26 juil. 2025, 16:31
 Fini   Solo   Japon   ++  Quand le rêve s'incarne
Voyage avec @Marine Baylacq retranscrit uniquement par la plume d'Eileen

*Actions de Marine vues avec sa plume

~ Semaine 1 : Tokyo et ses environs ~
Jour 1 - Jeudi 14 juillet 2050 – Tokyo


D'aussi loin qu'elle s'en souvenait, Eileen avait toujours adoré le Japon. Dès qu'elle avait connu la culture du pays, elle avait voulu en savoir plus et s'était toujours plus intéressée. Cela avait commencé par des films à la télévision et des ouvrages empruntés à la bibliothèque. Puis Internet lui avait ouvert la voie sur des influenceurs, des moments de vie, des petits riens de tous les jours qui faisaient du Japon ce qu'il était.

L'irlandaise avait toujours eu du mal à se lancer dans l'apprentissage de la langue. Il fallait dire qu'autant la prononciation semblait facile, autant l'écrire paraissait compliqué. Il fallait compter en premier avec les Hiragana (ひらがな), les mots natifs nippons et les particules grammaticales. A cela s'ajoutaient les Katakana (カタカナ), principalement empruntés à l'anglais mais qui complexifiaient déjà la langue, et bien sûr les Kanji (漢字), les caractères chinois adaptés. Et c'était là, la partie difficile car il y en avait des milliers. Et comme, elle ne savait pas écrire la langue, l'irlandaise s'était aussi renseignée concernant le Rōmaji qui permettait une transcription phonétique du japonais en caractère latin, utile pour débuter mais pas très efficace pour bien apprendre.

Le cadeau qu'elle avait reçu pour son récent anniversaire, ses 14 ans, au mois de mars précédent, de la main d'Erin, l'avait amené à travaillé malgré elle les différents alphabets de base. Elle pensait qu'elle pourrait se procurer un manuel d'apprentissage de base comme le Genki ou prendre le temps de découvrir des ressources de prononciation ou de cours sur la Toile moldue.

Mais, le temps passait et elle avait toujours autre chose à faire... Et surtout, venait enfin le grand jour J ! Son rêve se réalisait ! Ses grands-parents le lui avaient annoncé alors qu'elle avait évoqué qu'elle passerait son été avec une amie merveilleuse : Marine. Ses grands-parents maternels n'étaient pas pauvres, au contraire. L'irlandaise ne savait pas vraiment d'où cette richesse leur provenait mais elle n'aimait pas en abuser. Elle vivait chichement avec ses parents et depuis qu'elle s'était rapprochée de son Papi et de son Mamie en rejoignant Poudlard, elle découvrait qu'ils n'avaient pas vraiment la même notion de l'argent. Elle avait appris à l'accepter. Aussi, ce fut très naturellement qu'ils proposèrent à Eileen et Marine de leur payer le voyage au Japon. Les parents de la rouquine s'invitaient eux-mêmes mais Papi et Mamie avaient été très fermes : les jeunes filles iraient à leur frais !

Lorsque la rouquine l'avait appris, elle avait été étonnée, et avait fini par accepter. Marine aussi d'ailleurs avait été mise devant un fait accompli et une volonté de fer de la part des aïeuls de son amie. Bref, en début d'été, alors que la Gryffondor découvrait tout juste la famille de celle qui par correspondance était Sherlock Writer, Génius avait eu le génie d'accepter finalement la proposition faite. Il fallait dire que la grand-mère d'Eileen était plus que convaincante !

Bref ! Après un moment à Londres, à Galway, à Tinworth, à Godric's Hollow, en passant par la Réserve des Hébrides, Eileen se retrouvait à prendre le portoloin en direction de Tokyo avec ses parents et Marine. Son rêve se réalisait. Elle ne comprenait pas comment, mais il était là, à portée de main !

Après une avant-première de la culture japonaise avec le kakubi que les demoiselles avaient pu admirer avec Erin et Ellana lors d'un spectacle spécial dans la capitale sorcière, ca y était, les jeunes filles partaient !

Les parents d'Eileen avaient tout planifié avec les grands-parents même s'ils ne partaient qu'à quatre : Sean O'Brien, le père d'Eileen, Abigaïl, sa mère, Eileen bien sûr et Marine qui avait été adopté par les O'Brien presque comme un membre de la famille, avec une chaleur toute naturelle.

Le voyage durerait normalement du jeudi 14 au samedi 30 juillet. Eileen n'avait pas voulu en savoir plus, elle voulait vivre la surprise jusqu'au bout.

L'excitation et les formalités administratives autant que le voyage ne permirent pas au petit groupe de découvrir rapidement Tokyo, d'autant plus avec le décalage horaire. Après avoir posé leurs affaires à l'hôtel, ils firent un petit tour du quartier.

Rien que cela enchantait les yeux de la rouquine. Ca y était ! Elle était au Japon. Et sans trop tarder ce soir-là, ils allèrent se coucher pour commencer la journée avec la forme le lendemain.

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27 juil. 2025, 17:07
 Fini   Solo   Japon   ++  Quand le rêve s'incarne
Jour 1 - Jeudi 14 juillet 2050 – Tokyo à Shinjuku


La veille au soir donc, Eileen avait pu se balader dans Tokyo. Leur hôtel était à Shinjuku. L'irlandaise en avait entendu parlé, évidemment. C'était un quartier, situé à l'ouest de Tokyo, vibrant et éclectique, réputé pour son dynamisme urbain.

L'irlandaise put découvrir ses imposants gratte-ciel, notamment l'Hôtel de Ville de Tokyo. Le petit groupe de touristes y monta pour découvrir la vue panoramique offerte par les deux observatoires gratuits figurés par les deux tours du Tokyo Metropolitan Government Building (東京都庁舎, Tōkyō-to Chōsha), souvent abrégé en Tochō.

Quelques photos plus tard, le groupe rejoignit la rue pour découvrir un des nombreux centres commerciaux. Ils n'y rentrèrent pas, n'ayant pas l'intention de dépenser dès le premier soir ! Ils s'étonnèrent des grands magasins, mais ce n'était définitivement pas pour cela qu'ils avaient fait tant de kilomètres !

Avant que le soleil ne décline, Eileen tenait à emmener ses parents et son amie dans le paisible jardin national de Shinjuku Gyoen. Les différents styles de jardins (français, anglais, japonais traditionnel) permirent à la demoiselle d'apprécier le calme et la beauté des lieux.

Puis, la soirée amenant son lot de vie nocturne, ils prirent le chemin d'Omoide Yokocho (alias "Piss Alley"). La demoiselle avait entendu parlé du petit labyrinthe de ruelles étroites remplies de minuscules bars et de stands de nourriture. L'ambiance authentique et rétro, comme un voyage dans le temps, plongea les voyageurs dans le Japon d'autant. Eileen hésita un peu avant de se prendre un ramen dont elle se régala !

Ils passèrent ensuite par Golden Gai, s'étonnant des micro bars qui pouvaient ne contenir que 3 ou 4 personnes, pour rejoindre les néons flamboyants de Kabukicho, le quartier des divertissements de Shinjuku. Là, les karaokés s'alignaient. Ils auraient bien poussé la chansonnette. Après tout, réserver une pièce privée pour y chanter, souvent à l'heure, était une spécialité japonaise... mais la fatigue les rattrapèrent. Ils avaient profité de l'ambiance, c'était déjà bien.

Ils rejoignirent leur hôtel pour une nuit bien méritée.

Jour 2 - Vendredi 15 juillet 2050 – Tokyo à Asakusa & Ueno


Le lendemain matin, la rouquine se jeta sur le petit déjeuner traditionnel nippon.

Elle ajouta dans son bol de riz blanc cuit à la vapeur le fameux ingrédient que les occidentaux avaient du mal à apprécier : le nattō. Ces graines de soja fermentées, bien que très nutritives, rebutaient généralement par leur odeur forte et leur texture visqueuse. Eileen ne pouvait décemment pas s'orienter vers du furikake (mélange d'algues séchées, sésame, poisson séché pour saupoudrer) ou un simple œuf cru pour démarrer son voyage nippon. Non, il lui fallait dès le début de l'aventure ! D'ailleurs, elle ne regretta pas. Si le plat était étrange en bouche, et que les graines de soja créaient des fils entre le bol et sa bouche, le goût n'était pas si mauvais. C'était même mangeable !

Elle ajouta à son bol une soupe miso, un plat qu'elle connaissait déjà puisque servit dans tous les restaurants japonais en Occident. Cela lui permit de faire couler le riz et le nattō.

Comme protéine, plutôt qu'un poisson grillé, du poulet frit ou du porc mariné, elle choisit une omelette roulée, le fameux tamagoyaki.

En accompagnement, pas de salade verte ou l'algues nori, non, mais du Tsukemono, des légumes marinés, pour la fraicheur et le croquant. Elle put ainsi savourer du radis blanc, du concombre, du chou, de la racine de lotus et l'incontournable umeboshi, une prunée salée marinée qu'elle trouva pour le coup très acide.

