Une cuillère de souvenirs et une bouchée de rancœur
Dimanche 22 mai 2050 — jour du salon de l'orientation
Table des Serdaigle
20 ans
Lorsque je déboule dans la Grande Salle, le souffle court, le repas est déjà bien entamé. Il me reste peu de temps pour manger et sortir dans le parc pour retrouver Zikomo, parti chasser. Il savait que j'allais passer une bonne partie de la pause méridienne enfermée dans la Réserve et n'a donc pas pris la peine de me rejoindre. Si je m'étais écoutée, j'y serais restée plus longtemps. Peut-être pourrais-je y retourner ce soir, avant de quitter Poudlard ? J'ai encore le cœur qui palpite de ces lignes minuscules tracées dans les livres anciens et au contenu parfois obscurs de la Réserve. J'ai la tête remplit de cette ferveur qui m'étouffe, qui me surprend : depuis quand ne l'ai-je pas ressentie ? Une profonde envie, un besoin viscéral de me couper du monde et de me plonger dans une lecture qui m'apprendra les secrets de l'univers. Je n'ai pas ressenti cela depuis tant de temps... Pourquoi aujourd'hui, pourquoi maintenant ? Comment accepter perdre mon temps à manger alors que j'ai l'impression de retrouver une étincelle de vie que je n'ai pas ressentie depuis quasiment un an ?
Pourtant, je suis là. Mes yeux scannent la pièce, parcourent les cinq tables si familière ; je n'aime pas cette vision et je n'aime pas les souvenirs qui y sont associés, mais je fais comme si tout allait bien. Naturellement, mon buste se tourne vers la table Poufsouffle. J'aperçois la tête creuse de Delphillia, les sourires immenses de John, les yeux doux de Joy et tant d'autres têtes familières, des têtes qui ont été mon quotidien durant plusieurs années, qui étaient là à chaque étape de ma vie... Alors au dernier moment, je me détourne et me dirige vers la table des Serdaigle. Évidemment, je connais quelques têtes là-bas aussi, mais c'est différent ; il y a moins de risque que l'on me saute dessus pour venir me parler. Moins de risque d'avoir l'impression d'être bel et bien de retour ici et que l'envie me prenne de me comparer à celle que j'étais et que je ne suis plus.
Je fais léviter jusqu'à moi le plat le plus proche et entreprends de remplir mon assiette, les sourcils froncés par la concentration ; mes pensées sont bloquées dans la Réserve et doivent le rester.
Entièrement libre, pas de nombre de participant limité ! Mais puisque ça peut vite devenir le bazar les RP groupés, j'aimerais bien que ça reste un RP simple, comme ça ça s’enchaîne plus rapidement.
Aelle est donc installée à la table des Serdaigle en ce jour de salon de l'orientation. Les anciens élèves invités ont le droit de manger dans la Grande Salle, d'où la raison de la présence d'Aelle ici.
Table des Serdaigle
20 ans
Lorsque je déboule dans la Grande Salle, le souffle court, le repas est déjà bien entamé. Il me reste peu de temps pour manger et sortir dans le parc pour retrouver Zikomo, parti chasser. Il savait que j'allais passer une bonne partie de la pause méridienne enfermée dans la Réserve et n'a donc pas pris la peine de me rejoindre. Si je m'étais écoutée, j'y serais restée plus longtemps. Peut-être pourrais-je y retourner ce soir, avant de quitter Poudlard ? J'ai encore le cœur qui palpite de ces lignes minuscules tracées dans les livres anciens et au contenu parfois obscurs de la Réserve. J'ai la tête remplit de cette ferveur qui m'étouffe, qui me surprend : depuis quand ne l'ai-je pas ressentie ? Une profonde envie, un besoin viscéral de me couper du monde et de me plonger dans une lecture qui m'apprendra les secrets de l'univers. Je n'ai pas ressenti cela depuis tant de temps... Pourquoi aujourd'hui, pourquoi maintenant ? Comment accepter perdre mon temps à manger alors que j'ai l'impression de retrouver une étincelle de vie que je n'ai pas ressentie depuis quasiment un an ?
Pourtant, je suis là. Mes yeux scannent la pièce, parcourent les cinq tables si familière ; je n'aime pas cette vision et je n'aime pas les souvenirs qui y sont associés, mais je fais comme si tout allait bien. Naturellement, mon buste se tourne vers la table Poufsouffle. J'aperçois la tête creuse de Delphillia, les sourires immenses de John, les yeux doux de Joy et tant d'autres têtes familières, des têtes qui ont été mon quotidien durant plusieurs années, qui étaient là à chaque étape de ma vie... Alors au dernier moment, je me détourne et me dirige vers la table des Serdaigle. Évidemment, je connais quelques têtes là-bas aussi, mais c'est différent ; il y a moins de risque que l'on me saute dessus pour venir me parler. Moins de risque d'avoir l'impression d'être bel et bien de retour ici et que l'envie me prenne de me comparer à celle que j'étais et que je ne suis plus.
Je fais léviter jusqu'à moi le plat le plus proche et entreprends de remplir mon assiette, les sourcils froncés par la concentration ; mes pensées sont bloquées dans la Réserve et doivent le rester.
Entièrement libre, pas de nombre de participant limité ! Mais puisque ça peut vite devenir le bazar les RP groupés, j'aimerais bien que ça reste un RP simple, comme ça ça s’enchaîne plus rapidement.
Aelle est donc installée à la table des Serdaigle en ce jour de salon de l'orientation. Les anciens élèves invités ont le droit de manger dans la Grande Salle, d'où la raison de la présence d'Aelle ici.
Une cuillère de souvenirs et une bouchée de rancœur
J’ai fini de manger et ça me suffit – je n’attends pas la fin officielle du repas pour me lever : j'ai encore des choses à faire, cet aprem', donc autant commencer. En tout cas, c'était ça le plan jusqu'à ce que j'passe près de la table de Serdaigle. Je m'arrête. Je regarde. Je n'en crois pas mes yeux donc je m'approche et constate que je n'ai pas mal vu. Ha mais quelle surprise ! Sans hésiter, j'interpelle la sorcière et lui lance une dose de ma bonne humeur à la figure :
“Eeeh mais si c’est pas Aelle Bristyle, ça !”
Compensant sa mine aussi fermée que dans mes souvenirs par le large sourire qui barre mon visage, je me laisse tomber sur le banc en face d'elle, sans ménagement (ni demander la permission). Oubliant qu’il y a quelques instants, j’avais déjà mis un terme à mon repas, je m’empare d’un bol encore inutilisé que je remplis de quelques grosses cuillères de mousse au chocolat (il y a toujours encore de la place pour un dessert – même un deuxième comme c’est actuellement le cas).
