Un Croc-en-manche hors du terrain
Octobre 2049
Le Quidditch ! Il n’y avait que ça de vrai ! Erwan rêvait de venir au Japon depuis qu’il avait vu la sélection nationale jouer lors de la coupe du monde 2048. Bien sûr il admirait déjà leur jeu avant ça, mais le voir de ses yeux avait éveillé une curiosité touristique pour le pays qui avait formé de telles joueuses et joueurs. Ainsi, quand son voyage en Inde avait prématurément pris fin, Erwan ne s’était pas posé la question longtemps sur la destination qui suivait. Il réalisa cependant rapidement qu’il ne pourrait pas rester indéfiniment… Passer de l’Inde au Japon faisait mal au portefeuille ! Qui plus est après avoir été hébergé à titre gratuit pendant plus de trois semaines dans les montagnes himalayennes. Cela lui avait coûté émotionnellement à défaut d’avoir allégé son solde de gallions. Une brève et tumultueuse passion avec une belle et séduisante Indienne du nom d’Anjali… Bref, tout ça était derrière lui, plus jamais il ne la verrait et ça lui avait servi de leçon. Ne pas trop s’impliquer dans ses relations de voyage, ou dans ses relations tout court même ; plus cela durait et montait dans la passion, plus la séparation pouvait s’avérer délicate à entreprendre.
L’heure n’était pas, pour le moment, aux réalisations sur ce qu’Erwan souhaitait dans sa vie sentimentale ou dans son lit. Il était venu ici pour le meilleur sport sur balai et, après de multiples recherches et hiboux échangés, il avait été rencardé sur un petit tournoi qui verrait s’affronter quelques équipes d’ailleurs, mais surtout d’ici. Il cherchait à la base à voir un entraînement d’une équipe majeure ou de la sélection nationale, mais sans parler la langue ni connaître de sorciers locaux, Erwan était déjà satisfait d’avoir réussi à trouver ce tournoi. Il avait dû se rendre dans la campagne de Tateyama à l’ouest de Tokyo. Après plusieurs heures de bus, seul au milieu d’un paysage montagneux, il avait dû user de beaucoup d’observation et de concentration pour rejoindre l’endroit qui lui avait été vaguement indiqué. Mais son périple prenait fin ; il avait senti cette barrière magique, probablement repousse-moldus, et apercevait déjà un terrain enclavé dans des massifs de pierre. L’endroit était magnifique ! À ce qu’il aurait aimé avoir son balai autant pour jouer une partie que pour explorer les alentours… Un match se jouait déjà entre une équipe bleue et blanche et une autre qui portait un dégradé de orange et rouge. Erwan se rapprocha des sommaires tribunes pour y voir un peu mieux et peut-être se faire une idée du score. Il y avait un peu de monde mais ce n’était pas une immense foule. Erwan trouva rapidement une place sur un banc où peu s’étaient déjà installés. Un sourire s’afficha sur son visage, son voyage au Japon commençait réellement maintenant ! Il cria à l’attention des joueurs, autant pour exprimer sa joie d’être là que pour encourager les deux équipes à lui offrir un spectacle dont il se souviendrait longtemps.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Un Croc-en-manche hors du terrain
Longtemps rêvé, longtemps fantasmé, enfin visité. Le Japon. J'avais longtemps - des années - voulu me rendre dans le pays du Soleil Levant où la modernité moldue se mêlait aux anciennes traditions nippones. Mon périple avait commencé à Tokyo mais loin de me suffire, j'avais quitté la capitale pour rejoindre Osaka, puis Kagoshima tout au sud. Je voulais tout voir, tout explorer. Les jours défilaient à toute vitesse, trop vite, alors que mes pieds me faisaient mal chaque soir à force d'avoir trop marché. J'avais peur de tout oublier à mon retour, alors je prenais en photo les sanctuaires, les torii, les kimonos, tous ces détails qui faisaient du Japon l'archipel qu'il était. Un clic et l'image se retrouvait figée à jamais sur ma pellicule. J'en avais déjà rempli trois, toutes conservées précieusement dans mes affaires, à l'abri de la lumière.
Mon voyage se faisait tour à tour expédition photographique, retraite spirituelle puis exploration culinaire. Dans chaque ville où je posais les pieds, il me fallait goûter à chacune des spécialités locales. Yakitoris, fugu, mais aussi du sucré avec les daifuku et dorayaki. Mon palais fourmillait de milles et une saveurs inédites. La cuisine d'ici me donnait envie de rester pour toujours. Malheureusement, les gallions ne coulaient pas à flot, et tôt ou tard, je devrais retourner en Angleterre. Mais mon heure n'était pas encore venue ! Pour l'instant, je partais par portoloin voir l'équipe japonaise de Quidditch s'entrainer. Lors de la coupe du monde 2048, les joueurs avaient prouvé qu'ils n'étaient là pour s'amuser avant d'être malheureusement éliminés en quart de finale face à l'Angola. Si je n'étais pas particulièrement fan de cette équipe, je ne pouvais pas passer à côté de l'opportunité de voir un match haut en couleurs loin de la ligue britannique. Malheureusement, les places étaient bien trop chères pour ma bourse, et j'avais du me rabattre sur un tournoi moins important dans la campagne de Tateyama à l’ouest de Tokyo, ma joie très peu entachée par ce détail financier.
J'avais attachée mes cheveux en une queue de cheval rebondie. Ici aussi, leur couleur rose attirait les regards mais j'étais jeune et étrangère : on me pardonnait mes excentricités. Sans connaître les équipes, je n'avais pas revêtu la panoplie de la parfaite fan, comme j'aurais pu le faire avec les Harpies de Holyhead. Avec mes cheveux, je détonnais un peu parmi la foule mais personne ne prêtait vraiment attention à moi. Tous les regards étaient en l'air, focalisés sur les balais. J'en profitais pour me trouver une place sur un banc, à côté d'un jeune homme aux traits occidentaux. Lui non plus n'avait pas l'air d'être d'ici. Lorsqu'il cria pour encourager son équipe, je ne pus m'empêcher de sourire. La ferveur typiquement quidditchienne n'avait pas de frontière.
Le jeu se poursuivit et avec mes multiplettes, j'observais le batteur de l'équipe rouge et orange envoyer un cognard puissant en direction du poursuiveur de l'équipe bleue. Le coup était calculé, et parfaitement exécuté.
Ouais ! criais-je en me relevant du banc. Puis j'ajoutais, marmonnant à moitié dans ma barbe : C'était un joli coup !
Le tout en anglais, si bien que je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un me réponde. Mais ce n'était pas grave. Parfois, j'avais juste besoin de parler pour ne pas devenir folle. Voyager toute seule avec ses défauts, notamment la solitude. Même si j'étais de nature très sociable, il était parfois difficile de nouer des contacts au bout du monde, surtout lorsque l'on ne restait que trois mois dans le pays comme moi. Je dormais en auberge de jeunesse alors j'avais bien rencontré quelques sorciers et sorcières mais nos routes finissaient toujours par se séparer. Ce n'était que des contacts éphémères, tous les soirs différents, mais pourtant si semblables dans leur approche. Or si je ne prononçais pas un seul mot de la journée, je deviendrais folle. Je ne faisais donc même plus attention maintenant, et parlais toute seule. De toute façon, tout le monde s'en fichait.
Mon voyage se faisait tour à tour expédition photographique, retraite spirituelle puis exploration culinaire. Dans chaque ville où je posais les pieds, il me fallait goûter à chacune des spécialités locales. Yakitoris, fugu, mais aussi du sucré avec les daifuku et dorayaki. Mon palais fourmillait de milles et une saveurs inédites. La cuisine d'ici me donnait envie de rester pour toujours. Malheureusement, les gallions ne coulaient pas à flot, et tôt ou tard, je devrais retourner en Angleterre. Mais mon heure n'était pas encore venue ! Pour l'instant, je partais par portoloin voir l'équipe japonaise de Quidditch s'entrainer. Lors de la coupe du monde 2048, les joueurs avaient prouvé qu'ils n'étaient là pour s'amuser avant d'être malheureusement éliminés en quart de finale face à l'Angola. Si je n'étais pas particulièrement fan de cette équipe, je ne pouvais pas passer à côté de l'opportunité de voir un match haut en couleurs loin de la ligue britannique. Malheureusement, les places étaient bien trop chères pour ma bourse, et j'avais du me rabattre sur un tournoi moins important dans la campagne de Tateyama à l’ouest de Tokyo, ma joie très peu entachée par ce détail financier.
J'avais attachée mes cheveux en une queue de cheval rebondie. Ici aussi, leur couleur rose attirait les regards mais j'étais jeune et étrangère : on me pardonnait mes excentricités. Sans connaître les équipes, je n'avais pas revêtu la panoplie de la parfaite fan, comme j'aurais pu le faire avec les Harpies de Holyhead. Avec mes cheveux, je détonnais un peu parmi la foule mais personne ne prêtait vraiment attention à moi. Tous les regards étaient en l'air, focalisés sur les balais. J'en profitais pour me trouver une place sur un banc, à côté d'un jeune homme aux traits occidentaux. Lui non plus n'avait pas l'air d'être d'ici. Lorsqu'il cria pour encourager son équipe, je ne pus m'empêcher de sourire. La ferveur typiquement quidditchienne n'avait pas de frontière.
Le jeu se poursuivit et avec mes multiplettes, j'observais le batteur de l'équipe rouge et orange envoyer un cognard puissant en direction du poursuiveur de l'équipe bleue. Le coup était calculé, et parfaitement exécuté.
Ouais ! criais-je en me relevant du banc. Puis j'ajoutais, marmonnant à moitié dans ma barbe : C'était un joli coup !
Le tout en anglais, si bien que je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un me réponde. Mais ce n'était pas grave. Parfois, j'avais juste besoin de parler pour ne pas devenir folle. Voyager toute seule avec ses défauts, notamment la solitude. Même si j'étais de nature très sociable, il était parfois difficile de nouer des contacts au bout du monde, surtout lorsque l'on ne restait que trois mois dans le pays comme moi. Je dormais en auberge de jeunesse alors j'avais bien rencontré quelques sorciers et sorcières mais nos routes finissaient toujours par se séparer. Ce n'était que des contacts éphémères, tous les soirs différents, mais pourtant si semblables dans leur approche. Or si je ne prononçais pas un seul mot de la journée, je deviendrais folle. Je ne faisais donc même plus attention maintenant, et parlais toute seule. De toute façon, tout le monde s'en fichait.
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Un Croc-en-manche hors du terrain
Qui étaient ces deux équipes, Erwan n’en savait rien. Mais le coup de batte que venait d’asséner le batteur de l’équipe orangée était digne du haut niveau. Il avait vu de très beaux coups à Poudlard, mais il avait appris avec le temps à distinguer ceux qui étaient des coups de chance de ceux qui ne l’étaient pas ; celui qui venait de toucher le poursuiveur n’en était pas un. Mais ce qui impressionna le plus Erwan, c’est la vivacité avec laquelle l’équipe du batteur avait suivi son intervention. Cela arrivait trop souvent dans les équipes qui jouaient autour de fortes individualités que l’équipe peine à se mettre au niveau des meilleurs, rendant le jeu déséquilibré. Ici, l’équipe entière avait immédiatement agi de concert pour mettre à profit la réussite de leur batteur. Il était hypnotisé par ce beau spectacle, mais son attention fut quand même tirée hors du match lorsque des mots anglais parvinrent à ses oreilles… Après quelques jours à n’entendre quasiment que du japonais, ces quelques mots suffirent à lui faire tourner la tête d’une façon bien peu discrète. «Bien dit ! J’aurais même dit un super coup ! Ils sont vraiment forts. T’es pas d’ici non plus non ? J’ai pas entendu un aussi bon anglais depuis un moment…». Un long moment même !
Entre l’Égypte, le Soudan, la République centrafricaine, l’Inde et le Japon, Erwan avait bien du mal à se faire aux différents accents… Il était correctement habitué à l’accent français avec toute sa famille qui parlait un anglais sans lettre h et sans intonation, mais il avait assez de pratique avec cet accent-là pour s’y faire. L’inconvénient du voyage nomade est que l’on a peu de temps pour s’acclimater à des détails comme l’accent local. Bien sûr, l’ancien Poufsouffle arrivait toujours à comprendre et à se faire comprendre, mais ce n’était pas toujours évident. Alors quand cette jeune femme prononça ces simples mots, l’oreille d’Erwan jubila. Elle était très certainement britannique, et le jeune homme était presque prêt à parier sur le sud de l’Angleterre. Lui qui se disait il y a encore si peu de temps qu’il fallait qu’il mette sa propension à séduire de côté pour profiter du quidditch japonais, les choses prenaient une tournure ironique. Quelles étaient les chances ? Au beau milieu de la campagne japonaise, dans un tournoi de quidditch de petite taille, dans des tribunes qui n’étaient pas complètement remplies, qu’il se retrouve aux côtés d’une si jolie femme ?
Elle semblait plus âgée que lui. Si elle était britannique, elle avait dû passer par Poudlard et Erwan avait beau chercher, son visage ne lui disait rien. Sa couleur de cheveux non plus, mais c’était peut-être une teinture ultérieure aux études… S’ils ne s’étaient jamais croisés là-bas, cela voulait dire qu’elle avait au moins sept ans de plus que lui. Ce n’était pas comme si Erwan allait s’en formaliser, lui-même faisait un peu plus vieux que son âge grâce à sa taille et sa barbe, mais il aimait deviner ce genre de détails. «Je m’appelle Erwan, j’viens de Bristol.». Il lui tendit la main pour qu’elle lui donne la sienne et qu’elle se présente à son tour. Un premier geste pour immiscer un contact physique et savoir assez vite à quel point cette charmante jeune femme était ouverte à la discussion. Erwan était rôdé et il adorait ces moments de rencontres qu’il arrivait généralement à lire et décrypter assez facilement. Il avait en plus découvert ces dernières semaines que les gens d’un même pays qui se rencontrent à l’étranger étaient bien plus prompts à se laisser aller au jeu de la séduction… Comme si la distance qui séparait de chez soi faisait tomber une barrière défensive que l’on maintenait à la maison. Erwan, lui, n’avait plus de barrière depuis des années et se laissait volontiers attaquer par qui voulait…
Entre l’Égypte, le Soudan, la République centrafricaine, l’Inde et le Japon, Erwan avait bien du mal à se faire aux différents accents… Il était correctement habitué à l’accent français avec toute sa famille qui parlait un anglais sans lettre h et sans intonation, mais il avait assez de pratique avec cet accent-là pour s’y faire. L’inconvénient du voyage nomade est que l’on a peu de temps pour s’acclimater à des détails comme l’accent local. Bien sûr, l’ancien Poufsouffle arrivait toujours à comprendre et à se faire comprendre, mais ce n’était pas toujours évident. Alors quand cette jeune femme prononça ces simples mots, l’oreille d’Erwan jubila. Elle était très certainement britannique, et le jeune homme était presque prêt à parier sur le sud de l’Angleterre. Lui qui se disait il y a encore si peu de temps qu’il fallait qu’il mette sa propension à séduire de côté pour profiter du quidditch japonais, les choses prenaient une tournure ironique. Quelles étaient les chances ? Au beau milieu de la campagne japonaise, dans un tournoi de quidditch de petite taille, dans des tribunes qui n’étaient pas complètement remplies, qu’il se retrouve aux côtés d’une si jolie femme ?
Elle semblait plus âgée que lui. Si elle était britannique, elle avait dû passer par Poudlard et Erwan avait beau chercher, son visage ne lui disait rien. Sa couleur de cheveux non plus, mais c’était peut-être une teinture ultérieure aux études… S’ils ne s’étaient jamais croisés là-bas, cela voulait dire qu’elle avait au moins sept ans de plus que lui. Ce n’était pas comme si Erwan allait s’en formaliser, lui-même faisait un peu plus vieux que son âge grâce à sa taille et sa barbe, mais il aimait deviner ce genre de détails. «Je m’appelle Erwan, j’viens de Bristol.». Il lui tendit la main pour qu’elle lui donne la sienne et qu’elle se présente à son tour. Un premier geste pour immiscer un contact physique et savoir assez vite à quel point cette charmante jeune femme était ouverte à la discussion. Erwan était rôdé et il adorait ces moments de rencontres qu’il arrivait généralement à lire et décrypter assez facilement. Il avait en plus découvert ces dernières semaines que les gens d’un même pays qui se rencontrent à l’étranger étaient bien plus prompts à se laisser aller au jeu de la séduction… Comme si la distance qui séparait de chez soi faisait tomber une barrière défensive que l’on maintenait à la maison. Erwan, lui, n’avait plus de barrière depuis des années et se laissait volontiers attaquer par qui voulait…
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Un Croc-en-manche hors du terrain
Observer tous les joueurs de l'équipe orange jouer de concert avec le batteur suite à son coup était à la fois très intéressant en terme de stratégie, et absolument envoutant. Il y avait une certaine grâce à voir voler les joueurs dans ce ballet aérien millimétré. Voler me manquait. A Poudlard, j'enchainais les courses et j'avais continué pendant mes études mais par la suite, l'instabilité de ma vie couplée à mon manque d'argent, m'avait forcé à arrêter. Sentir le vent fouetter mon visage, l'adrénaline courir dans mes veines, la poitrine qui se comprime face aux obstacles. Un incomparable sentiment de liberté m'étreint à chaque fois que je vole. Face à ce match de quidditch, à l'autre bout de monde, je me demandais pourquoi j'avais tout arrêté. Les méandres de mon esprit m'étaient parfois étrangers.
Je baissais mes multiplettes lorsqu'une voix m'aborda. Une voix anglaise. Un homme. Surprise, je me retournais vivement. Face à moi, le jeune homme que j'avais remarqué à mon arrivée. Entendre de l'anglais sonnait presque comme une trahison au milieu des kanjis et sonorités japonaises. Comme un bout de maison à des kilomètres de là. Rien qu'avec ce fait-là, j'étais déjà charmée. Il était plutôt mignon avec sa barbe et sa grande taille. Il me dominait d'une bonne tête. Mais ce que je remarquais vraiment, c'était son sourire. Honnête. Franc. Il me plut tout de suite. Un sourire si éclatant, c'était rare.
Ah on est d'accord ! J'aimerais bien connaître son nom ! Je pense qu'il a de l'avenir clairement ! Je renchéris à la suite, faussement étonnée, un doux rictus aux lèvres : Si si, j'habite juste à côté ! Non, je rigole, tu m'as démasquée, je ne suis en effet pas d'ici.
Il n'y avait de toute façon pas trop de doute à cela. Un teint de porcelaine, des cheveux roses, des yeux bleus... J'avais tout d'une anglaise perdue à l'autre bout du monde. Et pourtant quelle était la probabilité que je croise un sorcier britannique ici ? Que le monde était petit. Probablement un élève de Poudlard aussi. Pourtant, je ne reconnaissais pas son visage. Mais je n'étais ni physionomiste, ni une adepte des enfants. Lors de ma scolarité, j'avais tendance à chercher l'attention des plus âgés plutôt que des plus jeunes. Comme un besoin de grandir toujours plus vite, de m'échapper du château. Déjà à cet âge-là j'avais soif de sortir de ces murs pour découvrir le monde extérieur. Et enfin, j'y étais.
L'homme me tendit sa main et se présenta. Erwan... Je n'avais jamais entendu ce prénom. Peut-être n'était-il pas vraiment anglais ? Pourtant il venait de Bristol. Sûrement des origines étrangères alors. Sa main tendue était une invitation à saisir, et je ne tardais pas à tomber dans le piège.
Elle, de Londres. Enchantée.
Sa main était chaude. Elle recouvrait complètement mes doigts et le détail me fit sourire. C'était la poignée de main d'un homme sûr de lui, et cela me plaisait bien. Par son approche, je devinais qu'il était sociable. Passer le match en si bonne compagnie... C'était une idée alléchante. Mais d'abord, je me devais de satisfaire ma curiosité.
Et que fais-tu donc à Tateyama, Erwan de Bristol ? riais-je, toujours aussi surprise d'être tombée sur lui au milieu de la campagne japonaise. La vie avait un drôle de sens de l'humour parfois.
Je baissais mes multiplettes lorsqu'une voix m'aborda. Une voix anglaise. Un homme. Surprise, je me retournais vivement. Face à moi, le jeune homme que j'avais remarqué à mon arrivée. Entendre de l'anglais sonnait presque comme une trahison au milieu des kanjis et sonorités japonaises. Comme un bout de maison à des kilomètres de là. Rien qu'avec ce fait-là, j'étais déjà charmée. Il était plutôt mignon avec sa barbe et sa grande taille. Il me dominait d'une bonne tête. Mais ce que je remarquais vraiment, c'était son sourire. Honnête. Franc. Il me plut tout de suite. Un sourire si éclatant, c'était rare.
Ah on est d'accord ! J'aimerais bien connaître son nom ! Je pense qu'il a de l'avenir clairement ! Je renchéris à la suite, faussement étonnée, un doux rictus aux lèvres : Si si, j'habite juste à côté ! Non, je rigole, tu m'as démasquée, je ne suis en effet pas d'ici.
Il n'y avait de toute façon pas trop de doute à cela. Un teint de porcelaine, des cheveux roses, des yeux bleus... J'avais tout d'une anglaise perdue à l'autre bout du monde. Et pourtant quelle était la probabilité que je croise un sorcier britannique ici ? Que le monde était petit. Probablement un élève de Poudlard aussi. Pourtant, je ne reconnaissais pas son visage. Mais je n'étais ni physionomiste, ni une adepte des enfants. Lors de ma scolarité, j'avais tendance à chercher l'attention des plus âgés plutôt que des plus jeunes. Comme un besoin de grandir toujours plus vite, de m'échapper du château. Déjà à cet âge-là j'avais soif de sortir de ces murs pour découvrir le monde extérieur. Et enfin, j'y étais.
L'homme me tendit sa main et se présenta. Erwan... Je n'avais jamais entendu ce prénom. Peut-être n'était-il pas vraiment anglais ? Pourtant il venait de Bristol. Sûrement des origines étrangères alors. Sa main tendue était une invitation à saisir, et je ne tardais pas à tomber dans le piège.
Elle, de Londres. Enchantée.
Sa main était chaude. Elle recouvrait complètement mes doigts et le détail me fit sourire. C'était la poignée de main d'un homme sûr de lui, et cela me plaisait bien. Par son approche, je devinais qu'il était sociable. Passer le match en si bonne compagnie... C'était une idée alléchante. Mais d'abord, je me devais de satisfaire ma curiosité.
Et que fais-tu donc à Tateyama, Erwan de Bristol ? riais-je, toujours aussi surprise d'être tombée sur lui au milieu de la campagne japonaise. La vie avait un drôle de sens de l'humour parfois.
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Un Croc-en-manche hors du terrain
Sa main recouvrait presqu’entièrement la sienne. Heureusement que la croissance d’Erwan était arrivée à son terme, car il dépassait la plupart des humains d’une tête. Il fut rassuré de voir que la jeune femme lui avait tendu une main joviale et avenante, il n’y avait presque plus rien pour les empêcher de profiter de la présence de l’autre. Enfin… une mauvaise remarque sur le sang, les nés-moldus ou quelque chose du genre et Erwan foncerait aussi vite que le cognard qui venait de frapper le poursuiveur pour s’exiler le plus loin possible d’elle. Mais il avait cette fausse croyance qu’une femme aussi belle ne pouvait pas avoir des idées aussi moches. C’était faux, il le savait, mais son optimisme le protégeait ainsi. Le prénom Elle avec ce visage ne lui disait effectivement rien de ses années à Poudlard, peut-être s’étaient-ils croisés une année, quand Erwan était un bébé et elle déjà une grande, mais il se serait rappelé s’il l’avait croisée plus tard. Heureusement Erwan était aussi un grand désormais, en témoigne cette main gigantesque qui finit par lâcher celle d’Elle. Il avait donc vu juste en misant sur le sud de l’Angleterre, sa curiosité était donc maintenant piquée au vif. Celle d’Elle aussi visiblement car elle fut la première à demander la raison de sa présence ici.
Maintenant qu’il se doutait de la différence d’âge qui les séparait, il hésita à mentir sur le fait qu’il voyageait après avoir fini sa septième année… Mais ce n’était pas lui, si elle le trouvait trop jeune pour être digne d’intérêt, il saurait lui faire changer d’avis. Sinon ? Eh bien rien tout simplement. «C’est le quidditch bien sûr qui m’amène ici ! Je voulais voir le jeu japonais depuis que j’ai vu l’équipe nationale aux Philippines. J’étais en Inde avant et je sais pas encore où je serai après… j’ai pris l’année pour voyager après mes études à Poudlard.». L’essentiel était dit, son âge, d’où il venait, sa passion pour le quidditch, la seule chose qu’il pouvait manquer au tableau aurait peut-être été sa maison de Poudlard. Histoire d’avoir un profil complet du bonhomme. Des acclamations montèrent des tribunes un peu partout autour du terrain. L’équipe orange et rouge venait de marquer semble-t-il car des drapeaux et fanions de ces couleurs étaient agités au-dessus des têtes des supporters. «Oh mince… On a raté le but… désolé. Et toi ? Qu’est-ce que tu fais par ici ?». Lors de ses précédentes escales, Erwan adorait tout savoir des locaux qu’il rencontrait. C’était assez inédit de pouvoir s’intéresser à l’histoire d’une compatriote. Il y avait sûrement une histoire passionnante qui allait avec sa présence à cet événement mineur de quidditch, dans la campagne japonaise, et Erwan était vraiment intéressé de l’entendre.
Maintenant qu’il se doutait de la différence d’âge qui les séparait, il hésita à mentir sur le fait qu’il voyageait après avoir fini sa septième année… Mais ce n’était pas lui, si elle le trouvait trop jeune pour être digne d’intérêt, il saurait lui faire changer d’avis. Sinon ? Eh bien rien tout simplement. «C’est le quidditch bien sûr qui m’amène ici ! Je voulais voir le jeu japonais depuis que j’ai vu l’équipe nationale aux Philippines. J’étais en Inde avant et je sais pas encore où je serai après… j’ai pris l’année pour voyager après mes études à Poudlard.». L’essentiel était dit, son âge, d’où il venait, sa passion pour le quidditch, la seule chose qu’il pouvait manquer au tableau aurait peut-être été sa maison de Poudlard. Histoire d’avoir un profil complet du bonhomme. Des acclamations montèrent des tribunes un peu partout autour du terrain. L’équipe orange et rouge venait de marquer semble-t-il car des drapeaux et fanions de ces couleurs étaient agités au-dessus des têtes des supporters. «Oh mince… On a raté le but… désolé. Et toi ? Qu’est-ce que tu fais par ici ?». Lors de ses précédentes escales, Erwan adorait tout savoir des locaux qu’il rencontrait. C’était assez inédit de pouvoir s’intéresser à l’histoire d’une compatriote. Il y avait sûrement une histoire passionnante qui allait avec sa présence à cet événement mineur de quidditch, dans la campagne japonaise, et Erwan était vraiment intéressé de l’entendre.
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