Dans les lignes droites et les virages
Tu me trouveras toujours dans ton sillage,
Dans les lignes droites et les virages.
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Dans les lignes droites et les virages.
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TREIZIÈME JOUR DU MOIS D'OCTOBRE 2049
Le parc se remplit rapidement, 17h30
@Mattew Thomas
après tout ce temps et si le cœur t'en dit
Le parc se remplit rapidement, 17h30
@Mattew Thomas
après tout ce temps et si le cœur t'en dit
Octobre sonnait comme un cadeau. Venu après Septembre, il avait balayé la honte profonde de la punition. Celle-là qui, après l'incident des beuglantes, m'avait valu une interdiction de temps libre et de clubs. Mes précieuses heures de détente s'étaient changées en corvées d'intérêt général. Je ne me plaignais pas que tout cela soit derrière moi. Depuis une semaine, mes sens s'épanouissaient à nouveau. Je laissais traîner là une oreiller et ici mes doigts. L'été mourrait sous mes yeux et je m'en fichais. J'assistais à son déclin sans broncher. Cruelle était la loi des saisons, mais plus encore celle des hommes forcés à s'endeuiller tous les trois mois. Dans mon entêtement à la contradiction, j'avais décidé de célébrer les saisons comme des naissances. Car quel miracle que le surgissement de l'orange et le crépitement de la pluie. La Terre respirait. Qui se penchait assez longtemps sur la pelouse pouvait témoigner de son souffle qui abaissait les herbes à un rythme régulier. Je m'amusais à marcher sur les feuilles qui croisaient mon chemin afin de les écouter craquer sous mes pas. Je mettais précieusement leur chant au fond mes poches et me lestais de leur mélodie pour résister aux vents violents.
Le parc se remplissait rapidement. Il y avait de l'universel dans le charme de l'automne. Quelque chose qui savait se frayer un chemin vers les cœurs les plus entêtés. Certains travaillaient, d'autres se promenaient, la plupart profitaient simplement de la vue. Je les observais à distance, dans mon accoutrement sportif. J'avais retiré l'uniforme au profit d'une paire de baskets et d'un jogging. Un pull d'une douce teinte violette recouvrait mes épaules et chassait par son poids mon sentiment de nudité. De fait, mes séances de sport se précédaient d'un rituel où je retirais pièce par pièce mes bijoux et tirais mes cheveux en une lourde tresse. Inutile de préciser que je me sentais horriblement mal à l'aise dans cet accoutrement. Fort heureusement, ces pensées disparaissaient au moment où je me mettais en mouvement. Le monde pourrait brûler autour de moi, je n'entendrais que le martèlement familier de mes semelles contre le sol.
Sportif n'était pas exactement un qualificatif pertinent pour me désigner. J'avais passé le plus clair de mon enfance à tenir le sport en horreur. Il m'arrivait de marcher pendant des heures, occupé à vivre une grande aventure ou explorer la forêt autour de la maison, mais l'intention derrière dénotait d'une hygiène créative plutôt que physique. C'était en arrivant au château que j'avais appris à voir le sport avec plaisir, et non mon habituel dégoût. Le Quidditch n'y était pas étranger. Ni le vol sur balai avant lui. Depuis, je volais régulièrement, cherchant à repousser mes limites toujours plus loin. J'avais rapidement découvert l'une de ces limites : mon corps. Ainsi - à reculons d'abord - j'avais fait l'expérience de la course à pied doublée d'échauffements rigoureux. Ces derniers avaient rejoint ma routine au cours de l'été et ne l'avaient pas quittée depuis. Dire que j'aimais désormais cela ne serait pas un mensonge. Courir s'était révélé une sérieuse concurrence à la photographie lorsqu'il s'agissait de réduire au silence mes tracas.
Je pestai intérieurement alors que je vérifiai les nœuds de mes chaussures. N'ayant repris mon entraînement que depuis une semaine après un mois de pause forcée, j'en ressentais les conséquences. Je traînais des pieds, mes jambes pesaient lourd sous ma taille et mes poumons brûlaient rapidement. Celui qui disait que respirer était naturel était assurément un menteur. Ou un poisson. *Même pas besoin de respirer, ça s'rait bien* Sans parler des violentes courbatures que je traînais tel un fardeau. Le soir, allongé sous mes draps, je songeais à Sisyphe et me reconnaissais en lui. Je me réconfortais en me répétant que je devais simplement me remettre en jambe et que je serais dans une forme impeccable d'ici une semaine ou deux.
