T'as été punie ?
- Votre PJ est présent ? oui / non
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") : Samia Miller, utilisation active
- Lien vers la fiche du PNJ : lien vers le post déclarant vos PNJ dans l'index des PNJ
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : développer la vie de Summer avant Poudlard, notamment ses amies et la façon dont ses parents géraient ses bêtises
8 février 2046
Summer revint à son école la tête haute, l'air autant et le regard méprisant, du moins autant qu'il l'était possible pour une fillette de son âge. A huit ans, elle n'avait toutefois pas de mal à paraître fière et méchante.
Elle était satisfaite. Oui, elle était extrêmement satisfaite d'elle-même. Il y a quelques jours, elle avait mis une sacrée raclée au garçon qui avait rabaissé sa soeur, et son exclusion venait d'être terminée. Elle revenait donc à l'école victorieuse, et ne regrettait en rien ses actes.
Ce garçon avait intérêt à moins faire le malin, vu comment sa victoire avait été indiscutable. Sachant en plus que c'était le genre d'idiots à se prétendre plus fort que les filles, Summer était particulièrement satisfaite d'elle. En plus d'avoir vengé sa soeur, elle lui avait administré un bonne leçon. Elle avait tout de quoi être contente.
Et peu importait le regard désapprobateur que lui lança la maîtresse quand elle rentra dans la classe, peu lui importait les chuchotis qui la suivaient depuis qu'elle était revenue. De toute façon, ils allaient petit à petit s'estomper, avant de disparaître pour de bon. Alors pourquoi s'inquiéter ? Pourquoi se tasser, pourquoi se faire toute petite ? Elle n'avait aucune raison de se dissimuler aux yeux des autres. Au contraire, c'était son ancien adversaire qui avait intérêt à la faire.
Cependant, les yeux d'une personne la forcèrent à se figer. Elle la dévisageait avec cette curiosité que Summer n'avait aperçu que très rarement dans son regard. Il n'y avait plus cette colère perceptible, toujours présente, qui avait jusque là était la seule chose qui unissait les deux filles.
Summer, figée entre les bureaux, lui rendit ce même regard. Ce fut comme si le monde s'effaçait. Les deux petites filles se redécouvraient. Cependant Summer revint vite à la réalité quand on la pressa pour qu'elle avance.
Elle cligna des yeux, jeta un dernier coup d'oeil à cette fille, à la fois si loin et si proche, avant d'aller s'asseoir à sa place, sagement.
Trépignante, elle attendit avec impatience l'heure de la récréation. Pour enfin pouvoir lui parler. Régler ces non-dits qu'il y avait toujours eu entre elles, et qui étaient inutiles, elle l'avait à présent compris. Elle n'arrêtait pas de se retourner pour jeter un coup d'oeil à l'horloge, avant de constater que seule une minute ne s'était écoulée. Elle se fit reprendre par la professeur à deux reprises, mais elle s'en fichait. A présent, elle se sentait invincible. Elle n'avait reçu aucune punition familiale alors même qu'elle avait été exclue de l'école pendant plusieurs jours, alors que pouvait-elle bien en avoir à faire, que la maîtresse ne soit pas contente d'elle ? Il ne lui arriverait rien. Elle en hésitait presque à se lever tout de suite et à sortir avant que la sonnerie n'ait retenti, mais elle savait qu'il ne fallait pas non plus pousser le bouchon trop loin.
Alors elle attendit. La source de toutes ses pensées, installée quelques rangs devant elle, ne daigna pas se retourner une seule fois. Evidemment. Evidemment, bien sûr, parce qu'à l'inverse de Summer, elle avait toujours été une élève plus qu'exemplaire, et que jamais elle ne se retournerait en classe, alors même que la maîtresse était en train de parler. Alors Summer attendit, sans avoir le choix. Elle se permit de détester, une dernière fois cette fille, qui la faisait attendre, qui la faisait languir, qui ne semblait pas ressentir d'impatience.
Et elle se délecta de ce sentiment, car elle savait que c'était la dernière fois qu'elle le ressentirait envers cette personne. Elle était consciente que dès que la cloche sonnerait, tout changerait. Elles seraient amies, sans trop vraiment savoir pourquoi, et elles s'apprécieraient mutuellement. Elles oublieraient leur passé conflictuel, et celui-ci ne laisserait place plus qu'à l'amitié. Summer ne comprenait pas vraiment pourquoi, mais elle en était sûre. C'était une certitude ancrée dans ses tripes, qui faisait trembler ses mains et battre son coeur plus vite.
Parce qu'elle l'avait soutenu. De loin, elle l'avait épaulé. Elle avait fait ce qu'aurait fait une amie à sa place, alors même qu'entre elles ne régnait qu'une inimitié incompréhensible. Alors même que Summer était en train de lancer ses petits poings vers le visage de l'insolent qui avait osé insulté Emy, elle avait attrapé sa petite soeur, l'avait attiré à l'écart et avait essuyé ses larmes avec des mots rassurants. Summer, en pleine bagarre, n'avait pas vraiment pu bien voir, mais, une fois rentrées à la maison, Emy l'avait raconté à sa soeur. Ses yeux brillaient d'admiration... Mais plus seulement pour Summer.
Alors quand la cloche sonna, elle bondit de son siège. Elle était prête. Prête pour la première discussion d'une longue amitié. Elle sortit de la classe en un éclair, et attendit la fillette juste à la sortie, en tapotant du pied pour calmer cette impatience grandissante qui lui donnait l'impression que quelqu'un avait attrapé ses entrailles et s'amusait à les serrer d'une poigne de fer. Elle se mordit la lèvre en voyant d'autres élèves sortir en bavardant, mais pas elle. Evidemment. Elle devait être en train de ranger bien sagement son bureau, en bonne maniaque qu'elle était. Tous ces petits gestes qui la composaient et qui avaient si souvent énervé Summer. Maintenant, ils ne l'énervaient plus. Ils la faisaient attendre, et c'était pire que tout. Elle dut se retenir de retourner en furie à l'intérieur, de l'attraper par le bras, et de la tirer à l'extérieur en lui lançant qu'elle ferait ça plus tard.
Sauf que non. Elle ne le fit pas.
Qu'elle était donc la raison de cette impatience si forte, si soudaine ? Summer ne se rappelait pas avoir ressentit quelque chose comme ça auparavant. Etait-ce la perspective d'une amitié ? Une première, une réelle amitié ?
Oui. Oui, c'était ça lui confirma le coeur de Summer en bondissant à cette pensée. Elle baissa la tête pour se calmer à mesure que le stress arrivait lui aussi. Qu'est-ce qui allait se passer ? Est-ce qu'elle aussi comptait faire comme si rien ne s'était jamais passé ? Ou bien comptait-elle demandait de véritable explications à Summer ? Fallait-il qu'elle commence à y réfléchir ?
Une voix, cependant, la coupa dans ses réflexions.
-On y va ?
Je relevai la tête immédiatement. Cette voix. Cette voix que j'avais détesté pendant de temps, et qui maintenant faisait bondir mon coeur.
Parce qu'elle se trouvait devant moi. L'air de rien. Elle me proposait d'y aller. D'être amies. De tout oublier. Elle. Samia.
1083 mots
Dernière modification par Summer Jenkins le 22 juil. 2025, 12:10, modifié 1 fois.
Deuxième année (en 50-51) - PR - Vava by Ernest - Volière ouverte, j’adore les hiboux !
Captain de la fanfare, Soleil des cachots - Hurleuse Nocturne des EdF - AA
T'as été punie ?
Samia :
Elle releva la tête. Elle était là, devant moi. J'attendais, comme elle m'avait attendue il y a quelques secondes. Quand mes yeux plongèrent dans les siens, il me fut impossible d'y lire ce qu'elle y ressentait. Ses yeux étaient bien trop sombres pour exprimer quoi que ce soit. Mes yeux aussi étaient marrons, mais bien plus clair, et on me disait parfois qu'on lisait en moi comme dans un livre ouvert et que je savais pas mentir. En fait, mes yeux avaient la couleur de mes cheveux, qui étaient bruns à l'ombre, et roux au soleil.
J'esquissai un sourire timide à son attention, en contemplant ce visage si familier, que j'avais épier à de nombreuses reprises sans qu'elle ne le remarque. Elle était pour moi une réelle source de curiosité, et, je devais l'admettre, d'admiration. C'est que qui faisait que je ne l'aimais pas, je crois. Ce n'était pas de la jalousie, mais... de la rancoeur. J'aurais aimé être comme elle, avoir son courage, sa force.
