13 juin 2025, 00:50
Ce que nous sommes 22/05/2050 ++
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Le Dimanche 22 Mai 2050, vers 22h30, avec @Cinaed Wallace.


Magnus aimait comparer la vie à une métaphore, en bon artiste qu'il était. Son imagination l'avait porté sur ceci : la vie était composée d'innombrables îlots vers lesquels il fallait nager pour atteindre une nouvelle phase, une nouvelle voie. Parfois, ils étaient proches ou le courant était dans le bon sens donc la nage n'était pas difficile. D'autres fois, c'était un véritable calvaire de puissantes vagues qui manquaient de nous noyer à chaque passage. Actuellement, il était dans le vaste océan, vers un autre îlot, et une vague venait de le dévorer. Momentanément, il n'arrivait plus à respirer.

Le brun n'était pas du genre à boire beaucoup, en temps normal. Un petit verre de vin parfois après une journée particulièrement dure, ou un cocktail au bar quand il sortait avec ses amis, mais rien de plus extravagant. Comme tout le monde, il avait déjà essayé la cuite, et cela ne l'avait pas réussi du tout - après tout, c'est comme ça qu'il avait rencontré son ex-fiancé, et vu comment cela s'était terminé, il aurait préféré avoir fait vœu de sobriété.

Mais ce soir-là était différent.

Il avait prévenu son colocataire en amont qu'il serait absent. Cela faisait bizarre, d'avoir un colocataire à son âge, d'ailleurs. Le plus étrange, c'est qu'il avait parfois l'impression d'avoir adopté un grand matou. Cinaed était... Cinaed. Impossible de le décrire seulement en quelques mots. C'était un passionné, un bon vivant, quelqu'un qui parlait fort et qui riait encore plus fort. Mais c'était aussi un adulte qui papillonnait deçà delà comme un enfant et qui était totalement imperméable à certains us et coutumes de la vie. Franc et direct était un euphémisme quand il s'agissait de lui. Joyeux et espiègle lui seyait à merveille aussi. C'était une brise de fraîcheur dans un monde parfois morne et hypocrite. Le cracmol appréciait beaucoup l'autre brun, ce qui était peu surprenant. Quand on savait comment approcher un chat amical, on savait approcher Cinaed. Et Magnus avait un don certain avec les chats, qu'il attirait comme un aimant.

Ils avaient peut-être décidé d'habiter ensemble sur un coup de tête, mais cette spontanéité avait été récompensée : ils s'entendaient bien, se complétaient bien, et vivaient bien ensemble. Le seul problème qu'il avait eu jusque-là avec lui, c'était le fait qu'il vienne parfois se faufiler dans son lit pour dormir avec lui. Ça avait beaucoup gêné le cracmol, qui avait dû y mettre un terme assez rapidement : il avait besoin de son propre espace, et être réveillé par des pieds froids était terrifiant quand on était célibataire. Bref. Ce n'était pas le sujet du jour. Ce n'était pas à cause de lui qu'il était très peu sobre, ce dimanche soir.

Il avait donc été à Poudlard, pour la toute première fois de sa vie. Il avait fait un trajet en barque, pu voir le château, foulé son hall. Les statues, grandes et imposantes, celles dont les légendes disaient qu'elles pouvaient être appelées au combat, l'avaient époustouflé. La myriade de tableau mouvant l'avait intéressé, si bien qu'il avait un peu traîné dans les escaliers pour pouvoir les observer d'un peu plus près. Heureusement, la jeune direction de l'école avait été patiente avec lui. La bibliothèque, dans laquelle il avait installé son stand, était à couper le souffle. Tellement de livres, de manuels, de tomes sur les grands pans de l'histoire, sur les diverses sortes de sorts, sur les créatures fantastiques. Il n'était plus surpris de la raison pour laquelle presque tous les sorciers qu'il avait rencontré se souvenaient de leur scolarité avec tendresse. Les murs anciens avaient quasiment une présence réconfortante, comme s'ils n'attendaient qu'à accueillir tous ceux qui viendraient en paix. Le sentiment qu'il avait en étant ici était indescriptible. C'était tout ce dont son enfant intérieur avait rêvé, quand il imaginait un jour découvrir ses propres pouvoirs et faire de la magie aussi élégante mais discrète - comme sa mère à l'époque.