Elle put finir ce repas complet avec un thé vert chaud au matcha.

Remplie au point que son ventre aurait probablement pu la propulser, surtout avec le ramen de la veille dont elle s'était d'ailleurs régalée, le petit groupe prit le chemin du quartier traditionnel, Asakusa, où ils avaient prévu de rester toute la matinée.

Afin d'éviter la grosse foule, ils étaient partis tôt.

La rouquine fut particulièrement impressionnée par le Temple Senso-Ji. Le guide de voyage expliquait qu'il s'agissait du plus ancien temple bouddhiste de Tokyo, fondé en 645 !

Ils y rentrèrent par la grande Porte Kaminarimon où se trouvait une gigantesque lanterne, un symbole iconique de Tokyo. En effet, ses près de 4 mètres de haut et ses 700 kilos la rendait reconnaissable avec sa couleur rouge vif et les caractères "Kaminarimon" (雷門) signifiant "Porte du Tonnerre" écrits dessus. Bien entendu, la rouquine la prit en photo, comme tant d'autres touristes avant elle. Elle immortalisa aussi les statues des dieux shintoïstes du vent (Fūjin) et du tonnerre (Raijin) qui protégeaient le temple des tempêtes et des malheurs.

Leur périple se poursuivit par Nakamise-dori, une allée piétonne bordant le temple. De nombreuses échoppes traditionnelles attirèrent l'attention de la demoiselle et rappelèrent à celle-ci le cadeau que lui avait fait sa grand-mère pour le Nouvel An, un kimono, et celui qu'elle avait fait à ses amis lors du spectacle à Godric's Hollow, l'éventail. Des snacks locaux égaillaient aussi l'endroit vendant des senbei (galettes de riz) et des melon pan (brioches sucrées). La future quatrième année aurait bien goûté mais elle n'avait définitivement pas de place dans son estomac pour l'instant !

La suite de la visite les conduisirent devant le Hozomon (Porte des Trésors), une autre grande porte qui mène à l'enceinte principale du temple. La passant, ils rejoignirent le bâtiment principal du temple. Des fidèles se purifiaient les mains et la bouche à la fontaine. Les O'Brien et la Baylacq suivirent le mouvement. Ils purent voir des personnes acheter des prédictions (omikuji) et d'autres s'adonner à des rituels.

Ne voulant pas déranger les personnes ancrées dans le spirituel, ils poursuivirent jusqu'à deux bâtiments contrastant avec le temple.

La Pagode à Cinq Étages (Gojū-no-tō - 五重塔), imposante et élégante, présentaient des toits incurvés se superposant et diminuant en taille à mesure qu'ils s'élèvent, se terminant par une flèche ornementale. Symbole bouddhique, elle était malheureusement fermée au public.

Juste à côté, se trouvait le Petit Sanctuaire Asakusa-Jinja (浅草神社). Ce sanctuaire shintoïste, particulièrement sobre, avec des lignes simples, des toits en pente et l'utilisation prédominante du bois tranchait clairement visuellement.

Eileen s'empressa d'expliquer la différence entre temple et sanctuaire à ses accompagnants. A force de se documenter sur le Japon, elle avait quelques bases essentielles.
Les temples (寺 - Tera/Ji), évoqua-t-elle, étaient bouddhistes et caractérisés par des pagodes, des statues de Bouddha, des cimetières et souvent une grande salle de prière. Les moines y vivaient et étudiaient. Les sanctuaires (神社 - Jinja) quant à eux étaient shintoïstes et caractérisés par des portes torii rouges ou en bois naturel, des komainu (statues de chiens-lions gardiens), et des bâtiments plus simples dédiés aux kami (divinités shintoïstes).

Après une belle visite, le petit groupe explora les petites rues adjacentes à Nakamise-dori, beaucoup plus calmes. Ils trouvèrent ensuite un petit restaurant traditionnel. Abigaïl, la mère d'Eileen, se laissa tenter par un tempura (fruits de mer -crevettes, poissons- et des légumes -aubergines, poivrons, champignons- frits dans une pâte légère et croustillante avec du riz), Sean par du soba (Nouilles fines à base de sarrasin, servies chaudes dans un bouillon léger ou froides avec une sauce à tremper) et unagi (anguille grillée). Eileen préféra quant à elle grapiller, elle prit un de chaque : Age Manju (beignet frit fourré de pâte de haricots rouges sucrée), yakitori (brochette de poulet grillée) et kushiyaki (brochette de diverses viandes ou légumes grillés) furent son plat. Elle termina avec un Ningyo-yaki (petit gâteau en forme de poupées ou de symboles d'Asakusa, fourrés de pâte de haricots rouges).

Ils avaient été prévenus le matin, il fallait s'armer de bonnes chaussures car ils allaient marcher ! Et effectivement, parvenus dans le quartier d'Ueno, ils rejoignirent rapidement Ueno Park (Parc d'Ueno), l'un des premiers parcs publics du Japon ! Quelques cerisiers - mais pas en fleurs - se tenaient là, de nombreux arbres et étangs étaient disponibles ainsi que plusieurs sanctuaires.

Eileen tira le petit groupe vers une barque, histoire d'essayer cette activité très prisée pour un rendez-vous galant nippon. Le père de la jeune fille prit les rames et ils purent digérer tranquillement en profitant du paysage. Cela rappela à la jeune fille sa balade en barque autour de Poudlard avec Noémie.

Puis, ils durent faire un choix parmi les nombreux musées proposés par l'endroit. Le guide indiquait pas moins de quatre endroits à visiter.
Le National Museum of Western Art (Musée National d'Art Occidental) abritait une collection d'œuvres d'art occidentales, mais ils n'étaient pas venus au Japon pour voir des œuvres de chez eux ! Le Tokyo Metropolitan Art Museum (Musée d'Art Métropolitain de Tokyo) proposait des expositions temporaires mais ils n'avaient aucune idée de ce qu'il y avait en ce moment. Le National Museum of Nature and Science (Musée National de la Nature et des Sciences) s'intéressait aux sciences et histoire naturelle.

Ils tombèrent d'accord sur le Tokyo National Museum (Musée National de Tokyo) qui était le plus rand et le plus ancien musée du Japon, avec une collection colossale d'art et d'artefacts japonais et asiatiques (estampes, kimonos, céramiques, sculptures bouddhistes). Au bout de 3 heures, il avait fait une visite rapide des points forts.

Ils débutèrent par le Honkan (Galerie Japonaise), consacré à l'art et à l'archéologie japonaise, retraçant l'histoire culturelle du Japon de la préhistoire à la fin du XIXe siècle.
Au rez-de-chaussée, ils découvrirent l'archéologie japonaise et l'art ancien : poteries Jomon (dont le célèbre vase flamme) et Dogu (figurines anthropomorphes en argile), sculptures funéraires Haniwa.
Eileen apprécia particulièrement le premier étage : entre sabres de samouraïs et armures, peintures et calligraphies, céramiques et laques, ukiyo-e (estampes sur bois) et kimono, les autres eurent du mal à la faire avancer. Elle s'attardait sur chaque détail, prenait tout ou presque en photo, s'extasiait littéralement.

Ils passèrent rapidement par la Toyokan (Galerie Asiatique), des sculptures bouddhistes et des bronzes se trouvaient au rez-de-chaussée.

La journée finissait déjà, ne leur laissant pas vraiment le temps de voir le zoo ou d'autres bâtiments du musée choisi comme The Gallery of Horyuji Treasures (Horyuji Homotsukan).

Peu importait, Eileen était déjà très heureuse de ce qu'elle avait vu. Elle ne voulait plus qu'une chose : rentrer pour s'asseoir !

Un repas rapide dans une échoppe de rue plus tard, le groupe rejoignit un karaoké aperçu la veille. Ils trouvèrent sans difficulté des chansons en anglais. Eileen se donna et s'amusa comme une folle avant qu'ils ne doivent rentrer dormir.

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1 août 2025, 14:43
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Jour 3 - Samedi 16 juillet 2050 – Tokyo à Shibuya & Harajuku


Ce jour-là, Marine et les O’Brien prirent le chemin du coeur de la ville, d’un des quartiers les plus connus des touristes au sein de Tokyo : Shibuya ! Emblématique, plein de vie quelque soit l’heure de la journée, le groupe ne verrait pas les néons scintillants et la vie nocturne propre à l’endroit mais allait s’imprégner à fond de l’ambiance Toyoïte pendant cette matinée !

Le premier endroit qu’ils virent furent le fameux monument à la sortie de la gare, lieu de rendez-vous de bien des Tokyoïtes. Car à Tokyo, le nom des rues était étrangement rare et sans GPS, il était difficile de se repérer lorsqu’on était néophyte de la ville. Au moins, la statue de Hachiko était connue de tous. Elle représentait le chien fidèle qui avait attendu son maître chaque jour pendant des années à la sortie de la gare, même après la mort de celui-ci. C’était émouvant d’y penser, Sean, en digne vétérinaire, narra l’histoire qu’il avait découvert par l’intermédiaire de sa fille. Les animaux étaient vraiment une histoire de famille.

