Au-delà de minuit
J'ignore très volontairement sa confirmation pour le moins fort peu convaincante pour éviter de remuer le sujet. Tout est bon pour éviter de lui faire penser à l'événement qui vient d'arriver.
J'esquisse un sourire lorsque je vois que je parviens enfin à lui tirer un rire. C'était pas trop tôt !
Et oui... Je sais... La dernière fois que quelqu'un a fait passer de l'alcool sous les radars à Poudlard, la soirée s'est très mal fini. Donc je me doute bien que ça a refroidi quiconque de réitérer l'exploit. Donc pas d'alcool à Poudlard. Simplement lorsqu'on peut... Durant l'été.
Je secoue lentement la tête lorsqu'elle exprime le bonheur de sentir l'air frais sur son visage.
— Ça, je ne vous le fais pas dire...
Cet air frais qui permet de libérer mes poumons et de... Profiter d'un moment de silence.
J'entends un peu la musique au loin. Mais cela ne me fait que plus me rendre compte d'à quel point ce retour au calme, sans les discussions ambiantes et sans la musique à fond est agréable. Avec une douce brise pour couronner le tout.
Ma main toujours dans la sienne, je la resserre. Et commence à fermer les y-...
— Edmund. Dexter. Marcus. Ulrick. Newton. Dale.
Mon sang se glace à l'entente de cette voix.
Maman. Ce n'est vraiment, mais alors vraiment pas le moment.
La voix venait de derrière moi. J'entends ses talons qui claquent derrière Lumah et moi. Je peux encore prétendre qu'elle ne s'est pas adressée à moi. Il faut juste... Fuir. Vite. Très très vite.
Je serre la main de ma partenaire de plus bel et commence à march-...
Je me crispe encore plus fort lorsque je sens sa main sur mon épaule. J'ignorais que je pouvais être encore plus tendu qu'il y a cinq secondes.
— Je peux vous aider, Mrs ?
Avoir l'air... De ne pas comprendre. Vous m'avez confondu avec quelqu'un, Mrs.
Sans me répondre, elle se tourne vers Lumah :
— Mes excuses, Miss. Vous êtes ravissante ce soir, très belles boucles-d'oreille ! Je dois simplement avoir une petite discussion avec mon fils. Je vous le rends dans quelques instants.
J'esquisse un sourire lorsque je vois que je parviens enfin à lui tirer un rire. C'était pas trop tôt !
Et oui... Je sais... La dernière fois que quelqu'un a fait passer de l'alcool sous les radars à Poudlard, la soirée s'est très mal fini. Donc je me doute bien que ça a refroidi quiconque de réitérer l'exploit. Donc pas d'alcool à Poudlard. Simplement lorsqu'on peut... Durant l'été.
Je secoue lentement la tête lorsqu'elle exprime le bonheur de sentir l'air frais sur son visage.
— Ça, je ne vous le fais pas dire...
Cet air frais qui permet de libérer mes poumons et de... Profiter d'un moment de silence.
J'entends un peu la musique au loin. Mais cela ne me fait que plus me rendre compte d'à quel point ce retour au calme, sans les discussions ambiantes et sans la musique à fond est agréable. Avec une douce brise pour couronner le tout.
Ma main toujours dans la sienne, je la resserre. Et commence à fermer les y-...
— Edmund. Dexter. Marcus. Ulrick. Newton. Dale.
Mon sang se glace à l'entente de cette voix.
Maman. Ce n'est vraiment, mais alors vraiment pas le moment.
La voix venait de derrière moi. J'entends ses talons qui claquent derrière Lumah et moi. Je peux encore prétendre qu'elle ne s'est pas adressée à moi. Il faut juste... Fuir. Vite. Très très vite.
Je serre la main de ma partenaire de plus bel et commence à march-...
Je me crispe encore plus fort lorsque je sens sa main sur mon épaule. J'ignorais que je pouvais être encore plus tendu qu'il y a cinq secondes.
— Je peux vous aider, Mrs ?
Avoir l'air... De ne pas comprendre. Vous m'avez confondu avec quelqu'un, Mrs.
Sans me répondre, elle se tourne vers Lumah :
— Mes excuses, Miss. Vous êtes ravissante ce soir, très belles boucles-d'oreille ! Je dois simplement avoir une petite discussion avec mon fils. Je vous le rends dans quelques instants.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
« Roi du Drama & du Suspens » — JT (ou LD-M)
Avatar retouché par Gemini
« Roi du Drama & du Suspens » — JT (ou LD-M)
Avatar retouché par Gemini
Au-delà de minuit
Edmund ne rebondit pas sur la réponse sceptique de Lumah, mais l’inverse aurait été étonnant.
