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Ludwig lance un regard dubitatif à Elijah : qui allume des bougies en été ? Ce serait incohérent de comparer sa professeure à une flamme en été, car à cette saison il n'y a pas de lueur de bougies que l'on peut apercevoir derrière une fenêtre. Cela ne reviendrait-il donc pas à dire que la beauté de sa chevelure est inexistante ? Ludwig n'est pas certain de la réussite d'un tel vers, mais il hoche vivement la tête pour ne pas aller contre Elijah. Et c'est vrai que les rimes en é sont faciles à trouver, par exemple banquet, parquet, cachet, jouet, briquet, saleté, mémé... « Oh mais graaave ! » mime Ludwig avec les lèvres, sans un son, quand le mot sincère sort des lèvres du Poufsouffle. Il agite vivement les mains et hoche plusieurs fois la tête de haut en bas pour montrer son accord. Mais oui, bien sûr, sincère, comment a-t-il pu ne pas y penser ! Il a été fort avisé de demander conseil à Elijah, un mec cool comme lui, avec sa casquette à l'envers et ses planches, c'était gagné d'avance : évidemment qu'il sait y faire avec les mots.

Le Serpentard se met à rire quand il entend parler d'encens, un rire incontrôlé qui lui rougit les joues : il s'imagine qu'Elijah est sérieux et qu'il pense vraiment que sentir l'amour, c'est quelque chose qui se fait avec le nez. Alors qu'en fait, tout se passe à l'intérieur, dans le cœur, comme quand on sent lorsque que quelqu'un se met en colère. Et bien lui c'est la même chose, mais avec l'amour. Et il sent très très fort que la professeure McNeil n'est pas amoureuse de quelqu'un d'autre. Ah, ça oui, il le sent ! Il se met donc à secouer la tête en riant, prêt à expliquer en détail pourquoi la théorie d'Elijah n'est pas crédible, mais voilà que celui-ci propose l'idée du siècle.

Ludwig ravale ses mots, ses répliques et même son rire. Un grand : « Aaannh ! » sort de sa bouche. Il plaque une main sur ses lèvres, les yeux écarquillés, lui aussi insensible aux regards qui se tournent vers eux parce qu'ils sont vraiment bruyants.

« Non ?! Tu crois ? s'exclame-t-il d'une voix trop aiguë. Je dois faire ça ? Je dois vraiment le faire ?! »

Sauf que lui y croit déjà, il s'imagine déjà là-bas dans la Grande Salle, les yeux écarquillés pour ne rien manquer du spectacle, le cœur qui tonne, qui rebondit, et sa professeure de Runes, les yeux baissés sur son parchemin... Elle lit, elle dévore ses mots, puis elle lève le regard vers lui... Elle me regarde et je ne peux plus respirer. Et Elijah à la table des Poufsouffle qui lui fait des clins d'œil et des pouces, admiratif, impressionné, fasciné. Oh Merlin, Merlin de Merlin, c'est ça ! Il se redresse sur ses genoux, sans se soucier de sa baguette qui valdingue, qui roule et qui tombe de l'appui de fenêtre.

« Mais je dois carrément faire ça ! s'écrie-t-il en plaquant une main sur son cœur pour l'empêcher de battre trop vite. Oui, parce que t'as raison, autant elle a pas reconnu mon écriture, malgré mes g qui r'ssemblent à des langues de lézard ! Et ce serait horrible ! s'horrifie-t-il, les fesses retombant sur ses talons, ce serait horrible que tout s'arrête maintenant parce que j'ai pas pensé à signer l'parchemin... »

Ses yeux fouillent ceux d'Elijah, à la recherche d'une étincelle d'accord ou d'encouragement. Mais à cet instant, Ludwig comprend que toute cette histoire va bien plus loin que son envie de dire oui à tout ce que proposera le futur Coop national afin de l'impressionner : a-t-il réellement envie que sa professeure, une femme comme ses mamans donc, connaisse la vérité sur les sentiments qu'il éprouve pour elle ? Il se pose sincèrement la question... Avant de songer qu'une bonne partie de l'école est déjà au courant, que ça le fait sourire de fierté et qu'annoncer son amour à une professeure... C'est quand même vachement impressionnant, non ? Est-ce que ce ne serait pas, par hasard, le genre de bravade dont tout le monde parlera pendant longtemps ? Mais tout de même, son cœur bat fort... Et si elle le rejette ? Même si elle le fait, murmure une petite voix au fond de lui, après ça elle se souviendra toute sa vie de toi.

« Ok... ! » murmure soudainement Ludwig en se penchant vers Elijah pour l'attraper par les épaules. Il le secoue un peu, gentiment, un sourire immense sur les lèvres, avant de le lâcher. « Ok, on va le faire ! Il faut le faire ! Parce qu'y a jamais eu d'encens autour de nous quand j'étais avec elle et que je le sens de ouf que ça va fonctionner ! C'est pas dans le nez, mec, insiste Ludwig en reprenant ce mot, "mec", prononcé par Elijah tout à l'heure et qu'il a trouvé si cool, c'est dans les tripes. »

Il se tapote le ventre comme pour prouver : juste là, mec ! Il se contorsionne pour récupérer son sac et en extirpe un rouleau de parchemin, une plume et un pot d'encre sans cesser de babiller. Tout en parlant, il ouvre le pot et renverse plusieurs gouttes sur la pierre en y trempant la pointe de sa plume.