Eileen les traîna ensuite, avant même que ses parents n’informent les jeunes filles des choses à voir, vers le fameux Shibuya Crossing. C’était l'une des intersections les plus fréquentées du monde si ce n’était la plus fréquentée !
Parvenus sur le trottoir avant de traverser, l’irlandaise eut l’impression de se sentir un peu comme une sardine dans une boite, entourée d’autres poissons qui allaient prendre le même chemin qu’elle.

Et finalement, il fallut traverser. Le pas déterminé, elle entraîna dans son sillage ses parents et son amie. La synchronisation n’était pas parfaite et les heurts avec les usagers de passage piétons à contre-sens furent au nombre de cinq. C’était un peu comme une danse, il fallait se laisser porter par la foule et savoir basculer sur le côté quand la personne en face de soi était bien plus décidée que soi-même. Dépitée de ne pas avoir réussi à traverser avec la fluidité d’une locale, Eileen repartit dans l’autre sens quand ce fut de nouveau le moment des piétons. Elle s’empara du bras de son aînée, qui n’eut d’autre choix que de suivre. Elles traversèrent ainsi ce carrefour mythique plusieurs fois pour ressentir l'incroyable synchronisation de la foule. Elles étaient comme des saumons remontant la rivière pour frayer à la source, tandis que d’autres saumons partaient rejoindre la haute mer. Sans qu’il n’y avait pas que deux sens de circulation, cela aurait été bien trop simple ! C’était un ballet étrange à vrai dire, une expérience sensorielle à nulle autre pareille, avec des milliers de personnes se croisant dans toutes les directions.

Lorsque finalement, les demoiselles rejoignirent toutes deux Sean et Abigaïl, la future quatrième année s’étonna auprès d’eux qu’il n’y ait pas vraiment d’accident, que ce soit côté piétons comme voitures d’ailleurs. Chacun respectait scrupuleusement son moment de passer, veillant à se presser pour ne pas empiéter sur le temps dédié à l’autre. Là encore, c’était une danse parfaitement synchronisée sur un tempo que seuls les présents à l’intersection entendaient, au rythme des feux tricolores.

La suite de la visite se poursuivit avec le Shibuya Sky. Situé au sommet du bâtiment Shibuya Scramble Square, cet observatoire en plein air leur offrit un panorama à 360 degrés sur la ville, y compris sur le Shibuya Crossing en contrebas. Là encore, des photos furent prises… à croire qu’une mitraillette avait remplacée l’appareil photo et qu’à la place des balles, c’étaient des clics-clacs de photos qui jaillissaient ! L'appareil photo magique d'Eileen trouvait tout à fait sa place dans ce voyage ! Et le fait qu'il ressemble à s'y méprendre à un vieil appareil photo moldu était avantageux : il ne choquait personne !

Après un repas rapide à un stand de street food - dont ils commençaient à prendre l'habitude, ils quittèrent l'agitation de Shibuya pour le quartier branché de Harajuku.

Takeshita-Dori les attendait. La rue, emblématique du street style japonais, proposait des boutiques de mode originales et des magasins vendant des vêtements et accessoires audacieux. Les dernières tendances de la mode japonaise n'intéressaient pas du tout les O'Brien et Marine n'avait jamais montré non plus un réel intérêt pour la mode.

Ils furent surpris par les différents cafés à thème. Il y en avait pour tout les goûts et notamment des cafés qui permettaient d'interagir avec des animaux (mini-cochons, chiens, chats) - et qui firent tiquer pour certains, Sean, vétérinaire qui n'appréciait un tel usage des animaux. D'autres cafés jouaient sur la mode du kawaii (mignon) avec des décorations colorées, des présentations jugées adorables et même parfois des mascottes et des serveurs costumés ! Il y avait même un café pour vivre "ninja" !

Aussi, s'ils déambulèrent avec plaisir pour profiter de l'endroit, ce que préféra Eileen ce fut, en guise de dessert, de savourer une crêpe colorée très garnie, une spécialité du quartier. Elle proposa de partager à Marine. Abigaïl et Sean optèrent pour une barbe à papa arc-en-ciel, qu'ils partagèrent, ce qui permit à leur fille de taquiner son père en lui disant qu'elle se demandait comment serait sa barbe à lui si elle était de cette couleur-là.

Après l'excentricité, ils accueillirent le calme de la forêt luxuriante entourant le Meiji Jingu Shrine avec bonheur. Là encore, le guide permit à Eileen d'en apprendre plus.

Le sanctuaire shintoïste était dédié à l'empereur Meiji et à l'impératrice Shoken. Le quatuor erra, se promena le long des allées boisées, plantées par la main de l'homme. Environ 120 000 arbres de 365 espèces différentes ont été donnés en provenance de tout le Japon pour créer ce petit paradis !

Ils purent admirer les immenses portes torii et profiter de l'atmosphère contemplative. Le jardin intérieur dit Gyoen autrefois jardin impérial leur offrit une vue splendide notamment sur le puits - a priori très connu - appelé Puits de Kiyomasa. Eileen rappela à son amie la séance de méditation qu'elle lui avait fait découvrir quelques mois en arrière. La nature était ressourçant. La forêt était l'endroit préférée de l'irlandaise. Elle adorait les arbres et en profita à fond pour se ressourcer.

La rouquine fut marquée par le grand Torii qui marquait le passage du monde profane au monde sacré. Elle apprécia aussi les différents bâtiments traditionnels. Avec ses parents et Marine, ils retrouvèrent des gens faisant une offrande, écrivant un vœu sur un ema (plaque votive) ou tirant une bonne fortune omikuji.

La journée avait été fatigante, aussi lorsqu'ils retournèrent à l'hôtel, ils allèrent dans un kombini pour acheter de quoi manger. Bento (boite repas) et nouilles instantanées finirent rapidement dans les estomacs avant une nuit bien méritée.

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17 août 2025, 12:47
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Jour 4 - Dimanche 17 juillet 2050 – Tokyo à Akihabara & Ginza


Tokyo était une grande ville et ne se visitait pas en un jour. Eileen le savait. Si elle adorait le Japon, elle en connaissait beaucoup sur la capitale. Elle avait évoqué quelques points à ses parents et à son amie à ce sujet, à savoir qu'il fallait différencier le grand Tokyo de la préfecture de Tokyo. En effet, la préfecture incluait des zones rurales, des îles, des montagnes et s'étendait sur plus de 100 km d'est en ouest. Traverser la préfecture à pieds, ce serait partir pour un périple de plusieurs semaines probablement !

La zone centrale était pourtant elle aussi grande ! En considérant les quartiers les plus densément peuplés, de la baie de Tokyo à l'est jusqu'à Suginami ou Musashino à l'ouest, il fallait considérer 20 à 30 kilomètres ! C'était énorme pour une jeune fille venant d'une ville - Galway - qui devait compter 3 à 4 kilomètres d'est en ouest... et même en comparant à une ville plus grande comme Paris, que la demoiselle avait visité plusieurs mois en arrière, c'était seulement 10 à 12 kilomètres entre la Porte de Vincennes et la Porte Maillot ou le Bois de Boulogne ! Tokyo était vraiment la ville des extravagances. Pour traverser Paris à pieds, il faudrait partir sur 3 à 4heures, contre 50 minutes pour Galway ou... 5 heures pour la seule zone centrale de Tokyo en considérant une moyenne de 5 kilomètres par heure pour 25 kilomètres. Tout était différent à Tokyo !

Ce matin-là donc, le groupe de voyageurs prit le chemin d'Akihabara dans une plongée culturelle... C'était le quartier par excellence des otaku (geek) et de la technologie. On y trouvait donc pour les passionnés de culture populaire des mangas, des animés, des jeux vidéos, des figurines de collection... et tous les produits dérivés imaginables associés. On y trouvait aussi beaucoup de boutiques d'électronique. Un incontournable pour Sean, le père d'Eileen... qui aurait probablement trainé des heures en ces lieux avec ses frères et un lieu que tout le monde, connaissant le monde moldu, pouvait apprécier à sa juste valeur.

La rouquine appréciait aussi. Elle n'aurait pas été une vraie fan du Japon sans cela. Pour autant, elle n'était pas au point de se plonger complètement dans un univers au point de s'isoler en dehors d'une passion particulière. Elle aimait trop l'extérieur pour cela !

Ils se promenèrent donc dans les rues, accompagnés par les néons, les musiques de jeux vidéos et les publicités d'animés qui s'affichaient sur des écrans géants.