Lumah profita donc de ce moment de répit pour reprendre un maximum de forces. Elle aimait bien pouvoir encore entendre la musique, mais bien moins fort, sans être oppressée par la foule et surtout, en respirant de l’air frais. Elle profita également de cet instant pour concocter un plan pour la suite. Franchement, elle ne savait pas si elle lui aurait couru après s’il avait continué à l’éviter, mais s’il l’avait approchée ce soir, c’est qu’il n’était probablement pas passé à autre chose. Mais ça, elle s’en fichait. Enfin, pas vraiment, puisqu’elle l’aimait. Mais là, sa priorité, c’était de lui en faire voir de toutes les couleurs pour l’avoir approchée si lâchement. Elle songeait par exemple à le draguer, ou plutôt à draguer cet inconnu, n’est-ce pas, pour le rendre jaloux. C’est là qu’on voyait qu’il avait déteint sur elle : jamais elle n’aurait songé à ce genre d’idées quelques années auparavant. Mais le mal était fait. Bref, si elle exécutait ce plan, peut-être alors prendrait-il ses vifs d’or et serait honnête avec elle. Ou alors il croirait qu’elle ne l’apprécie plus et… Mais d’ailleurs… Est-ce qu’il savait qu’elle l’aimait ? Il faut dire qu’elle même n’était pas entièrement disponible mentalement cette soirée-là… Lumah farfouilla dans son cerveau en quête du moindre souvenir qui aurait pu ressembler à une déclaration, mais rien. En revanche, des fragments de souvenirs qu’elle aurait juré voir pour la première fois lui apparurent. Des souvenirs où elle se voyait parler avec un Edmund au bord des larmes, ou du moins dont l’eye-liner avait coulé. Bizarre…
Avant qu’elle ne puisse recoller de pièces du puzzle, une voix féminine autoritaire la sortit de ses pensées.
Houlà.
Lumah était partagée entre être inquiète pour Edmund ou pouffer de rire parce que, nom d’un niffleur, il avait un sacré nombre de prénoms. A la place, elle regarda Edmund pour jauger sa réaction. Mais c’était sans compter le masque qui lui recouvrait le visage. Bon.
C’est seulement quand Edmund lui pris la main de nouveau qu’elle se rendit compte qu’ils se tenaient encore la main jusqu’à peu. Puis il commença à marcher et Lumah manqua de trébucher. Lui, alors, toujours à fuir ses problèmes…
Puis il répondit. Lumah se retourna pour voir la réaction de la propriétaire de la voix à cette euh… Cette tentative… Désespérée ? Les mots lui manquaient. Mais ils s’en furent définitivement lorsque ses yeux se posèrent sur la déesse qui servait (du moins, elle supposait) de mère à Edmund. WOAH. Elle comprenait maintenant d’où venaient les bons gènes du Serpentard.
Mais elle ne pouvait pas baver. Pas maintenant. Ce serait très malvenu. Elle cligna donc des yeux pour revenir à ses esprits et se força à fermer sa bouche dont la mâchoire s’était décrochée.
Mais voilà que la déesse s'adressa à elle. Et la complimenta ??? Merlin lui vienne en aide, c’en était bien trop pour son pauvre petit coeur.
« Ah, m-merci beaucoup madame! Et pas de souci », parvint-elle à balbutier, aussi rouge qu’une pivoine.
Lumah profita donc de ce moment de répit pour reprendre un maximum de forces. Elle aimait bien pouvoir encore entendre la musique, mais bien moins fort, sans être oppressée par la foule et surtout, en respirant de l’air frais. Elle profita également de cet instant pour concocter un plan pour la suite. Franchement, elle ne savait pas si elle lui aurait couru après s’il avait continué à l’éviter, mais s’il l’avait approchée ce soir, c’est qu’il n’était probablement pas passé à autre chose. Mais ça, elle s’en fichait. Enfin, pas vraiment, puisqu’elle l’aimait. Mais là, sa priorité, c’était de lui en faire voir de toutes les couleurs pour l’avoir approchée si lâchement. Elle songeait par exemple à le draguer, ou plutôt à draguer cet inconnu, n’est-ce pas, pour le rendre jaloux. C’est là qu’on voyait qu’il avait déteint sur elle : jamais elle n’aurait songé à ce genre d’idées quelques années auparavant. Mais le mal était fait. Bref, si elle exécutait ce plan, peut-être alors prendrait-il ses vifs d’or et serait honnête avec elle. Ou alors il croirait qu’elle ne l’apprécie plus et… Mais d’ailleurs… Est-ce qu’il savait qu’elle l’aimait ? Il faut dire qu’elle même n’était pas entièrement disponible mentalement cette soirée-là… Lumah farfouilla dans son cerveau en quête du moindre souvenir qui aurait pu ressembler à une déclaration, mais rien. En revanche, des fragments de souvenirs qu’elle aurait juré voir pour la première fois lui apparurent. Des souvenirs où elle se voyait parler avec un Edmund au bord des larmes, ou du moins dont l’eye-liner avait coulé. Bizarre…
Avant qu’elle ne puisse recoller de pièces du puzzle, une voix féminine autoritaire la sortit de ses pensées.
Houlà.
Lumah était partagée entre être inquiète pour Edmund ou pouffer de rire parce que, nom d’un niffleur, il avait un sacré nombre de prénoms. A la place, elle regarda Edmund pour jauger sa réaction. Mais c’était sans compter le masque qui lui recouvrait le visage. Bon.
C’est seulement quand Edmund lui pris la main de nouveau qu’elle se rendit compte qu’ils se tenaient encore la main jusqu’à peu. Puis il commença à marcher et Lumah manqua de trébucher. Lui, alors, toujours à fuir ses problèmes…
Puis il répondit. Lumah se retourna pour voir la réaction de la propriétaire de la voix à cette euh… Cette tentative… Désespérée ? Les mots lui manquaient. Mais ils s’en furent définitivement lorsque ses yeux se posèrent sur la déesse qui servait (du moins, elle supposait) de mère à Edmund. WOAH. Elle comprenait maintenant d’où venaient les bons gènes du Serpentard.
Mais elle ne pouvait pas baver. Pas maintenant. Ce serait très malvenu. Elle cligna donc des yeux pour revenir à ses esprits et se força à fermer sa bouche dont la mâchoire s’était décrochée.
