Ce que le mépris a forgé

12 Juillet 2050
Alice n’avait pas envie d’être ici. Tout dans cette affreuse ville lui rappelait tout ce qu’elle avait perdu au fil des années.
Chaque pierre qui composait Godric’s Hollow vomissait le mépris. Et la voilà aux pieds de la demeure de celle qui s’en repaissait en souriant.
Alice n’avait pas revu sa mère depuis trois ans, et elle aurait attendu bien des années encore. Quant à avoir un face à face avec elle sans Thomas ni Père …? Cinq années. Alice n’était alors qu’une enfant qui craignait encore les regards, les cris et les coups. Une enfant qui espérait encore avoir un geste doux de celle qui l’avait mise au monde.
Aujourd’hui, Alice était une femme et n’espérait plus rien de sa mère sinon son proche trépas.
Père-Soleil avait laissé place à Mère-Lune depuis une heure peut-être. La grande Renesmée Nerrah devait être dans son riche salon de soie et de velours à boire ses lueurs.
Le moment était donc parfait pour frapper à la porte de bois.
Alice attendit, longtemps. Puis, elle entendit des talons de l’autre côté de la porte.
Et enfin, elle ouvrit.
Mère était là, face à elle. Ses longues boucles blondes encadraient son visage si froid, si peu expressif, même à cet instant, même face à sa honte faite enfant.
Enfilée dans une robe de soie épousant chacune de ses courbes, Mère n’avait jamais plus ressembler à une diablesse qu’en ce jour.
Alice, vêtue de bleue cobalt, apparaissait aussi opposée à sa génitrice que le jour de sa naissance. Le constater avait quelque chose de rassurant.
Ses yeux bleus comme la glace se verrouillèrent dans ceux d’Alice. Rien. Pas une expression. Comme si elle s’était attendu à ce que sa fille débarque sur le pas de sa porte.
Ou comme si Alice ne méritait l’effort d’un sentiment.
Des centaines d’accroches cinglantes explosaient dans ses songes, sans qu’aucune ne trouve grâce aux yeux d’Alice. Aucune n’était suffisamment forte pour exprimer tout le ressentiment qu’elle avait pour l’odieuse femme qui se tenait face à elle.
Elle avait des allures de reine sur le seuil de son palais de glace qui, dans sa grande mansuétude, aurait accepté d’offrir sa vue à une va-nu-pieds.
Une violente répulsion cogna Alice en plein dans le cœur, lui arrachant un sourire d’une extrême précision.
« Il me plait de constater que votre confiance en vous ne s’est point étiolé. Vous…
— Épargne nous cela, Alice. Ton air bravache fait sans doute son petit effet en France, mais pas ici. »
Le sourire d’Alice gela sur son visage. Il fondit, lentement, comme la neige sur les cendres d’un bûcher encore chaud.
Mère était toujours aussi prompte à repousser tout ce qui pouvait venir de sa fille, et le mépris qu’elle ressentait pour elle ne faisait pas exception.
Alice resta droite, sans fléchir, accusant le coup en silence. Elle sentait la brûlure de cette voix dans sa poitrine, comme si chaque syllabe avait été taillée pour blesser.
« Bien. » Alice dressa un peu plus le menton comme si elle réajustait son armure. « Alors allons droit au but, Mère. »
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Ce que le mépris a forgé
La demeure de Mère était simple, sobre, raffinée. Comme une extension de l’image qu’elle souhaitait renvoyer au Monde.
Cette image ne trompait pas Alice. Cela faisait bien longtemps qu’elle voyait à travers les illusions que sa mère utilisait pour cacher son coeur de harpie.
Alice ne jeta aucun regard aux photographies accrochées aux murs du long couloir qui la séparait du salon. Elle savait qu’elle y verrait le visage souriant de ses deux frères. Mais jamais le sien. Peut-être même que Mère avait ajouté celui de Carry entre les les sourires de ses deux fils. Alice ne le saurait jamais. Elle ne regarderait pas.
Le salon était décoré en toute simplicité. Un canapé de cuir et quelques fauteuils étaient tournés vers une grande cheminée de pierre. Sur la table basse de verre et de bois ouvragé, une coupe de vin rouge sang attendait, posée à côté de ce qui semblait être un rapport. Alice y jeta un bref regard, avant que Renesmée ne le fasse disparaître. Tant pis.
Mère récupéra sa coupe de vin, et s’installa confortablement dans son fauteuil. D’une oscillation de ses doigts, elle invita sa fille à s’installer aussi. Mais plus loin. Là, sur l’autre fauteuil.
Alice accepta.
De longues secondes s’écoulèrent, sans un mot de la part des deux femmes. Renesmée buvait, ses yeux plantés sur sa fille comme des serres dans l’échine d’un lapin.