Sean fureta dans plusieurs grands magasins d'électronique et dénicha ce qu'il qualifia de "perles" en trouvant des composants informatiques pointus pour Liam, l'ingénieur de la famille, et des gadgets un peu plus ludiques pour Aïdan et lui. Eileen put comparer son appareil photo magique vers d'autres moldus bien plus à la pointe, découvrir de nouveaux téléphones mobiles, des consoles de jeux vidéos et des cartouches rétro ou non... et de quoi créer son propre PC soi-même ! Elle dégota des choses étranges qui dataient un peu semblait-il : un parapluie à poser sur la tête qu'elle avait déjà vu sur des vidéos, des baguettes avec un ventilateur intégré, un microphone avec casque incorporé pour faire un karaoké en solo, un repose-tête pour le métro et même un vérificateur d'haleine !

Outre l'électronique, il y avait bien sûr les boutiques spécialisées dans les mangas, les figurines de collection, les cartes... Eileen dégota un manga qui semblait un peu ancien "Spy x family". Sur le téléphone de sa mère, elle put découvrir l'histoire de ce manga humoristique et plein d'actions. Elle décida de s'acheter les cinq premiers tomes en japonais pour s'exercer ! C'était dit, elle allait se mettre à l'apprentissage du japonais !

Ils passèrent ensuite rapidement par un "game center" où des machines à sous et des jeux d'arcade se succédaient. La rouquine savait que la législation nippone interdisait les jeux d'argent et que donc il fallait échanger des billes pour jouer aux machines à sous... Elle l'expliqua à son père qui haussa le sourcil, se disant que ca revenait au même. Eileen était plutôt d'accord mais la société japonaise était ainsi faite, pleine de contradictions !

Délaissant les jeux à bille, le groupe s'amusa beaucoup avec les gashapon. Comme elle l'avait vu dans des vidéos, Eileen découvrit des alignements de ces machines dans lesquelles on mettait une pièce, on tournait la manivelle et on récupérait un objet sur une thématique précise. Il y en avait pour tous les goûts : figurines, portés clés, breloques, objets de la vie courante en miniature ou d'animaux... Eileen joua et récupéra une figurine de la petite fille aux cheveux roses du manga qu'elle venait d'acheter, Anya Forger, dont les deux cônes dans les cheveux l'amusèrent.

Le quartier était connu pour les Maid Cafés. Ils en choisirent un qui semblait accueillant. Ils furent accueillis dans un endroit kawaii : tout était mignon et ils furent traités en prince et princesses !

L'après-midi, ils prirent la direction de Ginza. De grandes avenues les accueillirent. C'était un autre monde, plus calme, moins grouillant, plus luxueux. Les boutiques de luxe s'amoncelaient dans ce quartier.

Les O'Brien et Marine purent visiter une galerie d'art. Après tout, Abigaïl était l'artiste de la famille. Mais c'était vraiment des produits hors de prix ! Les boutiques de joaillerie et de mode se succédaient. Ce qui marqua le plus l'irlandaise, ce n'était pas le contenu des vitrines mais plutôt les différentes architectures des bâtiments qui rivalisaient pour être le plus impressionnant possible.

Le spectacle n'était pas qu'en intérieur. Il était aussi dans la rue. Les passants semblant se rendre à un défilé de mode pour certains... Une sorte d'élégance un peu snob émergeait de l'endroit. Eileen n'y était pas la plus à l'aise. Elle aimait s'habiller "pratique", comme Marine d'ailleurs. Elles ne cherchaient ni l'une ni l'autre à être à la pointe de la mode. Aussi, le groupe ne s'attarda pas spécialement.

Toutefois, le guide proposait de voir l'architecture du Kabuki-za Theatre, qui symbolisait l'importance de l'art traditionnel dans ce quartier moderne.

La rouquine ne fut pas déçue par le bâtiment ! En arrivant sur place, elle crut voir un château japonais avec un toit typique aux pignons incurvés, caractéristiques de l'architecture japonaise. Et pour autant, jamais un château n'aurait compté les 29 étages qu'elle voyait devant elle. Le guide évoquait "la plus grande scène tournante du Japon" et des systèmes de levage pour les décors et les acteurs. Eileen rappela à Marine le kabuki qu'elles avaient vu avec Ellana et Erin à Godric's Hollow avant de prendre le chemin du Japon.

Ce qui étonna plus encore la demoiselle, c'était le fait que ce n'était pas seulement un théâtre ! Il y avait aussi un centre commercial avec des bureaux, des galeries, des restaurants et des cafés. Et la technologie moldue était encore au rendez-vous puisque tout cela était directement relié à la station de métro Higashi-Ginza.

La journée avait été une fois de plus pleine de surprises. Eileen avait largement préféré la matinée à l'après-midi mais elle était tout de même heureuse de ce qu'elle avait vu. Cette fois ci, le diner se fit dans un petit restaurant de quartier duquel la demoiselle sortit en remerciant très sincèrement leur hôte d'un "Gochisosama deshita" (merci beaucoup pour ce repas, j’ai bien mangé).

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17 août 2025, 21:07
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Jour 5 - Lundi 18 juillet 2050 – Excursion : Hakone (Mont Fuji)


Ce matin-là, le groupe de vacanciers vérifia la météo. Il fallait avouer que le temps dans la région où ils voulaient se rendre, comme à Tokyo, était généralement chaud, humide et pluvieux au mois de juillet... Et pour profiter pleinement de l'endroit, il fallait absolument éviter les précipitations et le brouillard humide ! Heureusement, le ciel promettait d'être clément !

Le groupe prit donc le chemin des environs de Tokyo pour découvrir Hakone. C'était un incontournable pour toute personne visitant le Japon. En effet, la région avait de merveilleux paysages et permettait d'avoir une vue - très connue - sur le fameux Mont Fuji.

Et puis, même si profitez de la vue sur le volcan était un petit plus non négligeable, c'était aussi un lieu propice pour profiter de la nature. Or, la jeune fille adorait l'extérieur et éprouvait le besoin de se ressourcer auprès des verdures, rochers, lacs et autres éléments naturels. Quoi de mieux qu'Hakone, en vérité, pour cela ?! Ce n'était pas pour rien qu'elle faisait partie du fameux parc national de Fuji-Hakone-Izu, connu aussi pour ses sources chaudes.

Le guide évoquait que le meilleur endroit pour profiter de la vue sur le Mont Fuji était de se rendre près du lac Ashi. Et le groupe comprit pourquoi en arrivant sur place : la montagne se reflétait sur la surface de l'eau, permettant de voir deux montagnes pour le prix d'une. Ce fut un temps dédié aux photos et à la contemplation.

Non loin, se trouvait le sanctuaire Hakone-jinja, un sanctuaire shintoïste, niché dans la forêt au bord du lac Ashi, qui était célèbre pour son torii rouge flottant sur l'eau. Ils y firent une promenade agréable.

Pour prolonger l'expérience, il était possible de naviguer sur le lac mais ils préfèrèrent changer d'angle. Ils hésitèrent entre le train Hakone Tozan qui serpentait dans la montagne et le téléphérique.

Ils optèrent pour cette deuxième option. En effet, le téléphérique permettait de survoler le lac et de voir le Mont sous un autre angle. Ils se rendirent ainsi jusqu'à la vallée d'Owakudani, une zone volcanique active où ils découvrirent des cheminées de soufre et des bassins de boue. Abigaïl s'étonna d'y voir mis en vente des œufs noirs bouillis dans ces sources chaudes, qui, selon la légende, prolongeaient la vie de sept ans. Bien sûr, il fut question d'y gouter. Eileen trouva l'expérience intéressante, tout en se doutant que sa vie ne serait pas prolongée pour autant, mais plutôt que le porte-monnaie de ses parents s'allègerait assurément.

Avant un déjeuner tardif, les O'Brien et Marine firent un arrêt dans un des onsen, une des sources chaudes d'Hakone. Impossible de ne pas réaliser cette expérience ! Sean se retrouva à profiter de l'expérience seul mais les filles - quoiqu'un peu timides - purent se retrouver seules toutes les trois. Après un moment relaxant et un peu de papotage, il fallut aller déjeuner.

Manger un œuf, c'était sympa, mais ca ne remplissait pas l'estomac ! Un plat de udon (nouilles japonaises) bien nourrissant plus tard dans l'estomac, ils repartirent en expédition.

Cette fois, leurs pas les menèrent vers Hakone Open-Air Museum, un musée en plein air.

Le guide parlait de grandes sculptures en plein air dans un parc de 70.000 m². Ils ne furent pas déçus ! Il y en avait plus d'une centaine... mais ce n'était pas forcément du goût de l'irlandaise. Elle eut bien du mal par exemple avec les œuvres de Niki de Saint Phalle. Par contre, Henry Moore ou Rodin lui plurent bien plus. La Symphonic Sculpture les interpella : c'était une tour en vitrail qu'ils escaladèrent grâce à un escalier en colimaçon pour admirer la vue sur le parc. De l'art utile en quelque sorte. Eileen apprécia l'idée !

Un pavillon Picasso exposait plus de 300 œuvres de l'artiste. Eileen n'était pas la plus grande fan du peintre, non plus, même si certaines œuvres pouvaient être intéressantes. Ils ne firent pas tout le tour de l'endroit, un peu fatigués la journée tirant sur sa fin.