Je mélange la mousse au chocolat à la cuillère – par habitude, sans raison particulière – et la regarde. Mon cerveau tourne à mille à l’heure pour capter ce qu’Aelle peut bien fabriquer ici – à la table de Serdaigle, mais surtout à Poudlard. Genre… elle est venue de son propre gré ? En tout cas, l'ancienne Poufsouffle n'a pas l’air de profiter de sa présence au château pour retrouver ses anciens camarades, à en juger par sa tête. Et par le fait qu'elle soit toute seule pour le repas. Quoiqu’après réflexion, en fait, cela ne m’étonne pas tant que ça. Mais du coup du coup du couuuup, pour en revenir à la question initiale…
Je me fourre une cuillère de mousse au chocolat dans la bouche tout en continuant ma réflexion... et finalement ça fait tilt ! Je crois me rappeler que c'est le salon d'orientation, actuellement. Il y a quelques années, Monsieur Locke m'avait recruté pour parler un peu de ma filière avec Megan, je me souviens que c'était plutôt marrant comme moment. Bref, maintenant que j'y repense, il me semble avoir entendu quelque part en Salle co' que d'anciens élèves sont également présents, cette fois. Satisfaite de ma conclusion, je pointe ma cuillère dans sa direction pour en avoir la confirmation :
“T’es v’nue inspirer et orienter les élèves ?”
J'avoue qu'Aelle Bristyle ne serait certainement pas la première personne à me venir à l'esprit pour une telle tâche, mais... je l'ai toujours trouvé surprenante, cette fille. Alors pourquoi pas.
Je me permets, j'espère que ça te va
ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin
“Eeeh mais si c’est pas Aelle Bristyle, ça !”
Compensant sa mine aussi fermée que dans mes souvenirs par le large sourire qui barre mon visage, je me laisse tomber sur le banc en face d'elle, sans ménagement (ni demander la permission). Oubliant qu’il y a quelques instants, j’avais déjà mis un terme à mon repas, je m’empare d’un bol encore inutilisé que je remplis de quelques grosses cuillères de mousse au chocolat (il y a toujours encore de la place pour un dessert – même un deuxième comme c’est actuellement le cas).
Je mélange la mousse au chocolat à la cuillère – par habitude, sans raison particulière – et la regarde. Mon cerveau tourne à mille à l’heure pour capter ce qu’Aelle peut bien fabriquer ici – à la table de Serdaigle, mais surtout à Poudlard. Genre… elle est venue de son propre gré ? En tout cas, l'ancienne Poufsouffle n'a pas l’air de profiter de sa présence au château pour retrouver ses anciens camarades, à en juger par sa tête. Et par le fait qu'elle soit toute seule pour le repas. Quoiqu’après réflexion, en fait, cela ne m’étonne pas tant que ça. Mais du coup du coup du couuuup, pour en revenir à la question initiale…
Je me fourre une cuillère de mousse au chocolat dans la bouche tout en continuant ma réflexion... et finalement ça fait tilt ! Je crois me rappeler que c'est le salon d'orientation, actuellement. Il y a quelques années, Monsieur Locke m'avait recruté pour parler un peu de ma filière avec Megan, je me souviens que c'était plutôt marrant comme moment. Bref, maintenant que j'y repense, il me semble avoir entendu quelque part en Salle co' que d'anciens élèves sont également présents, cette fois. Satisfaite de ma conclusion, je pointe ma cuillère dans sa direction pour en avoir la confirmation :
“T’es v’nue inspirer et orienter les élèves ?”
J'avoue qu'Aelle Bristyle ne serait certainement pas la première personne à me venir à l'esprit pour une telle tâche, mais... je l'ai toujours trouvé surprenante, cette fille. Alors pourquoi pas.
Je me permets, j'espère que ça te va
ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin
Une cuillère de souvenirs et une bouchée de rancœur
Mon assiette déborde de pommes de terre braisées accompagnées d'une viande en sauce dont je n'ai pas pu déterminer l'origine. L'odeur fait réagir mon estomac, mais il est bien le seul à avoir une quelconque réaction. Immobile, la fourchette bloquée au-dessus de l'assiette, j'ai le regard perdu sur mon plat mais à la place de la nourriture je vois des livres et des lignes ; je suis en train de me remémorer ce que j'ai lu et appris. Rien qui concernait mon sujet de base, c'est à dire Kristen, mais tellement de choses intéressantes que mes pommes de terre font pale figure, à côté.
L'intervention soudaine d'une voix et l'apparition brusque de la silhouette qui lui est associée m'arrache à mes pensées concentrées. Automatiquement, ma fourchette poursuit son chemin et se plante dans une pomme de terre. Mon regard, lui, vient épingler la silhouette et avant même de la reconnaître je ressens une vague d'agacement à l'idée que l'on vienne me déranger, surtout avec une introduction aussi banale et évidente que celle qui a été prononcée. Cependant, bien malgré moi, tout cet agacement disparaît subitement lorsque j'aperçois la bouille rousse de Leo Ginger.
Je ne m'attendais pas à elle. Je me redresse vaguement et, soucieuse de poursuivre ma vie sans me laisser perturber par son apparition, je glisse la pomme de terre dans ma bouche, au plus grand plaisir de mon estomac qui se réveille maintenant que mes papilles sont comblées. Leo Ginger. Je la regarde s'asseoir sans exprimer beaucoup d'émotion. Mais l'agacement est bel et bien parti, et si elle est suffisamment observatrice elle remarquera que mes sourcils ne sont plus froncés et que je ne la fusille pas du regard comme j'aurais pu le faire avec un autre élève. Sans dire que je l'apprécie, je peux affirmer que Ginger ne me dérange pas et même que j'ai gardé bon souvenir des quelques moments que nous avons passé ensemble lors de ma septième année. Parfois, je me dis que j'aimerais bien me retrouver là-haut, dans les airs, à frapper des balles avec une batte. Mais ça reste rare.
Elle enfourne de grosses bouchées de mousse au chocolat. Je picore dans mon assiette morceau de pomme de terre par morceau de pomme de terre.
« Si t'entends par là que je suis venue au salon de l'orientation, alors : oui, commencé-je d'une voix égale en la regardant dans les yeux. Mais orienter et inspirer ? »
Un léger rictus se dessine sur mes lèvres lorsque je me souviens de mes échanges du matin avec les étudiants de Poudlard.
« Certainement pas. Disons que j'ai répondu à quelques questions. »
Sur ces mots, j'attrape le couteau disposé à côté de l'assiette et entreprends de couper soigneusement la viande, avec autant de sérieux que je l'aurais fait avec un ingrédient en cours de Potions.
Aah, je suis très heureuse que tu te sois permise et ravie de réécrire avec toi et de nouveau voir Leo et Aelle ensemble !
L'intervention soudaine d'une voix et l'apparition brusque de la silhouette qui lui est associée m'arrache à mes pensées concentrées. Automatiquement, ma fourchette poursuit son chemin et se plante dans une pomme de terre. Mon regard, lui, vient épingler la silhouette et avant même de la reconnaître je ressens une vague d'agacement à l'idée que l'on vienne me déranger, surtout avec une introduction aussi banale et évidente que celle qui a été prononcée. Cependant, bien malgré moi, tout cet agacement disparaît subitement lorsque j'aperçois la bouille rousse de Leo Ginger.