Alice se regardait les ongles. Pliait ses genoux à droit. Puis à gauche. Glissait ses doigts dans ses cheveux pour les ramener en arrière. Puis sur son épaule. Observait tantôt un mur. Tantôt l’autre. Elle…
« Veux-tu bien arrêter de gesticuler de la sorte ? » trancha Renesmée en se redressant. « Si tu es si impatiente, je t’en prie, Alice : parle. Je n’ai pas toute la soirée à t’accorder.
— Attendriez-vous quelqu’un ? Un visiteur, peut-être ? J’ai ouï-dire qu’ils étaient légion.
— Ai-je l’air d’attendre qui que ce soit ? »
Mère désigna sa longue robe de chambre d’un geste sec de la main.
Elle n’avait l’air de n’attendre rien de plus qu’un moment de repos. Dans son fauteuil, une coupe de vin à la main, un rapport de ses subordonnés dans l’autre, là, sous le regard de Mère-Lune.
Mère se rencogna dans son fauteuil, et bu une gorgée de son verre. Elle jeta son autre main vers Alice, comme on jette un os à un chien. La française se sentit insultée sans qu’un mot ne soit prononcé. Mère était très forte à cela. D’un seul regard, Renesmée Nerrah pouvait être très grossière.
« Père s’est remarié il y a un peu moins d’une semaine », annonça Alice. Elle espérait que la nouvelle froisse Mère, juste un peu.
« Oui, je sais. Ton père m’a fait parvenir un faire-part. » Alice retint un soupir. « Trente-cinq ans, c’est bien cela ? Blonde, aux yeux bleus ? »
Mère sourit, ses propres yeux d’azur se levant vers sa fille pour goûter à l’effet que le sous-entendu aurait sur elle.
Alice resta de marbre. Elle se permit un sourcil haussé pour marquer que ce sous-entendu n’avait aucun effet sur elle.
« Ce doit être frustrant de voir que Père peut créer une nouvelle lignée de Sang-Pur lorsque vous, en êtes incapable. Votre lit se transforme en quai de gare, mais pas la moindre trace d’un héritier à votre image. Curieux. Le temps aurait-il eu raison de vous, Mère ?
— Je m’étonne de te voir si pressée d’avoir un petit frère. Ne t’en fais pas. Ton père t’en donnera un bien assez tôt. »
Les deux femmes souriaient, leurs regard braqués dans celui de l’autre. Une lame chacune nichée dans les reins, et pas un tressaillement. Inutile de se demander de qui Alice avait héritier sa résistance à tout épreuve contre les coups-bas.
Mère déposa sa coupe de vin sur la table basse.
« — Comme je te l’ai dit, je n’ai pas toute la soirée, Alice. Alors sois aimable, et dis moi ce que tu veux. Sans tergiverser. Te voir voir jouer à la grande dame était divertissant, mais je ne m'amuse plus.
— Je viens chercher Jenny. »
Là ! Alice l’avait vu ! Le sursaut de son sourcil, sa bouche plissée ! Mère avait réagit ! Ah, inutile de se plaindre sur l’absence d’hospitalité de sa mère puisqu’elle venait de lui offrir la satisfaction d’une victoire.
Cette image ne trompait pas Alice. Cela faisait bien longtemps qu’elle voyait à travers les illusions que sa mère utilisait pour cacher son coeur de harpie.
Alice ne jeta aucun regard aux photographies accrochées aux murs du long couloir qui la séparait du salon. Elle savait qu’elle y verrait le visage souriant de ses deux frères. Mais jamais le sien. Peut-être même que Mère avait ajouté celui de Carry entre les les sourires de ses deux fils. Alice ne le saurait jamais. Elle ne regarderait pas.
Le salon était décoré en toute simplicité. Un canapé de cuir et quelques fauteuils étaient tournés vers une grande cheminée de pierre. Sur la table basse de verre et de bois ouvragé, une coupe de vin rouge sang attendait, posée à côté de ce qui semblait être un rapport. Alice y jeta un bref regard, avant que Renesmée ne le fasse disparaître. Tant pis.
Mère récupéra sa coupe de vin, et s’installa confortablement dans son fauteuil. D’une oscillation de ses doigts, elle invita sa fille à s’installer aussi. Mais plus loin. Là, sur l’autre fauteuil.
Alice accepta.
De longues secondes s’écoulèrent, sans un mot de la part des deux femmes. Renesmée buvait, ses yeux plantés sur sa fille comme des serres dans l’échine d’un lapin.