Avant de rentrer sur Tokyo, ils furent une halte pour profiter d'un ashiyu (bain de pieds) alimenté par une des sources chaudes du coin.

De retour sur Tokyo, ce fut un plat de nouilles instantanées qui emporta la majorité, acheté au kombini.

Des étoiles plein les yeux et ressourcée par cette nature, l'irlandaise s'endormit comme une masse.

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23 août 2025, 13:00
 Fini   Solo   Japon   ++  Quand le rêve s'incarne
Jour 6 - Mardi 19 juillet 2050 – Tokyo à Yanaka & Shimokitazawa


Ce matin-là, le groupe de touristes prit le chemin de Yanaka. Ce quartier était imprégné de l'ambiance de l'ancien Tokyo. Impossible pour une fan de la culture nippone de ne pas y passer faire un tour ! Après tout, c'était l'un des seuls endroits, selon le guide, épargné par les bombardements de la guerre 1939-45.

Parvenus à la gare de Nippori, les irlandais et l'anglaise marchèrent en direction de l'entrée du Yanaka Cemetery, sorte de "Père Lachaise" japonais. Une promesse de tranquillité planait sur les déambulations à venir. Ils ne seraient pas déranger par les voisins, comme Sean s'amusa à l'évoquer.

L'endroit était magnifique et amenait une onde de douceur et de sérénité au cœur de la jeune fille, comme presque tous les endroits où elle voyait des arbres et la nature vivre en harmonie. Elle ne fut pas déçue que les cerisiers ne soient pas en fleurs - ce n'était clairement pas la saison de toute façon - et apprécia une promenade apaisante. Le groupe fut particulièrement respectueux. Il ne fallait pas déranger les locataires de l'endroit.

Elle put lire dans le guide quelques noms comme Tokugawa Yoshinobu, le quinzième et dernier shogun du Japon, qui marqua la fin de l'ère Edo et le début de l'ère Meiji. Sa tombe en imposait par sa taille.

Quelques noms d'artistes retinrent l'attention d'Abigaîl : Fumio Asakura, un sculpteur renommé, ou Yokoyama Taikan, un peintre célèbre pour ses œuvres de style japonais. De son côté, Eileen se promit d'en apprendre plus sur Tomitaro Makino, botaniste éminent, considéré comme le "père de la botanique japonaise".

Les promeneurs s'attardèrent aussi sur quelques temples bouddhistes. Le temple Tennō-Ji était, selon le guide, le plus ancien du quartier, car il avait été fondé au XIIIème siècle. Les visiteurs ne purent louper son impressionnante statue de Bouddha en bronze assis, datant de 1690. Ils découvrirent quelques personnes en méditation et passèrent leur chemin, ne voulant pas déranger.

Après avoir traversé le cimetière, les touristes arrivèrent aux marches de Yuyake Dandan (les marches du Crépuscule) et découvrirent une magnifique vue sur la rue commerçante de Yanaka Ginza dans laquelle ils pénétrèrent bientôt.

Des petites échoppes traditionnelles vendaient de la nourriture de rue. En cette fin de matinée, ils craquèrent pour du menchi katsu (galette de viande frite) et quelques biscuits qu'ils dévorèrent assis dans un coin sous un arbre. Après tout au Japon, il était culturellement malvenu de manger en marchant dans la rue. Par contre, il était autorisé de manger dans la rue sans bouger. Dès le début de leur voyage, ils avaient remarqué l'absence de poubelle extérieure mais Eileen avait partagé une astuce qu'elle avait appris avant de venir grâce à ses multiples apprentissages sur la culture nippone via Internet : il suffisait de garder les déchets jusqu'à trouver un kombini.

Après leur pause déjeuner, ils découvrirent quelques boutiques de souvenirs et d'objets artisanaux. Eileen ne put s'empêcher de craquer devant les statues de chat, qui étaient l'emblème non officiel du quartier. Pour autant, son porte-monnaie resta scellé.

Avant de prendre la route pour un autre quartier de la capitale, ils s'arrêtèrent pour une pause café (enfin thé pour la demoiselle) dans un des établissements à l'ambiance rétro d'une des rues adjacentes.

Après environ 35 minutes de métro, les O'Brien et la Baylacq changèrent d'ambiance avec la découverte de Shimokitazawa. Le guide promettait un contraste saisissant avec le matin puisqu'il s'agissait d'un endroit connu pour son esprit bohème.

Ils ne tardèrent pas à se perdre dans les petites rues qui firent penser à la rouquine à une sorte de labyrinthe. Rien n'était droit, synonyme probablement d'un endroit pas si moderne que cela, en terme de construction en tout cas.

Quelques boutiques vintages et friperies s'étalaient sous leurs yeux mais une fois encore, ce n'était pas vraiment le genre du groupe que d'acheter pour acheter. Eileen d'ailleurs n'avait jamais été à la pointe de la mode, elle n'aimait pas fureter dans les magasins de vêtements. Si vous vouliez la laisser flâner en toute tranquillité dans un endroit et ne la récupérer que bien des heures plus tard, c'était au milieu de livres qu'il fallait l'abandonner !

Aussi, si Abigaïl trouva quelques articles intéressants, sa fille finit par se lasser très rapidement de fouiner parmi les rayonnages de fripes. Sean préféra quant à lui explorer les magasins de disque.

Dans tout ca, elle se rendait compte tout de même qu'elle commençait à maitriser les termes de politesse propres à la culture nippone. Aussi, lorsqu'elle rentrait dans une boutique, elle saluait toujours avec un sourire en disant "Konnichiwa" (bonjour). Lorsqu'elle payait, elle plaçait toujours son argent liquide ou invitait ses parents à placer leur carte bancaire dans le petit réceptacle prévu à cet effet sur le comptoir. Quand elle quittait l'endroit, elle lâchait "Arigato gozaimashita" (merci, plutôt qu'au revoir dans ce contexte). Cela devenait une habitude qu'elle réalisait sans vraiment réfléchir.

Ils finirent la fin de la journée dans un live house, une salle de concert, après un bon curry pas trop épicé pour l'irlandaise.

La journée avait été multiculturelle. Il n'y avait pas à dire : Tokyo pouvait plaire à tous les styles et tous les passionnés ! Le retour à l'hôtel fut apprécié, et particulièrement la douce nuit qui suivit.

Jour 7 - Mercredi 20 juillet 2050 – Départ pour Kanazawa


Ce jour-là était dédié en grande partie au transport ! C'était le jour actant le départ de Tokyo.

Les voyageurs activèrent leur Japan Rail Pass 7 jours pour monter à bord du Shinkansen (le célèbre train à grande vitesse japonais) pour un trajet d'environ 2h30.

Ils purent découvrirent la célèbre ponctualité des trains japonais, le nez étonnant du TGV nippon et surtout admirer le défilé des paysages. Au bout d'un moment, Eileen s'amusa à reprendre le guide touristique pour mémoriser d'autres termes pratiques. Puis finalement, elle trouva une application sur le téléphone de sa mère pour commencer son apprentissage de la langue. Elle s'était promis de se lancer, pourquoi attendre ?

La voie ferrée les conduisit jusqu'à Kanazawa. Avant de déposer leurs affaires à leur hébergement, ils prirent le chemin du complexe de restaurants et de boutiques Kanazawa Hyakubangai situé à côté de la gare. Après avoir un peu flâné, malgré leurs valises (les sacs à dos sans fond avaient leurs avantages), ils rejoignirent un restaurant. L'un des plats de ses voisins attira l'attention de la jeune demoiselle. Un "Haittemasu ka" (qu'est-ce qu'il y a dedans ?) plus tard et une réponse traduite instantanément par l'application du téléphone, elle sut qu'elle se laisserait tenter par le ramen local ! Abigaïl opta pour des fruits de mer frais de la mer du Japon et Sean pour du "katsuretsu", de son petit nom "katsu". Il hésita entre le tonkatsu (escalope de porc pannée et frite) et le "katsudon" (escalope de dinde cuisinée de la même façon) mais le cochon l'emporta.

Délestés de leurs valises, ils furent prêts à explorer le Kenrokuen Garden, l'un des trois plus beaux jardins paysagers du Japon.

La Katsurazaka Gate face au musée d'art contemporain passée, ils marchèrent jusqu'à découvrir le cœur du jardin : l'étang Kasumigaike, un grand bassin en forme de lac où ils prirent le temps d'admirer l'île Horaijima et la lanterne de pierre Kotoji-Toro, devenue le symbole de Kenrokuen.

Une photo plus tard, ils reprirent leur marche pour voir l'étang Hisagoike, tout aussi charmant, et particulièrement apaisant grâce à sa petite cascade.

Ils purent aussi admirer de nombreux ponts en pierre et ruisseaux qui les renvoyèrent à une ambiance zen.