Je ne m'attendais pas à elle. Je me redresse vaguement et, soucieuse de poursuivre ma vie sans me laisser perturber par son apparition, je glisse la pomme de terre dans ma bouche, au plus grand plaisir de mon estomac qui se réveille maintenant que mes papilles sont comblées. Leo Ginger. Je la regarde s'asseoir sans exprimer beaucoup d'émotion. Mais l'agacement est bel et bien parti, et si elle est suffisamment observatrice elle remarquera que mes sourcils ne sont plus froncés et que je ne la fusille pas du regard comme j'aurais pu le faire avec un autre élève. Sans dire que je l'apprécie, je peux affirmer que Ginger ne me dérange pas et même que j'ai gardé bon souvenir des quelques moments que nous avons passé ensemble lors de ma septième année. Parfois, je me dis que j'aimerais bien me retrouver là-haut, dans les airs, à frapper des balles avec une batte. Mais ça reste rare.
Elle enfourne de grosses bouchées de mousse au chocolat. Je picore dans mon assiette morceau de pomme de terre par morceau de pomme de terre.
« Si t'entends par là que je suis venue au salon de l'orientation, alors : oui, commencé-je d'une voix égale en la regardant dans les yeux. Mais orienter et inspirer ? »
Un léger rictus se dessine sur mes lèvres lorsque je me souviens de mes échanges du matin avec les étudiants de Poudlard.
« Certainement pas. Disons que j'ai répondu à quelques questions. »
Sur ces mots, j'attrape le couteau disposé à côté de l'assiette et entreprends de couper soigneusement la viande, avec autant de sérieux que je l'aurais fait avec un ingrédient en cours de Potions.
Aah, je suis très heureuse que tu te sois permise et ravie de réécrire avec toi et de nouveau voir Leo et Aelle ensemble !
Une cuillère de souvenirs et une bouchée de rancœur
Ah bon. Répondu à des questions, donc. Est-ce qu’elle voulait vraiment aider, ou bien m’avait-elle juste rien de mieux à faire ? À moins qu’elle ne soit payée ? Je garde ces interrogations pour moi et au lieu de cela, prends une nouvelle cuillère de mousse au chocolat tout en observant la sorcière en face de moi disséquer avec soin son morceau de viande. C’est un contraste que j’ai toujours trouvé curieux, chez elle : Aelle c’est un peu une brute, mais une brute appliquée.
En attendant, je constate qu’elle ne m’a ni grogné au visage ni royalement ignorée. Ouais, nos quelques rencontres se sont plutôt bien passées – car quand Aelle n’est pas le Grinch version sorciers, c’est quand même une personne vachement intéressante. Mais ça, c’est un autre truc avec elle : avec Aelle, on sait jamais. En l’occurrence, sans pour autant me saluer avec un enthousiasme excessif, elle répond tout de même à mes remarques et questions. Et je crois même apercevoir une espèce de micro sourire sur son visage. Quoique… plus je regarde, moins j’en suis certaine. Mais moi, je prends ça comme un elle est quand même un peu contente de me voir. Vite Leo, touche du bois.
“Ah ouais je vois,” je me contente donc de répondre.
En réalité, j’aurais moi aussi envie de lui poser tout plein de questions. Sur comment ça c’est passé, le salon de l’orientation. Lui demander comment elle va, quelle haute école elle a choisie, déjà. L’interroger sur comment c’est, la vie estudiantine, sur ce qu’elle a comme projets et cetera et cetera. Mais l’ancienne Poufsouffle a probablement eu sa dose de questions pour la matinée – une pause, c’est pas une pause pour rien. D’ailleurs je reste toujours aussi étonnée qu’elle se soit soumise à la tâche, mais bref.
Alors j’ose m’aventurer sur une piste potentiellement périlleuse : dans l’espoir de relancer la conversation, je tente une espèce de blague.
“J’imagine que tu t’es pas mise au Quidditch ou au cognard, depuis le temps ? T’sais… pour te changer un peu des cours, des études tout ça.”
Étant donné que c’est d’Aelle qu’on parle, oui, c’est bien une blague. Et peut-être qu’elle passe mieux avec le grand sourire que je lui adresse juste avant d’ajouter sur un ton léger :
“Eh, t’as un conseil pour moi, pour l’année prochaine ?”
ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin
En attendant, je constate qu’elle ne m’a ni grogné au visage ni royalement ignorée. Ouais, nos quelques rencontres se sont plutôt bien passées – car quand Aelle n’est pas le Grinch version sorciers, c’est quand même une personne vachement intéressante. Mais ça, c’est un autre truc avec elle : avec Aelle, on sait jamais. En l’occurrence, sans pour autant me saluer avec un enthousiasme excessif, elle répond tout de même à mes remarques et questions. Et je crois même apercevoir une espèce de micro sourire sur son visage. Quoique… plus je regarde, moins j’en suis certaine. Mais moi, je prends ça comme un elle est quand même un peu contente de me voir. Vite Leo, touche du bois.
“Ah ouais je vois,” je me contente donc de répondre.
En réalité, j’aurais moi aussi envie de lui poser tout plein de questions. Sur comment ça c’est passé, le salon de l’orientation. Lui demander comment elle va, quelle haute école elle a choisie, déjà. L’interroger sur comment c’est, la vie estudiantine, sur ce qu’elle a comme projets et cetera et cetera. Mais l’ancienne Poufsouffle a probablement eu sa dose de questions pour la matinée – une pause, c’est pas une pause pour rien. D’ailleurs je reste toujours aussi étonnée qu’elle se soit soumise à la tâche, mais bref.
Alors j’ose m’aventurer sur une piste potentiellement périlleuse : dans l’espoir de relancer la conversation, je tente une espèce de blague.
“J’imagine que tu t’es pas mise au Quidditch ou au cognard, depuis le temps ? T’sais… pour te changer un peu des cours, des études tout ça.”
Étant donné que c’est d’Aelle qu’on parle, oui, c’est bien une blague. Et peut-être qu’elle passe mieux avec le grand sourire que je lui adresse juste avant d’ajouter sur un ton léger :
“Eh, t’as un conseil pour moi, pour l’année prochaine ?”
ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin
Une cuillère de souvenirs et une bouchée de rancœur
Je coupe un morceau de viande, puis un second et enfin un troisième. Je les range soigneusement d'un côté de l'assiette pour poursuivre mon entreprise. Quitte à avoir les deux mains occupées, autant que ça dure le moins de temps possible : tout couper, pour ensuite être tranquille. Cette stratégie devait à la base me permettre de pouvoir continuer de manger tout en tenant un livre dans une main. Aujourd'hui je n'ai pas de livre mais la technique persiste ; elle m'occupe les mains et les yeux pour ne pas me confronter au regard de Ginger ou de qui que ce soit d'autre. Et j'ai été fort avisé, d'ailleurs, puisque je n'aurais rien eu à répondre à son « je vois » d'une très grande éloquence. Je ne sais pas ce qu'elle voit, mais elle a l'air de très bien le voir, alors je la laisse faire et je continue de disséquer ma viande et de séparer ce qui est mangeable de ce qui ne l'est pas. Pendant ce temps, mon estomac grogne un peu mais je l'ignore aisément : je suis habituée à ressentir la faim sans avoir réellement faim.
Comme je l'imaginais, Ginger reprend rapidement la parole. Je lui lance un regard dubitatif par-dessus mon assiette et rencontre son grand sourire. Trop tard, mon sourcil s'est déjà dressé sur mon front, inquisiteur. J'ai du mal à comprendre s'il s'agit d'une blague ou non, mais j'imagine qu'elle doit être sérieuse, malgré ce sourire : après tout, c'est elle qui m'a appris les bien-faits de tenir une batte dans les mains, c'est légitime qu'elle se demande si j'en ai fait une habitude ou non. Enfin, si c'est ce qu'elle me demande. On est jamais trop sûr, avec les gens comme elle. Par contre, je comprends parfaitement le sens de sa question et puisqu'elle l'a bien posée et que ça concerne un sujet qui m'intéresse, je ne prends pas ombrage du fait qu'elle soit finalement à l'image de tous les élèves de Poudlard : quand ils revoient une ancienne connaissance croisée dans les couloirs du château, il faut tous qu'ils questionnent sur l'avenir, les études supérieures et sur mon évolution ; c'est d'un tel ennui. Mais avec Ginger, c'est différent. Ginger ne me parle pas des études. Elle me parle de violence.
« Mh, réfléchis-je avant de reprendre ses propres paroles pour répéter : pour te changer un peu des cours, des études, tout ça... »
Je pose mon couteau et m'essuie les mains sur une serviette mise à disposition sans quitter Ginger des yeux, avant de lui donner une réponse qui répondra à ses deux questions, même si ne pourra pas le deviner.
« ...rien de mieux que le Pitiponk, Ginger. »
Et si je prends une voix narquoise, c'est sans doute parce que jamais je n'aurais cru conseiller de se rendre dans un bar à qui que ce soit un an auparavant. Il y a plusieurs années, j'aurais parlé de magie et de grandes choses ; en prendre conscience creuse un trou à l'intérieur de moi. C'est une réponse pitoyable, mais c'est ce à quoi je m'occupe la plupart du temps quand j'ai besoin de décharger ; et puis c'est une réponse parfaite à la question un peu naïve d'une fille qui a déjà trouvé comment se changer les idées sans avoir besoin de mon aide.
« Parce que tu ne comptes pas continuer avec ta batte, l'année prochaine ? » demandé-je en fronçant doucement les sourcils, la tête penchée sur le côté.
Cela m'étonnerait franchement. Pour l'avoir déjà vue en action, que ce soit lors des matchs ou pendant la petite leçon particulière qu'elle m'a donnée, je peux affirmer que cette fille n'arrêtera jamais de frapper des cognards avec sa batte. Elle le fait bien trop naturellement et a bien trop saisi l'importance de cette violence et son bien-fait pour s'arrêter de sitôt.
Est-ce qu'Aelle a mal compris la question ? Peut-être, mais c'est tant mieux pour Leo.
Comme je l'imaginais, Ginger reprend rapidement la parole. Je lui lance un regard dubitatif par-dessus mon assiette et rencontre son grand sourire. Trop tard, mon sourcil s'est déjà dressé sur mon front, inquisiteur. J'ai du mal à comprendre s'il s'agit d'une blague ou non, mais j'imagine qu'elle doit être sérieuse, malgré ce sourire : après tout, c'est elle qui m'a appris les bien-faits de tenir une batte dans les mains, c'est légitime qu'elle se demande si j'en ai fait une habitude ou non. Enfin, si c'est ce qu'elle me demande. On est jamais trop sûr, avec les gens comme elle. Par contre, je comprends parfaitement le sens de sa question et puisqu'elle l'a bien posée et que ça concerne un sujet qui m'intéresse, je ne prends pas ombrage du fait qu'elle soit finalement à l'image de tous les élèves de Poudlard : quand ils revoient une ancienne connaissance croisée dans les couloirs du château, il faut tous qu'ils questionnent sur l'avenir, les études supérieures et sur mon évolution ; c'est d'un tel ennui. Mais avec Ginger, c'est différent. Ginger ne me parle pas des études. Elle me parle de violence.
« Mh, réfléchis-je avant de reprendre ses propres paroles pour répéter : pour te changer un peu des cours, des études, tout ça... »
Je pose mon couteau et m'essuie les mains sur une serviette mise à disposition sans quitter Ginger des yeux, avant de lui donner une réponse qui répondra à ses deux questions, même si ne pourra pas le deviner.
« ...rien de mieux que le Pitiponk, Ginger. »
Et si je prends une voix narquoise, c'est sans doute parce que jamais je n'aurais cru conseiller de se rendre dans un bar à qui que ce soit un an auparavant. Il y a plusieurs années, j'aurais parlé de magie et de grandes choses ; en prendre conscience creuse un trou à l'intérieur de moi. C'est une réponse pitoyable, mais c'est ce à quoi je m'occupe la plupart du temps quand j'ai besoin de décharger ; et puis c'est une réponse parfaite à la question un peu naïve d'une fille qui a déjà trouvé comment se changer les idées sans avoir besoin de mon aide.
« Parce que tu ne comptes pas continuer avec ta batte, l'année prochaine ? » demandé-je en fronçant doucement les sourcils, la tête penchée sur le côté.
Cela m'étonnerait franchement. Pour l'avoir déjà vue en action, que ce soit lors des matchs ou pendant la petite leçon particulière qu'elle m'a donnée, je peux affirmer que cette fille n'arrêtera jamais de frapper des cognards avec sa batte. Elle le fait bien trop naturellement et a bien trop saisi l'importance de cette violence et son bien-fait pour s'arrêter de sitôt.
Est-ce qu'Aelle a mal compris la question ? Peut-être, mais c'est tant mieux pour Leo.
Une cuillère de souvenirs et une bouchée de rancœur
Éli avait toujours aimé la magie de ses tablées, l'ambiance de ses conversations, et la gourmandise de cette cuisine elfique, quoiqu'un peu moins ces derniers mois, pourtant aujourd'hui, elle avait reculé au maximum son arrivée dans la grande salle. La jeune fille avait eu une semaine pour se faire à l'idée de son départ, mais presque par refus, son corps inconsciemment ralentissait le pas comme pour profiter encore un peu plus longtemps de chaque chose, de chaque son, pour inscrire dans sa mémoire chaque micro détails de cette pièce qu'elle ne verrait sûrement plus jamais.