Alice se regardait les ongles. Pliait ses genoux à droit. Puis à gauche. Glissait ses doigts dans ses cheveux pour les ramener en arrière. Puis sur son épaule. Observait tantôt un mur. Tantôt l’autre. Elle…
« Veux-tu bien arrêter de gesticuler de la sorte ? » trancha Renesmée en se redressant. « Si tu es si impatiente, je t’en prie, Alice : parle. Je n’ai pas toute la soirée à t’accorder.
— Attendriez-vous quelqu’un ? Un visiteur, peut-être ? J’ai ouï-dire qu’ils étaient légion.
— Ai-je l’air d’attendre qui que ce soit ? »
Mère désigna sa longue robe de chambre d’un geste sec de la main.
Elle n’avait l’air de n’attendre rien de plus qu’un moment de repos. Dans son fauteuil, une coupe de vin à la main, un rapport de ses subordonnés dans l’autre, là, sous le regard de Mère-Lune.
Mère se rencogna dans son fauteuil, et bu une gorgée de son verre. Elle jeta son autre main vers Alice, comme on jette un os à un chien. La française se sentit insultée sans qu’un mot ne soit prononcé. Mère était très forte à cela. D’un seul regard, Renesmée Nerrah pouvait être très grossière.
« Père s’est remarié il y a un peu moins d’une semaine », annonça Alice. Elle espérait que la nouvelle froisse Mère, juste un peu.
« Oui, je sais. Ton père m’a fait parvenir un faire-part. » Alice retint un soupir. « Trente-cinq ans, c’est bien cela ? Blonde, aux yeux bleus ? »
Mère sourit, ses propres yeux d’azur se levant vers sa fille pour goûter à l’effet que le sous-entendu aurait sur elle.
Alice resta de marbre. Elle se permit un sourcil haussé pour marquer que ce sous-entendu n’avait aucun effet sur elle.
« Ce doit être frustrant de voir que Père peut créer une nouvelle lignée de Sang-Pur lorsque vous, en êtes incapable. Votre lit se transforme en quai de gare, mais pas la moindre trace d’un héritier à votre image. Curieux. Le temps aurait-il eu raison de vous, Mère ?
— Je m’étonne de te voir si pressée d’avoir un petit frère. Ne t’en fais pas. Ton père t’en donnera un bien assez tôt. »
Les deux femmes souriaient, leurs regard braqués dans celui de l’autre. Une lame chacune nichée dans les reins, et pas un tressaillement. Inutile de se demander de qui Alice avait héritier sa résistance à tout épreuve contre les coups-bas.
Mère déposa sa coupe de vin sur la table basse.
« — Comme je te l’ai dit, je n’ai pas toute la soirée, Alice. Alors sois aimable, et dis moi ce que tu veux. Sans tergiverser. Te voir voir jouer à la grande dame était divertissant, mais je ne m'amuse plus.
— Je viens chercher Jenny. »
Là ! Alice l’avait vu ! Le sursaut de son sourcil, sa bouche plissée ! Mère avait réagit ! Ah, inutile de se plaindre sur l’absence d’hospitalité de sa mère puisqu’elle venait de lui offrir la satisfaction d’une victoire.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Ce que le mépris a forgé
« Jenny », répéta Mère dans une expression agacée. « Mon elfe de maison . »
Alice s’enfonça un peu plus dans son siège, se délectant de la situation. « Techniquement, Jenny travaille pour mon Père, et ses ancêtres pour ma famille depuis de nombreuses générations. Vous n’avez fait qu’abuser de votre statut d’épouse pour garder Jenny. Maintenant que vous êtes officiellement divorcés, vous n’appartenez plus à la famille Sangbanc. Donc… »
Mère coupa Alice d’un geste sec de la main. Elle bu une gorgée de vin, ses sourcils froncés. Alice en profita pour tirer de son sac une enveloppe. Elle la posa sur la table et la fit glisser jusqu’à sa mère.
« Donc le contrat qui vous unissait à Jenny est désuet», poursuivit Alice. Elle désigna l’enveloppe. « Voici un nouveau contrat de travail. Contrat de travail officiel que j’ai été cherché dans la journée. Oh, et si d’aventure vous décideriez de le déchirer, sachez que j’en possède d’autres exemplaires. »
Alice ponctua sa tirade d’un levé de menton, et sourit. Elle s’installa plus confortablement pour observer sa mère.
Renesmée jeta un regard à sa fille en récupérant l’enveloppe. Son contenu fut déplié sans douceur. Ses yeux bleus dansaient d’une ligne à une autre, rapidement.
Jenny…
Elle fut la première amie d’Alice. La mère qu’elle n’avait pas eu. Sa plus fidèle alliée face aux violences de Renesmée. Il était temps qu’elle retrouve sa place auprès des siens.