Ils finirent avec la maison de thé Yūgao-Tei (maison du thé de la fleur de lune), l'une des rares constructions du jardin qui avait survécu à la période de l'ère Meiji. Le lieu chargé d'histoire invitait à découvrir la cérémonie du thé traditionnelle, en tout cas en terme gustatif. Eileen n'hésita pas longtemps avant de se laisser tenter par du thé au matcha et un "wagashi (petite pâtisserie japonaise traditionnelle), dont le goût doux contrebalança l'amertume de son thé vert. Lorsqu'elle le reçu, elle discuta avec sa famille et Marine du soin artistique mis à la présentation. On aurait dit une oeuvre d'art avec ses représentation d'une fleur et de ses feuilles.

Pour le diner, ils se laissèrent tenter par le marché d'Ōmichō, réputé selon le guide pour ses produits frais. Ce fut alors "donburi" (bol de riz) de fruits de mer au menu, une spécialité de la ville avant une nuit méritée.

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24 août 2025, 17:11
 Fini   Solo   Japon   ++  Quand le rêve s'incarne
~ Semaine 2 : Le Centre et Kansai ~
Jour 8 - Jeudi 21 juillet 2050 – Kanazawa & Shirakawa-Go


Ils étaient donc à Kanazawa. Pas si loin de Tokyo en réalité, et déjà plutôt loin des touristes. L'endroit, de ce que la jeune fille en avait vu la veille, était plus authentique... ? Quoiqu'elle ne pouvait pas vraiment dire que Tokyo n'était pas authentique... non, c'était juste que le fait que ce soit une grande ville gommait un peu la culture japonaise même si elle était bien présente partout. Difficile de dire en déambulant dans certaines rues qu'elle n'était pas au Japon. Ce qui l'avait intrigué surtout c'était le gigantisme des bulduing, le brouhaha virevoltant du monde qui passait là, juste à côté d'un temple et de sa tranquillité. Le zen historique juxtaposé à la folie de la modernité, c'était peut-être cela la capitale du Japon !?

Ce matin-là, ils avaient décidé d'explorer les quartiers historiques de Kanazawa. A vrai dire, comme dans la plupart des endroits avec une histoire, ils étaient proches les uns des autres et promettaient un dépaysement complet.

Ils débutèrent leur découverte par le quartier des samouraïs de Nagamachi . Etait-ce dû au fait que c'était le début de la matinée ? Mais les rues étaient calmes. Eileen apprécia particulièrement l'architecture, débattant avec son père de savoir si ca pourrait plaire aux irlandais. Après tout, les murs en terre (tsuijibei) - qui étaient recouvert de paille en hiver pour éviter le gel - et les portes d'entrée des anciennes résidences de samouraïs avaient ce cachet qui plairait probablement à leur peuple. Et justement, en parlant d'authenticité, le décor dans lequel ils déambulaient en était emprunt. L'atmosphère était chargée d'histoire et semblait s'être arrêtée sur l'ère Edo, comme l'évoqua le guide touristique.

Ils virent ainsi la Résidence de la Famille Nomura (Nomura-Ke, considéré par le guide comme un incontournable de l'endroit. Ils purent visiter cette ancienne maison de samouraï de haut rang magnifiquement préservée. Les intérieurs étaient particulièrement élégants, ce qui étonna les parents d'Eileen qui s'attendaient à un intérieur plus guerrier. Des objets d'art cotoyaient des armures de samouraï. Ils finirent leur visite par quelques pas dans un superbe jardin japonais classé.

La suite de la visite les amena au Musée Ashigaru Shiryokan. Gratuit, il permit aux quatre occidentaux d'en apprendre plus sur la vie des ashigaru (les fantassins, samouraïs de rang inférieur). Deux maisons reconstituées illustraient leur mode de vie plus modeste. C'était intéressant de voir la différence d'intérieur suivant le rang social... un peu comme des officiers et la troupe.

Ils hésitèrent sur la poursuite de leur visite du quartier entre le musée Shinise Kinenkan qui exposait des objets artisanaux locaux de Kanazawa et retraçait le mode de vie des marchands de l'époque d'une part et le Maeda Tosanokami-ke Shiryokan. Ce fut ce dernier musée qui l'emporta car il poursuivait sur les samouraïs. C'était avant tout la maison de la famille Maeda, le clan puissant qui régnait sur la région. Ils y virent des armures et des objets familiaux.

Ils poursuivirent leur découverte des quartiers de la ville avec le quartier des geishas de Higashi Chaya District. C'était l'un des trois quartiers de geishas de la ville et aussi le plus grand. C'est donc lui plutôt que le quartier de Kazuemachi Chaya ou celui de Nishi Chaya District qui choisirent d'arpenter.

Eileen admira les maisons traditionnelles en bois. Les maisons à deux étages, avec leurs treillis de bois caractéristiques (kimusuko), abritaient les lieux de divertissement où les geishas (appelées geiko à Kanazawa) recevaient leurs clients. Le guide expliquait que le soir, on pouvait parfois encore entendre les sons du shamisen (instrument de musique traditionnel japonais à cordes pincées, qui ressemble un peu à un luth ou un banjo) et du tambour s'échapper des fenêtres.

Ils ne purent faire autrement que s'arrêter dans une maison de thé. La maison de thé Shima (Shima Teahouse) était désormais un musée où ils purent explorer les pièces où les geishas se produisaient et voir des instruments de musique et des objets d'époque. Les escaliers laquées et les salles de tatami témoignaient d'une richesse étonnante.

S'imprégner du lieu faisait une drôle de sensation à l'irlandaise. Elle savait que les geishas étaient avant tout des artistes, dédiées au monde du plaisir certes, mais dont la plupart avaient des dons avec les instruments de musique, la danse ou encore le jeu de go... C'était étonnant de se dire qu'elles avaient vécu là... Exploitées et en même temps au summum de leur art... privées de liberté et en même temps parfois bien plus cultivées que certaines personnes du peuple...

Ils poursuivirent leur route découvrant de nombreuses petites boutiques mettant en avant l'artisanat local : la feuille d'or. Après tout, Kanazawa était la capitale japonaise de la feuille d'or. Partout, l'or s'étalait. Il y avait des objets décorés de feuilles d'or, des cosmétiques, et même de la crème glacée ou du café recouverts d'une fine feuille d'or. Le guide évoquait que la boutique Hakuza était particulièrement célèbre pour son entrepôt entièrement recouvert de feuilles d'or à l'intérieur.

Ce fut encore dans une ancienne maison de thé - cette fois-ci transformée en restaurant - qu'ils déjeunèrent rapidement et finirent avec un wagashi (pâtisseries traditionnelles). Eileen adorait la pâte de haricot rouge sucrée (anko). Depuis qu'ils étaient au Japon, elle se rendait compte que les sucreries nipponnes étaient bien sucrées que les occidentales. Elle ne pouvait qu'apprécier. Tandis qu'elle se régalait d'un daifuku (petite boule de mochi fourrée à l'anko), Sean prenait un dorayaki (deux petites gaufres moelleuses, un peu comme des pancakes, fourrées à l'anko) et Abigaïl un dango (des boulettes de farine de riz enfilées sur une brochette, souvent servies avec une sauce sucrée à base de sauce soja) qu'elle partagea avec Marine.

Ils prirent ensuite un bus. 1h15 plus tard, ils se retrouvaient à Shirakawa-Go. Le guide en parlait comme d'un endroit remarquable : un village traditionnel classé à l'UNESCO, célèbre pour ses maisons au toit de chaume (fermes "gassho-zukuri").

Sur place, le groupe erra à travers les différentes ruelles. Les maisons "gassho-zukuri" attirèrent bien sûr leur attention. Les toits étaient quand même extrêmement pentus. Le guide expliquait que c'était conçu ainsi pour résister aux fortes chutes de neige, courantes dans la Région. Certains maisons étaient encore habitées. D'autres se visitaient et ils purent découvrir cet hébergement traditionnel (minshuku).

La maison Wada-ke proclamait par sa taille qu'elle était celle du chef du village. En effet, elle était la plus grande maison du village. Les pièces de vie et l'artisanat y étaient exposés. Mais ce fut, la maison Kanda-Ke que le groupe préféra car une fois les étages montés, ils purent observer de près la structure complexe du toit et comprendre comment les vers à soie étaient autrefois élevés sous les combles.

Puis, ils prirent le temps de monter au point d'observation de Shiroyama qui offrait une vue panoramique magnifique sur l'ensemble du village et ses toits de chaume. Un peu las, ils prirent la navette, leur épargnant 20 minutes de marche aller-retour.

En redescendant, en attendant le bus de retour, ils prirent le temps d'admirer les rizières avoisinantes et le pont suspendu de Deai traversant la rivière Shogawa.

Dans le bus, Eileen avait pu travailler son japonais à l'aller comme au retour, malgré une sieste de 20 minutes au retour.

Quelques onigiri (triangles de riz farcis avec des garnitures, enveloppés d'une feuille d'algue nori) achetés au kombini et avalés plus tard, ils filèrent se coucher, épuisés.