« La première phrase, faudrait quelque chose qui termine avec "sincère", comme t'as dit, comme ça, ça rime avec "hiver" ! Parce que les rimes en é, c'est bien, mais personne allume de bougie en été. Alors, mh... Ce qui coule dans mes veines, c'est sincère ? demande Ludwig en fronçant les sourcils. Pas mon sang, hein, mais mon amour. Ou alors ! s'écrie-t-il beaucoup trop fort en pointant Elijah de sa plume pleine d'encre, ou alors : Tout ce qu'il y a pour vous dans mon cœur est sincère ? C'est ultra bien, hein ? Hein ? Ça donnerait : Tout ce qu'il y a pour vous dans mon cœur est sincère / Vos cheveux comme la flamme d'une bougie un soir d'hiver ! »

Heureux de sa trouvaille, Ludwig jette un regard émerveillé à Elijah. Il s'attend à ce que celui-ci l'encense et le complimente, et il se prépare déjà à dresser le dos bien droit par fierté et orgueil.

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Elijah hocha vivement la tête, à un rythme tel qu'il eût été légitime de se demander à quel moment elle risquait de se décrocher de son cou. Mais c'était parce qu'il était absolument, totalement, à cent pour cent sûr que Ludwig devait faire ça. Déjà parce qu'il voulait voir lui-même la réaction de Miss McNeil. Et ensuite parce que le courage d'une telle entreprise serait forcément récompensé ! Car, comme le disait si bien le dicton, à coeur vaillant rien d'impossible. Il n'avait pas la moindre idée d'où ça venait, mais il y croyait de tout son être.

D'un geste du pied, il arrêta la course de la baguette de son camarade qui essayait de se faire la malle - qui l'en eût blâmée étant donné les bêtises qu'elle devait entendre depuis plusieurs longues minutes maintenant -, sans pour autant la ramasser, bien trop occupé à essayer d'imaginer à quoi pouvait bien ressembler un g qui ressemblait à une langue de lézard, sans réellement y parvenir. Il lui fallut d'ailleurs plusieurs secondes pour se concentrer de nouveau sur les paroles de Ludwig plutôt que sur cette mission vaine.

Sans doute que se faire secouer l'aidât à se remettre d'aplomb, bien qu'il manquât de peu de marcher sur la baguette au passage, qu'il esquiva d'un drôle de mini bond bien peu maîtrisé avant de se retenir à moitié au rebord de fenêtre et à moitié à son ami. Et avant d'accepter de se mettre au travail, il ramassa enfin le catalyseur au sol pour le reposer sur le rebord, et regarder le parchemin vierge par-dessus l'épaule de Ludwig, sans pour autant partager son enthousiasme débordant concernant le début de ce poème.

- Non mais là ça s'enchaîne pas bien, faut trouver autre chose pour que ça aille bien ensemble, pas que ça fasse juste des rimes à la suite, sinon c'est sûr elle va pas te prendre au sérieux ! Faut que tu sois un vrai poète, mec ! Comme... Cyrano ! Tu connais Cyrano ? Le gars il parle super bien, mais il est super moche, alors il drague la meuf qu'il aime à la place de son pote qui est super beau et ça marche super bien, expliqua-t-il en essayant de se remémorer le tout.

Il réfléchit un instant, en se tapotant le menton et en faisant quelques pas devant la fenêtre, en long et en large, tout en marmonnant quelques phrases incompréhensibles pour n'importe qui d'autre que lui-même avant de lever l'index en l'air, signe qu'il venait de trouver le début parfait.

- On reprend ton truc de la bougie là ! Genre... Vos cheveux, comme la flamme d'une bougie un soir d'hiver / Réchauffent mon coeur et l'éclairent d'un amour sincère ! Là ça envoie du lourd ! Et c'est vachement plus classe de parler de ton coeur que de tes tripes ou de ton flair, dit-il en hochant doucement la tête, visiblement en plein accord avec lui-même dans toute cette histoire.

- Vas-y, écris ! l'encouragea-t-il d'ailleurs. C'était quoi la suite ? Le truc où tu peux plus respirer là !