Mais maintenant... Maintenant, tout ça avait disparu. Plus de rancoeur. Plus de curiosité. Parce que je le savais, je sentais au fond de moi, cette époque de conflit était résolu. Venait à présent le temps de l'amitié. Impossible d'expliquer comment et pourquoi, mais je sentais que ce courant électrique entre nous s'était transformé en... quelque chose de plus doux. Et je savais aussi qu'elle le sentait également.
C'est sans doute pourquoi elle a hoché la tête, d'un air songeur. Sinon, elle m'aurait regardé de haut, bien qu'elle soit plus petite que moi, m'aurait jaugé, et m'aurait dit d'un ton méprisant : "Certainement pas, j'ai pas de temps à perdre avec toi". Ou un truc comme ça. Je le savais. A force de l'observer en secret, à force de rêver d'être meilleur qu'elle, j'avais appris à la connaître. Presque aussi bien que moi-même.
Cette fille était imprévisible, oui, mais j'arrivais généralement à savoir ce qu'elle ferait. Si vous atteigniez sa fierté, elle se crispait, cherchait aussitôt à récupérer son honneur, et vous dégradait votre propre fierté. Si vous la complimentiez, elle se tassait un peu, vous souriait timidement, vous remerciait d'une voix basse et cherchait ensuite à s'éloigner. Si vous l'insultiez, en revanche, elle se redressait, vous toisait du regard, souriait avec mépris et assurance, secouait la tête et se détournait (sauf si l'insulte était vraiment grave). Si vous vous en preniez à sa petite soeur... Elle vous attaquait. Physiquement. Il n'y avait qu'avec moi que je n'arrivais pas à savoir comment elle se comportait, surtout au début. Ensuite, j'ai fini par m'attendre à chaque petite pique cinglante, qui finissaient toujours pas arriver, et que je lui rendais uniquement quand nous étions seules.
Elle, en revanche, n'avait aucun problème à dire du mal de moi en public. Ce n'était rien de bien méchant, jamais. Nous ne nous aimions pas, mais nous ne nous harcelions pas. C'était plus une sorte de mini guerre entre nous, qui s'apparentait à un jeu de provocation. La plupart du temps, elle secouait la tête avec désapprobation quand je levais la main en classe, elle esquissai un petit sourire méprisant quand je souriais à la maîtresse fière de moi, ou haussait les sourcils quand je faisais une blague.
Et moi, bien entendue, je faisais l'innocente, mais j'adorais la faire réagir ainsi. Pendant un long moment, je l'avais fait passé pour la méchante. Les profs étaient de mon côté. Les autres élèves aussi.
Mais maintenant, tout ça, s'était terminé. Je l'avais soutenu dans une situation critique, et elle le savait. Alors à présent, tout avait changé.
Elle se décolla du mur sur lequel elle était appuyé. Elle me regardait d'un drôle d'air ébahi. En temps normal, avec elle, j'aurais haussé les sourcils avec un petit sourire, satisfaite d'être la source de son attention. Sinon, avec quelqu'un d'autre, j'aurais eu un petit rire amusé et je lui aurais gentiment demandé si ça allait. Mais là, je ne pouvais rien dire, parce que j'étais très certainement dans le même état.
Alors j'ai juste attendue. Et puis elle a commencé à marcher, avec moi, à mes côtés, vers la sortie. Ca faisait tout bizarre de ne pas chercher à la bousculer, à la dépasser. De rester avec elle et de ne pas lui prouver que, moi au moins, j'avais des amis. D'autres amis, puisqu'elle en faisait désormais partie.
Cette pensée était une certitude. Une certitude étrange, qui faisait bizarre, qui me forçait à me retenir de froncer les sourcils face à notre situation, mais une certitude. Désormais, ce ne serait plus elle contre moi, ou moi contre elle. Désormais, ce serait elle et moi contre les autres, comme cela l'avait été il y a quelques jours, quand elle s'était battue.