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14 sept. 2025, 12:03
 Fini   Solo   Japon   ++  Quand le rêve s'incarne
Jour 9 - Vendredi 22 juillet 2050 – Départ pour Kyoto & Gion


De nouveau, ils prirent le Shinkansen, cette fois-ci, direction Kyoto.

Eileen profita des 2h30 de train pour travailler son japonais sur l'application installée sur le téléphone de sa mère. Elle maitrisait à présent le principe des différents syllabaires et quelques mots de base. Il fallait dire que ce n'était pas la langue la plus simple à lire. Un même symbole pouvait dire plusieurs choses différentes suivant le contexte. Il y avait d'abord le syllabaire hiragana et puis le katakana. C'étaient ces deux syllabaires-là, typiquement japonais, qui pouvaient être un frein à la compréhension. Et puis, il y avait les kanji. Eux étaient des caractères chinois. On savait de quoi en parlait sans avoir besoin du contexte si on les utilisait en groupe... mais il fallait quand même en manier 2000 pour maitriser la langue et lire le journal... et il y en avait bien d'autres... L'irlandaise avait appris que les japonais eux-mêmes ne connaissaient pas tous les kanjis existants. Et un kanji seul, c'était aussi des problèmes de compréhension assurés... Un même kanji pouvait renvoyer vers quatre ou cinq significations différentes. Parfois au dessus des kanji, il y avait des furigana. C'était l’écriture phonétique des kanji, qui se plaçait à côté ou au dessus des kanji. Eux aider à la compréhension globale, c'était une véritable clé de lecture, appréciée de tous. Et en réalité, Eileen avait appris qu'en tant qu'occidentale, ce qu'elle devait apprendre, c'étaient les hiragana, les katakana et les furigana.

Une fois arrivés à Kyoto, le groupe se rendit à son hôtel pour déposer ses bagages puis prit la direction du quartier historique de Gion.

Ils flânèrent dans la rue Hanamikoji-Dori. C'était la rue principale de Gion, et selon le guide, la plus emblématique aussi. L'Histoire appelait le regard de l'irlandaise de chaque côté. Eileen retrouva avec plaisir les maisons de thé traditionnelles en bois - les ochaya - qui bordaient la rue avec leurs façades reconnaissables en lattis de bois et ornées de lanternes rouges. Le guide en évoquait un peu plus sur la profession des jeunes femmes y travaillant. Ainsi, une distinction sur trois termes était faite.

Une Geisha (芸者) est une personne des arts, un terme généraliste : il s'agit d'une artiste professionnelle qui excelle dans les arts traditionnels japonais comme la danse, la musique, le chant, la cérémonie du thé, la composition florale et l'art de la conversation. En réalité, les personnes qui endossent ce rôle sont des dames de compagnie très cultivées et raffinées qui divertissent une clientèle aisée lors de banquets ou fêtes privées. Et contrairement à ce que pensait Sean et Abigaïl, idée populaire faussement répandue, elles ne sont pas des prostituées.

Une Maiko (舞妓) est une apprentie geisha, une enfant de la danse. La formation est longue et peut durer des années. Dans ces cas-là, l'apprentie porte un kimono très coloré et aux manches très longues., une coiffure traditionnelle élaborée faite avec ses propres cheveux, qu'elle doit préserver en dormant sur un petit support en bois (takamakura), des ornements de cheveux complexes et saisonniers appelés kanzashi, un maquillage épais et un rouge à lèvres partiel et des sandales en bois hautes appelées okobo.

Une Geiko (芸妓), quant à elle, est une geisha accomplie et diplômée. Son apparence est plus sobre et mature : elle porte un kimono aux manches plus courtes et une perruque (katsura). De plus, son maquillage est moins marqué.
Fort de ces informations, le groupe chercha du regard les passants et identifia facilement qui était en formation ou pas. Toutefois, comme pour toute personne en chemin pour son travail, les touristes ne les importunèrent pas : le guide indiquait qu'il était interdit de les prendre en photo sans leur consentement et de les importuner.

Ils poursuivirent leur découverte de l'ancienne capitale avec Shirakawa-Dori, une rue qui longeait un petit canal, particulièrement pittoresque. Les saules pleureurs côtoyaient les maisons traditionnelles, appelant à une nécessaire prise de photo par l'irlandaise. Elle reconnut aussi les traditionnels cerisiers. Même si ce n'était pas la saison de la floraison printanière en rose ou automnal en rouge, ils étaient beaux à voir !

Un peu plus loin, le groupe rejoignit le Yasaka Shrine ou "sanctuaire de Gion", un sanctuaire shintoïste important, situé à l'extrémité est de Gion. Le guide expliquait que l'endroit jouait un rôle central dans le célèbre festival de Gion Matsuri en juillet. Et ca tombait bien... puisqu'ils étaient en plein dedans ! Un grand défilé leur était promis en soirée sur de gigantesques chars appelés "yamaboko", certains pesant jusqu'à 12 tonnes ! Ils ne manqueraient pas ce spectacle !

En attendant, ils rejoignirent l'entrée principale du sanctuaire. La porte vermillon impressionna Eileen par sa taille. Une fois à l'intérieur, leurs yeux tombèrent sur plusieurs bâtiments et des lanternes suspendues. Même si l'endroit était très fréquenté, les quatre touristes s'y sentir apaisés.

Leurs pas les menèrent ensuite à Pontocho. Cette ruelle étroite était a priori connue pour ses restaurants et ses bars. Des lanternes qui commençaient à s'allumer avec la nuit tombée offraient une atmosphère onirique.

De nombreux visiteurs s'amassaient pour voir le spectacle promis. L'ambiance était festive ! Heureusement, les O'Brien et la Baylacq avaient pensé à réserver un restaurant pour le diner. Ils dévorèrent avec plaisir les spécialités locales. Ce soir là, ce fut kaiseki ryori, de la haute cuisine japonaise. Le kaiseki était un repas composé de plusieurs petits plats, méticuleusement préparés et présentés comme de véritables œuvres d'art, mettant en valeur les ingrédients de saison. Là encore, ce fut un nouveau spectacle, pour les yeux et la langue !

Finalement, la fatigue eut raison d'eux et ils rejoignirent leur hôtel.

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8 nov. 2025, 19:31
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Jour 10 - Samedi 23 juillet 2050 – Kyoto à Arashiyama & Kinkaku-ji


A 7h, le groupe prit la direction de l'Ouest de Tokyo via le train R San-in Line depuis la gare de Kyoto jusqu'à la gare de Saga-Arashiyama.

Puis, parvenus à Arashiyama, les quatre touristes se rendirent à la célèbre bambouseraie. Le guide indiquait qu'y venir avant 8h30 rendait l'expérience plus sereine. Eileen ne fut pas déçue par le spectacle ! La lumière du petit matin filtrant à travers les hautes tiges de bambou rendait le moment féérique. C'était comme si la brume ensoleillée les emmenait dans un endroit hors du temps ! Cette forêt de bambous de Sagano était un tunnel de verdure d'environ 500 mètres... mais entre la beauté du paysage et le son produit par le vent qui permettait le frottement des tiges et le bruissement des feuilles, c'était apaisant. L'irlandaise se sentit apaisée. Elle comprit pourquoi au Japon, le bambou symbolisait la force, la flexibilité et la prospérité.

Après quelques photos, Marine et les O'Brien découvrirent le Tenryu-ji Temple, juste à la sortie de la bambouseraie. Le "temple du dragon céleste" (天龍寺, Tenryū-ji) était inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en tant que l'un des "Monuments historiques de l'ancienne Kyoto".

Et la Serdaigle comprit pourquoi en le découvrant. Le guide expliquait qu'il avait été fondé en 1339 par le shogun Ashikaga Takauji. Il était dédié au bouddhisme. L'architecture appelait au zen : des paravents (fusuma) peints et des intérieurs aux tatamis côtoyaient, dans le Hattō (salle du Dharma), une peinture monumentale et impressionnante d'un dragon dans les nuages peinte sur le plafond. Elle fit sensation auprès de l'adolescente, d'autant que le guide indiquait que la salle n'était accessible que les week-end et jours fériés. C'était une sacrée chance de pouvoir la voir !

L'autre trésor du temple était le jardin Sōgenchi, conçu par le maître jardinier Musō Soseki. Il s'agissait d'un véritable chef d'œuvre de l'art paysager japonais. Et la rouquine ne fut pas déçue du voyage : il utilisait la la technique du shakkei (scène empruntée) : les montagnes d'Arashiyama et la nature environnante étaient intégrées comme arrière-plan vivant au paysage du jardin. L'étang et les roches poursuivaient l'invitation à la méditation.

Vers 10h15, ils rejoignirent Togetsukyo Bridge, le pont qui traverse la lune, ce qui leur offrit une vue imprenable sur la rivière Hozu et les montagnes verdoyantes environnantes. Le spectacle était spectaculaire, d'autant que le temps était clair. Là encore, Eileen prit quelques photos.

Vers 11h, la rue principale leur permit de flâner et d'acheter à manger dans quelques échoppes. La demoiselle ne put s'empêcher de finir son repas avec un thé japonais.