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Son sourire se fane légèrement quand Elijah se penche par-dessus son épaule pour lire son début de poème et qu'il ne le trouve pas à la hauteur. Ludwig baisse les yeux sur ses mots brouillons et plein de fautes d'orthographe qu'il relit sans leur trouver le moindre problème de mélodie ou de beauté ; il aime beaucoup ses mots, lui, mais si Elijah pense que ça ne s'enchaine pas bien, il faut qu'il trouve mieux. Machinalement, il barre les vers déjà écrit et lève les yeux pour regarder le Poufsouffle, hochant avec force la tête pour montrer son accord. Il faut que Miss McNeil le prenne au sérieux, il n'aura qu'une chance, il doit faire son possible ! Par contre... Cyrano ? Ludwig fronce de toutes ses forces ses sourcils et marmonne un « C'qui, lui ? J'connais pas du tout... », étonné qu'un homme ait un jour porté un nom aussi ridicule. Il préfère se concentrer sur la suite : doit-il laisser Elijah draguer leur professeure pour lui ? Est-ce ce qu'il le lui propose ? Il ne dira pas non, évidemment, mais au fond de lui il n'a pas trop envie que ça arrive. Elijah n'est pas un Cyrano : il est beau. Enfin, Ludwig a l'impression qu'il est beau, parce qu'il n'a pas les oreilles décollées et parce qu'il est cool. Les gens cool sont toujours beaux, tout le monde le sait. Heureusement, l'autre poursuit avant de le lui demander officiellement.

« Oh ! s'exclame Ludwig en arrondissant les yeux lorsque les vers sortent de la bouche du garçon. C'est super beau ! » Pas pour rien qu'il est aussi cool..., songe-t-il en le suivant du regard. « Ça envoie grave du lourd, » répète-t-il en réutilisant l'expression d'Elijah. Il essaie d'oublier ses idées à lui, rayées maintenant, qu'il aimait beaucoup. « C'est trop trop bien et tu fais ça naturellement en plus ! Ouah, je suis trop impressionné, c'est carrément mieux que mes idées à moi, hein ! »

Il en fait des tonnes, mais c'est normal. Complimenter les autres même quand on ne le pense pas toujours, c'est normal, le plus important c'est qu'ils soient contents et surtout contents de lui. Ludwig resserre les doigts autour de sa plume et écrit ce qu'Elijah lui a dicté, en répétant à voix haute les vers et en détachant chaque syllabe pour mieux s'en souvenir. Puis il redresse vivement la tête, le bout de la plume coincé entre les lèvres pour l'aider à mieux réfléchir.

« Pour le truc où je peux plus respirer, justement, j'ai eu une idée ! s'exclame-t-il en surveillant les réactions d'Elijah et en espérant que cette fois-ci, il sera impressionné par son idée. Au début j'avais écrit... Euh... Ça donnait ça : je vous regarde et je peux plus respirer. Mais en fait ! crie-t-il, se redressant sur ses genoux pour se rapprocher de la hauteur du Poufsouffle debout. C'est mieux de dire : elle me regarde et je peux plus respirer. Tu vois ? Genre ça me coupe le souffle, son regard ! »

Là, c'est certain qu'il va aimer, mais au lieu de se précipiter pour l'écrire sur son parchemin, les yeux de Ludwig se font attentifs, impatients, tandis qu'il attend qu'Elijah aille dans son sens et valide son idée.

« Et puis après, continue-t-il à toute vitesse, en mangeant la moitié de ses mots, l'horloge ! Les battements de mon cœur, comme une horloge détraquée. » Les yeux de Ludwig se mettent à briller et son cœur à s'emballer, comme une horloge détraquée, justement, détraquée par l'assurance d'avoir trouvé les mots parfaits. « Ça c'est un truc de vrai poète ! Hein ? Un truc de Cyrano ! Hein ? »

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Elijah n'était pas peu fier de sa petite trouvaille. Il n'avait pourtant jamais écrit qu'un seul et unique poème de toute sa vie, mais il commençait à se dire qu'il avait un don pour cela. Après tout, sinon Ludwig ne lui ferait pas autant de compliments. Il en vint même à rougir légèrement sous son sourire, avant de soulever légèrement la visière de sa casquette pour se gratter la nuque. Evidemment, il replaça sa casquette correctement dans la foulée, reprenant aussitôt contenance, le torse légèrement bombé comme s'il était réellement un petit génie de la poésie : il lui en fallait très peu pour booster pleinement son ego.

Il écouta la suite prévue avec un air bien trop concentré pour être réellement crédible. Sans doute ses idées divaguaient-elles joyeusement avant de se refocaliser sur Ludwig suffisamment souvent pour parvenir à saisir le plus important.

- Ah ouais, le coup de l'horloge détraquée c'est super bien trouvé ! s'exclama-t-il en lui donnant une petite tape dans le dos. Mais alors que ses yeux se posaient une nouvelle fois sur le parchemin, ses doigts se crispèrent légèrement sur son camarde.

- Oh non, ça répète le mot "coeur" ! Faut toujours éviter les répétitions, sinon on dirait que t'as pas de vocabulaire, et ça, ça craint. Bon, tu gardes ton coeur comme une horloge détraquée, et juste avant on met euh... Réchauffent mon âme et l'éclairent d'un amour sincère ? Tu crois que ça passe comme ça ? demanda-t-il en réfléchissant toujours.

D'ailleurs, il se remit à faire les cent pas devant le rebord de la fenêtre, incapable de tenir en place plus de trente secondes d'affilée. Et puis, c'était comme ça qu'il parvenait le mieux à réfléchir : il fallait bien s'activer pour que le sang montât irriguer son cerveau de super poète.