Avant de choisir son allée habituelle, la Poufsouffle leva la tête vers le plafond qui semblait aussi gris et nuageux que son esprit, puis scruta les tables les unes après les autres. S'attardant quelques secondes sur des élèves aléatoirement, Éli se remémora avec émotions certains souvenir qu'elle avait eut avec chacune des maisons. Même s'ils n'étaient pas tous bon, à cet instant elle aurait tout donné pour avoir la chance de revivre chacun d'entre eux en profitant beaucoup plus. Elle ne se rendait pas compte avant, à quel point ces moments, même les plus insignifiants ici étaient importants, maintenant que sa présence au château ne se comptait plus qu'en heures, voir en minutes, elle savait déjà que tout ces "riens" lui manqueraient.
Un léger sourire nostalgique au coin des lèvres, elle termina son tour de tables visuel, avant de soudainement froncer les sourcils. Abandonnant son sourire, un nœud venait de se créer dans sa poitrine. Pourquoi avait-elle la désagréable impression que dans les dernières images que ses yeux avaient capté, quelque chose n'allait pas ? Secouant la tête comme pour éloigner cette pensée improbable, Éli tenta de s'auto persuader. Non mais ça n'va plus toi, t'es vraiment au bout de la bobine, c'est dangereux là ! Est-ce que les hallucinations étaient censées être un symptôme ? Pas sûr, pourtant ce qu'elle avait vu ne pouvait clairement pas être la réalité, "ELLE" ne pouvait pas se trouver là. Était-ce le signe qu'elle devait lui envoyer cette fameuse lettre abandonnée quelques jours plus tôt ? Et pourquoi son cerveau l'avait il placé chez les Serdaigle d'abord ? N'importe quoi ! La jeune fille, un peu perturbée par cette vision, avança de quelques pas pour rejoindre la table Poufsouffle. C'était décidé, elle ne parlerait de cette vision à personne, elle se reposerait un peu pour éviter de passer pour une folle, et tout irait bien, pas besoin d'en faire un monde ! Malgré tout, quelques minutes plus tard, le regard vissé à son assiette toujours vide, l'information tournait en boucle comme une obsession.
Non, par Helga tu ne vas pas gâcher aussi mon dernier repas ! Sort de ma tête Bristyle !!!
Assise dos à la table Serdaigle, Éli avait conscience, que si elle ne redonnait pas un coup d'œil vers cette foutue apparition, elle n'arriverait plus à se sortir La Reine de Glace de la tête. Cédant à sa folie passagère pour enfin calmer ses pensées, la Poufsouffle se tourna sur son banc pour vérifier ce qu'elle n'avait pas pu voir.
Toujours cette froideur, toujours ce regard...
Elle était bien là. Aelle Bristyle à Poudlard, comment cette vérité pouvait-elle exister ?
Qu'est ce que....? Mais c'est quoi cette dinguerie !?
Figée, Éli n'arrivait pas à décoller ses iris de son ancienne camarade. Sa bouche entrouverte ne semblait plus avoir de muscles, son visage ne tentait même plus de cacher sa surprise, et son cœur, trop pris au dépourvu de cette improbable présence, loupa quelques battements.
Entre toutes les péripéties qui avaient rythmé ses dernières semaines, Éli était complètement passé à côté de l'événement du jour. Peut-être que la présence de son ancienne camarade avait été annoncée, peut-être que si elle s'était un peu plus impliquée dans la vie de sa maison, elle aurait entendu les conversations des autres élèves à ce sujet, peut-être...mais ce n'était pas le cas. Éli s'était juste déconnectée de tout le reste depuis qu'elle avait appris ce qui lui arrivait, rien n'avait eu d'intérêt à ses yeux, rien n'avait réussit à passer par-dessus ses préoccupations. Ce retour à la réalité était pour le moins....glacial.
Bien sûr qu'Aelle n'était pas venu pour elle, bien sûr qu'elle se fichait sûrement d'avoir laissé le dernier hibou d'Éli sans réponse, bien sûr qu'il y avait sûrement une vraie raison à sa présence ici, mais la Poufsouffle s'en fichait complètement. Tout ce qu'elle avait besoin à cet instant c'était de sortir de cette salle, de respirer, et de mettre le plus de distance entre elles. Et c'est ce qu'elle fit. Son dernier repas au château n'en serait pas un finalement.
Avant de choisir son allée habituelle, la Poufsouffle leva la tête vers le plafond qui semblait aussi gris et nuageux que son esprit, puis scruta les tables les unes après les autres. S'attardant quelques secondes sur des élèves aléatoirement, Éli se remémora avec émotions certains souvenir qu'elle avait eut avec chacune des maisons. Même s'ils n'étaient pas tous bon, à cet instant elle aurait tout donné pour avoir la chance de revivre chacun d'entre eux en profitant beaucoup plus. Elle ne se rendait pas compte avant, à quel point ces moments, même les plus insignifiants ici étaient importants, maintenant que sa présence au château ne se comptait plus qu'en heures, voir en minutes, elle savait déjà que tout ces "riens" lui manqueraient.
Un léger sourire nostalgique au coin des lèvres, elle termina son tour de tables visuel, avant de soudainement froncer les sourcils. Abandonnant son sourire, un nœud venait de se créer dans sa poitrine. Pourquoi avait-elle la désagréable impression que dans les dernières images que ses yeux avaient capté, quelque chose n'allait pas ? Secouant la tête comme pour éloigner cette pensée improbable, Éli tenta de s'auto persuader. Non mais ça n'va plus toi, t'es vraiment au bout de la bobine, c'est dangereux là ! Est-ce que les hallucinations étaient censées être un symptôme ? Pas sûr, pourtant ce qu'elle avait vu ne pouvait clairement pas être la réalité, "ELLE" ne pouvait pas se trouver là. Était-ce le signe qu'elle devait lui envoyer cette fameuse lettre abandonnée quelques jours plus tôt ? Et pourquoi son cerveau l'avait il placé chez les Serdaigle d'abord ? N'importe quoi ! La jeune fille, un peu perturbée par cette vision, avança de quelques pas pour rejoindre la table Poufsouffle. C'était décidé, elle ne parlerait de cette vision à personne, elle se reposerait un peu pour éviter de passer pour une folle, et tout irait bien, pas besoin d'en faire un monde ! Malgré tout, quelques minutes plus tard, le regard vissé à son assiette toujours vide, l'information tournait en boucle comme une obsession.
Non, par Helga tu ne vas pas gâcher aussi mon dernier repas ! Sort de ma tête Bristyle !!!
Assise dos à la table Serdaigle, Éli avait conscience, que si elle ne redonnait pas un coup d'œil vers cette foutue apparition, elle n'arriverait plus à se sortir La Reine de Glace de la tête. Cédant à sa folie passagère pour enfin calmer ses pensées, la Poufsouffle se tourna sur son banc pour vérifier ce qu'elle n'avait pas pu voir.