Mais voilà que la déesse s'adressa à elle. Et la complimenta ??? Merlin lui vienne en aide, c’en était bien trop pour son pauvre petit coeur.
« Ah, m-merci beaucoup madame! Et pas de souci », parvint-elle à balbutier, aussi rouge qu’une pivoine.
515 mots
Amé, 19 ans, diplômée (PS, promo 43) #4B004F
Au-delà de minuit
— Votre fils ? Mrs, vous devez faire erreur, vous… Aaaah…
Aïe. Aïe. Arrête ce sort, Maman.
Je me vois être contraint de la suivre quelques mètres plus loin alors que son sort me tire l'oreille. Pas devant Lumah, sérieux ! Arrête !
Lorsqu'elle estime être plus ou moins hors de portée des oreilles de Lumah, elle se tourne vers moi. Je suis dos à Lumah, ce doit être pour ça qu'elle se permet de m'enlever mon masque d'un coup de baguette nonchalant.
— Et tu te moques de moi, en plus. Tu me crois vraiment incapable de reconnaître mon propre fils ?
Ouiii, c'est bon, ça va…
— C'est vraiment le moment, là ?
— TU ÉTAIS CENSÉ ÊTRE À POUDLARD. Qu'est-ce que tu fais ici ?! Pourquoi tu n'es pas rentré à la maison ? OÙ EST-CE QUE TU DORS, PARDI ?!
— ... Chez Jenna.
Je me prends une gifle.
Je suis choqué. Elle n'a jamais levé la main sur moi.
— J- Je suis retourné dans l'équipe de Quidditch l'année de mes ASPICs ! Papa m'aurait immédiatement mis à la porte !
Je me prends une gifle sur l'autre joue ! Mais… !
— Tu penses vraiment que j'aurais laissé ton père jeter MON fils dehors ? Tu penses vraiment que…
— ... Bah June…
Une troisième gifle ! Mais c'est pas possible, je ne peux pas en placer une, depuis quand elle est comme Papa ?!
— June a fait ses propres choix. June a fugué, elle n'est pas faite mettre à la porte. Elle a décidé de suivre ses fréquentations plus que douteuses en se droguant et en arrêtant les études. Tu penses à moi ?
Je m'apprêtais à ouvrir la bouche pour essayer d'en placer une avant de comprendre la dernière phrase qu'elle venait de prononcer. Qui n'avait absolument aucun rapport avec l'énorme discussion qui s'apprêtait à sortir au sujet de la guerre entre June et Papa.
— Ou- Oui, je…
— Tu penses à la tristesse que j'ai eue quand j'ai su que tu ne serais pas là à Noël ?
Je déglutis en me rappelant les années passées durant lesquelles de moins en moins de monde était présent autour de la table du repas de Noël.
— Mais c'est la famille de P-...
— Tu penses au sang d'encre que j'aurais pu me faire en te sachant vadrouiller dans la nature ?
— Mais je m'en sortais bien sans v-...
— Tu penses à la déception que j'ai ressentie lorsque j'ai compris que tu m'as menti ?
…
— Non. Tu n'y as pas pensé une seconde.
…
Je baisse les yeux. Je n'ose plus affronter son regard.
— Maman est gentille, Maman est laxiste, Maman est à l'écoute… Mais dès qu'il faut être là pour Maman, il n'y a plus personne.
…
— Je voulais juste te dire de faire tes propres choix. Fais comme June. Après tout, tu es majeur maintenant et tu te débrouilles bien sans nous ! Je commence à avoir l'habitude de l'ingratitude.
J'essuie les larmes de mes yeux avant qu'elles ne commencent à tomber.
Merci, Maman… D'avoir enchanté mon eye-liner afin qu'il ne coule plus quand je pleure. Merlin, ça rend le moment encore pire qu'il ne l'est déjà.
— Vas-y. Vas briser le cœur d'une autre charmante jeune fille, comme tu l'as fait avec Lili.
— Ce n'est pas...
Je m'interromps moi-même. Certes, c'est elle qui m'a littéralement trompé et largué pour un autre mais je n'ai pas le cœur à me battre. Pas après ce qu'elle vient de lâcher.
Je l'ai déçue.
— Oui oui, ce n'est pas toi. Tu as juste la malchance de toujours tomber sur des hystériques et des folles. Aucun rapport avec toi, je sais, ne t'inquiète pas. N'oublie pas de bien dire ça aussi de ta mère à tes amis, surtout.
— Maman, non...
Tu ne peux pas faire preuve d'ironie comme ça après m'avoir lâché tout ça. Et surtout pas en disant ça !
Je m'apprête à lui prendre la main mais elle se dérobe immédiatement.
— Ne me touche pas.
Je n'ose toujours pas lever mes yeux mais j'entends à sa voix qu'elle est sur le point d'éclater en larmes.
— Comment veux-tu que je te refasse confiance après ça ?
— Je…
J'essaye désespérément de trouver une réponse mais j'ai le cerveau absolument vide. La question me tourne en boucle dans la tête.
Comment puis-je regagner sa confiance après ça ?
Elle finit par me rendre mon masque et repartir d'un pas brutal vers l'entrée de la soirée.
Pas un mot.
Je ne l'ai même pas regardée dans les yeux.
J'aurais juste préféré qu'elle me tire à la maison par les oreilles.
Aïe. Aïe. Arrête ce sort, Maman.
Je me vois être contraint de la suivre quelques mètres plus loin alors que son sort me tire l'oreille. Pas devant Lumah, sérieux ! Arrête !