Après un bon repas, ils traversèrent la ville vers le nord de Kyoto pour la visite du Kinkaku-ji. Le trajet en bus de 40 minutes environ permit à Eileen de travailler son japonais sur l'application du téléphone de sa mère. Elle ne vit pas le temps passer.

Le Kinkaku-ji (Pavillon d'Or) portait bien son nom. Recouvert de feuilles d'or, il se reflétait dans l'étang miroir (Kyōkochi) l'entourant. Composé de trois étages, il avait aussi trois styles architecturaux différents. Eileen comprit pourquoi il y avait foule pour voir ce joyau d'architecture.

Le premier étage était du style Shinden. Le guide évoquait le style de palais de l'ère Heian, avec des murs blancs et du bois naturel. C'était quelque chose de simple pour abriter des statues du Bouddha Shaka que la jeune fille put apercevoir à travers les fenêtres ouvertes.

Au deuxième étage, c'était le style Buke qui dominait, celui des résidences de samouraïs. Il était entièrement doré et contenait une statue de Kannon Bodhisattva.

Enfin, le troisième étage rappelait le style Zen du temple vu le matin. Il était également entièrement doré à l'intérieur comme à l'extérieur, couronné d'un phénix doré (Hō-ō).

La visite du site, réalisé selon un circuit défini, permit tout de même à l'adolescente d'apprécier les lieux. La forte affluence lui fit presque oublier qu'elle n'avait pas vu les reliques de Bouddha alors que l'endroit était censé les renfermer.

Après le bâtiment, ils purent voir le jardin de promenade, permettant d'admirer le pavillon sous tous les angles. Eileen s'appesantit sur les petites îles rocheuses et de pins sur l'étang, censées représenter des éléments de la cosmologie bouddhiste.

Un petit hall contenant une statue de Fudō Myōō, un bouddha protecteur, se tenait non loin d'une maison de thé où ils se désaltèrent avant de reprendre la route.

En effet, ils reprirent un bus pour rejoindre le centre de Kyoto. Leur hôtel typique - futon à même sol - offrait aussi la possibilité de profiter d'un onsen. Après cette longue journée de marche, ce fut l'occasion de se détendre dans l'eau chaude, avec une vue sur le jardin de l'hôtel.

Ils dinèrent dans un restaurant de kaiseki (cuisine haute) pour changer de leur déjeuner rapide et allèrent se coucher.

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29 nov. 2025, 21:21
 Fini   Solo   Japon   ++  Quand le rêve s'incarne
Jour 11 - Dimanche 24 juillet 2050 – Kyoto à Fushimi Inari & Higashiyama


Ce matin-là, les touristes avaient prévus de se rendre à Fushimi Inari Taisha, l'une des attractions les plus populaires de Kyoto. Le guide indiquait qu'il était préférable de s'y rendre le matin pour éviter les trop nombreux touristes.

Ils rejoignirent le sanctuaire en train depuis la gare de Kyoto. Cette fois, Eileen n'eut pas le temps de travailler son japonais puisque le trajet fut très court, à peine quelques minutes.

Chargés chacun d'une gourde d'eau, les O'Brien et la Baylacq entamèrent une randonnée qui les amena à réfléchir sur le sens du spirituel à travers les kilomètres de marche qui les attendaient. En effet, le Fushimi Inari Taisha est une montagne sacrée jalonnée de milliers de portes torii rouges vifs. Ces portes vermillons, le petit groupe avait pris l'habitude d'en croiser depuis leur arrivée au Japon. Il y en avait partout près des sanctuaires ! Pour profiter de l'expérience, ils y allèrent doucement, soufflant quand nécessaire, buvant aussi, faisant des pauses si besoin. L'avantage était pour les deux adolescentes puisqu'elles avaient l'habitude de travailler l'endurance et le cardio avec la montée des marches à Poudlard. A mi-chemin, après quelques kilomètres, les touristes matinaux comme eux se firent moins nombreux. L'ambiance devint plus calme et la lumière plus belle.

Au bout d'environ 2 heures, ils étaient fatigués, mais heureux de leur sport de la journée. Ils prirent le temps d'observer le sanctuaire principal mais aussi les nombreux sanctuaires plus petits, les autels, et les statues de renards. Le guide évoqua qu'ils faisaient référence au dieu Inari, divinité shintô majeure du Japon, associée au riz, à la fertilité, à la prospérité.

Après la randonnée, le groupe se dirigea vers le quartier d'Higashiyama en train, plutôt qu'en marchant. Etonnamment, la fatigue ne leur donnèrent pas envie de marcher encore un peu.

Le cœur du quartier, composés principalement des rues Sannenzaka et Ninenzaka, était pavé et bordé de boutiques traditionnelles, de restaurants et de maisons en bois. Ce fut l'endroit parfait pour faire une pause bien méritée et déjeuner. Un ramen plus tard, repus avec une bedaine bien rebonbie, ils flânèrent un peu, peu fan de shopping.

L'exploration des rues les mena naturellement vers le célèbre temple Kiyomizu-dera, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Sa terrasse en bois, construite sans clous, leur offrit une vue spectaculaire sur les alentours de Kyoto. Eileen dégaina avec ferveur son appareil photo.

La fin de journée fut vite là. Ils s'arrêtèrent dans un des nombreux salons de thé pour y goûter la cuisine locale et savourer l'ambiance agréable et tranquille. Ils dinèrent léger : thé matcha, wagashi (petites pâtisseries japonaises à base de pâte de haricots rouges), et un petit plat salé. Eileen se laissa tenter par l’ochazuke (Riz recouvert de thé vert chaud ou de bouillon, souvent garni de saumon, algues ou umeboshi (prune salée)). Son père apprécia particulièrement les Tsukemono (pickles de Kyoto).

Ils rejoignirent leur hôtel, heureux de pouvoir se reposer tranquillement.

Jour 12 - Lundi 25 juillet 2050 – Nara & Osaka


Le lendemain, ils changèrent d'endroit. Adieu Kyoto...

Leur matinée fut consacrée à une excursion à Nara, ancienne capitale, à environ 45 minutes de Kyoto, ce qui permet à l'irlandaise de faire quelques apprentissages en japonais.

Eileen savait qu'il ne fallait pas louper les parcs car des daims s'y promenaient en toute liberté. Ce fut leur premier stop. Il s'agissait en fait de l'équivalent local des pigeons parisiens... si ce n'était qu'il était ici possible de nourrir les animaux sauvages, en achetant des crackers spéciaux. La rouquine craqua, bien sûr, et partagea son achat avec son amie et ses parents pour que chacun puisse profiter de l'expérience.

Après avoir salué les daims, le petite troupe se dirigea vers le Todai-ji Temple, qui abrite un Grand Bouddha. Ce temple était indiqué comme l'un des plus grands bâtiments en bois du monde. La statue à l'intérieur étant à la mesure de son contenant, elle fit forte impression à nos touristes par sa taille impressionnante.

Ils poursuivirent leur exploration avec une promenade en forêt très agréable qui les emmena jusqu'au Kasuga Taisha Shrine, un sanctuaire shintoïste connu pour ses milliers de lanternes en bronze et en pierre. C'était splendide !

Ils se dirigèrent ensuite vers la gare. En chemin, ils tombèrent sur une échoppe à laquelle ils s'arrêtèrent pour manger quelques brochettes.

En début d'après-midi, il fut temps de faire la transition vers Osaka. Le trajet en train depuis Nara dura environ 30 minutes. Eileen somnola, commençant à accuser le coup de ces journées marathons. La sieste la revigora, elle était d'attaque en arrivant sur place !

Après avoir déposer leurs bagages, dans un hébergement pour le moins spécial qu'Eileen voulait absolument tester, ils flânèrent un peu en ville. Le quartier de Dotonbori, au cœur de la ville, était connu pour ses lumières vives, ses panneaux géants et sa street food. Le groupe ne fut pas déçus par l'annonce. Tout était flamboyant, électrique comme si l'endroit vibrait. La sensation était étonnante à vivre.

Bien sûr, ils goûtèrent aux spécialités locales : le takoyaki (boulettes de poulpe) et l'okonomiyaki (crêpe salée) furent un délice. Eileen s'amusa d'ailleurs de voir les bouts d'oignon voletés au-dessus de la crêpe tout en restant attachés à celle-ci, emmenés par la chaleur de la cuisson. C'était comme une danse hypnotique.

Ils rejoignirent rapidement leur hôtel... Un hôtel capsule ! La salle de bain était commune, les touristes dormaient chacun dans une capsule parmi les nombreuses alignées dans plusieurs couloirs. Eileen hérita d'une capsule en hauteur, accessible par échelle, tandis que sa mère, préféra garder les pieds sous terre et dormir en dessous d'elle. Les capsules, quoiqu'exiguës, étaient pourvues de tout le confort et permettait de rentrer ses affaires à moins de les laisser dans des casiers dédiés comme pendant la douche.

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