Enracinés au clair de lune
Yesenia arriva dans le Hall d'entrée du château de Poudlard, quinze minutes avant le couvre-feu, comme l'annonce l'indiquait. L'adolescente avait revêtu un pantalon large noir, ainsi qu'un gros pull en laine gris, de sorte de ne pas prendre froid lorsqu'elle se baladerait dans le parc. Toute excitée, la Serpentard avait répondu très rapidement à l'annonce de son professeur de potions. Après tout, c'était sa matière préférée, avec la Botanique. De plus, pouvoir sortir du château, alors que le soleil disparaissait timidement derrière la forêt interdite était un véritable privilège.
La professeure s'avança, et forma rapidement des binômes pour la cueillette au clair de lune. Yesenia lui fit un large sourire, attrapant panier et couteau à désherber. Elle se retroussa les manches, en observant le garçon avec qui elle formait un binôme.
Il n'avait pas l'air méchant, au contraire, il lui afficha un large sourire, qu'elle lui rendit. Les Serdaigle avaient de la chance, pensa-t-elle, voir le coucher du soleil chaque soir, de son dortoir était un véritable plaisir pour les yeux. Elle était tout aussi émerveillée que lui d'être de sortie.
- Bien sûr, je t’en prie, je vais te montrer comment bien cueillir pour ne pas abîmer la racine. Un bon ingrédient est un ingrédient bien cueilli. Si il est abîmé, on risque de perdre ses propriétés. On creuse à quelques centimètres de la racine, pour ne pas la couper accidentellement. Puis chuchotant : J’espère bien, j’ai deux trois trucs sur le feu à préparer… Quelques racines de Dictame feront amplement l’affaire… dit-elle, tout en évitant soigneusement la question sur la façon dont elle jetait ses Lumos.
Yesenia n'avait jamais été une très bonne lanceuse de sorts, mais au plus les années passaient, au plus sa confiance en elle s'affirmait, et elle pouvait le ressentir lorsqu'elle utilisait sa baguette. Les sorts de soin étaient sans aucun doute ses préférés, et elle les pratiquait au quotidien. Il lui arrivait même parfois de se blesser intentionnellement, juste pour se soigner et pratiquer. La douleur, évidemment, ajoutait une difficulté supplémentaire. Le Dictame était alors une véritable mine d'or en ce qui concernait ses affaires personnelles. Elle préféra changer de sujet avant que le Poufsouffle ne pose trop de question.
- Et toi, ... Louca c'est ça ? Pourquoi veux-tu garder des ingrédients si tu ne sais pas à quoi ils servent ? dit-elle mi-amusée, mi-intriguée, alors qu'ils s'avançaient dans le parc, s'éloignant petit à petit des autres groupes.
Enracinés au clair de lune
C’est lorsqu’elle me sourit, qu’elle accepte et qu’elle déclare même vouloir me montrer comment cueillir que je souris. Un grand sourire étonné qui part jusqu’aux oreilles. Un sourire qui ne s’attendait lui-même pas à apparaître sur mon visage ce soir, mais qui reste bien là, face à cette Serpentard. Et maintenant que je l’ai classée dans les gens que je vais apprécie, je fouille dans mon cerveau à la recherche de son prénom. Je reviens en arrière et repense à la voix de la prof de potion : Miss Cooper. Il me manque le prénom. Et je retiens les prénoms des gens que j’aime bien. Du moins, je les utilise pour ne pas utiliser leur nom de famille.
Voilà enfin une Serpentard qui répond aux stéréotypes sur les Serpentard. Deux trois trucs à préparer ? Quelque chose dans ma tête se met à clignoter. Information importante à retenir et à creuser. Plus tard peut-être. Quand on creusera le Dictame. En attendant, je hoche la tête aux conseils qu’elle me donne. Même si creuser et déraciner, ça me connaît, je ne sais pas pourquoi je fais comme si elle m’apprenait quelque chose et ne dis rien. En revanche, quand elle prononce mal mon prénom, je suis obligé de desserrer ma mâchoire crispée.
— Nan, c’est Loukasssssss. Y a un S.
J’ai envie de lui envoyer le genre de phrase que j’enverrais à n’importe qui d’autre, mais je me retiens.
— Et toi, c’est quoi ? Je lui souris quand elle m’interroge sur mon souhait de garder l’ingrédient. Un sourire sournois. Parce que j’aime bien garder des trucs que j’aurais p’tete pas le droit de garder en temps normal.