Lorsqu'elle estime être plus ou moins hors de portée des oreilles de Lumah, elle se tourne vers moi. Je suis dos à Lumah, ce doit être pour ça qu'elle se permet de m'enlever mon masque d'un coup de baguette nonchalant.
— Et tu te moques de moi, en plus. Tu me crois vraiment incapable de reconnaître mon propre fils ?
Ouiii, c'est bon, ça va…
— C'est vraiment le moment, là ?
— TU ÉTAIS CENSÉ ÊTRE À POUDLARD. Qu'est-ce que tu fais ici ?! Pourquoi tu n'es pas rentré à la maison ? OÙ EST-CE QUE TU DORS, PARDI ?!
— ... Chez Jenna.
Je me prends une gifle.
Je suis choqué. Elle n'a jamais levé la main sur moi.
— J- Je suis retourné dans l'équipe de Quidditch l'année de mes ASPICs ! Papa m'aurait immédiatement mis à la porte !
Je me prends une gifle sur l'autre joue ! Mais… !
— Tu penses vraiment que j'aurais laissé ton père jeter MON fils dehors ? Tu penses vraiment que…
— ... Bah June…
Une troisième gifle ! Mais c'est pas possible, je ne peux pas en placer une, depuis quand elle est comme Papa ?!
— June a fait ses propres choix. June a fugué, elle n'est pas faite mettre à la porte. Elle a décidé de suivre ses fréquentations plus que douteuses en se droguant et en arrêtant les études. Tu penses à moi ?
Je m'apprêtais à ouvrir la bouche pour essayer d'en placer une avant de comprendre la dernière phrase qu'elle venait de prononcer. Qui n'avait absolument aucun rapport avec l'énorme discussion qui s'apprêtait à sortir au sujet de la guerre entre June et Papa.
— Ou- Oui, je…
— Tu penses à la tristesse que j'ai eue quand j'ai su que tu ne serais pas là à Noël ?
Je déglutis en me rappelant les années passées durant lesquelles de moins en moins de monde était présent autour de la table du repas de Noël.
— Mais c'est la famille de P-...
— Tu penses au sang d'encre que j'aurais pu me faire en te sachant vadrouiller dans la nature ?
— Mais je m'en sortais bien sans v-...
— Tu penses à la déception que j'ai ressentie lorsque j'ai compris que tu m'as menti ?
…
— Non. Tu n'y as pas pensé une seconde.
…
Je baisse les yeux. Je n'ose plus affronter son regard.
— Maman est gentille, Maman est laxiste, Maman est à l'écoute… Mais dès qu'il faut être là pour Maman, il n'y a plus personne.
…
— Je voulais juste te dire de faire tes propres choix. Fais comme June. Après tout, tu es majeur maintenant et tu te débrouilles bien sans nous ! Je commence à avoir l'habitude de l'ingratitude.
J'essuie les larmes de mes yeux avant qu'elles ne commencent à tomber.
Merci, Maman… D'avoir enchanté mon eye-liner afin qu'il ne coule plus quand je pleure. Merlin, ça rend le moment encore pire qu'il ne l'est déjà.
— Vas-y. Vas briser le cœur d'une autre charmante jeune fille, comme tu l'as fait avec Lili.
— Ce n'est pas...
Je m'interromps moi-même. Certes, c'est elle qui m'a littéralement trompé et largué pour un autre mais je n'ai pas le cœur à me battre. Pas après ce qu'elle vient de lâcher.
Je l'ai déçue.
— Oui oui, ce n'est pas toi. Tu as juste la malchance de toujours tomber sur des hystériques et des folles. Aucun rapport avec toi, je sais, ne t'inquiète pas. N'oublie pas de bien dire ça aussi de ta mère à tes amis, surtout.
— Maman, non...
Tu ne peux pas faire preuve d'ironie comme ça après m'avoir lâché tout ça. Et surtout pas en disant ça !
Je m'apprête à lui prendre la main mais elle se dérobe immédiatement.
— Ne me touche pas.
Je n'ose toujours pas lever mes yeux mais j'entends à sa voix qu'elle est sur le point d'éclater en larmes.
— Comment veux-tu que je te refasse confiance après ça ?
— Je…
J'essaye désespérément de trouver une réponse mais j'ai le cerveau absolument vide. La question me tourne en boucle dans la tête.
Comment puis-je regagner sa confiance après ça ?
Elle finit par me rendre mon masque et repartir d'un pas brutal vers l'entrée de la soirée.
Pas un mot.
Je ne l'ai même pas regardée dans les yeux.
J'aurais juste préféré qu'elle me tire à la maison par les oreilles.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
« Roi du Drama & du Suspens » — JT (ou LD-M)
Avatar retouché par Gemini
« Roi du Drama & du Suspens » — JT (ou LD-M)
Avatar retouché par Gemini
Au-delà de minuit
Wow. Jamais elle ne s’en remettrai. Elle venait de rencontrer le sosie de Morticia Adams, l’incarnation même de la femme fatale, et ce n’était nul autre que la mère de son crush, elle en était maintenant certaine. Elle comprenait maintenant pourquoi Edmund lui faisait penser à Gomez Adams.