Nous marchâmes jusqu'à la cour de récréation. En silence, sans rien dire. Pas parce que nous étions timides ou gênées par la situation, non. Mais parce qu'elle et moi essayons de nous adapter à l'autre, de nous accoutumer à la présence de celle à nos côtés. Et surtout, surtout pour essayer de nous habituer à cette agréable sensation qui nous serrait le coeur alors que nos épaules se percutaient par ci par là.
L'amitié.
Oui, elle et moi étions amies, à présent, et cela changeait tout, absolument tout. Il fallait réapprendre à se comporter avec l'autre, réapprendre à penser à l'autre. Et ce genre de choses qui bouleversaient tous mes acquis.
Alors ce silence entre nous n'était pas pesant. Pas gênant. Nous ne cherchions pas à le combler, parce qu'il ne nous dérangeait pas. Nous le briserions quand nous serions prêtes. Nous le remplirons de mots au fil du temps. De mots, de sourire, de soutien, d'amitié. Ce silence que nous avions creusé auparavant allait petit à petit disparaître. Il n'y avait aucun doute à avoir là-dessus.
Parce que maintenant, nous avions l'éternité devant nous pour le combler.
C'est ce qu'elle me confirma en se tournant vers moi, un mince sourire aux lèvres. Je pris le temps d'observer, à nouveau, son visage que je connaissais déjà si bien, pour l'ancrer en moi, profondément, afin que jamais il ne disparaisse, que jamais je ne puisse l'oublier.
Et ce visage s'éclaira quand elle me tendit la main. Elle. Mon amie. Summer.
1037 mots.
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Elle releva la tête. Elle était là, devant moi. J'attendais, comme elle m'avait attendue il y a quelques secondes. Quand mes yeux plongèrent dans les siens, il me fut impossible d'y lire ce qu'elle y ressentait. Ses yeux étaient bien trop sombres pour exprimer quoi que ce soit. Mes yeux aussi étaient marrons, mais bien plus clair, et on me disait parfois qu'on lisait en moi comme dans un livre ouvert et que je savais pas mentir. En fait, mes yeux avaient la couleur de mes cheveux, qui étaient bruns à l'ombre, et roux au soleil.
J'esquissai un sourire timide à son attention, en contemplant ce visage si familier, que j'avais épier à de nombreuses reprises sans qu'elle ne le remarque. Elle était pour moi une réelle source de curiosité, et, je devais l'admettre, d'admiration. C'est que qui faisait que je ne l'aimais pas, je crois. Ce n'était pas de la jalousie, mais... de la rancoeur. J'aurais aimé être comme elle, avoir son courage, sa force.
Mais maintenant... Maintenant, tout ça avait disparu. Plus de rancoeur. Plus de curiosité. Parce que je le savais, je sentais au fond de moi, cette époque de conflit était résolu. Venait à présent le temps de l'amitié. Impossible d'expliquer comment et pourquoi, mais je sentais que ce courant électrique entre nous s'était transformé en... quelque chose de plus doux. Et je savais aussi qu'elle le sentait également.
C'est sans doute pourquoi elle a hoché la tête, d'un air songeur. Sinon, elle m'aurait regardé de haut, bien qu'elle soit plus petite que moi, m'aurait jaugé, et m'aurait dit d'un ton méprisant : "Certainement pas, j'ai pas de temps à perdre avec toi". Ou un truc comme ça. Je le savais. A force de l'observer en secret, à force de rêver d'être meilleur qu'elle, j'avais appris à la connaître. Presque aussi bien que moi-même.
Cette fille était imprévisible, oui, mais j'arrivais généralement à savoir ce qu'elle ferait. Si vous atteigniez sa fierté, elle se crispait, cherchait aussitôt à récupérer son honneur, et vous dégradait votre propre fierté. Si vous la complimentiez, elle se tassait un peu, vous souriait timidement, vous remerciait d'une voix basse et cherchait ensuite à s'éloigner. Si vous l'insultiez, en revanche, elle se redressait, vous toisait du regard, souriait avec mépris et assurance, secouait la tête et se détournait (sauf si l'insulte était vraiment grave). Si vous vous en preniez à sa petite soeur... Elle vous attaquait. Physiquement. Il n'y avait qu'avec moi que je n'arrivais pas à savoir comment elle se comportait, surtout au début. Ensuite, j'ai fini par m'attendre à chaque petite pique cinglante, qui finissaient toujours pas arriver, et que je lui rendais uniquement quand nous étions seules.
