Pris la main dans le sac
Mardi 9 Mars 2050,
Début de matinée.
Chez Adélaïde Brennen.
Avec @Adélaïde Brennen
Quelles étaient déjà les paroles de la musique moldue qui passait encore quand il était plus jeune et qu'il se faufilait dans des bars entre deux cours ? La tête dans l'cul, l'cul dans l'brouillard ? Parce qu'il n'y avait pas meilleure façon de décrire l'état presque zombique avec lequel Cinaed se traînait hors du lit. Pas du sien, évidemment. La veille, il était sorti avec Simon et n'était pas rentré chez lui quand ils avaient quitté le bar. Ça ne lui avait pas semblé être une mauvaise idée de suivre son amant jusqu'à l'appartement de sa sœur où il créchait quelques temps. Ça n'avait pas semblé être une mauvaise idée du tout, même quand il s'était souvenu de sa tentative de coup de canne la dernière fois qu'elle l'avait vu avec son grand frère. En fait, Cinaed avait un peu oublié tout ce qui concernait Adélaïde Brennen à partir du moment où Simon avait enroulé un bras autour de ses hanches pour le faire transplaner. Un bras, si j'ose dire, particulièrement confiant et d'une force qui avait fait tourner quelque chose dans son estomac. L'ébéniste n'était qu'un homme faible face à ses pulsions, et les siennes étaient un grand brun et un bon verre de whisky. Qui pouvait lui en vouloir ?
Dans tous les cas, soit Simon était particulièrement doué avec les sortilèges de silence, soit Adélaïde n'était pas rentrée de la nuit puisque personne n'était venu défoncer la porte de la chambre avec une fourche et des torches, prêt à lui embrocher les parties pour en faire un barbecue métaphorique. Ça avait mis Cinaed en confiance, même s'il doutait fortement que l'astronome soit du genre à découcher. Il jurerait qu'elle était soit toujours vieille fille, soit qu'elle mourrait seule avec son chat à critiquer les jeunes qui passaient dans la rue. Il n'imaginait pas Adélaïde comme une créature de bar, ou d'aventures d'un soir. Ca ne correspondait juste pas au personnage et, s'il s'était trompé, il en aurait été très surpris.
Simon bougea dans le lit derrière lui et Cinaed prit quelques secondes pour l'observer. Avec des mèches sur les yeux et les autres étalées sur l'oreiller dans lequel il était à moitié enfoncé, il était plus beau que jamais. Les gens étaient comme ça : on pouvait leur mettre les plus belles tenues, les couvrir de bijoux et de satin et pourtant, ils n'étaient jamais plus beaux qu'une vision au réveil, les yeux encore flous de sommeil et le cœur tout léger. Simon était beau dans sa simplicité, à cet instant, et c'était la beauté que Cinaed préférait voir sur son visage. Il se pencha sur le matelas, s'y appuyant d'une main, et déposa un baiser au coin des lèvres de l'autre homme qui grogna en sentant le matelas s'affaisser. Une fois redressé, il se contenta d'enfiler un bas avant de laisser l'autre homme se rendormir. Cinaed avait l'habitude de se lever tôt avec son boulot, alors il se retrouvait souvent à être incapable de profiter d'une grasse matinée.
Comme il était hors de question de partir comme un voleur - c'était un traitement qu'il ne réservait qu'aux coups d'un soir particulièrement ennuyants - il se dirigea naturellement vers la salle de bain, ou du moins vers la porte dont il pensait s'être souvenu de la veille. Après deux essais, il se tenait devant un miroir et étirait son dos jusqu'à se couper le souffle. Un coup d'eau sur le visage, une main pour tirer ses mèches vers l'arrière au lieu de les avoir dans les yeux, et il était suffisamment réveillé pour avoir envie d'un café. Ou quatre. Juste avant de repartir dans le couloir, il s'observa avec attention dans le miroir. Tournant sur lui même, il compta sans y penser les petites tâches violettes et rouges qui tapissaient le haut de ses épaules et le bas de son cou et décida qu'il était bien trop paresseux pour essayer de faire quelque chose pour les retirer ou les cacher. Un rire lui échappa en pensant à la réaction d'Ewan qui serait probablement outré de le voir parler avec des clients dans cet état. Probablement que le roux l'étalerait par terre de force pour lui badigeonner le cou de baume, cet espèce de rabat-joie.
Se massant la nuque, il se traîna jusque dans la cuisine et se tint quelques secondes devant le plan de travail à observer la pièce dans son entièreté. Evidemment, pas de machine à café, comme on pouvait s'y attendre d'une maison entièrement magique. Mais ne vous y trompez pas : Cinaed Wallace était un homme débrouillard, alors le voici parti à la recherche de quoi que ce soit qui puisse remplacer son addiction matinale. Il ne pouvait décemment pas prendre de petit déjeuner sans tasse de café, puisque c'était la seule chose qu'il avalait par trois le matin. Du café, un verre d'eau et le voilà parti pour sa journée : un petit déjeuner très sain dont il préférait éviter de se priver, même durant un de ses jours de repos. Surtout pas en ce moment alors que la venue de la petite Sgaeyl lui encombrait encore l'esprit. Il ne pouvait pas passer ses journées à boire sans briser une ligne dans son début d'alcoolisme alors il compensait par beaucoup de café. Suffisamment pour avoir un pic d'énergie où il oubliait tous ses problèmes, puis une rechute où il était à moitié léthargique mais toujours dans le déni de ses propres pensées. Une méthode parfaitement efficace et dont aucun psychomage ne devrait douter.
S'agenouillant devant un placard, il y passa la tête à la recherche de son précieux breuvage, décalant sans gêne tous les autres trucs. Il nota une bouteille d'alcool et se fit un devoir d'en retenir le nom, histoire de pouvoir caresser Adélaïde dans le sens du poil la prochaine fois qu'elle déciderait de le tabasser à mort. De l'alcool, de la vaisselle mais aucun pot de café, même instantané. Rien à rajouter dans un bol d'eau et qui puisse ressembler de près ou de loin au pétrole bouillant qui lui servait de café. Il bougonna, repoussa deux verres qui s'entrechoquèrent et entreprit la tâche fastidieuse de se retirer du placard sans rien casser. Tâche qui fut, évidemment, un échec puisqu'il se cogna brutalement l'arrière du crâne en se redressant. La douleur le fit trébucher avant qu'il ne pose sa main dessus, comme si appuyer sur un début de bosse pouvait faire quoi que ce soit. Heureusement, il avait le crâne dur et n'avait donc pas peur d'avoir cassé quelque chose à l'intérieur de sa tête. Si tant est qu'il y restait quelque chose à casser en premier lieu.
Les mains sur les hanches, il fit un demi-tour sur lui-même, direction la chambre de Simon afin de lui demander où sa sœur rangeait son café. Ou, au moins, où il pouvait s'en trouver un ou trouver un elfe capable de lui en servir une tasse. Les Brennen devaient bien avoir des elfes de maison, non ? Il doutait fortement qu'Adélaïde lave ses robes de 18 kilos toute seule et Godric's Hollow n'avait sûrement pas de laverie. Il fit un pas vers l'avant, décalant ses hanches vers la droite pour ne pas se prendre le coin du comptoir et leva les yeux jusqu'au visage renfrogné de la propriétaire de l'appartement. Cinaed, surpris, ne fit rien d'autre que l'observer pendant un moment. De longues secondes avant qu'il ne se redresse un peu et la rejoigne, ses pieds nus frappant le sol avec un bruit semblable à celui d'un métronome dans sa cadence.
Brennen ! Salut ! T'as bien dormi ? Il passa un bras autour de ses épaules et en profita pour tapoter légèrement son omoplate dans un semblant d'étreinte avant de se détourner et de retourner dans la cuisine. Si elle était là, pas besoin d'aller réveiller Simon. T'as du café ? Quelque chose qui y ressemble ? En vrai, je boirais n'importe quoi, même du thé. T'as l'air du genre à boire du thé. Il ouvrit un deuxième placard, bien décidé à lui montrer que si elle ne lui donnait pas son Graal, il continuerait de foutre en bordel tous les rangements de sa cuisine. Une tempête passerait dans ses placards jusqu'à ce qu'une offrande de café lui soit faite. Au passage, il ajouta : Et promis, j'ai pas braqué ta baraque. J'suis rentré avec ton frère. Ah, d'ailleurs, il dort encore. Adélaïde avait l'air prête à exploser à tout instant, alors peut-être que la nouvelle que son cher frère, la prunelle de ses deux yeux, roupillait encore la ferait se calmer. Ou crier moins fort, parce qu'il n'était pas prêt à se faire vriller les tympans sans même avoir eu un café.
Début de matinée.
Chez Adélaïde Brennen.
Avec @Adélaïde Brennen
Quelles étaient déjà les paroles de la musique moldue qui passait encore quand il était plus jeune et qu'il se faufilait dans des bars entre deux cours ? La tête dans l'cul, l'cul dans l'brouillard ? Parce qu'il n'y avait pas meilleure façon de décrire l'état presque zombique avec lequel Cinaed se traînait hors du lit. Pas du sien, évidemment. La veille, il était sorti avec Simon et n'était pas rentré chez lui quand ils avaient quitté le bar. Ça ne lui avait pas semblé être une mauvaise idée de suivre son amant jusqu'à l'appartement de sa sœur où il créchait quelques temps. Ça n'avait pas semblé être une mauvaise idée du tout, même quand il s'était souvenu de sa tentative de coup de canne la dernière fois qu'elle l'avait vu avec son grand frère. En fait, Cinaed avait un peu oublié tout ce qui concernait Adélaïde Brennen à partir du moment où Simon avait enroulé un bras autour de ses hanches pour le faire transplaner. Un bras, si j'ose dire, particulièrement confiant et d'une force qui avait fait tourner quelque chose dans son estomac. L'ébéniste n'était qu'un homme faible face à ses pulsions, et les siennes étaient un grand brun et un bon verre de whisky. Qui pouvait lui en vouloir ?
Dans tous les cas, soit Simon était particulièrement doué avec les sortilèges de silence, soit Adélaïde n'était pas rentrée de la nuit puisque personne n'était venu défoncer la porte de la chambre avec une fourche et des torches, prêt à lui embrocher les parties pour en faire un barbecue métaphorique. Ça avait mis Cinaed en confiance, même s'il doutait fortement que l'astronome soit du genre à découcher. Il jurerait qu'elle était soit toujours vieille fille, soit qu'elle mourrait seule avec son chat à critiquer les jeunes qui passaient dans la rue. Il n'imaginait pas Adélaïde comme une créature de bar, ou d'aventures d'un soir. Ca ne correspondait juste pas au personnage et, s'il s'était trompé, il en aurait été très surpris.
Simon bougea dans le lit derrière lui et Cinaed prit quelques secondes pour l'observer. Avec des mèches sur les yeux et les autres étalées sur l'oreiller dans lequel il était à moitié enfoncé, il était plus beau que jamais. Les gens étaient comme ça : on pouvait leur mettre les plus belles tenues, les couvrir de bijoux et de satin et pourtant, ils n'étaient jamais plus beaux qu'une vision au réveil, les yeux encore flous de sommeil et le cœur tout léger. Simon était beau dans sa simplicité, à cet instant, et c'était la beauté que Cinaed préférait voir sur son visage. Il se pencha sur le matelas, s'y appuyant d'une main, et déposa un baiser au coin des lèvres de l'autre homme qui grogna en sentant le matelas s'affaisser. Une fois redressé, il se contenta d'enfiler un bas avant de laisser l'autre homme se rendormir. Cinaed avait l'habitude de se lever tôt avec son boulot, alors il se retrouvait souvent à être incapable de profiter d'une grasse matinée.
Comme il était hors de question de partir comme un voleur - c'était un traitement qu'il ne réservait qu'aux coups d'un soir particulièrement ennuyants - il se dirigea naturellement vers la salle de bain, ou du moins vers la porte dont il pensait s'être souvenu de la veille. Après deux essais, il se tenait devant un miroir et étirait son dos jusqu'à se couper le souffle. Un coup d'eau sur le visage, une main pour tirer ses mèches vers l'arrière au lieu de les avoir dans les yeux, et il était suffisamment réveillé pour avoir envie d'un café. Ou quatre. Juste avant de repartir dans le couloir, il s'observa avec attention dans le miroir. Tournant sur lui même, il compta sans y penser les petites tâches violettes et rouges qui tapissaient le haut de ses épaules et le bas de son cou et décida qu'il était bien trop paresseux pour essayer de faire quelque chose pour les retirer ou les cacher. Un rire lui échappa en pensant à la réaction d'Ewan qui serait probablement outré de le voir parler avec des clients dans cet état. Probablement que le roux l'étalerait par terre de force pour lui badigeonner le cou de baume, cet espèce de rabat-joie.
Se massant la nuque, il se traîna jusque dans la cuisine et se tint quelques secondes devant le plan de travail à observer la pièce dans son entièreté. Evidemment, pas de machine à café, comme on pouvait s'y attendre d'une maison entièrement magique. Mais ne vous y trompez pas : Cinaed Wallace était un homme débrouillard, alors le voici parti à la recherche de quoi que ce soit qui puisse remplacer son addiction matinale. Il ne pouvait décemment pas prendre de petit déjeuner sans tasse de café, puisque c'était la seule chose qu'il avalait par trois le matin. Du café, un verre d'eau et le voilà parti pour sa journée : un petit déjeuner très sain dont il préférait éviter de se priver, même durant un de ses jours de repos. Surtout pas en ce moment alors que la venue de la petite Sgaeyl lui encombrait encore l'esprit. Il ne pouvait pas passer ses journées à boire sans briser une ligne dans son début d'alcoolisme alors il compensait par beaucoup de café. Suffisamment pour avoir un pic d'énergie où il oubliait tous ses problèmes, puis une rechute où il était à moitié léthargique mais toujours dans le déni de ses propres pensées. Une méthode parfaitement efficace et dont aucun psychomage ne devrait douter.
S'agenouillant devant un placard, il y passa la tête à la recherche de son précieux breuvage, décalant sans gêne tous les autres trucs. Il nota une bouteille d'alcool et se fit un devoir d'en retenir le nom, histoire de pouvoir caresser Adélaïde dans le sens du poil la prochaine fois qu'elle déciderait de le tabasser à mort. De l'alcool, de la vaisselle mais aucun pot de café, même instantané. Rien à rajouter dans un bol d'eau et qui puisse ressembler de près ou de loin au pétrole bouillant qui lui servait de café. Il bougonna, repoussa deux verres qui s'entrechoquèrent et entreprit la tâche fastidieuse de se retirer du placard sans rien casser. Tâche qui fut, évidemment, un échec puisqu'il se cogna brutalement l'arrière du crâne en se redressant. La douleur le fit trébucher avant qu'il ne pose sa main dessus, comme si appuyer sur un début de bosse pouvait faire quoi que ce soit. Heureusement, il avait le crâne dur et n'avait donc pas peur d'avoir cassé quelque chose à l'intérieur de sa tête. Si tant est qu'il y restait quelque chose à casser en premier lieu.
Les mains sur les hanches, il fit un demi-tour sur lui-même, direction la chambre de Simon afin de lui demander où sa sœur rangeait son café. Ou, au moins, où il pouvait s'en trouver un ou trouver un elfe capable de lui en servir une tasse. Les Brennen devaient bien avoir des elfes de maison, non ? Il doutait fortement qu'Adélaïde lave ses robes de 18 kilos toute seule et Godric's Hollow n'avait sûrement pas de laverie. Il fit un pas vers l'avant, décalant ses hanches vers la droite pour ne pas se prendre le coin du comptoir et leva les yeux jusqu'au visage renfrogné de la propriétaire de l'appartement. Cinaed, surpris, ne fit rien d'autre que l'observer pendant un moment. De longues secondes avant qu'il ne se redresse un peu et la rejoigne, ses pieds nus frappant le sol avec un bruit semblable à celui d'un métronome dans sa cadence.
Brennen ! Salut ! T'as bien dormi ? Il passa un bras autour de ses épaules et en profita pour tapoter légèrement son omoplate dans un semblant d'étreinte avant de se détourner et de retourner dans la cuisine. Si elle était là, pas besoin d'aller réveiller Simon. T'as du café ? Quelque chose qui y ressemble ? En vrai, je boirais n'importe quoi, même du thé. T'as l'air du genre à boire du thé. Il ouvrit un deuxième placard, bien décidé à lui montrer que si elle ne lui donnait pas son Graal, il continuerait de foutre en bordel tous les rangements de sa cuisine. Une tempête passerait dans ses placards jusqu'à ce qu'une offrande de café lui soit faite. Au passage, il ajouta : Et promis, j'ai pas braqué ta baraque. J'suis rentré avec ton frère. Ah, d'ailleurs, il dort encore. Adélaïde avait l'air prête à exploser à tout instant, alors peut-être que la nouvelle que son cher frère, la prunelle de ses deux yeux, roupillait encore la ferait se calmer. Ou crier moins fort, parce qu'il n'était pas prêt à se faire vriller les tympans sans même avoir eu un café.
1446.
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves - Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Pris la main dans le sac
Chaque réveil, depuis plusieurs mois maintenant, était teinté d'un étrange ressentiment dans la poitrine d'Adélaïde. Son cerveau effectuait une chute qui la faisait retomber dans le réel, loin des rêves envoûtés par les yeux de beaux inconnus rencontrés plus ou moins par hasard, puis s'activait de façon exceptionnellement rapide. Là, elle réalisait le mur du réel qui la séparait de son monde merveilleux, bercé par des illusions qui dansaient sous ses paupières fermées. Régulièrement, une grimace de déception vieillissait ses traits, et elle se traînait lourdement hors du lit en songeant à racheter des crèmes magiques à la Maison de Vénus la prochaine fois qu'elle passerait devant. Des rides naissaient sur son visage, nées dès le début de la trentaine, mais qui s'étaient accentuées depuis le début de l'hiver dernier, concordant étrangement avec la rencontre de l'ébéniste.
Devant le miroir de la salle de bain adjacente à sa chambre, elle tira sur les plis de sa peau en espérant pouvoir les faire ainsi disparaître, tout en se faisant la réflexion que songer à l'artisan dès le matin était un bien piètre moyen d'évoluer en douceur sur le chemin du réveil lent et paisible. La paume des mains plaquée sur le rebord du lavabo, elle observa longuement son reflet dans la glace dorée, la vision encore quelque peu flou. Maintes fois elle avait pensé à envoyer Inbrunst à l'Astronarium pour y confier un courrier d'absence, et laisser les guides faire tout le boulot pendant qu'elle se laissait engloutir par son canapé, du levé de l'étoile vitale jusqu'au retour las de la nuit glacée. C'était une activité qui la charmait plus qu'autre chose ; ne rien faire. Se laisser avaler par la fatigue le temps d'une journée, fermer les yeux face aux fenêtres débarrassées des rideaux, pour sentir la faible lueur d'un rayon de Soleil caresser son visage terne, de plus en plus semblable à ce qu'elle associait à une vieille marâtre fortunée, assise bien droite sur un ridicule tas d'or. Voilà l'image à laquelle la trentenaire priait de ne pas être comparée. Si tant de gens accordaient — en apparence — si peu d'importance au physique, elle, y trouvait un refuge inévitablement confortable. Sûrement la jugerait-on superficielle, et alors ? Elle avait bien passé une enfance avec l'étiquette de la fille insolente et peu docile. De ce point de vue ci, elle pouvait bien tout accepter. Même si tous savaient que sa véritable arme de combat pour lutter contre les jugements de valeur, c'était bien son égocentrisme précieusement entretenu. Eh oui, sinon comment faire bouclier face à l'opinion de la société ?
Enfin, de telles réflexions si tôt lui faisaient mal au crâne, alors elle dévia le regard et se prépara...longuement. Si l'aide du petit elfe récemment engagé aurait considérablement accéléré le processus de mise en beauté, Adélaïde préférait s'adonner à cette activité en solitaire. Elle y voyait le seul instant de sa journée où seule sa propre personne occupait la pièce où elle se trouvait, l'unique moment de repos éveillé, durant lequel personne ne pouvait l'interrompre, la presser, ou effectuer quelconque tâche d'une manière qui différait avec ses habitudes soigneusement appliquées chaque jour. De plus, ces préparations avaient pour particularité de se dérouler...sans aucune magie. L'astronome serrait et ajustait son corset, enfilait sa robe, se coiffait et se maquillait à la main, sans jamais faire appel à sa baguette, et donc, justifiait l'absence de la petite créature dans cette salle de bain. La présence de magie autour d'elle, encore si proche d'un sommeil profond, perturbé, lui pesait sur les épaules, l'aveuglait et l'étourdissait comme un enfant somnolant à qui on aurait demandé de réaliser cinq saltos arrières dans l'immédiat. Elle avait passé tant d'années au manoir Brennen, où grouillait une magie oppressante sur chaque pavé de pierre qui constituait le sol et les murs. Puis, elle avait connu Durmstrang ; aucune précision n'était nécessaire. À la suite, la résidence O'Sullivan, où tout inconnu à la famille resterait sans voix face à l'utilisation si abusive du catalyseur de la vieille Victoria. Enfin, Antonn le vaniteux, qui tentait d'impressionner chaque femme du trottoir en faisait grandir une fleur élégante dans leurs cheveux — ce qui l'avait un temps charmée. Alors, désormais propriétaire d'une demeure à elle seule, elle comptait bien profiter de ce privilège pour y appliquer ses règles, si simples à suivre selon elle, puisqu'elles ne résidaient que dans l'usage de la magie à partir de la collation matinale, si toutefois elle était véritablement nécessaire.
Néanmoins, seule... Cette vérité était un brin déformée depuis que l'adulte Simon Brennen, son si cher frère, avait foulé le pas de la porte il y a quelques mois. Une sensation étrange imbibait depuis chaque recoin de la maison, un mélange particulier entre une vapeur de malaise, comme si rien de tout cela n'était plus chez elle, et un parfum de panique, une panique raisonnée qui faisait battre son cœur à la chamade lorsqu'elle réalisait qu'il ferait mieux de rester ici, plutôt que de s'en aller. Car qui s'en allait n'était jamais certain de revenir, et même trois mois après l'installation et ainsi l'existence de l'ainé au 4, Rue des Étoiles, Adélaïde ne pouvait s'empêcher de rejouer en boucle chaque scénario catastrophe à propos de sa disparition. Alors, elle cédait à ses envies. Elle le chérissait comme une mère patiente, le nourrissait, s'informait régulièrement de sa condition, engageait des discussions, et le laissait vagabonder tard le soir dans les ruelles de Godric's Hollow — ou ailleurs, qui pouvait savoir. Elle avait intérieurement accepté que s'il était son frère, il était également un quarantenaire qui avait passé la Grande-Bretagne au peigne fin pour retrouver la trace de sa sœur, sans nouvelles pendant près de vingt longues années. Et cette acceptation passait par le détachement qu'elle se devait d'avoir vis à vis des fréquentations et activités de celui-ci. À bien y réfléchir, elle se demandait régulièrement qui était le plus mûr des deux, bien que le galeriste soit venu au monde en premier.
Comme chaque matin disais-je, après une bagarre avec ses cheveux pour les faire tenir en un chignon parfait, elle poussait la porte de la chambre pour rejoindre la cuisine, où elle n'avalait quasiment rien, si ce n'était un grand verre d'eau et un quelconque fruit parmi ceux qui reposaient dans la coupe dédiée, trônant sur le comptoir comme pour dire "Regardez, je mange sainement".
Pourtant, aujourd'hui, lorsque son talon claqua contre le parquet du couloir, son corps s'immobilisa. Depuis l'avenue étroite, elle perçut des...bruits parasites, en provenance du fameux lieu de sustentation, comme si un rat d'égout fouillait maladroitement les placards à la recherche d'un morceau de pain rassis. Elle n'avait jamais vu Simon manger le matin, lui qui fuyait la demeure comme un voleur — sûrement pour éviter le regard de sa sœur qui la forcerait à avaler quelque chose avant de s'en aller. Mais alors, qui pouvait se trouver dans cette cuisine, et qui n'avait jamais appris à se servir dans un compartiment sans reproduire le vacarme d'un régiment d'infanterie prêt à partir pour le front ? L'Allemande dégaina sa baguette et avança à pas de loup jusqu'à la source du bruit, prête à lancer un maléfice sur l'intrus qui avait jugé bon de se taper un petit casse-croûte avant de voler en catimini un ou deux meubles de valeur.
Lorsqu'elle se trouva à quelques mètres du comptoir qui délimitait la cuisine, elle s'arrêta net, retenant un sursaut de surprise.
« Par la barbe de Merlin... Wallace ? »
Si l'étonnement était tel, elle baissa néanmoins son catalyseur, l'ours bourru que faisait l'homme ne représentait — normalement — aucun danger impliquant le décès d'un individu dans cette salle.
L'ébéniste s'était relevé et marchait de toute évidence en direction de la chambre d'ami, dans laquelle logeait temporairement son frère. Adélaïde ne jugea même plus impératif de s'interroger sur le pourquoi du comment, l'artisan avec qui elle avait fait affaire et qui, accessoirement, batifolait à l'occasion avec un membre de sa fratrie, s'était retrouvé le nez plongé dans son garde-manger. Dans sa cuisine. Dans sa maison. À Godric's Hollow. S'il y avait bien une chose que toute fréquentation de Cinaed Wallace devait savoir à propos de cette...chose qui travailler le bois, c'est qu'il ne fallait tout simplement pas s'interroger. C'était inutile, à moins de souhaiter souffrir d'une folie chronique. Non, actuellement, quelque chose de bien plus effrayant encore accaparait toute son attention. Quelque chose d'encore plus grave que de vider les réserves des inconnus chez eux.
Son accoutrement. Aussi faible soit-il, puisqu'il n'était qu'un bas. Juste, un bas. Ni chemise, ni soulier, rien. Cinaed Wallace, pieds et torse-nu pris en flagrant délit chez Adélaïde Brennen.
Celle-ci dissimula une première grimace à cette constatation, puis une seconde lorsqu'elle fut emportée dans une sorte d'accolade beaucoup trop amicale, durant laquelle elle nota le passage de Simon sur le cou du brun. Il ne manquait plus que ça... Si elle tolérait leurs petites sessions coquines, elle ne souhaitait pas pour autant en découvrir les séquelles, encore moins lorsque celles-ci étaient issues de son frère. Son frère !
Par tous les dieux...
Lorsque l'Écossais la lâcha, elle se planta fermement devant lui, et croisa les bras.
« Puis-je vous aider d'une quelconque manière ? Ce à quoi l'homme soumit une véritable requête. Elle soupira. Je suis surtout du genre à vous mettre dehors plus rapidement que vous ne pourriez prononcer Copernic. »
Commençant à le connaître un petit peu, elle ne le laissa pas en placer une, le contraire induisant à imaginer le trentenaire véritablement énoncer le mot. Elle ajouta alors :
« Dites-moi Wallace, vous est-il fréquent de vous introduire chez les gens pour un goûter aux aurores, ou est-ce exceptionnel dans la mesure où vous considérer que chaque lieu habité de Simon constitue pour vous un second environnement de vie ? » Débita-t-elle, sans véritablement comprendre si son ton se voulait dur ou sarcastique.
Elle regretta de ne pas avoir sa canne à proximité. Tant de fois elle avait fabulé de lui cogner le crâne avec, une véritable vengeance, plus satisfaisante encore lorsqu'on comprenait que l'homme se faisait battre avec sa propre création, montée contre lui. Drôle. La scientifique ria sèchement.
Le commerçant affirma qu'il n'avait pas cambriolé sa maison. « J'espère bien ! C'est la meilleure. vociféra-t-elle, incrédule. Oui merci, j'avais bien remarqué que ce... — elle retint une insulte — dormait encore. Pour une fois, j'aurais aimé que ce ne soit pas le cas. Va pour du thé, j'ai en effet une préférence. »
Adélaïde se surprit elle-même à simplement acquiescer à la demande de l'intrus, assurément puisqu'il n'y avait rien d'autre à faire pour remédier à cette situation plus que délicate. De toute façon, elle n'avait aucune envie de se prendre la tête et s'emporter, en quelque sorte, elle avait abandonné.
À ses mots, une théière ornée de motifs rose et bleu accompagnée de son set de tasses vola lentement jusqu'au comptoir, ou bientôt deux récipients fumant de la boisson chaude se trouvaient. D'une mouvement de la main, elle le pressa à s'asseoir sur un des petits tabourets, elle, restant pourtant debout.
« Habituellement, Sohrn se charge de ce genre de tâches, je n'apprécie guère les objets volant à l'intérieur. Je m'y vois aujourd'hui contrainte, car le malheureux à sûrement fuit à l'étage en vous voyant la tête dans mes provisions. Elle expliqua machinalement en prenant une fine gorgée de l'infusion sucrée. Dites, vous ne pourriez pas vous...couvrir ? » Implora-t-elle entre deux phrases.
Comment avait-elle perdu le contrôle de la situation ? Aucune idée. Les remarques telles que "N'hésitez à venir me réveiller la prochaine fois que vous ne trouvez pas quelque chose dans mes meubles." ou "Je constate que ma nuit fut moins bonne que la votre." volèrent en éclats et disparurent à tout jamais dans les bas-fonds de l'univers.
« Vous vous êtes bien amusé, j'espère. Elle le fusilla du regard. Avec mon frère. » Précisa-t-elle en étant jamais réellement certaine que l'adulte comprenne ce qu'elle raconte.
Adélaïde replongea son visage derrière sa boisson, les pupilles cependant ancrées dans celles de son interlocuteur, lui signifiant qu'il ne quitterait pas cette chaise avant d'avoir détaillé chaque étape de leur supposée palpitante soirée.
2030
Devant le miroir de la salle de bain adjacente à sa chambre, elle tira sur les plis de sa peau en espérant pouvoir les faire ainsi disparaître, tout en se faisant la réflexion que songer à l'artisan dès le matin était un bien piètre moyen d'évoluer en douceur sur le chemin du réveil lent et paisible. La paume des mains plaquée sur le rebord du lavabo, elle observa longuement son reflet dans la glace dorée, la vision encore quelque peu flou. Maintes fois elle avait pensé à envoyer Inbrunst à l'Astronarium pour y confier un courrier d'absence, et laisser les guides faire tout le boulot pendant qu'elle se laissait engloutir par son canapé, du levé de l'étoile vitale jusqu'au retour las de la nuit glacée. C'était une activité qui la charmait plus qu'autre chose ; ne rien faire. Se laisser avaler par la fatigue le temps d'une journée, fermer les yeux face aux fenêtres débarrassées des rideaux, pour sentir la faible lueur d'un rayon de Soleil caresser son visage terne, de plus en plus semblable à ce qu'elle associait à une vieille marâtre fortunée, assise bien droite sur un ridicule tas d'or. Voilà l'image à laquelle la trentenaire priait de ne pas être comparée. Si tant de gens accordaient — en apparence — si peu d'importance au physique, elle, y trouvait un refuge inévitablement confortable. Sûrement la jugerait-on superficielle, et alors ? Elle avait bien passé une enfance avec l'étiquette de la fille insolente et peu docile. De ce point de vue ci, elle pouvait bien tout accepter. Même si tous savaient que sa véritable arme de combat pour lutter contre les jugements de valeur, c'était bien son égocentrisme précieusement entretenu. Eh oui, sinon comment faire bouclier face à l'opinion de la société ?
Enfin, de telles réflexions si tôt lui faisaient mal au crâne, alors elle dévia le regard et se prépara...longuement. Si l'aide du petit elfe récemment engagé aurait considérablement accéléré le processus de mise en beauté, Adélaïde préférait s'adonner à cette activité en solitaire. Elle y voyait le seul instant de sa journée où seule sa propre personne occupait la pièce où elle se trouvait, l'unique moment de repos éveillé, durant lequel personne ne pouvait l'interrompre, la presser, ou effectuer quelconque tâche d'une manière qui différait avec ses habitudes soigneusement appliquées chaque jour. De plus, ces préparations avaient pour particularité de se dérouler...sans aucune magie. L'astronome serrait et ajustait son corset, enfilait sa robe, se coiffait et se maquillait à la main, sans jamais faire appel à sa baguette, et donc, justifiait l'absence de la petite créature dans cette salle de bain. La présence de magie autour d'elle, encore si proche d'un sommeil profond, perturbé, lui pesait sur les épaules, l'aveuglait et l'étourdissait comme un enfant somnolant à qui on aurait demandé de réaliser cinq saltos arrières dans l'immédiat. Elle avait passé tant d'années au manoir Brennen, où grouillait une magie oppressante sur chaque pavé de pierre qui constituait le sol et les murs. Puis, elle avait connu Durmstrang ; aucune précision n'était nécessaire. À la suite, la résidence O'Sullivan, où tout inconnu à la famille resterait sans voix face à l'utilisation si abusive du catalyseur de la vieille Victoria. Enfin, Antonn le vaniteux, qui tentait d'impressionner chaque femme du trottoir en faisait grandir une fleur élégante dans leurs cheveux — ce qui l'avait un temps charmée. Alors, désormais propriétaire d'une demeure à elle seule, elle comptait bien profiter de ce privilège pour y appliquer ses règles, si simples à suivre selon elle, puisqu'elles ne résidaient que dans l'usage de la magie à partir de la collation matinale, si toutefois elle était véritablement nécessaire.
Néanmoins, seule... Cette vérité était un brin déformée depuis que l'adulte Simon Brennen, son si cher frère, avait foulé le pas de la porte il y a quelques mois. Une sensation étrange imbibait depuis chaque recoin de la maison, un mélange particulier entre une vapeur de malaise, comme si rien de tout cela n'était plus chez elle, et un parfum de panique, une panique raisonnée qui faisait battre son cœur à la chamade lorsqu'elle réalisait qu'il ferait mieux de rester ici, plutôt que de s'en aller. Car qui s'en allait n'était jamais certain de revenir, et même trois mois après l'installation et ainsi l'existence de l'ainé au 4, Rue des Étoiles, Adélaïde ne pouvait s'empêcher de rejouer en boucle chaque scénario catastrophe à propos de sa disparition. Alors, elle cédait à ses envies. Elle le chérissait comme une mère patiente, le nourrissait, s'informait régulièrement de sa condition, engageait des discussions, et le laissait vagabonder tard le soir dans les ruelles de Godric's Hollow — ou ailleurs, qui pouvait savoir. Elle avait intérieurement accepté que s'il était son frère, il était également un quarantenaire qui avait passé la Grande-Bretagne au peigne fin pour retrouver la trace de sa sœur, sans nouvelles pendant près de vingt longues années. Et cette acceptation passait par le détachement qu'elle se devait d'avoir vis à vis des fréquentations et activités de celui-ci. À bien y réfléchir, elle se demandait régulièrement qui était le plus mûr des deux, bien que le galeriste soit venu au monde en premier.
Comme chaque matin disais-je, après une bagarre avec ses cheveux pour les faire tenir en un chignon parfait, elle poussait la porte de la chambre pour rejoindre la cuisine, où elle n'avalait quasiment rien, si ce n'était un grand verre d'eau et un quelconque fruit parmi ceux qui reposaient dans la coupe dédiée, trônant sur le comptoir comme pour dire "Regardez, je mange sainement".
Pourtant, aujourd'hui, lorsque son talon claqua contre le parquet du couloir, son corps s'immobilisa. Depuis l'avenue étroite, elle perçut des...bruits parasites, en provenance du fameux lieu de sustentation, comme si un rat d'égout fouillait maladroitement les placards à la recherche d'un morceau de pain rassis. Elle n'avait jamais vu Simon manger le matin, lui qui fuyait la demeure comme un voleur — sûrement pour éviter le regard de sa sœur qui la forcerait à avaler quelque chose avant de s'en aller. Mais alors, qui pouvait se trouver dans cette cuisine, et qui n'avait jamais appris à se servir dans un compartiment sans reproduire le vacarme d'un régiment d'infanterie prêt à partir pour le front ? L'Allemande dégaina sa baguette et avança à pas de loup jusqu'à la source du bruit, prête à lancer un maléfice sur l'intrus qui avait jugé bon de se taper un petit casse-croûte avant de voler en catimini un ou deux meubles de valeur.
Lorsqu'elle se trouva à quelques mètres du comptoir qui délimitait la cuisine, elle s'arrêta net, retenant un sursaut de surprise.
« Par la barbe de Merlin... Wallace ? »
Si l'étonnement était tel, elle baissa néanmoins son catalyseur, l'ours bourru que faisait l'homme ne représentait — normalement — aucun danger impliquant le décès d'un individu dans cette salle.
L'ébéniste s'était relevé et marchait de toute évidence en direction de la chambre d'ami, dans laquelle logeait temporairement son frère. Adélaïde ne jugea même plus impératif de s'interroger sur le pourquoi du comment, l'artisan avec qui elle avait fait affaire et qui, accessoirement, batifolait à l'occasion avec un membre de sa fratrie, s'était retrouvé le nez plongé dans son garde-manger. Dans sa cuisine. Dans sa maison. À Godric's Hollow. S'il y avait bien une chose que toute fréquentation de Cinaed Wallace devait savoir à propos de cette...chose qui travailler le bois, c'est qu'il ne fallait tout simplement pas s'interroger. C'était inutile, à moins de souhaiter souffrir d'une folie chronique. Non, actuellement, quelque chose de bien plus effrayant encore accaparait toute son attention. Quelque chose d'encore plus grave que de vider les réserves des inconnus chez eux.
Son accoutrement. Aussi faible soit-il, puisqu'il n'était qu'un bas. Juste, un bas. Ni chemise, ni soulier, rien. Cinaed Wallace, pieds et torse-nu pris en flagrant délit chez Adélaïde Brennen.
Celle-ci dissimula une première grimace à cette constatation, puis une seconde lorsqu'elle fut emportée dans une sorte d'accolade beaucoup trop amicale, durant laquelle elle nota le passage de Simon sur le cou du brun. Il ne manquait plus que ça... Si elle tolérait leurs petites sessions coquines, elle ne souhaitait pas pour autant en découvrir les séquelles, encore moins lorsque celles-ci étaient issues de son frère. Son frère !
Par tous les dieux...
Lorsque l'Écossais la lâcha, elle se planta fermement devant lui, et croisa les bras.
« Puis-je vous aider d'une quelconque manière ? Ce à quoi l'homme soumit une véritable requête. Elle soupira. Je suis surtout du genre à vous mettre dehors plus rapidement que vous ne pourriez prononcer Copernic. »
Commençant à le connaître un petit peu, elle ne le laissa pas en placer une, le contraire induisant à imaginer le trentenaire véritablement énoncer le mot. Elle ajouta alors :
« Dites-moi Wallace, vous est-il fréquent de vous introduire chez les gens pour un goûter aux aurores, ou est-ce exceptionnel dans la mesure où vous considérer que chaque lieu habité de Simon constitue pour vous un second environnement de vie ? » Débita-t-elle, sans véritablement comprendre si son ton se voulait dur ou sarcastique.
Elle regretta de ne pas avoir sa canne à proximité. Tant de fois elle avait fabulé de lui cogner le crâne avec, une véritable vengeance, plus satisfaisante encore lorsqu'on comprenait que l'homme se faisait battre avec sa propre création, montée contre lui. Drôle. La scientifique ria sèchement.
Le commerçant affirma qu'il n'avait pas cambriolé sa maison. « J'espère bien ! C'est la meilleure. vociféra-t-elle, incrédule. Oui merci, j'avais bien remarqué que ce... — elle retint une insulte — dormait encore. Pour une fois, j'aurais aimé que ce ne soit pas le cas. Va pour du thé, j'ai en effet une préférence. »
Adélaïde se surprit elle-même à simplement acquiescer à la demande de l'intrus, assurément puisqu'il n'y avait rien d'autre à faire pour remédier à cette situation plus que délicate. De toute façon, elle n'avait aucune envie de se prendre la tête et s'emporter, en quelque sorte, elle avait abandonné.
À ses mots, une théière ornée de motifs rose et bleu accompagnée de son set de tasses vola lentement jusqu'au comptoir, ou bientôt deux récipients fumant de la boisson chaude se trouvaient. D'une mouvement de la main, elle le pressa à s'asseoir sur un des petits tabourets, elle, restant pourtant debout.
« Habituellement, Sohrn se charge de ce genre de tâches, je n'apprécie guère les objets volant à l'intérieur. Je m'y vois aujourd'hui contrainte, car le malheureux à sûrement fuit à l'étage en vous voyant la tête dans mes provisions. Elle expliqua machinalement en prenant une fine gorgée de l'infusion sucrée. Dites, vous ne pourriez pas vous...couvrir ? » Implora-t-elle entre deux phrases.
Comment avait-elle perdu le contrôle de la situation ? Aucune idée. Les remarques telles que "N'hésitez à venir me réveiller la prochaine fois que vous ne trouvez pas quelque chose dans mes meubles." ou "Je constate que ma nuit fut moins bonne que la votre." volèrent en éclats et disparurent à tout jamais dans les bas-fonds de l'univers.
« Vous vous êtes bien amusé, j'espère. Elle le fusilla du regard. Avec mon frère. » Précisa-t-elle en étant jamais réellement certaine que l'adulte comprenne ce qu'elle raconte.
Adélaïde replongea son visage derrière sa boisson, les pupilles cependant ancrées dans celles de son interlocuteur, lui signifiant qu'il ne quitterait pas cette chaise avant d'avoir détaillé chaque étape de leur supposée palpitante soirée.
2030
Pris la main dans le sac
Adélaïde était une femme difficile à comprendre. Si Cinaed se sentait la fibre misogyne, il dirait que toutes les femmes l'étaient à leur manière, mais ça n'incluait pas Sile et Avaleen qui étaient des livres ouverts. Elles étaient ouvertes et ne disaient que la vérité - en tout cas devant lui. Elles n'étaient pas particulièrement sarcastique, ou alors l'était suffisamment pour que Cinaed comprenne directement qu'il était temps pour lui de fermer son clapet s'il ne voulait pas avoir les fesses rouges après un coup de pied au cul. Brennen, elle, était comme un labyrinthe. Dès qu'il pensait avoir bien suivi le chemin jusqu'à la sortie, elle avait un petit froncement de sourcil qui le renvoyait à l'arrivée. Il ne savait jamais vraiment quand elle était blagueuse et quand elle ne l'était pas. Il aurait peut-être dû partir du principe de toujours se méfier d'elle, surtout quand elle commençait à rire, mais Cinaed était un éternel optimiste qui se disait qu'un rire partait toujours d'un amusement sincère. Mais bon, Adélaïde Brennen pouvait rire en étant en colère, être en colère quand elle était contente et être contente quand elle était frustrée, alors il était difficile de trouver un sens à tout ceci.
C'est probablement pour ça qu'il ne réagit pas outre mesure à sa baguette pointée vers lui. Une tête penchée sur le côté et un sourcil haussé, voilà l'étendue de sa défense face à cette menace. Il était parfaitement conscient que l'allemande le détruirait en petit morceaux avant même qu'il puisse atteindre sa baguette - et de toute façon, elle était sûrement restée dans la chambre - mais il ne l'imaginait pas lancer le premier sortilège. Elle arrivait étonnement bien à se retenir même si l'ébéniste semblait être son pire cauchemar. Encore quelque chose d'illogique mais, pour le coup, ça lui allait bien mieux que le contraire.
Copernic ! Dit-il rapidement, butant sur la deuxième syllabe tout en affichant un large sourire qui creusa les rides qui s'étiraient sur le bord de ses yeux. Vous me mettrez pas dehors à moitié à poils, si ? Il émit un petit rire en trois temps avant de continuer Ca ferait mauvais genre auprès des voisins, et pis je suis même pas sûr que le pantalon soit à moi, je crois que je l'ai piqué à Simon. Il agita une de ses jambes comme pour montrer les petits plis du pantalon qui tombait sur son pied. Certes, il s'habillait comme un sac et n'avait quasiment aucun vêtement taillé sur mesure dans sa garde-robe, mais même lui ne se baladait pas avec un pantalon sur lequel il pouvait marcher. C'était trop peu pratique, un coup à se casser la margoulette. Et, dans un atelier, c'était dangereux. Il n'avait pas forcément envie de se péter la tronche en marchant sur son pantalon et d'aller s'empaler sur un ciseau à bois, merci bien.
Il avait écouté la brune avec attention jusqu'à la fin de son monologue, admirant presque la façon dont elle avait comprit qu'il fallait parler vite pour pouvoir exposer son avis sans que l'ébéniste ne se mette à tourner en ridicule chaque phrase. Cependant, cela ne la sauverait pas de ses blagues. La seule chose que ça faisait, c'était lui faire oublier certains passages. C'était pour ça qu'il coupait souvent la parole : il lui fallait dire les choses dès qu'il y pensait, sinon il oubliait ses phrases ou - pire - les phrases des autres. Plus jeune, ça lui avait valu quelques punitions corsées. Les gens pensaient qu'il n'était pas attentif, alors que dans la réalité, il essayait vainement de l'être. Ce n'était pas forcément sa faute si son cerveau ne coopérait pas, la majorité du temps.
Et j'vous ferais dire que je me suis pas introduit, justement. Simon m'a invité, avec tout le blabla de "fais comme chez toi". Il agita la main dans l'espace devant lui, et poursuivit Un exemple d'hospitalité, si vous voulez mon avis ! Il ne laissa pas le temps à l'autre de le réprimander et se mit à tapoter ses mains l'une contre elle pour exprimer sa joie. Super, du thé alors ! Vous vous joignez à moi pour une tasse ? Désolé pour votre Elfe, d'ailleurs, je savais pas que vous en aviez un. Mais si vous voulez, je pourrais vous faire un plateau volant pour éviter d'utiliser Accio de si bon matin ! Il observa un peu plus l'autre, hochant la tête pour lui même. Quoique vous avez l'air bien réveillée, c'est presque flippant. Vous être fraîche comme la rosée du matin et moi j'ai l'impression qu'un hippogriffe m'est passé dessus. 3 fois, au moins.
Il leva trois doigts, comme pour appuyer son apparente détresse. A raison, d'ailleurs, parce qu'Adélaïde avait vraiment l'air de sortir d'une pub pour un magasine de mode victorienne, tandis que lui n'avait même pas les cheveux brossés et avait probablement encore des croutes au coin des yeux, malgré sa rapide toilette. L'autre avait de toute façon toujours l'air de sortir d'une préparation minutieuse de trois heures. Cinaed supposait que certaines personnes étaient nées pour être élégantes et pas d'autres. Pour un résultat comparable, l'ébéniste devrait bien passer 4h à se battre dans sa salle de bain, tandis que ça paraissait facile pour sa camarade de déjeuner.
Il posa un bout de fesse sur le tabouret qu'Adélaïde lui avait précédemment indiqué, avant de baisser les yeux sur son absence de tenue à sa remarque. Beh... J'voudrais bien, mais mes fringues sont dans la chambre et Simon dort. Pis, je suis pas nyctalope moi, faudrait que j'éclaire la pièce et il aime pas ça. Il haussa les épaules. Ca me dérange pas, vous inquiétez pas, pis il fait pas froid chez vous. C'est joli d'ailleurs. Le regard vagabondant autour de lui, il remarqua sans mal le meuble qu'elle lui avait commandé, quelques mois auparavant et redressa les épaules d'un air particulièrement fier de lui. Vous en prenez soin, ça se voit. Je pensais pas que les sortilèges pour les plantes tiendraient autant, d'ailleurs. C'est que c'est assez fragile avec le reste, j'avais peur que les plantes finissent par mourir bien trop vite.
Un fredonnement ravi lui monta dans la gorge. Vous avez la main verte, ça m'étonne pas trop ! Moi, je sais pas m'occuper des plantes. J'ai essayé quand j'étais plus jeune mais j'oublie toujours de les arroser, ou alors j'oublie quand je l'ai fait et du coup je met trop d'eau. Peut-être que c'était l'elfe qui s'en occupait, mais Cinaed aimait à penser que l'autre s'occupait de ça toute seule. C'était une activité intime que de s'occuper du bois.
Il prit une première gorgée de son thé - enfin ! - et hocha la tête. Hmhm fit-il avant d'avaler et de répondre clairement. Ouaip, il est super. Fin', c'est plutôt lui qui s'est amusé, mais dans ce genre de truc, ça fait un profit partagé, v'voyez. Une réflexion plus tard, et il ajouta : Mais on a joué aux cartes, aussi. Il secoua la tête Je suis un peu nul, je préfère jouer au billard, mais au billard il arrive pas à rentrer de boules quand il a bu, alors bon. Il se dandina joyeusement en appréciant la brulure du thé qui lui descendait la gorge. Il est super bon, vous avez les papilles ! Dit-il en agitant sa tasse tout en veillant à ne pas en renverser le contenu. Cinaed, lui, il était naze pour choisir du thé. Naze pour choisir la température, et aussi naze pour choisir le temps d'infusion alors il buvait toujours du thé noir resté trop longtemps dans l'eau qui lui arrachait tout espoir d'un goût meilleur. Parfois, ça lui rappelait même une tasse de café corsé, pour dire. Mais ce thé là, il était bon. Doux et juste assez chaud pour vous donner la sensation que la vie vous offrait un câlin. Ca lui donnerait presque l'amour du thé. Presque. Le café, ça restait mieux.
C'est probablement pour ça qu'il ne réagit pas outre mesure à sa baguette pointée vers lui. Une tête penchée sur le côté et un sourcil haussé, voilà l'étendue de sa défense face à cette menace. Il était parfaitement conscient que l'allemande le détruirait en petit morceaux avant même qu'il puisse atteindre sa baguette - et de toute façon, elle était sûrement restée dans la chambre - mais il ne l'imaginait pas lancer le premier sortilège. Elle arrivait étonnement bien à se retenir même si l'ébéniste semblait être son pire cauchemar. Encore quelque chose d'illogique mais, pour le coup, ça lui allait bien mieux que le contraire.
Copernic ! Dit-il rapidement, butant sur la deuxième syllabe tout en affichant un large sourire qui creusa les rides qui s'étiraient sur le bord de ses yeux. Vous me mettrez pas dehors à moitié à poils, si ? Il émit un petit rire en trois temps avant de continuer Ca ferait mauvais genre auprès des voisins, et pis je suis même pas sûr que le pantalon soit à moi, je crois que je l'ai piqué à Simon. Il agita une de ses jambes comme pour montrer les petits plis du pantalon qui tombait sur son pied. Certes, il s'habillait comme un sac et n'avait quasiment aucun vêtement taillé sur mesure dans sa garde-robe, mais même lui ne se baladait pas avec un pantalon sur lequel il pouvait marcher. C'était trop peu pratique, un coup à se casser la margoulette. Et, dans un atelier, c'était dangereux. Il n'avait pas forcément envie de se péter la tronche en marchant sur son pantalon et d'aller s'empaler sur un ciseau à bois, merci bien.
Il avait écouté la brune avec attention jusqu'à la fin de son monologue, admirant presque la façon dont elle avait comprit qu'il fallait parler vite pour pouvoir exposer son avis sans que l'ébéniste ne se mette à tourner en ridicule chaque phrase. Cependant, cela ne la sauverait pas de ses blagues. La seule chose que ça faisait, c'était lui faire oublier certains passages. C'était pour ça qu'il coupait souvent la parole : il lui fallait dire les choses dès qu'il y pensait, sinon il oubliait ses phrases ou - pire - les phrases des autres. Plus jeune, ça lui avait valu quelques punitions corsées. Les gens pensaient qu'il n'était pas attentif, alors que dans la réalité, il essayait vainement de l'être. Ce n'était pas forcément sa faute si son cerveau ne coopérait pas, la majorité du temps.
Et j'vous ferais dire que je me suis pas introduit, justement. Simon m'a invité, avec tout le blabla de "fais comme chez toi". Il agita la main dans l'espace devant lui, et poursuivit Un exemple d'hospitalité, si vous voulez mon avis ! Il ne laissa pas le temps à l'autre de le réprimander et se mit à tapoter ses mains l'une contre elle pour exprimer sa joie. Super, du thé alors ! Vous vous joignez à moi pour une tasse ? Désolé pour votre Elfe, d'ailleurs, je savais pas que vous en aviez un. Mais si vous voulez, je pourrais vous faire un plateau volant pour éviter d'utiliser Accio de si bon matin ! Il observa un peu plus l'autre, hochant la tête pour lui même. Quoique vous avez l'air bien réveillée, c'est presque flippant. Vous être fraîche comme la rosée du matin et moi j'ai l'impression qu'un hippogriffe m'est passé dessus. 3 fois, au moins.
Il leva trois doigts, comme pour appuyer son apparente détresse. A raison, d'ailleurs, parce qu'Adélaïde avait vraiment l'air de sortir d'une pub pour un magasine de mode victorienne, tandis que lui n'avait même pas les cheveux brossés et avait probablement encore des croutes au coin des yeux, malgré sa rapide toilette. L'autre avait de toute façon toujours l'air de sortir d'une préparation minutieuse de trois heures. Cinaed supposait que certaines personnes étaient nées pour être élégantes et pas d'autres. Pour un résultat comparable, l'ébéniste devrait bien passer 4h à se battre dans sa salle de bain, tandis que ça paraissait facile pour sa camarade de déjeuner.
Il posa un bout de fesse sur le tabouret qu'Adélaïde lui avait précédemment indiqué, avant de baisser les yeux sur son absence de tenue à sa remarque. Beh... J'voudrais bien, mais mes fringues sont dans la chambre et Simon dort. Pis, je suis pas nyctalope moi, faudrait que j'éclaire la pièce et il aime pas ça. Il haussa les épaules. Ca me dérange pas, vous inquiétez pas, pis il fait pas froid chez vous. C'est joli d'ailleurs. Le regard vagabondant autour de lui, il remarqua sans mal le meuble qu'elle lui avait commandé, quelques mois auparavant et redressa les épaules d'un air particulièrement fier de lui. Vous en prenez soin, ça se voit. Je pensais pas que les sortilèges pour les plantes tiendraient autant, d'ailleurs. C'est que c'est assez fragile avec le reste, j'avais peur que les plantes finissent par mourir bien trop vite.
Un fredonnement ravi lui monta dans la gorge. Vous avez la main verte, ça m'étonne pas trop ! Moi, je sais pas m'occuper des plantes. J'ai essayé quand j'étais plus jeune mais j'oublie toujours de les arroser, ou alors j'oublie quand je l'ai fait et du coup je met trop d'eau. Peut-être que c'était l'elfe qui s'en occupait, mais Cinaed aimait à penser que l'autre s'occupait de ça toute seule. C'était une activité intime que de s'occuper du bois.
Il prit une première gorgée de son thé - enfin ! - et hocha la tête. Hmhm fit-il avant d'avaler et de répondre clairement. Ouaip, il est super. Fin', c'est plutôt lui qui s'est amusé, mais dans ce genre de truc, ça fait un profit partagé, v'voyez. Une réflexion plus tard, et il ajouta : Mais on a joué aux cartes, aussi. Il secoua la tête Je suis un peu nul, je préfère jouer au billard, mais au billard il arrive pas à rentrer de boules quand il a bu, alors bon. Il se dandina joyeusement en appréciant la brulure du thé qui lui descendait la gorge. Il est super bon, vous avez les papilles ! Dit-il en agitant sa tasse tout en veillant à ne pas en renverser le contenu. Cinaed, lui, il était naze pour choisir du thé. Naze pour choisir la température, et aussi naze pour choisir le temps d'infusion alors il buvait toujours du thé noir resté trop longtemps dans l'eau qui lui arrachait tout espoir d'un goût meilleur. Parfois, ça lui rappelait même une tasse de café corsé, pour dire. Mais ce thé là, il était bon. Doux et juste assez chaud pour vous donner la sensation que la vie vous offrait un câlin. Ca lui donnerait presque l'amour du thé. Presque. Le café, ça restait mieux.
1322.
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves - Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Pris la main dans le sac
L'Allemande roula des yeux. L'homme avait tout de même réussi à placer Copernic dans son discours. Réalisait-il qu'il s'agissait d'une expression, d'une façon de parler ? En trente ans de vie, jamais elle n'avait entendu quelqu'un — si ce n'était lui — réellement se prêter à cette locution. Ceci ne l'étonnait guère dans la mesure où elle n'avait jamais non plus rencontré aussi aléatoire que le brun. En revanche, ce genre de comportement, à la longue, devenait de plus en plus insupportable, surtout dans un contexte tel que celui dans lequel les deux se trouvaient actuellement.
Est-ce qu'il...lui faisait une forme de chantage ? Si en effet son propos avait une part de vérité, mettre des hommes à moitié déshabillés à la porte de sa résidence ne ferait pas si mauvais genre pour une femme telle qu'Adélaïde. Mais cela, il n'était pas nécessaire qu'il en soit informé, chacun avait ses petits secrets bien gardés, ou du moins, une grande part de la population pourvue d'un minimum de pudeur, ce qui n'était logiquement pas le cas de l'ébéniste dont elle pensait connaître mieux la vie que celle de son propre frère.
Elle jeta un coup d'œil à l'unique vêtement qui couvrait le bas de son corps et soupira une nouvelle fois. Le pantalon était bien trop distingué pour un sorcier comme Cinaed Wallace, et l'astronome éprouva une certaine déception à l'idée que l'individu qui porte cette jolie pièce soit... quelqu'un comme lui.
« Vous comptez lui rendre, n'est-ce pas ? Si vous quittez les lieux avec, je prendrai ça pour une véritable tentative de vol, auquel cas je ne me gênerai pas pour contacter... Elle fixa le bois du comptoir sans un mot. ...les autorités compétentes. Ha. » Affirma-t-elle dans un rire sans joie, le regard planté sur l'allure de son interlocuteur, prête à le gratifier d'un maléfice si celui-ci continuait à prendre à la légère l'autorité qu'elle exerçait dans cette demeure.
S'ensuit un monologue décousu durant lequel il lui fit subtilement comprendre que elle, la propriétaire de ces lieux, devait prendre exemple sur ses hôtes lorsque cela touchait à l'hospitalité. Peut-être n'était-ce absolument pas ce que l'artisan sous-entendait, mais en même temps, lui-même comprenait-il ce qu'il racontait ? Auquel cas personne ne pourrait la blâmer d'avoir interprété autrement le fond de sa parole. Et puis, c'était gonflé de sa part lorsqu'elle ne l'avait pas envoyé balader sur le palier, et lui avait proposé du thé ! Pour quelqu'un qui arpentait ses étagères comme dans la cuisine de sa mère, il était tout à fait déplacé de parler d'hospitalité lorsqu'on faisait un si lamentable invité. Adélaïde nota dans un coin que Simon aurait droit à son quart d'heure de réprimande, et dissimula un rictus en réalisant qu'elle pouvait bien le priver de nourriture et de tout autre chose si elle se souhaitait — après tout, ses appartements, ses règles, ses sanctions. Le galeriste n'avait qu'à pas ramener le loustic dans sa belle maison.
Fais comme chez toi. Dans ce cas, lorsque l'aîné Brennen aura enfin son propre logement, elle y invitera l'entièreté du staff de l'Astronarium, en leur disant de faire comme chez eux. Ce n'était pas chez elle, et alors ?
C'était tout à fait ridicule.
« Constater la façon dont vous faites comme chez vous n'était pas forcément dans mes objectifs de l'année 2050, mais soit. » Souffla t'elle en se lamentant une énième fois sur le manque de savoir-vivre de l'Ecossais.
Cinaed Wallace était une cause perdue. Il fallait l'accepter, tout ne serait que plus évident après.
Un rire plus sincère se perdit sur ses lèvres lorsque celui-ci lui demanda si elle se joignait à lui pour une tasse. Certes, la formulation n'avait rien de particulière, mais la subtilité de l'invité qui exprimait cette requête l'amusa. Le commerçant était vraiment plein de surprises.
Elle ignora tout simplement l'idée du plateau volant — bien qu'elle ne soit pas mauvaise, au contraire — mais jugeant simplement que son utilité serait moindre puisqu'elle n'en aurait plus besoin à la seconde où Sohrn repointerait le bout de son petit nez pointu.
Puis, elle pouffa, tout bonnement. C'en était trop, ce spectacle, tout cela devenait comique. Elle n'attendait plus que le clown engagé pour l'occasion sorte de derrière un fauteuil accompagné d'une fanfare, de ballons colorés et de confettis.
« Je...vais prendre cela comme un compliment. Fit-elle sans pouvoir se retenir de rire plus longtemps. 3 fois, vous dites ? Laissez-moi réfléchir... Elle marqua une pause un peu trop longue. C'est étrange, voyez-vous, j'aurais plutôt dit 4 ou 5. De façon totalement objective. » Était-ce une revanche ? Tout à fait. S'en rendrait-il compte ? C'était une autre histoire.
Cependant, elle retint qu'il la trouvait fraîche comme la rosée du matin — quoique cela puisse vouloir dire —, et ce constat lui valu un petit redressement de tête, très utile au passage pour regarder d'un peu plus haut la personne de Cinaed.
Son fin sourire mourut de nouveau sur son visage lorsqu'il rouvrit la bouche. Déjà, pour parler avec un si piètre vocabulaire. Des fringues... La langue anglaise n'était-elle pas assez riche pour qu'il puisse y trouver son bonheur ? C'était navrant. Elle pris une nouvelle gorgée de thé fumant, qu'elle crut recracher aussitôt fut elle avalée. Avait-il réellement dit que sa semi-nudité ne le dérangeait pas ?
« Je me doute que cela ne vous dérange pas, Wallace. Fulmina-t-elle. L'agacement était de retour. S'entretenir avec cet homme était aussi éprouvant émotionnellement qu'essayer d'expliquer à une vieille dame quelque chose qu'elle niera dans tous les cas. Merci.»
Elle admira de loin le somptueux meuble réalisé par son interlocuteur, et se fit la réflexion que cela était bien une des seules qualités visibles chez lui. Elle acquiesça lentement à la remarque de l'autre en songeant que de toute façon, elle ne le voyait absolument pas chérir quelconque espèce végétale. Cela ne collait pas avec sa personnalité.
Une nouvelle portion du liquide sucrée vint chatouiller ses papilles alors que son frère était dépeint d'une manière...dont elle aurait souhaité ne jamais témoigner. Cette fois-ci, elle s'étouffa à moitié avec son thé, toussant à répétition dans son coude en espérant qu'il se taise enfin.
« Je...hum...d'accord. Je suis...ravie que vous vous soyez amusés. La chercheuse faussa un sourire. J'aurais espéré pouvoir compter sur vous, Wallace. Vous est-il impossible de vous...divertir sans avoir consommé un quelconque alcool auparavant ? Voyez-vous, j'aimerais retrouver mon frère dans un état suffisamment correct pour qu'il puisse se rendre au travail sans se faire licencier. Vous comprendrez que tous ici ne sont pas leur propre patron, c'est navrant...»
Le silence pesant s'installa de nouveau dans la pièce.
Puis, comme en maîtresse du son, elle ramena les vibrations dans la demeure.
« Tant que vous êtes là, autant m'être utile. Elle inspira. Lors de vos... joviales sorties nocturnes, mon frère m'évoque-t-il parfois ? Que je puisse étudier le nombre de jours où il sera encore le bienvenu ici. »
En réalité, cette question existait pour tester le tact du brun, l'astronome étant persuadée que jamais Simon ne pourrait dire de mal de sa si douce sœur.
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Est-ce qu'il...lui faisait une forme de chantage ? Si en effet son propos avait une part de vérité, mettre des hommes à moitié déshabillés à la porte de sa résidence ne ferait pas si mauvais genre pour une femme telle qu'Adélaïde. Mais cela, il n'était pas nécessaire qu'il en soit informé, chacun avait ses petits secrets bien gardés, ou du moins, une grande part de la population pourvue d'un minimum de pudeur, ce qui n'était logiquement pas le cas de l'ébéniste dont elle pensait connaître mieux la vie que celle de son propre frère.
Elle jeta un coup d'œil à l'unique vêtement qui couvrait le bas de son corps et soupira une nouvelle fois. Le pantalon était bien trop distingué pour un sorcier comme Cinaed Wallace, et l'astronome éprouva une certaine déception à l'idée que l'individu qui porte cette jolie pièce soit... quelqu'un comme lui.
« Vous comptez lui rendre, n'est-ce pas ? Si vous quittez les lieux avec, je prendrai ça pour une véritable tentative de vol, auquel cas je ne me gênerai pas pour contacter... Elle fixa le bois du comptoir sans un mot. ...les autorités compétentes. Ha. » Affirma-t-elle dans un rire sans joie, le regard planté sur l'allure de son interlocuteur, prête à le gratifier d'un maléfice si celui-ci continuait à prendre à la légère l'autorité qu'elle exerçait dans cette demeure.
S'ensuit un monologue décousu durant lequel il lui fit subtilement comprendre que elle, la propriétaire de ces lieux, devait prendre exemple sur ses hôtes lorsque cela touchait à l'hospitalité. Peut-être n'était-ce absolument pas ce que l'artisan sous-entendait, mais en même temps, lui-même comprenait-il ce qu'il racontait ? Auquel cas personne ne pourrait la blâmer d'avoir interprété autrement le fond de sa parole. Et puis, c'était gonflé de sa part lorsqu'elle ne l'avait pas envoyé balader sur le palier, et lui avait proposé du thé ! Pour quelqu'un qui arpentait ses étagères comme dans la cuisine de sa mère, il était tout à fait déplacé de parler d'hospitalité lorsqu'on faisait un si lamentable invité. Adélaïde nota dans un coin que Simon aurait droit à son quart d'heure de réprimande, et dissimula un rictus en réalisant qu'elle pouvait bien le priver de nourriture et de tout autre chose si elle se souhaitait — après tout, ses appartements, ses règles, ses sanctions. Le galeriste n'avait qu'à pas ramener le loustic dans sa belle maison.
Fais comme chez toi. Dans ce cas, lorsque l'aîné Brennen aura enfin son propre logement, elle y invitera l'entièreté du staff de l'Astronarium, en leur disant de faire comme chez eux. Ce n'était pas chez elle, et alors ?
C'était tout à fait ridicule.
« Constater la façon dont vous faites comme chez vous n'était pas forcément dans mes objectifs de l'année 2050, mais soit. » Souffla t'elle en se lamentant une énième fois sur le manque de savoir-vivre de l'Ecossais.
Cinaed Wallace était une cause perdue. Il fallait l'accepter, tout ne serait que plus évident après.
Un rire plus sincère se perdit sur ses lèvres lorsque celui-ci lui demanda si elle se joignait à lui pour une tasse. Certes, la formulation n'avait rien de particulière, mais la subtilité de l'invité qui exprimait cette requête l'amusa. Le commerçant était vraiment plein de surprises.
Elle ignora tout simplement l'idée du plateau volant — bien qu'elle ne soit pas mauvaise, au contraire — mais jugeant simplement que son utilité serait moindre puisqu'elle n'en aurait plus besoin à la seconde où Sohrn repointerait le bout de son petit nez pointu.
Puis, elle pouffa, tout bonnement. C'en était trop, ce spectacle, tout cela devenait comique. Elle n'attendait plus que le clown engagé pour l'occasion sorte de derrière un fauteuil accompagné d'une fanfare, de ballons colorés et de confettis.
« Je...vais prendre cela comme un compliment. Fit-elle sans pouvoir se retenir de rire plus longtemps. 3 fois, vous dites ? Laissez-moi réfléchir... Elle marqua une pause un peu trop longue. C'est étrange, voyez-vous, j'aurais plutôt dit 4 ou 5. De façon totalement objective. » Était-ce une revanche ? Tout à fait. S'en rendrait-il compte ? C'était une autre histoire.
Cependant, elle retint qu'il la trouvait fraîche comme la rosée du matin — quoique cela puisse vouloir dire —, et ce constat lui valu un petit redressement de tête, très utile au passage pour regarder d'un peu plus haut la personne de Cinaed.
Son fin sourire mourut de nouveau sur son visage lorsqu'il rouvrit la bouche. Déjà, pour parler avec un si piètre vocabulaire. Des fringues... La langue anglaise n'était-elle pas assez riche pour qu'il puisse y trouver son bonheur ? C'était navrant. Elle pris une nouvelle gorgée de thé fumant, qu'elle crut recracher aussitôt fut elle avalée. Avait-il réellement dit que sa semi-nudité ne le dérangeait pas ?
« Je me doute que cela ne vous dérange pas, Wallace. Fulmina-t-elle. L'agacement était de retour. S'entretenir avec cet homme était aussi éprouvant émotionnellement qu'essayer d'expliquer à une vieille dame quelque chose qu'elle niera dans tous les cas. Merci.»
Elle admira de loin le somptueux meuble réalisé par son interlocuteur, et se fit la réflexion que cela était bien une des seules qualités visibles chez lui. Elle acquiesça lentement à la remarque de l'autre en songeant que de toute façon, elle ne le voyait absolument pas chérir quelconque espèce végétale. Cela ne collait pas avec sa personnalité.
Une nouvelle portion du liquide sucrée vint chatouiller ses papilles alors que son frère était dépeint d'une manière...dont elle aurait souhaité ne jamais témoigner. Cette fois-ci, elle s'étouffa à moitié avec son thé, toussant à répétition dans son coude en espérant qu'il se taise enfin.
« Je...hum...d'accord. Je suis...ravie que vous vous soyez amusés. La chercheuse faussa un sourire. J'aurais espéré pouvoir compter sur vous, Wallace. Vous est-il impossible de vous...divertir sans avoir consommé un quelconque alcool auparavant ? Voyez-vous, j'aimerais retrouver mon frère dans un état suffisamment correct pour qu'il puisse se rendre au travail sans se faire licencier. Vous comprendrez que tous ici ne sont pas leur propre patron, c'est navrant...»
Le silence pesant s'installa de nouveau dans la pièce.
Puis, comme en maîtresse du son, elle ramena les vibrations dans la demeure.
« Tant que vous êtes là, autant m'être utile. Elle inspira. Lors de vos... joviales sorties nocturnes, mon frère m'évoque-t-il parfois ? Que je puisse étudier le nombre de jours où il sera encore le bienvenu ici. »
En réalité, cette question existait pour tester le tact du brun, l'astronome étant persuadée que jamais Simon ne pourrait dire de mal de sa si douce sœur.
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Pris la main dans le sac
Vous comptez lui rendre ? demanda Adélaïde alors que Cinaed ronronnait presque de contentement en prenant une longue gorgé de son thé qui menaça de lui bruler l'intégralité des entrailles. Evidemment, il mit quelques secondes - de très longues secondes - à comprendre de quoi parlait l'autre. Lui, il était déjà parti dans son monde à lui, à réfléchir au sens de la vie quand on était ébéniste, au bois et à ce qu'il allait faire à la boutique le lendemain. Alors quand la question passa d'une oreille à l'autre, sans rien rencontrer en chemin, même pas un seul neurone, Cinaed se contenta d'observer l'autre avec de gros yeux. Et puis, soudain, l'illumination. Il baissa les yeux, observa le pantalon qu'il avait passé à la va-vite quelques minutes plus tôt et un "Aaaaah !" de compréhension lui échappa involontairement. Il hocha rapidement la tête.
Le pantalon v'voulez dire ? Ouais, bien sûr. J'vais pas lui laisser le mien, il est tout défoncé et pis je crois que si je me balade trop longtemps avec celui-ci, je vais le perdre. Simon avait quelque chose qui manquait cruellement à Cinaed : un cul qui n'était pas plat. Alors, évidemment, son pantalon baillait un peu autour des hanches de l'ébéniste et il l'aurait sûrement perdu au bout de 5 minutes de marche s'il ne s'était pas amusé à le remonter toutes les trente secondes. Il évita cependant de mentionner ça à l'autre, tout comme l'idée qu'il comptait bien se faire retirer ledit pantalon avant de repartir. Sauf si Adélaïde les surveillait comme une mère poule, parce que Cinaed n'était pas très intéressé par des parties de jambes en l'air à la mode des adolescents, à craindre que la marâtre qui gérait la maison n'ouvre la porte pour les taper avec un balais.
Pis, si j'devais voler un truc ici, je volerais pas ce pantalon, voyez-vous. Il haussa les épaules, comme si ce qu'il venait de dire coulait de source. Il ferait un bien piètre voleur s'il essayait de partir avec un pantalon plutôt qu'avec quelques bijoux ou l'intégralité du portefeuille de l'autre. Fallait être un peu logique parfois, la pauvre le manquait clairement ce matin là. Mais commença-t-il en appuyant bien sur le mot et en levant sa tasse vers l'autre J'suis pas venu ici pour voler, évidemment. Ce n'était même pas du sarcasme, rien que la pure vérité. Cinaed Wallace s'intéressait bien trop peu à l'argent pour trouver de l'intérêt à l'idée de voler quelqu'un pour ses richesses. Il avait peut-être eu sa période un peu kleptomane quand il était à Poudlard, mais c'était toujours pour piquer des trucs un peu random qu'il aimait bien. Et il finissait toujours par les rendre. Une plume par-ci, un jouet amusant par-là, ce genre de choses. Dans tous les cas, ça avait plus été un empreint qu'un vol, et de toute façon, il piquait surtout les affaires d'Ewan. Et il ne pouvait pas voler Ewan, ils étaient pratiquement de la même famille. L'adage "tout ce qui est à moi est à toi" devait bien s'appliquer, non ?
Va pour 5 fois alors, mais pas plus : je tiens à mes côtes. Il lui semblait tout à fait logique qu'au bout de la sixième fois qu'un hippogriffe le piétinerait, ses pauvres côtes finiraient par céder alors 5 fois était une bonne limite. Et d'ailleurs, en parlant de créatures magique, c'est quoi Copernic ? Parce qu'il avait répété bêtement le mot histoire d'embêter l'autre et de passer pour un petit con - ce qui était une de ses activités préférées - mais il n'avait pas la moindre idée de ce que c'était. Il avait oublié depuis bien longtemps le peu des cours d'astronomie qu'il avait eu à l'époque de Poudlard, alors il était logique qu'il confonde cet éminent scientifique avec une version améliorée d'un botruc ou d'un quelconque dragon. Copernic, ça avait bien une tête de dragon, quand il y pensait.
Quand Adélaïde sembla s'étouffer une deuxième fois dans son thé, Cinaed se redressa de son tabouret pour faire le tour de sa camarade d'infortune histoire de lui tapoter un peu dans le milieu du dos. Trop rapide pour être évité, mais pas assez fort pour faire mal. Il savait que c'était inutile de tapoter l'autre comme si c'était un bébé qui attendait de faire son rot, mais c'était un réflexe que tout le monde avait, y compris lui. Il aurait été bien incapable de lui sauver la vie si elle s'était vraiment mise à s'étouffer, mais lui donner deux ou trois tapes dans le dos, ça, il savait faire. Tout comme il savait retourner bien sagement sur son tabouret. Quelque chose lui disait que l'autre femme le voulait ici et pas ailleurs, et Cinaed avait un peu l'impression d'être face à une professeur particulièrement stricte. Il n'avait pas trop envie de tester la patience d'Adélaïde, du coup. Enfin, pas trop. Juste un tout petit peu, pour s'amuser, mais pas plus.
Les moldus disent "avec alcool, la fête est plus folle" non, c'était l'inverse, mais elle n'avait pas besoin de le savoir et techniquement il a pas beaucoup bu, juste c'est un poids plume. Mais il pourra aller travailler, vous inquiétez pas autant Il hocha cependant la tête à la fin de sa phrase. Elle avait raison, c'était totalement navrant. C'est vrai, on se porterait tous bien mieux si on était son propre patron au lieu d'être l'employé de quelqu'un. Vous le savez vous, puisque vous être directrice. C'est dommage que Simon soit enfermé comme ça, mais j'ai pas l'impression qu'il ai envie de faire un truc qui lui permette d'être son propre patron facilement. J'le vois pas montrer une entreprise du début, et pis vu qu'il vous cherchait depuis longtemps, c'est logique qu'il ai pas trop pu grimper dans des entreprises... Ou reprendre les rennes de la famille. Car c'est bien le plus vieux, non ? On en a pas beaucoup parlé alors je sais pas grand chose là dessus.
A la mention de sa potentielle utilité, Cinaed se redressa bien droit, les yeux pétillants. Un peu comme un chiot à qui on aurait parlé d'une promenade, ou promis une friandise. Si votre frère parle de vous ? Son visage se tordit d'incompréhension alors qu'il se dégonflait. Bon, peut-être qu'il n'allait pas pouvoir être utile, finalement. Mais quelle question étrange, aussi. Pendant qu'on... ? Par Merlin, non, ce serait bizarre. Il haussa les épaules et, tout naturellement, ajouta : Fin, vous savez, j'suis pas jaloux mais s'il parlait de quelqu'un d'autre, je le prendrais un peu mal. Ca se fait pas trop de dire un mauvais prénom, et pis surtout pas celui de sa sœur... Avec le cercle dans lequel il avait grandit, il avait vu plusieurs personne se marier à des cousins éloignés à eux, mais les frères et sœur, ça devait encore être tabou, non ? Pis, même s'il avait entendu beaucoup de blagues sur la consanguinité dans sa longue vie, ça ne se faisait plus trop. On était plus au Moyen-âge.
Cependant, en voyant le regard vide de l'autre, Cinaed comprit - par miracle, tout seul - qu'elle ne faisait pas référence à ça quand elle parlait de joviales sorties nocturnes. Ah ! s'exclama-t-il. Euh... Ouais, ouais il parle de vous un peu. Fin, au début il parlait pas beaucoup de tout ça, mais après il m'a parlé de sa famille et pis c'était surtout pour parler de vous et du fait qu'il vous recherchait. En c'moment, il dit juste qu'il est content, ce genre de truc. Et que vous mettez du temps dans la salle de bain, mais à mon avis c'est Saint Mangouste qui se fout de la charité : lui aussi il met trois plombes à se préparer.
Il pencha la tête sur le côté Vous comptez vraiment le foutre dehors ? Parce qu'il m'a raconté deux ou trois anecdotes un peu nulles de votre enfance ? Ce serait super méchant, vous savez. La famille, c'est sacré. Il hocha la tête, satisfait de lui-même comme il l'était rarement. Et oui, la famille, c'était sacré : il fallait qu'elle le comprenne. Il vous aime vraiment, ça me donne presque de la jalousie de pas avoir de frères et sœurs moi-même. Un peu, mais pas trop : Cinaed avait très bien vécu sa vie d'enfant unique. Un petit enfant roi qui avait été bien content que personne ne vienne lui piquer l'attention de ses parents. Sauf quand elle était indésirable. En bref, un frère ou une sœur lui aurait été utile pour que toute cette histoire de mariage tombe sur les épaules de quelqu'un d'autre, mais pas à grand chose d'autre. Il avait Ewan, il n'avait pas besoin d'un frère biologique.
Le pantalon v'voulez dire ? Ouais, bien sûr. J'vais pas lui laisser le mien, il est tout défoncé et pis je crois que si je me balade trop longtemps avec celui-ci, je vais le perdre. Simon avait quelque chose qui manquait cruellement à Cinaed : un cul qui n'était pas plat. Alors, évidemment, son pantalon baillait un peu autour des hanches de l'ébéniste et il l'aurait sûrement perdu au bout de 5 minutes de marche s'il ne s'était pas amusé à le remonter toutes les trente secondes. Il évita cependant de mentionner ça à l'autre, tout comme l'idée qu'il comptait bien se faire retirer ledit pantalon avant de repartir. Sauf si Adélaïde les surveillait comme une mère poule, parce que Cinaed n'était pas très intéressé par des parties de jambes en l'air à la mode des adolescents, à craindre que la marâtre qui gérait la maison n'ouvre la porte pour les taper avec un balais.
Pis, si j'devais voler un truc ici, je volerais pas ce pantalon, voyez-vous. Il haussa les épaules, comme si ce qu'il venait de dire coulait de source. Il ferait un bien piètre voleur s'il essayait de partir avec un pantalon plutôt qu'avec quelques bijoux ou l'intégralité du portefeuille de l'autre. Fallait être un peu logique parfois, la pauvre le manquait clairement ce matin là. Mais commença-t-il en appuyant bien sur le mot et en levant sa tasse vers l'autre J'suis pas venu ici pour voler, évidemment. Ce n'était même pas du sarcasme, rien que la pure vérité. Cinaed Wallace s'intéressait bien trop peu à l'argent pour trouver de l'intérêt à l'idée de voler quelqu'un pour ses richesses. Il avait peut-être eu sa période un peu kleptomane quand il était à Poudlard, mais c'était toujours pour piquer des trucs un peu random qu'il aimait bien. Et il finissait toujours par les rendre. Une plume par-ci, un jouet amusant par-là, ce genre de choses. Dans tous les cas, ça avait plus été un empreint qu'un vol, et de toute façon, il piquait surtout les affaires d'Ewan. Et il ne pouvait pas voler Ewan, ils étaient pratiquement de la même famille. L'adage "tout ce qui est à moi est à toi" devait bien s'appliquer, non ?
Va pour 5 fois alors, mais pas plus : je tiens à mes côtes. Il lui semblait tout à fait logique qu'au bout de la sixième fois qu'un hippogriffe le piétinerait, ses pauvres côtes finiraient par céder alors 5 fois était une bonne limite. Et d'ailleurs, en parlant de créatures magique, c'est quoi Copernic ? Parce qu'il avait répété bêtement le mot histoire d'embêter l'autre et de passer pour un petit con - ce qui était une de ses activités préférées - mais il n'avait pas la moindre idée de ce que c'était. Il avait oublié depuis bien longtemps le peu des cours d'astronomie qu'il avait eu à l'époque de Poudlard, alors il était logique qu'il confonde cet éminent scientifique avec une version améliorée d'un botruc ou d'un quelconque dragon. Copernic, ça avait bien une tête de dragon, quand il y pensait.
Quand Adélaïde sembla s'étouffer une deuxième fois dans son thé, Cinaed se redressa de son tabouret pour faire le tour de sa camarade d'infortune histoire de lui tapoter un peu dans le milieu du dos. Trop rapide pour être évité, mais pas assez fort pour faire mal. Il savait que c'était inutile de tapoter l'autre comme si c'était un bébé qui attendait de faire son rot, mais c'était un réflexe que tout le monde avait, y compris lui. Il aurait été bien incapable de lui sauver la vie si elle s'était vraiment mise à s'étouffer, mais lui donner deux ou trois tapes dans le dos, ça, il savait faire. Tout comme il savait retourner bien sagement sur son tabouret. Quelque chose lui disait que l'autre femme le voulait ici et pas ailleurs, et Cinaed avait un peu l'impression d'être face à une professeur particulièrement stricte. Il n'avait pas trop envie de tester la patience d'Adélaïde, du coup. Enfin, pas trop. Juste un tout petit peu, pour s'amuser, mais pas plus.
Les moldus disent "avec alcool, la fête est plus folle" non, c'était l'inverse, mais elle n'avait pas besoin de le savoir et techniquement il a pas beaucoup bu, juste c'est un poids plume. Mais il pourra aller travailler, vous inquiétez pas autant Il hocha cependant la tête à la fin de sa phrase. Elle avait raison, c'était totalement navrant. C'est vrai, on se porterait tous bien mieux si on était son propre patron au lieu d'être l'employé de quelqu'un. Vous le savez vous, puisque vous être directrice. C'est dommage que Simon soit enfermé comme ça, mais j'ai pas l'impression qu'il ai envie de faire un truc qui lui permette d'être son propre patron facilement. J'le vois pas montrer une entreprise du début, et pis vu qu'il vous cherchait depuis longtemps, c'est logique qu'il ai pas trop pu grimper dans des entreprises... Ou reprendre les rennes de la famille. Car c'est bien le plus vieux, non ? On en a pas beaucoup parlé alors je sais pas grand chose là dessus.
A la mention de sa potentielle utilité, Cinaed se redressa bien droit, les yeux pétillants. Un peu comme un chiot à qui on aurait parlé d'une promenade, ou promis une friandise. Si votre frère parle de vous ? Son visage se tordit d'incompréhension alors qu'il se dégonflait. Bon, peut-être qu'il n'allait pas pouvoir être utile, finalement. Mais quelle question étrange, aussi. Pendant qu'on... ? Par Merlin, non, ce serait bizarre. Il haussa les épaules et, tout naturellement, ajouta : Fin, vous savez, j'suis pas jaloux mais s'il parlait de quelqu'un d'autre, je le prendrais un peu mal. Ca se fait pas trop de dire un mauvais prénom, et pis surtout pas celui de sa sœur... Avec le cercle dans lequel il avait grandit, il avait vu plusieurs personne se marier à des cousins éloignés à eux, mais les frères et sœur, ça devait encore être tabou, non ? Pis, même s'il avait entendu beaucoup de blagues sur la consanguinité dans sa longue vie, ça ne se faisait plus trop. On était plus au Moyen-âge.
Cependant, en voyant le regard vide de l'autre, Cinaed comprit - par miracle, tout seul - qu'elle ne faisait pas référence à ça quand elle parlait de joviales sorties nocturnes. Ah ! s'exclama-t-il. Euh... Ouais, ouais il parle de vous un peu. Fin, au début il parlait pas beaucoup de tout ça, mais après il m'a parlé de sa famille et pis c'était surtout pour parler de vous et du fait qu'il vous recherchait. En c'moment, il dit juste qu'il est content, ce genre de truc. Et que vous mettez du temps dans la salle de bain, mais à mon avis c'est Saint Mangouste qui se fout de la charité : lui aussi il met trois plombes à se préparer.
Il pencha la tête sur le côté Vous comptez vraiment le foutre dehors ? Parce qu'il m'a raconté deux ou trois anecdotes un peu nulles de votre enfance ? Ce serait super méchant, vous savez. La famille, c'est sacré. Il hocha la tête, satisfait de lui-même comme il l'était rarement. Et oui, la famille, c'était sacré : il fallait qu'elle le comprenne. Il vous aime vraiment, ça me donne presque de la jalousie de pas avoir de frères et sœurs moi-même. Un peu, mais pas trop : Cinaed avait très bien vécu sa vie d'enfant unique. Un petit enfant roi qui avait été bien content que personne ne vienne lui piquer l'attention de ses parents. Sauf quand elle était indésirable. En bref, un frère ou une sœur lui aurait été utile pour que toute cette histoire de mariage tombe sur les épaules de quelqu'un d'autre, mais pas à grand chose d'autre. Il avait Ewan, il n'avait pas besoin d'un frère biologique.
1449.
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves - Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon