Recherche de rédemption
Elle reposa son verre sur la table accompagnée d’une réaction de celle qui partageais maintenant sa table. Aliénor arqua un sourcil en l’observant. La voir ainsi et discuter avec elle la laissait tout de même perplexe et chaque interaction donnait lieu à un questionnement interne de la jeune fille pour savoir ce que voulait réellement Aelle. Interrogation qui restait bien entendu secret, cette présence étant autant dérangeante que salvatrice pour la jeune Delphillia. Mais quand son verre s’éloigne d’elle sous l’action de son ancienne camarade, la joueuse de quidditch sa laisse aller à un sourire en observant Aelle renifler son verre comme un petit chien ne sachant pas ce qu’on lui tend.
-Non pas d’alcool.
Dit-elle en tendant le bras vers son verre et l’attrapant avec poigne avant de le faire à nouveau glisser vers elle, le regard ne se détachant pas du visage de l’ancienne Poufsouffle.
-Et ne t’avise pas d’y mettre tes germes en te penchant comme ça dessus.
A vrai dire elle s’en fichait bien, elle avait bu des trucs avec des germes de personnes bien plus louches qu’Aelle, mais elle n’était pas bourrée cette fois et puis… Par principe, ça restait Aelle. Elle porta de nouveau le verre à ces lèvres, toujours le regard posé sur l’ancienne étudiante en sortilèges.
-Parler seule m’éviterait tes réponses énigmatiques. Mais t’es là… Pourquoi t’es là ?
C’était une vraie question. Maintenant le toisage passé, elle se laissait aller à un peu de curiosité. Bon elle ne s’attendait à rien, surtout venant de Bristyle. Elle allait certainement se faire rembarrer ou avoir le droit à une réponse cinglante, ce qui pourrait potentiellement l’énerver ou juste la blaser pour le reste de la soirée. Soirée qui de toute façon n’avait aucune promesse à tenir, c’était un fiasco dès le début. Elle fit tourner son index sur le bord de son verre en attendant la réponse de la fille. Elle n'allait pas non plus rester en silence en la regardant terminer son verre qu’elle lui avait payé. Et puis quelque part elle avait envie de savoir. Savoir si Aelle avait vraiment trouvé un travail, ce qu’elle faisait maintenant et avoir cette satisfaction si elle devenait simplement une épave à trainer dans les bars les jours de semaine. Finalement ce qu’elle voulait, c’était que quelqu’un lui dise que sa vie était pire que la sienne. C’était égoïste et un plaisir bien futile, un pensement sur une hémorragie. Mais tant pis, elle serait égoïste, et puis ce n’était pas Aelle qui allait être altruiste de toute façon, donc elle pouvait se le permettre.
-Non pas d’alcool.
Dit-elle en tendant le bras vers son verre et l’attrapant avec poigne avant de le faire à nouveau glisser vers elle, le regard ne se détachant pas du visage de l’ancienne Poufsouffle.
-Et ne t’avise pas d’y mettre tes germes en te penchant comme ça dessus.
A vrai dire elle s’en fichait bien, elle avait bu des trucs avec des germes de personnes bien plus louches qu’Aelle, mais elle n’était pas bourrée cette fois et puis… Par principe, ça restait Aelle. Elle porta de nouveau le verre à ces lèvres, toujours le regard posé sur l’ancienne étudiante en sortilèges.
-Parler seule m’éviterait tes réponses énigmatiques. Mais t’es là… Pourquoi t’es là ?
C’était une vraie question. Maintenant le toisage passé, elle se laissait aller à un peu de curiosité. Bon elle ne s’attendait à rien, surtout venant de Bristyle. Elle allait certainement se faire rembarrer ou avoir le droit à une réponse cinglante, ce qui pourrait potentiellement l’énerver ou juste la blaser pour le reste de la soirée. Soirée qui de toute façon n’avait aucune promesse à tenir, c’était un fiasco dès le début. Elle fit tourner son index sur le bord de son verre en attendant la réponse de la fille. Elle n'allait pas non plus rester en silence en la regardant terminer son verre qu’elle lui avait payé. Et puis quelque part elle avait envie de savoir. Savoir si Aelle avait vraiment trouvé un travail, ce qu’elle faisait maintenant et avoir cette satisfaction si elle devenait simplement une épave à trainer dans les bars les jours de semaine. Finalement ce qu’elle voulait, c’était que quelqu’un lui dise que sa vie était pire que la sienne. C’était égoïste et un plaisir bien futile, un pensement sur une hémorragie. Mais tant pis, elle serait égoïste, et puis ce n’était pas Aelle qui allait être altruiste de toute façon, donc elle pouvait se le permettre.
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel
Recherche de rédemption
Elle m'arrache le verre des mains et je lutte juste assez pour lui laisser croire que j'aurais pu le garder mais pas suffisamment pour qu'elle ait besoin de bander ses muscles pour le récupérer. De toute manière je ne me risquerai pas à l'affronter sur ce terrain-là. Pour avoir déjà lutté avec elle, je sais que ses muscles ne sont pas des limites auxquelles je veux me confronter ; pas pour le moment, disons.
Je laisse un sourire narquois me déformer la bouche quand elle me parle de germes, comme si elle aussi ne supportait pas l'idée de tremper ses lèvres dans un verre dans lequel j'aurais déjà bu ; à croire qu'au niveau de notre aversion, nous avons des points communs. Pas étonnant : nous ne partageons rien de mieux que les sentiments négatifs que nous inspire l'autre.
Je laisse retomber ma main sur la table collante et l'y rejoint bientôt mon verre. Sans guère y penser, je me tourne sur le coté de la chaise, un bras négligemment appuyé sur le dossier. Ainsi, il m'est plus facile de regarder Delphillia même si je perds mon intention première, à savoir pouvoir lui cacher mon visage et le lui dévoiler seulement quand je le désire. Je n'y pense qu'après avoir bougé. Il faut dire que sa question avait de quoi perturber un peu : depuis quand Aliénor Delphillia se préoccupe-t-elle de moi ? Heureusement, je comprends rapidement que ce n'est pas cela, seulement une bravade de plus. C'est légitime, après tout, de se demander ce que je fous à sa table. À moins qu'elle ne veuille savoir ce que je fais au Pitiponk ? Je n'arrive pas à décider.
Dans tous les cas, sa question ramène au devant de ma conscience la crise qui m'a terrassée, un peu plus tôt. J'ai encore la sensation fantôme de mon souffle qui se coupe dans le creux de la gorge. J'avale une gorgée d'alcool pour la faire passer.
« J'suis là, c'est tout, répliqué-je enfin en enfonçant mon regard dans le sien. Et toi ? Là pour un soda de branchiflore, en plus... » Je laisse quelques secondes s'enfuir le temps de baisser les yeux sur son verre. « Je vois pas l'intérêt. »
J'ai fait comme si elle parlait du Pitiponk. C'est beaucoup moins dangereux de répondre à ça que de la laisser me questionner sur la raison de ma présence à cette table. Moi-même je ne comprends pas ce que je fiche ici, alors je ne risque pas d'en parler avec elle ou je finirais par avoir envie de réellement la bousculer, cette fois-ci, au point qu'elle se mette à crier et à vouloir me frapper. Ce serait une technique drôlement plus efficace que ce que je suis actuellement en train de faire, à vrai dire : l'alcool est toujours si long à me couper de mes pensées. Mais je me rends compte en tournant les yeux vers la fresque peinte sur le mur du fond que je n'ai pas l'énergie pour plus que ce que je fais déjà. Alors je me contente de ça, de ces paroles, de cette présence malvenue qui parvient, par sa nature ennemie, à m'occuper un peu l'esprit.
