Cœurs entrelacés
@Aliosus Nerrah
Fin décembre 2048
Fin décembre 2048
Le tic tac de l'horloge se mêlait au crépitement du feu de cheminée. Papa Cooper, était là, pensif, accroupi auprès de l'âtre qui avait déjà brûlé une bonne partie de l'après-midi. Dehors, le froid faisait rage, et chauffer la maison par ce rude temps d'hiver devenait, quelques jours par an, une dure épreuve. Il ôta son pull-over aux motifs colorés, découvrant une chemise impeccablement bien repassée aux tons neutres, et le jeta sur le gros canapé dans lequel il s'installait généralement pour lire un livre. Un feulement lui parvint, et une grosse tête poilue et grise émergea du vêtement. Le chat, se redressa, méprisant le sorcier, et fit le dos rond, avant de s'éclipser dans les escaliers. Aaron II Cooper avait été ravi de voir que l'animal de compagnie de sa fille était une petite créature à écailles. Il ne pouvait en dire autant de son fils, qui avait choisi le félin le plus affreux de la ménagerie magique. Il soupira.
Dans l'encadrement de la porte qui menait à la cuisine, Maman Cooper observa son mari, un sourcil levé. Toujours vêtue de son tablier de cuisine, une cuillère à la main, la sorcière se demandait si il valait mieux remettre la dite cuillère dans la marmite, ou simplement la taper sur le sommet du crâne de son mari. Elle finit par choisir la première option, et fit disparaître le pull d'un coup de baguette. Il fallait que tout soit parfait.
- C'est bon, tout est prêt ? cria Yesenia, en dévalant quatre à quatre les marches de l'escalier dans le brouhaha habituel : L'escalier grinçait, surtout la troisième marche en partant du haut.
Elle passa rapidement devant le miroir dans l'entrée, ajusta le ruban qui retenait ses cheveux en une longue tresse, et tenta tant bien que mal de lisser sa frange, avant de rejoindre ses parents dans le salon, l'endroit qui allait accueillir pour la toute première fois son petit-ami accompagné de ses parents.
- Est-ce que Seth va finir par descendre de sa tour d'ivoire ? demanda Carlyn à sa fille comme réponse à sa question.
Yesenia fronça les sourcils, prête à bondir. Non, ce n'était pas vraiment le moment d'aborder cette problématique là.
- Il peut bien rester aussi longtemps qu'il veut cloitré dans sa chambre, ça me fera des vacances. Et je n'ai aucune envie qu'il gâche ce moment, lui et son chat débile.
Aaron exprima un petit rire, qui se perdit très rapidement sous le regard réprobateur de sa femme. Yesenia n'y prêta pas attention, et continua à faire son inspection sur l'intérieur de sa maison. Elle y jeta un oeil neuf, comme si c'était la première fois qu'elle y entrait.
Dans le salon, deux canapés moelleux trois places faisaient face à la cheminée, et un fauteuil aux larges accotoirs en cuir marron était un peu plus en retrait. Les murs portaient les traces du temps, ainsi que quelques portraits de la famille Cooper. La grande fenêtre givrée offrait tout de même suffisamment de lumière aux nombreuses plantes d'intérieur que la famille possédait. De nombreux bibelots occupaient le buffet, et la bibliothèque était pleine à craquer. « C'est un joyeux bordel. » conclut Yesenia en jetant une dernière fois un coup d'oeil au salon, avant de se tourner vers sa mère.
Celle-ci était soucieuse. Elle glissa l'une des mèches de cheveux derrière l'oreille de sa fille. Yesenia pouvait voir le pli de son front, celui qui présageait un sermon ou quelque chose du genre. L'adolescente se retira, un peu gênée, presque sur le qui-vive.
- Ce n'est pas si sérieux que ça, si ? dit-elle doucement.
Yesenia fronça les sourcils. Elle allait répliquer. Parce qu'elle, elle était sûre de son choix. Pour elle, c'était le bon, et il n'y avait rien à redire. Et toute façon, sa mère, elle n'y connaissait rien à l'amour, et elle ne comprenait rien. Et puis, elle ne l'avait même pas encore rencontré qu'elle émettait déjà des jugements, sur lui, sur sa famille. Elle ne le connaissait pas, et elle se trompait.
- Je pense que nos invités sont là, dit Aaron, alors qu'il regardait le tic tac sur sa montre qui annonçait une heure bien précise, un demi-sourire sur le visage, stoppant net toute conversation entre Yesenia et sa mère.
Cœurs entrelacés
Si on avait dit à Aliosus qu'un jour, les sensations physiques contre nature provoquées par le transplannage lui paraitraient de douces caresses, il se serait soit dit qu'on se payait ouvertement sa tête, soit qu'il était devenu un maître dans l'art de maitriser le sortilège de transport. Ce n'était en réalité ni l'une ni l'autre des solutions, non, le tranplannage conservait en réalité toute l'atrocité de ses effets, mais lorsque le jeune homme devait les comparer à l'angoisse qui lui tordait vicieusement les entrailles à l'idée de la soirée qui s'annonçait, alors la relativité jouait son rôle. Heureusement, ils avaient transplannés non pas sur le palier de leurs hôtes, mais à quelques minutes de marche, afin de permettre de s'imprégner des lieux et de laisser le temps de reprendre un souffle bienvenu. Ils étaient passés devant l'église romane faite de brique rouge, aussi charmante que trapue, qui lui rappela, avec son petit cimetière ancien que la jouxtait, l'église historique de Godric's Hollow. Puis ils avaient longé la froide et large Trent dont la proximité les avait livré à la bise mordante qui galopait impitoyablement au dessus des cours d'eau en cette saison.
Ses parents n'avaient pas énormément discuté de la situation avec lui, mais s'étaient tout simplement entendu avec ceux de Yesenia pour provoquer une rencontre à présent que cela faisait presque un an jour pour jour que leur progéniture respective étaient en couple. Il n'était pas dupe, il ne s'agissait pas pour Willow et Magnus de voir et de rencontrer sa petite amie, d'autant qu'elle leur avait fait une impression tout à fait correcte lors d'un face à face inopiné deux années auparavant. De plus, ils avaient confiance en leur fils, cela, Aliosus ne le savait pas exactement ou du moins il ne connaissait ni les détails, ni les contours ni encore moins les limites a cette confiance. Ce qu'il savait, à coup sur, c'est que s'il y avait eu la moindre hésitation de ses parents concernant sa relation, il y aurait eu une discussion des plus désagréable, et ça n'était pas arrivé. Les Cooper chez qui ils arrivaient avaient probablement vu leurs lignées être épluchées minutieusement par des généalogistes agréés, voir par Magnus lui-même, et s'ils se trouvaient tous les trois devant cette porte ce soir, c'était que rien de scandaleux ou de compromettant n'avait été trouvé ou bien, dans le cas contraire, qu'il avait été possible d'en faire disparaître la trace a tout jamais, à l'insu même des intéressés. Il ne doutait pas, en revanche, que son père ait du faire taire les persiflages empoisonné de sa mère à propos de leur nationalité, les Dieux savaient ce qu'il avait bien pu promettre, concéder ou menacer afin que ce détail ne rentre pas en ligne de compte.
En sommes, si cette rencontre avait lieu, c'était pour parler de l'avenir.
C'était un horizon bien lointain pour le jeune homme qui venait à peine de passer ses Buses, pour lui, l'avenir tenait aux examens de l'année suivante, ces terribles Aspic, et à son intégration dans une prestigieuse école supérieure. C'était déjà à ce niveau que les certitudes d'Aliosus vacillaient, alors envisager des choses aussi lointaine et définitive qu'un... qu'une union...
Son coeur battait donc à un rythme singulier, sa chemise lui démangeait l'épiderme de sa nuque impeccablement rasée, ce qui n'arrivait jamais, ses brogues sombres et vernies lui semblaient trop étroites, il avait chaud comme un mois de juillet et il avait froid comme s'il sortait du lac noir, et Merlin merci, la porte s'ouvrit enfin, les hostilités allaient commencer. Ceci n'était pas un exercice, ce n'était pas un quelconque événement mondain où il n'avait même pas besoin de jouer sa partition tant elle faisait partie de lui, c'était bien plus intime, concret, avec des enjeux qui le dépassaient totalement.
Les premiers bienvenus s'échangèrent très vite, ce n'était que l'échauffement, il n'était pas question de trop vite entamer les hostilités. Il pénétra enfin dans la demeure Cooper. Il prit une inspiration. Cela sentait le cosy. Les demeures vastes des quartiers gouvernementaux de Godric's Hollow étaient le plus souvent trop grandes et si rarement peuplées à la hauteur de leur capacité. Cette maison là vivait, et cela se sentait. La cheminé, la cuisine, ses habitants, ses fleurs, ses meubles, l'ensemble se mélangeait pour l'accueillir et l'envelopper. Il sourit presque à son insu lorsqu'il reconnu un peu l'odeur de Yesenia, celle qu'elle avait lorsqu'elle rentrait de vacances, et qu'il sentait lorsqu'il plongeait son visage dans les innombrables lieux propices aux baisers.
Elle, était là, avec sa tresse retenue par un beau ruban. Elle souriait d'enfin croiser son regard et il lui rendit avec bonheur. Aucun d'eux ne savait vraiment comment la soirée se passerait, chacun craignait sans doute qu'on leur ampute leur liberté et les enchaîne à des obligations, mais ils étaient ensembles, alors tout irait bien.
Ses parents n'avaient pas énormément discuté de la situation avec lui, mais s'étaient tout simplement entendu avec ceux de Yesenia pour provoquer une rencontre à présent que cela faisait presque un an jour pour jour que leur progéniture respective étaient en couple. Il n'était pas dupe, il ne s'agissait pas pour Willow et Magnus de voir et de rencontrer sa petite amie, d'autant qu'elle leur avait fait une impression tout à fait correcte lors d'un face à face inopiné deux années auparavant. De plus, ils avaient confiance en leur fils, cela, Aliosus ne le savait pas exactement ou du moins il ne connaissait ni les détails, ni les contours ni encore moins les limites a cette confiance. Ce qu'il savait, à coup sur, c'est que s'il y avait eu la moindre hésitation de ses parents concernant sa relation, il y aurait eu une discussion des plus désagréable, et ça n'était pas arrivé. Les Cooper chez qui ils arrivaient avaient probablement vu leurs lignées être épluchées minutieusement par des généalogistes agréés, voir par Magnus lui-même, et s'ils se trouvaient tous les trois devant cette porte ce soir, c'était que rien de scandaleux ou de compromettant n'avait été trouvé ou bien, dans le cas contraire, qu'il avait été possible d'en faire disparaître la trace a tout jamais, à l'insu même des intéressés. Il ne doutait pas, en revanche, que son père ait du faire taire les persiflages empoisonné de sa mère à propos de leur nationalité, les Dieux savaient ce qu'il avait bien pu promettre, concéder ou menacer afin que ce détail ne rentre pas en ligne de compte.
En sommes, si cette rencontre avait lieu, c'était pour parler de l'avenir.
C'était un horizon bien lointain pour le jeune homme qui venait à peine de passer ses Buses, pour lui, l'avenir tenait aux examens de l'année suivante, ces terribles Aspic, et à son intégration dans une prestigieuse école supérieure. C'était déjà à ce niveau que les certitudes d'Aliosus vacillaient, alors envisager des choses aussi lointaine et définitive qu'un... qu'une union...
Son coeur battait donc à un rythme singulier, sa chemise lui démangeait l'épiderme de sa nuque impeccablement rasée, ce qui n'arrivait jamais, ses brogues sombres et vernies lui semblaient trop étroites, il avait chaud comme un mois de juillet et il avait froid comme s'il sortait du lac noir, et Merlin merci, la porte s'ouvrit enfin, les hostilités allaient commencer. Ceci n'était pas un exercice, ce n'était pas un quelconque événement mondain où il n'avait même pas besoin de jouer sa partition tant elle faisait partie de lui, c'était bien plus intime, concret, avec des enjeux qui le dépassaient totalement.
Les premiers bienvenus s'échangèrent très vite, ce n'était que l'échauffement, il n'était pas question de trop vite entamer les hostilités. Il pénétra enfin dans la demeure Cooper. Il prit une inspiration. Cela sentait le cosy. Les demeures vastes des quartiers gouvernementaux de Godric's Hollow étaient le plus souvent trop grandes et si rarement peuplées à la hauteur de leur capacité. Cette maison là vivait, et cela se sentait. La cheminé, la cuisine, ses habitants, ses fleurs, ses meubles, l'ensemble se mélangeait pour l'accueillir et l'envelopper. Il sourit presque à son insu lorsqu'il reconnu un peu l'odeur de Yesenia, celle qu'elle avait lorsqu'elle rentrait de vacances, et qu'il sentait lorsqu'il plongeait son visage dans les innombrables lieux propices aux baisers.
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