Et tu restes
Reducio
Votre PJ est présent ? Oui
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") : Bentley Arthur, Père d'Ada, utilisation en mode actif.
- Lien vers la fiche du PNJ : Juste ici
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis : Le père d´Ada est botaniste. En lui transmettant sa passion, en lui parlant et l´éduquant sur les plantes, elle va elle-même developper une passion pour la botanique qui va la suivre toute sa vie.
Ada, 5 ans
Les branches s´étire devant moi. C'est beau. Je ne sais pas trop pourquoi j'y suis sensible ; sous mes chaussures, les feuilles font un bruit de crissement, et font crac crac sous mes pas. C'est drôle. Je souris et je saute dans une flaque. Ca fait plouf! plouf ! L'eau se trouble, tourmentée, puis redevient lisse. Je me regarde et je me tire la langue. Est-ce moi, ou un djinn enchanté qui me regarde d'en bas, du sol dur et si mystérieux ? Je saute, plouf! Mais je tombe, et je reste interdite.
La mine triste, je reste affalée sur le sol. Je m'apprête à pleurer, mes joues se gonflent ; mais les branches au-dessus de moi m'apaise. Je laisse passer un gloussement alors que je penche la tête pour mieux regarder la canopée. Toutes ces feuilles qui frémissent là haut, elles prennent le soleil, on dirait qu'elles sont baignées d'or. Les branches sont comme un labyrinthe qui encercle le ciel ; peut-être que si on le résous, on aura la clé des cieux et on s'envolera vers l'espace.
_Bah alors ma puce, t'es tombée ?
Un gloussement ravi lui répond. Je reste la tête vers l'arbre, je ne lui réponds pas. En fait, j'ai déjà oubliée qu'il m'a parlé. Mais il s’accroupit près de moi, et je me tournes vers lui, un grand sourire sur les lèvres.
_C'est zoli. Hein, Papa, c'est beau ?
Une mine rassurée se peint sur son visage. On dirait qu'une vague a tout emporté et qu'il ne reste sur la plage que les beaux coquillages, et non plus les algues noires qui creusent le sable en d'innombrables rides. _Bah oui, c'est beau. C'est un arbre, Ada. Je me retourne vers les branches et je glousse. _Haha, mais oui, je zais que c'est un arbre quand même ! C'est quoi, comme arbre ?
Il jeta un regard pensif sur le tronc, avec de se retourner vers moi. _Et bien, c'est un chêne. Je pousse un soupir admiratif. _Un zêne ? _Mais non ! Papa rigole et je prends une mine vexée. Je n'aime pas qu'on se moque de moi, et d'abord, je ne vois pas pourquoi il le fait. _Un chêne, dit-il en articulant. Je fronce les sourcils. Ce n'était pas ce que j'avais dit ? Je tente de répéter, parce que je veux lui faire plaisir. Aussi, parce que je veux apprendre, et faire les choses bien. _Un... chêneuh.
Son visage s'éclaire. Cela me fait plaisir. Je suis ravie d'avoir appris un truc. _Un chêneuh ! Trop bien...
Toujours sur le sol, je me penche encore vers le... chêneuh. Une mine inquiète m'envahit, alors que je suis prise d'un doute terrible. Je me tourne vers Papa, soudain interrogatrice, presque accusatrice, comme s'il m'avait caché quelque chose : _Mais... M-mais, comment tu sais ? Comment tu sais que ça c'est un zêne ? Il me regarde, éclatant de rire. _Enfin, ma puce, je le sais, c'est tout ! Je l'ai appris, parce que j'ai eu des dizaine d'années pour le faire. Et c'est mon métier, Papa travaille avec les plantes, tu te souviens ? Il me tire la joue, joyeusement, mais je boude. Je croise les bras, refusant sa réponse. _Mais nooon ! Comment tu fais, pour le reconnaître ? Les narbres, c'est tous pareil, non ? Ca-Ca-ça a des-des feuilles et pis c'est grand. Mais toi t'as dit que c'était un chêne !
Papa me regarde gravement. J'ai l'impression d'avoir dit quelque chose d'intelligent, alors je me rengorge, je me redresse et un sourire étire mes lèvres. Mes yeux pétillent alors que j'attends sa réponse.
_Bonne question, ma puce... Et bien, il y a certains signes distinctifs. Je secoue la tête. Je n'ai pas compris. Je le dis tout haut, parce que Maman dit qu'il faut dire les choses, et qu'on peut pas deviner ce que pense les autres : _C'est quoi, des signes diztingctifs ?
Il sourit, encore. Papa sourit beaucoup quand il est avez moi, et j'aime bien ça. _Ca veut dire que comme je peux savoir que c'est toi quand je te vois, parce que tu as des cheveux bruns, des yeux tous mignons et une petite bouille curieuse, et bien je peux voir que c'est un chêne. C'est marqué sur son visage.
_C'est marqué sur son visage..., je répète, émerveillée. Je me retourne vivement vers l'arbre, enchantée d'avoir eu les clés pour le déchiffrer. Je plisse les yeux, me concentrent, et essaie de voir le visage de l'arbre. Zêne... non, chêneuh, trop bien de te rencontrer !
Dernière modification par Ada Bentley le 29 juil. 2025, 23:41, modifié 1 fois.
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~My smile wraps around my head splitting it in two, two
Et tu restes
Je reste assise un certain temps. Le visage ébahi, je regarde les feuilles frissonner dans le vent. Elles m´apaisent. Elles chantent dans le vent, c´est drôle. On dirait une vieille comptine que me chante Papa ou maman. Je me balance, la bouche entrouverte. L'immuable arbre me sourit de haut. Son visage d'écorce et de vert à une allure de bonhommie. Je souris, d'un léger sourire qui ne vient qu'avec un contentement complet. Je pose mes mains sur le sol, les coudes tendus derrière mes jambes en tailleur. Je suis bien là. Et lui, il ne va nulle part. J'aimerais bien rester.
Mais l'admiration muette me lasse. Enfant de 5 ans, je me relève, je fais le tour du tronc. Y a-t-il un autre secret, caché entre les branches ? Entre l'écorce, un écureuil ou un coffre au trésor ? Mais rien ne vient ; je ne vois rien. J'ai une moue déçue ; mais soudain, le sol se dérobe devant moi. Je reste interdite, me rattrapant de justesse à l'écorce. Mes mains sont toutes écorchées, maintenant. Je rougis et je tape du pied l'arbre, méchant arbre, méchant chêne ! Avant de me reprendre ; désolée, désolée, je ne voulais pas te faire mal. Je caresse l'écorce, peinée. Et puis, je regarde ce qui m'a fait tomber ; voilà, caché entre les tas de feuilles, un bout de bois qui dépasse. Je tire dessus, mais il ne bouge pas. Drôle de chose.
Papa, qui semblait résigné à me laisser faire, était jusqu'alors en train de fumer, non loin. Il s'approche quand il voit mon examen curieux du bout de bois. _Tu sais ce que c'est ?, demande-t-il. Il a ce ton grave déguisé en une voix amusée qu'il a quand il veut m'apprendre quelque chose. Je fais non de la tête. Mes boucles brunes se secouent dans l'air. _C'est des racines. Ra-ci-nes. Je fronce les sourcils, me concentrant très fort. Maîtresse m'a parlé des racines, non ? On avait vu des schémas en cours. Je ne sais plus. J'attends avec des yeux attentifs qu'il continue. _Les racines sont des jolies choses. Elles permettent à l'arbre de pomper l'eau qui se trouve dans le sol. Et tout plein de nutriments. Comme ça, il a à boire et à manger tout le temps. Je prends une mine perdue. Il m'a expliqué, mais je n'ai toujours pas compris. Je veux comprendre. Je crois. Mais je n'ai pas compris, pas du tout. Ma mine affolée alarme mon père, qui essaye de me réexpliquer. _Les nutriments, c'est à manger. C'est tout plein de bonnes choses. Et les racines, et bah elles aspirent à manger, et le donne au tronc et aux feuilles ! Comme toi quand tu aspires avec une paille; Et bah lui, le chêne, il aspire avec ses racines. J'hoche la tête, vigoureusement. J'ai envie d'avoir son approbation. _T'as compris ? Ma mine hésitante le fait soupirer. Je dis _Oui, oui. Cela ne le convainc pas. Il voit bien que je regarde la racine avec un air perplexe. Alors il hausse les épaules et abandonne le sujet. Mon père est pas un prof, après tout. Un temps de silence s'installe entre nous. J'ai peur qu'il soit fâché. Peut-être qu'il aurait voulu que je comprenne... Je le regarde, peureuse.
Je m'approche et lui tire le bout de son tee-shirt blanc. Il a des trous, mais Papa dit que c'est normal. Qu'il ne veut pas racheter des choses, et que les trous, c'est pour mieux sentir le vent quand il fait chaud. Mais il ne fait pas souvent chaud, à Londres. Il dit que c'est parce que quand on va en forêt, il va salir le tee-shirt, et il préfère salir un vieux tee-shirt qu'un tout beau tout neuf tee-shirt. Moi je m'en fiche, et je salis bien ce que je veux. Le pan de tee-shirt dans ma main, je lui dis : _T'es fâché ? Il me regarde d'un drôle d'air, avant de s'adoucir. _Mais non, ma puce, j'suis pas fâché. Je le regarde un instant, histoire d'être sûre qu'il dit la vérité. Je ne suis pas sûre, mais il semble quand même honnête. J'hoche la tête, comme si un pacte venait d'être passé. Je ne lâche pas son tee-shirt, mais je lâche ces mots : _T'peux m-m'apprendre à reconnaître les chen-n-n-euh, alors ?
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Mais l'admiration muette me lasse. Enfant de 5 ans, je me relève, je fais le tour du tronc. Y a-t-il un autre secret, caché entre les branches ? Entre l'écorce, un écureuil ou un coffre au trésor ? Mais rien ne vient ; je ne vois rien. J'ai une moue déçue ; mais soudain, le sol se dérobe devant moi. Je reste interdite, me rattrapant de justesse à l'écorce. Mes mains sont toutes écorchées, maintenant. Je rougis et je tape du pied l'arbre, méchant arbre, méchant chêne ! Avant de me reprendre ; désolée, désolée, je ne voulais pas te faire mal. Je caresse l'écorce, peinée. Et puis, je regarde ce qui m'a fait tomber ; voilà, caché entre les tas de feuilles, un bout de bois qui dépasse. Je tire dessus, mais il ne bouge pas. Drôle de chose.
Papa, qui semblait résigné à me laisser faire, était jusqu'alors en train de fumer, non loin. Il s'approche quand il voit mon examen curieux du bout de bois. _Tu sais ce que c'est ?, demande-t-il. Il a ce ton grave déguisé en une voix amusée qu'il a quand il veut m'apprendre quelque chose. Je fais non de la tête. Mes boucles brunes se secouent dans l'air. _C'est des racines. Ra-ci-nes. Je fronce les sourcils, me concentrant très fort. Maîtresse m'a parlé des racines, non ? On avait vu des schémas en cours. Je ne sais plus. J'attends avec des yeux attentifs qu'il continue. _Les racines sont des jolies choses. Elles permettent à l'arbre de pomper l'eau qui se trouve dans le sol. Et tout plein de nutriments. Comme ça, il a à boire et à manger tout le temps. Je prends une mine perdue. Il m'a expliqué, mais je n'ai toujours pas compris. Je veux comprendre. Je crois. Mais je n'ai pas compris, pas du tout. Ma mine affolée alarme mon père, qui essaye de me réexpliquer. _Les nutriments, c'est à manger. C'est tout plein de bonnes choses. Et les racines, et bah elles aspirent à manger, et le donne au tronc et aux feuilles ! Comme toi quand tu aspires avec une paille; Et bah lui, le chêne, il aspire avec ses racines. J'hoche la tête, vigoureusement. J'ai envie d'avoir son approbation. _T'as compris ? Ma mine hésitante le fait soupirer. Je dis _Oui, oui. Cela ne le convainc pas. Il voit bien que je regarde la racine avec un air perplexe. Alors il hausse les épaules et abandonne le sujet. Mon père est pas un prof, après tout. Un temps de silence s'installe entre nous. J'ai peur qu'il soit fâché. Peut-être qu'il aurait voulu que je comprenne... Je le regarde, peureuse.
Je m'approche et lui tire le bout de son tee-shirt blanc. Il a des trous, mais Papa dit que c'est normal. Qu'il ne veut pas racheter des choses, et que les trous, c'est pour mieux sentir le vent quand il fait chaud. Mais il ne fait pas souvent chaud, à Londres. Il dit que c'est parce que quand on va en forêt, il va salir le tee-shirt, et il préfère salir un vieux tee-shirt qu'un tout beau tout neuf tee-shirt. Moi je m'en fiche, et je salis bien ce que je veux. Le pan de tee-shirt dans ma main, je lui dis : _T'es fâché ? Il me regarde d'un drôle d'air, avant de s'adoucir. _Mais non, ma puce, j'suis pas fâché. Je le regarde un instant, histoire d'être sûre qu'il dit la vérité. Je ne suis pas sûre, mais il semble quand même honnête. J'hoche la tête, comme si un pacte venait d'être passé. Je ne lâche pas son tee-shirt, mais je lâche ces mots : _T'peux m-m'apprendre à reconnaître les chen-n-n-euh, alors ?
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Et tu restes
_Bien sûr ! Je vois bien à son ton que ça lui fait très plaisir. Papa aime bien les plantes, c'est comme ça. Maman m'a dit que ça a pris du temps, et qu'avant il ne s'y intéressait pas tant que ça, mais je n'y crois pas. Papa aime nous, ses amis, et les plantes, c'est bien connu. Il n'en peut pas être autrement.
Mes pas écrase la mousse molle alors que Papa m'éloigne de l'arbre. Je ne comprends pas pourquoi, parce que je veux savoir comment le reconnaître, pas m'en éloigner. Je boude et je résiste, pensant qu'il m'emmène ailleurs et qu'il en a fini avec les chêneuh. Mais il s'arrête après quelques pas, et me regarde d'un air fatigué jusqu'à ce que j'arrête de bouder. _Alors... Pour r'connaître un arbre, il faut plusieurs choses. Y'a quoi, dans un arbre ? Je réfléchis. Il y a l'arbre. Ca doit bien faire une partie. Et puis... et puis... _L-les feuilles ! Papa hoche la tête. _Très bien ! Il y a les feuilles. Et elles sont comment, là, les feuilles ? Je plisse les yeux, me concentrant. Mes joues se gonflent alors que je soupire. Je suis curieuse, mais je ne sais pas trop quoi dire. _Bah... c'est des feuilles ? Papa respire. Il essaye mais je le vois qui perd un peu patience. Le soupire quitte sa bouche pour aller dans l'air, comme une barrière entre lui et moi. Et puis ses yeux regardent l'arbre, pétillent, et Papa redevient Papa. _C'est vrai. Mais regarde, elles sont toutes allongées. Tu vois ? Je regarde platement les feuilles, comme si elles allaient soudainement devenir élastique, et s'allonger de quelques mètres dans le vent automnal. _Tend ton pouce. Voilà. Tu vois bien, ça suit le contour de ton pouce, non ? C'est pas rond, c'est oval. O-va-leuh. Je tend mon pouce, et je rigole alors que le contour des feuilles se mélangent avec celui de mon doigt. C'est drôle. _C'est comme ça que tu sais que c'est un chêneuh ?, dis-je d'un ton enthousiaste, ravie d'être soudain experte en chêneuh. Il sourit, et acquiesce. _Pas que. Mais oui, en partie. Et tu vois, le tronc ? Je regarde l'arbre, plissant les yeux à la recherche d'un détail. _Mais non, s'amuse-t-il, _Le tronc, c'est la partie toute marron au milieu. Qui tient tout le reste. C'est comme ton bidon et ton dos, dit-il en me chatouillant le ventre. Je pousse un cri, rigolant à tue-tête d'un rire cristallin. Je m'éloigne un instant, pour être sûr qu'il ne va pas recommencer, avant de me rapprocher en trottinant. _Le tronc, il est tout gros. Hein, tu vois comme il est gros ? Il s'entortille comme ça, c'est un escalier en colimaçon ! Ca fait tchouuuuu, puis fiouuuu ! dit-il en suivant le contour de l'arbre. J'hoche la tête, avant de chercher confirmation. _Donc les chêneuh, c'est des escaliers à colimaçons avec des feuilles allongées ? Papa acquiesce. Je murmure, dans un souffle, émerveillée, en levant la tête jusqu'à la cime : _Trop bien...
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Mes pas écrase la mousse molle alors que Papa m'éloigne de l'arbre. Je ne comprends pas pourquoi, parce que je veux savoir comment le reconnaître, pas m'en éloigner. Je boude et je résiste, pensant qu'il m'emmène ailleurs et qu'il en a fini avec les chêneuh. Mais il s'arrête après quelques pas, et me regarde d'un air fatigué jusqu'à ce que j'arrête de bouder. _Alors... Pour r'connaître un arbre, il faut plusieurs choses. Y'a quoi, dans un arbre ? Je réfléchis. Il y a l'arbre. Ca doit bien faire une partie. Et puis... et puis... _L-les feuilles ! Papa hoche la tête. _Très bien ! Il y a les feuilles. Et elles sont comment, là, les feuilles ? Je plisse les yeux, me concentrant. Mes joues se gonflent alors que je soupire. Je suis curieuse, mais je ne sais pas trop quoi dire. _Bah... c'est des feuilles ? Papa respire. Il essaye mais je le vois qui perd un peu patience. Le soupire quitte sa bouche pour aller dans l'air, comme une barrière entre lui et moi. Et puis ses yeux regardent l'arbre, pétillent, et Papa redevient Papa. _C'est vrai. Mais regarde, elles sont toutes allongées. Tu vois ? Je regarde platement les feuilles, comme si elles allaient soudainement devenir élastique, et s'allonger de quelques mètres dans le vent automnal. _Tend ton pouce. Voilà. Tu vois bien, ça suit le contour de ton pouce, non ? C'est pas rond, c'est oval. O-va-leuh. Je tend mon pouce, et je rigole alors que le contour des feuilles se mélangent avec celui de mon doigt. C'est drôle. _C'est comme ça que tu sais que c'est un chêneuh ?, dis-je d'un ton enthousiaste, ravie d'être soudain experte en chêneuh. Il sourit, et acquiesce. _Pas que. Mais oui, en partie. Et tu vois, le tronc ? Je regarde l'arbre, plissant les yeux à la recherche d'un détail. _Mais non, s'amuse-t-il, _Le tronc, c'est la partie toute marron au milieu. Qui tient tout le reste. C'est comme ton bidon et ton dos, dit-il en me chatouillant le ventre. Je pousse un cri, rigolant à tue-tête d'un rire cristallin. Je m'éloigne un instant, pour être sûr qu'il ne va pas recommencer, avant de me rapprocher en trottinant. _Le tronc, il est tout gros. Hein, tu vois comme il est gros ? Il s'entortille comme ça, c'est un escalier en colimaçon ! Ca fait tchouuuuu, puis fiouuuu ! dit-il en suivant le contour de l'arbre. J'hoche la tête, avant de chercher confirmation. _Donc les chêneuh, c'est des escaliers à colimaçons avec des feuilles allongées ? Papa acquiesce. Je murmure, dans un souffle, émerveillée, en levant la tête jusqu'à la cime : _Trop bien...
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Et tu restes
Je regarde la cime. Il fait bon même si c'est l'automne, et mon copain le chêneuh est toujours là. Je m'approche, avec la ferme attention de monter son escalier en colimaçon. Mais il est trop escarpé, et ce n'est pas un escalier du tout. Je suis déçue, alors que je m'écorche le doigt à essayer de m'y suspendre. Qu'importe. Je pars soudainement en flèche, désintéressée, pour continuer la balade. La forêt est quelque chose de joli, très joli, mais dès fois elle fait peur. Tout est si grand... Je m'éloigne de Papa, avant de me rapprocher rapidement alors qu'un bruit bizarre résonne, puis reprend ma résolue indépendance. Les feuilles sont pour la plupart dorées, même si certaines sont encore vertes. Maman m'a expliqué que les saisons, et bah elles faisaient changé la couleur des arbres. Je m'imagine un peintre, en haut, en train de peindre patiemment toutes les feuilles du monde.
Je m'arrête devant un autre arbre. Je tend le pouce, mais les feuilles sont trop rondes pour qu'elles soient dedans. Je fais la moue, déçue. Je demande à Papa : _Et ça, c'est pas un cheneux ? Il me dit que non. Je suis déçue. Je ne sais pas ce que cela est, celui là. Peut être un platane ? Maman dit qu'on a un platane, dans la cours.
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Je m'arrête devant un autre arbre. Je tend le pouce, mais les feuilles sont trop rondes pour qu'elles soient dedans. Je fais la moue, déçue. Je demande à Papa : _Et ça, c'est pas un cheneux ? Il me dit que non. Je suis déçue. Je ne sais pas ce que cela est, celui là. Peut être un platane ? Maman dit qu'on a un platane, dans la cours.
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