Elle, en revanche, n'avait aucun problème à dire du mal de moi en public. Ce n'était rien de bien méchant, jamais. Nous ne nous aimions pas, mais nous ne nous harcelions pas. C'était plus une sorte de mini guerre entre nous, qui s'apparentait à un jeu de provocation. La plupart du temps, elle secouait la tête avec désapprobation quand je levais la main en classe, elle esquissai un petit sourire méprisant quand je souriais à la maîtresse fière de moi, ou haussait les sourcils quand je faisais une blague.
Et moi, bien entendue, je faisais l'innocente, mais j'adorais la faire réagir ainsi. Pendant un long moment, je l'avais fait passé pour la méchante. Les profs étaient de mon côté. Les autres élèves aussi.
Mais maintenant, tout ça, s'était terminé. Je l'avais soutenu dans une situation critique, et elle le savait. Alors à présent, tout avait changé.
Elle se décolla du mur sur lequel elle était appuyé. Elle me regardait d'un drôle d'air ébahi. En temps normal, avec elle, j'aurais haussé les sourcils avec un petit sourire, satisfaite d'être la source de son attention. Sinon, avec quelqu'un d'autre, j'aurais eu un petit rire amusé et je lui aurais gentiment demandé si ça allait. Mais là, je ne pouvais rien dire, parce que j'étais très certainement dans le même état.
Alors j'ai juste attendue. Et puis elle a commencé à marcher, avec moi, à mes côtés, vers la sortie. Ca faisait tout bizarre de ne pas chercher à la bousculer, à la dépasser. De rester avec elle et de ne pas lui prouver que, moi au moins, j'avais des amis. D'autres amis, puisqu'elle en faisait désormais partie.
Cette pensée était une certitude. Une certitude étrange, qui faisait bizarre, qui me forçait à me retenir de froncer les sourcils face à notre situation, mais une certitude. Désormais, ce ne serait plus elle contre moi, ou moi contre elle. Désormais, ce serait elle et moi contre les autres, comme cela l'avait été il y a quelques jours, quand elle s'était battue.
Nous marchâmes jusqu'à la cour de récréation. En silence, sans rien dire. Pas parce que nous étions timides ou gênées par la situation, non. Mais parce qu'elle et moi essayons de nous adapter à l'autre, de nous accoutumer à la présence de celle à nos côtés. Et surtout, surtout pour essayer de nous habituer à cette agréable sensation qui nous serrait le coeur alors que nos épaules se percutaient par ci par là.
L'amitié.
Oui, elle et moi étions amies, à présent, et cela changeait tout, absolument tout. Il fallait réapprendre à se comporter avec l'autre, réapprendre à penser à l'autre. Et ce genre de choses qui bouleversaient tous mes acquis.
Alors ce silence entre nous n'était pas pesant. Pas gênant. Nous ne cherchions pas à le combler, parce qu'il ne nous dérangeait pas. Nous le briserions quand nous serions prêtes. Nous le remplirons de mots au fil du temps. De mots, de sourire, de soutien, d'amitié. Ce silence que nous avions creusé auparavant allait petit à petit disparaître. Il n'y avait aucun doute à avoir là-dessus.
Parce que maintenant, nous avions l'éternité devant nous pour le combler.
C'est ce qu'elle me confirma en se tournant vers moi, un mince sourire aux lèvres. Je pris le temps d'observer, à nouveau, son visage que je connaissais déjà si bien, pour l'ancrer en moi, profondément, afin que jamais il ne disparaisse, que jamais je ne puisse l'oublier.
Et ce visage s'éclaira quand elle me tendit la main. Elle. Mon amie. Summer.
1037 mots.
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T'as été punie ?
Summer tendit la main à Samia, le coeur battant. Cette main tendue voulait tout dire. Je n'ai plus envie de me disputer avec toi. Viens, on oublie. Viens, on est amies. Merci.
Mais il restait à voir ce que Samia comptait lui répondre.