« Y'a pas d'soda, à l'ISMI ? » demandé-je sur un ton narquois.
Ce qui prouve au moins une chose : je la connais suffisamment pour savoir dans quelle université elle s'est inscrite et être persuadée que j'ai raison sans même qu'on m'ait donné l'information. J'aurais peut-être dû m'abstenir de cette dernière provocation. Je cache ma grimace derrière mon verre.
Je laisse un sourire narquois me déformer la bouche quand elle me parle de germes, comme si elle aussi ne supportait pas l'idée de tremper ses lèvres dans un verre dans lequel j'aurais déjà bu ; à croire qu'au niveau de notre aversion, nous avons des points communs. Pas étonnant : nous ne partageons rien de mieux que les sentiments négatifs que nous inspire l'autre.
Je laisse retomber ma main sur la table collante et l'y rejoint bientôt mon verre. Sans guère y penser, je me tourne sur le coté de la chaise, un bras négligemment appuyé sur le dossier. Ainsi, il m'est plus facile de regarder Delphillia même si je perds mon intention première, à savoir pouvoir lui cacher mon visage et le lui dévoiler seulement quand je le désire. Je n'y pense qu'après avoir bougé. Il faut dire que sa question avait de quoi perturber un peu : depuis quand Aliénor Delphillia se préoccupe-t-elle de moi ? Heureusement, je comprends rapidement que ce n'est pas cela, seulement une bravade de plus. C'est légitime, après tout, de se demander ce que je fous à sa table. À moins qu'elle ne veuille savoir ce que je fais au Pitiponk ? Je n'arrive pas à décider.
Dans tous les cas, sa question ramène au devant de ma conscience la crise qui m'a terrassée, un peu plus tôt. J'ai encore la sensation fantôme de mon souffle qui se coupe dans le creux de la gorge. J'avale une gorgée d'alcool pour la faire passer.
« J'suis là, c'est tout, répliqué-je enfin en enfonçant mon regard dans le sien. Et toi ? Là pour un soda de branchiflore, en plus... » Je laisse quelques secondes s'enfuir le temps de baisser les yeux sur son verre. « Je vois pas l'intérêt. »
J'ai fait comme si elle parlait du Pitiponk. C'est beaucoup moins dangereux de répondre à ça que de la laisser me questionner sur la raison de ma présence à cette table. Moi-même je ne comprends pas ce que je fiche ici, alors je ne risque pas d'en parler avec elle ou je finirais par avoir envie de réellement la bousculer, cette fois-ci, au point qu'elle se mette à crier et à vouloir me frapper. Ce serait une technique drôlement plus efficace que ce que je suis actuellement en train de faire, à vrai dire : l'alcool est toujours si long à me couper de mes pensées. Mais je me rends compte en tournant les yeux vers la fresque peinte sur le mur du fond que je n'ai pas l'énergie pour plus que ce que je fais déjà. Alors je me contente de ça, de ces paroles, de cette présence malvenue qui parvient, par sa nature ennemie, à m'occuper un peu l'esprit.
« Y'a pas d'soda, à l'ISMI ? » demandé-je sur un ton narquois.
Ce qui prouve au moins une chose : je la connais suffisamment pour savoir dans quelle université elle s'est inscrite et être persuadée que j'ai raison sans même qu'on m'ait donné l'information. J'aurais peut-être dû m'abstenir de cette dernière provocation. Je cache ma grimace derrière mon verre.
Recherche de rédemption
Pourquoi s’attendre à autre chose ? C’était Aelle… Sa réponse allait forcément être décevante et soit, cette évidence faite, elle ne l’était pas. Réponse inutile, et renvoyer la question. Aelle se défilait ce qui fit soupirer la jeune Delphillia qui laissa son regard se perdre sur la salle du Pitiponk. Mais à nouveau elle fut surprise. Un nouveau trait d’humour ? Le regard de la batteuse retomba sur Bristyle et elle ne tenta même pas de cacher sa surprise, levant les sourcils sur son visage et penchant légèrement la tête sur le côté. Elle donna une pichenette sur le côté de son verre ce qui le fit sonné durant une seconde avant de répondre.
-Nan… On a que des smoothies protéinés.
Elle porta une nouvelle fois le verre à ces lèvres avec un sourire en coin, ne lâchant pas Aelle du regard. Cette absence de réponse faisait monter la curiosité chez Aliénor. Si elle ne s’en vantait pas, ça ne devait pas être reluisant, tout comme elle finalement, mais Aliénor avait-elle honte ? Oui elle avait honte d’avoir trompé Izel, mais se retrouver seule ici, non. Elle tentait tout pour renouer avec un ami et faire son mea-culpa elle n’avait donc rien à se reprocher. Malgré tout Bristyle avait-elle besoin de le savoir ? Ça c’était une autre question.
-Je ne bois plus d’alcool, c’est mieux pour mes performances.
Réponse de bon accro au sport un peu stupide. Mais cette image lui allait bien et suffirait certainement à Aelle qui se complairait dans cette vision archaïque de la joueuse de quidditch lambda que représentait l’ancienne poufsouffle. Ce qui l’intéressait maintenant c’était de découvrir ce que faisait Aelle ici et également pourquoi elle était venue lui parler, chose plus qu’étrange à l’avis de l’étudiante.
-Mais leur soda est très bon, tu devrais tenter. Mais tu t’en fou hein, je suis ici parce qu’on m’a posé un lapin. Donc je reformule ma question. Pourquoi es-tu dans ce bar un mardi soir seule et pourquoi es-tu venue à cette table ?
Se défiler sera plus complexe face à des questions si frontales. Aliénor en connaissait les risques, qu’Aelle se braque et se tire, ou s’énerve et ne parte pas, simplement par égo de ne pas craquer. Mais faire le tour du pot, tenter de tirer les vers du nez des gens… Sans façon quand elle voulait quelque chose, elle allait droit au but et ce n’est pas Aelle Bristyle qui allait lui faire prendre des pincettes.
-Nan… On a que des smoothies protéinés.
Elle porta une nouvelle fois le verre à ces lèvres avec un sourire en coin, ne lâchant pas Aelle du regard. Cette absence de réponse faisait monter la curiosité chez Aliénor. Si elle ne s’en vantait pas, ça ne devait pas être reluisant, tout comme elle finalement, mais Aliénor avait-elle honte ? Oui elle avait honte d’avoir trompé Izel, mais se retrouver seule ici, non. Elle tentait tout pour renouer avec un ami et faire son mea-culpa elle n’avait donc rien à se reprocher. Malgré tout Bristyle avait-elle besoin de le savoir ? Ça c’était une autre question.
-Je ne bois plus d’alcool, c’est mieux pour mes performances.
Réponse de bon accro au sport un peu stupide. Mais cette image lui allait bien et suffirait certainement à Aelle qui se complairait dans cette vision archaïque de la joueuse de quidditch lambda que représentait l’ancienne poufsouffle. Ce qui l’intéressait maintenant c’était de découvrir ce que faisait Aelle ici et également pourquoi elle était venue lui parler, chose plus qu’étrange à l’avis de l’étudiante.