Aussi parce que je reste intéressé par la botanique, donc si je peux étudier une plante de mon côté, je dis pas non. Mais là, c’est que j’ai un autre plan.
— En fait, chuchoté-je en suivant ses pas qui s’éloignent des autres groupes. J’essaie de fabriquer une potion un peu en secret. Un truc qui pourrait faire endormir quelqu’un. Alors j’me disais que p’tete que celle-là. Je pointe la plante en question. Elle pourrait m’aider.
Me rendant compte que je ne fais pas grand chose si ce n’est l’observer déraciner du Dictame, je tends ma baguette et lance un Lumos, puis reprends mon observation.
Voilà enfin une Serpentard qui répond aux stéréotypes sur les Serpentard. Deux trois trucs à préparer ? Quelque chose dans ma tête se met à clignoter. Information importante à retenir et à creuser. Plus tard peut-être. Quand on creusera le Dictame. En attendant, je hoche la tête aux conseils qu’elle me donne. Même si creuser et déraciner, ça me connaît, je ne sais pas pourquoi je fais comme si elle m’apprenait quelque chose et ne dis rien. En revanche, quand elle prononce mal mon prénom, je suis obligé de desserrer ma mâchoire crispée.
— Nan, c’est Loukasssssss. Y a un S.
J’ai envie de lui envoyer le genre de phrase que j’enverrais à n’importe qui d’autre, mais je me retiens.
— Et toi, c’est quoi ? Je lui souris quand elle m’interroge sur mon souhait de garder l’ingrédient. Un sourire sournois. Parce que j’aime bien garder des trucs que j’aurais p’tete pas le droit de garder en temps normal.
Aussi parce que je reste intéressé par la botanique, donc si je peux étudier une plante de mon côté, je dis pas non. Mais là, c’est que j’ai un autre plan.
— En fait, chuchoté-je en suivant ses pas qui s’éloignent des autres groupes. J’essaie de fabriquer une potion un peu en secret. Un truc qui pourrait faire endormir quelqu’un. Alors j’me disais que p’tete que celle-là. Je pointe la plante en question. Elle pourrait m’aider.
Me rendant compte que je ne fais pas grand chose si ce n’est l’observer déraciner du Dictame, je tends ma baguette et lance un Lumos, puis reprends mon observation.
Fiche PR - 4e année RP
Enracinés au clair de lune
Le clair de lune diffusait une lumière douce dans le parc du château de Poudlard. L’aura qui s’en dégageait était mystique, surnaturelle même, mais pour Yesenia, elle était sans aucun doute apaisante. La Serpentard aimait être au contact de la nature, mais surtout des végétaux qui l’entouraient.
Elle écoutait le craquement des feuilles sous ses pieds lorsqu’elle se débattait avec le plant, le bruissement du vent dans les arbres, les animaux nocturnes qui se mettaient en éveil. Yesenia aurait pu y rester des heures, profitant de ces moments privilégiés pour voir quelques fleurs qui ne s’ouvraient qu’à la nuit tombée ou observer les petits animaux sortir de leurs terriers.
- Moi, c’est Yesenia. répondit-elle amusée, je ne ferai aucun commentaire là-dessus. Je pense que c’est une excellente idée pour apprendre des trucs qu’on ne voit pas en classe.
Elle ne remettait pas en question les manières d’enseigner de ses professeurs, au contraire, elle les encourageait. Mais Yesenia avait appris avec le temps qu’il fallait faire ses propres expériences également, et que certaines choses ne s’enseignaient pas vraiment au château. Elle repensa à l’un de ses devoirs de Défense contre les forces du Mal sur les sortilèges impardonnables, qui n’avait pas vraiment plu au professeur. Ce jour-là, elle comprit qu’il était préférable de faire ses recherches de son côté. Garder quelques ingrédients sous le coude n’était jamais de trop. Elle se promit d’en garder, elle aussi, pour ses propres expériences.
Elle jeta un œil, au loin, vers la forêt interdite. Les arbres noirs craquaient, rendant l’aspect plus effrayant encore que le Baron Sanglant au coin d’un couloir vide, dans les sous-sols du château. Elle frissonna, le regard perdu entre deux arbres. Là, quelque chose l’observait. Elle le sentait. Où était-ce simplement le fruit de son imagination ? Elle chassa rapidement l’image mentale qu’elle s’était faite d’une créature appartenant à la nuit.
- Mh quoi ? dit-elle, décontenancée. Oh le Dictame. C’est une plante médicinale, elle t’aidera plus si tu te blesses, par exemple. Tu mâches une feuille, et le tour est joué.