Oh, à vrai dire, Summer pensait pouvoir à peu près prévoir cela. Samia avait toujours été une fille facile à cerner. Prévisible. Toujours, elle levait la main quand elle avait la réponse. Toujours, elle baissait la tête et s'excusait quand on la grondait (ce qui n'arrivait d'ailleurs pratiquement jamais). Toujours elle souriait à un élève qui lui parlait. Toujours, elle voulait aider les autres.
Alors là, Summer voyait très bien ce qu'elle allait faire. Elle allait esquisser un sourire timide, tendre ses longs doigts, fins et pâles, vers la main beaucoup plus foncée de Summer, puis l'attraper avec délicatesse pour ensuite la serrer doucement. Et Summer sentirait la peau douce de la fillette contre sa propre paume. Elle concentrerait toutes ses sens dans cette petite zone de peau, pour mieux s'en imprégner. Elle en profiterait, de cette main douce qui signifiait à la fois la confiance, le pardon et l'amitié. Elle la savourerait, jusqu'à ce que Samia dise quelque chose qui la distrairait. Puis elle relèverait la tête d'un air légèrement surpris, elle sourirait bizarrement à Samia, ce sourire en coin qui voulait à la fois tout et rien dire. Samia serait surprise de voir ce sourire sur son visage, sourire qui ne lui avait jamais été adressé auparavant. Et elle le lui rendrait. Et Summer serait heureuse.
Oui, elle voyait très bien ce qui allait se passer. Mais pour l'instant, elle attendait toujours que Samia réponde à cette main tendue. Celle-ci n'hésitait pas, non. Summer le savait rien qu'en voyant le regard cde celle-ci, toujours posé sur la main de Summer. Non, elle semblait plutôt... prendre plaisir. Profiter. Oui, c'était ça, elle profitait du fait que Summer abandonnait enfin sa colère, se délestait de sa carapace.
Comme c'était étrange, d'aussi bien connaître quelqu'un que l'on n'avait jamais aimé auparavant... Elle qui avait observé Samia pendant de temps, qui avait cherché ses points faibles, sensibles, elle était étonnée de découvrir qu'elle n'avait pas trouvé que ça. Non, elle connaissait à présent chaque facette du caractère de sa camarade, chaque détail de chaque expression de son visage... Et c'était étonnamment grandissant, de savoir ça. De pouvoir lire dans ses pensées rien qu'en la regardant.
Et, enfin, comme prévu, la main de Samia se tendit lentement vers celle de Summer. La pulpe de ses doigts rencontra ses phalanges, et glissa, glissa jusqu'à ce qu'enfin, les doigts de Samia se referment autour de la main de Summer. Les deux filles ne se regardaient pas, non, chacune fixait leurs deux mains.
Le courant électrique qui parcouru Summer la galvanisa. C'était donc ça, une véritable amitié ?
La peau de Samia était douce, comme Summer l'avait deviné. Les doigts de Summer, rendus beaucoup plus caleux par les cordes de la guitare, semblaient presque rugueux en comparaison. Elle avait une main si... frêle, si délicate. Summer avait l'impression qu'elle aurait pu la briser rien qu'en resserrant ses doigts.
Elle releva la tête vers Samia. Celle-ci fit exactement la même chose au même moment, comme si les corps des deux filles s'étaient réglés l'un sur l'autre, comme si à présent, quelque chose de bien plus fort qu'un mot qui qualifiait une relation les liait.
Samia sourit avec moins de retenue, à présent. Summer sourit de ravissement. Elle en était sûre, désormais, plus rien ne pourrait briser ce lien. Chacune resterait dans le coeur de l'autre à tout jamais, quoiqu'il puisse arriver, quoiqu'il puisse se passer.
A la fois elles se connaissaient, à la fois elles ne se connaissaient. Autant Summer était capable de prédire ce qu'allait faire Samia, ce quelle allait dire, comment elle allait agir ou se comporter, autant elle ne connaissait rien de ses joies, rien de ses peurs, de ses chagrins, de ses regrets, de tout ce qui composait une personne.
Et elle comptait bien combler ce manque. Elle voulait connaître Samia, aussi bien qu'elle-même, voire mieux. Et elle voulait que ce soit réciproque. Petit à petit, à coups de questions, d'aventures, de découvertes et d'expériences, elle allait combler le vide entre elles qui les rendait si timides. Même si ça devait prendre du temps, tant pis. Pour une fois dans sa vie, elle serait patiente. Elle prendrait exemple sur Samia, ça l'aiderait. Et elle le ferait.