Toujours cette froideur, toujours ce regard...
Elle était bien là. Aelle Bristyle à Poudlard, comment cette vérité pouvait-elle exister ?
Qu'est ce que....? Mais c'est quoi cette dinguerie !?
Figée, Éli n'arrivait pas à décoller ses iris de son ancienne camarade. Sa bouche entrouverte ne semblait plus avoir de muscles, son visage ne tentait même plus de cacher sa surprise, et son cœur, trop pris au dépourvu de cette improbable présence, loupa quelques battements.
Entre toutes les péripéties qui avaient rythmé ses dernières semaines, Éli était complètement passé à côté de l'événement du jour. Peut-être que la présence de son ancienne camarade avait été annoncée, peut-être que si elle s'était un peu plus impliquée dans la vie de sa maison, elle aurait entendu les conversations des autres élèves à ce sujet, peut-être...mais ce n'était pas le cas. Éli s'était juste déconnectée de tout le reste depuis qu'elle avait appris ce qui lui arrivait, rien n'avait eu d'intérêt à ses yeux, rien n'avait réussit à passer par-dessus ses préoccupations. Ce retour à la réalité était pour le moins....glacial.
Bien sûr qu'Aelle n'était pas venu pour elle, bien sûr qu'elle se fichait sûrement d'avoir laissé le dernier hibou d'Éli sans réponse, bien sûr qu'il y avait sûrement une vraie raison à sa présence ici, mais la Poufsouffle s'en fichait complètement. Tout ce qu'elle avait besoin à cet instant c'était de sortir de cette salle, de respirer, et de mettre le plus de distance entre elles. Et c'est ce qu'elle fit. Son dernier repas au château n'en serait pas un finalement.
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❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso ☙ - bouilleur de chaudron
Une cuillère de souvenirs et une bouchée de rancœur
C’est marrant comment elle mage, Aelle. La façon dont elle coupe ses morceaux de viande, dont elle les mets de côté probablement jusqu’à en avoir assez pour pouvoir enchaîner les fourchettes sans avoir à s’interrompre pour préparer la prochaine bouchée. J’ai le regard rivé sur son assiette et me fais la réflexion que mon grand-père a la même stratégie, du moins jusqu’au moment – qui finit toujours par arriver – où ma grand-mère le réprimande parce que ce sont les enfants qui mangent ainsi. Les enfants et Aelle Bristyle également, semblerait-il. Peut-être, en fait, que c’est une façon légitime de procéder à l’anéantissement du contenu de son plat, finalement.
Aelle pose sa fourchette et je relève les yeux puisqu’elle a repris la parole. Le Pitiponk, donc. À défaut d’avoir eu l’occasion d’y mettre les pieds, j’en ai déjà entendu parler. Je ne sais pas si j’aurais forcément imaginé l’ancienne Poufsouffle en cliente d’un bar estudiantin – et qui le recommande par dessus le marché, mais… c’est un réponse qui me satisfait, j’imagine. Je prends la dernière cuillère de désert qui me reste et rends à Aelle son sourire narquois :
« Le Pitiponk, je note. Tu parles d’expérience, je suppose ? »
Je finis de gratter les restes de mousse au chocolat dans mon bol, lèche une dernière fois ma cuillère la face incurvée contre la langue et la repose dans le bol à présent vraiment vide.
« Bah si, je dis, un peu étonnée par cette question dont la réponse me semble pourtant si évidente. Et comme si elle s’intéressait réellement à mon choix de carrière, j’ajoute : J'espère avoir suffisamment convaincu les recruteurs pour pouvoir jouer en alternance avec l’ISMI dans une équipe pro. T’ sais… histoire de pas trop étudier non plus. »
Mon petit sourire souligne la nouvelle tentative d’humour. Enfin demi-humour plus précisément, car si j’espère effectivement être prise par une équipe, étudier dans une école comme l’ISMI a l’air plutôt fun.
ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin
Aelle pose sa fourchette et je relève les yeux puisqu’elle a repris la parole. Le Pitiponk, donc. À défaut d’avoir eu l’occasion d’y mettre les pieds, j’en ai déjà entendu parler. Je ne sais pas si j’aurais forcément imaginé l’ancienne Poufsouffle en cliente d’un bar estudiantin – et qui le recommande par dessus le marché, mais… c’est un réponse qui me satisfait, j’imagine. Je prends la dernière cuillère de désert qui me reste et rends à Aelle son sourire narquois :
« Le Pitiponk, je note. Tu parles d’expérience, je suppose ? »
Je finis de gratter les restes de mousse au chocolat dans mon bol, lèche une dernière fois ma cuillère la face incurvée contre la langue et la repose dans le bol à présent vraiment vide.
« Bah si, je dis, un peu étonnée par cette question dont la réponse me semble pourtant si évidente. Et comme si elle s’intéressait réellement à mon choix de carrière, j’ajoute : J'espère avoir suffisamment convaincu les recruteurs pour pouvoir jouer en alternance avec l’ISMI dans une équipe pro. T’ sais… histoire de pas trop étudier non plus. »
Mon petit sourire souligne la nouvelle tentative d’humour. Enfin demi-humour plus précisément, car si j’espère effectivement être prise par une équipe, étudier dans une école comme l’ISMI a l’air plutôt fun.
ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin
Une cuillère de souvenirs et une bouchée de rancœur
Sa façon de parler, ou plutôt sa façon d'être, me force à lever les yeux de mon assiette pour la regarder. Ses sourires narquois, ses blagues, ses tentatives d'humour... Je n'en comprends pas la moitié, mais je découvre qu'il y a toujours ce petite truc chez elle que j'apprécie. Cette espèce de légèreté naturelle que je retrouve chez peu de gens. Face à mon visage stoïque et mes sourcils froncés, les personnes auxquelles je parle n'ont pas pour habitude de me faire des blagues ou de me lancer des sourires narquois. En général, ils essaient soit de me comprendre, soit de paraître encore plus de mauvaise humeur que moi. Pour conclure, ils sont insupportables. Leo Ginger n'est pas insupportable. Elle est seulement elle-même. C'est déjà exceptionnel que ça me convienne.
Ainsi donc, elle continue à l'université l'année prochaine, elle continue « avec sa batte » ; est-ce que j'ai mal compris sa phrase précédente pour qu'elle me réponde sur un ton aussi évident ce « Bah si » ? Je me questionne une seconde ou deux avant de décider que cela n'a pas la moindre importance. Je me permets un léger, très léger sourire quasiment invisible qui m'étire à peine les lèvres en réponse à son humour.