Elle releva la tête vers le garçon, curieuse. Il était impossible pour elle d’y voir correctement son visage, le sortilège d’allumage de baguette pointé vers elle et son plant de Dictame. Pourquoi, par Merlin, voudrait-on endormir quelqu’un ? Elle déglutit en pensant à toutes les choses que l’on pouvait faire à un sorcier endormi. Décidément, cette soirée prenait une drôle de tournure.
- Tu veux endormir qui ? Et… pourquoi ?
Elle écoutait le craquement des feuilles sous ses pieds lorsqu’elle se débattait avec le plant, le bruissement du vent dans les arbres, les animaux nocturnes qui se mettaient en éveil. Yesenia aurait pu y rester des heures, profitant de ces moments privilégiés pour voir quelques fleurs qui ne s’ouvraient qu’à la nuit tombée ou observer les petits animaux sortir de leurs terriers.
- Moi, c’est Yesenia. répondit-elle amusée, je ne ferai aucun commentaire là-dessus. Je pense que c’est une excellente idée pour apprendre des trucs qu’on ne voit pas en classe.
Elle ne remettait pas en question les manières d’enseigner de ses professeurs, au contraire, elle les encourageait. Mais Yesenia avait appris avec le temps qu’il fallait faire ses propres expériences également, et que certaines choses ne s’enseignaient pas vraiment au château. Elle repensa à l’un de ses devoirs de Défense contre les forces du Mal sur les sortilèges impardonnables, qui n’avait pas vraiment plu au professeur. Ce jour-là, elle comprit qu’il était préférable de faire ses recherches de son côté. Garder quelques ingrédients sous le coude n’était jamais de trop. Elle se promit d’en garder, elle aussi, pour ses propres expériences.
Elle jeta un œil, au loin, vers la forêt interdite. Les arbres noirs craquaient, rendant l’aspect plus effrayant encore que le Baron Sanglant au coin d’un couloir vide, dans les sous-sols du château. Elle frissonna, le regard perdu entre deux arbres. Là, quelque chose l’observait. Elle le sentait. Où était-ce simplement le fruit de son imagination ? Elle chassa rapidement l’image mentale qu’elle s’était faite d’une créature appartenant à la nuit.
- Mh quoi ? dit-elle, décontenancée. Oh le Dictame. C’est une plante médicinale, elle t’aidera plus si tu te blesses, par exemple. Tu mâches une feuille, et le tour est joué.
Elle releva la tête vers le garçon, curieuse. Il était impossible pour elle d’y voir correctement son visage, le sortilège d’allumage de baguette pointé vers elle et son plant de Dictame. Pourquoi, par Merlin, voudrait-on endormir quelqu’un ? Elle déglutit en pensant à toutes les choses que l’on pouvait faire à un sorcier endormi. Décidément, cette soirée prenait une drôle de tournure.
- Tu veux endormir qui ? Et… pourquoi ?
Enracinés au clair de lune
A son premier commentaire, lorsqu'elle approuve mon choix et le souligne, il m'est impossible de retenir un certain sourire de fierté. Cette Serpentard valide mon action sans même me connaître, et me voilà parti dans une envie de déraciner tout le parc. Juste parce qu'elle a dit que c'était une excellente idée.
Je baisse le regard vers la plante qu'elle nomme.
— Oh.
C'était tout. Ma première réaction. Parce que je suis déçu. De 1, j'aurais dû la reconnaître cette plante. J'ai déjà vu ma mère l'utiliser. Sur elle, sur moi et puis elle est pourtant reconnaissable. De 2, c'est évident que je ne vais clairement pas pouvoir endormir qui que ce soit avec du dictame. Au mieux, je les réveille, mais les endormir, impossible. Je hausse les épaules. Ce ne sera pas pour cette fois.
Puis je relève les yeux vers ma partenaire de cueillette. Je me rappelle soudainement que révéler un plan n'est peut-être la meilleure idée, surtout face à une Serpentard. Nous ne sommes pas dans la même maison. A tous les coups, elle part rendre ces plants à Xarinez et me balance dans le panier avec.
— Naaan, je te fais marcher ! J'étais juste intéressé par la plante. Tu t'y connais un peu, toi ? T'as encore des cours de botanique ?
Et alors qu'un bruit provient de la forêt interdite, je tourne aussitôt la tête vers la source du bruit, puis à nouveau vers la Serpentard.
— T'as entendu ?, demandé-je n'ayant plus tellement envie de parler de plantes ici.