Lumah resta pétrifiée un moment et sortit seulement de ses songes lorsque le Serpentard prit de nouveau la parole. Elle grimaça. Visiblement, il n’avait vraiment pas envie de confronter sa mère… Mais pourquoi, au juste ? Leur relation était-elle si terrible ? C’était là ce que Lumah ignorait le plus à propos d’Edmund : sa famille. Elle comprenait maintenant pourquoi il ne lui en avait jamais parlé. Sentant sa main lâcher la sienne, Lumah regarda, perplexe, son partenaire s’éloigner d’elle, avançant contre son gré comme si une force invisible l'entraînait. A en juger par la manière dont il se tenait, par l’oreille. Aille aille aille… Vu sa tête, ça n'avait pas l'air de faire du bien.
La jeune fille se tortilla sur place. Elle n’allait tout de même pas l’abandonner, sa mère ayant promis de le lui rendre après (une notion qui l’aurait amusée si le contexte n’était pas si tendu) et même si certaines personnes préféraient être seules après une pareille discussion, elle ne voulait pas qu’il s’échappe préférait rester à ses côtés, au cas-où.
Alors elle trouva un banc et s’assied, ramenant ses jambes vers elle pour reposer sa tête fatiguée dessus en évitant soigneusement de regarder la scène, par politesse et pour qu’Edmund ne se sente pas plus mal qu’il ne l’était déjà. Mais ça, c’était avant d’avoir entendu un bruit sec. Inquiète, Lumah redressa sa tête d’un coup, juste à temps pour voir Morticia Dale abattre sa main sur son fils une deuxième fois. C’est pas mes oignons, c’est pas mes oignons, se répéta mentalement Lumah en reposant sa tête sur ses genoux à nouveau, mais cette fois-ci, elle ne put pas s’empêcher de jeter un oeil de temps à autres. Elle regardait les détails de la robe que lui avait cousue Mary pour l'occasion quand elle entendit un troisième bruit sec. Mais qu’est-ce qu’il avait pu bien faire pour recevoir de pareilles coups ?
Puis le ton redescendit. Pour autant, l'atmosphère n’en était pas moins tendue. En fait, elle était même encore plus pesante.
Lumah prit donc soin de ne pas regarder dans leur direction, car elle imaginait que cela signifiait que la discussion prenait fin. Elle s’autorisa seulement à lever la tête lorsque résonnèrent des claquement de talons. Elle vit alors Mrs Dale entrer dans chapiteau en furie, et de l’autre côté, Edmund, figé sur place.
Devait-elle le laisser seul ? Ou aller lui parler ? La situation était délicate et Lumah était tout sauf délicate. Que faire…
Finalement, elle se leva et s’approcha d’Edmund. Elle s’arrêta à un mètre de lui pour lui laisser de l’intimité, puis pris la parole.
« Si ça peut te rassurer, je savais déjà que j’avais affaire à toi, Edmund », dit-elle, puis elle ajouta, car elle avait besoin de l'extérioriser : « Ta maman est très jolie, au fait. »
Lumah resta pétrifiée un moment et sortit seulement de ses songes lorsque le Serpentard prit de nouveau la parole. Elle grimaça. Visiblement, il n’avait vraiment pas envie de confronter sa mère… Mais pourquoi, au juste ? Leur relation était-elle si terrible ? C’était là ce que Lumah ignorait le plus à propos d’Edmund : sa famille. Elle comprenait maintenant pourquoi il ne lui en avait jamais parlé. Sentant sa main lâcher la sienne, Lumah regarda, perplexe, son partenaire s’éloigner d’elle, avançant contre son gré comme si une force invisible l'entraînait. A en juger par la manière dont il se tenait, par l’oreille. Aille aille aille… Vu sa tête, ça n'avait pas l'air de faire du bien.
La jeune fille se tortilla sur place. Elle n’allait tout de même pas l’abandonner, sa mère ayant promis de le lui rendre après (une notion qui l’aurait amusée si le contexte n’était pas si tendu) et même si certaines personnes préféraient être seules après une pareille discussion, elle ne voulait pas qu’il s’échappe préférait rester à ses côtés, au cas-où.
Alors elle trouva un banc et s’assied, ramenant ses jambes vers elle pour reposer sa tête fatiguée dessus en évitant soigneusement de regarder la scène, par politesse et pour qu’Edmund ne se sente pas plus mal qu’il ne l’était déjà. Mais ça, c’était avant d’avoir entendu un bruit sec. Inquiète, Lumah redressa sa tête d’un coup, juste à temps pour voir Morticia Dale abattre sa main sur son fils une deuxième fois. C’est pas mes oignons, c’est pas mes oignons, se répéta mentalement Lumah en reposant sa tête sur ses genoux à nouveau, mais cette fois-ci, elle ne put pas s’empêcher de jeter un oeil de temps à autres. Elle regardait les détails de la robe que lui avait cousue Mary pour l'occasion quand elle entendit un troisième bruit sec. Mais qu’est-ce qu’il avait pu bien faire pour recevoir de pareilles coups ?
Puis le ton redescendit. Pour autant, l'atmosphère n’en était pas moins tendue. En fait, elle était même encore plus pesante.
Lumah prit donc soin de ne pas regarder dans leur direction, car elle imaginait que cela signifiait que la discussion prenait fin. Elle s’autorisa seulement à lever la tête lorsque résonnèrent des claquement de talons. Elle vit alors Mrs Dale entrer dans chapiteau en furie, et de l’autre côté, Edmund, figé sur place.
Devait-elle le laisser seul ? Ou aller lui parler ? La situation était délicate et Lumah était tout sauf délicate. Que faire…
Finalement, elle se leva et s’approcha d’Edmund. Elle s’arrêta à un mètre de lui pour lui laisser de l’intimité, puis pris la parole.