-Mais leur soda est très bon, tu devrais tenter. Mais tu t’en fou hein, je suis ici parce qu’on m’a posé un lapin. Donc je reformule ma question. Pourquoi es-tu dans ce bar un mardi soir seule et pourquoi es-tu venue à cette table ?
Se défiler sera plus complexe face à des questions si frontales. Aliénor en connaissait les risques, qu’Aelle se braque et se tire, ou s’énerve et ne parte pas, simplement par égo de ne pas craquer. Mais faire le tour du pot, tenter de tirer les vers du nez des gens… Sans façon quand elle voulait quelque chose, elle allait droit au but et ce n’est pas Aelle Bristyle qui allait lui faire prendre des pincettes.
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel
Recherche de rédemption
Ma surprise ressemble à celle de Delphillia quand elle me répond au tac-au-tac... Et sur un ton d'apparence aussi léger que le mien. Je tique un peu ; des smoothies protéinés ? Je n'arrive pas à savoir si elle blague ou non. Je préfère croire que non, parce que ce serait trop bizarre pour moi de voir Aliénor Delphillia blaguer. Avec moi. Je ne cherche pas à cacher mes doutes et je l'observe avec une légère moue qui se transforme en grimace quand elle m'avoue, mais c'est peut-être un mensonge moqueur de plus, se limiter en alcool pour ses performances. En même temps que mes yeux retombent sur son soda, un sourcil se dresse sur mon front. Vraiment, elle se limite ? Ma foi, cela ne m'étonnerait pas mais c'est très... Sérieux. Je ne l'imaginais pas aussi sérieuse. De nous deux, j'ai toujours été celle qui accordait le plus d'attention à ses études, après tout. Non pas que je la connaisse aussi bien que ça, mais Aliénor Delphillia a toujours été cette joueuse de Quidditch qui ne vivait qu'à travers ça. Dans mon regard, en tout cas. Au final, pas étonnant qu'elle aille jusqu'à se limiter en alcool pour ses performances, si le Quidditch est tout ce qu'elle a.
Je retiens donc plutôt très facilement la phrase moqueuse qui m'est venue à cet aveu et qui aurait pour seul objectif de l'agacer, si tant est que cela soit possible. Je ne dis rien, je ne hoche pas la tête mais mon silence signifie : bien, je vois, je ne m'attendais pas à une réponse aussi sincère mais je vois. Évidemment, je n'ai aucune intention de lui dire ça, c'est pour ça que je garde le silence et me concentre sur mon propre verre que je fais tourner entre mes doigts.
Je ne m'attendais pas à la suite ; un lapin, vraiment ? Pourquoi répond-elle à ma question ? Je n'espérais même pas qu'elle le fasse, je pensais qu'elle allait me lancer une réplique, que je le ferai aussi et qu'on continuerait comme ça quelque temps, voilà tout. Jusqu'à ce qu'elle fuit ou jusqu'à ce qu'elle en ait marre au point de me balancer une droite dans le visage. Pourquoi est-elle sincère ? Je l'observe un moment en silence, bien consciente de la question qu'elle vient de me poser et du ton sur lequel elle l'a fait. J'en ai marre que rien ne se passe jamais comme je l'attends. Pourquoi même Delphillia doit-elle ne plus être Delphillia ?
Je pousse un long soupir en me redressant, le regard perdu sur le fond de mon verre qui ne demande qu'à être vidé. Puis, dans un mouvement fluide, je me détourne de nouveau pour appuyer mon dos contre le rebord de la table. Et peu importe si Delphillia pense que je ne sais pas quoi faire de mon corps. Tout à coup, je n'ai plus envie de l'avoir sous les yeux. Mes coudes reposent sur le côté de mon corps, je serre mon verre entre mes mains.
« T'es pas ici parce qu'on t'a posé un lapin, Delphillia. C'est bizarre comme réponse. Je veux dire... T'es ici pour une raison précise, voir quelqu'un par exemple, mais on t'a foutu un lapin. C'est plutôt ça, non ? » questionné-je en me tordant le cou pour lui lancer un très bref regard par-dessus mon épaule.
Je me fiche de la réponse, tout comme je me fiche de qui elle est venue rejoindre ce soir, et je me fiche qu'on lui ait posé un lapin. Je me fiche de sa vie, je me fiche d'absolument tout sauf de ses poings et de son comportement colérique, en fait. Après un bref soupir, encore un, je consens à ajouter :
« Moi, par exemple, je suis pas venue ici pour me prendre la demiguise qu'mon ancienne coloc' va me mettre, mais parce que j'avais pas ça chez moi. » Je lève le verre d'alcool pour le montrer à Delphillia par-dessus mon épaules. « Tu vois, c'est important d'être précise. »
Et si sur le chemin j'oublie de répondre à sa question concernant le fait que je sois venue à sa table, quelle importance ? De toute façon, je la noie déjà dans une longue gorgée d'alcool. Maintenant, plus qu'à espérer que Delphillia l'oublie elle aussi, cette question.
Je retiens donc plutôt très facilement la phrase moqueuse qui m'est venue à cet aveu et qui aurait pour seul objectif de l'agacer, si tant est que cela soit possible. Je ne dis rien, je ne hoche pas la tête mais mon silence signifie : bien, je vois, je ne m'attendais pas à une réponse aussi sincère mais je vois. Évidemment, je n'ai aucune intention de lui dire ça, c'est pour ça que je garde le silence et me concentre sur mon propre verre que je fais tourner entre mes doigts.
Je ne m'attendais pas à la suite ; un lapin, vraiment ? Pourquoi répond-elle à ma question ? Je n'espérais même pas qu'elle le fasse, je pensais qu'elle allait me lancer une réplique, que je le ferai aussi et qu'on continuerait comme ça quelque temps, voilà tout. Jusqu'à ce qu'elle fuit ou jusqu'à ce qu'elle en ait marre au point de me balancer une droite dans le visage. Pourquoi est-elle sincère ? Je l'observe un moment en silence, bien consciente de la question qu'elle vient de me poser et du ton sur lequel elle l'a fait. J'en ai marre que rien ne se passe jamais comme je l'attends. Pourquoi même Delphillia doit-elle ne plus être Delphillia ?
Je pousse un long soupir en me redressant, le regard perdu sur le fond de mon verre qui ne demande qu'à être vidé. Puis, dans un mouvement fluide, je me détourne de nouveau pour appuyer mon dos contre le rebord de la table. Et peu importe si Delphillia pense que je ne sais pas quoi faire de mon corps. Tout à coup, je n'ai plus envie de l'avoir sous les yeux. Mes coudes reposent sur le côté de mon corps, je serre mon verre entre mes mains.
« T'es pas ici parce qu'on t'a posé un lapin, Delphillia. C'est bizarre comme réponse. Je veux dire... T'es ici pour une raison précise, voir quelqu'un par exemple, mais on t'a foutu un lapin. C'est plutôt ça, non ? » questionné-je en me tordant le cou pour lui lancer un très bref regard par-dessus mon épaule.