« Évidemment, rétorqué-je d'une voix moqueuse en plantant ma fourchette dans un morceau de viande, il ne faudrait pas non plus fournir trop d'effort. »
Chez une autre personne, j'aurais condamné cette flemmardise. J'aurais froncé les sourcils et dit quelque chose comme : si tu ne veux pas étudier, autant ne pas aller à l'université et prendre la place de quelqu'un plus motivé que toi. Je l'aurais pensé sincèrement. Mais puisque c'est Ginger que j'ai en face de moi, je sais que derrière cette bravade se cache une personne motivée qui pourrait aller loin — dans son domaine. Et puis pour avoir convaincu des recruteurs, il faut avoir un certain talent.
Je glisse ma fourchette dans ma bouche et mâche longuement la viande en observant la rousse de l'autre côté de la table. Je m'étonne toujours des moments que nous avons passé ensemble lorsque j'étais encore élève — comme aujourd'hui, rien n'explique que nous ayons pu nous entendre à l'époque. Aujourd'hui, nous avons peut-être encore moins en commun, et pourtant sa présence ne me dérange pas.
« Quant au Pitiponk, je reprends après avoir avalé ma bouchée, évidemment que je parle d'expérience. »
Cela n'a rien de glorieux et je le sais, pourtant je garde la tête droite, le menton dressé et je dis ça comme j'aurais dit : mon diplôme de l'AESM ? évidemment que je parle d'expérience ! Comme si je pouvais en être fière ou quelque chose comme ça, alors qu'il n'y a rien de glorieux dans le fait de conseiller à une future étudiante d'aller se murger dans un bar étudiant — comme s'il y avait quoi que ce soit de glorieux dans le fait de faire ça sans même être étudiante, car je n'ai rien de mieux à faire de ma peau, parce que je préfère autant oublier dans l'alcool que regarder en face mon insupportable quotidien.
« Tu t'étais sûrement attendue à ce que je te conseille de passer des heures à la bibliothèque, hein ? » la questionné-je soudainement en recopiant son ton narquois.
Je pose le coude sur la table et lui lance par-dessus mon assiette et son bol vide un regard moqueur.
Ainsi donc, elle continue à l'université l'année prochaine, elle continue « avec sa batte » ; est-ce que j'ai mal compris sa phrase précédente pour qu'elle me réponde sur un ton aussi évident ce « Bah si » ? Je me questionne une seconde ou deux avant de décider que cela n'a pas la moindre importance. Je me permets un léger, très léger sourire quasiment invisible qui m'étire à peine les lèvres en réponse à son humour.
« Évidemment, rétorqué-je d'une voix moqueuse en plantant ma fourchette dans un morceau de viande, il ne faudrait pas non plus fournir trop d'effort. »
Chez une autre personne, j'aurais condamné cette flemmardise. J'aurais froncé les sourcils et dit quelque chose comme : si tu ne veux pas étudier, autant ne pas aller à l'université et prendre la place de quelqu'un plus motivé que toi. Je l'aurais pensé sincèrement. Mais puisque c'est Ginger que j'ai en face de moi, je sais que derrière cette bravade se cache une personne motivée qui pourrait aller loin — dans son domaine. Et puis pour avoir convaincu des recruteurs, il faut avoir un certain talent.
Je glisse ma fourchette dans ma bouche et mâche longuement la viande en observant la rousse de l'autre côté de la table. Je m'étonne toujours des moments que nous avons passé ensemble lorsque j'étais encore élève — comme aujourd'hui, rien n'explique que nous ayons pu nous entendre à l'époque. Aujourd'hui, nous avons peut-être encore moins en commun, et pourtant sa présence ne me dérange pas.
« Quant au Pitiponk, je reprends après avoir avalé ma bouchée, évidemment que je parle d'expérience. »
Cela n'a rien de glorieux et je le sais, pourtant je garde la tête droite, le menton dressé et je dis ça comme j'aurais dit : mon diplôme de l'AESM ? évidemment que je parle d'expérience ! Comme si je pouvais en être fière ou quelque chose comme ça, alors qu'il n'y a rien de glorieux dans le fait de conseiller à une future étudiante d'aller se murger dans un bar étudiant — comme s'il y avait quoi que ce soit de glorieux dans le fait de faire ça sans même être étudiante, car je n'ai rien de mieux à faire de ma peau, parce que je préfère autant oublier dans l'alcool que regarder en face mon insupportable quotidien.
« Tu t'étais sûrement attendue à ce que je te conseille de passer des heures à la bibliothèque, hein ? » la questionné-je soudainement en recopiant son ton narquois.
Je pose le coude sur la table et lui lance par-dessus mon assiette et son bol vide un regard moqueur.
Une cuillère de souvenirs et une bouchée de rancœur
Je ne relève pas son commentaire sur les efforts à fournir, ne prêtant pas trop d'importance à son regard moqueur. Je sais pas si elle a compris que ses études et mes études … bah ça n'a tout simplement rien à voir. Alors oh que si, je vais fournir des efforts. Des efforts de dingue, ce qu'il faut pour avoir ma chance dans le sport de haut niveau et la compet' pro. J'imagine que ce seront des efforts physiques, mais aussi des efforts mentaux. Juste pas des efforts de cerveau quoi, 'fin je vais pas faire la grande académicienne théoricienne de machin truc chais pas quoi. Donc la bibliothèque …
Notons qu'à ce moment là, je ne savais pas encore que plusieurs semaines plus tard, j'allais recevoir une liste de dix manuels à acheter pour la rentrée. Mais ça c'est une autre histoire et en attendant, je hausse les sourcils à sa dernière remarque.
À vrai dire je ne m'attendais pas forcément à ce qu'Aelle me conseille tout court. Si elle l'a déjà fait par le passé avec les invocations de serpent dans le parc quelques années plus tôt, je ne le prends pas pour acquis pour autant. Alors je hausse les épaules.
“Chais pas, j'me suis attendue à rien de particulier. T'es étudiante quoi, c'est normal d'aller au bar.”
Et c'est vrai. Car j'imagine que même Aelle Bristyle – aussi sérieuse et grincheuse soit-elle – reste jeune.
Mon regard se pose sur le bol vide devant moi et je me souviens tout à coup que de base, j'avais déjà terminé mon repas une première fois. Frappant mes deux paumes contre la table, je décide que le moment est venu de mettre fin à cette conversation imprévue :
“Bon, j’dois y aller, c’était sympa de t’revoir, Bristyle. Du coup on risque de s'recroiser au Pitiponk !”
Je me lève, lui adresse un petit signe de la main et un sourire légèrement provocateur :
"Tu pourras m'offrir un verre à l'occas' "
Je ne résiste pas à la tentation de lui balancer un clin d'œil (histoire de m'enfoncer encore un peu plus) et sans lui laisser le temps de répondre – car j'imagine que la réplique cinglante attend déjà au bord de ses lèvres – je tourne les talons. J'avoue : l'idée de revoir l'ancienne Poufsouffle au Pitiponk ne me déplait aucunement. Et puis pour le verre … bah on verra, hein. Mais je suis confiante.
