrent légèrement le genou dans une révérence pour saluer le patriarche et sa fille. Aimée était bien plus douée dans ce mouvement, pourtant Élicia ne rougit pas, garda son sourire sur ses lèvres et se releva lorsque Dorian proposa à Alice de leur montrer le domaine. Rester seules avec elle... Après tout ce qu'Élicia avait dit, elle doutait que ce soit une bonne idée. Pourtant elle remercia le chef de famille d'un sourire.
- Ce fut un plaisir de vous rencontrer, dit-elle à l'intention de Dorian avant qu'il ne s'en aille. Puis elle posa son regard sur Alice. Corvenin ? Ce nom lui disait quelque chose... Pourtant, elle était bien incapable de le remettre sur son propriétaire. Tant pis, elle allait bien vite faire la rencontre de ce Corvenin, qui que ce soit.
Les trois jeunes filles traversèrent donc le domaine, en silence. Ni Élicia, encore moins Aimée, n'osèrent interrompre le fragile voile de calme qui semblait régner entre les fleurs et la forêt. Elles se contentèrent donc d'observer, sans trop montrer leur curiosité, tout ce qui se présentait à elle. D'une certaine manière les jardins rappelaient à Élicia ceux qu'elle avait pu voir à Beauxbâtons, plus d'un an plus tôt. La France avait cette réputation, et que ce soit dans son école de magie ou dans le domaine des Sangblanc, elle était respectée et entretenue.
La rouquine s'autorisa un sourire sincère, ses yeux s'imprégnant de la beauté des lieux, tout comme son odorat. Un mélange d'effluves florales et de pins s'imposait à ses sens, pour son plus grand bonheur. Elle essaya de conserver cette sensation pour pouvoir s'en souvenir plus tard. Tout comme elle garda dans son esprit chaque détail de l'allée qu'elle voyait, et du domaine derrière elle, pour le peindre un jour, peut-être.
Élicia s'arrêta net en apercevant les hippogriffes. Elle avait entendu bien des choses à leur sujet, en avait vu de loin deux jours plus tôt... Mais ne s'en était jamais autant approché. Pourtant elle savait que ces créatures étaient très fières, qu'il ne fallait pas les approcher n'importe comment... Seulement, ce cours là était pour les septièmes années, aussi elle n'avait pas encore eu les informations dont elle manquait cruellement maintenant.
Son cœur commença à battre plus vite dans sa poitrine tandis que ses yeux allaient d'un hippogriffe à un autre. Impressionnés. Qu'ils étaient beaux...
- Ils sont... sublimes. C'est tout ce qu'elle trouva à dire. Elle ne tiqua même pas lorsqu'Alice précisa que Corvenin était son hippogriffe, à elle.
Et lorsque celui-ci s'arrêta et tourna sa tête vers elles - vers Alice - son cœur s'arrêta simplement de battre. Que fallait-il faire ?
Heureusement, Aimée semblait connaître les hippogriffes et leur habitudes car elle baissa le regard et ploya le genou en une nouvelle révérence, qu'Élicia s'empressa d'imiter. Il ne lui restait plus qu'à attendre et espérer que ce serait suffisant pour ne pas se faire pincer, ou pire, piétiner.
Élicia découvrit avec un plaisir non feint le goût du croissant au beurre, apprécia sa tartine de confiture à sa juste valeur. Elle se contenta de voguer dans ses pensées, ne prononçant plus un mot. C'était agréable, après tout ce qui était arrivé depuis son réveil et tout ce qui avait été dit ces derniers instants. Pourtant, elle n'arrivait pas à se détendre tout à fait. Bien que plus à l'aise et dégustant l'un des meilleurs petits-déjeuners de sa vie, ça n'empêchait pas que le tableau face à lequel elle était ne changeait pas. Elle était toujours assise sur la terrasse du domaine des Sangblanc, avec l'ensemble de la famille - bien que Thomas ne soit pas revenu. A milles lieues de chez elle. Et pour la première fois depuis qu'elle était arrivée en France quelques jours plus tôt, elle avait le mal du pays.