Auprès d’Alice
Alice s’enfonça un peu plus dans son siège, se délectant de la situation. « Techniquement, Jenny travaille pour mon Père, et ses ancêtres pour ma famille depuis de nombreuses générations. Vous n’avez fait qu’abuser de votre statut d’épouse pour garder Jenny. Maintenant que vous êtes officiellement divorcés, vous n’appartenez plus à la famille Sangbanc. Donc… »
Mère coupa Alice d’un geste sec de la main. Elle bu une gorgée de vin, ses sourcils froncés. Alice en profita pour tirer de son sac une enveloppe. Elle la posa sur la table et la fit glisser jusqu’à sa mère.
« Donc le contrat qui vous unissait à Jenny est désuet», poursuivit Alice. Elle désigna l’enveloppe. « Voici un nouveau contrat de travail. Contrat de travail officiel que j’ai été cherché dans la journée. Oh, et si d’aventure vous décideriez de le déchirer, sachez que j’en possède d’autres exemplaires. »
Alice ponctua sa tirade d’un levé de menton, et sourit. Elle s’installa plus confortablement pour observer sa mère.
Renesmée jeta un regard à sa fille en récupérant l’enveloppe. Son contenu fut déplié sans douceur. Ses yeux bleus dansaient d’une ligne à une autre, rapidement.
Jenny…
Elle fut la première amie d’Alice. La mère qu’elle n’avait pas eu. Sa plus fidèle alliée face aux violences de Renesmée. Il était temps qu’elle retrouve sa place auprès des siens.
Auprès d’Alice
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
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Ce que le mépris a forgé
Mère reposa le contrat sur la table, avec une lenteur qui ne trahissait pas l’agacement qu’elle éprouvait. Alice avait gagné au moins une fois contre sa mère. Sans coup. Sans cri. En utilisant la loi comme glaive.
D’un coup de baguette, Alice récupéra le contrat.
« Bien. Où est Jenny ? Je ne veux pas m’attarder plus que nécessaire ici. Je vous ai suffisamment dérangée. »
Mère garda le silence durant de longues secondes. Alice, elle, patientait dans un sourire insolent, son regard se repaissant du mutisme qu’elle avait provoqué chez sa génitrice. Elle savourait l’instant avec la cruauté de ceux qui, enfin, tiennent la lame.
Comme il était délicieux d’avoir l’ascendance sur celle qui n’avait jamais hésité à lever la main sur son enfant pour une posture, une intonation, un retard de manifestation magique.
Cella la même qui, jadis, imposait la peur par un claquement sec de ses talons dans le couloir du domaine irlandais. Ce bruit sec, implacable, que la fillette entendait du fond de son lit avec le ventre noué, les draps remontés jusqu’au menton.
Aujourd’hui, Alice dédiait ce silence à cette fillette.
Il n’y avait plus de talon dans le couloir.
Plus de coup de baguette sur des doigts tremblants.
Ne restait qu’un fauteuil de velours, un verre vide, et une femme seule, figée dans l’amertume d’avoir vu son autorité balayée par l’enfant devenue femme.
Mère tapota doucement de l’ongle sur le bord de sa coupe vide, ses yeux clairs fixés sur la cheminée vide. Puis, d’une voix plus froide encore que d’ordinaire, elle lâcha :
« J’ai entendu dire que tu étais rentrée en Grande-Bretagne pour les études. Il serait dommage que tes dossiers rencontrent des… obstacles, n’est-ce pas ? Je doute que les commissions soient enthousiastes à l’idée d’accueillir une élève dont le nom reste associé à un père qui a assumé haut et fort réfuter la légitimité du Conseil des Sorciers. »
Renesmée ne regardait pas sa fille. Elle n’en avait pas besoin.
Elle avait lâché la menace comme on lâche une vipère dans une pièce close, certain qu’elle trouverait sa cible.
Ce n’était pas une pique. Ce n’était pas un jeu.
C’était une menace.
Signée de celle qui pouvait encore murmurer ses volontés aux bonnes oreilles.
D’un coup de baguette, Alice récupéra le contrat.
« Bien. Où est Jenny ? Je ne veux pas m’attarder plus que nécessaire ici. Je vous ai suffisamment dérangée. »
Mère garda le silence durant de longues secondes. Alice, elle, patientait dans un sourire insolent, son regard se repaissant du mutisme qu’elle avait provoqué chez sa génitrice. Elle savourait l’instant avec la cruauté de ceux qui, enfin, tiennent la lame.
Comme il était délicieux d’avoir l’ascendance sur celle qui n’avait jamais hésité à lever la main sur son enfant pour une posture, une intonation, un retard de manifestation magique.
Cella la même qui, jadis, imposait la peur par un claquement sec de ses talons dans le couloir du domaine irlandais. Ce bruit sec, implacable, que la fillette entendait du fond de son lit avec le ventre noué, les draps remontés jusqu’au menton.