Je me fiche de la réponse, tout comme je me fiche de qui elle est venue rejoindre ce soir, et je me fiche qu'on lui ait posé un lapin. Je me fiche de sa vie, je me fiche d'absolument tout sauf de ses poings et de son comportement colérique, en fait. Après un bref soupir, encore un, je consens à ajouter :
« Moi, par exemple, je suis pas venue ici pour me prendre la demiguise qu'mon ancienne coloc' va me mettre, mais parce que j'avais pas ça chez moi. » Je lève le verre d'alcool pour le montrer à Delphillia par-dessus mon épaules. « Tu vois, c'est important d'être précise. »
Et si sur le chemin j'oublie de répondre à sa question concernant le fait que je sois venue à sa table, quelle importance ? De toute façon, je la noie déjà dans une longue gorgée d'alcool. Maintenant, plus qu'à espérer que Delphillia l'oublie elle aussi, cette question.
Recherche de rédemption
Ah ouais… Ca ne lui avait pas manqué tiens. Ces pseudos leçons sur tout et son air supérieur. Dommage qu’elle se retourne à nouveau pour être dos à Aliénor parce que le regard en coin et le levé de sourcils de la jeune fille était iconique, on aurait pu l’encadrer cette tête et y mettre à côté la définition du jugement. Elle voulait quoi à lui donner des leçons sur comment répondre à une question alors que c’était elle qui tournait autour du pot esquivant ces questions à grand coup de soi-disant connaissance. Aliénor prit une grande gorgée de soda et ce fut bien la première fois qu’elle regretta que ça ne soit pas de l’alcool. Enfin ce n’était pas plu mal, déjà que s’énerver contre Aelle finissait souvent mal alors en y ajoutant une variable alcoolisante… Très mauvaise idée. La joueuse de quidditch reposa son verre sur la table et laissa son dos glisser un peu sur son dossier de chaise se retrouvant quelque peu avachie à la table.
-Donc, pour être précise t’es là pour boire et on t’as aussi posé un lapin. Tu sais ta clarté n’est pas celle de tout le monde, on a pas tous besoin de mettre 40 mots dans une phrase pour faire comprendre quelque chose qui en nécessite le tiers.
Elle souffla du nez tout en observant la salle qui manquait clairement de distraction. Elle n’avait plus envie de parler avec Aelle. De toute façon ça ne servait à rien. Sa présence ici ne servait pas à grand-chose d’ailleurs. Eliott ne viendrait pas. Il lui en voulait et elle ne pouvait que le comprendre, lui qui l’avait mise en garde une bonne trentaine de fois contre ce sale type. Aliénor laissa sa tête tomber en arrière et ferma les yeux un instant en prenant une grande inspiration. L’odeur du bois et de l’alcool se mélangeaient. C’était familier et rassurant. Elle restait là, penchée vers l’arrière le dos légèrement courbe et ces fesses à moitié sur sa chaise. Ces cheveux s’écoulaient derrière et elle ne s’occupait plus de rien. Elle voulait juste se vider l’esprit et oublier en passant la présence agaçante d’Aelle à sa table. Elle se fichait bien de passer pour une soi-disant inculte aux yeux de son ancienne camarade. Après tout, elles avaient passé les mêmes ASPICs et finiraient visiblement toutes les deux diplômées d’une école supérieure deux diplômes, elle n’avait pas plus qu’elle et se permettait de l’ouvrir plus… Comme quoi, Aelle n’avait rien de plus que les autres. Elle aussi elle parlait juste pour qu’on la remarque.
-Donc, pour être précise t’es là pour boire et on t’as aussi posé un lapin. Tu sais ta clarté n’est pas celle de tout le monde, on a pas tous besoin de mettre 40 mots dans une phrase pour faire comprendre quelque chose qui en nécessite le tiers.
Elle souffla du nez tout en observant la salle qui manquait clairement de distraction. Elle n’avait plus envie de parler avec Aelle. De toute façon ça ne servait à rien. Sa présence ici ne servait pas à grand-chose d’ailleurs. Eliott ne viendrait pas. Il lui en voulait et elle ne pouvait que le comprendre, lui qui l’avait mise en garde une bonne trentaine de fois contre ce sale type. Aliénor laissa sa tête tomber en arrière et ferma les yeux un instant en prenant une grande inspiration. L’odeur du bois et de l’alcool se mélangeaient. C’était familier et rassurant. Elle restait là, penchée vers l’arrière le dos légèrement courbe et ces fesses à moitié sur sa chaise. Ces cheveux s’écoulaient derrière et elle ne s’occupait plus de rien. Elle voulait juste se vider l’esprit et oublier en passant la présence agaçante d’Aelle à sa table. Elle se fichait bien de passer pour une soi-disant inculte aux yeux de son ancienne camarade. Après tout, elles avaient passé les mêmes ASPICs et finiraient visiblement toutes les deux diplômées d’une école supérieure deux diplômes, elle n’avait pas plus qu’elle et se permettait de l’ouvrir plus… Comme quoi, Aelle n’avait rien de plus que les autres. Elle aussi elle parlait juste pour qu’on la remarque.
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel
Recherche de rédemption
Je l'entends bouger sur sa chaise. Par habitude, parce que je suis habituée à surveiller l'agissement des autres parce que je n'ai aucune confiance en eux, je lui lance un regard et je la vois s'avachir. Mais quand elle reprend la parole, je récupère mon regard pour ne plus qu'elle ait accès à mon visage. Très bonne idée, parce qu'elle énonce une vérité qui me fait grimacer. Bon, je préfère quand même quand c'est moi qui affirme venir ici pour boire et qui avoue qu'on m'a posé une demiguise. Quand ça sort de sa bouche à elle, ça devient de suite beaucoup plus insultant. Tout comme le reste, d'ailleurs. Tout ce qu'elle dit parait toujours insultant. C'est peut-être pour ça que je suis ici, au final. Je sais très bien quel effet ont les mots de Delphillia sur moi.
Elle m'énerve. Je coule un nouveau regard dans sa direction quand elle cesse de parler. Je la vois abandonnée sur sa chaise, tête penchée en arrière. Ses cheveux coulent dans son dos. Son visage exprime une sérénité qu'elle est sûrement loin de ressentir. Mais avec ses yeux fermés, ça donne l'impression que rien ne peut l'atteindre. De peur qu'elle ouvre les yeux et surprenne mon regard, je me détourne de nouveau.
« Tu pourrais aussi te contenter de grogner pour dire que je t'emmerde, Delphillia, rétorqué-je en resserrant les doigts autour de mon verre, ça aurait le même effet. Pourtant, certains préfèrent parfois utiliser de vrais mots pour parler et exprimer leurs idées. Je ne sais pas, peut-être parce que c'est une façon de faire un peu plus intéressante que de se contenter d'un grognement ? »
Je ne sais pas pourquoi elle a perdu tout ce qui fait qu'elle a toujours été elle. Si je l'emmerde, pourquoi ne me le dit-elle pas clairement ? Et pourquoi est-ce que je me pose cette question idiote ? Je n'ai pas envie de savoir ce qu'elle a dans la tête, je n'ai pas envie de la pousser à me dégager de sa table, je n'ai pas envie non plus qu'elle me questionne sur la raison de ma présence ici. Alors pourquoi est-ce que je me questionne sur ce qu'elle a dans la tête, pourquoi j'essaie de la pousser à me dégager de sa table ou à me questionner sur la raison de ma présence ici ? C'est tout à fait contre-productif. Pourtant, je ne peux pas m'en empêcher. M'en rendre compte m'agace profondément. En réponse, je crispe nerveusement les mâchoires avant de boire une longue gorgée de ma boisson. Ce truc qu'elle m'a commandé n'est vraiment pas assez fort.
« Bon. »
Je ne sais même pas quand j'ai décidé que j'allais parler.