- Par contre, tu peux pas dire "elle me regarde" vu qu'avant du dit "vos cheveux". Mais si tu mets "vous me regardez" ça le fait aussi non ? dit-il sans cesser ses allers-retours.

Elijah se sentait totalement impliqué dans ce projet. Après tout, si Ludwig en parlait aussi souvent, c'était bien qu'il était on ne peut plus sérieux dans son amour pour Miss McNeil. Et il était très important d'aider l'amour dans le monde, puisqu'il permettait d'éviter bien des guerres. Or, Elijah n'avait aucune envie de se battre avec qui que ce fût, et sa contribution à tout cela se trouvait dans la rédaction du poème d'amour parfait avec Lud.

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Déjà contenté d'avoir vu Elijah si bien réagir à ses compliments, ce qui ne pourra que l'encourager à venir lui parler plus souvent s'il a besoin que Ludwig lui lance des fleurs, ce dernier explose carrément de joie lorsque le Poufsouffle lui tape dans le dos. Un grand sourire aux lèvres, les pommettes rouges, le monde qui s'illumine, tout est parfait, ce moment est parfait, Elijah est parfait et... Comment ça, répéter un mot ce n'est pas bien ? Ludwig retombe aussitôt sur ses talons, considérant comme une perte violente le fait que l'autre garçon récupère sa main et ne lui tapote plus fièrement le dos.

Il baisse les yeux sur son parchemin et fronce très fort les sourcils. Pourquoi répéter un mot ne serait-il pas bien ? Après tout, le mot cœur est important, car tout passe dans son cœur, absolument tout ! Même si sa m'man Rach lui a expliqué un jour qu'en réalité, les émotions ne vivaient pas tout à fait dans le cœur, mais qu'elles étaient produites par le cerveau, mais Ludwig n'a pas tout compris. Pour lui, c'est le cœur et rien d'autre. Il n'arrive pas à comprendre pourquoi sa phrase ne conviendrait pas. Mais est-ce important ? Son avis compte-t-il ? Non. C'est pour cela qu'il lance un regard émerveillé à Elijah quand il trouve la solution de changer le mot dans le vers d'avant pour supprimer la répétition que, lui, il trouvait joli.

« Mais grave ! s'écrie-t-il sans lâcher le garçon du regard, même s'il ne fait que bouger. J'avais pas fait gaffe mais c'est juste horrible les répétitions, franchement ça gâchait tout. Avec le mot âme au début, c'est tellement mieux. »

Pour Ludwig, l'âme est un concept nébuleux, un peu comme la philosophie ou la mort. Il n'est pas certain que son âme puisse être réchauffée ou même éclairée, alors qu'un cœur ça peu brûler de passion et d'amour, ça peut être lumineux comme une bougie, comme un soleil. Mais enfin, il n'est pas question de donner son avis ni même de parler de choses aussi compliquées. L'idée, c'est que le futur Coop national soit content de lui et qu'il apprécie le moment qu'il est en train de passer. Et si cela lui donne envie de venir lui parler de temps en temps, c'est encore mieux ! Pour ça, il faut qu'il soit content de lui, vraiment.

« Pour la dernière phrase c'est genre trop bien trouvé aussi, j'aurais pas mieux fait. L'effet est plus marquant. »

Mais quand même, Elijah a aimé le coup de l'horloge, et ça, ça rassure beaucoup Ludwig qui, en réécrivant les modifications, prend bien soin d'écrire correctement cette partie qui le rend très fier. Puis il se redresse d'un coup et écrase sa baguette magique sans y faire gaffe en voulant s'approcher d'Elijah. Il manque de tomber quand elle roule sous son pied, mais c'est à peine s'il y fait gaffe. Il est bien trop préoccupé par cette histoire de poème pour y porter attention.

« Ok, ok, alors on va faire un truc ! Faut essayer le poème, tu vois ? s'emballe-t-il en se plantant devant le Poufsouffle. Je vais le réciter devant toi et toi tu vas me dire ce que ça te fait. Dans ton cœur et dans tes tripes, mec . » Petit regard complice. « Comme ça, on saura d'avance ce qu'elle ressentira en lisant, la prof' McNeil. Et on verra s'il faut rajouter des phrases ou pas. Peut-être qu'il faudrait que je parle de la rose, comme dans la première version, j'sais pas... Bon ! »

Il se tient très droit devant Elijah, ne lui laisse pas même le temps d'y aller de son petit commentaire. Il enchaine directement, juste après avoir pris une grande inspiration pour déclamer son poème.

« Vos cheveux ! scande-t-il, concentré. Comme la flamme d'une bougie un soir d'hier... Euh, d'hiver... Ré... J'ai écrit quoi ? Ah oui. Ré-chau-ffeuh mon âme et l'éclairent d'un amour sincère. »

Il fait une pause, lance un coup d’œil furtif à Elijah pour vérifier s'il se pâme d'amour, fronce un peu les sourcils et se penche davantage sur son parchemin en décidant d'y mettre un peu plus de cœur.