Sa famille lui manquait. Ses parents, aussi doux que Dorian semblait l'être. Kenric s'entendrait certainement bien avec lui, si un jour ils avaient l'occasion de se rencontrer. Juliette... Juliette était moldue, aussi Élicia préférait éviter à sa mère de se retrouver dans un environnement qui la mettrait encore plus mal à l'aise qu'elle-même.
Puis elle pensa à Raphael et Emma. Le premier soufflait enfin après ses dernières semaines à réviser pour ses BUSES, et devait certainement profiter de ses journées libres pour retrouver des amis. Emma, quant à elle, devait traîner à la maison avec la sœur de Lumah, à jouer avec leurs animaux de compagnies. Élicia avait confié à sa petite sœur la mission de s'occuper de Smiriti, et elle ne doutait pas un seul instant qu'Emma ne se soit défilée, elle qui aimait tant la boule de poils.
Le déjeuner passa, et tandis qu'Élicia finissait son thé, son attention fut reportée sur Alice qui s'apprêtait à aider son grand-père. Devancée par sa tante. Aimée se leva la première, suivit rapidement de l'anglaise, et toutes deux ployèrent légèrement le genou dans une révérence pour saluer le patriarche et sa fille. Aimée était bien plus douée dans ce mouvement, pourtant Élicia ne rougit pas, garda son sourire sur ses lèvres et se releva lorsque Dorian proposa à Alice de leur montrer le domaine. Rester seules avec elle... Après tout ce qu'Élicia avait dit, elle doutait que ce soit une bonne idée. Pourtant elle remercia le chef de famille d'un sourire.
- Ce fut un plaisir de vous rencontrer, dit-elle à l'intention de Dorian avant qu'il ne s'en aille. Puis elle posa son regard sur Alice. Corvenin ? Ce nom lui disait quelque chose... Pourtant, elle était bien incapable de le remettre sur son propriétaire. Tant pis, elle allait bien vite faire la rencontre de ce Corvenin, qui que ce soit.
Les trois jeunes filles traversèrent donc le domaine, en silence. Ni Élicia, encore moins Aimée, n'osèrent interrompre le fragile voile de calme qui semblait régner entre les fleurs et la forêt. Elles se contentèrent donc d'observer, sans trop montrer leur curiosité, tout ce qui se présentait à elle. D'une certaine manière les jardins rappelaient à Élicia ceux qu'elle avait pu voir à Beauxbâtons, plus d'un an plus tôt. La France avait cette réputation, et que ce soit dans son école de magie ou dans le domaine des Sangblanc, elle était respectée et entretenue.
La rouquine s'autorisa un sourire sincère, ses yeux s'imprégnant de la beauté des lieux, tout comme son odorat. Un mélange d'effluves florales et de pins s'imposait à ses sens, pour son plus grand bonheur. Elle essaya de conserver cette sensation pour pouvoir s'en souvenir plus tard. Tout comme elle garda dans son esprit chaque détail de l'allée qu'elle voyait, et du domaine derrière elle, pour le peindre un jour, peut-être.
Élicia s'arrêta net en apercevant les hippogriffes. Elle avait entendu bien des choses à leur sujet, en avait vu de loin deux jours plus tôt... Mais ne s'en était jamais autant approché. Pourtant elle savait que ces créatures étaient très fières, qu'il ne fallait pas les approcher n'importe comment... Seulement, ce cours là était pour les septièmes années, aussi elle n'avait pas encore eu les informations dont elle manquait cruellement maintenant.
Son cœur commença à battre plus vite dans sa poitrine tandis que ses yeux allaient d'un hippogriffe à un autre. Impressionnés. Qu'ils étaient beaux...
- Ils sont... sublimes. C'est tout ce qu'elle trouva à dire. Elle ne tiqua même pas lorsqu'Alice précisa que Corvenin était son hippogriffe, à elle.