C'est une fin pour moi, merci pour ces petites retrouvailles
ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin
Notons qu'à ce moment là, je ne savais pas encore que plusieurs semaines plus tard, j'allais recevoir une liste de dix manuels à acheter pour la rentrée. Mais ça c'est une autre histoire et en attendant, je hausse les sourcils à sa dernière remarque.
À vrai dire je ne m'attendais pas forcément à ce qu'Aelle me conseille tout court. Si elle l'a déjà fait par le passé avec les invocations de serpent dans le parc quelques années plus tôt, je ne le prends pas pour acquis pour autant. Alors je hausse les épaules.
“Chais pas, j'me suis attendue à rien de particulier. T'es étudiante quoi, c'est normal d'aller au bar.”
Et c'est vrai. Car j'imagine que même Aelle Bristyle – aussi sérieuse et grincheuse soit-elle – reste jeune.
Mon regard se pose sur le bol vide devant moi et je me souviens tout à coup que de base, j'avais déjà terminé mon repas une première fois. Frappant mes deux paumes contre la table, je décide que le moment est venu de mettre fin à cette conversation imprévue :
“Bon, j’dois y aller, c’était sympa de t’revoir, Bristyle. Du coup on risque de s'recroiser au Pitiponk !”
Je me lève, lui adresse un petit signe de la main et un sourire légèrement provocateur :
"Tu pourras m'offrir un verre à l'occas' "
Je ne résiste pas à la tentation de lui balancer un clin d'œil (histoire de m'enfoncer encore un peu plus) et sans lui laisser le temps de répondre – car j'imagine que la réplique cinglante attend déjà au bord de ses lèvres – je tourne les talons. J'avoue : l'idée de revoir l'ancienne Poufsouffle au Pitiponk ne me déplait aucunement. Et puis pour le verre … bah on verra, hein. Mais je suis confiante.
C'est une fin pour moi, merci pour ces petites retrouvailles
ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin
Une cuillère de souvenirs et une bouchée de rancœur
C'est normal d'aller au bar lorsque l'on est étudiant ? Cette phrase me rappelle les nombreuses fois où Rockfield a affirmé une chose pareille. Quand j'étais une étudiante qui étudiait sérieusement et qu'elle me voyait sans cesse à la bibliothèque ou installée au bureau de notre chambre, mais jamais ailleurs. Parfois, elle me disais : « t'es chiante comme la pluie, Bristyle ! » et je comprenais qu'elle m'aurait trouvé moins ennuyante si j'avais participé aux soirées de l'AESM ou à celle du Pitiponk. Ces derniers temps d'ailleurs, depuis que nous allons souvent au pub ensemble — lorsque nous nous prenons pas la tête pour des drames comme celui de mars dernier — elle ne m'a jamais répété quelque chose du même goût. Alors peut-être que c'est vrai, peut-être que pour certaines personnes, aller au pub rend les gens plus intéressants. Moi, ce qui me plait chez les autres, c'est leur curiosité, leur connaissance, leur esprit critique. Je me trouve bien plus futée de préférer ça à l'alcool et aux soirées ; je profite du sentiment, car il est rare ces derniers temps. La fierté n'est plus quelque chose qui m'est familier.
Je me redresse lorsque Ginger frappe dans ses mains. Je baisse ma fourchette, avale ma bouchée et me concentre elle. Je hoche doucement la tête au moment où elle prend congé. Je pensais qu'elle allait rester plus longtemps et me harceler de questions, mais que l'entrevue soit bref me convient parfaitement : au moins, je n'ai pas le temps d'être agacée par la présence de la fille. Et puis elle a dit « c'était sympa de te revoir ». La brièveté de l'échange a une grande part de responsabilité dans cette affirmation.
Elle se lève presque aussitôt. J'avise son geste de la main, mais comprends instantanément au regard qu'elle me lance qu'elle va dire quelque chose que je ne saurais pas comment prendre, ce genre de phrases qui n'est pas étonnante chez elle car elle en abuse à outrance. Et effectivement... J'écarquille les yeux. Je gonfle les poumons pour lui lancer que ce sera elle qui m'en offrira quand elle viendra quémander mes conseils une fois que la rentrée sera passée. Mais elle s'en va sans attendre et je comprends enfin pourquoi elle m'a lancé ce regard, ce regard insolent : elle allait dire une connerie et elle l'a effectivement. Avant de s'enfuir lâchement. Elle a sûrement eu ce qu'elle voulait : mon visage étonné et mes yeux écarquillés.
Je la regarde s'éloigner après avoir levé les yeux au ciel. À mon plus grand étonnement, je sens se dessiner sur mes lèvres un fin sourire presque invisible en réponse à son éclat insolent.
Je repars à mon assiette et à mon livre, en me demandant dans un coin de ma tête si le hasard nous fera vraiment nous retrouver au Pitiponk et si, le jour où ça arrivera, elle aura le culot de me demander de lui offrir ce verre dont elle parlait.
C'était vraiment un plaisir, merci ! Et la soirée au Pitiponk n'est pas encore terminée : Leo aura tout le temps d'offrir un verre à Aelle.
Je me redresse lorsque Ginger frappe dans ses mains. Je baisse ma fourchette, avale ma bouchée et me concentre elle. Je hoche doucement la tête au moment où elle prend congé. Je pensais qu'elle allait rester plus longtemps et me harceler de questions, mais que l'entrevue soit bref me convient parfaitement : au moins, je n'ai pas le temps d'être agacée par la présence de la fille. Et puis elle a dit « c'était sympa de te revoir ». La brièveté de l'échange a une grande part de responsabilité dans cette affirmation.
Elle se lève presque aussitôt. J'avise son geste de la main, mais comprends instantanément au regard qu'elle me lance qu'elle va dire quelque chose que je ne saurais pas comment prendre, ce genre de phrases qui n'est pas étonnante chez elle car elle en abuse à outrance. Et effectivement... J'écarquille les yeux. Je gonfle les poumons pour lui lancer que ce sera elle qui m'en offrira quand elle viendra quémander mes conseils une fois que la rentrée sera passée. Mais elle s'en va sans attendre et je comprends enfin pourquoi elle m'a lancé ce regard, ce regard insolent : elle allait dire une connerie et elle l'a effectivement. Avant de s'enfuir lâchement. Elle a sûrement eu ce qu'elle voulait : mon visage étonné et mes yeux écarquillés.
Je la regarde s'éloigner après avoir levé les yeux au ciel. À mon plus grand étonnement, je sens se dessiner sur mes lèvres un fin sourire presque invisible en réponse à son éclat insolent.
Je repars à mon assiette et à mon livre, en me demandant dans un coin de ma tête si le hasard nous fera vraiment nous retrouver au Pitiponk et si, le jour où ça arrivera, elle aura le culot de me demander de lui offrir ce verre dont elle parlait.
— Fin —
C'était vraiment un plaisir, merci ! Et la soirée au Pitiponk n'est pas encore terminée : Leo aura tout le temps d'offrir un verre à Aelle.