Aujourd’hui, Alice dédiait ce silence à cette fillette.
Il n’y avait plus de talon dans le couloir.
Plus de coup de baguette sur des doigts tremblants.
Ne restait qu’un fauteuil de velours, un verre vide, et une femme seule, figée dans l’amertume d’avoir vu son autorité balayée par l’enfant devenue femme.
Mère tapota doucement de l’ongle sur le bord de sa coupe vide, ses yeux clairs fixés sur la cheminée vide. Puis, d’une voix plus froide encore que d’ordinaire, elle lâcha :
« J’ai entendu dire que tu étais rentrée en Grande-Bretagne pour les études. Il serait dommage que tes dossiers rencontrent des… obstacles, n’est-ce pas ? Je doute que les commissions soient enthousiastes à l’idée d’accueillir une élève dont le nom reste associé à un père qui a assumé haut et fort réfuter la légitimité du Conseil des Sorciers. »
Renesmée ne regardait pas sa fille. Elle n’en avait pas besoin.
Elle avait lâché la menace comme on lâche une vipère dans une pièce close, certain qu’elle trouverait sa cible.
Ce n’était pas une pique. Ce n’était pas un jeu.
C’était une menace.
Signée de celle qui pouvait encore murmurer ses volontés aux bonnes oreilles.
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Ce que le mépris a forgé
Les menaces de Mère, aussi prévisibles soient-elles, parvenaient toujours à s’infiltrer sous les ongles d’Alice. Elles rampaient sous sa peau jusqu’à parvenir au coeur de l’enfant qui jamais n’avait totalement disparu.
Jamais Mère ne changerait, quand bien même Alice avait un jour tenté d’apaiser le dragon qui sommeillait en elle. En sacrifiant son Voeu lors de sa Veillée pour rétablir le nom de ses soeurs mortes-nées, Alice avait fait un pas vers Renesmée. Elle ne l’avait pas fait pour cela… mais le fait était qu’un pas avait été fait.
Un vilain sourire naquit sur le visage d’Alice.
Contre-attaquer.
Elle s’enfonça dans son siège et poussa un soupir faussement désabusé.
« Quant à moi, je doute que vos plus proches collaborateurs apprécient le fait que la Secrétaire d’Etat à l’Education Magique martyrisait sa fille », dit-elle avec lenteur. Elle se pencha un peu en avant, ses yeux braqués sur sa mère. « J’ai des souvenirs plein la tête, vous savez. Des souvenirs avec lesquels je m’endors chaque nuit. Je pourrais les confier à quelqu’un disposant d’une belle plume et d’un badge de journaliste. Vous me connaissez, Mère. J’ai toujours été une jeune fille qui aime partager ses affaires. »
Un éclat infime passa dans les yeux de Renesmée. Une crispation presque invisible de sa mâchoire. Un souffle qu’elle retint à peine. Elle reposa sa coupe vide d’un geste lent.
Puis, elle tourna enfin les yeux vers sa fille pour l’observer longuement.
Pas avec haine. Pas avec colère. Oh, Mère n’avait pas assez d’intérêt pour sa fille. Elle ne lui ferait jamais don de la moindre émotion.
Non. Elle préférait lui offrir un calme glaçant
« Tu menaces ta propre mère… pour un elfe de maison. Pour des souvenirs d’enfant. C’est donc cela que t’ont inculqué les Sangblanc, Alice ? Le mépris pour ton propre sang ? »
Elle se leva lentement, réajusta sa robe de chambre d’un geste sec. Tout en elle n’était qu’élégance froide, maîtrise, et arrogance.
« Sois prudente. Les journalistes aiment les histoires, oui… mais pas celles qui pourraient faire trembler leur sécurité. Tu n’as ni appui, ni fortune, ni famille respectable. Moi, je possède les trois. Tu penses pouvoir me menacer ? »
Elle fit un pas vers Alice, ses talons frappant le parquet comme un écho du passé.
« Tu peux bien parler de souvenirs ou de justice. Mais sais-tu ce que le public verra ? Une pauvre petite sorcière déséquilibrée et pleurnicharde qui n’hésite pas à salir sa propre mère pour exister dans un pays qui ne veut plus d’elle. »
Un sourire. Infime. Empoisonné.
« Et moi ? Moi, moi je serai là. L’irréprochable. La Secrétaire d’Etat en larmes face à une fille ingrate, rognée par le ressentiment. Crois-tu que tu gagnerais, Alice ? »
Mère et fille se regardaient à présent droit dans les yeux. Un mètre peut-être les séparait mais en réalité, un monde les éloignait l’une de l’autre.