Et lorsque celui-ci s'arrêta et tourna sa tête vers elles - vers Alice - son cœur s'arrêta simplement de battre. Que fallait-il faire ?
Heureusement, Aimée semblait connaître les hippogriffes et leur habitudes car elle baissa le regard et ploya le genou en une nouvelle révérence, qu'Élicia s'empressa d'imiter. Il ne lui restait plus qu'à attendre et espérer que ce serait suffisant pour ne pas se faire pincer, ou pire, piétiner.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off
Comme un cheveu roux sur le thé
Alice jeta un bref regard oblique aux révérences des deux jeunes femmes. A quelques dizaines de mètres plus loin, Corvenin frappa le sol d’une patte griffue. Il se détourna des trois sorcières pour leur présenter sa croupe, et parti au grand galop, expédiant des mottes de terres dans son sillage. Il frôla l’aile de sa mère couchée au sol qui le sermonna d’une piaillement aiguë. Alice observa la scène sans un sourire. Elle était bien trop habituée aux élans de Corvenin. C’était un vilain hippogriffe ou, comme dirait Grand-Père, un enfant dans un corps d’adulte. L’image fonctionnerait à merveille si l’enfant ne pouvait pas arracher un bras d’un coup de bec.
Enfin, Féal sembla avoir réussi à trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Il frappa le sol d’un grand coup pour s’ancrer dans la terre tout en faisant claquer son bec sur le corps encore vif d’une taupe bien grasse. Un autre coup de bec, et la bête cessa de gesticuler. Féal étendit son cou vers le ciel et fit descendre la taupe dans sa gorge. Alice observa la scène, un sourire sincère venant chasser son masque d’apparat. Si elle détestait devoir les nourrir, elle aimait voir les hippogriffes traquer leur propre pitance. Il était rare de les voir faire, car les nourrir à la main avait finir par les rendre paresseux. Féal, lui, avait garder un goût pour la chasse qui ravissait la petite Alice qui sommeillait encore. Celle qui s’était prit de passion pour les dragons et autres créatures anthropophages tels que les kelpies. Ah… les kelpies… Alice rêvait tant d’en voir un de ces propres yeux. De retour en Grande-Bretagne, Alice s’empresserait de rejoindre les lochs d’Ecosse pour tenter d’en débusquer un. Juste un. Juste une fois. Seulement pour pouvoir l’admirer.
Sa robe pincée entre ses doigts, Alice pénétra dans le pré. Elle jeta un regard à Elicia par dessus son épaule.
« Ils sont encore plus beau de près. Viens. »
Alice espérait de tout coeur que Corvenin s’approche. Qu’il use de fourberie pour s’approcher, comme il avait coutume de le faire. Elicia approcherait alors sa main, et …
« Ne tournez pas le dos à Corvenin », se surprit-elle à dire à voix haute. « Et si il s’approche de vous frontalement, préparez vous à reculer. Il a une sainte horreur de la gent féminine. »
Alice maudit en silence cette pauvre chose qu’était sa conscience et s’avança dans le pré. Elle contourna Féal tout en le saluant bas, mais l’hippogriffe était trop occupé à engloutir sa taupe. Alice rejoignit Grand-Griffe. A sa hauteur, elle s’inclina bas, avec tout le respect que l’on doit avoir pour une mère.
Grand-Griffe inclina respectueusement la tête vers Alice, puis darda son regard doré sur Elicia et son amie.
Enfin, Féal sembla avoir réussi à trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Il frappa le sol d’un grand coup pour s’ancrer dans la terre tout en faisant claquer son bec sur le corps encore vif d’une taupe bien grasse. Un autre coup de bec, et la bête cessa de gesticuler. Féal étendit son cou vers le ciel et fit descendre la taupe dans sa gorge. Alice observa la scène, un sourire sincère venant chasser son masque d’apparat. Si elle détestait devoir les nourrir, elle aimait voir les hippogriffes traquer leur propre pitance. Il était rare de les voir faire, car les nourrir à la main avait finir par les rendre paresseux. Féal, lui, avait garder un goût pour la chasse qui ravissait la petite Alice qui sommeillait encore. Celle qui s’était prit de passion pour les dragons et autres créatures anthropophages tels que les kelpies. Ah… les kelpies… Alice rêvait tant d’en voir un de ces propres yeux. De retour en Grande-Bretagne, Alice s’empresserait de rejoindre les lochs d’Ecosse pour tenter d’en débusquer un. Juste un. Juste une fois. Seulement pour pouvoir l’admirer.
Sa robe pincée entre ses doigts, Alice pénétra dans le pré. Elle jeta un regard à Elicia par dessus son épaule.
« Ils sont encore plus beau de près. Viens. »
Alice espérait de tout coeur que Corvenin s’approche. Qu’il use de fourberie pour s’approcher, comme il avait coutume de le faire. Elicia approcherait alors sa main, et …
« Ne tournez pas le dos à Corvenin », se surprit-elle à dire à voix haute. « Et si il s’approche de vous frontalement, préparez vous à reculer. Il a une sainte horreur de la gent féminine. »
Alice maudit en silence cette pauvre chose qu’était sa conscience et s’avança dans le pré. Elle contourna Féal tout en le saluant bas, mais l’hippogriffe était trop occupé à engloutir sa taupe. Alice rejoignit Grand-Griffe. A sa hauteur, elle s’inclina bas, avec tout le respect que l’on doit avoir pour une mère.
Grand-Griffe inclina respectueusement la tête vers Alice, puis darda son regard doré sur Elicia et son amie.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Comme un cheveu roux sur le thé
Élicia garda sa posture, particulièrement attentive aux gestes de l'hippogriffe et à ceux d'Aimée. Son souffle avait ralenti, elle n'osait plus faire le moindre bruit, à peine respirer.
Quand son amie se redressa enfin, elle reçut ça comme une invitation à faire de même, convaincue que le danger était écarté... Pour l'instant.
Heureusement, Corvenin, après un coup de sabot qui avait pétrifié d'angoisse le coeur de la rouquine, était parti au galop, s'éloignant d'elles. Pour combien de temps, elle n'en avait aucune idée et resterait vigilante, mais c'était toujours ça de gagné. N'est-ce pas ?
Élicia observa Alice entrer dans le pré, s'attendant au pire... Qui ne tarda pas à arriver. Venir avec elle ? S'approcher ? Était-ce réellement nécessaire ? De loin ces créatures restaient vraiment splendide, il était inutile de venir plus près...
Pourtant la jeune fille sourit doucement et acquiesça. Elle jeta un coup d'oeil à Aimée, vérifiant que celle-ci était toujours là. Qu'elle restait à ses côtés, "au cas où".
En temps normal elle n'avait besoin de personne face à Alice, mais là... Là ce n'était pas Alice qui l'inquiétait le plus. Ici, c'était les trois hippogriffes et sa méconnaissance à leur sujet. Élicia avait besoin de la présence de son amie, ne serait-ce que pour savoir quoi faire.
Aimée lui rendit son sourire, une expression se voulant rassurante sur le visage. Son angoisse était-elle aussi évidente ?
Les deux entrèrent donc dans le pré à la suite de leur hôte, leur regards fixés sur les deux créatures restantes dans leur champ de vision.
Lorsqu'Alice salua Féal d'une élégante révérence, Aimée l'imita, suivit d'Élicia. Pourtant la créature ne leur accorda pas même un regard, trop concentrée sur son repas. Les épaules de la rouquine se détendirent, juste le temps que les trois jeunes filles s'approchent du second hippogriffe, la monture qu'elles avaient pu admirer plus tôt lors de la course de la tante d'Alice.