La différence entre les deux filles n'était plus effrayante, à présent. Au départ, elle les avait séparées, avait placé entre elle de la jalousie et du mépris. Mais à présent, elle sentait que c'était ce qui solidifierait leur amitié. Summer aimerait voir Samia réagir autrement, et inversement. Cela apporterait de la diversité dans leur vie, leur permettrait de s'ouvrir, de changer...
Oui, elles allaient beaucoup apprendre au contact de l'autre. C'était ce que se disait Summer en contemplant les yeux ocre de Samia, toujours plongés dans les siens.
Le sourire de Summer, qui s'était un peu estompé alors qu'elle réfléchissait, reprit soudain de la vigueur, et elle demanda de sa voix fluette :
-Bon, tu veux faire quoi ?
Oui, les deux filles s'étaient mis d'accords, en silence. Elles n'évoqueraient pas leurs conflits passés. N'en parleraient pas. Les oublieraient. Afin de repartir sur de bonnes bases. Sur une amitié solide.
Les lèvres de Samia s'étirèrent elles aussi, et la fillette lâcha la main de sa nouvelle amie pour demander :
-Tu sais faire de la corde à sauter ?
Summer secoua vivement la tête. Non, elle n'avait jamais vraiment essayé d'apprendre. Samia s'élança, en lui criant par dessus son épaule :
-Viens, je vais t'apprendre !
Summer se mit à rire tout en commençant à poursuivre la fillette.
Voilà comment être heureuse. Il suffisait de trouver le bon ami, la bonne personne. Peu importait la relation qui vous liait auparavant. Si l'autre faisait un geste pour vous soutenir, vous épauler, il fallait immédiatement oublier le passé. Et ne garder que ce geste.
Et enfin, bâtir une amitié solide.
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Mais il restait à voir ce que Samia comptait lui répondre.
Oh, à vrai dire, Summer pensait pouvoir à peu près prévoir cela. Samia avait toujours été une fille facile à cerner. Prévisible. Toujours, elle levait la main quand elle avait la réponse. Toujours, elle baissait la tête et s'excusait quand on la grondait (ce qui n'arrivait d'ailleurs pratiquement jamais). Toujours elle souriait à un élève qui lui parlait. Toujours, elle voulait aider les autres.
Alors là, Summer voyait très bien ce qu'elle allait faire. Elle allait esquisser un sourire timide, tendre ses longs doigts, fins et pâles, vers la main beaucoup plus foncée de Summer, puis l'attraper avec délicatesse pour ensuite la serrer doucement. Et Summer sentirait la peau douce de la fillette contre sa propre paume. Elle concentrerait toutes ses sens dans cette petite zone de peau, pour mieux s'en imprégner. Elle en profiterait, de cette main douce qui signifiait à la fois la confiance, le pardon et l'amitié. Elle la savourerait, jusqu'à ce que Samia dise quelque chose qui la distrairait. Puis elle relèverait la tête d'un air légèrement surpris, elle sourirait bizarrement à Samia, ce sourire en coin qui voulait à la fois tout et rien dire. Samia serait surprise de voir ce sourire sur son visage, sourire qui ne lui avait jamais été adressé auparavant. Et elle le lui rendrait. Et Summer serait heureuse.
Oui, elle voyait très bien ce qui allait se passer. Mais pour l'instant, elle attendait toujours que Samia réponde à cette main tendue. Celle-ci n'hésitait pas, non. Summer le savait rien qu'en voyant le regard cde celle-ci, toujours posé sur la main de Summer. Non, elle semblait plutôt... prendre plaisir. Profiter. Oui, c'était ça, elle profitait du fait que Summer abandonnait enfin sa colère, se délestait de sa carapace.
Comme c'était étrange, d'aussi bien connaître quelqu'un que l'on n'avait jamais aimé auparavant... Elle qui avait observé Samia pendant de temps, qui avait cherché ses points faibles, sensibles, elle était étonnée de découvrir qu'elle n'avait pas trouvé que ça. Non, elle connaissait à présent chaque facette du caractère de sa camarade, chaque détail de chaque expression de son visage... Et c'était étonnamment grandissant, de savoir ça. De pouvoir lire dans ses pensées rien qu'en la regardant.