Jamais Mère ne changerait, quand bien même Alice avait un jour tenté d’apaiser le dragon qui sommeillait en elle. En sacrifiant son Voeu lors de sa Veillée pour rétablir le nom de ses soeurs mortes-nées, Alice avait fait un pas vers Renesmée. Elle ne l’avait pas fait pour cela… mais le fait était qu’un pas avait été fait.
Un vilain sourire naquit sur le visage d’Alice.
Contre-attaquer.
Elle s’enfonça dans son siège et poussa un soupir faussement désabusé.
« Quant à moi, je doute que vos plus proches collaborateurs apprécient le fait que la Secrétaire d’Etat à l’Education Magique martyrisait sa fille », dit-elle avec lenteur. Elle se pencha un peu en avant, ses yeux braqués sur sa mère. « J’ai des souvenirs plein la tête, vous savez. Des souvenirs avec lesquels je m’endors chaque nuit. Je pourrais les confier à quelqu’un disposant d’une belle plume et d’un badge de journaliste. Vous me connaissez, Mère. J’ai toujours été une jeune fille qui aime partager ses affaires. »
Un éclat infime passa dans les yeux de Renesmée. Une crispation presque invisible de sa mâchoire. Un souffle qu’elle retint à peine. Elle reposa sa coupe vide d’un geste lent.
Puis, elle tourna enfin les yeux vers sa fille pour l’observer longuement.
Pas avec haine. Pas avec colère. Oh, Mère n’avait pas assez d’intérêt pour sa fille. Elle ne lui ferait jamais don de la moindre émotion.
Non. Elle préférait lui offrir un calme glaçant
« Tu menaces ta propre mère… pour un elfe de maison. Pour des souvenirs d’enfant. C’est donc cela que t’ont inculqué les Sangblanc, Alice ? Le mépris pour ton propre sang ? »
Elle se leva lentement, réajusta sa robe de chambre d’un geste sec. Tout en elle n’était qu’élégance froide, maîtrise, et arrogance.
« Sois prudente. Les journalistes aiment les histoires, oui… mais pas celles qui pourraient faire trembler leur sécurité. Tu n’as ni appui, ni fortune, ni famille respectable. Moi, je possède les trois. Tu penses pouvoir me menacer ? »
Elle fit un pas vers Alice, ses talons frappant le parquet comme un écho du passé.
« Tu peux bien parler de souvenirs ou de justice. Mais sais-tu ce que le public verra ? Une pauvre petite sorcière déséquilibrée et pleurnicharde qui n’hésite pas à salir sa propre mère pour exister dans un pays qui ne veut plus d’elle. »
Un sourire. Infime. Empoisonné.
« Et moi ? Moi, moi je serai là. L’irréprochable. La Secrétaire d’Etat en larmes face à une fille ingrate, rognée par le ressentiment. Crois-tu que tu gagnerais, Alice ? »
Mère et fille se regardaient à présent droit dans les yeux. Un mètre peut-être les séparait mais en réalité, un monde les éloignait l’une de l’autre.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
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Ce que le mépris a forgé
Alice sentait une violente impulsion remonter dans ses doigts. C’était la bête. Celle qui arrachait son masque de contrôle pour ramper le long de gorge et se dresser entre Alice et le monde.
Elle ne lui ferait pas le plaisir de laisser surgir sa colère. Mère ne la méritait pas.
Alice déplia son corps avec lenteur. Elle se pencha un peu en avant, son dos toujours bien droit.
« Nous pouvons parier, Mère », dit-elle sans la quitter des yeux. « Si vous pensez pouvoir gagner au jeu de celle qui a le plus à perdre, je me ferai une joie de vous suivre. Ce serait l’occasion de faire une activité entre mère et fille. La première, en presque dix huit années. »
Renesmée étira un sourire sans joie. Elle contourna le fauteuil sur lequel était assise Alice, dans un froissement de velours. Le claquement de ses talons agitait la bête.
« L’ennui, Mère, c’est que vous avez tendance à oublier que nous partageons le même allié », poursuivit Alice en suivant sa mère du coin de l’œil. « Mon oncle. Votre frère. Je serai curieuse de savoir ce qu’il pensera de toute cette vilaine histoire. »
Un rire discret s’échappa des narines de Mère, sans chaleur ni amusement. Un souffle sec. Derrière Alice, elle poursuivait sa lente marche, chaque pas claquant sur le parquet.
Alice ne se retournait pas. Elle la sentait dans son dos, féline, souveraine, insupportablement calme. Un fauve aux talons trop aiguisés pour trébucher.
« Magnus est un homme prudent, Alice. Il sait que le linge sale ne se lave pas en place public… et je doute qu’il ai beaucoup d’intérêt pour les fictions mélodramatiques. »
La voix de Renesmée s’était rapproché. Mère parlait presque dans son oreille, tout en restant hors de portée de cette fille qu’elle considérait comme succédanée. Ses lèvres ne tremblaient pas. Mais ses mots, eux, vibraient d’une colère distillée.