Et c'était justement ça le problème.

Il s'était contenu durant la durée de l'événement, et avait réussi à passer un bon moment. Être entouré des petites têtes blondes, des étudiants, et de quelques jeunes adultes lui avaient plus - ça faisait du bien, parfois, de regarder la jeunesse. Mais dès qu'il avait quitté l'historique et culte bâtisse, qu'il avait retraversé le lac, et qu'il était rentré à Londres, son cœur comme son humeur s'étaient assombris d'un coup. Il ne passa pas chez son glacier favori sur la route, alors qu'il avait prévu de profiter d'une glace à la vanille qui crépitait en bouche et que Florian Fortarôme était de loin sa boutique favorite du Chemin de Traverse. Il ne s'arrêta pas une seule fois en chemin, même lorsqu'il avait aperçu des connaissances dans le Chaudron Baveur. Non, il fila, le pas rapide, la tête basse, la mine morose.

Il voulait juste rentrer chez lui, et chasser les émotions qui l'assaillaient. Et c'est ce qu'il fut. Il laissa en vrac ses chaussures dans l'entrée, son sac jeté par terre comme une vulgaire chaussette, et il posa sa tête contre le comptoir de la cuisine en soupirant. Le faux marbre froid lui faisait du bien. Mais il savait ce qui serait mieux. Il sortit donc une bonne bouteille de vin rouge, et l'emmena avec lui dans le salon.

Il observa un peu les tons naturels de la pièce - vert, brun et gris - qui était accentué de quelques couleurs chaudes ici et là. Tout ici était fait pour être confortable, chaleureux, et accueillant. Et pour cause, c'était lui qui avait fait la décoration - s'il avait compté sur Cinaed pour ça, ils se seraient retrouvé avec un banc tout seul. Non, lui aimait les plantes, et les plaids, et les jolies peintures dont la plupart venaient de son propre pinceau. Il aimait sa télévision, qu'ils avaient déjà dû changer une fois, car le flux magique du sorcier ne faisait pas bon ménage avec l'électronique. Bien sûr, il avait invité son colocataire à participer au tout, ce qui s'était traduit dans des meubles en bois sombre qui agrémentait parfaitement la pièce. C'était un petit appartement, mais c'était leur petit appartement.

Il se construit un petit nid fait d'une multitude de coussins et de plaids à la douceur inégalée. Puis il se mit à boire, appréciant le goût du liquide sur ses papilles, et attendant impatiemment l'apathie qui venait avec un peu trop de boisson. Sauf que c'eut l'effet inverse, et il ne s'en rendit compte qu'à partir du moment où, entamant la seconde bouteille, le barrage de ses larmes s'écroula.

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Présence limitée jusqu'au 27 Juillet✵ #2a6f59 ✵ Cracmol
✵ Statut RP : Ouvert ✓

27 juil. 2025, 02:11
Ce que nous sommes 22/05/2050 ++
Moins d'un mois avant, il était passé par la phase "penser à Magnus me donne envie de taper dans des murs" mais maintenant, son cœur était léger. Peut-être qu'il avait fait le point avec ses sentiments, ou peut-être qu'il s'était simplement calmé tout seul, comme à chaque fois qu'un grand bouleversement arrivait. Dans tous les cas, Cinaed était toujours à des années lumières de comprendre ce qui se passait dans sa tête, mais ce n'était pas grave parce que rentrer à l'appartement ne le gonflait plus d'une anxiété étrange. Non, c'était même tout l'inverse. Il s'y sentait encore mieux qu'au départ. Tout ceci était sûrement venu de tous les changements qui s'étaient opérés dans ses routines. Evidemment, ça avait dû retomber à un moment donné mais Cinaed était content que la vague soit passée et que le calme soit revenu sur l'océan. Cela rendait le petit radeau qu'il partageait avec Magnus bien plus agréable à vivre. Il se sentait bien dans son appartement, mieux qu'il ne s'était senti chez lui depuis de nombreuses années. Ses sentiments envers son ancien ancien appartement avaient toujours été plutôt neutres. Il était fonctionnel mais Cinaed n'avait aucun affect. Il était content de vivre dans un truc pas cher et la seule chose qui y apportait de la valeur étaient les souvenirs de quelques soirées à rire autour d'un verre qu'il avait passé dedans.