« Les battements de mon cœur ! s'exclame-t-il d'une voix forte, avant d'ajouter plus doucement, mystérieusement : comme une horloge détraquée. Vous me regardez... » Il lance un regard qu'il imagine brûlant d'amour mais qui est en fait juste très insistant. Et je ne peux plus... Respirer. »

La main sur le cœur, il attend une seconde pour l'effet, une deuxième seconde, mais bientôt il ne peut plus se retenir et commence à sautiller devant Elijah.

« Alors alors alors ? C'était comment ? Diiingue, hein ? Hein, tu l'as senti ? T'as senti quoi ? C'était comment, alors ?! »

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Elijah adorait le fait que Ludwig était toujours d'accord avec lui. De façon totalement inconsciente, évidemment, mais aux côtés du Serpentard, il avait l'impression d'exister pour de bon. De n'être pas juste un élève de plus dans Poudlard, mais bien Elijah Cooper, voire même le Coop National aux idées brillantes, enfin reconnu à sa juste valeur. Et ça lui faisait beaucoup de bien. Trouver sa place au milieu de tant d'enfants, ce n'était pas chose facile, et Ludwig lui en offrait une de choix.

Aussi, l'adolescent hochait la tête en souriant à ses compliments, tandis qu'il confirmait tout ce qu'il disait, avec une fierté bien difficile à dissimuler. En revanche, lorsque son camarade lui annonça qu'il allait lui déclamer le poème afin de voir la réaction sur lui pour pouvoir la transposer sur celle qu'aurait Miss O'Neil, les yeux du surfeur s'écarquillèrent. Il n'était pas bien sûr d'être prêt à recevoir la moindre déclaration d'amour, encore moins celle destinée à quelqu'un d'autre.

Et puis, que penseraient les gens autour en entendant Ludwig lui déclarer sa flamme à lui ? Et si des rumeurs commençaient à circuler ? Par Merlin, quelle mauvaise idée ! Et pourtant, alors même qu'il ouvrait la bouche pour le lui faire remarquer, Ludwig commençait déjà, avec un tel entrain qu'Elijah eût été bien en peine de le retenir.

Et si, au début, il avait bien envie de s'enterrer bien profondément dans le sol, jusqu'à potentiellement atteindre les cachots immédiatement, le ridicule de la situation le frappa finalement, le laissant lutter contre le fou rire qui lui venait, qu'il retint jusqu'à ce que Ludwig ait fini. A ce moment, par contre, il ne put que le laisser éclater.

Les joues rouges, autant de la gêne initiale que du rire qui le secouait, il lui fallut quelques secondes pour retrouver un semblant de sérieux, après s'être essuyé une larme au coin des yeux.

- J'ai senti... j'ai senti... commença-t-il avant de repartir dans un fou rire qui le laissa avachi sur le bord de la fenêtre, le souffle court.

- J'ai senti que c'était vraiment pas pour moi, finit-il par lâcher entre deux hoquets hilares.

- Sérieux, Lud, moi non plus j'peux plus respirer là, ajouta-t-il, les joues douloureuses de tant rire.

Il finit tout de même par réussir à reprendre son calme, ou du moins à cesser de glousser comme un imbécile.

- J'suis sûr qu'elle pourra pas résister, c'est la plus belle déclaration du monde, faudrait vraiment qu'elle ait pas d'coeur pour pas voir ça !

Et ça, il y croyait vraiment. C'était juste pas une déclaration à lui faire à lui. Déjà parce qu'il avait bien vu le regard des gens qui passaient à côté d'eux à ce moment là et que c'était un peu la honte. Mais aussi parce qu'il doutait fort de sa capacité à se mettre à la place d'une professeure. D'autant plus celle d'étude des runes.

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Ludwig s'attendait à beaucoup de réaction de la part d'Elijah, mais certainement pas à un fou-rire. Qui rirait face à une déclaration d'amour aussi belle et sérieuse ? Certainement quelqu'un qui ne la trouve ni belle, ni sérieuse. Il s'attendait à un rougissement, peut-être un bégaiement, à une grande inspiration qui prépare à une avalanche de compliments. Mais rien de tout cela : seulement un fou-rire. Pendant un instant, Ludwig devient très conscient de ce qui l'entoure. La lumière qui s'infiltre par la grandes fenêtre à croisillons et qui frôle son épaule, les regards et les discussions étouffées des étudiants qui passent dans le couloir, un rire lointain qui résonne comme s'il lui était destiné et la bouche étirée d'Elijah qui rit, qui rit, qui rit encore et si bien qu'il casse chaque nouvelle phrase qu'il essaie de prononcer.

Comme à chaque fois que quelqu'un rit d'une chose qu'il a dite ou faite et que Ludwig ne sait pas s'il s'agit d'une moquerie ou non, lui aussi se met à rire pour ignorer son cœur qui se serre et la crainte d'avoir déçu Elijah. Il se met à rigoler très fort, comme s'il avait fait exprès d'amuser la galerie. À grands éclats, comme s'il ne venait pas d'avoir la preuve que jamais sa professeure n'appréciera son amour. Rira-t-elle également quand elle lira la lettre ? La montrera-t-elle en gloussant à ses collègues professeures ? Son éclat résonnera-t-il dans la Grande Salle ?