Et, enfin, comme prévu, la main de Samia se tendit lentement vers celle de Summer. La pulpe de ses doigts rencontra ses phalanges, et glissa, glissa jusqu'à ce qu'enfin, les doigts de Samia se referment autour de la main de Summer. Les deux filles ne se regardaient pas, non, chacune fixait leurs deux mains.
Le courant électrique qui parcouru Summer la galvanisa. C'était donc ça, une véritable amitié ?
La peau de Samia était douce, comme Summer l'avait deviné. Les doigts de Summer, rendus beaucoup plus caleux par les cordes de la guitare, semblaient presque rugueux en comparaison. Elle avait une main si... frêle, si délicate. Summer avait l'impression qu'elle aurait pu la briser rien qu'en resserrant ses doigts.
Elle releva la tête vers Samia. Celle-ci fit exactement la même chose au même moment, comme si les corps des deux filles s'étaient réglés l'un sur l'autre, comme si à présent, quelque chose de bien plus fort qu'un mot qui qualifiait une relation les liait.
Samia sourit avec moins de retenue, à présent. Summer sourit de ravissement. Elle en était sûre, désormais, plus rien ne pourrait briser ce lien. Chacune resterait dans le coeur de l'autre à tout jamais, quoiqu'il puisse arriver, quoiqu'il puisse se passer.
A la fois elles se connaissaient, à la fois elles ne se connaissaient. Autant Summer était capable de prédire ce qu'allait faire Samia, ce quelle allait dire, comment elle allait agir ou se comporter, autant elle ne connaissait rien de ses joies, rien de ses peurs, de ses chagrins, de ses regrets, de tout ce qui composait une personne.
Et elle comptait bien combler ce manque. Elle voulait connaître Samia, aussi bien qu'elle-même, voire mieux. Et elle voulait que ce soit réciproque. Petit à petit, à coups de questions, d'aventures, de découvertes et d'expériences, elle allait combler le vide entre elles qui les rendait si timides. Même si ça devait prendre du temps, tant pis. Pour une fois dans sa vie, elle serait patiente. Elle prendrait exemple sur Samia, ça l'aiderait. Et elle le ferait.
La différence entre les deux filles n'était plus effrayante, à présent. Au départ, elle les avait séparées, avait placé entre elle de la jalousie et du mépris. Mais à présent, elle sentait que c'était ce qui solidifierait leur amitié. Summer aimerait voir Samia réagir autrement, et inversement. Cela apporterait de la diversité dans leur vie, leur permettrait de s'ouvrir, de changer...
Oui, elles allaient beaucoup apprendre au contact de l'autre. C'était ce que se disait Summer en contemplant les yeux ocre de Samia, toujours plongés dans les siens.
Le sourire de Summer, qui s'était un peu estompé alors qu'elle réfléchissait, reprit soudain de la vigueur, et elle demanda de sa voix fluette :
-Bon, tu veux faire quoi ?
Oui, les deux filles s'étaient mis d'accords, en silence. Elles n'évoqueraient pas leurs conflits passés. N'en parleraient pas. Les oublieraient. Afin de repartir sur de bonnes bases. Sur une amitié solide.
Les lèvres de Samia s'étirèrent elles aussi, et la fillette lâcha la main de sa nouvelle amie pour demander :
-Tu sais faire de la corde à sauter ?
Summer secoua vivement la tête. Non, elle n'avait jamais vraiment essayé d'apprendre. Samia s'élança, en lui criant par dessus son épaule :
-Viens, je vais t'apprendre !
Summer se mit à rire tout en commençant à poursuivre la fillette.
Voilà comment être heureuse. Il suffisait de trouver le bon ami, la bonne personne. Peu importait la relation qui vous liait auparavant. Si l'autre faisait un geste pour vous soutenir, vous épauler, il fallait immédiatement oublier le passé. Et ne garder que ce geste.
Et enfin, bâtir une amitié solide.
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Deuxième année (en 50-51) - PR - Vava by Ernest - Volière ouverte, j’adore les hiboux !
Captain de la fanfare, Soleil des cachots - Hurleuse Nocturne des EdF - AA
T'as été punie ?
FIN DU RP
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