« Si ça peut te rassurer, je savais déjà que j’avais affaire à toi, Edmund », dit-elle, puis elle ajouta, car elle avait besoin de l'extérioriser : « Ta maman est très jolie, au fait. »
518 mots
Amé, 19 ans, diplômée (PS, promo 43) #4B004F
Au-delà de minuit
Pas un seul mot.
Elle est juste... Partie. Comme ça. Après m'avoir dit à quel point elle était déçue de moi.
Elle a refusé que je lui prenne la main.
Elle était en larmes.
Elle m'a giflé. Trois fois.
Elle...
Putain, non. Je ne suis pas comme June. Non. Surtout pas comme elle.
C'est juste Papa. C'est juste lui. C'est sa faute. Tout est de sa faute.
...
Et c'est parce que c'est de sa faute que je n'ai pas prévenue Maman que je comptais prétendre réviser pour mes ASPICs au lieu de rentrer à la maison pour les vacances.
... C'est juste débile ce que je dis.
Je ne l'ai juste pas prévenue parce que c'était mille fois plus simple de ne pas le faire et lui mentir comme je l'ai fait pour mon père.
Évidemment que mon père aussi est à cette soirée du nouvel an. Mais elle ne l'a pas ramené. Elle ne l'a pas prévenu. Même là, elle a voulu me protéger.
Je suis vraiment le pire des fils.
Je n'ai pas envie de finir comme June. Je n'ai pas envie d'être June. J'ai envie de lui prouver que je vaux mieux qu'elle.
Je n'abandonne pas mes études et je ne me drogue pas, j'ai déjà une longueur d'avance sur elle !
Dire que je pensais que je visais une école prestigieuse pour mon père... Maintenant je me sens aussi un peu obligé de le faire pour Maman.
Il faut que je retrouve sa confiance et que je fasse ses preuves auprès d'elle. Mais là tout de suite, c'est impossible.
Maintenant, elle doit avoir rejoint mon père. Autrement dit, impossible de l'approcher sans me faire tuer s'il me voit.
Je sais qu'elle n'a pas eu le cœur à la fête. Mais elle fait bonne figure. Comme toujours. Elle n'ira pas gâcher la soirée de mon père. Donc je devrais éviter de ruiner tous ses efforts en essayant de m'excuser durant la soirée.
Je fronce les sourcils lorsqu'une nouvelle voix s'élève derrière moi.
Ah. C'est vrai que t'es là, toi.
Je pousse un long soupir. Je n'ai pas envie de lui dire que notre petit jeu de la soirée m'était totalement passé par-dessus la tête en ce moment. Je me contente du strict minimum pour avoir l'air poli :
— Merci.
Voilà. C'est bon, tu peux partir, merci.
— Je vais pas être de très bonne compagnie, ce soir. Retournes-y si ça te chante. Je ne te suivrai pas.
Je glisse mon masque dans mon sac et je m'éloigne. Tout ce que je souhaite est arrêter d'entendre la musique de ce bal. Et puis je connais bien ces rues après tout : j'y ai grandi.
Il faut juste que je repasse chez Jenna chercher mes affaires. Après cela, bond direct chez moi.
Les yeux rivés sur ma montre, j'attends patiemment que l'aiguille des secondes finisse son tour.
— Bonne année, Lumah.
Je ne sais pas pourquoi elle m'a suivi, sachant que j'ai été très peu loquace ce soir. Mais je m'en veux un peu de lui avoir gâché la soirée, et le décompte surtout. Donc la moindre des choses est de lui souhaiter bonne année une fois le décompte passé.
Je pose ma tête sur son épaule.
Je suis fatigué.
Tout ce que j'ai envie de faire est de courir rentrer chez moi pour servir d'elfe de maison à ma mère pour ce qui me reste de vacances.
Je sais qu'il en faudra beaucoup, beaucoup plus pour qu'elle puisse de nouveau me faire confiance. Mais je ne pourrai pas rentrer à Poudlard avant d'être capable de la regarder dans les yeux.
Mais je dois d'abord attendre que Jenna finisse son bal pour que je puisse récupérer mes affaires. Ce qui ne me dérange pas tant que ça : ça me permet un peu de temporiser. De reprendre mes esprits. De savoir ce que je vais dire quand je me retrouverai sur le pas de ma porte.
Dès que Jenna rentre, j'irai partir en courant sonner chez moi.
En attendant... Tout ce que je peux faire est... Fermer les yeux. Juste un petit moment...
Elle est juste... Partie. Comme ça. Après m'avoir dit à quel point elle était déçue de moi.
Elle a refusé que je lui prenne la main.
Elle était en larmes.
Elle m'a giflé. Trois fois.
Elle...
Putain, non. Je ne suis pas comme June. Non. Surtout pas comme elle.
C'est juste Papa. C'est juste lui. C'est sa faute. Tout est de sa faute.
...
Et c'est parce que c'est de sa faute que je n'ai pas prévenue Maman que je comptais prétendre réviser pour mes ASPICs au lieu de rentrer à la maison pour les vacances.
... C'est juste débile ce que je dis.
Je ne l'ai juste pas prévenue parce que c'était mille fois plus simple de ne pas le faire et lui mentir comme je l'ai fait pour mon père.
Évidemment que mon père aussi est à cette soirée du nouvel an. Mais elle ne l'a pas ramené. Elle ne l'a pas prévenu. Même là, elle a voulu me protéger.
Je suis vraiment le pire des fils.