Il aurait affirmé haut et fort que son poème était nul si Elijah l'avait sous-entendu, il aurait acquiescé à chacune de ses critiques et en aurait rajouté pour s'enfoncer lui-même. Il prépare déjà des réponses dans sa tête : « Non mais grave, c'était tellement nul, t'as vu quand j'ai parlé de l'horloge, la main sur l'torse et tout ! Non mais c'est trop grave comme j'étais ridicule ! ». Les phrases défilent dans sa tête tandis que son sourire s'étire naturellement, sans besoin d'être forcé — il est trop habitué à garder la tête haute, il lâche même encore quelques éclats de rire en secouant la tête, jouant à fond le rôle du type sûr de lui qui rit de ses propres bêtises. Il aurait joué avec merveille son rôle de garçon ridiculisé, mais voilà, Elijah le complimente.

Elijah le complimente.

Il se redresse tout fier, grandit par ces compliments. Mais ce n'est pas le moment de s'enorgueillir ou il passera pour un idiot. Alors dans un mouvement qu'il mime maladroitement, il donne un coup amical du plat de la main sur l'épaule du garçon en forçant son rire à résonner de nouveau.

« Évidemment qu'c'est pas pour toi, j'aurais trouvé ça méga bizarre que tu sois complètement sous mon charme ! » Non, il aurait adoré. « Mais j'prends ton incapacité à respirer comme le meilleur des compliments, mec. »

Il a compris qu'Elijah ne pouvait plus respirer parce qu'il se moquait, mais ce n'est pas grave. La moquerie des autres le touche, évidemment, mais c'est comme un coup de vent intempestif : c'est désagréable quand ça vous ébouriffe les cheveux, mais une fois qu'il est passé, on y pense plus. Ludwig aime trop avoir l'attention des autres portée sur lui pour se plaindre quand cette attention est teintée de moquerie. Les compliments d'Elijah prennent le pas sur le fou-rire qu'il a eu et déjà Ludwig se sent fier de l'avoir fait rire comme ça, lui et aucun autre, rire aux éclats, au point de devoir s'essuyer les yeux. Ce n'est pas si grave d'être passé pour un idiot.

« Alors c'est bon on est ok ! » s'exclame-t-il en relisant rapidement son poème. Il ne peut pas s'empêcher de sourire bêtement. « Je vais l'envoyer et elle le recevra demain. »

En relevant les yeux sur Elijah, il prend conscience de ce qu'il vient de dire et de ce que ça implique. Son cœur se met à battre rapidement. Il se réinstalle sur l'avancée de la fenêtre, l'épaule appuyée contre la vitre.

« On va l'faire ? On va l'envoyer ? »

Il aime bien employer ce mot, « on ». Aujourd'hui, il est un nous et il adore ça. Il aime l'idée qu'Elijah puisse l'encourager, le soutenir, être avec lui dans ce projet. Évidemment, il a un peu peur. C'est une professeure, une fille adulte comme ses mamans, il a vaguement conscience qu'il est élève et elle professeure. Mais il sait aussi que « l'amour n'a pas de limite » comme dit m'man Rach quand elle frotte son nez dans sa nuque ou encore « rien ne vainc l'amour ». Alors il a peur, bien sûr. Mais Elijah est avec lui dans ce projet : Ludwig est prêt à aller au bout du monde pour lui faire bonne impression. Alors ses peurs, il en fait une vilaine boule qu'il donne à manger au grand Dévoreur de son esprit : celui qui mange les peurs, les pensées raisonnables, la solitude et les monstres qui vivent sous les lits.

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Elijah adressa un immense sourire à Ludwig lorsque ce dernier lui dit que ce serait bizarre qu'il fût sous son charme. Il était bien d'accord avec cette affirmation, et c'était d'ailleurs la raison principale de sa gêne lorsqu'il s'était mis à lui déclamer ce poème d'amour devant l'école au complet. Mais tout ça valait le coup. Pleinement. Parce que ce fou rire lui avait fait un bien fou, et il avait véritablement hâte de voir la tête de Miss McNeil lorsqu'elle lirait ce poème.

- Bien sûr qu'on va l'envoyer ! affirma-t-il alors, en s'installant un peu plus confortablement sur le rebord de la fenêtre.

Il réfléchit un instant, l'air très concerné par toute cette histoire. S'il ne comprenait vraiment pas comment Ludwig pouvait avoir un crush sur Miss McNeil - franchement, il ne la trouvait pas si terrible que cela, et en plus les runes étaient une matière si peu intéressante à ses yeux que ça l'en rendait moins attirante encore - il se sentait en revanche investi de la mission de l'aider au mieux dans son entreprise, afin de mettre toutes les chances de réussite de son côté.

- Tu devrais lui écrire sur du parchemin super joli. Avec une encre qui sent bon. Les filles elles aiment ça, non ? Genre les encres qui sentent la fleur et tout, précisa-t-il comme si Ludwig ne pouvait pas voir de quoi il s'agissait sans cet indice supplémentaire.

Et soudain, une idée de génie le frappa. Venue de nulle part, comme ça, agitant les bouclettes sous sa casquette tandis qu'il se levait d'un bond sous l'évidence qui s'étalait devant eux.