« Puisque qu'un tiers de 40 mots suffit... Dis-moi en treize virgule trente trois mots... Qui t'a posé cette demiguise qui te force à supporter ma présence ? Moi j't'ai dit qui c'était, » précisé-je en jetant mon regard au loin, en direction de la porte d'entrée du Pitiponk que j'aperçois aisément comme la salle est peu remplie.
Même si c'est étrange de discuter dans cette position, je n'ai pas envie de me tourner vers elle. Si je la vois, que je prends véritablement conscience que je suis venue m'asseoir à sa table, je risque d'avoir honte de la solitude qui m'a écrasé le cœur tout à l'heure dans ma chambre et de l'angoisse qui a automatiquement pris le relais de mon corps, et je ne sais pas ce que je ferai pour lutter contre ces sentiments.
Elle m'énerve. Je coule un nouveau regard dans sa direction quand elle cesse de parler. Je la vois abandonnée sur sa chaise, tête penchée en arrière. Ses cheveux coulent dans son dos. Son visage exprime une sérénité qu'elle est sûrement loin de ressentir. Mais avec ses yeux fermés, ça donne l'impression que rien ne peut l'atteindre. De peur qu'elle ouvre les yeux et surprenne mon regard, je me détourne de nouveau.
« Tu pourrais aussi te contenter de grogner pour dire que je t'emmerde, Delphillia, rétorqué-je en resserrant les doigts autour de mon verre, ça aurait le même effet. Pourtant, certains préfèrent parfois utiliser de vrais mots pour parler et exprimer leurs idées. Je ne sais pas, peut-être parce que c'est une façon de faire un peu plus intéressante que de se contenter d'un grognement ? »
Je ne sais pas pourquoi elle a perdu tout ce qui fait qu'elle a toujours été elle. Si je l'emmerde, pourquoi ne me le dit-elle pas clairement ? Et pourquoi est-ce que je me pose cette question idiote ? Je n'ai pas envie de savoir ce qu'elle a dans la tête, je n'ai pas envie de la pousser à me dégager de sa table, je n'ai pas envie non plus qu'elle me questionne sur la raison de ma présence ici. Alors pourquoi est-ce que je me questionne sur ce qu'elle a dans la tête, pourquoi j'essaie de la pousser à me dégager de sa table ou à me questionner sur la raison de ma présence ici ? C'est tout à fait contre-productif. Pourtant, je ne peux pas m'en empêcher. M'en rendre compte m'agace profondément. En réponse, je crispe nerveusement les mâchoires avant de boire une longue gorgée de ma boisson. Ce truc qu'elle m'a commandé n'est vraiment pas assez fort.
« Bon. »
Je ne sais même pas quand j'ai décidé que j'allais parler.
« Puisque qu'un tiers de 40 mots suffit... Dis-moi en treize virgule trente trois mots... Qui t'a posé cette demiguise qui te force à supporter ma présence ? Moi j't'ai dit qui c'était, » précisé-je en jetant mon regard au loin, en direction de la porte d'entrée du Pitiponk que j'aperçois aisément comme la salle est peu remplie.
Même si c'est étrange de discuter dans cette position, je n'ai pas envie de me tourner vers elle. Si je la vois, que je prends véritablement conscience que je suis venue m'asseoir à sa table, je risque d'avoir honte de la solitude qui m'a écrasé le cœur tout à l'heure dans ma chambre et de l'angoisse qui a automatiquement pris le relais de mon corps, et je ne sais pas ce que je ferai pour lutter contre ces sentiments.
Recherche de rédemption
Grogner ? Aliénor ne réagit pas physiquement bien que cette affirmation lui fît se poser des questions. Oui elle aurait pu grogner et c’est certainement ce qu’elle aurait fait il y a quelques mois. Mais étrangement ou heureusement, cette année d’études, les personnes qu’elle avait rencontrées, les expériences qu’elle avait vécues l’avait changé. Oui elle avait changé et ce bien plus rapidement que ce qu’elle aurait pensé. Et puis elle ne vivait plus sa colère de la même façon. Depuis son cours de magie primitive, elle avait vu le pouvoir de sa colère en face, vu elle, en colère et incontrôlable mais aussi elle, en colère mais trouvant une cible, un ancrage à sa colère, puisant dans sa colère pour nourrir sa magie. Elle était plus forte que sa colère et également plus forte quand elle était en colère. Etrange, paradoxal, mais également rassurant. Comme une balance qui peinerait à trouver son équilibre proche du but. La moindre poussière, la moindre plume pourrait la faire basculer mais chacun des deux côtés, dans une danse infinie s’équilibre et se déséquilibre.
Un grognement c’est primaire, presque bestial. C’est une façon de communiquer international et même interracial. Mais grogner c’est repousser l’autre, l’éloigner et était-ce vraiment ce que voulait Aliénor ? Elle n’en savait rien. Elle souffla à nouveau par le nez, exaspérée de sa propre indécision.
-Bon.
Quoi ? Cette fois la jeune fille n’eut pas le choix et laissa son corps réagir. Elle ouvrit les yeux, se redressa et fronça les sourcils en observant le dos de son ancienne camarade. Pourquoi ajouter quoi que ce soit ? Pourquoi poursuivre cette conversation qui allait nulle part ? La question qui vient après fit se ravachir Aliénor. Elle était donc curieuse ? Non. Aelle n’en avait certainement rien à faire de la personne qui avait laissé Aliénor seule ce soir. Elle voulait quoi alors ? Faire la conversation ? Ne pas rester dans le silence ? Avait-elle peur ? Peur de se retrouver seule à boire sa bière ? Elle avait bien du mal à voir Aelle Bristyle avoir peur. De quoi une fille comme elle pouvait-elle avoir peur ? Pas de la solitude. Ce serait… Aux opposés de l’image que se faisait Aliénor de cette fille. Elle devait être solitaire avec ce caractère de chien qu’elle trainait.
Aliénor passa son coude au-dessus du dossier de sa chaise et laissa son autre main trainer sur la table non loin de son verre frais. Son regard restait posé sur Aelle. Elle avait passé au moins 5 ans à haïr cette fille et elle ne savait rien d’elle. Sun-Su ne serait pas fier d’elle. Connaitre ces ennemis ? Elle ne savait rien d’elle mis à part son talent en magie, son égo et sa colère. Elle avait laissé passer bien plus de temps que nécessaire pour répondre à la question de son ainée. Elle n’avait plus envie de lui parler, mais de nouvelles questions lui venaient en tête. Mais voulait-elle vraiment faire « connaissance » avec Bristyle ? Oui. Ça lui arrachait le cœur de se l’avouer, mais elle était curieuse et elle, elle avait l’air étrangement plus accessible. Toujours agaçante, mais accessible.
-Eliott Campheg.
Était-ce suffisant pour elle ? Assez suffisant ? Mais elle n’avait pas utilisé tous ces mots, il lui en restait encore 11,33. Que dit-on avec 11,33 mots ? Peu de choses. Aller à l’essentiel, chose qu’Aliénor savait faire.
-Qu’est-ce que tu fuis Aelle ?
Elle en avait encore en rab, mais ils ne lui seraient pas utiles. Elle avait posé sa question, à Aelle d’y répondre. Elle était là, seule, cherchant un prétexte pour boire. Ce prétexte avait même le droit d’être Ali, c’est que quelque chose de plus insupportable encore lui occupait l’esprit, il n’y avait pas d’autres solutions.
Un grognement c’est primaire, presque bestial. C’est une façon de communiquer international et même interracial. Mais grogner c’est repousser l’autre, l’éloigner et était-ce vraiment ce que voulait Aliénor ? Elle n’en savait rien. Elle souffla à nouveau par le nez, exaspérée de sa propre indécision.
-Bon.
Quoi ? Cette fois la jeune fille n’eut pas le choix et laissa son corps réagir. Elle ouvrit les yeux, se redressa et fronça les sourcils en observant le dos de son ancienne camarade. Pourquoi ajouter quoi que ce soit ? Pourquoi poursuivre cette conversation qui allait nulle part ? La question qui vient après fit se ravachir Aliénor. Elle était donc curieuse ? Non. Aelle n’en avait certainement rien à faire de la personne qui avait laissé Aliénor seule ce soir. Elle voulait quoi alors ? Faire la conversation ? Ne pas rester dans le silence ? Avait-elle peur ? Peur de se retrouver seule à boire sa bière ? Elle avait bien du mal à voir Aelle Bristyle avoir peur. De quoi une fille comme elle pouvait-elle avoir peur ? Pas de la solitude. Ce serait… Aux opposés de l’image que se faisait Aliénor de cette fille. Elle devait être solitaire avec ce caractère de chien qu’elle trainait.
Aliénor passa son coude au-dessus du dossier de sa chaise et laissa son autre main trainer sur la table non loin de son verre frais. Son regard restait posé sur Aelle. Elle avait passé au moins 5 ans à haïr cette fille et elle ne savait rien d’elle. Sun-Su ne serait pas fier d’elle. Connaitre ces ennemis ? Elle ne savait rien d’elle mis à part son talent en magie, son égo et sa colère. Elle avait laissé passer bien plus de temps que nécessaire pour répondre à la question de son ainée. Elle n’avait plus envie de lui parler, mais de nouvelles questions lui venaient en tête. Mais voulait-elle vraiment faire « connaissance » avec Bristyle ? Oui. Ça lui arrachait le cœur de se l’avouer, mais elle était curieuse et elle, elle avait l’air étrangement plus accessible. Toujours agaçante, mais accessible.
-Eliott Campheg.
Était-ce suffisant pour elle ? Assez suffisant ? Mais elle n’avait pas utilisé tous ces mots, il lui en restait encore 11,33. Que dit-on avec 11,33 mots ? Peu de choses. Aller à l’essentiel, chose qu’Aliénor savait faire.
-Qu’est-ce que tu fuis Aelle ?
Elle en avait encore en rab, mais ils ne lui seraient pas utiles. Elle avait posé sa question, à Aelle d’y répondre. Elle était là, seule, cherchant un prétexte pour boire. Ce prétexte avait même le droit d’être Ali, c’est que quelque chose de plus insupportable encore lui occupait l’esprit, il n’y avait pas d’autres solutions.
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel
Recherche de rédemption
Eliott Campheg. Elliot Campheg. Je répète le nom plusieurs fois dans ma tête et essaie de l'associer à un visage. Si elle me donne son nom comme si ça coulait de source, c'est que je dois le connaître, n'est-ce pas ? Alors j'essaie vaguement d'invoquer un garçon que j'aurais connu à Poudlard qui pourrait porter ce nom. Je cherche parmi les sportifs ou les grandes gueules dont je me souviens. Je force l'exercice en allant même jusqu'à imaginer des visages et des personnes. Mais je suis bien forcée de me rendre à l'évidence au bout d'un moment : ce prénom ne m'évoque absolument rien. Ce qui n'est pas étonnant puisque j'ai une très mauvaise mémoire des noms et que je ne m'intéresse de toute manière pas aux gens qui m'entourent, tout simplement parce que la plupart d'entre eux n'ont pas le moindre intérêt pour moi. Même si mon chemin a déjà croisé celui de ce Eliott Campheg, je suis prête à parier qu'il n'avait rien de suffisamment détonnant pour que mon regard ce soit porté sur lui. Ce n'est certainement qu'un garçon parmi tant d'autres. Quant à sa relation avec Delphillia... Un ami, un petit-ami, un colocataire... Qu'est-ce que ça peut bien me faire ?
Delphillia a parfaitement répondu à ma question... Tout en ne me donnant pas la moindre réponse. C'est ma faute, évidemment. Je lui ai demandé « Qui ? » elle m'a répondu par le nom et le prénom de la personne en question. Je n'ai pas exigé de précision, donc elle ne me les donne pas. Voilà tout. Et maintenant, je me retrouve avec une réponse dont je ne sais que faire — enfin, si, je sais au moins que je n'en ferai absolument rien. Et maintenant ? Va-t-elle me renvoyer ma question ? Je me prépare déjà à lui sortir un « Ashley Rockfield » qui ne lui donnera pas plus d'indication que ça. Quoi que... Rockfield était de la même promotion que moi, il est possible que Delphillia ait déjà entendu parler d'elle. Je me demande quel serait son avis à son propos. À Poudlard, Rockfield était le genre de personne bruyante qui se faisait remarquer, assez populaire à vrai dire, avec une grande gueule et à la moquerie facile. Oui, sûrement que Delphillia la connaissait, voire la fréquentait — je n'en serais pas le moins du monde étonnée.
Pas de question semblable qui sort de la bouche de Delphillia, cependant. À mon grand regret, car la question qu'elle me pose est beaucoup plus déstabilisante et je n'ai pas de réponse toute prête pour celle-là. Mon cœur tombe tout au fond de mon corps. De là-bas, il remue désagréablement. Je ne peux pas m'empêcher de me retourner pour lancer à Delphillia un long regard, comme elle l'a fait tout à l'heure même si je ne lui ai pas fait le plaisir de le lui rendre — mais je sentais le poids de son foutu regard double sur moi qui m'en a rappelé un autre.
Ce que je fuis ? Je n'ai pas la moindre idée de ce qui a motivé cette question, mais elle est beaucoup trop sincère pour que je continue de feindre une nonchalance qui ne me va pas. Mon corps se tend malgré moi. Est-ce parce que je lui ai dit être venue ici pour l'alcool qu'elle me pose cette question ? Dans tous les cas, je n'aime pas, mais alors vraiment pas qu'elle me confronte de cette manière. Mon cœur manque un battement sur deux, mes doigts se crispent autour du verre et fatalement je me souviens de tout ce que je veux effectivement fuir. Je finis par me détourner, mon dos cognant un peu trop fort contre la table lorsque je m'y appuie.
« Tu crois pas que c'est plus facile de fuir quelque chose si on en parle pas ? » répliqué-je un peu brusquement.
J'avale une nouvelle gorgée pour faire passer mon agacement. Ce n'est pas comme si j'allais dire à Aliénor Delphillia que j'ai fait une crise d'angoisse tout à l'heure et que je fuis cette peur qui ne me quitte jamais vraiment depuis que j'ai retrouvé Kristen. Non, je n'ai pas la moindre intention de le lui dire. Pas la moindre intention d'y penser non plus. De toute façon, quelque chose m'intrigue beaucoup plus et je préfère me pencher sur ça que de laisser la place à mes pensées de grandir ; je les sens déjà prendre de plus en plus de place, autant les étrangler le plus vite possible.
Je me tords une énième fois le dos et pose l'avant-bras sur le dossier de ma chaise. Le regard que je pose sur Delphillia est bordé par mes sourcils froncés.