De nouveau, les deux amies suivirent Alice et firent la révérence. Mais cette fois, le regard perçant de l'hippogriffe se braqua sur elles, et Élicia crut que toute l'air de ses poumons s'était envolée, tant elle n'osait inspirer. Ni même expirer. Une statue, voilà ce qu'elle était devenue, son angoisse montant au fil des secondes qui passaient.
Et son attention restait figé sur Grand-Griffe, faisant fit de tout ce qui l'entourait, du pré, de Féal, et pire, de Corvenin. Seule la présence des deux autres sorcières la rassurait, et encore...
En son for intérieur, Élicia se promit de questionner Aimée au plus vite sur le comportement à avoir devant les hippogriffes, dès qu'elles seraient seules.
Puis elle maudit Thomas autant qu'elle le pouvait, de l'avoir amené ici par surprise, pour s'amuser. Pour l'avoir empêché d'être prête à une telle rencontre. Que ce soit avec sa famille, son père, son grand père, et sa tante... mais aussi bien là, maintenant, devant Grand-Griffe encore plus impressionnante d'aussi près.
Quand son amie se redressa enfin, elle reçut ça comme une invitation à faire de même, convaincue que le danger était écarté... Pour l'instant.
Heureusement, Corvenin, après un coup de sabot qui avait pétrifié d'angoisse le coeur de la rouquine, était parti au galop, s'éloignant d'elles. Pour combien de temps, elle n'en avait aucune idée et resterait vigilante, mais c'était toujours ça de gagné. N'est-ce pas ?
Élicia observa Alice entrer dans le pré, s'attendant au pire... Qui ne tarda pas à arriver. Venir avec elle ? S'approcher ? Était-ce réellement nécessaire ? De loin ces créatures restaient vraiment splendide, il était inutile de venir plus près...
Pourtant la jeune fille sourit doucement et acquiesça. Elle jeta un coup d'oeil à Aimée, vérifiant que celle-ci était toujours là. Qu'elle restait à ses côtés, "au cas où".
En temps normal elle n'avait besoin de personne face à Alice, mais là... Là ce n'était pas Alice qui l'inquiétait le plus. Ici, c'était les trois hippogriffes et sa méconnaissance à leur sujet. Élicia avait besoin de la présence de son amie, ne serait-ce que pour savoir quoi faire.
Aimée lui rendit son sourire, une expression se voulant rassurante sur le visage. Son angoisse était-elle aussi évidente ?
Les deux entrèrent donc dans le pré à la suite de leur hôte, leur regards fixés sur les deux créatures restantes dans leur champ de vision.
Lorsqu'Alice salua Féal d'une élégante révérence, Aimée l'imita, suivit d'Élicia. Pourtant la créature ne leur accorda pas même un regard, trop concentrée sur son repas. Les épaules de la rouquine se détendirent, juste le temps que les trois jeunes filles s'approchent du second hippogriffe, la monture qu'elles avaient pu admirer plus tôt lors de la course de la tante d'Alice.
De nouveau, les deux amies suivirent Alice et firent la révérence. Mais cette fois, le regard perçant de l'hippogriffe se braqua sur elles, et Élicia crut que toute l'air de ses poumons s'était envolée, tant elle n'osait inspirer. Ni même expirer. Une statue, voilà ce qu'elle était devenue, son angoisse montant au fil des secondes qui passaient.
Et son attention restait figé sur Grand-Griffe, faisant fit de tout ce qui l'entourait, du pré, de Féal, et pire, de Corvenin. Seule la présence des deux autres sorcières la rassurait, et encore...
En son for intérieur, Élicia se promit de questionner Aimée au plus vite sur le comportement à avoir devant les hippogriffes, dès qu'elles seraient seules.
Puis elle maudit Thomas autant qu'elle le pouvait, de l'avoir amené ici par surprise, pour s'amuser. Pour l'avoir empêché d'être prête à une telle rencontre. Que ce soit avec sa famille, son père, son grand père, et sa tante... mais aussi bien là, maintenant, devant Grand-Griffe encore plus impressionnante d'aussi près.
Milles excuses pour le retard...
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off