- Tu pourrais lui écrire en runes ! J'suis sûr qu'elle kifferait grave ! Là c'est sûr, elle tomberait amoureuse instant' !

C'était exactement ce qu'il fallait faire. Lui écrire un poème d'amour dans ces drôles de symboles auxquels il ne comprenait strictement rien et qui n'avaient, à ses yeux, aucun intérêt. Mais puisque c'était là la passion de la professeure, Ludwig devait s'en servir.

- T'es bon en runes, pas vrai ? Moi j'peux pas t'aider pour ça, j'ai même pas retenu leurs noms tellement j'y comprends rien, mais imagine sa tête devant le poème en runes ! Ce serait comme si... Elle trouvait l'homme parfait ! Toi, mon Lud, toi ! s'exclama-t-il en le secouant par les épaules sous l'enthousiasme débordant.

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Puisqu'Elijah dit on va l'envoyer, alors ils l'enverront. Il vient d'acter cette décision. Tout est lancé. Impossible de faire marche arrière. On va l'envoyer, se répète Ludwig en observant le visage déterminé du Poufsouffle. Son cœur tressaute dans torse, remue comme avant un examen ou comme quand il se décide à faire un acte super courageux comme aller parler à une jolie fille ou à un type très populaire. Le cœur au bord des lèvres, les entrailles noués, l'envie de vomir, la tête qui tourne... C'est ça l'amour, songe le Serpentard. C'est ça l'amour et c'est merveilleux. Oui. Alors il va le faire et bientôt Miss McNeil n'ignorera plus rien de ses sentiments et ce sera merveilleux et absolument parfait.

Tout content, Ludwig se redresse et commence à plier son parchemin. Ne manque plus que le nom de la professeure sur le dessus et ils pourront aller à la volière pour l'envoyer. C'est sans compter le Coop National qui met à mal ses plans : réécrire sur un parchemin plus joli ? Écrire, encore ? se lamente Ludwig. Alors qu'il a déjà mal au poignet et que le poème est long ? Il fait après tout... Il compte rapidement : quatre lignes ! C'est énorme ! Et de l'encre qui sent bon ? C'est vrai que les filles doivent aimer ça, ce sont des filles après tout. Il pense aussitôt à de l'encre qui sent les bonbons, il en a un pot au fond de sa valise parce que ses mamans savent qu'il aime cette odeur. Mais voilà qu'Elijah précise, à raison d'ailleurs, qu'une odeur qui sent bon, c'est une odeur de fleurs. Évidemment. Sauf qu'il n'a pas d'encre qui sent les fleurs, lui. Même s'il aimerait bien.

Le Poufsouffle se lève tout à coup, une nouvelle idée qui déborde de ses lèvres. La bouche entrouverte, Ludwig le suit du regard, un peu subjugué c'est vrai. Et bientôt atterré quand il comprend quelle est l'idée exactement d'Elijah. Le désespoir se voit certainement sur son visage qui s'affaisse avec ses lèvres moles, puis avec sa grimace qui lui froisse les traits. Des runes ? Écrire son poème en runes ? Le garçon a de bons arguments. Il dit qu'elle kifferait grave et qu'elle tomberait amoureuse « instant' » et ça, ça a du poids.

À deux doigts d'être sincère avec Elijah et de lui dire qu'il n'a jamais été bon en runes, qu'il est incapable de faire une telle chose parce qu'il doit toujours regarder dans son manuel pour se souvenir des noms des runes, qu'il n'arrive pas à les apprendre par cœur parce qu'il n'a pas de mémoire et qu'il est de toute manière nul en cours, qu'il n'a d'ailleurs même pas envie de les apprendre parce que les runes c'est carrément inutile et ennuyant, Ludwig se retient. Parce qu'Elijah vient de dire comme s'il en était absolument persuadé : « T'es bon en runes, pas vrai ? » et que Ludwig ne peut tout simplement pas avouer qu'il est un cancre alors qu'il pourrait faire semblant de gérer un sujet qu'Elijah, lui, ne gère pas du tout.

Encore tout perturbé par le Poufsouffle qui l'a secoué comme il l'aurait fait d'un arbre fruitier, Ludwig essaie de garder la face. Il rigole doucement, répond prudemment :

« Ce serait graaave cool d'écrire ça en runes, car-ré-ment... »

Mais il en est absolument incapable, par le caleçon de Merlin ! Et ça lui prendrait au moins dix plombes d'écrire ça, toute la soirée, toute la nuit, peut-être même toute la journée du lendemain ! Mais il ne peut pas attendre, ça non !