« Tu m'as appelé Aelle. Depuis quand on s'appelle par nos prénoms, Delphillia ? »
Pourquoi est-ce que ça ne m'a pas frappé directement ?
Delphillia a parfaitement répondu à ma question... Tout en ne me donnant pas la moindre réponse. C'est ma faute, évidemment. Je lui ai demandé « Qui ? » elle m'a répondu par le nom et le prénom de la personne en question. Je n'ai pas exigé de précision, donc elle ne me les donne pas. Voilà tout. Et maintenant, je me retrouve avec une réponse dont je ne sais que faire — enfin, si, je sais au moins que je n'en ferai absolument rien. Et maintenant ? Va-t-elle me renvoyer ma question ? Je me prépare déjà à lui sortir un « Ashley Rockfield » qui ne lui donnera pas plus d'indication que ça. Quoi que... Rockfield était de la même promotion que moi, il est possible que Delphillia ait déjà entendu parler d'elle. Je me demande quel serait son avis à son propos. À Poudlard, Rockfield était le genre de personne bruyante qui se faisait remarquer, assez populaire à vrai dire, avec une grande gueule et à la moquerie facile. Oui, sûrement que Delphillia la connaissait, voire la fréquentait — je n'en serais pas le moins du monde étonnée.
Pas de question semblable qui sort de la bouche de Delphillia, cependant. À mon grand regret, car la question qu'elle me pose est beaucoup plus déstabilisante et je n'ai pas de réponse toute prête pour celle-là. Mon cœur tombe tout au fond de mon corps. De là-bas, il remue désagréablement. Je ne peux pas m'empêcher de me retourner pour lancer à Delphillia un long regard, comme elle l'a fait tout à l'heure même si je ne lui ai pas fait le plaisir de le lui rendre — mais je sentais le poids de son foutu regard double sur moi qui m'en a rappelé un autre.
Ce que je fuis ? Je n'ai pas la moindre idée de ce qui a motivé cette question, mais elle est beaucoup trop sincère pour que je continue de feindre une nonchalance qui ne me va pas. Mon corps se tend malgré moi. Est-ce parce que je lui ai dit être venue ici pour l'alcool qu'elle me pose cette question ? Dans tous les cas, je n'aime pas, mais alors vraiment pas qu'elle me confronte de cette manière. Mon cœur manque un battement sur deux, mes doigts se crispent autour du verre et fatalement je me souviens de tout ce que je veux effectivement fuir. Je finis par me détourner, mon dos cognant un peu trop fort contre la table lorsque je m'y appuie.
« Tu crois pas que c'est plus facile de fuir quelque chose si on en parle pas ? » répliqué-je un peu brusquement.
J'avale une nouvelle gorgée pour faire passer mon agacement. Ce n'est pas comme si j'allais dire à Aliénor Delphillia que j'ai fait une crise d'angoisse tout à l'heure et que je fuis cette peur qui ne me quitte jamais vraiment depuis que j'ai retrouvé Kristen. Non, je n'ai pas la moindre intention de le lui dire. Pas la moindre intention d'y penser non plus. De toute façon, quelque chose m'intrigue beaucoup plus et je préfère me pencher sur ça que de laisser la place à mes pensées de grandir ; je les sens déjà prendre de plus en plus de place, autant les étrangler le plus vite possible.
Je me tords une énième fois le dos et pose l'avant-bras sur le dossier de ma chaise. Le regard que je pose sur Delphillia est bordé par mes sourcils froncés.
« Tu m'as appelé Aelle. Depuis quand on s'appelle par nos prénoms, Delphillia ? »
Pourquoi est-ce que ça ne m'a pas frappé directement ?
Recherche de rédemption
Visiblement elle cogitait plus que de raison à sa réponse, le regard dans le vide, elle ne devait avoir aucune fichue idée de qui était Eliott. Ce n’était pas étonnant, Eliott était de la promotion d’Aliénor, ancien Serdaigle, pas joueur de quidditch mais supporter assidu, discret et joueur d’échecs. Un profil qu’Aelle ne verrait même pas si elle lui passait devant. Mais peu importe, elle voulait une réponse, elle avait eu sa réponse, Aliénor ne lui offrirait rien de plus.
Mais à sa question, la réaction d’Aelle fut toute autre. Tout son corps changea, elle n’avait plus l’air si détendue et nonchalante, elle semblait plus alerte, plus… elle-même finalement donc nécessairement moins accessible. Mais la question était posée donc Aliénor ne pouvait faire marche arrière. Son regard se porta sur son visage et la batteuse ne faillit pas, ne bougeant pas ces yeux d’un iota et conservant elle, son air détendu. Oui elle était détendue, mais certainemnet moins qu’il y a quelques minutes. Voir son ancienne camarade réagir de la sorte ne pouvait dire qu’une chose, elle avait frappé fort et là où ça faisait mal. Mais là où elle aurait éprouvé de la satisfaction il y a quelques temps, elle éprouvait presque de la pitié aujourd’hui. Presque bien entendu, de la pitié pour Aelle, il ne fallait pas trop pousser le bouchon non plus. Sa réponse fusa, rapide et sans bavure. Elle contournait sa question ? Elle qui demandait, non exigeait des réponses claires et précises contournait la question de la joueuse de quidditch ? Voilà qui attisa d’autant plus sa curiosité. Elle voulait savoir, juste comme ça, pour connaitre son adversaire, pour avoir plus d’armes contre elle si un jour elles revenaient à se battre, pour avoir une longueur d’avance.
Mais la question enchainée de la sorcière coupa l’herbe sous le pied de la jeune fille. Aelle ? Elle l’avait appelé Aelle ? C’était ça qui la perturbait ? Aliénor qui s’était redressée quand elle croyait pouvoir envoyer une nouvelle pique laissa ses coudes tomber sur la table avant de prendre son verre et d’amener sa paille à sa bouche. Elle haussa simplement les épaules pour toute réponse. Déjà parce qu’elle n’en avait aucune idée et qu’ensuite parce qu’elle évitait sa question. Si elle évitait sa question pourquoi devrait-elle répondre à la sienne. Si elle ne veut pas jouer avec ces propres règles, elle ne peut pas les imposer aux autres. Réponse claire et précise. Aliénor attendra, le temps qu’il faudra. Elle releva les yeux, les lèvres autour de sa paille avant de la relâcher. Elle se redressa quelque peu avant de laisser son dos tomber contre le dossier. Son regard était plus dur qu’auparavant. Elle n’aimait pas qu’on ne respecte pas les règles, dans n’importe quel jeu, ou dans n’importe quelle circonstance.
Mais à sa question, la réaction d’Aelle fut toute autre. Tout son corps changea, elle n’avait plus l’air si détendue et nonchalante, elle semblait plus alerte, plus… elle-même finalement donc nécessairement moins accessible. Mais la question était posée donc Aliénor ne pouvait faire marche arrière. Son regard se porta sur son visage et la batteuse ne faillit pas, ne bougeant pas ces yeux d’un iota et conservant elle, son air détendu. Oui elle était détendue, mais certainemnet moins qu’il y a quelques minutes. Voir son ancienne camarade réagir de la sorte ne pouvait dire qu’une chose, elle avait frappé fort et là où ça faisait mal. Mais là où elle aurait éprouvé de la satisfaction il y a quelques temps, elle éprouvait presque de la pitié aujourd’hui. Presque bien entendu, de la pitié pour Aelle, il ne fallait pas trop pousser le bouchon non plus. Sa réponse fusa, rapide et sans bavure. Elle contournait sa question ? Elle qui demandait, non exigeait des réponses claires et précises contournait la question de la joueuse de quidditch ? Voilà qui attisa d’autant plus sa curiosité. Elle voulait savoir, juste comme ça, pour connaitre son adversaire, pour avoir plus d’armes contre elle si un jour elles revenaient à se battre, pour avoir une longueur d’avance.
