S'il te plaît, dessine-moi un mouton.

S'il te plaît, dessine-moi un mouton.
• ───────────────── •

Octobre 2049
Parterre de l'Amitié
@Saïph Bulbosa

MARGEGAUCHE.
Si un jour elle avait imaginé qu'elle se retrouvait au parterre de l'amitié en train de parler de taille avec une inconnue, elle n'y aurait pas cru. Enfin, Saïph n'était maintenant plus vraiment une inconnue, même si elles étaient bien loin de tout savoir l'une de l'autre pour le moment.

Peut-être que ça viendrait, peut-être pas. En réalité, seul l'avenir le dirait et c'était très bien ainsi. De ne pas prévoir, de voir où les choses menaient et ce que le destin prévoyait.

Voilà qu'elle commençait à avoir de grandes pensées la Gryffondor, ce n'était jamais très bon signe quand ça arrivait. Alors elle secouait la tête, souriait à la Serdaigle aussi et jetait un coup d'oeil aux environs. Sur un malentendu, quelqu'un de bien plus grand qu'elles passeraient dans le coin mais non, rien personne. Elles ne pouvaient compter que sur elles-même, il suffisait juste de montrer qu'elles en étaient capable.

C'était une courte échelle un peu bancal mais qui fonctionnait ce qui était l'essentiel après tout. Enfin tout était relatif parce que même avec cela, il n'y avait pas assez de hauteur. Le résultat était là, le seau était par terre mais au moins, elle ne se l'était pas pris en plein dans la figure, cela aurait été assez embêtant.

Mais maintenant que c'était fait, elles ne pouvaient pas revenir en arrière, elles ne pouvaient pas changer les choses et puis tenter la magie, même si Abigail était une aventurière dans l'âme, c'était pas vraiment une option.

-Oui tu as raison. Je dois avoir ça dans mon sac.

S'il y avait bien quelque chose qu'Abigail avait appris avec le temps, c'était bien que la politesse savait faire des miracles. Elles n'avaient rien cassé, rien dégradé non plus alors pourquoi se cacher. Expliquer, c'était tout de même un peu mieux.

Abi avait le regard à moitié dans le vide, à moitié concentré sur rien, le néant. Ca faisait du bien de déconnecter, peut-être pourrait-elle essayer de le dessiner ça aussi.

- Tu es très forte, tu sais ? C'est gentil de m'avoir aidée, j'aurais eu du mal sans toi... Tu faisais quelque chose en particulier, tout à l'heure ?

Elle était loin d'être convaincue par ces paroles mais ça ne l'empêchait pas de sourire. Après tout, la Serdaigle n'était pas obligée de le dire alors fallait croire qu'elle le pensait un minimum.

- J'étais en train de dessiner.

Réponse claire et sans chichi, c'était pas de sa faute, elle était toujours comme ça quand elle se perdait dans ses pensées. A vrai dire, elle pourrait refaire le monde dans ces instants. Abi, c'était ce genre de fille avec le cerveau toujours en ébullition, qui fonctionnait toujours trop, toujours trop vite aussi. Alors quand on avait le malheur de lui poser une question, bien souvent, elle démarrait rapidement et elle parlait, parlait, trop. A en oublier de respirer parfois.

Mais elle devait se contrôler, elle ne voulait pas lui faire peur tout de suite alors simplement, elle la regardait déposer la lettre avec une chocogrenouille. Si elle avait été une horrible personne, elle l'aurait bien piqué cette sucrerie, ça aurait ravis son estomac. Mais elle se retenait, elle valait mieux que ça.

- Viens je vais te montrer si tu veux !

Elle passait devant Abigail pour regagner la place qu'elle avait précédemment quitté. Cette place qu'elle aimait même si elle n'apportait pas grand chose à son art. Le dessin, c'était abstrait pour elle. Il n'était pas toujours nécessaire de représenter quelque chose pour que cela ait du sens. Et puis après tout, le dessin est aussi quelque chose de très personnel et ce qui importait avant tout, c'était que ça lui parle, à elle. Que ça ait du sens pour elle et le reste tant pis. La critique négative était bien le dernier de ces soucis.

- Ca doit pas beaucoup te parler et c'est normal. Je suis pas comme ceux qui dessine les petite fleurs gentilles dans les champs. Je préfère exprimer mes sentiments sur le papier, c'est très bénéfique quand je ressens de la colère, même s'il n'est pas rare que je traverse le papier avec mon crayon...

Elle en rigolait, parce qu'à quoi bon en parler. Elle était assez caractérielle Abigail alors quand quelque chose ne lui plaisait pas trop, quand un truc n'allait pas dans son sens, elle s'agaçait, s'énervait et ça donnait des émotions négatives à retranscrire sur le papier.

- Tu dessines toi ? Ou tu fais quelque chose ? De la danse ou de la musique ? Je sais pas...

Elle trouvait normal de demander, c'était mal polie de se contenter de parler de soi et s'en contenter. Du moins c'était ce qu'elle pensait.

742 mots
MARGEDROITE.
à partir d'un code de @Freya Moors & @Maxine Tremblay que j'ai modifié.