En seulement quelques mois, l'appartement qu'il partageait avec Magnus lui avait apporté beaucoup plus que ne l'avait fait l'ancienne pièce qui tombait à moitié en ruine. Et puis, mine de rien, la déco de l'autre jouait aussi beaucoup sur son humeur. Il avait toujours été assez minimaliste, Cinaed, mais depuis que Magnus Wismer était entré dans sa vie, il avait apprit qu'une déco pouvait faire beaucoup. L'appartement semblait... Tellement eux, que c'était presque comme retrouver une partie de lui quand il passait le pas de la porte. Un peu comme si l'appartement était devenu une extension de lui. Extension qui se mélangeait avec Magnus pour créer un cocktail qui faisait pétiller des choses derrière ses yeux et jusqu'au plus petit creux de son estomac.

Une bulle rien qu'à eux dont Cinaed n'avait jamais pensé avoir besoin mais qui lui apportait désormais une bouffée d'oxygène qui changeait beaucoup de choses à son quotidien. Et, si c'était même possible, l'ébéniste avait l'impression de se sentir un peu plus posé. Même Ewan l'avait complimenté ce soir là alors qu'ils étaient partis boire un verre. Quelque chose à propos d'une fierté de voir son ami se poser et arrêter le gros de ses conneries. Evidemment, le roux ne se voilait pas la face et savait parfaitement que Cinaed restait un désastre, mais un désastre qui emmenait moins les gens avec lui. Ewan l'avait félicité des années auparavant quand il avait commencé le chemin vers une vie un peu plus saine, et maintenant qu'il commençait à finir la route, il ne cachait pas sa joie à son meilleur ami. L'ébéniste avait beau ne pas trop voir la différence, Ewan lui assurait qu'il avait beaucoup avancé, et si ça lui faisait plaisir alors le brun le laissait le serrer dans ses bras à lui en craquer une côte.

En bref, il avait passé une super soirée et avait même eu l'impression de renouer quelque chose avec son meilleur ami qui avait commencé à se craqueler sans qu'il ne s'en aperçoive. Plus ils vieillissaient, plus il était naturel que des tensions apparaissent du côté d'Ewan à force de devoir toujours veiller sur lui. Maintenant que l'autre avait moins besoin de le faire, il semblait plus détendu et Cinaed mettrait sa main à couper que certaines de ses rides étaient moins prononcées. Ca ne serait jamais parfait et Cinaed était toujours un abruti, mais au moins il était un peu plus mature. Juste un peu, parce que son côté gamin ressortait toujours un peu plus avec Magnus. Il se sentait à l'aise avec l'autre, suffisamment pour se laisser geindre en tapant des pieds dans le canapé quand des choses ne fonctionnaient pas comme il le voulait, ce qui était assez détonnant de cette vision plus posée qu'il commençait à afficher à côté de ça.

Vers 23h, il poussa la porte de l'appartement en sifflotant, l'esprit agréablement embrouillé. Juste assez pour se sentir guilleret sans raison mais pas suffisamment pour en rouler par terre. Par contre, il faillit le faire sans le vouloir quand il buta dans le sac que Magnus avait jeté négligemment dans l'entrée. Alors qu'il se penchait pour le récupérer, son cerveau sembla comprendre que le sac ne lui appartenait pas et Cinaed se figea, la main à mis chemin de l'objet. C'était tellement détonnant que Magnus - Magnus, son Magnus, entre tous les Magnus d'Angleterre et de Grande Bretagne - laisse trainer ses affaires que Cinaed avait d'abord pensé avoir oublié son propre sac ce matin là. Mais non, il était vissé sur son épaule et celui qui trainait par terre n'était pas à lui.

Plus étrange encore, Magnus lui avait clairement indiqué qu'il ne serait pas présent et Cinaed avait naturellement supposé que le Cracmol ne reviendrait pas avant le lendemain. Il ne lui avait pas expliqué pourquoi ni où il allait mais l'ébéniste ne s'en était pas inquiété. Magnus le voyait bien disparaitre du jour au lendemain pour partir en Allemagne, alors qu'il découche un jour ou deux, c'était de bonne guerre. L'ébéniste avait simplement imaginé que l'autre était parti rendre visite à sa famille, ou qu'une soirée particulièrement arrosée l'attendait, même si ça ne lui ressemblait pas. Peut-être même un séminaire pour son boulot ou une bêtise du genre.