Mais la question enchainée de la sorcière coupa l’herbe sous le pied de la jeune fille. Aelle ? Elle l’avait appelé Aelle ? C’était ça qui la perturbait ? Aliénor qui s’était redressée quand elle croyait pouvoir envoyer une nouvelle pique laissa ses coudes tomber sur la table avant de prendre son verre et d’amener sa paille à sa bouche. Elle haussa simplement les épaules pour toute réponse. Déjà parce qu’elle n’en avait aucune idée et qu’ensuite parce qu’elle évitait sa question. Si elle évitait sa question pourquoi devrait-elle répondre à la sienne. Si elle ne veut pas jouer avec ces propres règles, elle ne peut pas les imposer aux autres. Réponse claire et précise. Aliénor attendra, le temps qu’il faudra. Elle releva les yeux, les lèvres autour de sa paille avant de la relâcher. Elle se redressa quelque peu avant de laisser son dos tomber contre le dossier. Son regard était plus dur qu’auparavant. Elle n’aimait pas qu’on ne respecte pas les règles, dans n’importe quel jeu, ou dans n’importe quelle circonstance.
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel
Recherche de rédemption
Un haussement d'épaules, c'est tout ? Son silence dure tellement longtemps que je me surprends à loucher sur sa paille et à avoir envie de la lui arracher du bec. Elle a l'air de prendre beaucoup trop de plaisir à faire traîner son silence et je n'aime pas son regard. Regard qui devient encore plus insupportable quand elle s'éloigne enfin de sa boisson pour s'appuyer contre le dossier de sa chaise. Et le silence continue, il devient vraiment lourd à porter. Dans le regard qu'elle pose sur moi, si dur, je comprends que quelque chose ne va pas. Quelque chose qui lui a déplu ? Le fait de m'appeler Aelle ? Elle ne le supporte pas, c'est ça, et elle se renferme parce qu'elle n'a pas aimé que je le lui fasse remarquer, sur un ton moqueur qui plus est ?
Je continue de la dévisager, elle me regarde également avec ces yeux qui m'auraient frappé s'ils avaient eu des poings. En quelques secondes, l'atmosphère s'est totalement modifiée et je n'ai aucune idée de la raison. En réponse, mes propres mâchoires se serrent, mon regard s'assombrit. Au bout de quelques longues secondes, je lève un sourcil inquisiteur sur mon front. Et bien ? Parle, fais quelque chose ! Pourquoi reste-t-elle silencieuse ? Si elle essaie de me faire passer un message silencieux, c'est loupé. Je ne comprends absolument rien à son silence, mais il a au moins un effet positif : il me met en colère. Comme lorsqu'elle me mettait en colère avant, quand on se croisait dans les couloirs ou que nos regards se rencontraient ; il n'a jamais suffit de grand chose. Là, il ne suffit que de son silence, que de son regard posé sur moi. Je ne le supporte pas parce qu'il me donne l'impression que je loupe quelque chose. Pourtant, il n'y a rien à louper : elle a questionné, j'ai répondu, c'était à son tour de parler, c'est tout.
« C'est quoi ton souci ? » finis-je par souffler en la scrutant.
Mes sourcils se froncent. Après sa question si directe, ce silence ? Pourquoi ? Si j'avais eu un peu moins d'alcool dans le sang, peut-être que j'aurais pu comprendre. Si j'avais été moins épuisée, peut-être aurais-je pu comprendre. Si j'avais eu le cerveau un peu moins dévoré par tout ce qui le détruit à petit feu depuis cinq mois, peut-être aurais-je pu comprendre. Mais ce n'est pas avec des peut-être que Godric's Hollow s'est construire. Et ce n'est pas non plus avec des peut-être que je comprendrais cette fille-là.
Je pousse un long soupir et me passe une main sur le visage pour essayer de m'éclaircir un peu les pensées. Et tout simplement pour apaiser le mal de tête qui commence à pointer le bout de son nez. Et également pour contenir mon impatience qui est doucement mais sûrement en train de se transformer en frustration.
« Qu'est-ce qu'il y a, Delphillia ? Pourquoi tu dis plus rien tout à coup ? »
À ma voix lasse, elle comprendra certainement que son comportement me fatigue. Tant pis. Je lorgne dans le fond de mon verre pour ne plus avoir à regarder son foutu visage chafouin et je me force à avaler plusieurs longues gorgées. J'ai envie d'en terminer avec ce verre pour pouvoir en commander un autre.
Je continue de la dévisager, elle me regarde également avec ces yeux qui m'auraient frappé s'ils avaient eu des poings. En quelques secondes, l'atmosphère s'est totalement modifiée et je n'ai aucune idée de la raison. En réponse, mes propres mâchoires se serrent, mon regard s'assombrit. Au bout de quelques longues secondes, je lève un sourcil inquisiteur sur mon front. Et bien ? Parle, fais quelque chose ! Pourquoi reste-t-elle silencieuse ? Si elle essaie de me faire passer un message silencieux, c'est loupé. Je ne comprends absolument rien à son silence, mais il a au moins un effet positif : il me met en colère. Comme lorsqu'elle me mettait en colère avant, quand on se croisait dans les couloirs ou que nos regards se rencontraient ; il n'a jamais suffit de grand chose. Là, il ne suffit que de son silence, que de son regard posé sur moi. Je ne le supporte pas parce qu'il me donne l'impression que je loupe quelque chose. Pourtant, il n'y a rien à louper : elle a questionné, j'ai répondu, c'était à son tour de parler, c'est tout.
« C'est quoi ton souci ? » finis-je par souffler en la scrutant.
Mes sourcils se froncent. Après sa question si directe, ce silence ? Pourquoi ? Si j'avais eu un peu moins d'alcool dans le sang, peut-être que j'aurais pu comprendre. Si j'avais été moins épuisée, peut-être aurais-je pu comprendre. Si j'avais eu le cerveau un peu moins dévoré par tout ce qui le détruit à petit feu depuis cinq mois, peut-être aurais-je pu comprendre. Mais ce n'est pas avec des peut-être que Godric's Hollow s'est construire. Et ce n'est pas non plus avec des peut-être que je comprendrais cette fille-là.
Je pousse un long soupir et me passe une main sur le visage pour essayer de m'éclaircir un peu les pensées. Et tout simplement pour apaiser le mal de tête qui commence à pointer le bout de son nez. Et également pour contenir mon impatience qui est doucement mais sûrement en train de se transformer en frustration.
« Qu'est-ce qu'il y a, Delphillia ? Pourquoi tu dis plus rien tout à coup ? »
À ma voix lasse, elle comprendra certainement que son comportement me fatigue. Tant pis. Je lorgne dans le fond de mon verre pour ne plus avoir à regarder son foutu visage chafouin et je me force à avaler plusieurs longues gorgées. J'ai envie d'en terminer avec ce verre pour pouvoir en commander un autre.