Je n'ai pas envie de finir comme June. Je n'ai pas envie d'être June. J'ai envie de lui prouver que je vaux mieux qu'elle.
Je n'abandonne pas mes études et je ne me drogue pas, j'ai déjà une longueur d'avance sur elle !
Dire que je pensais que je visais une école prestigieuse pour mon père... Maintenant je me sens aussi un peu obligé de le faire pour Maman.
Il faut que je retrouve sa confiance et que je fasse ses preuves auprès d'elle. Mais là tout de suite, c'est impossible.
Maintenant, elle doit avoir rejoint mon père. Autrement dit, impossible de l'approcher sans me faire tuer s'il me voit.
Je sais qu'elle n'a pas eu le cœur à la fête. Mais elle fait bonne figure. Comme toujours. Elle n'ira pas gâcher la soirée de mon père. Donc je devrais éviter de ruiner tous ses efforts en essayant de m'excuser durant la soirée.
Je fronce les sourcils lorsqu'une nouvelle voix s'élève derrière moi.
Ah. C'est vrai que t'es là, toi.
Je pousse un long soupir. Je n'ai pas envie de lui dire que notre petit jeu de la soirée m'était totalement passé par-dessus la tête en ce moment. Je me contente du strict minimum pour avoir l'air poli :
— Merci.
Voilà. C'est bon, tu peux partir, merci.
— Je vais pas être de très bonne compagnie, ce soir. Retournes-y si ça te chante. Je ne te suivrai pas.
Je glisse mon masque dans mon sac et je m'éloigne. Tout ce que je souhaite est arrêter d'entendre la musique de ce bal. Et puis je connais bien ces rues après tout : j'y ai grandi.
Il faut juste que je repasse chez Jenna chercher mes affaires. Après cela, bond direct chez moi.
***
Les yeux rivés sur ma montre, j'attends patiemment que l'aiguille des secondes finisse son tour.
— Bonne année, Lumah.
Je ne sais pas pourquoi elle m'a suivi, sachant que j'ai été très peu loquace ce soir. Mais je m'en veux un peu de lui avoir gâché la soirée, et le décompte surtout. Donc la moindre des choses est de lui souhaiter bonne année une fois le décompte passé.
Je pose ma tête sur son épaule.
Je suis fatigué.
Tout ce que j'ai envie de faire est de courir rentrer chez moi pour servir d'elfe de maison à ma mère pour ce qui me reste de vacances.
Je sais qu'il en faudra beaucoup, beaucoup plus pour qu'elle puisse de nouveau me faire confiance. Mais je ne pourrai pas rentrer à Poudlard avant d'être capable de la regarder dans les yeux.
Mais je dois d'abord attendre que Jenna finisse son bal pour que je puisse récupérer mes affaires. Ce qui ne me dérange pas tant que ça : ça me permet un peu de temporiser. De reprendre mes esprits. De savoir ce que je vais dire quand je me retrouverai sur le pas de ma porte.
Dès que Jenna rentre, j'irai partir en courant sonner chez moi.
En attendant... Tout ce que je peux faire est... Fermer les yeux. Juste un petit moment...
Je te laisse conclure !
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
« Roi du Drama & du Suspens » — JT (ou LD-M)
Avatar retouché par Gemini
« Roi du Drama & du Suspens » — JT (ou LD-M)
Avatar retouché par Gemini
Au-delà de minuit
Eh beh ! Lumah l’avait rarement vu aussi silencieux. Rarement ? Non, elle ne l’avait jamais vu aussi silencieux. Quoique… Maintenant, elle avait un doute. Elle avait l’impression de l’avoir déjà vu avec le moral dans la culotte… Mais quand ?
…
Non, rien à faire, ça ne lui revenait pas. Bon, tant pis. Toujours était-il qu’elle le préférait quand il se pavanait. Là, il lui faisait un peu peur. Et en même temps, ça la rassurait un peu, parce que ça voulait dire qu’il avait des sentiments. Ça voulait sans doute aussi dire que sa grande gueule était une façade. Ou pas, elle n’en savait trop rien, elle n’avait pas vocation à être psychomage. Elle ne pourrait pas l’être, d’ailleurs, et ce n’était pas sous-estimer ses capacités. C’était seulement qu’elle deviendrait folle si elle avait des patientes comme Alice, ou pire encore, Carry. Or, elle était déjà assez folle comme ça.
Il mit un certain temps à lui répondre, et quand il la remarqua enfin, il poussa un long soupir. Lumah était partagée entre le comprendre et être très, très vexée. Puis il la remercia. Bon… C’était déjà ça. Eh ! Non, elle ne pouvait pas se contenter du strict minimum !
Puis il disposa d’elle. Ha ! S’il pensait qu’il pouvait s’en débarrasser aussi facilement, il se mettait la baguette dans l'œil ! Pour la peine, elle allait le suivre comme son ombre.
« D’accord », lui répond-elle donc, s’abstenant de préciser avec quoi elle l’était.
Elle n’était plus vraiment sûre de sa décision lorsqu’il décida de s’éloigner. C’est qu’elle ne connaissait pas Godric’s Hollow, elle. Et puis en l’état, elle n’était même pas sûre qu’il ferait attention s’il lui arrivait quelque chose. Mais il lui était impossible de revenir sur ses pas : elle avait oublié de mémoriser le chemin.
Elle en profita donc pour faire du tourisme. C’était quand même vachement sombre, Godric’s Hollow. Et pas seulement parce qu’il faisait nuit : l’architecture était austère. En même temps, Poudlard n’était pas très chaleureux non plus, à part les salles communes. Et encore, elle n’avait jamais visité celles des trois autres maisons. D’après les retours de sa sœur, la salle commune de Gryffondor était très cozy, et d’après sa cousine Mary, celle de Serdaigle est la plus belle qui soit, mais plus grandiose que chaleureuse. Enfin, l’aiglonne s’y sentait très bien, et c’était le plus important.
En parallèle, elle réfléchissait. Pas volontairement : seulement, dans le silence, les pensées se frayaient le chemin avec plus de facilité. Elle pensait à tout : au passé comme au futur. Elle se demandait ce qu’elle allait bien manger ce soir, ou plus tôt cette nuit (si elle ne se faisait pas kidnapper), si tenté qu’ils mangent, ce qu’elle mangerait au petit déjeuner demain, puis au déjeuner. Elle se demandait si Mary passait un bon moment, si elle était avec Lyam, si elle se demandait où sa cousine avait bien pu passer. Si Élicia passait un bon moment, car elle avait vu plusieurs chevelures rousses passer, mais elle était certaine d’avoir vu celle singulière de sa meilleure amie, qu’elle pouvait reconnaître partout. Elle se demandait quelle musique ils jouaient, car elle ne l’entendait plus, Edmund ayant décidé de s’en éloigner. Non pas que ça la dérangeait : Lumah n’était pas très friande des soirées, et même si c’était le cas, elle avait passé, quoi, deux bonnes heures là-bas, et ça lui avait amplement suffit. Elle allait peut-être rater le concours, mais ça lui importait peu : ce n’était pas sa tasse de thé. C’était bien plus celle de ses amies : elle supposait qu’Élicia s'y était inscrite et que Mary attendait avec impatience les résultats, évaluant avec entrain les tenues des uns et des autres.
Puis elle pensa au passé. À son premier bal sorcier. C’était toujours un souvenir désagréable, mais elle avait pris suffisamment de recul à son sujet au fil des ans, notamment parce qu’elle avait vécu tellement de choses après qu’il lui avait fallu faire le tri des patates si elle voulait rester saine d’esprit. À sa première rencontre avec Edmund. Puis au retour qu’il avait fait dans sa vie, deux ans après, en revenant comme une fleur. Hm ? Un autre souvenir venait de lui revenir. Mais elle aurait juré le découvrir, comme elle en avait découvert certains au long de la soirée. Dans celui-ci, elle… Narguait ? Edmund. Mais enfin, ça n’avait aucun sens. Qu’est-ce que c’était que ce souvenir ? Edmund lui avait tout l’air de vouloir fuir, un peu comme aujourd'hui. Bon, ça, c’était loin d’être surprenant. Edmund et la fuite, c’était le grand amour. Mais elle l’aimait, alors elle était mal placée pour faire de commentaire. En revanche, il fallait qu’elle commente ce souvenir, qui prenait une tournure… Inattendue ? Houlà ! Houlàlà ! Mais attends, quel âge avait-elle, ici ? Elle avait encore les cheveux longs, donc c’était avant la sixième année, ce qui ne l’avançait pas beaucoup. En revanche, leur différence de taille, elle, lui fournissait un indice de taille : cette scène s’était déroulée avant la cinquième année, car elle était plus petite que lui dans ce souvenir, or ce n’était plus le cas depuis trois ans. Si cet évènement s’était bel et bien déroulé, c’était donc soit en troisième, soit en quatrième année. Et probablement un jour de saint valentin, vu les décorations.
Oh.
Elle se souvenait maintenant. C’était donc ce qu’elle avait fait, ce jour-là ?? Ca expliquait tellement de choses… Elle se souvenait s’être réveillée le quinze février avec la sensation d’une gueule de bois (enfin, ce n’est que bien plus tard qu’elle avait posé ce terme sur le sentiment qu’elle avait alors ressenti) et surtout, aucun souvenir du jour précédent… comment se faisait-il que la plupart des Saint-Valentins et Poissons d’Avrils étaient si chaotiques, à Poudlard ? Elle se souvenait aussi avoir apostrophé Aliosus, ce jour-là (bon, elle ne regrettait aucune de ses actions, à vrai dire, mais c’était encore autre chose).
Élicia, ça ne pouvait qu'être son fait. La jeune fille irait lui en toucher un mot, un de ces quatre : cette chipie ne s’en sortirait pas comme ça.
Bon, donc son premier baiser avec Edmund avait eu lieu pendant sa troisième année. Non, non, elle le prenait bien.
Elle avait très envie d’en parler avec l’intéressé, mais elle avait beau être maladroite, elle savait que maintenant n’était pas le moment.
Alors elle continua de le suivre en silence.
[...]
Il était presque minuit, mais ils étaient si loin qu’ils n’entendaient même pas les sorciers faire le décompte, alors qu’elle était certaine qu’ils s’époumonaient. Alors, elle regarda la montre d’Edmund, qu’il fixait comme un employé dont la journée de travail se terminait bientôt.
« Bonne année, Edmund », lui répond-t-elle d’une voix douce.
Lorsqu’il posa sa tête sur son épaule, Lumah fut légèrement surprise, mais ne fit pas de commentaire et pencha plutôt sa tête pour la poser sur la sienne.
Cette soirée n’avait pas du tout pris la tournure qu’elle avait imaginée, mais elle aimait bien cette issue-là.
1170 mots
Amé, 19 ans, diplômée (PS, promo 43) #4B004F