L'inquiétude lui monta aux tripes d'un coup et il se redressa, abandonnant son propre sac dans l'entrée. Il débarqua dans le salon, les chaussures toujours aux pieds - même si Magnus n'appréciait pas ça - et la veste à moitié défaite, preuve d'un mouvement avorté. Voir son colocataire vautré dans une pile de plaid et de coussin était bizarre, mais en apercevant la bouteille qui trainait, Cinaed se dégonfla avec un soupir soulagé. On ne pouvait pas en vouloir à ce pauvre homme d'imaginer que Magnus buvait avec le sourire aux lèvres, n'est-ce pas ? Alors naturellement, il se dirigea vers l'autre et se laissa lourdement tomber devant lui, en tailleurs. Mais avant qu'il ne puisse commencer une discussion - sûrement avec un "Eeeeh ne bois pas tout seul !" - il leva les yeux et le soupir qui lui avait échappé se transforma en un néant complet qui lui aspira tout l'air des poumons.

Entendez le bien, Cinaed n'avait jamais vu Magnus pleurer. Peut-être quelques larmes de rire, ou le voir avoir les yeux mouillés devant un film ou une des dizaines vidéo de chat abandonnés qu'il visionnait durant leurs sessions canapés, mais c'était à des années lumières du torrent qui dévalait ses joues et faisait sauter sa poitrine à chaque inspiration. D'un coup, le peu d'euphorie enduite par l'alcool disparu, comme si voir Magnus dans cet était était plus efficace que n'importe quelle potion dégrisante et Cinaed fut incapable de faire quoi que ce soit à part observer l'autre. L'observer avec de gros yeux et la bouche comiquement ouverte. Il n'était pas fait pour réconforter les gens, Cinaed. Il n'avait jamais vraiment apprit à le faire et il était donc très peu doué dans la matière. Généralement, il finissait toujours par les rendre encore plus mal en disant quelque chose de déplacé, et c'était peut-être pour ça qu'il ne put rien dire pendant des secondes qui s'étirèrent jusqu'à paraître une éternité. Il n'avait aucune envie d'empirer l'état de Magnus mais se retrouvait incapable de réfléchir à quoi faire pour l'aider.

Finalement, il se mit en mouvement, les mains tremblantes à l'idée de faire un faux mouvements et s'empara de la bouteille en décollant un par un les doigts du plus jeune. Qu'es'qui s'passe ? Demanda-t-il simplement en se rapprochant de l'autre, se trainant sans grâce par terre. Impossible pour lui de se rapprocher trop de l'autre sans briser son petit paradis de coussin, mais la tentation de lui dégager son nid pour le serrer dans ses bras était si dévorante qu'elle faisait se contracter les muscles de ses avant bras sans succès. Que dire dans cette situation ? Des condoléances ? Est-ce que quelqu'un était mort ? Ou pire, est-ce qu'il avait perdu son travail, ou lui avait-on trouvé une quelconque maladie incurable ? Il aurait tout aussi bien pu pleurer à l'idée de ne plus pouvoir peindre, mais une crise de larmes pareille dégageait d'office la vidéo de chaton. Il n'avait jamais pleuré comme ça.

Finalement, Cinaed se redressa juste sur les genoux, appuyant une main par terre pour garder son équilibre et posant l'autre sur le front de son ami, histoire de s'assurer que son cerveau n'était pas en train de griller à cause de la maladie. Mais non, le front de Magnus n'était pas chaud. Moite à cause de sa crise de larmes mais c'était tout. Euh... je... Est-ce que tu veux de l'eau ? Ou... euh... Un câlin ? demanda-t-il maladroitement en tendant un bras vers lui. Les câlins, ça aidait toujours les crises de larmes d'Avaleen, et vu que Cinaed était quelqu'un de très tactile, il en avait déjà donné plus d'un à Magnus. Mais jamais un câlin sentimental, alors il lui semblait déplacé de le prendre dans ses bras sans demander d'abord à cet instant. C'était dingue, parce que Magnus était celui qui pleurait comme si son corps avait décidé de se débarrasser de toute son eau, et pourtant c'était le cœur de Cinaed qui lui faisait mal et lui donnait l'impression de s'être brisés en 40.

1611.

Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon[/center]