29 juil. 2025, 23:45
 OS  On ne change pas
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Juillet 2050,
Durant la promenade matinale
𝄞 ♪♭𝅗𝅥♫
Ce matin-là, le Maestro Piccolo avait décidé de diriger sa promenade journalière en direction du Chemin de Traverse, un peu curieux de découvrir si les sorciers l'avaient déserté pour les vacances. A vrai dire, en passant devant les premières boutiques, il se trouva incapable d'effectuer la comparaison - apparemment devenu davantage Ecossais que londonien. Les mains derrière le dos, droit, il marchait calmement au grès des vitrines parfois encore sombres.

Son regard s'arrêta devant les promotions de rentrée, un peu curieux de comparer les prix à ceux auxquels il avait été mangé à l'époque de sa scolarité. A peu de chose près, le bas de gamme restait dans les prix du bas de gamme, ce qui était rassurant. Le haut de gamme, en revanche... Tout cela avait à faire aux prouesses magiques des sorciers. S'ils continuaient d'améliorer les balais dans chacun de leurs aspects, plus personne ne pourrait s'en offrir un neuf... Il pensait sûrement à l'exemple des balais puisque le sien ne tarderait pas à échouer son contrôle technique. S'il allait devoir s'en procurer un nouveau, peut-être bien qu'il considèrerait la revente. Le sorcier entendait déjà la voix de sa mère dans son cerveau : "Tu devrais penser à l'avenir, un balais de seconde main ne sera jamais aussi fiable pour transporter une bienaimée et votre héritier."

Sans trop savoir pourquoi, ses pas délicats l'avaient arrêté devant la petite boutique d'Ollivander. Eux ne rencontraient apparemment aucun problème dans la production d'héritiers, car l'entreprise avait accompli le petit miracle de conserver son nom jusqu'à aujourd'hui. Des sorciers matinaux faisaient affaire à l'intérieur, mais le Maestro Piccolo détenait une question d'ordre magique - cela ne prendrait pas beaucoup de temps.

L'odeur poussiéreuse du lieu l'inquiéta immédiatement, en attestait la présence d'un mouchoir de soie collé à son nez - souvent utilisé dans ce genre d'endroit. Pourtant, elle le ramenait bien des années en arrière, à l'aube de son expression magique. Le sorcier dont la cape d'été frôlait presque le parquet restait à l'écart, essayant de ne croiser le regard que les empilements des baguettes magiques dans un souci de discrétion. Il ne se passait rien de bien important devant lui, cela dit, une fillette essayait de trouver baguette à sa main. D'un côté touché par la charmante scène, le Maestro Piccolo ne pouvait s'empêcher de prier pour que la prochaine baguette soit la bonne. Sa question était tout aussi importante que ce premier acte enchanté - estimait-il.

Alors que le vieux sorcier établissait un contact visuel pour le faire avancer, il détacha sa propre baguette magique de son étui. Il la déposa sur le comptoir, la fixant du regard. Le bois de cerisier n'avait pas l'air de ses trente ans et si son sorcier s'était attendu à un petit compliment sur sa qualité de préservateur, il n'en fut rien. On n'attendait plus que la raison de sa consultation.
« Je ne sais pas si vous vous rappelez... Vous aviez dit qu'elle appréciait la nouveauté et l'inventivité... Et qu'elle avait été conçue pour choisir un sorcier indépendant et curieux. »
C'était le côté indépendant qui le chiffonnait, bien que le fabriquant de baguettes ne s'était pas trompé jusqu'à maintenant. Tripplehorn ne savait soudain plus comment aborder sa question.
« Me serais-je fourvoyé quelque part ? » fit mine de s'étonner l'homme.
« Elle me convient parfaitement, clarifia-t-il en la rapprochant de son cœur comme s'il ne voulait pas s'en défaire, en aucune façon. Cela dit, j'ai peut-être une crainte... Disons que je devienne un peu moins indépendant : disons qu'un mariage se profile... Est-ce qu'elle pourrait cesser de me répondre ? » Il la triturait comme s'il essayait de la décrypter.

Il était connu que la magie pouvait décliner pour diverses raisons et il avait besoin de ventiler cette idée avant de s'adonner complètement à celle du mariage.
« Allez-y, agitez-la un peu », invita le fabricant d'une voix assurée.
Tripplehorn s'exécuta, essayant de faire léviter la petite clochette du comptoir, ce qui se déroula sans difficulté apparente.
« Les baguettes magiques ne cessent pas de répondre à leur sorcier du jour au lendemain, Monsieur Tripplehorn. » L'expert lui tendit la main pour examiner à son tour le bois.
« Elle ne vous trahira pas... Quand bien même de profonds changements peuvent advenir, elle s'y acclimatera. »
Le soulagement immense que ces informations avaient provoqué en lui laissa place à une nouvelle crainte, plus lointaine : à présent, plus rien ne l'empêchait de trouver épouse. Plus d'excuses, plus d'entourloupes, il allait se plonger dans sa mission avec sérieux.
« Vous en êtes bien certain ? J'ai entendu dire beaucoup de choses sur des sorciers qui se voyaient obligés de chercher une nouvelle baguette magique et ne retrouvaient jamais leur pouvoir d'antan... »

Après quelques débats, il se vit bien obligé d'écouter la voix de la raison - qui l'avait soupçonné par ailleurs de trop lire la presse à scandale : sa magie ne serait pas affectée par ses ambitions tant que ses ambitions restaient humaines et raisonnables. Il était discutable d'estimer que trouver une épouse en une année constituait une ambition raisonnable, mais Tripplehorn admettait avoir acquis davantage d'affection pour le lien qu'il entretenait avec sa baguette magique. Il aimait à penser que même après son mariage, elle continuerait de le considérer comme un sorcier indépendant - synonyme pour lui de demeurer maître de ses choix. Après tout, elle aurait pu l'abandonner quand il s'était laissé porter par le chaperonnage de la Grande Renata ou bien quand il avait décidé de vivre sous le toit de ses parents... Peut-être bien qu'il gagnerait même en puissance une fois qu'il construirait son propre foyer. Il n'avait jamais été un mauvais sorcier - comme lui avait rappelé son père avec fierté la semaine d'avant, il avait une nuit réussi à produire un Patronus corporel, ce que peu de personnes dans son entourage pouvait se targuer. Engaillardi - l'étui accroché à sa ceinture le rendait plus fier que jamais -, Tripplehorn continua sa promenade avec l'aura d'un sorcier qui pouvait encore se surprendre. Les anciennes paroles d'Ollivander semblaient le porter de nouveau : l'inventivité et la curiosité n'étaient pas des qualités à sous-estimer lorsque l'on partait à la poursuite de sa moitié, encore moins lorsqu'il s'agissait de la divertir à ses côtés pour le reste des temps.

Maestro Piccolo inRP (Fut chef de chœur à Poudlard de janvier 2048 à juin 2050)
Avatar : Kamome Shirahama
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L'IA m'a tuer