« Désires-tu toujours jouer, Alice ? »
Alice ne bougea pas. Elle inspira lentement, ses doigts croisés sur ses cuisses pour empêcher la bête de se jeter à la gorge offerte de sa mère. Alice connaissait cette voix. Elle savait exactement quand Mère se rapprochait de la rupture. Quand elle feignait encore le contrôle mais que l’arrogance commençait à trembler.
Elle la laissa finir son tour, puis pivota sans prévenir.
Face à face.
« Vous pourrez me menacer autant qu’il vous plaira, Mère. Manipulez que vous le souhaitez. Mentez. Mentez encore. Vous ne m’aurez jamais prêté autant d’attention que dans ces pitoyables démonstrations de force. Si vous saviez à quel point je suis honorée d’avoir finalement un peu de place dans votre cœur de glace. »
Le sourire de Mère se fissura. Légèrement, mais assez.
« Je vais reprendre Jenny. Vos menaces ? Mettez les a exécutions. Je vous prie de le faire. Ainsi, je pourrais vous prouver une fois de plus que, malgré toute votre volonté, vous ne me briserez jamais. »
Le silence s’installa, dense comme la glace qui recouvrait le cœur de Renesmée. Ni mère ni fille ne parlaient.
Alice soutenait le regard de Mère, sans défaillir. Et dans ce silence, c’était Renesmée qui vacillait.
Le menton trop haut.
Les yeux trop fixes.
Le souffle trop lent pour être naturel.
« Maintenant, appelez Jenny. Moi, je n’ai plus de temps à vous accorder. »
Elle ne lui ferait pas le plaisir de laisser surgir sa colère. Mère ne la méritait pas.
Alice déplia son corps avec lenteur. Elle se pencha un peu en avant, son dos toujours bien droit.
« Nous pouvons parier, Mère », dit-elle sans la quitter des yeux. « Si vous pensez pouvoir gagner au jeu de celle qui a le plus à perdre, je me ferai une joie de vous suivre. Ce serait l’occasion de faire une activité entre mère et fille. La première, en presque dix huit années. »
Renesmée étira un sourire sans joie. Elle contourna le fauteuil sur lequel était assise Alice, dans un froissement de velours. Le claquement de ses talons agitait la bête.
« L’ennui, Mère, c’est que vous avez tendance à oublier que nous partageons le même allié », poursuivit Alice en suivant sa mère du coin de l’œil. « Mon oncle. Votre frère. Je serai curieuse de savoir ce qu’il pensera de toute cette vilaine histoire. »
Un rire discret s’échappa des narines de Mère, sans chaleur ni amusement. Un souffle sec. Derrière Alice, elle poursuivait sa lente marche, chaque pas claquant sur le parquet.
Alice ne se retournait pas. Elle la sentait dans son dos, féline, souveraine, insupportablement calme. Un fauve aux talons trop aiguisés pour trébucher.
« Magnus est un homme prudent, Alice. Il sait que le linge sale ne se lave pas en place public… et je doute qu’il ai beaucoup d’intérêt pour les fictions mélodramatiques. »
La voix de Renesmée s’était rapproché. Mère parlait presque dans son oreille, tout en restant hors de portée de cette fille qu’elle considérait comme succédanée. Ses lèvres ne tremblaient pas. Mais ses mots, eux, vibraient d’une colère distillée.
« Désires-tu toujours jouer, Alice ? »
Alice ne bougea pas. Elle inspira lentement, ses doigts croisés sur ses cuisses pour empêcher la bête de se jeter à la gorge offerte de sa mère. Alice connaissait cette voix. Elle savait exactement quand Mère se rapprochait de la rupture. Quand elle feignait encore le contrôle mais que l’arrogance commençait à trembler.
Elle la laissa finir son tour, puis pivota sans prévenir.
Face à face.
« Vous pourrez me menacer autant qu’il vous plaira, Mère. Manipulez que vous le souhaitez. Mentez. Mentez encore. Vous ne m’aurez jamais prêté autant d’attention que dans ces pitoyables démonstrations de force. Si vous saviez à quel point je suis honorée d’avoir finalement un peu de place dans votre cœur de glace. »
Le sourire de Mère se fissura. Légèrement, mais assez.
« Je vais reprendre Jenny. Vos menaces ? Mettez les a exécutions. Je vous prie de le faire. Ainsi, je pourrais vous prouver une fois de plus que, malgré toute votre volonté, vous ne me briserez jamais. »
Le silence s’installa, dense comme la glace qui recouvrait le cœur de Renesmée. Ni mère ni fille ne parlaient.
Alice soutenait le regard de Mère, sans défaillir. Et dans ce silence, c’était Renesmée qui vacillait.
Le menton trop haut.
Les yeux trop fixes.
Le souffle trop lent pour être naturel.
« Maintenant, appelez Jenny. Moi, je n’ai plus de temps à vous accorder. »
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Ce que le mépris a forgé
Comme on accueille une vieille amie, Alice avait enlacé Jenny dans ses bras, là, à genoux dans le couloir froid et austère d’une mère qui l’était tout autant.
Les bras maigres de l’elfe s’étaient noués à sa nuque comme si elle craignait qu’on lui arrache à nouveau. Ses doigts ridés de l’elfe s’étaient enroulés dans les boucles blanches qu’elle n’avait plus eu l’occasion de peigner depuis bien trop d’années. Ses grands yeux bleus baignés de larmes qu’on ne laisse plus couler avaient caressé chaque trait du visage de l’enfant qu’elle n’avait pas vu grandir. Jenny avait sourit, sourit comme jamais.
Mère ne comprendrait jamais qu’en lui volant Jenny, elle lui avait arraché la dernière part d’enfance qui restait à Alice.
Les affaires de Jenny furent ranger dans sa valise en un claquement de doigt. Pas un mot ne fut échangé entre mère et fille.
Rien.
Rien que ce regard glacial qui crachait tout ce qui ne serait jamais dit.
Je te hais
Je t’exècre.
Je te renie.
Mais jamais je n’oublie ton existence.
« Mademoiselle Alice ? Jenny est prête. »
Son éternel chapeau à fleur vissé sur sa tête chauve, Jenny s’approcha de sa jeune maîtresse sans jamais oser lever les yeux sur l’ancienne.
Mère avait toujours été odieuse avec elle. Pourquoi se serait-elle privé de l’être ? Jenny était trop douce, trop aimable, trop serviable pour réagir. Combien de fois l’avait-elle entendue remercier Mère après une remarque venimeuse sur les jolies robes qu’elle aimait s’offrir ? Sur ses souliers de cuir neuf qui parfois faisait trop de bruit au goût de Madame ?
Tout cela était terminé.
Plus jamais Alice ne laisserait Jenny subir l’exécrable caractère de Mère, ou celui de n’importe qui.
Sur le pas de la porte, Alice s’arrêta. Elle tourna la tête, juste assez pour croiser le regard de Renesmée.
Elle n’attendait rien.
Elle voulait juste vérifier. Une dernière fois.
La porte se referma.
Même un adieu pour sa fille était trop pour Mère.
Même cela, Alice ne le méritait pas.
Les bras maigres de l’elfe s’étaient noués à sa nuque comme si elle craignait qu’on lui arrache à nouveau. Ses doigts ridés de l’elfe s’étaient enroulés dans les boucles blanches qu’elle n’avait plus eu l’occasion de peigner depuis bien trop d’années. Ses grands yeux bleus baignés de larmes qu’on ne laisse plus couler avaient caressé chaque trait du visage de l’enfant qu’elle n’avait pas vu grandir. Jenny avait sourit, sourit comme jamais.
Mère ne comprendrait jamais qu’en lui volant Jenny, elle lui avait arraché la dernière part d’enfance qui restait à Alice.
Les affaires de Jenny furent ranger dans sa valise en un claquement de doigt. Pas un mot ne fut échangé entre mère et fille.
Rien.
Rien que ce regard glacial qui crachait tout ce qui ne serait jamais dit.
Je te hais
Je t’exècre.
Je te renie.
Mais jamais je n’oublie ton existence.
« Mademoiselle Alice ? Jenny est prête. »
Son éternel chapeau à fleur vissé sur sa tête chauve, Jenny s’approcha de sa jeune maîtresse sans jamais oser lever les yeux sur l’ancienne.
Mère avait toujours été odieuse avec elle. Pourquoi se serait-elle privé de l’être ? Jenny était trop douce, trop aimable, trop serviable pour réagir. Combien de fois l’avait-elle entendue remercier Mère après une remarque venimeuse sur les jolies robes qu’elle aimait s’offrir ? Sur ses souliers de cuir neuf qui parfois faisait trop de bruit au goût de Madame ?
Tout cela était terminé.
Plus jamais Alice ne laisserait Jenny subir l’exécrable caractère de Mère, ou celui de n’importe qui.
Sur le pas de la porte, Alice s’arrêta. Elle tourna la tête, juste assez pour croiser le regard de Renesmée.
Elle n’attendait rien.
Elle voulait juste vérifier. Une dernière fois.
La porte se referma.
Même un adieu pour sa fille était trop pour Mère.
Même cela, Alice ne le méritait pas.
• FIN •
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Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
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