M'accrochant à cette lueur d'espoir, je me tenais debout dans le parc, entamant une série d'échauffements et me retirant dans ma bulle. J'exécutai des rotations presque automatiques de mes articulations et savourai la douceur du jour qui s'assoupissait.
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Dans les lignes droites et les virages
Après deux heures de Divination d'une extrême longueur, et un cours très théorique de Vol, Mattew avait grandement eu besoin de se dégourdir les jambes. Mais le travail le rattrapant, les premières heures de l'après-midi à la bibliothèque avaient filées à grande vitesse. Toujours était-il qu'une fois libéré de ses impératifs scolaires il s'était hâté de se changer pour entamer un petit footing dans le parc. Les températures, si elles n'étaient plus aussi chaudes qu'en début septembre, permettaient toujours de courir en short et en t-shirt. De toute manière, il détestait se sentir gêné dans ses mouvements en course. Malgré la masse conséquente de travail, il avait toujours mis un point d'honneur à la bonne conduite de ses activités sportives. Pour se motiver, le Poufsouffle se remémorait ses premières années de course, dans le petit club de son village natal, aux couleurs duquel il avait couru de nombreux cross, toujours accompagné de son petit fanclub familial. Le souvenir de ces premières foulées, dans le bruit des encouragements des parents, ravivait en lui cette même impulsivité qui caractérise les petits enfants. Il eut un sourire en y repensant.
Mattew avançait à bonne allure sur le tracé des sentiers du parc, la brise s'engouffrant dans ses cheveux mi-longs bruns. Il aimait beaucoup courir par chez lui, mais il devait reconnaître que le cadre offert par l'école était plutôt agréable. Au détour d'un chemin, il croisa un autre élève qui semblait entamer quelque chose comme un échauffement. Il avait l'air assez concentré dans son activité, pourtant déjà Mattew ralentissait à mesure que le nombre de foulées qui les séparait s'amenuisait. Alors qu'il approchait la fin de son footing, le Poufsouffle était comme curieux malgré lui de cette présence.
Sans plus savoir ce qui le retenait vraiment ici, il s'approcha du garçon et lui décocha un sourire amical :
- Hello ! Des sportifs à cette heure-ci c'est plutôt rare, t'es motivé dis-donc ! Moi je préfère souvent courir le matin mais j'avais pas trop le temps aujourd'hui.
Merlin... Pourquoi fallait-il qu'il étale sa vie devant un parfait inconnu... Parfois il maudissait vraiment cet entrain nouveau qu'il avait acquis cette dernière année.
Poufsouffle ‒ 7ème année RP (Prom 44-45) #5b5b00
Mattew avançait à bonne allure sur le tracé des sentiers du parc, la brise s'engouffrant dans ses cheveux mi-longs bruns. Il aimait beaucoup courir par chez lui, mais il devait reconnaître que le cadre offert par l'école était plutôt agréable. Au détour d'un chemin, il croisa un autre élève qui semblait entamer quelque chose comme un échauffement. Il avait l'air assez concentré dans son activité, pourtant déjà Mattew ralentissait à mesure que le nombre de foulées qui les séparait s'amenuisait. Alors qu'il approchait la fin de son footing, le Poufsouffle était comme curieux malgré lui de cette présence.
Sans plus savoir ce qui le retenait vraiment ici, il s'approcha du garçon et lui décocha un sourire amical :
- Hello ! Des sportifs à cette heure-ci c'est plutôt rare, t'es motivé dis-donc ! Moi je préfère souvent courir le matin mais j'avais pas trop le temps aujourd'hui.
Merlin... Pourquoi fallait-il qu'il étale sa vie devant un parfait inconnu... Parfois il maudissait vraiment cet entrain nouveau qu'il avait acquis cette dernière année.
@Ander Finlay
Poufsouffle ‒ 7ème année RP (Prom 44-45) #5b5b00
Chef-adjoint de la Confrérie Vampiriste du CB