Je baisse le regard vers la plante qu'elle nomme.
— Oh.
C'était tout. Ma première réaction. Parce que je suis déçu. De 1, j'aurais dû la reconnaître cette plante. J'ai déjà vu ma mère l'utiliser. Sur elle, sur moi et puis elle est pourtant reconnaissable. De 2, c'est évident que je ne vais clairement pas pouvoir endormir qui que ce soit avec du dictame. Au mieux, je les réveille, mais les endormir, impossible. Je hausse les épaules. Ce ne sera pas pour cette fois.
Puis je relève les yeux vers ma partenaire de cueillette. Je me rappelle soudainement que révéler un plan n'est peut-être la meilleure idée, surtout face à une Serpentard. Nous ne sommes pas dans la même maison. A tous les coups, elle part rendre ces plants à Xarinez et me balance dans le panier avec.
— Naaan, je te fais marcher ! J'étais juste intéressé par la plante. Tu t'y connais un peu, toi ? T'as encore des cours de botanique ?
Et alors qu'un bruit provient de la forêt interdite, je tourne aussitôt la tête vers la source du bruit, puis à nouveau vers la Serpentard.
— T'as entendu ?, demandé-je n'ayant plus tellement envie de parler de plantes ici.
Fiche PR - 4e année RP
Enracinés au clair de lune
Elle déglutit, attendant patiemment la réponse du garçon, dans l’espoir qu’il donne une raison valable du genre « Ma mamie a du mal à s’endormir » ou « Je cherche à ne plus faire de cauchemar ». Une raison interdite au règlement de Poudlard ne la dérangeait pas non plus, tant que celle-ci était pour une bonne cause. Après tout, Yesenia n’était pas en accord avec l’entièreté du dit-règlement. Mais Lukas ne semblait pas prêt de lui dire quoi que ce soit sur cette potion d’endormissement. Le frisson ne la quittait pas.
- Je vois, marmonna-t-elle, de plus en plus soupçonneuse. Hé bien, mh, oui, j’adore la botanique… Je veux soigner les sorciers plus tard alors… les potions, la botanique, c’est mon truc.
Yesenia n’avait aucune envie de s’épancher sur la question, bien qu’elle adorait en parler — et pouvait littéralement en parler pendant des heures — elle souhaitait surtout en apprendre d’avantage sur le Poufsouffle, qui lui paraissait de plus en plus mystérieux. Et un peu dangereux, aussi.
Elle n’eut pas le temps de lui faire cracher le morceau. Son ventre se noua, au craquement dans les feuillages, non loin de là, suivi de Lukas qui l’interrogea sur le bruit. Cette fois-ci, lui aussi l’avait entendu.
- Oui. Chuchota-t-elle, en observant à nouveau la forêt interdite.
Elle lâcha ses outils, et observa la pénombre entre les arbres, qui semblaient immenses, prêts à les engloutir, si l’eau ne séparait pas Poudlard du reste du monde sorcier. L’oreille attentive, Yesenia se sentait comme un lapin, prêt à se faire attraper par un oiseau de proie.
- Tu… vois quelque chose ? Demanda-t-elle, cherchant la source du bruit. Ça nous observe.
280
- Je vois, marmonna-t-elle, de plus en plus soupçonneuse. Hé bien, mh, oui, j’adore la botanique… Je veux soigner les sorciers plus tard alors… les potions, la botanique, c’est mon truc.
Yesenia n’avait aucune envie de s’épancher sur la question, bien qu’elle adorait en parler — et pouvait littéralement en parler pendant des heures — elle souhaitait surtout en apprendre d’avantage sur le Poufsouffle, qui lui paraissait de plus en plus mystérieux. Et un peu dangereux, aussi.
Elle n’eut pas le temps de lui faire cracher le morceau. Son ventre se noua, au craquement dans les feuillages, non loin de là, suivi de Lukas qui l’interrogea sur le bruit. Cette fois-ci, lui aussi l’avait entendu.
- Oui. Chuchota-t-elle, en observant à nouveau la forêt interdite.
Elle lâcha ses outils, et observa la pénombre entre les arbres, qui semblaient immenses, prêts à les engloutir, si l’eau ne séparait pas Poudlard du reste du monde sorcier. L’oreille attentive, Yesenia se sentait comme un lapin, prêt à se faire attraper par un oiseau de proie.
- Tu… vois quelque chose ? Demanda-t-elle, cherchant la source du bruit. Ça nous observe.
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