« J'suis carrément bon en runes, affirme-t-il avec un sourire qui ne cache qu'à moitié son mensonge. Ça serait super possible de faire ça, oui... »

Ludwig penche la tête sur le parchemin. Il s'enfonce dans son mensonge et commence à en prendre le contrôle. Oui, sauf que non. Non, je ne peux pas et hors de question de demander à quelqu'un d'autre de le faire à sa place, parce qu'il a envie de continuer d'être un on avec Elijah. Alors il va devoir trouver quelque chose, inventer une solution pour refuser celle du Coop National. Ça lui fait physiquement mal parce que pour ça, il va devoir contrer Elijah. Il ne va pas pouvoir aller dans son sens. Est-ce que le garçon va moins l'apprécier à cause de ça ? Est-ce qu'il va lui retirer son amitié ? Ludwig enfonce ses dents dans sa lèvres, hésitant. Mais que pourrait-il faire d'autre ? Il n'y a pas d'autres solutions !

« Tu sais, commence-t-il d'une voix prudente, p't-être que l'encre qui sent bon c'est déjà super, non ? J'veux dire... Vaut mieux en rester là, non ? Car imagine qu'j'trace pas super bien les runes et qu'elle comprend pas ce que je veux dire ? Ce serait chaud, non ? »

Là il tient une bonne raison de refuser l'idée d'Elijah ! Ludwig retrouve un peu de sa confiance en lui, rien qu'un peu.

« Faut être sûre qu'elle comprenne instant', non ? J'ai pas d'encre qui sent les fleurs, mais j'en ai une qui sent super bon le sucre, comme si t'avais un bonbon dans le nez, mec. Je vais réécrire le poème avec cette encre, je vais faire suuuuper gaffe et prendre ma meilleure écrire. » Ce sera en vain, car Ludwig n'a jamais bien écrit et n'écrira jamais bien. « Et ce sera vraiment génial !»

Non ? Il s'empêche de répéter ce mot. Son regard posé sur Elijah, il attend, la peur au ventre, en priant Merlin de toutes ses forces pour que le garçon ne prenne pas ombrage de son refus.


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PS précision : j'ai écrit « Le cœur au bord des lèvres, les entrailles nouées, l'envie de vomir, la tête qui tourne... C'est ça l'amour, songe le Serpentard », mais je préfère préciser que non, ce n'est pas ça l'amour. Ça, c'est l'angoisse.

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Pourquoi le visage de Ludwig semblait-il fondre sous son idée merveilleuse ? La réaction du garçon était plus qu'étrange. Après tout, il devrait être tout aussi ravi que lui de trouver le meilleur moyen de marquer des points auprès de Miss McNeil. Peut-être était-ce la pression. Après tout, avouer son amour, ce n'était sûrement pas une chose facile, d'autant plus lorsque ledit amour devait être déclamé à une professeure. Mais il fallait y croire, c'était là la clé du succès, Elijah en était persuadé. D'ailleurs, au bout de quelques secondes, Ludwig avoua qu'écrire le poème en runes était une idée fantastique.

Soulagé, Elijah lui sourit en hochant la tête vivement, totalement persuadé que son ami était réellement bon en runes. Après tout, n'importe quel élève de sa promotion était meilleur que lui dans cette matière des enfers, il n'y avait strictement aucun doute à avoir à ce propos. Mais bientôt, son camarade revint sur sa décision, arguant que l'encre qui sentait bon suffirait, et qu'ajouter des runes, c'était simplement un coup à tout rater au final. L'argument se tenait, et après réflexion, Elijah hocha de nouveau la tête, un peu plus lentement, pour admettre qu'il valait peut-être mieux s'abstenir, effectivement.

Il retrouva d'ailleurs tout son sourire et son entrain à la mention d'une encre qui sentait le bonbon. Quelle merveilleuse idée également ! Tout le monde aimait le sucre, il n'y avait là aucun débat à avoir. Il était donc évident que cette encre fonctionnerait, sans doute plus encore qu'une encre qui sentait la fleur.

- Trop bien l'encre qui sent le sucre ! Carrément mieux que les fleurs en fait, parce que si t'avais choisi une encre d'une fleur qu'elle aime pas ou quoi, ça aurait été carrément naze. En plus, imagine elle est allergique au pollen, ce serait pire que tout ! s'exclama-t-il avec un sérieux très étudié.

Il n'avait pas la moindre idée de si les encres qui sentaient la fleur contenaient du pollen. Mais dans le doute, il valait mieux s'assurer que le plan se déroulât comme sur des roulettes. Le sucre était donc un parfait substitut.

- Bon, du coup, t'écris juste super bien avec l'encre qui sent bon, mais pas en runes, t'as raison, ce serait trop la galère. Tu crois pas que tu pourrais ajouter un petit truc avec le poème ? Genre... Des chocogrenouilles ? Pour rappeler l'odeur du sucre. Et puis, ça se fait d'offrir des cadeaux quand on est amoureux. Si t'as pas de bonbons j'peux t'en passer, il m'en reste au dortoir, proposa-t-il naturellement.

- Si tu veux, j'vais chercher tous les bonbons qui me restent, comme ça tu choisis ce que tu veux lui donner, pis toi tu vas chercher ton encre qui sent bon, et on s'rejoint ici pour tout préparer comme il faut, et après on va l'envoyer ?

N'était-il pas l'ami que n'importe qui rêverait ? Peut-être pourrait-il devenir coach en séduction, ou un truc du genre. Si seulement il savait lui-même ce dont retournait la séduction.

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4e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil